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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 18:15
"Le gouvernement Tsipras se plie aux exigences de Bruxelles" Qu'en pensent le PCF et le parti de Gauche ? par Jean LEVY
 

 

Il a fallu un mois à la direction de Syriza pour trahir ses promesses électorales et l'attente de ses électeurs.

PCF Front de Gauche Gauche européenne

"Le PCF souhaite l’unité du Front de gauche derrière Alexis Tsipras

Le congrès du PGE se conclut dans l‘unité et le rassemblement.

La gauche européenne est en marche pour intensifier son combat contre l’austérité avec Alexis Tsipras "

 

Les dirigeants du PCF et du Parti de Gauche ont bonne mine. Ils s'annonçaient, triomphants, les sosies de Syriza. Jean-Luc Mélenchon se voyait déjà comme le "Tsipras français"...Or, en quatre semaines, celui-ci troquait sa veste de "chevalier rouge" au sein de l'Europe, en politicien sans principe.

Un retournement encore plus rapide que celui opéré par François Hollande ! Un record toutes catégories...

Cette leçon va-t-elle conduire les responsables communistes et ceux du PG à tirer la leçon bien amère des évènements ?

Vont-ils en conclure qu'aucun 'deal' n'est possible entre le capital financier, qui est la tête pensante de l'Union européenne, les politiciens de Bruxelles chargés d'exécuter ses "directives" et les forces de progrès qui se prononcent pour un monde différent ?

Celles-ci vont-elles enfin déduire de l'expérience de Grèce  que nulle avancée démocratique, la plus minime soit-elle, ne peut être envisagée dans le cadre de l'Union européenne , celle-ci n'existant que pour réduire à néant tout rêve d'émancipation des peuples ?  

La réflexion va-t-elle conduire dirigeants PCF et Front de Gauche à considérer enfin que la libération sociale ne peut se concevoir sans libération nationale, et qu'aucun progrès social n'est possible sans que les peuples soient maîtres de leur destin, autrement dit sans que leur souveraineté entièrement recouvrée ?

Au PCF et au Parti de Gauche de répondre.

Choisiront-ils Alexis Tsipras ou Manolis Glezos ?

 

 

MÉconomie

Grèce : la liste des réformes concédées à Bruxelles

LE MONDE ECONOMIE | 

L'essentiel

 

  • Un accord a été validé, à l'issue de longues tractations, vendredi entre la Grèce et les créanciers internationaux pour la poursuite d'un plan de sauvetage au pays.
  • L'initiative des réformes est désormais laissée à Athènes, puis approuvée par les créanciers. La Commission estime qu'il s'agit d'un « point de départ valide » à des discussions.
  • L'aile gauche du parti Syriza fustige un accord qui prolongerait, selon elle, les mesures d'austérité imposées au pays, que le parti de gauche radicale s'était pourtant engagé à supprimer.

 

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, le 21 février à Athènes.

 

Jusqu’au bout, le processus aura été laborieux. Le gouvernement d’Alexis Tsipras n’a envoyé sa liste de réformes exigées par l’Eurogroupe en échange d’une prolongation du plan d’aide à la Grèce qu’à la toute dernière extrémité, lundi 23 février peu avant minuit, quelques heures avant la tenue d’un Eurogroupe (réunion des dix-neuf ministres des finances de la zone euro), mardi. « La liste nous semble assez adéquate pour être un bon point de départ dans la négociation », réagissait, à chaud, une source européenne, mardi matin.

 

Un « draft » de ce texte a fait de multiples allers-retours entre Athènes et Bruxelles, le week-end et le lundi précédant l’échéance : il a dû être retravaillé pendant de longues heures afin d’être assez étayé pour espérer « passer » la barre de l’Eurogroupe. Puis, en fin de semaine, celle d’au moins quatre parlements nationaux, dont le Bundestag en Allemagne – comme son équivalent aux Pays-Bas, en Estonie ou en Finlande, il est consulté sur tout ce qui engage l’argent public du pays.

L’enjeu est considérable : si cette liste de réformes n’est pas validée par l’Eurogroupe, le programme d’aide, qui se termine normalement le 28 février, ne pourra pas être prolongé de quatre mois.

Six pages très denses

Dès lors, l’Etat grec se retrouvera sans soutien financier de ses créanciers – la Banque centrale européenne (BCE) et l’Union européenne (UE) – au 1er mars. Selon plusieurs sources, ses banques, qui ont subi de forts retraits de capitaux ces dernières semaines, pourraient vite se retrouver insolvables.

Sur six pages très denses, la fameuse « liste » exigée lors d’un énième « Eurogroupe de la dernière chance », vendredi 20 février, pour trouver un compromis entre les Grecs et leurs créanciers, reprend pour une large part les exigences de Bruxelles. La plupart des réformes figuraient déjà sur le document établi par la « troïka » des créanciers – il faut dire désormais les « institutions » pour ménager la susceptibilité grecque –, qui a imposé une sévère politique de rigueur au pays depuis 2010.

Les mesures « humanitaires » pour venir en aide aux Grecs les plus touchés par l’austérité figurent en toute dernière page de la liste. Le gouvernement de la gauche radicale, élu sur son programme anti-austérité, prévoit de « répondre aux besoins liés à la progression de la grande pauvreté grâce à l’accès à la nourriture, à un logement, aux soins », mais sans entrer dans les détails, et en précisant que ces politiques seront menées « en veillant à ce qu’elles n’aient pas d’impact budgétaire négatif ».

Le gros de la liste concerne la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, censée répondre aux principaux problèmes de l’administration grecque (corruption, fiscalité défaillante). Ces réformes sont réclamées par la troïka depuis 2010, mais aucun gouvernement, ni les socialistes du Pasok ni les conservateurs de Nouvelle démocratie (ND), n’ont eu le courage politique jusqu’ici de les mettre sur les rails. L’objectif est ici la modernisation poussée de l’administration fiscale (avec la poursuite de l’informatisation des déclarations), le renforcement de son indépendance, la recherche d’une plus grande justice fiscale – en Grèce, les grandes fortunes et l’Eglise orthodoxe échappent encore largement à l’impôt.

 

Le message de l’Eurogroupe a été compris

Athènes s’engage aussi sur un vaste programme anti-corruption dans l’administration, « une priorité nationale ». En réduisant, entre autres, le nombre de ministères (de seize à dix), de « conseillers spéciaux » et les frais des députés ; en durcissant la réglementation en matière de financement des partis politiques…

Ces réformes anti-corruption étaient préconisées par Syriza. En revanche, concernant les privatisations, pourtant la bête noire du parti d’ultra-gauche, M. Tsipras s’engage à ne pas revenir sur celles qui ont été engagées sous la pression de la troïka (dont celle du port du Pirée sur laquelle Athènes menaçait de revenir), et « à étudier les privatisations qui n’ont pas encore été lancées, de manière à maximiser les revenus que l’Etat pourrait en tirer ».

Le gouvernement Tsipras évoque bien l’augmentation du salaire minimum – une de ses principales promesses de campagne –, mais sans avancer de chiffres (les fameux 751 euros promis aux Grecs), ni d’échéance (d’ici à 2016). Le gouvernement s’engage « à une approche intelligente de la négociation collective sur les salaires. Cela inclut une volonté d’augmenter le salaire minimum, en préservant la compétitivité (…). L’augmentation de ce salaire minimum et son timing seront décidés en concertation avec les institutions européennes et internationales ».

 

Athènes a visiblement compris le message d’une partie de l’Eurogroupe, pas du tout prêt à financer une augmentation du smic grec. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, qui a beaucoup travaillé, en coulisses, à la conclusion d’un accord entre les Grecs et les Européens, avait prévenu lundi, dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche : si le gouvernement Tsipras passe à l’acte, « il y aura six pays en Europe qui auront un salaire minimum inférieur », entre autres la Slovaquie et l’Espagne, tout en devant continuer à soutenir Athènes financièrement.

