Ils entendent s'en servir pour légitimer une aggravation de la loi Travail à coups d'ordonnances !
C'est leur conception de la démocratie. Ils entendent gouverner, mais sans le peuple!
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Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Ils entendent s'en servir pour légitimer une aggravation de la loi Travail à coups d'ordonnances !
C'est leur conception de la démocratie. Ils entendent gouverner, mais sans le peuple!
Déclaration de l’ARAC
( Association Républicaine des Anciens Combattants)
8 mai 2017
Le 8 mai 1945, à Berlin, l’Allemagne hitlérienne signait sa reddition sans conditions devant les représentants des armées alliées, de la France, de la Grande-Bretagne, des U.S.A et de l’Union Soviétique.
C’était le jour de la victoire des peuples épris de liberté dont les luttes n’ont pas été seulement menées par des forces militaires mais aussi par les forces des Résistances des différents pays assaillis par l’armée nazie et ses alliés.
Dans ce combat, les peuples de l’Union Soviétique ont fait preuve d’un courage et de sacrifices exceptionnels notamment à Stalingrad, Leningrad et Koursk. C’est grâce à ces valeureux combattants que la victoire a pu être acquise le 8 mai 1945 sans oublier le rôle déterminant de l’escadrille Normandie-Niemen.
Reconnaître cela ne retire rien à la lucidité et au courage de Charles Tillon et du Général de Gaulle, ces hommes qui ont dit non à la trahison, et aux sacrifices des Pierre Brossolette, Jean Moulin, Lucie et Raymond Aubrac, du groupe Manouchian ou des martyrs de Châteaubriant, de Souge, du Mont-Valérien,… et de l’ensemble des résistants et résistantes du pays.
Nous leur rendons à tous un hommage profondément reconnaissant, combattants de la France Libre, Résistants, Résistantes, Déportés, Déportées, Fusillés et massacré(e)s.
C’est à eux que nous devons la mise en œuvre des mesures politiques, économiques, sociales et de progrès humain, inspirées du Programme du Conseil National de la Résistance que nous continuons à défendre aujourd’hui.
En ce 8 mai 2017, nous appelons les citoyennes et les citoyens à se mobiliser afin de poursuivre le combat de nos aînés pour la souveraineté nationale, la justice sociale, la paix et la sécurité dans notre pays et dans le monde.
Emmanuel Macron a donc été élu avec une large majorité des votes exprimés le 7 mai. Avec 66% des « votants » il atteint un score impressionnant, mais en trompe l’œil. L’importance du nombre des abstentions et des votes « blancs ou nuls » ramène son score à 43% des inscrits. Ce niveau est à mettre en parallèle avec celui obtenu en 2002 par Jacques Chirac dans une élection présidentielle où, déjà, un candidat de Front National était au 2ème tour. Dans ce cas de figure très particulier, Jacques Chirac avait obtenu les suffrages de 62% des inscrits. L’écart de 19 points qui s’est creusé en 15 ans, entre l’élection de Jacques Chirac et celle d’Emmanuel Macron est hautement significatif. Il montre qu’il y a eu plus un vote par défaut, les sondages, à prendre avec précaution, indiquent que seuls 43% des personnes ayant choisi le vote Macron approuvent son programme.
La suite ci dessous
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Les débuts de la Présidence Macron
Emmanuel Macron a donc été élu avec une large majorité des votes exprimés le 7 mai. Avec 66% des " votants " il atteint un score impressionnant, mais en trompe l'œil. L'importance du nombre d...
La lutte contre la désinformation est en marche. Le New York Times a récemment consacré un long article aux diverses entreprises lancées pour purger Internet des fake news. Aux manettes de ces outils du futur, les médias traditionnels, Facebook, Google et même l’Otan. Pensée unique et intelligence artificielle. Le cocktail risque de détonner, nous avertir Robert Parry. (IGA)
Lire ci-dessous
Au soir de l'élection d'Emmanuel Macron, tout à fait d'actualité.
Sur le site "Le vilain petit canard"
Republié ici en solidarité avec le site InvestigAction, honteusement attaqué, comme d'autres d'ailleurs, parce qu'ils font entendre une autre voix que celle de la pensée unique. Parce que la liberté d'expression est notre bien le plus précieux, et le seul rempart contre la dictature.
