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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 09:50
L'Allemagne entre deux maux
Par - le 29 janvier 2015

Angela Merkel - CC PPEOn commence seulement aujourd’hui à bien mesurer ce que la victoire de SYRIZA peut signifier pour la zone Euro. En réalité, cette victoire met l’Allemagne au pied du mur et fait éclater son double langage quant à la zone Euro. Privée de marges de manœuvres néanmoins, l’Allemagne peut réagir violemment et provoquer, indirectement, la dissolution de la zone, même si elle en est la principale bénéficiaire aujourd’hui. Pour comprendre cela, il faut rappeler ici quelques points.

La victoire de Syriza

La victoire, véritablement historique, de SYRIZA en Grèce a propulsé son chef, le charismatique Alexis Tsipras sous le feu des projecteurs. Il convient de rappeler que ce parti est en réalité une alliance regroupant des anciens gauchistes, des anciens communistes, des écologistes, et des anciens socialistes. Ce qui a fait le ciment de cette improbable alliance, et qui explique son succès, avec plus de 36% des suffrages exprimés, est en réalité bien plus profond, mais aussi plus complexe, que la “question sociale”. Non que cette dernière ne soit importante, voire tragique. On comprend le refus d’une austérité meurtrière qui ravage la population grecque depuis 2010. Mais il y a aussi la question de la souveraineté nationale. Le refus de la soumission aux injonctions de Bruxelles et de la commission européenne, qui s’est exprimé dès le lendemain de l’élection, est une dimension très importante de la victoire de SYRIZA. La question sociale, sur laquelle se focalisent les commentateurs français, pour importante qu’elle soit, n’explique pas tout. En réalité, SYRIZA s’est engagé dans un combat pour le souveraineté du peuple grec contre les bureaucrates de Bruxelles et de Francfort, siège de la Banque Centrale Européenne. La victoire de SYRIZA annonce peut-être celle de PODEMOS en Espagne au début de cet automne. Et, tout comme dans SYRIZA, la composante souverainiste est loin d’être négligeable dans PODEMOS, ou encore dans le parti irlandais qui briguera lui-aussi la victoire au début de 2016, le SIN FEINN.

Au-delà du symbole, il y a des actes. Et les premiers actes de Tsipras ont été des signaux très forts envoyés aux autorités de Bruxelles. Tout d’abord, il a constitué son gouvernement en passant une alliance avec le parti des « Grecs Indépendants » ou AN.EL. Beaucoup considèrent que c’est une alliance hors nature de l’extrême-gauche avec la droite. Mais ce jugement reflète justement leur incompréhension du combat de SYRIZA et sa réduction à la seule question sociale. Ce qui justifie l’alliance entre SYRIZA et les « Grecs Indépendants », c’est justement le combat pour la souveraineté de la Grèce. Tsipras, dès son premier discours, a parlé de l’indépendance retrouvée de son pays face à une Union Européenne décrite ouvertement comme un oppresseur. Le deuxième acte fort du nouveau gouvernement, qui n’a eu aucun écho dans la presse française mais qui est fondamental, a été de se désolidariser justement de la déclaration de l’UE sur l’Ukraine. Une nouvelle fois, comme on pouvait s’y attendre, l’UE condamnait la Russie. Tsipras a dit, haut et fort, que la Grèce n’approuvait pas cette déclaration, ni sur le fond ni dans sa forme. Or, ce point va devenir de plus en plus important. La politique de l’Union Européenne concernant les affaires internationales est une politique intergouvernementale. Cela implique que les décisions soient prises à l’unanimité1. Le nouveau gouvernement grec reproche donc à l’UE cette décision car elle a été prise sans respecter les procédures internes à l’UE2. Il est désormais clair que l’UE ne pourra plus se comporter comme avant en ce qui concerne tant la Russie que l’Ukraine. Le troisième acte a été la décision du gouvernement, annoncée par le nouveau ministre des Finances M. Varoufakis, de suspendre immédiatement la privatisation du port du Pirée. Cette décision signifie la fin de la mise à l’encan de la Grèce au profit de l’étranger. Ici encore, on retrouve la nécessité d’affirmer la souveraineté de la Grèce. Mais, cette décision est aussi un coup très dur porté aux diverses compagnies qui s’étaient attablées devant ce marché.

Le dilemme allemand

Il faut alors chercher à comprendre la position de l’Allemagne. La déclaration du Ministre de l’Économie, M. Sygmar Gabriel est à cet égard éclairante. Il a ainsi déclaré qu’"il faut que soit respecté un principe de justice à l'égard de notre population"3. Il a souligné que ce fameux « principe de justice » devait s’appliquer à l'égard "des gens en Allemagne et en Europe (...) qui se sont montrés solidaires" [des Grecs]. En réalité, ces aides sont allées majoritairement aux banques européennes qui avaient acheté une grande part de la dette grecque. Il n’y a pas eu de « solidarité » avec le peuple grec, mais un principe bien compris de socialisation des pertes. Néanmoins, il faut s’interroger sur le pourquoi de cette déclaration.

L’Allemagne ne veut pas que la zone Euro se transforme en une “union de transferts”. C’est une constante depuis le début des négociations sur la zone Euro. On peut le comprendre, d’ailleurs, car si les principes d’un réel “fédéralisme” étaient appliqués (comme ils le sont à l’intérieur d’un État comme la France) l’Allemagne, “région” riche de la zone Euro, devrait contribuer à hauteur de 8-9% de son PIB par an sur une période d’au moins dix ans. On peut considérer que ceci aboutirait à casser les reins à l’économie allemande. Mais l’Allemagne veut – par contre – les avantages de la monnaie unique, et d’un taux de change inchangé avec ses pays “clients”. C’est ici que le bat blesse. En effet, soit l’Allemagne accepte une nouvelle – et très importante – restructuration de la dette grecque (ou un moratoire) et elle sera immédiatement saisie de demandes analogues par des pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie. Soit l’Allemagne adopte une position “dure”, en l’enrobant de pleurnicheries obscènes comme celles de Sygmar Gabriel (et en oubliant toutes les restructurations de la dette allemande qui ont eu lieu au XXème siècle) et provoque un affrontement avec la Grèce. Mais alors, le risque est important de voir la Grèce quitter l’Euro, et un processus de contagion se mettre en place.