Politiquement invendable…

 

L’aile gauche de Syriza se sent flouée

 

En toute vraisemblance, l’Eurogroupe, mardi, devrait valider cette liste. Le gouvernement grec ne sera pas pour autant au bout de ses peines, lui qui a été contraint, moins d’un mois après son arrivée aux commandes, de se plier aux contraintes européennes, mais qui doit déjà composer avec l’aile gauche de Syriza, qui a de plus en plus le sentiment de s’être fait flouer…

 

D’ici à la fin avril, les Grecs et les Européens vont devoir affiner la liste, étudier sa faisabilité, disséquer ses moyens de financement. Puis, jusqu’à fin juin, ils auront deux mois pour mettre les réformes sur les rails… Ce n’est qu’à l’issue d’une « revue » des institutions sur place, que le pays pourra recevoir la dernière tranche d’aide qui lui revient dans le cadre du plan d’aide (environ 7 milliards d’euros).


 

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 23:37
L’hypothèse d’un “GREXIT”
24 février 2015

Par

La possibilité d’une sortie de la Grèce de la zone Euro, qu’elle soit voulue ou qu’elle soit subie, devient de plus en plus vraisemblable d’ici le début du mois de juillet prochain. Le fait que le gouvernement grec et l’Eurogroupe aient pu trouver un accord pour les quatre mois nous séparant de cette date ne change rien à l’affaire. Il faudra poser la question soit de l’annulation d’une partie de la dette, soit de sa transformation (en réalité un moratoire sur près de trente ans). Or, l’on sait que ces deux hypothèses sont également rejetées par l’Allemagne. Il convient donc de regarder un certain nombre de paramètres de la Grèce pour se faire une idée réelle de ce qu’un « GREXIT » signifierait.

La question fiscale

Le premier point concerne la question fiscale. On affirme que la Grèce a vécu « au dessus de ses moyens » et qu’elle doit « payer » pour ses errements passés. En réalité, quand on regarde les recettes publiques on constate d’une part que la situation de la Grèce n’était pas en 1995 différente de celles du Portugal et de l’Espagne, et qu’elle a fait un effort important de 1995 à 2000 arrivant au niveau des Pays-Bas.

Graphique 1

 A - FiscaGr1

Source : FMI

Cet effort s’est relâché de 2000 à 2004, mais il a repris par la suite et aujourd’hui la Grèce se trouve avec un même niveau de recettes que l’Allemagne, et un niveau légèrement supérieur au Portugal et aux Pays-Bas, et même très nettement supérieur à celui de l’Espagne. Bien sur, elle reste en-deçà de pays comme l’Italie et la Finlande. Mais rien n’autorise à dire que l’effort fiscal des grecs ne fut pas important, même si on peut penser qu’il est mal réparti et que proportionnellement la partie la plus pauvre de la population paye le plus.

Par contre, les dépenses publiques sont toujours restées très importantes, voire excessive. C’est en partie le problème des JO de 2004, mais pas seulement.

Graphique 2

A - FiscaGR2

Source : FMI

En fait, les dépenses publiques explosent de 2007 à 2009 sous l’influence de trois facteurs : d’une part des mesures anti-crises en 2008, mais aussi (et surtout) des libéralités du gouvernement (conservateur) pour gagner les élections de 2009 (ce qui fut politiquement un échec) et d’autre part la montée des taux d’intérêts qui commencent à créer un « effet Ponzi » de la dette. Alors que la croissance économique se ralentit et que la croissance nominale (croissance du PIB réelle x taux d’inflation) diminue, la hausse des taux, sur un volume élevé de dettes publiques, rend insupportable le poids des intérêts. En fait, ce mécanisme Ponzi (appelé ainsi car il évoque les pyramides financières où les intérêts des premiers déposants sont payés par de nouveaux souscripteurs) explique largement la montée régulière de la dette publique à partir de 2009, et une très large part de l’excès des dépenses publiques.

On sait que la Grèce a atteint un excédent budgétaire primaire (soit hors les remboursements de la dette). Cela veut dire que si la Grèce faisait défaut sur sa dette, estimant que les intérêts payés depuis 2009 ont éteint une grande partie de cette dernière, elle pourrait financer sur ses propres bases ses dépenses publiques. En d’autres termes, si la Grèce fait défaut, et si elle sort de l’Euro, elle n’a plus besoin d’emprunter pour boucler son budget. C’est un premier point qu’il faut avoir à l’esprit quand on parle d’un possible GREXIT. La Banque Centrale de Grèce n’aurait pas à monétiser des sommes importantes, ce qui exclut le risque d’hyperinflation qui est souvent avancé par les adversaires de la solution du Grexit.

Epargne et investissement.

Mais, dira-t-on, la Grèce a besoin d’emprunter pour investir. Elle ne peut se couper des marchés financiers, ce qui arriverait en cas de sortie de la zone Euro. En fait, la chute des investissements a été telle que, depuis 2013, l’épargne interne est supérieure à l’investissement.

Graphique 3

A - InvEpGR

Source : FMI

Si l’on part de l’idée que les recettes fiscales seront égales aux dépenses (et qu’il ne faudra pas emprunter pour couvrir un déficit budgétaire) ce point, bien montré dans le graphique 3 est important. En fait, jusqu’en 1994, l’écart entre les investissements et l’épargne est peu important. Cet écart devient par contre considérable à partir de 1999, très certainement à cause des investissements décidés dans le cadre de la préparation des JO de 2004, mais il continue à croître par la suite. En 2009, le flux d’épargne annule n’est que de 15 milliards alors que les investissements atteignent 37,5 milliards. Aujourd’hui, on est revenu à une situation ou la Grèce exporte son épargne. Ceci est lié à la contraction brutale de l’investissement mais cela signifie AUSSI que la Grèce peut parfaitement vivre « en circuit fermé » d’un point de vue financier. C’est un facteur important quand on cherche à évaluer la possibilité d’un GREXIT.

La question de la balance courante.

On rappelle ici que la balance courante confronte les importations et les exportations de biens et de services. On voit que la situation de la Grèce se caractérise par un léger déficit, le pays exportant environ 20-25% de son PIB. Par contre, par la suite, le déficit de la balance courante se creuse de manière astronomique, en particulier de 2004 à 2007, soit sous le gouvernement conservateur. Cette situation s’explique aussi par l’étouffement des exportations grecques du fait du renchérissement de l’Euro. La Grèce exporte à plus de 60% en dehors de la zone Euro. La hausse de l’Euro que l’on constate alors étrangle les industries et services exportant. La Grèce est, en 2013-2014, revenue à l’équilibre mais au prix d’une contraction dramatique des importations.

Graphique 4

A - BalComGR

Source : FMI

On voit ici qu’une dévaluation de 20% à 30%, rendue possible par une sortie de l’Euro aurait des effets extrêmement positifs sur l’économie[1]. L’effet d’accroissement sur le volume du PIB serait important. La Grèce pourrait donc accroître ses importations (en biens d’équipements notamment) sans compromettre l’équilibre de la balance courante.

 

Ceci confirme donc une analyse intuitive. La Grèce est AUJOURD’HUI bien plus prête à une sortie de l’Euro qu’elle ne l’était en 2009 ou 2010. Une telle sortie, accompagnée d’un défaut sur la dette et d’une dévaluation de 20% à 30% aurait pour effet de dynamiser rapidement et profondément l’économie grecque. Ceci conduirait très certainement à des gains de productivité du travail importants, qui permettrait, dès 2016, des hausses de salaire importante sans compromettre la compétitivité retrouvée de l’économie grecque.