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Par Ph. Huysmans Vendredi, 28 avril 2017
Article original sur NetworkPointZero
« Une étude un peu approfondie de l’Histoire nous laisse deviner qu’en toute occasion les vraies forces dirigeantes ont à se tenir dans l’ombre des représentants qu’elles se sont choisies, ne pouvant se risquer à s’exposer aux fluctuations événementielles, sous peine de se voir un jour dépossédées de leur puissance ».
Louis Calaferte.
Les informations qui ont été utilisées pour cette analyse ont été recoupées et vérifiées conformément aux principes de la charte journalistique de Munich. Elles ont pour origine des articles de presse, interviews télé, images et ouvrages dont les auteurs sont connus et reconnus pour la fiabilité de leurs recherches. Il serait trop long de les énumérer ici. Loin de tout name-droping, vous trouverez en fin de publication les références. Mais tout est vérifiable. Attention, cependant aux sites complotistes, confusionnistes où d’extrême droite. Assurez vous que les sites que vous consultez soient reconnus pour le sérieux de leurs publications. Préférez les sites de recherches universitaires. A ceux qui disent que cet article est complotiste, il s’agit, tout simplement, d’un propos irresponsable qui a pour objectif de discréditer toutes critiques à l’égard de pratiques qui mettent en danger la démocratie. Mais plus grave encore cela permet de les avaliser. Il est urgent de cesser ce genre d’accusation un peu simpliste et de poser les vraies questions. En l’occurence a-t-on oui ou non utilisé l’appareil d’État à des fins de stratégies politiques ? Les relais d’influence sont -ils réels ? Les media et les instituts de sondage sont ils indépendants ? etc. Ce sont les questions centrales du débat.
Propos liminaires.
Une fois de plus, cet article est long. Il est l’avant première d’un livre qui sera publié prochainement. Prenez le temps de le lire tranquillement, mais lisez le. Il révèle comment certains acteurs ont préparé minutieusement ce qu’il faut bien appeler un coup d’État. Il s’agit pour eux de pérenniser, coûte que coûte, la politique engagée par François Hollande. Alors qu’ils se persuadent de servir les desseins heureux de la France, ces putschistes sont en passe de réussir leur ultime objectif, celui de faire perdre à notre pays son libre arbitre, en soumettant son peuple et en violant la démocratie
L’heure est grave.
Avant –propos.
En 2005, vous avez, pour certains d’entre vous, participé au referendum du TCE (Traité pour une Constitution Européenne) vous avez détesté le battage médiatique outrancier pour le « oui » ? Vous avez applaudi son rejet par 55% des Français ? Vous avez protesté contre la transformation du TCE en Traité de Lisbonne adopté par le Parlement réuni en Congrès en 2008 ? Vous avez hurlé au déni de démocratie ? Un coup porté à la voix du peuple…un véritable coup d’État ?
Eh bien c’est, à peu de chose près, ce qui se passe aujourd’hui pour faire élire un candidat choisi par la même oligarchie, par les mêmes élus de gauche et de droite, par les mêmes media et pour les mêmes objectifs. Exactement les mêmes. De VGE à Cohn Bendit en passant par Hollande et Bayrou, de TF1 à Libération, du Monde au journal Les Échos, les Pineau, Arnault, Bolloré, tous participent à la promotion d’un seul et même vœu… le « oui » pour Emmanuel Macron. [...]
Lire la suite ci-dessous :
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03 Mai 2017
L’Union Européenne (UE) est entrée dans une phase de turbulence. Toutes ces années de crise et d’austérité brutale ont eu des conséquences sociales catastrophiques, en particulier dans les pays de la périphérie. Au Portugal, un changement de gouvernement après les élections législatives de 2015 a mis fin à l’austérité imposée par la troïka ce qui a permis un revirement de certaines politiques. Mais des problèmes structurels persistent en raison de la nature de l’UE et de ses mécanismes, en particulier la monnaie unique. Pour discuter de la situation politique au Portugal, des conséquences de l’entrée sur le marché unique et de l’Euro, et des solutions à ces problèmes, ainsi que d’autres questions telles que la montée de l’extrême droite en Europe, nous avons interviewé João Ferreira du Parti Communiste Portugais (PCP) ; il est membre du Comité Central du PCP, conseiller municipal à Lisbonne et deux fois élu au Parlement européen.