De fait, et quoi que fasse l’Allemagne, elle sera confrontée à ce processus de contagion, soit à l’intérieur de l’Euro (et avec une pression de plus en forte pour voir augmenter sa contribution) ou à l’extérieur, avec une dislocation probable de la zone Euro. L’Allemagne a encore le choix, mais c’est un choix entre deux maux. Et l’on peut penser que, dans ce cas, elle choisira ce qui pour elle, ou plus précisément pour ses dirigeants, apparaîtra comme le moindre : la rupture de la zone Euro. Mais l’Allemagne ne peut pas, pour des raisons historiques, porter la responsabilité d’une destruction de cette zone. Elle devra, à tout prix, la faire porter aux Grecs, quitte à déployer des trésors de mauvaise foi.

Quoi qu’il en soit, l’avenir s’annonce sombre pour l’Allemagne qui se rend compte aujourd’hui qu’elle est dans un piège, ce piège même où elle avait cru enfermer les autres pays. Quelle que soit l’issue qu’elle choisira, l’Europe, qui est aujourd’hui une forme de propriété allemande, sortira affaiblie. Mais cet affaiblissement tire en réalité son origine du fait que l’Allemagne a sciemment pratiqué une politique de “cavalier solitaire” tout en prétendant adhérer à des mécanismes fédéraux. Le double langage se paye toujours, et dans ce cas il se payera à un prix particulièrement élevé.

Une anticipation par le BCE ?

Il faut alors revenir sur la conférence de Mario Draghi du jeudi 22 janvier. On a déjà signalé l’importance de la limitation à 20% de la garantie de la BCE sur les nouveaux achats de titres. Mais on peut se demander si, en réalité, Mario Draghi n’a pas anticipé la situation à venir, et une probable décomposition de la zone Euro. On peut lire sa politique, et ses déclarations comme le choix suivant : pas de mutualisation des dettes s’il n’y a pas de mutualisation économique (et en particulier budgétaire). Cette position est très sensée. La mutualisation des dettes n’aurait effectivement de sens que si l’on aboutissait rapidement à un système de mutualisation économique, et budgétaire. Or, Mario Draghi n’est pas sans savoir que l’Allemagne est fortement opposée à une telle mutualisation. Aussi est-il en train d’organiser le fractionnement monétaire du marché des dettes, et donc la renationalisation de ces dernières. Ceci pourrait bien être la dernière étape avant la dissolution de la zone Euro.

Mais, pour qu’il y ait une dissolution “organisée”, il faudrait que l’Allemagne reconnaisse le dilemme dans lequel sa propre politique l’a plongée. Il est très peu probable que les dirigeants allemands, qui ont tous – que ce soit la CDU-CSU ou la SPD – été connivents à cette politique, l’acceptent. Disons le tout de suite, c’est très peu probable. Le cheminement auquel nous devons nous attendre est donc celui d’une montée de l’affrontement avec la Grèce conduisant cette dernière à faire défaut sur sa dette et à se faire “expulser” de la zone Euro, non pas dans les formes (car rien ne permet de le faire) mais dans les faits. La BCE coupera l’alimentation de la Banque Centrale grecque et décidera que les “euros” émis en Grèce ne peuvent plus circuler dans le reste de la zone Euro. Notons que des mécanismes de ce type ont été en leur temps employés, pour une durée certes très courte, sur Chypre.

Il est aussi clair que le gouvernement grec se prépare à ce type de scénario. Il va réaliser un budget en équilibre strict, moyennant bien entendu l’affectation des dépenses prévues sur les intérêt de la dette à d’autres dépenses. Mais, si cette politique fait sens pour la Grèce, elle ne le fait nullement pour la zone Euro, qui devra alors affronter une crise de défiance massive, et une contagion rapide sur d’autres pays. Ce sera le scénario de “dislocation” de la zone Euro.

Il serait important que notre personnel politique commence à s’y préparer. Mais l’on peut craindre que, vivant dans une bulle et pratiquant une forme particulière d'autisme politique, il ne voit rien venir et soit confronté à la réalité de manière très brutale.


  1. Gaspers Jan, « The Quest for European Foreign Policy Consistency and the Treaty of Lisbon », in Humanitas, Journal of European Studies, Vol. 2, No. 1, 2008. []
  2. Voir le blog du Ministre des Finances M. Yanis Varoufakis : http://yanisvaroufakis.eu/2015/01/29/a-question-of-respect-or-lack-thereof/ []
  3. http://www.boursorama.com/actualites/berlin-la-grece-doit-etre-juste-envers-ceux-qui-l-ont-aidee-0ff393fe5dc32ad1f58ad5d344e137e6 []

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 06:00

Nous publions une déclaration du Front syndical de classe vu sur "canempechepasnicoplas"

Le Front Syndical de Classe : "Nous sommes tous grecs ! "

Front Syndical de Classe

 
On peut s'étonner du peu ou de l'absence de réaction du monde syndical à ce qui se passe en Grèce avec le succès électoral de Syriza et son accès au pouvoir.
Et du silence écrasant de la CES, dans ses petits souliers!
Comme si les travailleurs d'Europe et de France donc n'étaient pas concernés !
 
En Grèce,
Nous sommes grecs quand des hôpitaux flambants neufs n'ouvrent pas parce que le gouvernement de droite aux ordres du FMI, de la Banque centrale et de l'Union européenne refuse d'assumer les frais de fonctionnement et l'embauche du personnel médical.
Nous sommes grecs quand pour le soigner on réclame 12.000 euros à un papy qui vient de faire un AVC … suivi d'un cancer et qui risque de crever parce que « non solvable ».
Nous sommes grecs quand l'ancien pouvoir a lancé la privatisation du port du Pyrée et de la compagnie nationale d'électricité.
Nous sommes grecs lorsqu'on coupe le courant à ceux qui ne peuvent plus payer leur taxe d'habitation
...
En France,
Nous sommes grecs lorsque l'on ferme les maternités de proximité
Nous sommes grecs lorsque l'on veut brûler le Code du travail
Nous sommes grecs lorsque l'on privatise et casse la SNCF
Nous sommes grecs lorsque massivement les CDD et les petits-boulots remplacent massivement les CDI
Nous sommes grecs lorsque Hollande et Macron veulent privatiser l'aéroport de Toulouse
Nous sommes grecs lorsque les Conti, les Goodyear, les PSA et beaucoup d'autres sont crucifiés sur l'autel du profit et des dividendes
 
Nous sommes grecs parce que ce sont les mêmes politiques , les mêmes intérêts qui sont responsables de la crise et qu'ils veulent nous la faire payer au prix fort!
Et parce que ce sont les mêmes arguments qui sont brandis contre nous par les mêmes politiques, les mêmes économistes, la même Union européenne :
 
Vous avez vécu au dessus de vos moyens
La dette vous devez la payer
Les investissements, l'emploi publics , l'état social doivent reculer pour laisser la place à l'initiative privée
Pour être com-pé-ti-tifs il faut laisser faire les chefs d'entreprise, alléger leurs « charges », c'est-à-dire tailler dans les cotisations sociales …
et blablabla et blablabla ...
 