————————————————————————————–

[1] Artus P., « Dévaluer en cas de besoin avait beaucoup d’avantages », NATIXIS, Flash-Economie, note n°365/2012, 29 mai 2012,

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 23:11

Lu sur Comité Valmy

Giscard : « La Grèce doit sortir de l’euro »

mardi 24 février 2015, par Comité Valmy

 

Giscard : « La Grèce doit sortir de l’euro »
On saura gré à VGE de sa franchise mais il a fait tellement de mal à la France lorsqu’il était aux affaires qu’il lui reste encore beaucoup à se faire pardonner… Il lui reste par exemple à reconnaître que l’euro lui-même, dont il fut le premier promoteur, est une imbécillité sans nom. Le « Grexit » ne suffira pas. Ce sera un aveu évidemment difficile mais comme je l’ai dit un jour, ils y viendront tous, l’un après l’autre… Olivier Demeulenaere

20 février 2015

L’ancien chef de l’Etat Valéry Giscard d’Estaing prône une «  friendly exit  » de la Grèce pour éviter une crise plus grave. Il juge que l’économie grecque ne peut se redresser sans une monnaie dévaluée.

L’Europe apporte-t-elle les bonnes réponses au problème de la Grèce ?

Le problème est mal posé depuis l’origine. La question fondamentale est de savoir si l’économie grecque peut repartir et prospérer avec une monnaie aussi forte que l’euro. La réponse est clairement négative. Mais au lieu de se concentrer sur ce sujet de fond et d’y répondre, les Européens se focalisent sur la dette grecque. Bien sûr, il est envisageable de soulager un peu le budget grec, en jouant sur le niveau des taux d’intérêt et sur les maturités. Mais là n’est pas l’essentiel. Cela ne résoudra pas le problème de fond auquel est confronté ce pays.

La Grèce doit-elle sortir de l’euro ?

La proposition implicite du nouveau gouvernement grec suppose une dévaluation de la monnaie. Tout simplement parce que le programme sur lequel il a été élu est irréalisable avec une monnaie forte. La production de la Grèce ne peut redevenir compétitive avec le niveau actuel de l’euro. Par conséquent, elle n’est pas en mesure d’appliquer son programme économique notamment la hausse du salaire minimum et l’extension des avantages sociaux. L’entrée de la Grèce dans l’euro en 2001 fut une erreur évidente. J’étais contre à l’époque et je l’ai dit. Les Allemands étaient contre eux aussi. Ils l’ont acceptée parce que d’autres, notamment la France, ont insisté en ce sens. La Grèce ne peut régler ses problèmes aujourd’hui que si elle retrouve une monnaie dévaluable. Il faut donc envisager ce scénario très calmement, à froid, dans l’intérêt de la Grèce elle-même. Il est absurde de dire qu’il s’agirait d’un échec de l’Europe. D’ailleurs, ces jours derniers, la cote de l’euro est remontée. La Grèce a toute sa place dans l’Union européenne. En quittant l’usage de l’euro, elle ne ferait que rejoindre des pays comme le Royaume-Uni, la Suède, la République tchèque etc. qui ne l’ont pas adopté. Mieux : cette sortie lui permettrait de préparer un éventuel retour, plus tard. Ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l’intérêt mutuel de chacun. C’est ce que j’appellerais une «  friendly exit  », une sortie dans un esprit amical. La Grèce a besoin de se donner la possibilité de dévaluer sa monnaie. Si elle ne le faisait pas, sa situation s’aggraverait et déboucherait sur une crise encore plus sévère.

Pourquoi cette hypothèse n’est-elle pas posée par les leaders européens selon vous ?

Peut-être par manque de compétence en matière monétaire et en raison de la pression des milieux spéculatifs. On nous dit que les Grecs ne souhaitent pas quitter l’euro et que le nouveau gouvernement a écarté cette hypothèse pendant la campagne électorale. Certes. Mais ce n’est pas la première fois que des dirigeants se font élire avec un programme inapplicable qu’ils proposent à l’opinion. C’est même chose courante : voyez ce qu’est devenue la promesse du gouvernement français de faire baisser le chômage…

La sortie de la Grèce de l’euro ne risquerait-elle pas d’inciter d’autres pays à la suivre ?

Il n’y a, à l’heure actuelle, aucune agitation particulière dans la zone euro. La situation de la Grèce est singulière et extrême : son taux d’endettement par rapport à la richesse nationale, autour de 175% du PIB, est très supérieur à celui du deuxième pays européen le plus endetté, qui se situe autour de 125%.

Cependant, il faudrait aussi réfléchir aux institutions de la zone euro pour les compléter le moment venu par la création d’un Trésor de la zone euro. Mais ce sont là des questions de plus long terme. La situation grecque appelle une décision forte et rapide permettant au programme politique et social qu’elle s’est donnée de disposer d’une monnaie qui soit dévaluable.

Les Echos, le 18 février 2015 – Propos recueillis par Nicolas Barré

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 18:53

Lu sur Lescrises.fr

 

 

L’essentiel :
Un accord a été validé, à l’issue de longues tractations, vendredi entre la Grèce et les créanciers internationaux pour la poursuite d’un plan de sauvetage au pays.
L’initiative des réformes est désormais laissée à Athènes, puis approuvée par les créanciers. La Commission estime qu’il s’agit d’un « point de départ valide » à des discussions.
L’aile gauche du parti Syriza fustige un accord qui prolongerait, selon elle, les mesures d’austérité imposées au pays, que le parti de gauche radicale s’était pourtant engagé à supprimer.

Jusqu’au bout, le processus aura été laborieux. Le gouvernement d’Alexis Tsipras n’a envoyé sa liste de réformes exigées par l’Eurogroupe en échange d’une prolongation du plan d’aide à la Grèce qu’à la toute dernière extrémité, lundi 23 février peu avant minuit, quelques heures avant la tenue d’un Eurogroupe (réunion des dix-neuf ministres des finances de la zone euro), mardi. « La liste nous semble assez adéquate pour être un bon point de départ dans la négociation », réagissait, à chaud, une source européenne, mardi matin.

Un « draft » de ce texte a fait de multiples allers-retours entre Athènes et Bruxelles, le week-end et le lundi précédant l’échéance : il a dû être retravaillé pendant de longues heures afin d’être assez étayé pour espérer « passer » la barre de l’Eurogroupe. Puis, en fin de semaine, celle d’au moins quatre parlements nationaux, dont le Bundestag en Allemagne – comme son équivalent aux Pays-Bas, en Estonie ou en Finlande, il est consulté sur tout ce qui engage l’argent public du pays.

La liste tant attendue des réformes grecques parvient à Bruxelles

Des réformes nécessaires au déblocage d’une nouvelle tranche de l’aide financière dont Athènes aura besoin dans quatre jours. Encore faut-il que les créanciers les plus inflexibles, tels que l’Allemagne et l’Espagne, valident la série de mesures du gouvernement dirigé par le parti de gauche Syriza. Les Grecs, eux, ne sont pas tendres avec les principaux négociateurs de la troïka. ‘L’Allemagne a essayé par tous les moyens d’imposer ses convictions et son hégémonie à l’Europe. Leur première expérience est la Grèce, nous sommes leur cobaye.’ ‘Il est inconcevable que l’Allemagne ait tiré tant de profit de l’Union européenne. C’est la seule économie qui se soit enrichie à ce point et maintenant, ils sont si intransigeants.’ Athènes devrait tenir certaines de ses promesses, comme la distribution de coupons alimentaires pour les plus modestes. Le gouvernement s’engage également à lutter contre la corruption, mais devrait s’opposer à la saisie de résidences principales.

L’enjeu est considérable : si cette liste de réformes n’est pas validée par l’Eurogroupe, le programme d’aide, qui se termine normalement le 28 février, ne pourra pas être prolongé de quatre mois.

Six pages très denses

Dès lors, l’Etat grec se retrouvera sans soutien financier de ses créanciers – la Banque centrale européenne (BCE) et l’Union européenne (UE) – au 1er mars. Selon plusieurs sources, ses banques, qui ont subi de forts retraits de capitaux ces dernières semaines, pourraient vite se retrouver insolvables.

Sur six pages très denses, la fameuse « liste » exigée lors d’un énième « Eurogroupe de la dernière chance », vendredi 20 février, pour trouver un compromis entre les Grecs et leurs créanciers, reprend pour une large part les exigences de Bruxelles. La plupart des réformes figuraient déjà sur le document établi par la « troïka » des créanciers – il faut dire désormais les « institutions » pour ménager la susceptibilité grecque –, qui a imposé une sévère politique de rigueur au pays depuis 2010.