(Deuxième partie de l’interview. Pour la première partie, cliquez ici)
En ce qui concerne l’Euro, le PCP n’est plus seul aujourd’hui ; il est largement reconnu que la monnaie unique ne fonctionne pas. Pourquoi l’euro était-il destiné à échouer et quelles en sont les conséquences ?
À notre avis, l’Euro n’a pas échoué. Il y avait des objectifs qui ont été communiqués aux peuples, mais la question est de savoir si c’étaient les objectifs véritables du projet. De notre point de vue, ils ne l’étaient pas. L’Euro était dès le départ un projet politique du grand capital européen. Un projet qui a eu deux objectifs principaux : réduire les coûts unitaires de la main-d’œuvre, ce qui revient à transférer la richesse du travail au capital, et d’autre part, sous l’égide de satisfaire aux exigences de la monnaie unique, attaquer les services publics et privatiser les secteurs économiques stratégiques. C’est avec le prétexte de l’Euro et en accommodant ses exigences que les salaires réels ont été réduits (la soi-disant «modération salariale»), d’innombrables entreprises publiques ont été privatisées, dans certains cas même dans des secteurs stratégiques entiers, les fonctions sociales de l’État étaient ciblées, ce qui a entraîné une réduction des dépenses en soins de santé, éducation, sécurité sociale, etc. L’Euro a donc permis d’atteindre ces objectifs.
Par exemple, une décennie après la création de la monnaie unique, les bénéfices dans la zone euro ont augmenté de 30%, tandis que les coûts unitaires de main-d’œuvre ont diminué de 1%. Cela s’est produit à un degré plus ou moins élevé dans de nombreux pays. C’est arrivé au Portugal et c’est arrivé en Allemagne. En Allemagne, par exemple, les bénéfices ont augmenté 80 fois plus rapidement que les salaires. Par conséquent, l’Euro a atteint ses objectifs politiques ; c’est pourquoi nous réaffirmons que l’Euro est un projet politique du grand capital européen. Bien sûr, on a promis aux gens que l’Euro réduirait le chômage, produirait des taux de croissance autour de 3% par an, augmenterait les salaires, et entraînerait une convergence des salaires sur l’ensemble des pays de la zone euro. Avec du recul, voilà ce qui s’est passé au Portugal :
le chômage n’a pas reculé, il a plus que doublé et il est constamment supérieur à 10%
la croissance accumulée après une décennie et demie dans la zone euro est nulle, ce qui signifie que ces quinze dernières années ont été perdues
non seulement les salaires n’ont pas convergé vers ceux d’autres pays, mais ils ont en fait continué à diverger
le déficit de notre balance commerciale a empiré et la dette a explosé
la production agricole et industrielle a reculé pendant plusieurs années, et cela s’est également vérifié dans d’autres pays de la périphérie.[...]
Lire la suite ci-dessous
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Le Portugal, l'Union Européenne et l'Euro - interview avec João Ferreira (deuxième partie)
L'Union Européenne (UE) est entrée dans une phase de turbulence. Toutes ces années de crise et d'austérité brutale ont eu des conséquences sociales catastrophiques, en particulier dans les pa...
02 Mai 2017
L’Union Européenne (UE) est entrée dans une phase de turbulence. Toutes ces années de crise et d’austérité brutale ont eu des conséquences sociales catastrophiques, en particulier dans les pays de la périphérie. Au Portugal, un changement de gouvernement après les élections législatives de 2015 a mis fin à l’austérité imposée par la troïka ce qui a permis un revirement de certaines politiques. Mais des problèmes structurels persistent en raison de la nature de l’UE et de ses mécanismes, en particulier la monnaie unique. Pour discuter de la situation politique au Portugal, des conséquences de l’entrée sur le marché unique et de l’Euro, et des solutions à ces problèmes, ainsi que d’autres questions telles que la montée de l’extrême droite en Europe, nous avons interviewé João Ferreira du Parti Communiste Portugais (PCP) ; il est membre du Comité Central du PCP, conseiller municipal à Lisbonne et deux fois élu au Parlement européen.
(Première partie de l’interview. Pour la deuxième partie, cliquez ici)

Ci-contre : João Ferreira
Comment décririez-vous l’actuel gouvernement portugais ? Est-ce un gouvernement de gauche ?