 Alors oui, sans pour autant penser comme A. Tsipras que l’on peut réformer en profondeur l’UE et que l’austérité peut être vaincue dans le cadre de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, nous sommes grecs aussi lorsque le nouveau pouvoir déclare
 
vouloir redonner sa dignité au peuple grec
renégocier la dette
embaucher 300.000 fonctionnaires
remettre le SMIC au niveau qu'il avait avant la crise
annule les privatisations prévues
prévoit le rétablissement d'une santé gratuite …
prend ses distances publiquement avec la politique belliciste de sanctions prises par l'UE à l'encontre de la Russie
 
Et nous sommes grecs CONTRE l'Union européenne et ses ukases lorsque le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker brandit les traités contre le vote du peuple grec et ose dire : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. », révélant ainsi la véritable nature de l'Union : une dictature qui se fout du choix des peuples comme on avait déjà pu le constater à partir de 2005 avec la trahison des NON massif français, irlandais et des Pays-Bas au Traité constitutionnel.
 
Et nous assurons le peuple grec que l’indigne Michel Sapin ne parle pas au nom du peuple français quand il annonce que la France officielle – c’est-à-dire les Banques – n’abaissera pas d’un euro la prétendue « dette souveraine » du peuple grec.
 
Un bras de fer est donc engagé
 
Le nouveau pouvoir va-t-il rester fidèle à ses engagements?
Et contrairement à un Hollande promettant mensongèrement de renégocier les traités avec Merkel, porter résolument le fer contre l'austérité criminelle?
Ou lui aussi plier devant le chantage exercé contre lui et contre le peuple grec, les spéculateurs et les marchés financiers ayant déjà sorti l'épée du fourreau?
 
 Les premières confrontations indiquent en tout cas que le strict respect du cadre européen, celui des traités existants, de l'appartenance à la zone euro et que donc la dépendance de l'UE sont strictement contradictoires avec une politique indépendante de progrès social et d'une politique résolue en faveur du peuple.
 
 Pour la Grèce, la suite appartient au nouveau pouvoir issu des urnes et au peuple grec mobilisé et qui a clairement manifesté ses choix.
 
Pour nous, surtout, pas d’ « état de grâce », car nous savons que l’immobilité du peuple permet aux gouvernants tous les revirements : nous ne l’avons que trop vécu en France avec Mitterrand, Jospin, et maintenant Hollande qui avait promis de combattre la finance et qui à présent se portent aux avant-postes pour exiger le respect des intérêts des classes dominantes
 
Car nous n'oublions pas que c'est la social-démocratie associée à la droite qui a porté à la tête de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ex premier ministre du Luxembourg, paradis fiscal permettant aux grandes entreprises de détourner des milliards d'euros de ressources publiques.
Allons messieurs un peu de pudeur et respectez le verdict des peuples!
 
Le Front Syndical de Classe
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:54
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »
J-C Juncker, président de la Commission européenne,

La lettre de Léosthène - Hélène Nouaille

samedi 31 janvier 2015, par Comité Valmy

 

***
« Il ne peut y avoir de choix démocratique
contre les traités européens »

J-C Juncker, président de la Commission européenne,
le 29 janvier 2015, le Figaro

Encore l’Europe ? Plus que jamais. Si le monde ne va pas bien (1), l’Europe, rongée par ses contradictions, ne peut plus tenir le couvercle sur ses dysfonctionnements – et d’abord sur le premier et le plus grave de tous, manquement à ses propres règles, le respect de la démocratie, régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par l’ensemble des citoyens qui se déterminent dans les urnes, selon la constitution de leur pays. Or le nouveau président de la Commission, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a osé une affirmation extraordinaire dans un entretien accordé au Figaro (édition abonnés) le 29 janvier dernier (2) : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Déni proprement scandaleux et absurde à tous égards, y compris précisément parce que le Traité sur l’Union européenne en cours précise dans son article 50, paragraphe 1 (3) : « Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union ». Ce sont justement les électeurs et eux seuls qui peuvent en décider, faute de quoi nous serions en dictature, régime politique dans lequel le pouvoir est entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint qui en use de manière discrétionnaire.

Faut-il voir dans ce dérapage le fait d’un seul homme ?

Nous avions relevé ici même, à plusieurs reprises, les ambiguïtés initiales de la construction européenne (4). Puis, plus récemment, nous revenions sur la parution, dans l’indifférence générale, de publications qui nous avaient parues étranges signalées par un confrère allemand : l’ouvrage « Oser moins de démocratie », de Laszlo Trankovits qui faisait écho à d’autres travaux sur la « post démocratie », qui serait comme « un commonwealth où, bien qu’il y ait encore des élections, des groupes experts de communicants professionnels ont un tel contrôle sur le débat public pendant les campagnes électorales, que l’ensemble du processus se réduit à un spectacle (…) ». Dans ce contexte de « décomposition interne des démocraties occidentales », s’installerait progressivement un régime où « ce qui doit être décidé est ce que l’administration a décidé » (5). Mais, malgré les déclarations contraires essentiellement venues de la Commission (la luxembourgeoise Viviane Reding, alors vice-présidente de la Commission européenne : « Il n’y a plus de politiques intérieures nationales, il n’y a plus que des politiques européennes, le 15 octobre 2012, Assemblée nationale française), le résultat des élections nationales était, nous semblait-il respecté – à l’exception notable et peut-être essentielle des référendums sur le Traité constitutionnel aux Pays-Bas et en France.

