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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 10:22
Lu sur Rouge-Midi
Grève à la SNCM : Parce que l’État ne respecte pas sa parole !
vendredi 27 juin 2014
par  la péniche


À Marseille, tous les navires de la SNCM restent à quai ! Pourquoi ? Parce le gouvernement français, malgré les promesses de janvier dernier, se parjure et laisse au géant Véolia l’opportunité de dépecer la compagnie maritime. Dans l’intérêt de qui ? Des actionnaires ! Pourquoi voulez-vous que ceux qui risquent d’y perdre leur emploi ne disent rien ? Fralib l’a bien montré : seule la lutte paie.

Depuis mardi 24 juin, marins et sédentaires unanimes - SNCM-CGT, SAMMM, FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC - ont arrêté pour la 3e fois cette année, le travail et ont cloué à quai les navires de la compagnie, interrompant totalement les traversées vers le Maghreb et la Corse, un avertissement avant les grands départs de l’été.


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"Nous ne pouvons pas attendre septembre pour dénoncer les mensonges et les reniements de l’Etat", justifie le délégué CFE-CGC des officiers Pierre Maupoint de Vandeul. "Nous réclamons que les actionnaires, dont l’Etat (25%), respectent leurs engagements. La grève est de l’entière responsabilité du gouvernement. Nous sommes à l’heure de la clarification. les mensonges du gouvernement, qui est incapable d’engager les investissements qu’il a promis, et ça ne passent plus", a déclaré Frédéric Alpozzo, secrétaire de la CGT des marins SNCM. 

En effet, ce projet de relance, longtemps soutenu par le gouvernement, prévoyait un pacte social avec 500 suppressions de postes (sur 2.600) et l’augmentation du temps de travail. En contre partie, l’État commandait quatre navires plus performants aux chantiers de Saint-Nazaire, avec à la clef des gains de productivité et publiait un décret sur l’emploi de marins.

Lors de la grève de Janvier dernier (avant les municipales – le PS pensait encore conquérir la mairie) les salariés en grève arrachaient à Jean-Marc Ayrault (alors premier ministre) un chèque pour la trésorerie. Un second coup était lancé en mars et Frédéric Cuvillier (Le ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche.) se fendait de propositions en phase avec le plan à long terme, une lettre d’intention de commande, valable jusqu’au 30 juin, était même envoyée aux chantiers navals de Saint-Nazaire.

Mais depuis le houleux conseil de surveillance du 28 mai dernier, le PDG de Transdev Jean-Marc Janaillac (sorti protégé par les CRS, sous les huées des salariés de la SNCM) a pu compter sur les voix des trois administrateurs de l’État en plus des siennes pour imposer son candidat contre l’avis des quatre représentants des salariés.

Le gouvernement, qui jusque là faisait figure d’arbitre, a justifié son soutien au nouveau dirigeant par la nécessité pour l’équipe dirigeante de "travailler et agir en confiance avec son principal actionnaire" et de "restaurer une gouvernance pleinement opérationnelle". En clair : « je suis d’accord avec le privé et ses actionnaires et contre le maintien du service public ».

Que s’est-il passé entre temps ?

La ville reste à GAUDIN avec un clou dans la chaussure des marseillais : la mairie du 13 / 14 gagnée par le FN. Et surtout un refus de voter à gauche qui s’amplifiera lors des élections européennes. N’ayant plus rien à perdre ou à gagner, que fait donc le gouvernement socialiste ? Ce qu’il a toujours fait : trahir la classe ouvrière.

Mais cette dernière n’est pas obligée de tendre l’autre joue, elle peut jouer avec ses atouts. Et le meilleur d’entre eux , c’est la grève.

"Soit on a un gouvernement de transition énergétique et de relance industrielle, soit on a un gouvernement ultralibéral qui pratique la casse industrielle sur le port. (...) Il est clair pour nous qu’il y a une fuite en avant de l’Etat avec Transdev" affirme Frédéric Alpozzo de la CGT.

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Frédéric Alpozzo

" Le gouvernement n’a toujours pas apporté de réponse, explique t-il et nous exigeons une clarification de la position de l’Etat actionnaire quant à l’abandon ou non du plan à long terme et la commande des nouveaux navires qui doit intervenir avant le 30 juin. On veut mettre la SNCM en liquidation et faire croire que c’est à cause de la grève" accuse le syndicaliste".

« On n’a plus rien à perdre ! L’actionnaire majoritaire veut nous tuer et le gouvernement va l’aider pendant que les Corses se frottent les mains et les tendent à Corsica Ferries. C’est une Europe de travailleurs détachés qu’ils veulent !? ». (voir encadré)

En fait on devrait dire des « travailleurs attachés » à ce point au capital qu’il peut leur imposer de partir travailler à l’étranger sans augmentation de salaire notable et surtout à des taux très inférieurs à ceux du pays d’exercice de celui-ci.


La promesse d’un ministre de la République

Date : 9 janvier 2014

...Par ailleurs, j’ai demandé à mes services d’accueillir favorablement de nombreux amendements proposés par les partenaires sociaux au projet de décret d’application de la loi du 28 mai 2013 sur l’État d’accueil. Pour mémoire, cette loi vise à assurer une concurrence loyale entre entreprises maritimes opérant sur les mêmes lignes ou secteurs d’activités dans les eaux territoriales françaises en imposant les règles de droit social français issues des dispositions législatives et réglementaires, ainsi que des stipulations conventionnelles, sur neuf points essentiels en matière sociale (durée du travail, salaire minimum...) Le décret « État d’accueil » en préparation vient préciser le dispositif et garantir son entrée en application.

Signé : Frédéric Cuvillier

Le ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche.

 

Évidemment la disposition des travailleurs détachés, prise par les instances de l’UE dans une circulaire de 1996, au nom de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée » concerne particulièrement la France où les salarié-e-s ont gagné, dans la foulée du CNR en 1945, des droits et en particulier une protection sociale financée par les richesses créées à l’entreprise.

Le grand patronat qui n’a jamais accepté cette conquête n’a eu de cesse de porter depuis des attaques de toutes sortes contre notre sécurité sociale. La dernière mode est donc celle des salariés « détachés ». Autrement dit une entreprise qui a un travail à faire en France, au lieu de le faire faire par des salariés sur place, fait appel à des esclaves des temps modernes qu’elle fait venir à bon compte (en moyenne 30% de moins sur les salaires). Bref c’est le retour du « plombier polonais ».


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"On touche à un, on touche à tous"

"C’est par la grève, le rapport de force, la manifestation et la contestation que nous nous ferons entendre", annonce Frédéric Alpozzo. Il revendique 70% de grévistes chez les marins : "Avec ça, les réponses vont tomber de la part de ce gouvernement indigne de la République, incapable de respecter la signature d’un ministre."

Et maintenant, tous les métiers du port soutiennent le mouvement : dockers des bassins Est et Ouest, douaniers, les personnels des ports de Fos et de Marseille. Le représentant CGT des agents du grand port de Fos, Pascal Galéoté, confirme : "Nous ne sommes pas seulement solidaires. Nous sommes en convergence de lutte. Et il n’est pas dit qu’on ne les rejoigne pas dans le mouvement dans les jours prochains. Pour nous, si la SNCM disparaît, c’est 60 emplois en danger sans compter l’activité des bassins Est qui serait directement impactée."

"Je touche à un, je touche à tous et tous ensemble, on va gagner", conclut Alpozzo. Il confirme par exemple que les dockers de Fos ont refusé de "travailler le navire" de la Corsica ferries, appareillé pour transporter du fret entre la Corse et le continent.