C’est un gouvernement du Parti Socialiste (PS). Ce n’est ni un gouvernement de gauche ni une coalition de forces de gauche, comme nous l’entendons parfois. C’est un gouvernement du Parti Socialiste qui met en pratique les positions du Parti Socialiste vis-à-vis des questions fondamentales de la politique de droite et de sa vision pour le pays, position aussi fondamentalement différentes de celles du PCP. Mais c’est un gouvernement minoritaire ; ce qui signifie, avec l’équilibre actuel des pouvoirs au Parlement, que le PCP joue un rôle important dans le processus de restauration des droits et l’augmentation des revenus des personnes que le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre avant sa prise de fonction.
En fait, les progrès accomplis depuis le début de ce gouvernement l’ont souligné. Il y a eu un processus de restauration des droits et d’augmentation des revenus dans lequel le PCP et les luttes populaires de ces dernières années ont joué un rôle décisif. Cependant, des problèmes structurels fondamentaux persistent encore, dont la solution nécessite des politiques globales pour aller au-delà du recouvrement des droits et des revenus et finalement développer le pays. Tout cela est proprement lié au fait qu’il s’agit d’un gouvernement du Parti Socialiste qui a hérité de toutes les contradictions historiques que le Parti Socialiste n’a pas réussi à résoudre et qui sont à leur tour liées aux politiques de droite des 40 dernières années. Et cela explique pourquoi ce gouvernement n’est pas un gouvernement de gauche. [...]
La suite ici : http://www.investigaction.net/le-portugal-lunion-europeenne-et-leuro-interview-avec-joao-ferreira-premiere-partie/
Le 23 avril dernier la politique de l'UE et ceux qui l'ont mis en œuvre tour à tour ont été largement désavoués par les électeurs. F Fillon et E Macron défendaient cette Europe du capitalisme mondialisé. Ils ont réuni à eux deux un peu plus de 44,02% des suffrages. Les illusions restent cependant encore fortes sur les possibilités de réformer l'UE mais l'exaspération est à son comble et les bons résultats de JL Mélenchon en témoignent. En Seine-maritime, il est en deuxième position, en tête dans les villes dirigées par un maire communiste. Mais pas seulement. Il a su rassembler sur son nom les Havrais qui se sont si durement battus contre la loi travail et qui ont ainsi poursuivi leur lutte contre ceux qui avaient construit, soutenu ou permis cette politique. Il fait un bon score dans maints quartiers populaires et dans beaucoup de villes en France.
Marine Le Pen a pu apparaître comme le pourfendeur le plus virulent de l'UE et a su utiliser un langage social pour capter les électeurs. En Seine-Maritime et dans l'Eure, elle est en tête, particulièrement dans les campagnes et les petites villes.
Or le FN reste à l'évidence profondément attaché aux valeurs anti-ouvrières du patronat et de la droite traditionnels. Il entend contrôler les syndicats et garde un solide fond anti-communiste et anti-progressiste. Il rejette profondément la lutte des classes, les luttes sociales, même si il les tolère quand il s'agit d'une colère qu'il espère détourner à son profit. Il divise les salariés, il est dangereux pour les luttes. C'est un ardent défenseur de la Vème République et du pouvoir présidentiel. Ses propositions concernant le mode scrutin (proportionnelle assortie d'un bonus très important pour la liste arrivée en tête ) sont extrêmement dangereuses et tout aussi antidémocratiques que le système actuel.
Alors : voter Macron ? Voter pour le candidat qui nous promet d'aggraver par ordonnances la loi Travail ? Emmanuel Macron fera monter le FN tout autant que F. Hollande car il mènera une politique pire encore que celle des socialistes et des gouvernements de droite précédents. Voter pour Macron, c'est lui donner un blanc-seing pour ses projets anti-sociaux.
Ces deux candidats n'effraient pas la Bourse : elle a augmenté de cinq points à l'annonce des résultats. C'est la garantie pour le monde de la finance d'exploiter sans entraves les salariés.
La seule solution est de poursuivre le travail commencé lors des présidentielles : lier les luttes sociales aux luttes politiques contre les politiques européennes décidées à Bruxelles et incarnées par les forces politiques européistes. Avancer, dans les luttes sociales, politiques, les batailles pour la paix, des propositions réellement progressistes, comme les nationalisations, la relance de services publics élargis avec les usagers, de nouveaux pouvoirs pour les salariés et les usagers, et la lutte contre les institutions de la 5ème République, la sortie des institutions européennes et de l'OTAN.