C’est notre confrère helvétique le Temps, sous la plume très retenue d’Olivier Truc (Le Monde), qui nous apprenait le 30 décembre dernier le dernier avatar concernant la très vertueuse Suède : « La droite et la gauche ont signé un pacte de non-agression jusqu’en 2022 destiné à neutraliser les populistes. Le premier ministre Stefan Löfven a ainsi pu annuler les élections législatives extraordinaires prévues le 22 mars 2015 (…) ». Cette annulation est accompagnée d’un « accord qualifié d’historique avec l’opposition de droite, qui devrait permettre à un gouvernement minoritaire de gérer le pays de façon stable, une solution dont le principal objectif est d’annihiler le pouvoir de nuisance parlementaire de l’extrême droite (les Démocrates de Suède, SD). Baptisé « accord de décembre », cet arrangement entrera en vigueur lors du collectif budgétaire de printemps. Il s’étendra sur deux législatures, c’est-à-dire jusqu’en 2022, au terme de la législature actuelle puis de celle qui démarrera en 2018 ». Et Olivier Truc, qui pratique à merveille l’euphémisme d’ajouter : « Cet accord, qui n’est pas sans poser problème d’un point de vue démocratique selon certains, est le fruit de la situation chaotique née au lendemain du scrutin législatif de septembre » (6).

En bref : aux élections législatives de septembre dernier (proportionnelle intégrale), un parti d’opposition de droite (hostile à l’immigration), les Démocrates de Suède (SD) a obtenu 13% des voix (venu de 6% quatre ans plus tôt). Votant avec le centre-droit, le SD met le gouvernement en minorité lors du vote du budget. Le premier ministre social-démocrate Stefan Löfven convoque, comme il est normal, des élections législatives anticipées pour le 22 mars 2015. « Mais », écrivent la journaliste suédoise Ingrid Carlqvist et l’historien danois Lars Hedegaard (7), « malheureusement pour le gouvernement et l’opposition, plusieurs sondages d’opinion n’ont laissé aucun doute sur la progression des Démocrates suédois. Certains sondage leurs donnaient 18% (contre les 12% précédents), ce qui signifiait que ni les ex-communistes, Verts et socialistes ensemble ni l’opposition de centre-droit ne pourraient obtenir de majorité dans le nouveau parlement ». Le 27 décembre 2014, le premier ministre annonce qu’il annule les élections prévues. « Ainsi, plus du million de Suédois qui avaient l’intention de voter pour SD devront attendre quatre ans de plus, et même alors leur vote ne comptera pas, puisque l’Agrément de décembre courra jusqu’en 2022 ».

Il faut relire deux fois pour comprendre qu’il s’agit là d’un coup d’Etat, le pouvoir étant, contre la volonté des électeurs, entre les mains d’un groupe restreint qui en use de manière discrétionnaire – une caste. Ce qui est contraire aux Traités européens (article 2 : L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités). Le silence des dirigeants européens, Commission et pays membres, est, comme celui de la presse, sidéral. D’autres songeraient-ils à imiter la Suède ? Parce que le Parti du peuple Danois a obtenu 27% aux européennes, le FrP norvégien (celui auquel appartenait Anders Breivik, auteur des 77 morts de la tuerie de juillet 2011) plus de 16% des voix aux dernières législatives (il participe au gouvernement), pendant que Podemos est crédité de 20 à 25% des voix aux prochaines législatives espagnoles et que la gauche de la gauche portugaise a récolté plus de 17% des voix aux européennes – pour ne pas évoquer la Grande Bretagne (avec l’UKIP de Nigel Farage) ou la France, où Marine Le Pen arriverait largement en tête au premier tour des présidentielles (près de 30% des voix) si elles avaient lieu dimanche, selon l’IFOP (8).

Donnerait-on du grain à moudre à ceux qui prêtent aux institutions européennes un fonctionnement apaisé, consensuel ?

Que non. Le (nouveau) président du Conseil européen Donald Tusk, un polonais, a lancé, au nom de vingt-huit membres de l’UE, un appel à durcir les sanctions contre la Russie. « Mais, selon des diplomates à Bruxelles, Donald Tusk serait allé un peu vite en besogne. Avant de lancer son appel en faveur des sanctions, il n’aurait même pas consulté Federica Mogherini (italienne, elle a remplacé Catherine Ashton). La cheffe de la diplomatie européenne est plutôt favorable à un rapprochement avec Moscou pour autant qu’il mette en œuvre le Protocole de Minsk, qui prévoit un cessez-le-feu et le retrait des militaires et d’armes russes du territoire ukrainien. Elle plaide pour l’ouverture d’un dialogue critique avec la Russie, dont l’apport est crucial dans des dossiers internationaux comme la Syrie et l’Iran » (9). Quant aux Grecs, ils n’avaient tout simplement pas été consultés : « Notre ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, nous a annoncé lors du premier jour de sa prise de fonction qu’il avait entendu aux nouvelles que l’UE avait approuvé de nouvelles sanctions contre la Russie à l’unanimité. Le problème était que, ni lui-même ni le nouveau gouvernement grec n’avaient jamais été interrogés ! » écrit Yannis Varoufakis, ministre des Finances, sur son blog (10).

On se demande d’ailleurs qui avait été consulté, l’Allemagne, la France et de nombreux autres se montrant très réservés sur l’utilité de « nouvelles sanctions » - et d’une manière générale sur la politique de l’UE (présidée depuis le 1er janvier par la Lettonie, un « faucon ») envers la Russie. Peu importe : il sera rajouté six nom sur une liste noire et la décision est reportée, comme de coutume, à plus tard. La foire d’empoigne est chaotique dans l’ombre, sur ce sujet comme sur tant d’autres.

Le dérapage de Jean-Claude Juncker n’est donc pas le fait d’un homme seul, en proie à l’hubris et à diverses mauvaises habitudes (après tout, il a dirigé pendant vingt ans le Luxembourg, premier paradis fiscal en Europe, contre toutes les règles et traités européens…), mais le symptôme du dysfonctionnement général d’une Union à bout de souffle. Déjà, les décisions de la Suisse, où les votations sont un sport national mais qui ne fait pas partie de l’UE avaient provoqué un malaise chez les dirigeants européens : trop de démocratie serait malséant. Remarquons qu’il a suffit du vote des citoyens d’un petit pays de l’UE, la Grèce, pour que la fièvre se déclare au grand jour, et que s’agrègent brusquement, en toute logique, crises intérieures et extérieures, économique, politique, médiatique.

