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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 14:17

referendum turquie

Le président turc a gagné le référendum qu’il organisait le 16 avril en vue d’une réforme constitutionnelle majeure. Le Oui aux nouvelles dispositions proposées par Recep Tayyip Erdogan et son parti « islamo-conservateur », l’AKP, a obtenu 51,3% des suffrages, avec une participation électorale atteignant 85%.

Les amendements transformant la constitution devraient entrer en vigueur en 2019. Ils accordent au président des pouvoirs considérablement élargis : disparition du poste de Premier ministre, désignation par le chef de l’Etat de vice-présidents, contrôle par ce dernier du pouvoir judiciaire, transformation du Parlement en quasi chambre d’enregistrement… Sans attendre cette échéance, le président Erdogan pourra dès maintenant légalement (re)devenir le chef de son propre parti ; et désigner le Haut conseil chapeautant juges et procureurs.

Erdogan franchit une étape majeure dans l’objectif qu’il s’était fixé dès 2002 : « fermer la parenthèse du kemalisme ».

Pour une part, le référendum rend légal une situation de fait : Recep Erdogan s’était déjà attribué un rôle allant bien au-delà de la Constitution actuelle. Plus fondamentalement, il franchit ainsi une étape majeure dans l’objectif qu’il s’était fixé dès l’arrivée de l’AKP au pouvoir, en 2002 : « fermer la parenthèse du kemalisme ».

Dit autrement : renouer avec l’esprit national-religieux qui avait imprégné l’empire ottoman jusqu’à l’effondrement de celui-ci à l’issue de la Première guerre mondiale. En 1923, le leader historique Mustafa Kemal Ataturk avait conduit une drastique modernisation du pays passant notamment par la séparation de l’Islam et de l’Etat. Jusqu’à la fin des années 1990, Kemal, fondateur de la République, faisait figure de héros national incontesté.

Propagande omniprésente pour le Oui

[...]

Prudence de l’UE

[...]

Lire l'intégral en cliquant ci-dessous

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:43
De Camp Darby des armes USA pour la guerre en Syrie et au Yémen

il manifesto quotidiano comunisto

par Manlio Dinucci

 

Il s’appelle « Liberty Passion » (Passion pour la liberté). C’est un très moderne et énorme navire étasunien de type Ro/Ro (projetée pour transporter des véhicules et des charges sur roues) : long de 200 mètres, il a 12 ponts avec une superficie totale de plus de 50 000 m2., permettant le transport d’une charge équivalente à 6500 automobiles.
 
  Le navire, appartenant à la compagnie étasunienne « Liberty Global Logistics »,  a fait sa première escale le 24 mars dans le port de Livourne. Ainsi est lancée officiellement une liaison régulière entre Livourne et les ports d’Aqaba en Jordanie et Djeddah en Arabie saoudite, effectuée mensuellement par le « Liberty Passion » et par ses deux confrères « Liberty Pride » (Orgueil de Liberté) et « Liberty Promise » (Promesse de liberté). L’ouverture de ce service a été célébrée comme « une fête pour le port de Livourne ».
 
    Personne ne dit, cependant, pourquoi la compagnie étasunienne a choisi justement le port toscan. Un communiqué de l’Administration maritime étasunienne l’explique (4 mars 2017) : le « Liberty Passion » et les deux autres navires, qui effectuent la liaison Livourne-Aqaba-Djeddah, font partie du « Programme de sécurité maritime » qui, dans un partenariat public-privé, « fournit au Département de la défense une puissante flotte mobile de propriété privée, avec pavillon et équipages étasuniens ». Les trois navires ont chacun « la capacité de transporter des centaines de véhicules de combat et d’appui, parmi lesquels chars d’assaut, véhicules pour le transport de troupes, hélicoptères et équipements pour les unités militaires ».