Pour la CGT des marins de la SNCM, "la balle est donc dans le camp de l’Etat qui à toutes les cartes en main pour créer les conditions nécessaires à un été paisible. Le combat de la CGT à la SNCM est déterminé à s’opposer à la dérèglementation européenne, à la casse des services publics et à leur mise en concurrence avec le libéralisme sauvage".

Et Gaudin qui préfère accueillir les usines à touristes de Costa ne dit pas un mot sur la SNCM. UMP / PS même combat !
Soutenons et expliquons autour de nous la justesse de cette grève. Le capitalisme de Véolia n’est pas aménageable, seule la lutte solidaire des marins et des marseillais, si fiers de leur navires, peut le faire reculer.

Souvenons-nous des Fralib !


la peniche

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 03:32
De l’importance d’être présent avec les camarades de la SNCM
vendredi 4 juillet 2014
par  Rouge Midi


Mardi soir 1er juillet, était convoquée, sur le port de Marseille, au pied d’un bateau occupé, une assemblée de soutien à la lutte des employé-e-s de la SNCM, marins et sédentaires.

Quelques heures ont suffi pour que des centaines de militantes et militants [1] se rassemblent au côté de marins éberlués qui n’en revenaient pas d’une telle mobilisation en si peu de temps.

Si le mot d’ordre lancé par l’UD CGT 13 [2] a été repris en si peu de temps c’est qu’ici on sait toutes et tous ce que l’on doit au service public tant du point de vue du droit au transport pour les usagers, que du point de vue de l’activité de toutes les professions portuaires dont une part importante de l’activité est liée à la compagnie.


Que deviendrait un port sans compagnie maritime nationale qui transporte des gens, du fret, qui fait appel à des réparateurs et toutes sortes d’intervenants ? C’est d’ailleurs la question que pose Olivier Mateu au nom de la direction de la CGT 13. Question à laquelle il répond sans hésiter : « Nous sommes tous ici convaincus, que le Service Public de continuité territoriale doit être conforté et amélioré, qu’il doit être encore plus et mieux au service des populations, de nos régions et de l’emploi. Et pour nous, cela passe par une SNCM debout, dotée des moyens nécessaires pour répondre à ses missions d’intérêt général.

Nous sommes tous ici conscients de la place et du rôle qu’occupe la SNCM sur le Port de Marseille. Elle est un lien entre la Corse et le continent, elle fait de Marseille une porte vers le Maghreb. De par sa présence ici et l’activité qu’elle engendre pour toutes les professions. Que ce soit chez les Dockers, les Portuaires, la Réparation Navale, les Douaniers, la SNCM contribue à faire du Port de Marseille un Port global où toutes les professions sont liées par le même destin ; aussi, ceux qui rêvent d’un Port sans ouvriers à statuts, sans drapeaux rouges, ne s’y trompent pas en frappant fort sur nos Camarades. Nous ne laisserons pas faire.

Le Port de Marseille est le poumon économique du département, de la région. S’en prendre à un de ses maillons, revient à nous affaiblir tous. Notre département, nos activités, nos industries, nos Services Publics paient déjà un trop lourd tribut à l’appétit des financiers qui n’en ont jamais assez. »

Et de rappeler dans la foulée que l’attaque contre la SNCM, n’est pas un cas isolé, mais une stratégie d’ensemble contre toutes les activités industrielles et de service de ce département que d’aucuns veulent transformer en bronze-cul. « Notre département fait l’objet d’une attaque globale, il nous faut y répondre globalement, en travaillant à la convergence des luttes. Le patronat et le gouvernement savent très bien que les travailleurs unis, avec la CGT, dans les luttes, peuvent inverser les choix et gagner le progrès social.

Depuis plusieurs mois déjà, voire pour certains quelques années, des luttes se mènent dans tous les secteurs : aux Moulins Maurel, à la Centrale de Gardanne, dans la Pétrochimie, au Grand Conseil de la Mutualité, à l’Hôpital Public, dans les Organismes Sociaux, à Air France et d’autres encore. Toutes ces luttes constituent un socle important pour permettre l’élévation et l’élargissement d’un mouvement social capable d’imposer le progrès social.

Contrairement à ceux qui, dans le camp d’en face, cultivent la fatalité pour éteindre toute résistance, nous pensons qu’il est possible de faire autrement et d’inverser le cours des choses. A ce sujet, les victoires obtenues par nos Camarades de Fralib et d’Ascométal, face à deux grands groupes, doivent résonner comme un formidable encouragement pour tout le monde du travail. Permettez-moi de les saluer à nouveau. »


A sa suite c’est Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat des marins qui dénonce la duplicité du gouvernement.
Comme le demande le syndicat dans un tract diffusé actuellement dans la région, il interroge :
« Où sont-ils les bateaux neufs écologiques à transition énergétique promis dont nos camarades de St Nazaire actuellement en chômage technique auraient tant besoin eux aussi ?
- Où en est le décret-loi « Etat d’accueil », pourtant promis par écrit, qui obligerait des entreprises comme Corsica Ferries à appliquer le droit du travail français ? Obliger les employeurs à appliquer ce droit-là ce serait bon aussi pour d’autres professions comme le bâtiment. Nous sommes internationalistes et nous refusons tout nationalisme et opposition des travailleurs entre eux. Avec l’obligation de respect du droit du travail français quels intérêts auraient les patrons à faire venir des salariés de plusieurs milliers de kilomètres pour mieux les exploiter ? (…) [3]

Le pacte de compétitivité nous sommes la preuve vivante que c’est une fumisterie. On a même signé ici un accord qui prévoit que l’on travaille plus pour gagner autant et pourtant voyez où nous en sommes six mois après !!!
On a un gouvernement qui se dit de gauche, des ministres que nous avons rencontrés qui disent nous soutenir et qui en fait mentent et nous lâchent à la première occasion. »

Son expression de colère contre la fausse gauche, celle qui aggrave les conditions de vie du monde du travail est ponctuée par des applaudissements et les cris approbateurs de l’assistance. Evidemment il parle de l’UE et de sa commission qui veulent s’asseoir sur le droit social français afin de le tirer vers le bas. De sa politique de sanction à géométrie variable, « tout bidon » comme écrit le syndicat qui souligne à juste titre que l’UE pointe les subventions allouées à la SNCM qui est soumise à une obligation de service public et qui ferme les yeux sur celles allouées à Corsica Ferries qui n’a pas du tout les mêmes obligations.

Puis, s’adressant plus particulièrement aux porteurs de drapeaux politiques, il termine par la partie de son intervention qui est peut-être la plus marquante pour l’assistance présente. .
« Moi qui ne suis encarté nulle part, en tant que militant, je m’adresse à vous, et plus particulièrement au Front de Gauche : jusqu’à quand et à quel prix vous allez accepter, de vous associer aux socialistes qui nous tirent dessus ? Comment ne pas comprendre que la situation politique actuelle nourrit l’abstention et le vote d’extrême droite. ? On ne peut pas continuer comme ça ! On a besoin d’une vraie gauche en France ! »
Les applaudissements très nourris et le sentiment de gravité visible sur les visages attentifs devraient faire réfléchir celles et ceux qui disent vouloir mettre l’homme avant la finance…

Pour ce moment de solidarité forte, de détermination commune dans le combat, cette capacité des travailleurs en lutte à bousculer le politique, il fallait être présent sur le port de Marseille ce mardi 1er juillet.

Il faudra continuer à soutenir et à s’engager dans ce combat pour l’avenir.