Une crise existentielle ?

Hélène Nouaille

La lettre de Léosthène
le 31 janvier 2015 n° 995/2014
Dixième année. Bihebdomadaire. Abonnement 390 euros.

Mise en ligne CV : 31 janvier 2015

Document :

Le manifeste de Syriza, vainqueur aux élections grecques, en 40 points :

On notera que le point 40 concerne l’OTAN (fermeture de toutes les bases étrangères et retrait de l’OTAN)

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-29/syrizas-original-40-point-manifesto

Notes :

(1) Zero Hedge, le 28 janvier 2015, Tyler Durden, Baltic Dry Index : 666

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-28/batic-dry-index-666

Le Baltic Dry Index (BDI) est un indice des prix pour le transport maritime en vrac de matières sèches. Comme le coût du fret maritime varie avec la quantité de marchandises transportées et que le vrac sec constitue habituellement des marchandises précurseurs d’une production (comme le ciment le charbon ou l’acier), cet indice est aussi vu comme un bon indicateur d’une croissance future de la production (wikipedia).

(2) Le Figaro, le 29 janvier 2015, Jean-Jacques Mevel, Jean-Claude Juncker : « la Grèce doit respecter l’Europe ».

http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/28/01003-20150128ARTFIG00490-jean-claude-juncker-la-grece-doit-respecter-l-europe.php

Ses déclarations sont largement reprises dans l’hebdomadaire Politis, consultable en ligne : http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

(3) Traité sur l’Union européenne, article 50 :
http://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_l%E2%80%99Union_europ%C3%A9enne#Article_50

(4) Voir Léosthène n° 711/2011, le 19 novembre 2011, UE : le ver était dans le fruit et Léosthène n° 735/2012, le 25 février 2012, UE : le ver était dans le fruit (bis)

(5) Voir Léosthène n° 898/2014, le 8 janvier 2014, Tentations autoritaires
« Le livre ‘Oser moins de démocratie’ a été publié en août 2011 par la maison d’édition du Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’un des quotidiens les plus influents d’Allemagne. L’auteur, Laszlo Trankovits est le chef du bureau et le correspondant de la Deutsche Presse Agentur (DPA) en Afrique du Sud. Il a précédemment travaillé pour DPA à Washington, en tant que correspondant à la Maison Blanche ». Pour appuyer sa thèse, l’auteur évoque l’exemple de la Chine : « Les grand industriels allemands (...) sont souvent admiratifs lorsqu’ils évoquent les immenses progrès du développement chinois ». Et ces succès économiques soulèvent « des doutes sur la supériorité de la démocratie ». La publication de l’ouvrage de Laszlo Trankovits n’a pas suscité de grande controverse. Parce que le contrat social – la promesse de prospérité pour le plus grand nombre – n’est plus tenu dans les grandes démocraties ?

(6) Le Temps, le 30 décembre 2014, Olivier Truc (Le Monde), En Suède, un accord historique contre l’extrême droite

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bcb3ac3a-8f8d-11e4-9ac8-723e124a5af7/En_Su%C3%A8de_un_accord_historique_contre_lextr%C3%AAme_droite

(7) Gatestone Insitute, le 16 janvier 2015, Ingrid Carlqvist et Lars Hedegaard, Sweden : From « Humanitarian Superpower" to Failed State
http://www.gatestoneinstitute.org/5108/sweden-failed-state

(8) Les Echos/AFP, le 29 janvier 2015, Présidentielles 2017 : Marine le Pen donnée en tête au premier tour après près de 30% des voix
http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0204119046765-2017-le-pen-en-tete-avec-pres-de-30-des-voix-selon-un-sondage-1088191.php

(9) Le Temps, le 30 janvier 2015, Ram Etwareera, Les vingt-Huit sont divisés sur la Russie
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e4c2a7f6-a7f9-11e4-9acf-c65b500212f4/Les_Vingt-Huit_sont_divis%C3%A9s_sur_la_Russie

(10) Blog de Yannis Varoufakis, le 29 janvier 2015, A question of respect (or lack thereof)… – the Greek veto over Russia that never was
http://yanisvaroufakis.eu/2015/01/29/a-question-of-respect-or-lack-thereof/

Léosthène, Siret 453 066 961 00013 FRANCE APE 221E ISSN 1768-3289. Directeur de la publication : Yves Houspic (yhouspic@gmail.com) Directrice de la rédaction : Hélène Nouaille (helene.nouaille@free.fr) Copyright©2015. La Lettre de Léosthène. Tous droits réservés

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:53

Lu sur "canempechepasnicolas"

Quand les peuples d'Europe se réveillent...Et en France ?

 MEurope

L’onde de choc grecque frappe l’Irlande,  le bon élève de la « troïka »

LE MONDE | Par 

Lors d'une précédente manifestation à Dublin, en octobre 2014, contre la facturation de  l'eau potable  à usage domestique. Lors d'une précédente manifestation à Dublin, en octobre 2014, contre la facturation de l'eau potable à usage domestique. | 

L’onde de choc provoquée par la victoire de Syriza en Grèce ne s’est pas arrêtée à Madrid, à Berlin ou à Paris. La secousse a atteint Dublin, la « bonne élève » des politiques d’austérité dans la zone euro.  Comment les électeurs irlandais, appelés aux urnes dans un an, jugeraient-ils le gouvernement sortant du premier ministre, Enda Kenny, qui leur a administré une purge budgétaire sévère mais efficace, si les Grecs obtenaient, eux, un rééchelonnement, voir une remise partielle de leur dette ?