   Claire est donc la raison pour laquelle, pour la liaison avec les deux ports moyen-orientaux, la compagnie étasunienne a choisi le port de Livourne. Il est relié à Camp Darby, la base logistique limitrophe de l’US Army, qui approvisionne les forces terrestres et aériennes étasuniennes dans l’aire méditerranéenne, moyen-orientale, africaine et au-delà. C’est l’unique site de l’armée USA dans lequel le matériel pré-positionné (chars d’assaut etc. ) est basé au même endroit que les munitions : dans ses 125 bunkers se trouve l’entier équipement de deux bataillons blindés et deux d’infanterie mécanisée.  Y sont stockées aussi d’énormes quantités de bombes et missiles pour avions, avec les « kit de montage » pour construire rapidement des aéroports en zones de guerre. Ceux-ci et d’autres matériels guerriers peuvent être rapidement envoyés en zone d’opération à travers le port de Livourne, relié à la base par le Canal des Navicelli récemment élargi, et à travers l'aéroport militaire de Pise. D’où sont parties les bombes utilisées dans les guerres contre l’Irak, la Yougoslavie et la Libye.
 
   Dans son voyage inaugural -rapportent des sources documentées (Asianews et autres)- le « Liberty passion » a transporté 250 véhicules militaires de Livourne au port jordanien d’Aqaba où, après avoir traversé le Canal de Suez, il est arrivé le 7 avril. Deux jours auparavant, à Washington, le président Trump recevait le roi Abdullah, pour la seconde fois depuis février, en réaffirmant l’appui étasunien à la Jordanie face à la menace terroristes provenant de Syrie. Alors qu’en Jordanie précisément ont été entraînés pendant des années -par des instructeurs étasuniens, britanniques et français- des militants de l’ «Armée syrienne libre » pour des attaques terroristes en Syrie.
 
  Divers rapports indiquent de croissants mouvements de troupe étasuniennes, dotées de chars d’assaut et véhicules blindés, à la frontière jordano-syrienne. L’objectif serait de s’emparer, en utilisant aussi des troupes jordaniennes, de la bande méridionale du territoire syrien, où opèrent des forces spéciales étasuniennes et britanniques en soutien à l’ « Armée syrienne libre » qui affronte l’Isis (Daesh). En février déjà le président Trump avait discuté avec le roi Abdullah « la possibilité d’établir des zones sûres en Syrie ». En d’autres termes, la possibilité de balkaniser la Syrie étant donné l’impossibilité de contrôler la totalité de son territoire, à la suite de l’intervention russe.
 
   À cette opération guerrière et d’autres encore, parmi lesquelles la guerre saoudienne qui massacre des civils au Yémen, servent les armes USA qui partent de Livourne. Ville où, à l’invitation du maire Nogarin (mouvement 5 étoiles), viendra probablement en visite le pape François, qui hier a de nouveau dénoncé « les trafiquants d’armes qui font de l’argent su le sang des hommes et des femmes ». Pendant qu’à Livourne on fête le choix du port toscan comme escale de la « Liberty Global Logistics » avec de grandes perspectives de développement. Tant qu’il y a de la guerre, il y a de l’espoir (1).
 
 
Edition de vendredi 14 avril 2017 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
 
Note pour la traduction française :
“Finché c’è guerra, c’è speranza” (Tant qu’il y a de la guerre il y a de l’espoir) est le titre d’un célèbre film italien (1974), dirigé et interprété par Alberto Sordi, qui raconte l’histoire d’un commerçant qui s’enrichit en vendant des armes dans des pays du Tiers monde ravagés par la guerre.
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 09:29

Cet article est reposté depuis Solidarité Internationale PCF.

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 17:04
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 15:32

Après avoir ordonné aux états membres de l'OTAN, par la voix de son secrétaire américain, Rex Tillerson, de porter leurs efforts militaires à 2% du PIB, D. Trump fait volte face sur l'organisation transatlantique et ne la juge plus obsolète.  

Pour quoi en faire ?

La course aux armements a toujours précédé les déclarations de guerre.  Tout cela pour le plus grand profit de l'industrie de guerre.  Et les Etats-Unis ont de loin le gros complexe militaro-industriel du monde !