[1] on remarquait outre les portuaires toutes professions confondues, les intermittents, les fralib, celles et ceux du grand conseil, les Moulins Maurel, les chômeurs, Ascométal, les entreprises de propreté, la pétrochimie, Air France, les UL, des membres des 18 organisations engagées dans le processus unitaire avec la CGT et particulièrement tout le bureau de Rouge Vif 13…

[2] un même rassemblement avait lieu à la même heure en Corse

[3] Sur les travailleurs détachés et la fameuse circulaire de 1996 dont Rouge Vif 13 demande l’abrogation et qui a pourtant vu un incroyable vote unanime au sénat...pour son amélioration (sic !)

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 22:32
Car-ferrie-Transmanche.JPGCommuniqué de l'Union locale CGT de Dieppe

Depuis le 24 juin, les marins de la SNCM sont en grève avec la CGT et l’intersyndicale, avec l’appui de la CGT des portuaires et de l’UD CGT 13.

Ils veulent que les « engagements » du gouvernement soient tenus :
  • - La commande de 4 bateaux aux Chantiers navals STX de Saint Nazaire.
  • - La publication d’un décret « État d’accueil » qui obligerait les armateurs et Corsica Ferries à respecter le Droit français, avec des contrats de travail français pour ses marins.
Les armateurs de Corsica-Ferries contournent le Droit du travail français.

C’est une brèche ouverte qui menace tous les marins, à Dieppe et ailleurs, c’est une menace pour tous les salariés. D’autant plus qu’avant la Conférence sociale, le Premier Ministre et le MEDEF affirment haut et fort qu’il faut, avec le Pacte social baisser le « coût du travail » et liquider le Code du travail.

Les marins de la SNCM défendent 2600 emplois directs face à Transdev (filiale de Veolia) et face au gouvernement.

A Dieppe, la population garde en mémoire la manière ignoble dont l’Etat a traité les marins. La privatisation des ferries et la déréglementation se sont traduites, il y 20 ans à Dieppe par un désastre sur l’emploi.

  • > Des centaines de marins dieppois ont perdu leur embarquement et ont du s’expatrier dans le Nord et jusqu’en Belgique pour continuer à naviguer.
  • > Les familles ont été écartelées.
Aujourd’hui, la ligne Dieppe-Newhaven est toujours menacée, comme d’ailleurs l’ensemble des liaisons transmanche.

Les patrons veulent imposer des salaires toujours plus bas, toujours moins de réglementation, même si cela entraîne toujours moins de sécurité.

L’Union locale de Dieppe affirme sa solidarité totale avec la grève des marins de la SNCM, leur combat est le nôtre.

Nous exigeons face au gouvernement et au patronat :

  • - Défense du Code du travail contre le « Pacte » Valls-MEDEF.
  • - Le secrétaire d’État au Transport Cuvilier doit répondre aux revendications des marins de la SNCM pour garantir les 2600 emplois.
  • - Il est temps que l’État et le Conseil général de Seine-Maritime(les institutions régionales et/ou locales)s’engagent pour pérenniser les ferries à Dieppe. Ce qui signifie aussi prendre toutes dispositions pour aménager les horaires de dessertes pour les voyageurs et faire en sorte qu’une publicité digne de ce nom soit effective tant au niveau des touristes que des transporteurs

 

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 22:07

CGT-paris15.jpg

Adresse du Bureau de l’UL CGT

du 15ème Arrondissement de Paris

au Bureau Confédéral de la CGT

Le Bureau de l’Union locale CGT du 15ème arrondissement de Paris, sur la base du point de vue exprimé par sa dernière Commission exécutive, rejoint les expressions de nombreuses organisations de la CGT : la place de la CGT n'est pas à la “conférence sociale” des 7 et 8 juillet prochains convoquée par le gouvernement.

 

Le seul objectif de ces conférences est d'obtenir la caution des organisations syndicales à la mise en œuvre des politiques au service du Capital.

 

Qu’il s’agisse de la « réforme ferroviaire », du « pacte de responsabilité » ou de la « réforme territoriale », la CGT ne peut pas s’associer à cette mascarade, même de façon critique et au nom du « dialogue social ». Elle accréditerait dangereusement l’idée du patronage d’un gouvernement « neutre », jouant un rôle « d’arbitre au-dessus des classes » alors qu’il est le principal serviteur de la politique du capital.

 

Le ministre du travail, François Rebsamen, déclare vouloir « faire le point sur le pacte de responsabilité et de solidarité ». Cette conférence constitue une nouvelle manœuvre visant à faire avaliser le pacte de « responsabilité » : une saignée de 50 milliards d’euros en 3 ans dans les dépenses publiques et sociales.

 

Qui peut croire que l'on puisse négocier des garanties – un moindre mal - pour les salariés, les fonctionnaires, les chômeurs et les retraités dans ce cadre ?

 

Le mouvement exemplaire des cheminots, tant par sa détermination que par la justesse de son contenu, a mis en difficulté le gouvernement et le patronat comme jamais depuis l’élection de François Hollande. Pour l’Union Locale du 15ème, il a ouvert la voie à une véritable contre-offensive des salariés, dans tout le pays, pour mettre en échec ce plan de casse généralisé de nos acquis et imposer la satisfaction de nos revendications. Nous gardons le souvenir des mobilisations immenses, inachevées, de 2010 contre la casse des retraites.

 

Le gouvernement a cherché lourdement à rallier la CGT à un accompagnement de sa « réforme ferroviaire ». Il a été mis en échec par le mouvement et s’est retrouvé avec ses partenaires syndicaux habituels.

 

Aujourd'hui, les salariés attendent de la principale organisation de lutte du pays une voie claire et des perspectives de lutte concrète.

 

La place des dirigeants syndicaux CGT n'est pas à la table du MEDEF sous les auspices de Hollande et de Valls. Elle est sur le terrain de l'exploitation, dans les luttes, avec les syndiqués. Des possibilités nouvelles existent d'impulser, en actes, la convergence des luttes. Chaque militant syndical de classe l’appelle de ses vœux pour préparer, dès maintenant, une rentrée de résistance et de contre-offensive.

 

Les instances confédérales ont un rôle décisif à jouer dans cet objectif.

 

Paris, le 5 Juillet 2014

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 21:57
Un film dénonce le modèle low cost de Corsica Ferries

En pleine grève de la SNCM, une enquête sur son concurrent Corsica Ferries a été présentée à la CGT marins sur le Danielle Casanova. Son auteur, le journaliste Enrico Porsia, s'est intéressé aux avantages sociaux et fiscaux dont bénéficie la compagnie maritime et qui constituent pour lui une distorsion de concurrence.

Au nom de la concurrence, on pourrait aboutir à "un monopole" à la Corsica Ferries. Au terme de notre entretien, Enrico Porsia résume le paradoxe du dossier de la desserte maritime de la Corse, avec la possible disparition de la SNCM dans les prochains mois. D'autant plus qu'en termes de "distorsion de concurrence", ce qui est reproché par l'Europe à la compagnie marseillaise, son homologue italien n'est pas en reste, assure le journaliste.

Connu pour son enquête sur le système Ryanair, il a récidivé dans sa dénonciation du low-cost avec l'armateur aux ferries jaunes. Le documentaire, qui n'est en fait qu'une première partie, a été diffusée lundi sur le Danielle Casanova, QG des personnels en grève de la SNCM. Alors que le conflit social se durcit, il fournit d'ailleurs des arguments à la CGT marins, qui a participé à son financement avec le magazine Option de la CGT. "Je n'apporte pas des armes, j'essaie de regarder objectivement quelle est la réalité des choses. C'est pousser plus loin mes enquêtes antérieures [...] Je n'ai eu aucun contrôle, aucun coup de fil." Il y se dit même "fier d'avoir eu une subvention des marins de Marseille plutôt que travailler pour un marchand de canons comme Dassault au Figaro par exemple".