« Peu de responsables politiques ont davantage à craindre de l’élection grecque qu’Enda Kenny, répond le chroniqueur politique Thomas Molloy dans l’Irish Independant, journal pourtant favorable à la politique l’austérité. La victoire d’Alexis Tsipras peut faire passer le premier ministre pour le caniche de la troïka à un an des élections. »  A vrai dire, le succès de Syriza a déjà suscité une certaine jubilation au sein des partis irlandais d’opposition, hostiles à l’austérité, qui ne voient pas pourquoi les Irlandais ne bénéficieraient pas des largesses qui pourraient être octroyées aux Grecs.  Le Sinn Fein de Gerry Adams, ancienne aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), a salué l’« éblouissante victoire » de M. Tsipras qui rend possible, selon lui, un « changement de gauche » en Europe. La conférence européenne sur la dette revendiquée par Syriza « serait aussi d’un grand intérêt pour l’Irlande », a déclaré un porte-parole de ce parti, dont le discours antiaustérité attire 21 % des électeurs, selon les derniers sondages.

Alliance antiaustérité

Les manifestations qui sont organisées, samedi 31 janvier, contre la facturation de l’eau potable, sujet d’une intense mobilisation en Irlande depuis plusieurs mois, pourraient d’ailleurs prendre une connotation inédite de solidarité avec les Grecs. « Au lieu de se solidariser avec les autres élèves humiliés de la classe troïka, le gouvernement s’en est moqué », a tancé la députée Ruth Coppinger (Parti socialiste, trotskiste), figure de l’Alliance antiaustérité (AAA).  Gêné par la rhétorique vindicative du nouveau gouvernement grec, Enda Kenny (parti Fine Gael, centre droit) répète que « l’Irlande n’est pas la Grèce ». A Gerry Adams qui, au Parlement, lui demandait s’il soutiendrait la demande d’une conférence sur la dette, il a abruptement répondu par un simple « non ! ». Selon le premier ministre, le seul endroit où des discussions de ce type peuvent se tenir est le Conseil européen à Bruxelles.

Avant même le vote grec, M. Kenny avait publiquement mis en garde contre « une dérive populiste » qui pourrait compromettre la reprise économique irlandaise.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 23:42

ÉLECTIONS EN GRÈCE : Victoire de « SYRIZA »

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« SYRIZA », que certains persistent à nommer « gauche radicale » ou « extrême gauche », vient de remporter les législatives en Grèce. Si le Parti socialiste PASOK s’écoule au point de friser sa disparition du parlement, la droite de « Nouvelle Démocratie » recule légèrement en pourcentage mais se maintient globalement.

Le Parti communiste grec (KKE) très anti Euro et Union Européenne progresse légèrement en pourcentage et en sièges malgré la tentation du « vote utile » à gauche. Cela montre la lucidité de larges couches populaires dans le pays.

Le peuple grec épuisé par le chômage massif, la baisse des salaires et des retraites, le démantèlement des services publics et notamment de santé a crié son rejet de la politique d’austérité.

Aux votes de convictions pour « SYRIZA », en nette progression, se sont ajoutés des votes de citoyens moins engagés politiquement et qui veulent donner sa chance à « un parti qui n’a jamais gouverné ».

Reste à savoir si SYRIZA qui refuse, à ce jour,  d’envisager une sortie de la zone euro et de l’Union Européenne sera en capacité de tenir ses promesses électorales:

Renégociation de la dette grecque

Hausse du salaire minimum

Hausse des retraites

Hausse de l’impôt pour les plus riches

Accès gratuit aux soins

Etc…

L’avenir le dira, mais il est évident que des luttes populaires seront nécessaires et que le peuple devra être vigilant pour empêcher toute capitulation face à la Troïka (UE-BCE-FMI).

On ne peut que souhaiter qu’à l’immense espoir qui monte en Grèce ne succède pas une immense déception qui pourrait, il faut bien le dire, ouvrir la voie aux pires aventures autoritaires.

 

Michel EL DIABLO

Le 25 janvier 2015 -23h20

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 13:14

Lu sur "canempechepasnicolas"

Mais la commission continue les négociations dans le plus grand secret sans tenir compte de l'opposition grandissante au traité ...

Reporterre

 

Libertés

ELISABETH SCHNEITER (REPORTERRE)

vendredi 16 janvier 2015

 

150 000 citoyens se sont exprimés négativement sur le traité TAFTA en négociation entre l’Europe et les Etats-Unis. Reconnaissant cette opposition, la Commission européenne maintient cependant le cap de la négociation.


Le 13 janvier, la Commission européenne a publié les résultats de la consultation publique sur le règlement des différends investisseur-État (RDIE, ou ISDS en anglais) dans le contexte des négociations commerciales UE-États-Unis, TTIP ou TAFTA, alias traité transatlantique de libre échange.

« S’il fallait une nouvelle preuve que la négociation du traité de libre-échange transatlantique se fait sans, et contre les citoyens européens, il n’y a qu’à lire les conclusions de la Commission européenne après la consultation publique sur le mécanisme très contesté de règlement privé des différends états-investisseurs », juge le député européen Yannick Jadot.

L’été dernier, en réaction face à la montée de l’opposition au TAFTA et plus particulièrement à la clause sur l’arbitrage, la commission avait lancé cette consultation. Elle avait prévenu qu’une consultation publique n’est pas un sondage, et encore moins un référendum.

Malgré la langue de bois dans laquelle il était rédigé, environ 150 000 personnes ont répondu à ce questionnaire long, alambiqué et fastidieux. À aucun endroit, celui-ci ne posait clairement la question de savoir si le citoyen était pour ou contre l’inclusion du mécanisme ISDS dans le projet de traité, ce qui était pourtant le sujet. À aucun endroit on ne proposait d’autres solutions, telle que le règlement par les tribunaux des pays européens.

Pourtant, la consultation a recueilli le nombre le plus élevé de réponses jamais reçues lors d’une consultation publique de l’UE. Et il prend encore plus de signification si on le compare au taux de participation très bas aux élections européennes. L’appropriation de cette consultation par les citoyens s’explique probablement par l’absence de mécanisme démocratique permettant de faire valoir leurs inquiétudes et questionnements à l’égard du grand marché transatlantique.

97 % des personnes qui ont répondu à la consultation ont rejeté la perspective d’un mécanisme de règlement des différends dans l’accord transatlantique comme dans ceux déjà conclus, tels que l’accord UE-Canada. « La consultation montre clairement l’existence d’un énorme scepticisme par rapport à l’instrument RDIE »a reconnu la commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmström. L’une des craintes des opposants est qu’un tel mécanisme supranational entraîne une vague de procédures des multinationales américaines contre certaines législations nationales européennes, non conformes à leurs intérêts commerciaux.