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 13:59

Les journalistes de France Info sont parfois surprenants.  F.Asselineau, invité le 12 avril, leur faisait observer qu'il faudrait au moins une enquête de l'ONU pour vérifier si les assertions de Trump concernant l'emploi par l'armée syrienne d'armes chimiques étaient fondées.  Il demandait aussi aux journalistes de faire leur travail en menant des investigations plus poussées.

Un des journalistes eut cette réponse édifiante pour justifier la reprise en choeur des arguments de Trump par les médias dominants : "J'entends ce que dit la communauté internationale" ... Pour eux la communauté internationale est restreinte aux Etats-Unis et aux quelques états occidentaux qui les soutiennent quoiqu'il arrive ...

Il suffit donc de s'en tenir à ce que dit la "communauté internationale".  Sans vérifications.

Mais que fait Décodex ?

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 13:53

"Mélenchon, c'est l'URSS des années 50", revoilà le spectre du communisme qui hante l'Europe

Mercredi 12 Avril 2017 sur le blog de Nicolas Maury

Depuis quelques heures les grands médias, face à la percée sondagière de Jean Luc Mélenchon, s’affolent et organsinent une lourde campagne contre le programme Keynésien (et non communiste) de la France insoumise. Si on écoute ces chantres du libéralisme, les chars soviétiques défileront bientôt sur les Champs Elysées et nous aurons (enfin) la République des soviets, celle pour laquelle les communistes se battent depuis 1920
 
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 13:42

Le maire PCF de Tarnos au tribunal pour une banderole anti-austérité

Mercredi 12 Avril 2017

Jean-Marc Lespade (PCF), qui refuse de retirer un calicot du fronton de sa mairie, est convoqué au tribunal administratif de Pau, demain
 
Le maire PCF de Tarnos au tribunal pour une banderole anti-austérité
 
Convoqué par la justice pour une banderole. Ce n’est pas un manifestant qui est attendu au tribunal administratif de Pau (Pyrénées-Atlantiques), ce mercredi, mais le maire communiste d’une petite commune des Landes, ­Tarnos, qui compte 12 500 habitants. Enfin, manifestant, il l’est tout de même. Déterminés à dénoncer l’austérité qui pèse sur les comptes de la ville, Jean-Marc Lespade et son équipe municipale ont décidé de le faire savoir sur le fronton de l’hôtel de ville : « Hold-up de 1,3 million sur le budget communal ! Ne nous laissons pas tondre », peut-on y lire. La préfecture ne voit pas l’initiative d’un bon œil et a enjoint l’édile d’y mettre un terme au nom « du principe de neutralité des bâtiments et des services publics », a confirmé hier son service de communication .

« Expliquer les conséquences de cette austérité »

Pour ce calicot apposé début 2016, Jean-Marc Lespade, qui encourt une astreinte de 100 euros par jour tant qu’il reste en place, est, lui, résolu à ne pas flancher. « Nous avons trois objectifs : alerter la population, faire œuvre de pédagogie, en expliquant les conséquences de cette austérité, et appeler à la mobilisation », résume-t-il alors que les collectivités territoriales ont dû faire face à une baisse de leur dotation d’État de 27 milliards d’euros en cumulé sur le quinquennat. « En dépit des contraintes, nous maintenons notre engagement de ne pas augmenter la fiscalité locale pour la 8e année consécutive », se félicite le maire PCF, tout en déplorant vivement les sacrifices auxquels l’austérité a contraint sa majorité, comme l’annulation d’un festival ou encore le report de certains investissements, notamment une piscine. « Dans notre budget, la dotation annuelle de l’État ne ­représente plus que 325 000 euros, contre 1,6 million quatre ans plus tôt. Elle est ainsi passée de 136 euros par habitant à 26 euros. Une obole ! » s’alarme-t-il.


« Des animateurs de citoyenneté »

Alors, quand l’argument de la « neutralité » lui est opposé à propos de sa banderole, la réponse ne se fait pas attendre : « Alerter, c’est le rôle des élus. Nous sommes des animateurs de citoyenneté, pas des gens qui décident seuls dans leur coin », rétorque Jean-Marc Lespade, qui se souvient de la tradition dont il est l’héritier, à l’instar de ce maire communiste de Tarnos, Pierre Dufourcet, destitué en 1923 pour avoir décidé d’inscriptions pacifistes sur le monument aux morts, ou des banderoles qui au cours des années 1980 ont mis l’hôtel de ville aux couleurs des luttes contre les suppressions d’emplois ou pour la libération de Nelson Mandela.