Pavillon bis

Au coeur du système Corsica, on trouve notamment la question du pavillon, ce petit drapeau qui flotte sur le navire mais qui conditionne aussi tout un ensemble de règles sociales applicables. La SNCM, comme son partenaire la Méridionale, navigue sous pavillon français de premier registre. La Corsica, elle est sous pavillon italien. Et pas n'importe lequel mais le pavillon bis. À l'image de ceux créés par plusieurs pays européens, -dont la France avec le RIF- il fixe un cadre social bien plus favorable.

À l'origine, il s'agissait pour leurs armateurs de faire face à la concurrence internationale des pavillons dits "de complaisance" (Panama etc.) tout en restant sous les couleurs nationales. "Par contre, en Italie, il sert aussi pour le cabotage, les trajets entre la côte et une île", souligne-t-il. Ces dernières années, on a ainsi vu des contestations liées à son utilisation par Louys Dreyfus sur les lignes transmanche ou Grimaldi Ferries entre l'Italie et la Grèce. Cette question était l'un des points de la grève déclenchée en janvier par les personnels de la SNCM et la CMN. Parmi les engagements pris par le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, figurait l'application du principe de "l'État d'accueil", qui fait dépendre les règles sociales du port accosté. Le très attendu décret a été présenté au conseil d'État fin mai. "C'est le devoir du gouvernement d'imposer les mêmes règles à n'importe quelle entreprise qui pratique une activité commerciale sur le territoire français", conclut Enrico Porsia.


Par Julien Vinzent, le 3 juillet 2014

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 15:08
JOUVIN Louis



Louis Jouvin le 8 juillet 1942
Matricule 45697 à Auschwitz
Rescapé

Louis Jouvin est né le 28 décembre 1907 à Caen (Calvados). Il est le fils de Marie Quentin et d’Auguste Jouvin, peintre, son époux (mariés le 30 août 1884). Il habite au 56 rue Robert Legros à Grand Quevilly (Seine-Inférieure/Seine-Maritime) au moment de son arrestation. 
« Louis Jouvin suivit des études primaires puis exerça le métier de couvreur. Il adhéra au Parti communiste en 1934, alors qu’il était toujours dans le Calvados, et milita à Falaise où il assura le secrétariat d’une cellule » Le Maitron. 
Il se marie avec Yvonne Poulain, fille d’un charretier et d’une couturière. Le couple a deux fils : Pierre, né le 7 mai 1927(1), et Jean-Louis. Ils viennent s'installer au Grand-Quevilly au début des années 1930.
Louis Jouvin est agent technique aux PTT. Secrétaire du Syndicat CGT des Services techniques PTT, il est membre du Bureau de l'Union Départementale CGT à Rouen et du bureau départemental de la CGT de Seine-Maritime de 1938 à 1939. Yvonne Jouvin adhère au PCF en 1936.
Louis Jouvin est mobilisé le 2 septembre 1939 au 22ème Régiment d'Artillerie Divisionnaire à Caen. 
Le 22 décembre 1939 il est arrêté à Vieux Berquin (Nord) et interrogé par la police comme "suspect". A la suite d'un non-lieu, il est réaffecté au 89ème RAD de Dunkerque. Il reçoit la croix de guerre 1939/1940.
Le couple participe très tôt à la reconstitution clandestine du PC à Grand-Quevilly puis à la Résistance dès juillet 1940. Louis Jouvin diffuse la presse clandestine du Parti communiste. Il accomplit un sabotage sur les circuits électriques de la ligne téléphonique Le Havre-Paris utilisée par les Allemands.
Les outils laissés sur place le 19 octobre 1941
Le couple participe très tôt à la reconstitution clandestine du PC à Grand-Quevilly puis à la Résistance dès juillet 1940. Louis Jouvin diffuse la presse clandestine du Parti communiste. Il accomplit un sabotage sur les circuits électriques de la ligne téléphonique Le Havre-Paris utilisée par les Allemands.
« Louis Jouvin a été un des acteurs du déraillement du train militaire de Pavilly le 19 octobre 1941. Cette opération avait été soigneusement préparée à l'avance par André Pican et Michel Muzard (pour l'OS), en contact avec les deux envoyés du Comité Militaire National de l'OS. Lire dans le blog : Le "brûlot" de Rouen (octobre 1941). La distribution des tâches, les itinéraires d'approche et de repli, les horaires avaient été distribués à diverses formations de militants qui participaient à une action commune sans se connaître mutuellement. La protection armée revenait à l'OS, le déboulonnage à des cheminots utilisant un outillage de fabrication artisanale. Ainsi, le sabotage des lignes téléphoniques avait été confié à l'agent des PTT Louis Jouvin qui, travaillant précisément dans le secteur couvrant Pavilly, en connaissait tous les détails. Le point de déboulonnage était situé à 13 km de Rouen à cause du retour à vélo. 
"Le déraillement réalisé, les groupes se replient, Louis Jouvin, Michel Muzard, Antoine de Paris rentrent chez Lucie Guérin (dans son appartement boulevard des Belges) avec André Pican, chaussures et vêtements déchirés où ils passent le reste de la nuit".( In Les bataillons de la jeunesse, Albert Ouzoulias)
Louis Jouvin était-il particulièrement soupçonné par la police en raison de son lien professionnel avec la ligne touchée par le sabotage? Quoi qu'il en soit, Il sera arrêté 48 heures après le déraillement dans le cadre de la rafle en milieu communiste, probablement au même titre que les 150 autres militants depuis longtemps fichés par la police  de Rouen et du département de Seine-Inférieure». Jean Paul Nicolas, correspondant du Maitron.
La police recherche activement les auteurs du sabotage, à partir de descriptions d'un garde barrière et « met le paquet » pour retrouver dans quelle usine les outils ont été fabriqués. Analyse métallographique du type d'acier employé : ce n'est pas un acier des ateliers SNCF de Sotteville, ni de la Compagnie Française des Métaux à Déville ! Etc...L'analyse des alliages de la soudure ne donne rien non plus. Encore raté ! De fait Rouen est une ville comportant beaucoup d'industries et on ne parvient pas à identifier le métallo qui confectionnait sur son tour les outils pour sabotage et les tubes d'acier des bombes pour attentats. Ce métallo était bien sûr "plusieurs" et dans des industries inattendues (Jean Paul Nicolas).
Constatations des services de police


Avis de recherche 20 octobre 1941
Louis Jouvin est arrêté dans la nuit du 21 au 22 octobre 1941, entre une heure et deux heures du matin, chez lui, par la police française et locale (2). Louis Jouvin indique qu'avec lui sont arrêtés Louis Briand, Michel Guillot, Marcel Le Dret, André Voranget, Michel Bouchard, Adrien Fontaine, Robert Gaillard, Lucien Ducastel, Jean Valentin.
Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. Trente neuf d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Louis Jouvin est incarcéré à la caserne Hatry à Rouen puis transféré à Compiègne le 25 octobre 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otagesSon épouse continue le combat : « Yvonne Jouvin organisa en avril 1942 une manifestation de femmes en faveur de l’amélioration du ravitaillement ». Le Maitron. 
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Jouvin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.