Les mesures « humanitaires » pour venir en aide aux Grecs les plus touchés par l’austérité figurent en toute dernière page de la liste. Le gouvernement de la gauche radicale, élu sur son programme anti-austérité, prévoit de « répondre aux besoins liés à la progression de la grande pauvreté grâce à l’accès à la nourriture, à un logement, aux soins », mais sans entrer dans les détails, et en précisant que ces politiques seront menées « en veillant à ce qu’elles n’aient pas d’impact budgétaire négatif ».

Le gros de la liste concerne la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, censée répondre aux principaux problèmes de l’administration grecque (corruption, fiscalité défaillante). Ces réformes sont réclamées par la troïka depuis 2010, mais aucun gouvernement, ni les socialistes du Pasok ni les conservateurs de Nouvelle démocratie (ND), n’ont eu le courage politique jusqu’ici de les mettre sur les rails. L’objectif est ici la modernisation poussée de l’administration fiscale (avec la poursuite de l’informatisation des déclarations), le renforcement de son indépendance, la recherche d’une plus grande justice fiscale – en Grèce, les grandes fortunes et l’Eglise orthodoxe échappent encore largement à l’impôt.

Le message de l’Eurogroupe a été compris

Athènes s’engage aussi sur un vaste programme anti-corruption dans l’administration, « une priorité nationale ». En réduisant, entre autres, le nombre de ministères (de seize à dix), de « conseillers spéciaux » et les frais des députés ; en durcissant la réglementation en matière de financement des partis politiques…

Ces réformes anti-corruption étaient préconisées par Syriza. En revanche, concernant les privatisations, pourtant la bête noire du parti d’ultra-gauche, M. Tsipras s’engage à ne pas revenir sur celles qui ont été engagées sous la pression de la troïka (dont celle du port du Pirée sur laquelle Athènes menaçait de revenir), et « à étudier les privatisations qui n’ont pas encore été lancées, de manière à maximiser les revenus que l’Etat pourrait en tirer ».

Le gouvernement Tsipras évoque bien l’augmentation du salaire minimum – une de ses principales promesses de campagne –, mais sans avancer de chiffres (les fameux 751 euros promis aux Grecs), ni d’échéance (d’ici à 2016). Le gouvernement s’engage « à une approche intelligente de la négociation collective sur les salaires. Cela inclut une volonté d’augmenter le salaire minimum, en préservant la compétitivité (…). L’augmentation de ce salaire minimum et son timing seront décidés en concertation avec les institutions européennes et internationales ».

Athènes a visiblement compris le message d’une partie de l’Eurogroupe, pas du tout prêt à financer une augmentation du smic grec. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, qui a beaucoup travaillé, en coulisses, à la conclusion d’un accord entre les Grecs et les Européens, avait prévenu lundi, dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche : si le gouvernement Tsipras passe à l’acte, « il y aura six pays en Europe qui auront un salaire minimum inférieur », entre autres la Slovaquie et l’Espagne, tout en devant continuer à soutenir Athènes financièrement. Politiquement invendable…

L’aile gauche de Syriza se sent flouée

En toute vraisemblance, l’Eurogroupe, mardi, devrait valider cette liste. Le gouvernement grec ne sera pas pour autant au bout de ses peines, lui qui a été contraint, moins d’un mois après son arrivée aux commandes, de se plier aux contraintes européennes, mais qui doit déjà composer avec l’aile gauche de Syriza, qui a de plus en plus le sentiment de s’être fait flouer…

D’ici à la fin avril, les Grecs et les Européens vont devoir affiner la liste, étudier sa faisabilité, disséquer ses moyens de financement. Puis, jusqu’à fin juin, ils auront deux mois pour mettre les réformes sur les rails… Ce n’est qu’à l’issue d’une « revue » des institutions sur place, que le pays pourra recevoir la dernière tranche d’aide qui lui revient dans le cadre du plan d’aide (environ 7 milliards d’euros).

Source : LeMonde.fr, 24.02.2015

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Athènes a transmis à Bruxelles, mardi 24 février, une liste d’engagements sur les réformes que le pays doit engager. Ce plan a reçu un premier accueil positif et sera examiné dans l’après-midi par la zone euro, qui devrait, sauf coup de théâtre, accorder une prolongation jusqu’à l’été du programme de financement et éviter au pays l’asphyxie financière.

Le document, rendu public par le gouvernement grec, insiste à plusieurs reprises sur “la concertation avec les institutions” (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) dans l’élaboration détaillée de ses projets, alors que le gouvernement d’Alexis Tsipras s’était montré, après son élection, beaucoup moins disposé à composer avec ses créanciers.

La liste transmise mardi adoucit le ton et comporte beaucoup de mesures de renforcement de l’efficacité fiscale et des structures de l’Etat, mais aucune des réformes n’est chiffrée.

# Un salaire minimum atténué

“L’ampleur et le calendrier” de la progression du salaire minimum, une promesse centrale du gouvernement, “se feront en consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales”, selon le document et “de manière à préserver la compétitivité et les perspectives d’emploi”. Le montant envisagé (751 euros) et la date (2016) ne figurent pas explicitement dans la liste.

# Faire travailler les salariés plus longtemps

Athènes veut “éliminer la pression sociale et politique pour partir en pré-retraite”, qui conduit beaucoup de Grecs à arrêter très tôt de travailler, notamment en mettant en place “un soutien ciblé des salariés entre 50 et 65 ans”.

# Soutenir les plus pauvres

Elément central du programme de Syriza, le parti de gauche radicale d’Alexis Tsipras, elles figurent en fin de document sous le titre de “crise humanitaire”. Athènes veut mettre en place des mesures “très ciblées” pour améliorer la couverture sociale, l’accès aux soins, l’approvisionnement en énergie, l’accès au logement et à la nourriture des plus pauvres, par exemple avec des bons d’alimentation alimentaires et de transport. L’ensemble de ce dispositif avait été évalué par Syriza, avant les législatives du 25 janvier, à 1,8 milliard d’euros.

Au programme également, la dépénalisation du surendettement pour les petites sommes, le soutien aux “plus vulnérables” ne pouvant rembourser leurs emprunts et une collaboration avec les banques pour “éviter les mises aux enchères de résidences principales en-dessous d’un certain seuil” de défaut de paiement.

# Lutter contre l’évasion fiscale

Comme ses partenaires le lui réclamaient, le gouvernement grec s’engage à faire “de robustes efforts” dans la collecte des impôts et la lutte contre l’évasion fiscale en “utilisant pleinement les moyens électroniques et autres innovations technologiques”. Le tout doit cibler “particulièrement les plus nantis [afin de] les faire participer de manière juste au financement des politiques publiques [et se faire] sans impact négatif sur la justice sociale”.

Le code fiscal doit être modernisé, l’indépendance de l’administration centrale des impôts renforcée, ses moyens élargis. Le gouvernement prévoit aussi un dispositif de lutte contre la contrebande d’essence et de cigarettes, un renforcement de la lutte contre la corruption et la mise en place d’un système permettant le paiement rapide des arriérés fiscaux et de contributions à la sécurité sociale.

# Couper dans les dépenses de l’Etat

Les dépenses de l’Etat vont être réduites. Le nombre de ministères doit passer de 16 à 10, les avantages et primes des ministres, parlementaires et haut fonctionnaires être réduits, la grille des salaires dans la fonction publique remaniée.

L’Etat veut aussi monnayer “aux prix du marché” l’utilisation par les médias des fréquences de radio-télévision et réformer les règles d’attribution de marchés publics.

# Pas de remises en cause des privatisations

Les privatisations déjà réalisées ne seront pas remises en question, pour celles qui sont déjà lancées “le gouvernement va respecter les processus en conformité avec la loi”. Celles qui sont prévues doivent être “examinées avec pour objectif de maximiser les bénéfices à long terme pour l’Etat”.