L'Humanité
Nicolas Maury sur son blog
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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 22:24
Bernard-Henri Levy apporte son soutien (faute de mieux) à Emmanuel Macron

Publié à 15h37, le 10 avril 2017 sur lelabEurope1

Bernard-Henri Levy apporte son soutien (faute de mieux) à Emmanuel Macron

BHL : "Peut-on être en marche ET en chemise blanche ?" © JOEL SAGET / AFP

Article ci-dessous

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 16:41
Être utiles à notre camp

jeudi 6 avril 2017, par Charles Hoareau, Francis Arzalier sur le site de l'ANC

Nous le savons, depuis plusieurs années maintenant, patronat et gouvernement sont à l’offensive et avancent sur leur projet : casse de l’industrie, transformation de la France en bronze-cul de l’Europe et reprise de tous les droits conquis par des décennies de lutte. Pour faire avancer leur projet ils n’hésitent pas à s’attaquer aux libertés avec une violence inégalée depuis longtemps.

Dans la séquence électorale en cours, nombre de candidats aux élections expliquent tranquillement qu’ils veulent aller plus loin dans l’exploitation, ou, s’ils ne le disent pas, ne portent aucune proposition de changement de société qui peuvent laisser espérer un avenir meilleur. Le danger est grand que le grand capital se trouve renforcé à l’issue des votes et qu’à l’inverse le camp du travail se trouve en face de plus grands obstacles pour stopper l’offensive.

Dans ce contexte les questions qui sont posées à notre camp où les communistes, organisés ou pas, ne sont pas seuls, c’est d’une part comment résister et d’autre part comment passer à la contre-offensive en poussant notre projet de changement de société s’appuyant sur le progrès social.

L’histoire nous l’apprend, il n’y a jamais eu de conquête sans luttes, luttes basées sur des majorités d’idées et passant par-dessus les diversités voire se nourrissant d’elles.

Les conquêtes de 36 n’auraient jamais eu lieu avec le seul Front populaire (dont elles n’étaient pas au programme) et celles de 68 ont eu lieu malgré un gouvernement réactionnaire. A chaque fois la rue a été déterminante pour faire avancer l’histoire. Même pendant le CNR dont on parle tant en ce moment, Ambroise Croizat expliquait en 1946 qu’il ne serait pas arrivé à créer la sécurité sociale sans la CGT et les luttes qu’elle a menées pour vaincre les résistances patronales sur ce sujet.

Notre époque n’échappe pas à la règle et quelques soient les résultats, les travailleurs devront lutter encore plus fort : soit pour empêcher la mise en œuvre des programmes destructeurs d’un vainqueur issu du camp du capital, soit pour imposer une réelle mise en œuvre d’un programme progressiste annoncé.

Cette évidence rappelée cela ne veut évidemment pas dire qu’il y a un trait d’égalité entre tous les candidats et que l’on pourrait faire comme si rien ne changera quelle que soit la majorité de gouvernement. Plus encore nous savons que le score d’un candidat favorable au camp des travailleurs aide le rapport de force selon le juste mot, en 1975, de Yvon Chotard alors dirigeant du syndicat patronal : « on ne fait pas la même politique avec un parti communiste à 20% ou à 10% ».

Refuser de voter ?

Bien sûr 40 ans plus tard nous ne sommes pas dans la même situation et de ce fait, d’aucuns, peuvent considérer qu’il n’y a pas lieu de voter en l’absence du programme communiste qu’ils appellent de leurs vœux, porté par le candidat d’un parti de la classe ouvrière de notre temps.