Lors de son immatriculation à Auschwitz
Louis Jouvin est enregistré à leur arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 (11 heures du matin) sous le numéro 45697. Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet : «Nous sommes interrogés sur nos professions. Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et s'en retournent à Auschwitz I » (témoignage de Pierre Monjault). Louis Jouvin est affecté au camp principal d'Auschwitz, dans le kommando des couvreurs. Ils y sont 32 français au début. Louis Jouvin sera le seul survivant.

du 14/08/19 43 au 12/12/ 1943
En application d’une directive de la Gestapo datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus des KL en provenance d’Europe occidentale la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, Louis Jouvin, comme les autres détenus politiques français d’Auschwitz, reçoit en juillet 1943 l’autorisation d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la censure - et de recevoir des colis contenant des aliments. Ce droit leur est signifié le 4 juillet 1943. Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11. Le 12 décembre 1943, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos. Louis Jouvin retourne au Kommando des couvreurs jusqu’au 3 août 1944, date à laquelle il est à nouveau placé en quarantaine, au Block 10, avec la majorité des «45000» survivants.
Louis Jouvin est transféré avec 29 autres «45000» à Sachsenhausen, le 29 août 1944 : il y reçoit le matricule n° 94260. Puis il est transféré à Kochendorf (kommando de Natzweiler-Struthof), situé sur le Neckar à 50 km de Stuttgart, (anciennes mines de sel converties en usines souterraines pour les constructions Heinkel), avec Georges Gourdon, Henri Hannhart, Germain Houard, Lahoussine Ben Ali, Guy Lecrux, Gabriel Lejard, Maurice Martin, où ils arrivent le 5 octobre 1944. Il y est affecté au Kommando des électriciens.
Fin mars 1945, ils sont évacués sur Dachau, à pied jusqu'à Augsburg (c’est l’une de ces terribles «marches de la mort» au cours de laquelle périssent des milliers de déportés). Puis en train jusqu'à Dachau où ils arrivent le 8 avril 1945. Louis Jouvin y reçoit le matricule 140 709. Il y retrouve son camarade René Demerseman, du Trait.
 
Louis Jouvin est rapatrié en France le 18 mai 1945. Il est homologué «Déporté politique». Sa demande pour être reconnu «Déporté Résistant» est demeurée sans suite. Il est décoré de la Croix de guerre 39-45, de la médaille de la Déportation et Invalides.
Louis Jouvin a été maire de Grand-Quevilly de 1945 à 1947 (Wikipédia et communication téléphonique de son fils Pierre). Il y habite rue Mathilde Juliot. Il succède à Tony Larue, maire SFIO entre 1936 et 1940, puis entre 1944 et 1945. En 1947, il milite à la FNDIRP, dont il est membre du bureau départemental. Il est adhérent à l’Amicale d’Auschwitz.  Il est membre du comité fédéral du PCF et vice-président de l’Amicale des élus communistes de Seine-Inférieure.

Louis Jouvin et Lucienne Legac, veuve de Charles Legac
Le 26 juin 1960, avec Germaine Pican, Lucien Ducastel, Robert Gaillard et Louis Eudier, il organise au Petit-Quevilly la première rencontre des «45000» et des «31000» survivant-e-s qu’ils avaient pu retrouver. 
Le menu de Louis Jouvin, rencontre 1973
Puis la commémoration à Rouen du 20e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Le 27 mai 1973 c'est la rencontre à Gonfreville-L'Orcher (ci joint le menu à son nom). Il est au Havre, en 1980 (photo ci-dessus).
Il se retire à Illeville-sur-Montfort, où il est président de le l’Amicale des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.
Louis Jouvin est mort le 7 février 1995.

Pierre Jouvin en 2008
  • Note 1 Son fils Pierre s’est engagé et a participé à Libération de la poche de Dunkerque (de septembre 1944 au 9 mai 1945) au sein du 1er bataillon du 67ème régiment d’Infanterie.
  • Note 2Dans le questionnaire biographique qu’il rédigea le 10 septembre 1947, il mit en cause Georges Déziré qui lui aurait répondu lorsqu’il l’avait averti de la surveillance dont lui Jouvin faisait l’objet que "surveiller n’est pas toujours arrêter, alors qu’il aurait dû me faire quitter le domicile pendant qu’il était encore temps". Le Maitron
Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli avec beaucoup de gentillesse par Louis Jouvin le 20 octobre 1987.
  • Attestation du Front National du 22 octobre 1968 (Munier, liquidateur).
  • © Mémorial Sachsenhausen.
  • Lettre de Georges Gourdon à Roger Abada - 8 août 1988.
  • Témoignage de Lucien Ducastel (1988).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • © Archives en ligne du Calvados-Caen.
  • "Mémoire vive n° 30".
  • © Blog des élus communistes de Grand-Quevilly.
  • © Correspondance octobre 2011 avec Bruno Prepoleski, élu communiste de Grand-Quevilly.
  • Documents recueillis par Jean Paul Nicolas aux AD de Seine Maritime (cote 54 W 7958), mel mai 2014. 
Biographie rédigée en octobre 2011 (modifiée en mai 2014) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 14:53
Lu sur le blog Déportés politiques à Auschwitz, convoi du 6 juillet 1942
LECOQ Louis, Auguste, Gaston

          
45753
Rescapé

Louis Lecoq est né le 14 mai 1893 à Béthencourt-sur-Somme (Somme). Il est le fils de Marie Aimée Devarenne et de Désiré, Charles, Fernand Lecoq, son époux. Il habite Le Trait (Seine-Inférieure / Seine ­Maritime) au moment de son arrestation.
Il est mobilisé pendant la guerre 1914/1918. Fait prisonnier, il apprend l’allemand durant sa détention (Raymond Montégut).
Il est ouvrier mécanicien à l'entreprise CASM ("Cloutiers et Ateliers de la Seine-Maritime", qui est le nom du chantier naval du Trait (1). Louis Lecoq est membre du Parti communiste, secrétaire de la cellule du Trait «un des militants des plus actifs en faveur du Parti communiste de la région du Trait» écrit l’Inspecteur de la Sureté (2).
Au début de la 2° guerre il est interné par les autorités françaises. Il est libéré à l'arrivée des troupes allemandes d'occupation et travaille, selon l’enquête de la Sureté dans un dépôt de munitions que les Allemands avaient constitué dans un bois près de près de Sainte Marguerite-sur-Duclair (2).
Il forme alors un groupe de résistance dans sa ville, avec Lucien Adam, Maurice Basille, Maurice Billard, Louis Debord, Roger Girod, Gohon (ou Gohé ?), Moïse Lanoue, René Demerseman, Maurice Leclerc, Lefèvre, Lefranc, René Talbot, Thomasini : «J’étais le chef de ce groupe et comme il existait un dépôt de munitions de l’armée allemande sur la commune de Sainte Marguerite-sur-Duclair, j’avais décidé de la faire sauter avec mes collègues. Je ne sais pas si nous avons été vendus, toujours est-il que le 21 octobre 1941, les gendarmes de Duclair sont venus nous arrêter à nos domiciles» (témoignage de Louis Lecoq à la gendarmerie en 1948).
En réalité Louis Lecoq qui est un militant communiste connu, est arrêté dans la nuit du 21 octobre 1941 à son domicile par des gendarmes de Duclair, sur ordre des autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly : lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen). Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz.

 (extrait de la lettre de Maurice Chaumond)
A Compiègne, Louis Lecoq reçoit le numéro matricule 2077, il est affecté au bâtiment A2. 
Selon le témoignage de Lucien Ducastel, il est très lié avec André Tollet. Il a l'estime de ses camarades qui le surnomment affectueusement, comme Maurice Chaumond (3) : "Le Père Lecoq" (lettre ci- contre).