Des ministres du gouvernement Tsipras avaient annoncé peu après leur élection leur intention de revenir sur plusieurs ventes en cours, comme celles du terrain de l’ancien aéroport d’Athènes et de 14 aéroports régionaux.

“En finir avec l’austérité”

Dès mardi matin, la Commission européenne a estimé que cette liste de réformes était “un point de départ valide” pour que la Grèce et ses créanciers s’entendent sur la poursuite du financement au pays. L’exécutif européen trouve notamment encourageant l’engagement d’Athènes à combattre l’évasion fiscale.

Les autorités grecques auront ensuite jusqu’à fin avril pour finaliser cette feuille de route, en échange de laquelle elles veulent obtenir un assouplissement de l’austérité tout en maintenant le pays sous perfusion financière, avec le versement de plus de 3,5 milliards d’euros côté européen.

Le gouvernement grec est très sérieux dans sa volonté de réformes” a estimé le président de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem. “Mais il s’agit juste d’un premier pas”, la finalisation des réformes présentées par la Grèce “devra être faite en coopération étroite” avec ses créanciers.

Athènes s’était résignée à demander cette extension vendredi dernier, après plusieurs réunions extrêmement houleuses avec ses partenaires de la zone euro, qui avaient ravivé les craintes d’une sortie du pays de la zone euro, le “Grexit”.

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras a pour sa part convoqué un conseil des ministres en milieu de journée pour étudier avec son gouvernement la mise en œuvre de ce programme. “Nous avons décidé d’en finir avec l’austérité en pilotage automatique”, a martelé le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis.

Les créanciers d’Athènes – qui lui ont consenti depuis 2010 quelque 240 milliards d’euros de prêts – exigent que ce programme ne remette pas en cause la stabilité des finances publiques et ne détricote pas les réformes engagées par les précédents gouvernements. Cela force Alexis Tsipras à un délicat exercice d’équilibre entre son électorat et les partenaires du pays, alors que les premières dissonances se font entendre dans l’aile gauche de son parti.

Source : Nouvel Obs

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 14:54
Glezos : "Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion"

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu' "entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ".


22 février 2015 -

dernière mise à jour le 23/02/2015 


Manolis Glezos (source photo news247.gr)

Manolis Glezos (source photo news247.gr)la redaction

 

Par un article qu’il signe depuis Bruxelles où il se trouve, le député européen SYRIZA, Manolis Glezos, critique de manière particulièrement acerbe les manœuvres gouvernementales.

"Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure", écrit le cadre historique de la Gauche qui apparaît déçu des derniers développements entre la Grèce et ses créanciers.

"Plus d’un mois est passé et la promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion", écrit-il en invitant les amis de SYRIZA à participer dans les plus brefs délais à un dialogue sur le parcours du parti et les manœuvres en cause.

L’article de Manolis Glezos a été publié aujourd’hui sur le site du Mouvement ‘Citoyens Actifs’  :

Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.

Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

Dommage et encore dommage.

Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.

D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

Source : news247.gr

 

Note de la Rédaction

MascotteOkeanews

Mise à jour (23/02/2015).

Le compositeur grec Mikis Theodorakis s’est aligné sur la position de Glezos aujourd’hui :

Alexis, dit Non au NEIN de Schäuble, amende toutes les mesures d’austérité des programmes d’aide maintenant!

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 14:43
Le Monde.fr avec AFP et Reuters | • Mis à jour le
Début de fracture à Syriza, entre pragmatisme et déceptions

 

 Yanis Varoufakis, le ministre des finances grec, le 20 février.

Les institutions européennes attendent de pied ferme les annonces du gouvernement d'Alexis Tsipras, qui doivent permettre lundi 23 février d'entériner le compromis trouvé vendredi sur la prolongation de l'aide financière apportée au pays jusqu'à la fin de juin. L'exécutif de gauche radicale va s'essayer à un numéro d'équilibriste pour ne pas, malgré les exigences imposées par ses créanciers, revenir sur ses promesses électorales.

Lire notre récit : Comment la zone euro a évité une confrontation avec la Grèce

Le gouvernement Tsipras a obtenu de pouvoir présenter à la zone euro sa propre liste de mesures, qu'il prévoit de prendre durant les prochains mois. La condition exigée par Bruxelles est que l'équilibre des finances publiques grecques doit être sauvegardé.

 

PAS DE CONCESSION SUR LE DROIT DU TRAVAIL

Mais la négociation risque d'être pour le moins complexe. « Il y a des sujets de souveraineté qui relèvent de la politique intérieure et ne sont pas négociables », a averti le ministre d'Etat Nikos Pappas, bras droit de M. Tsipras. Particulièrement visées, les questions relatives aux droits et aux conditions de travail sont au cœur du programme du gouvernement Syriza. Le parti s'était en effet engagé pendant la campagne à rétablir le principe des conventions collectives battues en brèche durant la crise, et à augmenter les pensions les plus faibles.

Une hausse du salaire minimum de 580 à 751 euros sera mise en œuvre « progressivement », a réaffirmé le M. Pappas, en gage de sa bonne volonté. Le ministre d'Etat a également exclu de nouvelles baisses de salaire des fonctionnaires et des retraites.

Un porte-parole du gouvernement d'Alexis Tsipras, Gabriel Sakellaridis, a affirmé que la liste de réformes comprend la lutte contre l'évasion fiscale et la corruption, l'une des attentes formulées par la zone euro. Malgré les divergences, le ministre des finances Yanis Varoufakis s'est dit certain de l'approbation des réformes par ses dix-huit collègues de la zone euro, qui en jugeront mardi lors d'une conférence téléphonique de l'Eurogroupe.

Manolis Glezos, l'homme qui a décroché le drapeau nazi de l'Acropole en 1941, résiste toujours.

DÉBUT DE FISSURES DANS LA COALITION

Mais même s'il réussit à trouver un accord avec ses créanciers, il restera au gouvernement de M. Tsipras à éteindre un autre feu. Celui allumé par le député européen Manolis Glezos, 92 ans. Figure de la gauche grecque et de la résistance, il s'est fendu dimanche 22 février d'une critique virulente des concessions faites par le gouvernement Syriza, parti dont il est élu, dans ses négociations avec la zone euro.

« Je m'excuse auprès du peuple grec d'avoir participé à cette illusion », écrit le doyen du Parlement européen sur un blog, où il déplore qu'après un mois de gouvernement « les annonces ne soient pas devenues pratiques ». Pire, « rebaptiser la “troïka” en “institutions”, le “mémorandum” en “accord”, les “créanciers” en “partenaires” […] ne change rien à la situation », écrit Manolis Glezos, en référence à quelques évolutions « sémantiques » qui accompagnent le compromis trouvé entre la Grèce et la zone euro vendredi.

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 15:30

Publié par Jean Lévy

Solidarité & Progrès
Le Plan B de la Grèce : rejoindre les BRICS
 
 

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  • Le gouvernement grec a annulé la privatisation du port de Pirée tout en maintenant son partenariat avec la Chine pour y développer les activités.

Pourquoi le gouvernement de Tsipras ne recule-t-il pas face à la Troïka ? Parce qu’il sait qu’il existe une alternative à l’austérité et au règne des financiers !

Peu de gens en France comprennent pourquoi la dynamique lancée par des pays situés à des milliers de kilomètres, décriés pour leur corruption et encore pauvres naguère, est la porte de sortie à la crise de civilisation que nous vivons ici.

Pourtant, Nikos Chountis, le ministre aux Affaires européennes grec, l’a clairement annoncé : si l’UE demeure sourde aux besoins de son pays, il se tournera vers d’autres horizons, notamment la Chine et la Russie, qui auraient fait des offres de coopération et d’aide financière à Athènes. Le 11 février, le ministre des Affaires étrangères grec s’est rendu en Russie, tandis que Panagiotis Lafazanis, ministre de la Reconstruction productive, de l’environnement et de l’énergie, était invité en Chine par le Premier ministre Li Keqiang.

Bien entendu, nos experts et journalistes français, réduisant le monde à une histoire de rapports de force, nous diront que les « empires » chinois et russes cherchent en fait à avancer leurs pions en Europe...