Rien ne peut changer en s'appuyant uniquement sur des espoirs électoraux. Même JL Mélenchon n'aurait rien pu faire seul.
Bref nous refusons d'utiliser le bulletin Le Pen contre Macron, tout comme nous refusons d'utiliser le bulletin Macron contre Le Pen. Nous ne voterons ni pour l'un, ni pour l'autre.
Le 7 Mai, nous nous abstiendrons ou nous voterons blanc !
Toute autre attitude gênerait la construction en cours du mouvement progressiste contre les politiques du capitalisme mondialisé, contre les institutions européennes et celles de la Vème République.
Action communiste, le 27 avril 2017

La liste des soutiens d’Emmanuel Macron que nous proposons ci-dessous n’est pas exhaustive mais elle est à notre connaissance la plus complète disponible à ce jour. Les personnalités sont classées par catégorie (« Patrons et banquiers », « Responsables politiques », etc.), puis par ordre alphabétique. Les possédants, que leur capital soit prioritairement économique, politique ou culturel, sont, sans surprise, en bonne place…
La suite ici sur le site de Ruptures : https://ruptures-presse.fr/actu/liste-soutiens-emmanuel-macron-pouvoir-argent-election-presidentielle/
Pour moi qui ai vécu avec deux hommes qui ont été torturé (l’un par la Gestapo, l’autre par Batista) et n’ont pas parlé sans en faire un exploit, simmplemeent parce qu’il fallait agir ce qu’écrit Regis de Catelnau sur l’antifascisme, le vrai me parle dans ces temps où chacun prend la pose d’une manière aussi ridicule et nous encombre dans les réseaux sociaux d’une caricature de résistance qui brade notre passé. Ce sera probablement le dernier texte que je publierai avant cette sinistre farce des élexctions que je refuse de cautionner. (note de daneille Bleitracu)
9 JUILLET 2013
RÉGIS DE CASTELNAU sur son blog "Vu du droit"
Compagnons
Le hasard a voulu que la manifestation organisée le jour de la mort de Clément Méric ait lieu sous mes fenêtres. Aux premières loges, j’ai pu contempler le spectacle d’une petite manifestation gauchiste à l’ancienne. Avec cette différence, que désormais ce sont des délégations maigrelettes du PCF et de la CGT qui s’insinuent dans le cortège des autres. Singulier renversement. Il y avait identiques à eux-mêmes, les anars, les différentes chapelles trotskistes, des groupuscules encore plus marginaux. Au milieu, une petite phalange, aux slogans rythmés parfois en français, parfois en espagnol. Nos pasaran ! Ceux qui s’appellent eux-mêmes les « antifas ». Auxquels appartenait Clément Méric mort le matin même, d’une mort qui, malgré l’emphase des commentaires, apparaissait tellement stupide, tellement inutile. Tout cela était triste, pire dérisoire. Ce qui s’est passé ensuite, les polémiques décourageantes, pour faire passer une bagarre de rue qui a mal tourné en défense de Madrid en 1936, pour essayer de rassembler une gauche, politiquement à la dérive, autour des vieux réflexes, n’a pas aidé à remonter le moral.
Histoire de remettre les idées en place, le 18 juin, j’ai relu cette page des Mémoire de guerre ou de Gaulle décrit son arrivée à Londres : «je m’apparaissais à moi-même, seul et démuni de tout, comme un homme au bord d’un océan qu’il prétendrait franchir à la nage. »
Pour faire bonne mesure, je me suis repassé plusieurs documentaires, surtout ceux d’Antoine Casubolo intitulés « les derniers compagnons ». Ensemble de témoignages de ces Français libres distingués par le titre de «Compagnons de la Libération » qui leur fut décerné par de Gaulle. Au-delà de l’émotion et de l’admiration que l’on éprouve à entendre tous ces héros s’expliquer avec tant de simplicité, on ne peut s’empêcher de se poser, lancinante, la question : comment quelques garçons de 20 ans, de toutes origines sociales, géographiques et politiques, ont pu faire le choix, alors que tout était perdu, la nation effondrée, les élites légitimes appelant à la soumission, de partir sans armes, sans bagages, sans même savoir où aller, simplement pour continuer le combat ? Je dis quelques, car ils furent peu nombreux. Comme l’a dit Elizabeth de Miribel qui fut la secrétaire de Charles de Gaulle, Londres n’était pas une ville où on arrivait, c’était une ville dont on partait… André Maurois, Raymond Aron, Jean Monnet, Alexis Léger, tous les notables fuyaient pour le confort et la sécurité des États-Unis. Alors, chacun de ceux qui étaient à l’époque, de très jeunes hommes donne son explication. Tous, quelle que soit leur origine ou leur parcours, parlent à leur façon, de la France, du caractère inacceptable de la défaite. Et de la nature de l’ennemi. Et ils racontent le combat, la victoire, le difficile retour à la vie civile.