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Lecoq est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Louis Lecoq est enregistré à son arrivée à Auschwitz-I «Stammlager» (camp principal), le 8 juillet 1942, sous le numéro «45743». Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet : «Nous sommes interrogés sur nos professions. Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et s'en retournent à Auschwitz-I, ils sont approximativement la moitié de ceux qui restaient de notre convoi (…)» écrit Pierre Monjault. Lire dans le blog, La journée-type d'un déporté d'Auschwitz.  
Sa qualification professionnelle lui permet d’être affecté à Auschwitz-I, au Block A8 et au Kommando DAW (armement, Deutsche Ausrüstungs Werke). Quoique l’un des plus âgés des «45000», il survit grâce à la reconnaissance de son savoir-faire : «Il y avait dans notre Kommando une fonderie qui coulait des étaux en fonte et des lingots d’alu. Notre doyen monta et ajusta à la grande satisfaction de l’Oberkapo, le premier étau. Il reçut à cette occasion les félicitations de ce dernier. Ces félicitations lui valurent de la part des caïds du block une attention obséquieuse» écrit Raymond Montégut.
En application d’une directive datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus français des KL la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, Louis Lecoq reçoit le 4 juillet 1943 (comme les autres détenus politiques français d’Auschwitz), l’autorisation d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la censure - et de recevoir des colis contenant des aliments.
Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11.  Le 12 décembre, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos.

Louis Lecoq et 28 autres "45 000" sont transférés d'Auschwitz le 28 août 1944 à Oranienburg-­Sachsenhausen où ils sont enregistrés. L'évacuation de Sachsenhausen a lieu le 21 avril 1945, en direction de Schwerin (Meklembourg), puis de Lübeck ou de Hambourg. Certains "45 000" sont libérés en cours de route par les Soviétiques, au début mai, d’autres par les Américains.  Louis Lecoq et Giobbé Pasini atteignent Schwerin, où ils sont libérés par les Anglais. Il est rapatrié en France en juin 1945­ «avec Girot». Avec Lucien Vannier, Giobbé Pasini, Jean Rouault il est parmi les plus âgés des rescapés du convoi.
Il est homologué «Déporté politique». Louis Lecoq meurt à Rouen le 12 octobre 1965. 

  • Note 1 : "A la réunification syndicale entre la CGT et la CGT-U dans la métallurgie en décembre 1935, un syndicat CGT s’organise au Trait (...). A l’initiative de Robert Lemonnier la grève est déclenchée le 4 juin 1936, le drapeau de la CGT flotte sur les bâtiments. (…) Le 8 juin, à 16 heures, les sirènes sonnent la fin de la grève, mais il faudra attendre le 28 septembre pour que Henri Nicot, le directeur, et Robert Lemonnier signent un accord définitif. Il y a du changement : en plus des premiers congés payés, les acquis sont énormes, et la vie change profondément (3). Serge Laloyer in © «Le fil rouge 76».
  • Note 2 : Il s’agit de la note rédigée le 8 juillet 1952 par l’inspecteur de la Sûreté nationale Gambier, pour l’enquête diligentée par le Préfet, suite à la demande de Louis Lecoq d’être homologué «Déporté Résistant», demande qui lui est refusée (avis défavorable du Préfet, le 18 juillet 1952 : "Seule son appartenance politique (souligné en rouge) est la cause de son arrestation et de sa déportation".  
  • Note 3 : Le jour du départ du convoi, Maurice Chaumond jette une lettre depuis le wagon en gare de Châlons-sur-Marne. Cette lettre sera transmise à destination, comme des centaines d’autres. Il y annonce à ses amis Duval (…) qu’il est dans le convoi avec «le père Lecoq et Georges Peiffer».
Sources
  • Récit de Raymond Montégut (in "Arbeit macht Frei"), repris à la page 182 de «Triangles rouges à Auschwitz ».
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel voir notamment le rapport de l'inspecteur de la Sûreté générale Gambier du 8 juillet 1952).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Siteinternet «Le Fil rouge», Institut CGT d’Histoire sociale de Seine Maritime.
Biographierédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» au CRDP de Rouen, et modifiée en mars 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 02:42
Lu sur le blog " Le convoi du 6 juillet 1942"
Une déportation de représailles contre le "judéo-bochevisme"

Le convoi d'otages communistes du 6 juillet 1942 s'apparente par ses origines aux fusillades d'otages de Nantes, de Chateaubriant, du Mont Valérien et de bien d'autres lieux d'exécution.
Ils font partie des mesures de représailles prises par le commandant militaire en France pour tenter de terroriser les petits groupes armés communistes qui entreprennent d’attaquer des officiers et des soldats de la Wehrmarcht.
Ces premières manifestations de lutte armée en France débutent en août 1941. Hitler place ces représailles dans le cadre de la «croisade contre le «judéo-bochevisme», qui, depuis juin 1941, lui sert de bannière dans la guerre contre l'Union soviétique.
A partir de septembre 1941, des otages, pour la plupart communistes parmi lesquels se trouvent de nombreux Juifs, sont fusillés.
Après les deux attentats retentissants contre le Feldkommandant de Nantes et un conseiller d’administration militaire à Bordeaux, Hitler exige des représailles massives. En conséquence, 48 otages sont fusillés dans la région de Nantes - dont 27 communistes au camp de Châteaubriant - et 50 au camp de Souges, près de Bordeaux.
Persuadé que l'amplification de la terreur ne fera pas céder les communistes, que les investigations de la police française ont permis d'identifier comme les véritables auteurs des attentats, Otto von Stülpnagel Commandant militaire en France (MBF) réaffirme dans un rapport adressé à Berlin que "de pareilles méthodes (sont) inapplicables à la longue". Il estime que ce bain de sang risque de compromettre, de façon définitive, les bases de sa politique. Dès lors, il s'emploie à rechercher une politique de rechange aux exécutions massives d’otages.

A la suite d’une série d'attentats commis fin novembre et début décembre, il propose, dans un télégramme qu'il adresse à Berlin, le 5 décembre, l'exécution de 100 otages, une amende d'un milliard de francs imposée aux Juifs de Paris et l'internement et la déportation à l'est de l'Europe de 1000 Juifs et 500 jeunes communistes.

L'autorisation de Hitler de déporter des Juifs à l'Est parvient au MBF le 12 décembre, au moment où se prépare la conférence de Wannsee qui a pour objet l’organisation des déportations de Juifs, en vue de leur extermination, dans l’ensemble des pays sous domination allemande, camouflée sous le nom de "solution finale du problème juif en Europe".
En 1941, l'idée selon laquelle les Juifs sont à l'origine des actions communistes menées contre l'armée d'occupation est largement répandue dans les milieux allemands et sert à légitimer persécutions et exécutions. A l'Est, c'est au nom du "judéo-bolchevisme" que les familles juives et les cadres communistes sont massacrés par des groupes mobiles qui suivent l'avancée des armées allemandes sur le territoire soviétique. Pour la France, Heydrich écrit le 6 novembre 1941 au général Wagner, chef de l'intendance : Les attaques réussies dans les entreprises travaillant pour la Wehrmacht, les actes de sabotage contre les chemins de fer, les attentats contre les membres de l'armée allemande et les tentatives de meurtre de politiciens qui s'étaient engagés dans la collaboration germano-française, montrent que les cercles "judéo-bolcheviks" sont les auteurs de tous les crimes.

En raison de problèmes de transport, les déportations sont repoussées à une date ultérieure. Le transfert vers l'Est des 1000 Juifs se fera "dans le cadre des évacuations prévues en février ou en mars"[1]. Les services de la police de sécurité et du SD à Paris sont chargés d'organiser la déportation des Juifs vers l'Est et celle des communistes vers un camp de concentration allemand du Reich.