Remarquons simplement que depuis leur sommet historique à Fortaleza, en juillet dernier, l’approche « gagnant-gagnant » prônée par les BRICS s’est traduite par des dizaines d’accords de coopération, alors que la concrétisation de la solidarité prétendument portée par l’UE se fait toujours attendre.

Sans ce type de partenariat et sans le soutien financier de la Chine, l’Argentine n’aurait sans doute pas pu résister à l’attaque des fonds vautours en 2013, ces fonds spéculatifs qui, avec l’aval de la justice américaine et d’Obama, exigent le remboursement à 100 % de sa dette, alors qu’ils l’avaient achetée à quelques pourcents de sa valeur initiale.

Mais surtout, les idées que nous portons ici et dans le monde avec nos alliés de l’Institut Schiller sont au cœur de cette bataille internationale.

Reconnaissant le risque de guerre mondiale, Panos Kammenos (le président du parti des Grecs indépendants, désormais ministre de la Défense) fait partie des personnalités ayant endossé l’appel lancé par l’Institut Schiller, exigeant que l’Europe et les États-Unis abandonnent leur logique d’affrontement géopolitique pour coopérer avec les BRICS.

Lors de la conférence organisée par l’IS en octobre dernier à Francfort, où S&P avait emmené une délégation d’une centaine de Français, M. Kammenos avait présenté sa vision d’une Grèce intégrée dans le projet de développement mutuel des « Nouvelles routes de la Soie ».

Il avait pu y rencontrer de nombreuses autres personnalités d’Europe, Chine, Inde, États-Unis, etc., qui, chacune à sa manière, se bat pour la paix par le développement.

En 2013, il rendit visite à notre parti frère aux États-Unis, le Comité d’action politique de Lyndon Larouche (LPAC), ce qui lui donna l’occasion de rencontrer plusieurs congressistes américains pour les enjoindre à mettre Wall Street en cage, notamment par un retour au Glass-Steagall (la loi de séparation des banques promulguée par Roosevelt). (Voir vidéo)

Alors qu’il était encore député au Parlement grec, il avait d’ailleurs clairement exposé comment, en pariant sur la dette grecque, des spéculateurs s’étaient honteusement enrichis (y compris certains élus), alors que le peuple était mis au pain sec. Peut-être comprenez-vous mieux pourquoi la presse française s’est empressée de l’étiqueter comme extrémiste dès son élection ?

Le gouvernement grec sait donc qu’il existe une alternative, et il sait aussi que cette alternative ne peut être que collective. C’est ce qu’a exprimé le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, à la TV italienne RAI3 le 8 février, en soulignant que le problème de la dette grecque ne pourrait être résolu qu’en mettant fin aux politiques d’austérité dans l’ensemble de la zone euro.

C’est pourquoi il propose une conférence sur la dette pour tous les pays européens, ainsi qu’un New Deal pour l’Europe, financé par la Banque d’investissement européenne en décuplant ses fonds.

Selon le site greekreporter.com, Varoufakis estime qu’« il s’agit d’idées et de propositions qui concernent toute l’Europe, car nous, les Grecs, ne pensons pas avoir le droit de demander pour nous-mêmes une chose qui ne soit pas valable aussi pour les Portugais, les Italiens ou encore les Irlandais ».

Comme les BRICS, la Grèce a compris que servir l’intérêt de l’autre, c’est la voie qui permet aux faibles de se libérer du plus fort 

 
 
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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 23:30
21 février 2015

L’accord conclu le vendredi 20 février entre la Grèce et l’Eurogroupe suscite des commentaires contradictoires. Il faut, pour comprendre cet accord, et pour l’analyser, en resituer le contexte, à la fois dans le court et dans le long terme.

Un accord temporaire

Cet accord avait pour but d’éviter une crise immédiate. Le gouvernement d’Alexis Tsipras s’y était engagé. Une crise moins d’un mois après l’accession au pouvoir eut provoqué un chaos probable. De plus, cet accord mérite d’être regardé à la loupe. Il y a bien plus que ce qu’en dit Paul Krugman dans son billet pour le New-York Times[1]. En fait, la Grèce a obtenu plusieurs choses :

  1. La Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé.
  2. Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste bien entendu à définir.
  3. La « Troïka » n’existe plus comme institutions, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir (men in black suits) qui venaient dicter leurs conditions à Athènes.
  4. La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes.

Un avantage plus discret est que le Gouvernement grec a brisé l’unanimité de façade de l’Eurogroupe et a obligé l’Allemagne à dévoiler ses positions. Mais, la Grèce a accepté de reconnaître – pour l’instant – l’ensemble de ses dettes. Il n’y a eu aucun progrès sur ce point, et aucun signe d’un changement d’attitude de l’Allemagne.

Un succès limité.

Mais, ce succès est limité. Dans 4 mois, fin juin, le gouvernement grec sera à nouveau confronté à l’Eurogroupe, et cette fois-ci, ce ne sera pas une négociation facile. Le gouvernement d’Athènes va proposer des réformes, et l’on peut penser que celles-ci vont faire peser le fardeau fiscal sur les privilégiés, et le contentieux avec l’Eurogroupe et l’Allemagne va encore grandir. De fait, l’Allemagne ne peut céder, ni non plus le gouvernement grec. Ceci implique que l’on va vers un nouvel affrontement, à moins que d’ici là se dessine une « alliance » anti-allemande. C’est ce qu’espère Tsipras, et sur ce point il a tort. Les gouvernements français et italiens sont en réalité acquis aux idées allemandes.

Et pourtant, l’idée d’utiliser les sommes allouées aux remboursements (intérêts et principal) pour relancer l’économie grecque, développer l’investissement, tombé à un niveau historiquement bas, a dus sens.

Graphique 1

Evolution des investissements en Grèce.

 A - Invest

La chute de la productivité (en sus de la production) est l’indicateur de l’échec fondamental de la politique d’austérité.

Graphique 2

Evolution de la productivité du travail en Grèce

 A -Prod du T

De même, prendre des mesures humanitaires d’urgence est fondamentalement juste, mais elle s’oppose frontalement avec la logique de créancier que défend l’Allemagne.

 

Se préparer à sortir de l’Euro.

Mieux vaut utiliser ces 4 mois gagnés de haute lutte pour se préparer à l’inévitable, c’est à dire à une sortie de l’Euro. Quelle que soit la stratégie de négociations de la Grèce, et celle conçue par son Ministre des Finances Yanis Varoufakis est excellente, il faut s’interroger sur le but de cette négociation. En fait, la Grèce ne peut obtenir des choses qui sont, dans le contexte politique actuel, contradictoires. Elle ne peut se dégager des dettes (d’au moins une partie) et garder l’Euro. Le paradoxe réside dans ce qu’une sortie de la Grèce de la zone Euro, par les effets induits qu’elle produira, mettra fin assez rapidement soit à l’Euro soit à la politique de Germano-Austérité. Mais, pour cela, la Grèce doit sortir de l’Euro.

Elle a 4 mois pour s’y préparer, pour convaincre la population qu’une telle issue est inévitable et qu’en réalité cette même issue constituera un progrès. Il est probable que cela implique aussi de changer de Ministre des Finance. Non que Yanis Varoufakis ait démérité, loin de là. Mais, il faudra bien annoncer la couleur et faire en sorte que la nouvelle stratégie de la Grèce soit prise au sérieux. La nomination d’hommes et de femmes connus pour leurs opinions négative quant à l’Euro serait un signal fort que l’on se prépare à un affrontement dans les meilleures dispositions.

 

[1] http://mobile.nytimes.com/blogs/krugman/2015/02/20/delphic-demarche/

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 22:32
20 février 2015

Par

Angela Merkel - CC PPELe conflit entre la Grèce et l’Allemagne polarise désormais les peuples de la Zone Euro. La réponse méprisante faite par le Ministre des Finances de Berlin à la proposition issue d’Athènes est la meilleure démonstration que pour l’Allemagne il s’agit de casser un gouvernement démocratiquement issu d’élections libres et, au-delà la Grèce pour laquelle les qualificatifs les plus méprisants, les plus injurieux, ont été utilisés. Souvenons-nous des « cueilleurs d’olives ». Cela concentre sur l’Allemagne le ressentiment de tous ceux qui condamnent et refusent la suicidaire politique d’austérité. Faut-il donc haïr l’Allemagne ?