Fin juillet, Karel de Gucht avait déclaré aux membres du Parlement européen que les multiples réponses identiques reçues via ces outils seraient considérées comme une réponse unique. Cela est scandaleux, car chaque réponse a bien été entrée dans le système par une personne différente. Cette attitude méprisante avait conduit les associations AITEC et Attac France à adresser une lettre ouverte à la Secrétaire d’État au Commerce extérieur Fleur Pellerin.

En publiant les résultats, la Commission européenne a indiqué que « toutes les réponses seraient également prises en considération » mais, comme M. de Gucht, elle considère que sur 150.000 réponses reçues, 97 % étaient semblables et adressées depuis des plates-formes citoyennes. Elle indique qu’elle continuera ses consultations avec les autres institutions de l’UE et les parties prenantes, dont les citoyens ne font pas partie.

Pour Paul de Clerck, responsable de la campagne sur le commerce aux Amis de la Terre Europe, « La Commission européenne montre son mépris total de ceux qui se sont mobilisés en masse pour exprimer leur opposition à un traitement de faveur pour les investisseurs dans les négociations UE-États-Unis en cours. Cette annonce est une preuve de plus que les négociations duTTIP sont un cheval de Troie dangereux des multinationales, au détriment de la protections essentielle des personnes et de l’environnement. »

Le collectif Stop TAFTA dénonce le mépris de la Commission face à la mobilisation des populations européennes pour refuser les privilèges accordés aux investisseurs dans le projet d’accord UE-États-Unis.

En septembre dernier, la Commission avait déjà refusé d’enregistrer l’ICE, initiative citoyenne européenne, soutenue pourtant par les signatures de plus d’un million de citoyennes et de citoyens européens, demandant que la Commission européenne mette fin aux négociations sur TAFTA, et qu’elle ne conclue pas le CETA.


Source : Elisabeth Schneiter pour Reporterre

Photo : Cecilia Malström le 7 janvier 2015 (Commission européenne).

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 22:29

lundi 19 janvier 2015, par Frédéric Lordon

Ce dimanche 25 janvier ont lieu en Grèce des élections législatives qui pourraient s’avérer historiques : Syriza, la coalition de gauche d’Alexis Tsipras, est en tête des sondages. Mais pour Frédéric Lordon, l’étau allemand et les inconséquences de la formation grecque condamnent celle-ci à des acrobaties douloureuses…

Il y a maintenant longtemps que l’Europe s’est enfermée elle-même dans la nasse constitutionnelle des traités libéraux, d’où elle n’a plus laissé que deux voies de sortie, et deux seulement : 1) l’effondrement financier de la construction sous le poids de ses contradictions internes, ou bien 2) un accident politique qui renverse la table. La première issue ayant été – temporairement – enrayée par l’annonce du programme OMT de la Banque centrale européenne (BCE) [1], il ne reste que la seconde, raison qui conduit le grand parti institutionnel-européiste à regarder la démocratie, non comme un état normal de la vie politique, mais comme une source permanente de menaces, dont l’étouffement justifie tous les moyens.

De ce point de vue, il faut louer la persévérance dans l’être de la Corée du nord qui offre aux Européens l’inaltérable moyen de se rassurer quant à leurs créances démocratiques, et font passer pour telles que le président de la Commission déclare avoir une nette préférence pour « retrouver des visages connus » à l’issue du scrutin législatif grec, et que le commissaire Moscovici se fende d’une visite sur place pour encourager, à défaut du bien-vivre, le bien-voter, toutes ingérences qui disent assez la considération que les institutions européennes portent à la souveraineté des peuples.

Sans questionner davantage la solidité réelle du verrou tiré à la voie 1 (l’OMT), se peut-il que le degré de confiscation des institutions politiques dans à peu près tous les pays laisse la moindre chance à la voie 2 – hors bien sûr d’un soulèvement en bonne et due forme ? L’expérience Syriza, si tant est qu’elle ait lieu, nous donnera rapidement une réponse. On ne peut pas dire que les choses se présentent idéalement pour Tsipras. C’est que l’Allemagne, très consciente du danger, a par anticipation savonné la planche en déclarant que la sortie de la Grèce est une éventualité à laquelle la zone euro pouvait désormais très bien faire face, manière de fixer d’emblée les termes du rapport de force qui ne manquera pas de se former dès qu’un gouvernement Syriza en place fera connaître ses intentions de renégociation.

[...] Lire la suite sur le blog de Frédéric Lordon, "La pompe à phynance" dans "Les Blogs du Diplo" en cliquant sur le titre.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 18:21
Il ne fait aucun doute que SYRIZA et la Nouvelle Démocratie (ND) arriveront en tête des élections législatives de dimanche. Mais une série de partis se battent pour la troisième place, parmi eux, les communistes grecs (KKE)
Législatives/Grèce : To Potami, KKE, Aube Dorée, la bataille pour la troisième place
On reviendra pas sur les scores annoncés pour SYRIZA (de 28,5% à 35,5%) avec 144 à 151 députés, ni ceux de la ND (27% à 30,5%) pour 81 à 85 députés.

Le dernier sondage (18 janvier) est intéressant pour les "petits" partis. On constate que le parti centriste "To potami" (La rivière) et les communistes du KKE parviendraient à réalisé le score de 7% des voix (entre 18 et 19 députés contre 3 pour les centristes et 12 pour les communistes). Les néo-nazis de l'Aube Dorée seraient en embuscade avec 6,5% des voix (17 députés, contre 18 actuellement).

To Potami et KKE comme troisième force ?
Dans ce sondage, la dynamique est clairement en faveur des communistes (KKE) qui progressent de 2 points par rapport au dernier sondage. Résumer le programme du KKE à de l'anti-SYRIZA serait réducteur, même si il s'agit d'un leit-motiv de campagne bien marqué. La ligne électorale du KKE est la suivante :

 

Législatives/Grèce : To Potami, KKE, Aube Dorée, la bataille pour la troisième place
- Quitter l'UE et l'OTAN.
- Lancer la socialisation des grands monopôles, créer les conditions du socialisme et d'un gouvernement populaire.
- Ne pas bercer les grecs dans de grandes illusions d'un changement possible avec SYRIZA. Le KKE entend agir dans et à l'extérieur du Parlement.
- Organiser la lutte, abolir les mémorandum de la troïka (UE/BCE/FMI) et organiser la solidarité dans la population.
- Vaincre l'Aube Dorée et le fascisme en Grèce.
- Pas de soutien à SYRIZA car ce parti refuse de quitter l'UE et ne remet pas en question le système capitaliste.