Dannecker, à la tête de la section des Affaires juives de la police de sécurité et du SD dans la zone administrée par le MBF, profite de la politique des otages pour accélérer les débuts de la "solution finale" en France. A partir de février 1942, il multiplie, les démarches auprès d'Eichmann, pour obtenir la déportation des 1000 otages juifs annoncée dans l'avis du 14 décembre 1941. Il reçoit, en outre, l'accord d'Eichmann et de Heydrich pour l'évacuation de 5000 autres Juifs de Paris au cours de l'année 1942 (...) et pour d'autres déportations de plus grande envergure en 1943[2]. Un télégramme d'Eichmann indique que les 5000 Juifs devront être placés dans le camp de concentration d'Auschwitz.[3]

Pour Dannecker, ces premiers transferts sont les préliminaires à l'ambitieux programme de déportation des Juifs de France qu'il s'est tracé. Un premier convoi composé de 1000 Juifs quitte le camp de Compiègne pour Auschwitz le 27 mars 1942. Ce transport est à la fois, pour la France, le premier transport de la “solution finale” et la première déportation d'otages.

Cependant, les attentats se font de plus en plus nombreux et les représailles semblent inefficaces. Après trois attentats successifs au début d'avril 1942, à La Courneuve, au Havre et à Paris, Hitler ordonne le 9 avril 1942, comme mesure supplémentaire d’intimidation aux fusillades d’otages, la déportation de 500 otages communistes, Juifs et "asociaux” pour chaque nouvel attentat.

Fiche d'otage communiste
Ces transports doivent être essentiellement composés de communistes, comme l'indique le télégramme envoyé le 11 avril à l'ambassadeur Abetz par son adjoint, Rudolf Schleier : Dans les instructions que nous avons, il faut frapper les communistes en nombre important. L'instruction que nous avons du Führer s'oppose au projet de frapper exclusivement ou surtout les Juifs[4]. 
Dannecker intervient alors pour que les otages juifs partent en priorité et reçoit, pour la seconde fois, l'appui des services d'Eichmann.

A compter du 18 juin, une dizaine de trains de marchandises sont mis à la disposition de Dannecker. Celui-ci organise alors le départ de quatre autres transports de Juifs vers Auschwitz. 
Ils s'inscrivent, comme le précédent, dans le cadre de "l'évacuation" des 5000 Juifs de la région parisienne. Ils s'effectuent à partir des camps d'internement français de Drancy (le 22 juin), de Pithiviers (le 25 juin et le 17 juillet) et de Beaune-la-Rolande (le 28 juin)[5]. 
Mais, désormais, ces déportations échappent totalement au contrôle de l'administration militaire. Dannecker n'observe plus les instructions données par le MBF pour la constitution des convois de représailles. Les limites d'âge ne sont plus respectées, des femmes et des adolescents sont intégrés dans ces transports[6].
Pourtant, ces transports partent encore sous le prétexte des représailles. Le fait est révélé de manière indirecte par deux échanges de télégrammes, l’un datant de juillet et l’autre d’août 1942, conservés au Centre de documentation juive contemporaine. Le 9 juillet, Dannecker répond à son homologue de Bruxelles qui l'avait interrogé sur la possibilité de déporter des Juifs de nationalité française : (…) Il y avait de nombreux Juifs de nationalité française dans les 5 transports qui ont été exécutés jusqu'à maintenant depuis le territoire occupé et qui l'ont été en partie comme mesure de représailles contre le judaïsme (die Teilweise als Sühnemassnahmen gegen die Judenschaf durchgefürt würden) (…)[7].
Le 1er août Berndorff s'adresse du département de la Gestapo (RSHA IV-C2) au BdS Knochen (commandant de la police de sécurité et du SD en France) au sujet de "déportation de communistes, Juifs et éléments asociaux vers l'Est à titre de représailles". Il se réfère est à son ordre du 6 mai 1942 et écrit : Je demande un rapport sur l'état de cette affaire. Jusqu'à présent, les formulaires, exigés par le décret en référence, ne sont pas arrivés. Je demande en particulier qu'on me fasse savoir si les personnes déjà arrêtées ou susceptibles d'être arrêtées relèvent des dispositions du décret Nacht und Nebel. Dans l'affirmative, je demande de le spécifier par un tampon ou par un autre moyen sur les formulaires afin que le traitement de ces cas soit conforme à la réglementation[8]. 
On constate, en effet, que le département de la Gestapo (RSHA IV- C2), en s'adressant pour la première fois à Paris depuis le 6 mai 1942 au sujet des déportations de représailles, n'est pas à l’origine des déportations vers Auschwitz qui ont déjà eu lieu. 
Non seulement il n’a pas reçu les formulaires individuels des personnes qu'il était censé déporter, mais il ignore même que l’existence de transports vers ce camp. Il avait pourtant ordonné la constitution d'un premier transport de "1000 personnes" pour Auschwitz, le 6 mai 1942. 
La réponse qu'il reçoit du service des Affaires juives à Paris est des plus laconiques. Celui-ci laisse entendre que l'absence de réponse de la part du RSHA, au sujet des formulaires individuels, a empêché jusqu'ici le départ des convois de représailles. Il ne fait nullement état des transports déjà réalisés et n'évoque le problème des formulaires que sous l'angle des déportations à venir.S’agissant du convoi du 6 juillet 1942, le télégramme du 1er août amène à se poser la question de savoir quel département du RSHA en a organisé le départ vers Auschwitz.
A leur arrivée à Auschwitz, ces transports sont enregistrés comme "convois du RSHA", comme le furent les autres transports de la "solution finale". 
Le fait est connu, malgré la destruction ou la disparition d'une grande partie des archives du camp, grâce à une liste des convois d'Auschwitz, recopiée clandestinement à partir des archives des SS, par des détenus appartenant à la Résistance, en septembre 1944[9]. Cette liste indique le jour d'arrivée de chaque transport, son origine et les numéros sous lesquels les détenus ont été enregistrés. Or, le convoi du 6 juillet 1942 est également mentionné à Auschwitz comme étant un "convoi du RSHA". En effet, la ligne qui lui est consacrée indique : "8 juillet 1942, convoi RSHA-Paris, 45317 - 46326".
Au contraire, les convois de déportés de répression, organisés par le département de la Gestapo (RSHA IV-C2), portaient non pas la mention du RSHA mais celle plus précise de l'organisme qui l'a ordonné : comme par exemple, BdS-Paris, pour les convois partis de Compiègne vers Buchenwald.


Peut-on en conclure que le départ du convoi du 6 juillet 1942 a été réglé par les services d'Eichmann à Berlin et par son représentant à Paris ?
D'autres faits le confirment. Le 2 juillet, les services ferroviaires allemands avisent le service des Affaires juives en France qu'un train est mis à sa disposition pour le transport de 1100 prisonniers de Compiègne vers Metz, puis vers Auschwitz (Silésie orientale).[10] Il s'agit du convoi du 6 juillet 1942. 
Fait significatif, cette information est placée dans une lettre sous la référence : transports de Juifs depuis la France qui traite, en outre, de l'établissement des trajets à partir des différentes gares pour les "40000" Juifs de France qui doivent prochainement être déportés". Par ailleurs, le service des Affaires juives en profite pour intégrer 50 Juifs dans le transport des «1100 prisonniers» vers Auschwitz. Le 5 juillet, ils sont extraits du camp des Juifs de Compiègne et rejoignent, dans les baraquements de transit, le millier d'otages communistes et la quinzaine d'otages "asociaux" destinés au départ. Ils étaient les derniers otages juifs déportables détenus dans ce camp.