Les péchés répétés de Mme Merkel et de M. Schäuble

Le gouvernement d’Athènes avait envoyé le jeudi 19 une demande à Bruxelles. Il y affirmait sa volonté de« coopérer étroitement avec les institutions européennes et le FMI », ainsi que celle d’« honorer ses obligations financières vis-à-vis de ses créanciers ». Il s’y engageait à «  financer pleinement toute nouvelle mesure tout en s’abstenant de toute action unilatérale qui saperait les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité financière ». La seule chose qu’il demandait était l’introduction d’une « flexibilité » permettant « des réformes substantielles » afin de « rétablir le niveau de vie des millions de citoyens grecs »1. Ceci n’est pas un vain mot. Le quart des enfants scolarisés en Grèce souffre de la faim. Près de la moitié de la population a renoncé à se faire soigner. Le nombre des suicides a augmenté de 40% ces cinq dernières années.

Cela n’a nullement ému Berlin. La réponse a fusé quelques heures plus tard, un « Nein » aussi impératif que méprisant. Dans des commentaires qui ont « fuité » par le biais d’Edward Conway, le responsable économique de la chaîne britannique Sky News puis par Reuters, on apprend quelles conditions humiliantes et insultantes le gouvernement de Berlin mettait à son accord. Il ne veut rien moins qu’une reddition complète du gouvernement grec, lui imposant un traité léonin, une paix carthaginoise, où ce gouvernement, librement élu, devrait obtenir l’accord préalable de la « troïka » pour tout changement à apporter à la politique économique. En d’autres termes cela nie l’existence de la moindre souveraineté à Athènes.

Comment ne pas voir dans cette attitude l’écho lointain de l’ultimatum envoyé par l’Empire austro-hongrois à la Serbie, qui déclencha la Première guerre mondiale ? Comment ne pas y voir l’arrogance de l’Allemagne hitlérienne envoyant un autre ultimatum, en mai 1941, à la Yougoslavie et à la Grèce ? Mme Merkel devrait y prendre garde. Son comportement commence à ressembler à ce que l’on trouve de plus haïssable dans l’Allemagne. On pourrait, d’ailleurs, rafraichir la mémoire à Mme Merkel, que ce soit sur les diverses occasions où l’Allemagne a bénéficié d’un effacement partiel de sa dette (Plan Dawes, Plan Young, accord de 1953) ou sur les conséquences ultimes de l’hybris germanique, qui il y a 70 ans a conduit les forces de l’Armée Rouge à Berlin.

L’Allemagne vaut mieux que Madame Merkel

Pourtant, nous savons bien que Mme Merkel ne représente pas toute l’Allemagne, où des voix discordantes, que ce soit au parti des « Verts » ou à Die Linke, ou même dans des fractions du SPD et dans les syndicats, se sont faites entendre. Toute l’Allemagne ne se reconnaît pas dans la politique mercantiliste qui a été menée depuis 2003. Toute l’Allemagne ne se reconnaît pas dans cette politique de créancier. Car une bonne partie de l’Allemagne en souffre, et l’on sait que le nombre des salaires (plein temps) inférieurs au SMIC n’a jamais été aussi grand avec plus de 7 millions de travailleurs. Le niveau des investissements dans les infrastructures n’a jamais été aussi bas, ce qui constitue aujourd’hui un problème pour la population (on sait que le nombre des retards de train est pratiquement le triple en Allemagne qu’en France) mais aussi pour l’industrie et l’économie en général. Cette politique ne profite en réalité qu’à une minorité.

Mais cette minorité a convaincu une partie de la population de la logique de sa politique. C’est pourquoi Mme Merkel est aujourd’hui chancelière, et pourquoi le SPD, associé à son gouvernement, se fait si timide et si complaisant.

C’est une règle en démocratie : le gouvernement que l’on a élu vous représente, et vous serez identifié à la politique de ce gouvernement, sauf si vous vous y opposez activement. L’histoire se rit de ceux qui veulent en être les spectateurs.

L’Allemagne dans nos têtes

Il faut aussi regarder l’Allemagne, ou plus exactement ce parti-pris qui considère la politique de Merkel-Schäuble comme le parangon de l’efficacité, dans nos têtes. La fascination morbide que l’Allemagne, dans ce qu’elle a de pire, exerce sur les élites françaises appellerait une psychanalyse de masse, si une telle chose était possible. On peut, et on doit, y voir l’écho lointain de la défaite de 1940, et de l’abandon au pire dont les élites françaises, tant de droite que de gauche se sont alors rendues coupables. Le liberté, la République, et l’honneur n’ont été sauvés que par une poignée de réprouvés, de « clochards célestes » pour reprendre l’expression de Romain Gary, qui en fut, lui, le petit juif né à Wilno. Au fond, et on le voit hier comme aujourd’hui, c’est dans l’abandon de la souveraineté que se construit cette politique de soumission. On voit aujourd’hui ressurgir dans le langage de la droite française, mais aussi d’une partie de la gauche, n’est-ce pas Monsieur Manuel Valls ou Monsieur Emmanuel Macron, les vieilles lunes du discours vichyste, avec cette culpabilisation permanente de la population, accusée de ne pas faire assez d’efforts, de ne pas vouloir souffrir assez. Il y a une dimension sado-masochiste dans ce discours et dans cette politique. Mais cette dimension n’est pas que le reflet d’un inconscient trop longtemps refoulé. C’est aussi l’expression d’intérêts que l’on peut parfaitement identifier.

Alors, disons-le, cette Allemagne là est haïssable.

Si, demain, elle devait triompher, si, demain, elle devait écraser l’espoir grec avec ce qu’il représente, qu’elle sache que notre résolution à l’affronter et à la détruire sera implacable. Le nazisme est mort, lui aussi, sous les chenilles des chars soviétiques.

  1. http://www.lesechos.fr/monde/europe/0204170723979-la-grece-demande-officiellement-une-aide-prolongee- []
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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 15:53

Publié par Michel El Diablo

ZONE EURO : Giscard d'Estaing souhaite une sortie « amicale » de la GRÈCE

VALÉRY GISCARD D’ESTAING BRISE TROIS DOGMES DE LA RELIGION EUROPÉISTE, MAIS CACHE ENCORE L’ESSENTIEL.

 

Dans un entretien au journal Les Échos du 19 février 2015, Valéry Giscard d'Estaing vient d’affirmer que « la Grèce ne peut régler ses problèmes aujourd'hui que si elle retrouve une monnaie dévaluable. Il faut donc envisager ce scénario très calmement, à froid, dans l'intérêt de la Grèce elle-même. »

Il a insisté sur le fait que « ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l'intérêt mutuel de chacun. C'est ce que j'appellerais une 'friendly exit', une sortie dans un esprit amical. »

 

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LES 3 DOGMES BRISÉS

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Ces déclarations ne sont pas à prendre à la légère. Elles sont très importantes, venant d’un homme qui a été président de la République (1974-1981), président du Mouvement européen (1989-1997), et président de la Convention sur l'avenir de l'Europe ayant rédigé le projet de Constitution européenne (2001-2004).

Elles brisent de façon sensationnelle trois dogmes parmi les plus sacrés de la religion européiste :

 

  • 1er dogme détruit : le dogme de l'irréversibilité de l'euro

Valéry Giscard d'Estaing vient de reconnaître qu’un État peut sortir de l’euro.

La Sainte Inquisition européiste - dont il fit partie lui-même - a pourtant toujours affirmé le contraire, à savoir :

- que « l’euro est une autoroute sans sortie » (dixit Yves-Thibault de Silguy, à l’époque Commissaire européen chargé de la mise en place de la monnaie unique, cité dans « Les dangers d’une schizophrénie monétaire » de Pierre-Antoine Delhommais, Le Monde du 22/01/99).