Un programme à la hauteur de nos convictions avec, pour ne prendre que quelques mesures : nationalisation (non pas étatisation mais réelle gestion par la nation) de toutes les banques, des transports, de la communication, des grandes entreprises…, un monopole public en matière de santé, d’éducation, d’énergie… une échelle des salaires de 1 à 5 avec un SMIC à 2000€, un programme qui affirme le droit à la libre circulation des hommes et des idées… et tout cela bien sûr dans un pays débarrassé de la dictature de l’Union européenne et militant pour la dissolution de l’OTAN. Le réseau Faire vivre le PCF a d’ailleurs fait des propositionsqui montrent ce que pourrait être un programme communiste de notre temps.

La personnalisation accrue, scrutin après scrutin, peut également nourrir les refus de vote dans un scrutin qui s’apparente de plus en plus à cautionner une monarchie élective au service des puissants, phénomène encore aggravé par l’inversion du calendrier électoral, mesure adoptée faut-il le rappeler sous le gouvernement de la gauche plurielle de Jospin.

Une personnalisation qui consacre la rupture de fait avec une époque où le collectif décidait tout à la fois du programme et des personnes aptes à le porter, où l’organisation ne relevait ni de la tactique du cercle rapproché ni du tirage au sort mais de la démarche collective (même si ce fut souvent avec des défauts nous le savons bien). Ceux qui refusent de voter font aussi observer sans doute à juste titre que jamais campagne électorale n’est apparue autant focalisée sur des individus tentant de se poser en sauveur suprême.

Enfin le dernier argument, et non des moindres, des partisans du refus de vote est qu’à force de voter par défaut ou voter contre, depuis plus de 30 ans on ne cesse de renforcer l’extrême droite qui se nourrit entre autres des espoirs déçus et des promesses non tenues…

Tous ces arguments conduisent celles et ceux qui les avancent à dire que le moment de l’adéquation entre les luttes et le vote n’est pas venu, que pour l’instant il faut construire une organisation révolutionnaire, (pour l’ANC en s’appuyant sur notre Manifeste) et mettre toutes nos forces dans les luttes. On peut partager ou pas les arguments qui précèdent mais force est de reconnaitre que ce sont de vraies raisons que l’on ne peut balayer d’un revers de main.

Sont-elles suffisantes pour refuser de voter ?

Voter par défaut ?

Évidemment même si on considère que l’on ne peut s’engager derrière une candidature il est clair qu’elles ne se valent pas toutes et force est de constater que certaines d’entre elles équivalent à des déclarations de guerre contre le monde du travail.

Quand Le Pen parle d’interdire la CGT ou que Fillon parle de guerre éclair contre les droits : les choses sont clairement posées. Quand Macron, dont les lois en tant que ministre n’ont cessé de viser à affaiblir le camp du travail face aux licencieurs, quand donc il annonce la fin des régimes spéciaux ou la réforme de l’impôt sur la fortune on n’a pas à hésiter longtemps. Enfin un Hamon qui sous ses airs de frondeur, n’a pas censuré le gouvernement et se situe bien dans la continuité du PS d’aujourd’hui, ne peut évidemment retenir notre adhésion.

Comme disait Elsa Triolet « la barricade n’a que deux côtés ».

Comme le disent nombre de militants de la CGT, dans ces élections il y a des candidats issus d’organisations qui ont combattu la loi travail et d’autres non et cela fait une différence de taille. En élargissant il est clair qu’il y a deux sortes de candidatures, celles qui sont issues de forces de notre camp, celui de celles et ceux qui refusent l’avenir qui nous est promis par le capitalisme et ce quelles que soient les divergences que l’on peut avoir sur les solutions à mettre en œuvre, et les autres, toutes les autres, les candidatures qui se coulent sans sourciller dans le moule capitaliste voire veulent le renforcer.

Si on part de cette analyse-là évidemment, on va regarder la période actuelle d’une autre manière.

D’abord on va la considérer comme un moment de débat politique dont les communistes ne peuvent être absents mais au contraire doivent s’impliquer pour peser sur les contenus et les formes d’élaboration de ceux-ci, donner leur point de vue sur l’organisation et la manière de prendre en compte les besoins sociaux.