Maurice Halna du Fretay a été tué aux commandes de son avion lors du raid canadien sur Dieppe en août 42. Il avait rejoint l’Angleterre en novembre 40 après avoir, remonté pièce à pièce un vieil avion qu’il avait réussi à faire à atterrir en terre anglaise. Interrogé, après cet exploit, sur ses motivations il avait répondu simplement : « Je suis pauvre comme Job, je suis libre comme l’air. Je ne suis plus vaincu ».Dans la sociologie particulière de ce groupe étrange, les aristocrates étaient les plus nombreux. En général les cadets de famille. Ils eurent le taux de pertes le plus élevé. Normal.
Il y avait, beaucoup de bretons, de ces marins têtus qui payèrent un si lourd tribut à la bataille de l’Atlantique. Des intellectuels, des enseignants, des étudiants. Peu de paysans et d’ouvriers, catégories assommées par la défaite et la destruction du Parti Communiste. Ils se rattraperont.
Il y avait des juifs, aussi comme André Zirnheld jeune professeur de philosophie alsacien, premier officier parachutiste français tué à l’ennemi en juillet 1942 et auteur de la fameuse prière du para. Lazare Pytkowicz, « Petit Louis » qui commença la résistance en novembre 40 à l’âge de 12 ans ! Il s’enfuit du Vel’ d’Hiv’ en juillet 42. Devint agent de liaison. Arrêté trois fois par la Gestapo. Évadé trois fois. Il aura affaire à Klaus Barbie. Torturé, on lui demande s’il aurait parlé. Il répond non en souriant, jamais ! Puis se reprend et dit, confondant de modestie : « Mais, attention, je n’ai pas subi le supplice de la baignoire. Seulement les coups ». Il attendra en vain au Lutétia, ses parents et ses sœurs restés à l’intérieur du Vél d’Hiv. Sa Croix de la Libération lui sera remise dans le bureau du proviseur où il a été convoqué pendant la classe qu’il a reprise à la Libération.… Il a 16 ans.
Le communiste Jean Devé chef de district à la gare de Villedieu les Poêles rejoint Londres en juin 40. Il organise la sortie de Bir Hakeim en juin 42, s’élance le premier sur son Bren Carriers, pour ouvrir la voie aux ambulances chargées des blessés transportables, « hurlant à la bataille », arrêté par un obus antichar en pleine poitrine.
« Une mère, ça ne doute de rien ». Madame Moore habite à Louvigné-du-Désert, à quelques kilomètres de Villedieu les Poêles. Ses deux fils, Fred et Gaston, sont partis en Angleterre, en bateau à voile le 19 juin 1940. Depuis, aucune nouvelle. Au soir du 3 août 1944, la grand-rue de Louvigné résonne du passage incessant des troupes alliées qui viennent de s’engouffrer dans le sillage de la percée de Patton. « Mme Moore, Mme Moore, il y a des français, c’est l’armée Leclerc ! » C’est pourtant vrai ! Madame Moore avise un gaillard dans son half track :
«-Dites moi, vous n’auriez pas connu les frères Moore?
-Fred et Gaston ? Ils sont justes derrière. Mon lieutenant, on vous demande ! »
« Ce furent les retrouvailles » nous dit sobrement Fred d’une voix qu’il essaie d’affermir.