Lente agonie de la sociale démocratie grecque
Pour les autres partis, on note le déclin continue des sociaux démocrates, le PASOK n'est crédité que de 5% des voix (13 députés contre 28 actuellement) et la scission menée par le père de la politique d'austérité, George Papandréou (To Kinima), ne parviendrait pas à entrer à la Vouli avec 2% des voix (et perdrait donc ses 6 députés).
La Gauche démocratique (DIMAR - scission de droite de SYRIZA) sortirait aussi du parlement (1,5% des voix) et perdrait ses 9 députés.
Les Grecs indépendants (AN.EL.) avec 3% pourraient obtenir des députés. Mais ce score (limite pour obtenir des élus) devrait permettre à l'ANEL de conserver 8 de ses 13 députés.

 

Législatives/Grèce : To Potami, KKE, Aube Dorée, la bataille pour la troisième place
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 17:39

CNR-RUE1

Le samedi 7 février 2015

Bourse du travail de Saint-Denis (9, rue Genin) de 9 h à 17 h 30

Métro Saint-Denis Porte de Paris – ligne 13

Réunion publique

organisée

par le Comité National de Résistance Républicaine à l’Union Européenne 

 

PROGRAMME :


9h00 - 12h30:

 

Animation des débats : Michèle Dessenne et Antoine Manessis

Interventions et débat sur la situation en Europe et en France :

- Pasquale Noizet

- Thierry Delbos

- Jacques Nikonof

- Fadi Kassem

- Jacques Cotta

 

Pause

 

Marie-Christine Burricand

Un représentant du CRE (étudiants Sciences Po)

 

12h30-14h00 :

 

Déjeuner dans le quartier.

 

14h00 – 17h30:

 

Décisions d’actions avec les Comités départementaux (CDRRUE).

 

- Manifestation nationale fin mai pour rappeler la victoire, il y a dix ans, du NON au traité constitutionnel européenne !

 

- Lutter contre le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TAFTA) en exigeant que les gouvernements et parlements de l’Union européenne sortent des négociations.

 

- Agir contre la nouvelle guerre froide que préparent l’Union européenne et l’OTAN, principalement en Ukraine : ne faisons pas de la Russie notre ennemi !

 

 

source : cnr-rue

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 16:26

Déclaration du Conseil national du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 18 janvier 2015.

Le M’PEP a tenu son 2ème congrès ordinaire les 5, 6 et 7 décembre 2014. Il a pris les décisions suivantes :

Le M’PEP se définit désormais comme parti politique au plein sens du terme. Un parti entièrement tourné vers la défense structurelle des intérêts des classes dominées. Un parti en faveur de la démondialisation. Un parti pour rompre avec l’ordre néolibéral mondial et européen dans une perspective internationaliste.

Le M’PEP se propose d’être l’organisation politique des citoyens qui estiment que :

  • la pleine restauration de sa souveraineté nationale est vitale pour la France et son peuple ;
  • la lutte contre l’ordre néolibéral mondial passe nécessairement par la pleine restauration des souverainetés nationales ;
  • le clivage classes dominantes/classes dominées ne passe plus par les courants politiques gauche-droite ;
  • la droite, la gauche et le FN, chacun selon une stratégie différente, sont de fait pour le maintien de la domination des forces néolibérales dans notre pays.

En 2008, le M’PEP considérait qu’il fallait « faire grandir l’idée et construire une nouvelle force politique de gauche » pour établir un rapport de force plus favorable aux classes dominées.

Six ans plus tard, il constate que la gauche entretient plus que jamais l’illusion qu’un changement de politique est possible depuis l’intérieur des institutions néolibérales, dont l’Union européenne.

Ce faisant, la gauche – toute la gauche – ferme la seule voie, la souveraineté nationale, qui permettrait de sortir de l’impasse dans laquelle notre pays se trouve.

Le M’PEP en tire la conclusion que sans plus ménager les acteurs à gauche comme à droite, il doit lever les blocages, dépasser son identification à la gauche et s’engager clairement dans la défense des classes dominées.

Pour le M’PEP, démondialiser implique d’agir au niveau national. C’est-à-dire :

  • sortir de l’Union européenne ainsi que de l’ensemble des structures de l’ordre néolibéral mondial de manière unilatérale (OTAN, FMI, OMC, Banque mondiale...) ;
  • sortir de l’OTAN pour retrouver notre souveraineté militaire et redonner à la République française son indépendance diplomatique ;
  • sortir de la zone euro de manière unilatérale et, pour la France, reprendre sa souveraineté monétaire ;
  • annuler la dette publique contractée auprès des marchés financiers ;
  • démanteler les marchés financiers, et non pas simplement les réguler ;
  • réconcilier la République avec la démocratie, notamment par la démocratisation de l’État ;
  • éradiquer le chômage par le droit opposable à l’emploi et le relèvement général des salaires ;
  • réindustrialiser le pays tout en organisant une mutation écologique du mode de production, notamment par la relocalisation et l’instauration de mesures protectionnistes à caractère internationaliste ;
  • établir entre la France et des pays partageant les mêmes objectifs de développement des relations internationales basées sur les principes actualisés de la Charte de La Havane de 1948 et la déclaration de Cocoyoc.

Pour le M’PEP, démondialiser est le meilleur moyen – bien que non-suffisant - de lutter contre le capitalisme.

Le M’PEP agit dans la perspective d’un socialisme du XXIème siècle.

Le M’PEP est à l’initiative, avec d’autres forces, de la création du Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) qui a lancé l’appel au boycott des élections européennes.

Dans la perspective de la présidentielle, le PS et l’UMP jouent la carte de la diabolisation du FN et du « vote utile » pour tenter d’être présents au deuxième tour de la présidentielle de 2017. Il s’agit d’un chantage.

Pour faire face au tripartisme qui verrouille la vie politique française, la question de la primauté de l’élection présidentielle sur les élections législatives et la valorisation de ces dernières se pose donc.

Le M’PEP, le moment venu, organisera le débat sur cette question.

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