Ensuite, quoique l’on pense du processus électoral et des offres politiques qui sont faites, un fort score de l’extrême droite ou de Macron sera un coup porté aux luttes. A l’inverse, un fort score de candidats opposés aux lois de casse des droits renforcera le camp du combat pour le progrès social.

Cela est d’ailleurs particulièrement palpable pour les législatives ou une élection locale où des politiques peuvent se révéler être des points d’appui dans tel ou tel conflit. C’est, forts de cette analyse, que des camarades vont s’engager et/ou simplement voter pour être utiles à nôtre camp.

Avec ce regard, aller voter aujourd’hui, y compris pour une candidature qui ne correspond pas en tous points à ce que l’on voudrait n’est donc pas un « vote par défaut » mais plutôt un vote pour appuyer le camp du combat, un tremplin, une étape que l’on va franchir les yeux grands ouverts sur l’objectif à long terme.

Notre rôle de communistes

Il y a un choix à faire : soit s’en tenir à une forme de rigueur (ou de pureté) révolutionnaire et il n’y a aucun jugement péjoratif là-dedans, soit décider de prendre appui sur la dynamique, le débat public qu’entraine la séquence électorale et se servir du vote, et en particulier du vote Mélenchon, comme point d’appui de la période pour faire progresser les idées et le rapport de forces.

  • - D’abord parce qu’une candidature de remise en cause de l’idéologie dominante est en soi l’occasion d’un riche débat entre personnes, celles qui n’ont pas ou peu d’expérience politique, de réflexion sur une solution alternative…mais aussi les autres.
  • - De plus, et il n’y a qu’à lire le programme pour s’en convaincre, on est devant une situation ouverte. Par exemple quand il est écrit dans ce programme qu’il faut mettre en place une commission pour réfléchir au bien–fondé de ce qui a été privatisé depuis 30 ans et étudier ce sur quoi on peut revenir, cela laisse évidemment la porte ouverte à la bataille des idées et à l’avancée des nôtres.
  • - De même l’affirmation de la nécessité d’une sécurité sociale qui couvre à 100% les dépenses de santé, celle de s’appuyer sur les façades maritimes de la France comme facteur de développement, celle de poser les questions de l’énergie ou de l’environnement de façon à préserver l’avenir ne nous laisse-t-il pas une possibilité et même une responsabilité d’intervention ?
  • - Sur l’Union Européenne, les questions du plan A et du plan B ne nous laissent elles pas grandes ouvertes, la possibilité d’intervenir pour mettre en lumière que la sortie de l’euro est un passage obligé ? En plus si on prend en compte qu’un référendum sur cette question est annoncé par les tenants de la France Insoumise cela ne peut que nous renforcer dans cette démarche.
  • - Toujours au plan international quand il est annoncé la volonté de se rapprocher des BRICS en prenant appui sur le système bancaire mis en place par cette alliance, cela peut-il nous laisser indifférents et surtout sans possibilité d’intervention ? Comment pourrions-nous rester indifférents à la volonté affirmée de sortir de l’OTAN, machine guerrière au service de l’impérialisme ?
L’ANC et le rassemblement

Dans la période compliquée où nous sommes, ce n’est pas sur les stratégies électorales que nous pourrons rassembler toutes celles et ceux qui veulent changer de société et en finir avec le capitalisme. C’est cet élément qui a conduit avec juste raison l’ANC à ne donner aucune consigne de vote.

Ce qui nous rassemble toutes et tous, notre base commune immédiate de communiste est notre Manifeste. Cela ne doit pas nous conduire, à notre simple avis d’individus qui cherchent la solution du côté du communisme, à négliger des étapes que nous n’avions pas forcément prévues et qui pour autant peuvent être autant d’étapes d’un processus révolutionnaire.

A chacun d’entre nous de faire le choix qui lui semble le plus utile pour notre camp. En ce qui nous concerne il nous semble que nous ne pouvons pas être absent du vote et d’une possibilité de rassemblement avec nombre de celles et ceux avec qui nous luttons chaque jour.

Francis Arzalier – Charles Hoareau.

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