- que « l’euro est irréversible » (dixit Mario DRaghi, président de la BCE, le 21 juillet 2012

(cf. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/07/21/97002-20120721FILWWW00231-draghi-l-euro-est-irreversible-monde.php )

 

 

  • 2ème dogme détruit : le dogme de l'euro indispensable et protecteur

Valéry Giscard d'Estaing vient de certifier qu’une telle sortie peut se révéler indispensable pour permettre à un pays de sauver son économie.

Ce n'est donc plus une fantaisie, ni une option, et encore moins une folie.

C'est au contraire une décision indispensable pour sauver une économie et un peuple entier de la destruction.

Les Gardiens du Temple européiste - dont il fit partie lui-même - ont toujours affirmé le contraire, à savoir que  « la crise aurait été bien plus dramatique sans l'euro ». (cf.http://www.lesechos.fr/23/12/2013/LesEchos/21590-024-ECH_herman-van-rompuy-----la-crise-aurait-ete-bien-plus-dramatique-sans-l-euro--.htm#4ctzk3sD8tH7kiQZ.99 )

 

  • 3ème dogme détruit : le dogme d'une sortie de l'euro synonyme d'Apocalypse

Enfin, Valéry Giscard d'Estaing vient d'assurer qu’une sortie de l’euro peut se faire « de manière non conflictuelle, dans l'intérêt mutuel de chacun, et dans un esprit amical ».

Ce langage posé et rassurant est extrêmement nouveau dans la bouche d'un européiste. Cela ressemble à s'y méprendre à ce que je ne cesse d'expliquer depuis des années, à savoir que la sortie de l'euro - mais aussi celle de l'UE - peuvent se faire de manière non conflictuelle et dans un esprit amical. C'est notamment l'une des idées centrales de ma conférence "Le Jour d'Après", à laquelle je renvoie mes lecteurs :https://www.upr.fr/conferences/le-jour-dapres-la-sortie-de-lunion-europeenne-fin-du-monde-ou-liberation

 

Or cette approche professionnelle et sérieuse de la sortie de l'euro - et de l'UE - est exactement ce que ne veulent surtout pas voir ni entendre les garde-chiourmes de l’européisme. Il savent que, pour maintenir leur pouvoir, ils doivent constamment plonger le peuple français dans l'angoisse et dans un effroi irraisonné à l'idée même que l'on puisse sortir de l'UE ou de l'euro. Ils affirment donc comme un dogme ne souffrant aucune discussion qu’une telle sortie ne pourrait provoquer que l’Apocalypse et ne pourrait engendrer que des conflits meurtriers.

Cette intimidation oppressante exercée par les européistes sur la population n'est pas nouvelle. On se rappelle, par exemple, qu'il y a 10 ans, lors de la campagne pour le référendum sur la Constitution européenne, le député UMP Pierre Lellouche avait affirmé que« Si vous votez "non" au référendum, on s’expose à un risque de guerre », tandis que le socialiste Jacques Delors affirmait qu'« une victoire du “non” provoquerait un cataclysme politique en France. » (cf. http://www.politis.fr/Il-y-a-six-ans-le-mensonge-et-la,14330.html#nh36 )

Cette propagande qui agit par la terreur est plus que jamais à l'ordre du jour chez les européistes qui sentent que la situation leur échappe.  On n’en prendra pour preuve que l’émission de propagande éhontée, diffusée sur France 5 l’avant-veille des déclarations de Giscard, au cours de laquelle le service public de l’audiovisuel a osé affirmer aux Français que la sortie de l’euro équivalait à la fin du monde (cf. https://www.upr.fr/communiques-de-presse/emission-bye-bye-leuro-lupr-va-saisir-le-csa )

C'est justement aux auteurs de cette émission que l'ancien président de la République vient de faire un magistral bras d'honneur.

 

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L'ESSENTIEL RESTE ENCORE CACHÉ

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En ce 19 février 2015, il y a donc de quoi se féliciter des déclarations de Valéry Giscard d’Estaing.

Son soudain revirement résonne comme un hommage du vice à la vertu. N'oublions pas que leur auteur a été, tout au long de sa carrière, l'un des plus ardents promoteurs de la prétendue « construction européenne » et de l’euro.

En réalité, et pour dire les choses crûment, l'ancien président de la République vient de manger son chapeau. Il le fait crânement, certes, en assurant qu'il avait été contre l'entrée de la Grèce dans l'euro, mais il n'en mange pas moins son chapeau.

Il faut cependant noter que les déclarations de l’ancien président de la République font l’impasse sur deux aspects essentiels de la problématique soulevée.

 

  • D'une part, il ne dit pas un mot de la façon de régler juridiquement l’éventuelle sortie de la Grèce de l’euro, alors que les traités européens, à la rédaction desquels il a été mêlé, ont justement pris grand  soin de ne pas prévoir de clause juridique de sortie de l’euro.

Que propose-t-il donc pour régler cette question ?

Procéder à une nouvelle forfaiture juridique en invoquant de façon abusive l’article 352 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) ? (cf.https://www.upr.fr/actualite/europe/quoi-joue-mme-merkel )

 

  • D'autre part, Valéry Giscard d’Estaing fait semblant de ne pas voir que le raisonnement qu'il tient sur la Grèce vaut aussi pour bien d’autres États de la zone euro.

Ainsi, l’ancien président de la République affirme  que « la question fondamentale est de savoir si l'économie grecque peut repartir et prospérer avec une monnaie aussi forte que l'euro. La réponse est clairement négative (...) La Grèce a besoin de se donner la possibilité de dévaluer sa monnaie. Si elle ne le faisait pas, sa situation s'aggraverait et déboucherait sur une crise encore plus sévère. »

Ce raisonnement est parfaitement exact. Mais, même si l’acuité des problèmes y est un peu moindre qu’en Grèce, ce raisonnement s'applique à peu près exactement de la même façon à l’économie espagnole, à l’économie portugaise, à l’économie italienne, à l’économie française, etc.

Il est sans doute encore trop tôt pour que Valéry Giscard d’Estaing reconnaisse que son raisonnement vaut aussi, de proche en proche, pour la quasi-totalité des États de la zone euro. Car ce serait reconnaître que l’œuvre à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie est vouée à s’effondrer prochainement. Mais un jour viendra, nécessairement, où cette chimère politique monstrueuse s'effondrera, que cela plaise ou ne plaise pas à M. Giscard d'Estaing.

 

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CONCLUSION : LE BRAS DE FER DANS LES COULISSES

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En conclusion, je crois utile de souligner que les déclarations de l’ancien président de la République s’inscrivent dans la droite ligne des analyses des dirigeants allemands, qui militent presque ouvertement désormais pour la sortie de la Grèce de l’euro.

Cependant, il faut aussi rappeler que les souhaits profonds de l’Allemagne en la matière sont contrecarrés par ceux de Washington et des élites euro-atlantistes. Ces derniers craignent en effet, par-dessus tout, l’effet de contagion qu’une sortie de la Grèce de l’euro pourrait très rapidement entraîner dans toute la zone euro. Un tel effet domino pourrait alors conduire à l’effondrement de tout le glacis géopolitique établi par les  États-Unis depuis 1945 sur l’Europe continentale.

Le bras de fer qui se joue actuellement dans les coulisses oppose les tenants de ces deux Europe : celle voulue par Berlin – qui souhaite que la Grèce sorte de l’euro - et celle voulue par Washington – qui souhaite que la Grèce y reste.

Valéry Giscard d'Estaing a-t-il compris que la France, défigurée et affaiblie par son action passée et par celle de tous les européistes, ne peut plus assister qu'en spectatrice sans pouvoir à ce bras de fer ? Si oui, on comprend mieux qu'il y ait, dans son regard, des lueurs fugitives de remords et de désespoir.

 

François ASSELINEAU

19 février 2015

 

SOURCE : Facebook

Union Populaire Républicaine | UPR

 

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