Le 6 juillet, la section, créée sur ordre du MBF pour y enfermer les otages juifs, est vidée de ses internés. Les dix-huit hommes restants sont placés au "camp des politiques", avant d'être transférés le 26 mai 1943 à Drancy[11]. 
Pour le service des Affaires juives, les otages juifs ne pouvaient avoir d'autre destination qu'un camp d'extermination : leur intégration dans le convoi du 6 juillet 1942 impliquait nécessairement que celui-ci parte pour Auschwitz. Ainsi, l'imbrication existant, en France, entre la politique des otages et les débuts de la "solution finale", dans le contexte de la lutte contre le "judéo-bolchevisme", explique la destination du convoi à Auschwitz et la présence de Juifs aux côtés de prisonniers politiques.
Claudine Cardon-Hamet 

Docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Autrement, Paris 2005 et de. "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). 

Prière de mentionner les références (auteur et coordonnées du blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cet article.
Pour le compléter ou faire des remarques, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com.

Notes
[1] Il faut entendre dans le cadre des déportations de la "solution finale".
[2] Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz, op. cit., vol. 1, p. 43-44.
[3] Télégramme d'Eichmann à Knochen du 12 mars 1942. Ibidem, p. 198-199.
[4] Cité par Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Paris, Robert Lafont , 1969, tome 2, p. 418.
[5] Ces déportés ont été triés avant leur départ pour être tous "aptes au travail" et ne sont pas l'objet d'une sélection à leur arrivée à Auschwitz.
[6] Déjà, le télégramme de Günther du 16 mai 1942 rendait possible la déportation de 5 % de femmes. Archives du CDJC, XXVb, 26.
[7] Archives du CDJC, XXVb-36. C'est ce télégramme qui a permis à Serge Klarsfeld de signaler pour la première fois que les premiers convois de Juifs étaient aussi des convois de représailles.
[8] Archives du CDJC, XXV-53. Ce document montre également que dès cette date, la Gestapo envisageait que des déportés, relevant du décret Nacht und Nebel puissent être internés dans un camp de concentration sans passer au préalable en jugement en Allemagne.
[9] Ce document est transmis à la Résistance extérieure polonaise. Il est actuellement conservé au musée d'Etat d'Auschwitz, en Pologne (Apmo-ro/123,t. 3/356).
[10] Archives du CDJC, XXV6-45.
[11] Drancy devient, à la mi-juillet 1942, le principal camp de départ des Juifs de France, à la suite des accords passés pour l'arrestation des Juifs étrangers, le 2 juillet 1942, entre Oberg et Bousquet, chef de la police française. Le 17 juillet 1942, les derniers Juifs de la région parisienne pour lesquels Dannecker avait reçu l'autorisation d'évacuation en mars 1942, quittent le camp de Pithiviers. Leur convoi précède de deux jours les premiers transports de Juifs arrêtés par familles entières, les 16 et 17 juillet à Paris, durant la grande rafle du "Vel' d'Hiv". A partir de ce moment, la "solution finale" se déploie en France, sans interruption.

Photos
© MRN Champigny
© Poirmeur, le camp de Compiègne.
© Fiche d'otage, CDJC.
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 01:23

Nous publions ici un extrait du blog : "Déportés politiques à Auschwitz : le convoi du 6 juillet 1942".  Nous publierons dans les articles suivants la liste des déportés ainsi que la biographie de certains d'entre eux.  Pour l'essentiel ils étaient communistes.  Très souvent des militants ouvriers.  

 

Introduction


 

Le convoi du 6 juillet 1942 occupe une place singulière dans les déportations de France. Il est le premier convoi de répression à quitter le camp de Compiègne pour les camps de concentration allemands et le seul de l’année 1942. Avec celui du 24 janvier 1943 (230 femmes), il est le seul convoi de résistants à avoir eu Auschwitz pour destination définitive.

Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes - responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT - et d’une cinquantaine d’otages juifs (soient 1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

A la fin de la guerre, sur les 1170 hommes immatriculés à leur arrivée à Auschwitz, le 8 juillet 1942, seuls 119 étaient encore en vie (soit 11% d’entre eux).

Claudine Cardon-Hamet

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 18:03

CGT-cheminots-Cannes.jpg

SYNDICAT CGT DES CHEMINOTS
DE CANNES et RÉGION

 

Personne ne peut nier les dangers qu’engendrera, à moyen terme, l’organisation structurelle de notre entreprise publique historique en 3 EPIC… Cette organisation va fragiliser notre Statut et faire basculer certaines activités en entreprises de droit privé (Sociétés Anonymes), comme l’exige Bruxelles, et comme le souhaite l’opposition actuelle (qui estime que la réforme ne va pas assez loin).


Rappelons que ce type de schéma a été mis en place il y a quelques années en Belgique : une catastrophe pour le ferroviaire dans ce pays.

Ce qui a été obtenu, après 10 jours de conflit mené par la CGT et Sud-Rail, et ce qu’il reste à obtenir est à mettre au crédit des cheminots grévistes.


La réunion obtenue entre les Organisations Syndicales(OS) dans l’action avec le gouvernement, suite à la mobilisation au bout du 2ème jour de conflit, dans laquelle ont été invitées les 2 OS réformistes restées en dehors de l’action nationale, dont une communiquant de manière répétée aux cheminots sur les bienfaits de la réforme ferroviaire, a permis une légère évolution du texte sur la forme.


La pression exercée, par la grève, a contraint les députés présents à l’Assemblée Nationale, lors des débats du 17, 18 et 19 juin dernier d’approuver quelques amendements sur :

Un seul et même employeur, au lieu des 3 prévus ; la création d'un Comité Central d'Entreprise au niveau du groupe, là où le projet de loi ne faisait référence qu'à un comité de groupe ; la centralisation des activités sociales et culturelles. Le groupe SNCF sera le niveau de référence des négociations sociales, et notamment de la négociation annuelle obligatoire (NAO), donc une seule et même négociation salariale pour tous les cheminots SNCF.



Objectivement même s’il y a quelques avancées à mettre au seul crédit de l’action des grévistes, ces amendements représentent «beaucoup d'enfumage» et sont loin des revendications que nous portons pour une seule et même entreprise publique.


Nous avons fait notre travail syndical. Nous sommes allés au contact de la population, des usagers, des cheminots non- grévistes, des élus, pour les informer du danger de cette réforme. Trop n’ont pas mesuré les enjeux…


Nous n’allons pas nous mentir et valoriser ce qui n’a pas été obtenu, comme la création d’un seul EPIC, les solutions concrètes sur le financement du ferroviaire, une véritable relance du Fret SNCF. Pas d’avancées non plus concernant l’emploi…

Le maintien des 3 EPIC n’est pas de nature à nous satisfaire dans l’organisation et l’évolution future de notre entreprise.

De même, les suppressions d’emplois (6500 sur 3 ans), la fermeture de guichets voyageurs et d’abandon de dessertes FRET, ainsi que la suppression de 1600 kms de lignes, sont toujours d’actualité.


D’autres échéances nous attendent, notamment avec le décret socle et la convention collective des travailleurs du rail, dont les discussions commenceront dès l’automne…

Il nous faudra alors être TOUS acteurs de NOTRE DESTIN et pas de simples témoins…

Ce qui se passe dans notre entreprise est extrêmement grave. La CGT va continuer, dans les jours qui viennent, à mettre sous pression le travail des sénateurs, sur l’amélioration du texte de loi.


Nous allons également continuer à mobiliser tous les cheminots car la rentrée sera chaude…


Le 24 juin 2014



SOURCE

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