Des ecclésiastiques aussi, comme le truculent abbé de Naurois, antinazi farouche, Compagnon de la Libération et Juste parmi les nations, qui débarqua le 6 juin 1944 avec le commando Kieffer armé de son seul missel. Daniel Cordier, bien sûr, personnage extraordinaire. Dont la voix se brise lorsqu’il raconte son arrivée à l’Olympia Hall, lieu de rassemblement de la poignée de français « qui ne s’étaient pas couchés devant l’ennemi » au début du mois de juillet 1940. Arrivée de nuit, toutes les fenêtres éteintes. Qui s’allument les unes après les autres et des voix qui se répondent parlant du pays d’où elles viennent: Brest ! Concarneau ! Bayonne ! Rouen ! Paris ! Et la marseillaise qui éclate. « La plus belle que j’ai jamais entendue ». On veut bien vous croire, Monsieur.
Des militaires, finalement pas mal. Égaux à eux-mêmes. Leclerc, Koenig, Amilakvari, le prince géorgien, tant d’autres. J’ai une prédilection particulière pour Edgar de Larminat. Que de gaulle gratifiait d’une amitié « circonspecte ». Dont je recommande la lecture des « chroniques irrévérencieuses » particulièrement savoureuses. Sa définition de Leclerc en 1943 : « c’est le gaillard qui vient vous regarder sous le nez d’un air méchant, vous écrase le pied en vous bousculant et vous chipe votre mouchoir. Au moment où vous allez-vous rebiffer, vous vous apercevez qu’avec ce mouchoir il a fait un service de table complet alors vous ne dites rien et donnez votre chemise. »
Tous antifascistes. Tous. Mention particulière pour ce juif tunisien qui n’avait jamais mis les pieds en France et a débarqué, un des 177 du commando Kieffer le 6 juin 44. Qui décrit cette journée, avec son accent pied-noir à couper au couteau et une mine rigolarde. Les Anglais qui s’effacent quand la barge, touche le sable, en leur disant : « Messieurs les Français rentrez chez vous les premiers ». La prise du Casino d’Ouistreham. Les camarades tombés. Sa voix qui change et se brise dans un sanglot lorsqu’il raconte l’honneur retrouvé. Comment, au soir du combat, le colonel anglais, commandant le régiment, blessé à la tête, se redresse pour les saluer et les pointant du doigt, leur dit : « vous, les Français, vous avez fait du bon travail. »
On terminera avec ceux pour qui le « no pasaran » veut vraiment dire quelque chose. Ces Espagnols de la retirada qui ont rejoint la France libre et formé une compagnie célèbre : «la Nueve » celle qui rentrera la première dans Paris en août 44 commandé par le capitaine Dronne à qui Leclerc avait dit :« Je vous donne le commandement des Espagnols. Ils font peur à tout le monde. Ils ne sont pas vraiment faciles. Vous devriez vous en sortir…. » Antifascistes ceux là aussi, des vrais, des rudes. Qui à leur grand désespoir, après neuf ans de combat, ne pourront pas rentrer dans leur patrie.
Ce vieil homme retiré dans sa maison de retraite en Bretagne, qui a combattu au Tchad, en Libye, libéré Paris avec la Nueve, qui n’a jamais voulu retourner en Espagne et reçoit dans sa chambre aux murs de laquelle est accroché le drapeau de la République espagnole au côté de la photo de son chef, Philippe Leclerc de Hautecloque, est-il le Miralles, dont parle Javier Cercas dans son magnifique roman, « Les soldats de Salamine »?
« Il pense à un homme fini qui eut du courage et l’instinct de la vertu et pour cela ne se trompa jamais ou ne s’est pas trompé au moment où il fut vraiment important de ne pas se tromper….à un soldat seul dans un interminable désert ardent, brandissant le drapeau d’un pays qui n’est pas le sien, d’un pays qui est tous les pays à la fois et qui n’existe que parce que ce soldat brandit son drapeau renié ». Antifascisme…
Il y a probablement plusieurs façons d’être antifasciste. Mais c’est une chose sérieuse. Ceux que l’on vient de saluer l’ont été dans des circonstances particulières, celles où l’on payait le prix dans sa chair. C’est la raison pour laquelle il faut traiter tout cela avec précaution et ne pas galvauder. Le ventre serait encore fécond…? Certainement, certainement, mais il ne faut pas manier les symboles et la mémoire n’importe comment. Et puis écouter, et réfléchir à ce que nous disent ces gens-là. Que pour être antifasciste il faut d’abord être patriote.