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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:48
Source: RIA NOVOSTI

Source: RIA NOVOSTI

Le 

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, est arrivé aujourd’hui (8 avril) à Moscou. Ce voyage officiel de deux jours n’est pas passé inaperçu dans le contexte tendu que connaît actuellement la Grèce vis-à-vis de ses « partenaires » de l’Union européenne.

Athènes est sous pression financière croissante : le Trésor remboursera le 9 avril près d’un demi-milliard d’euros au FMI, comme l’a confirmé le ministre des Finances lors d’une rencontre a vec la patronne de l’institution, Christine Lagarde. Mais d’autres échéances vis-à-vis des créanciers européens se profilent d’ici la fin avril, puis au-delà. L’hypothèse d’un « défaut partiel » (non remboursement à l’heure dite) alimente toujours la rumeur. Un tel événement serait susceptible de déclencher une réaction en chaîne, voire une sortie « accidentelle » du pays de la zone euro.

Le gouvernement grec, issu des élections du 25 janvier dernier, continue d’afficher sa volonté de rester dans la monnaie unique. Il est confronté aux pressions des dirigeants européens : le 20 février, après un bras de fer entre Bruxelles et Athènes, le « prolongement » jusqu’à juin du plan de renflouement octroyé à la Grèce en 2012 a été accordé, en échange de la promesse d’un plan de réformes sur le principe duquel s’est finalement engagé M. Tsipras. Mais l’eurogroupe (ministres des finances de la zone euro), l’Allemagne en particulier, refuse de débloquer la dernière tranche de prêts – un peu plus de 7 milliards – tant que lesdites réformes ne seront pas précisées et actées. Des discussions techniques sont en cours, la prochaine étape devrait être la réunion formelle de l’eurogroupe prévue le 24 avril.

C’est donc dans ce contexte que le chef du gouvernement rencontre les dirigeants russes. Au menu des discussions figurent le commerce et les investissements, le tourisme (les touristes russes constituent traditionnellement une ressource importante pour Athènes), et plusieurs points sensibles liés aux relations entre Bruxelles et Moscou. M. Tsipras souhaite ainsi que soient ré-autorisées les exportations de produits agricoles grecs, bloquées par l’embargo décrété par Moscou contre les pays de l’UE. Cette mesure avait été la réponse du Kremlin aux sanctions européennes prises contre la Russie.

L’énergie est un point encore plus sensible. M. Tsipras pourrait bien obtenir de ses interlocuteurs une baisse du prix du gaz vendu par le géant public russe Gazprom. Les discussions devraient en outre porter sur les coopérations énergétiques entre les deux pays, en particulier dans le projet de gazoduc « Turkish stream » imaginé par Moscou pour fournir cet hydrocarbure aux Européens via la Turquie et non plus l’Ukraine. Ce projet remplace celui baptisé « South stream », qui devait passer sous la Mer Noire puis par la Bulgarie, et qui fut torpillé par Bruxelles (notamment sous pression américaine).

Pour sa part, le ministre grec des Affaires étrangères se trouve à Budapest pour discuter avec ses homologues hongrois, bulgare, et (hors UE) turc, serbe, et macédonien quant à l’avenir de ce nouveau projet russe. Une perspective qui heurte Bruxelles : d’abord parce qu’elle pourrait contrevenir aux règles de déréglementation énergétique de l’UE, ensuite parce que certains dirigeants européens voient d’un mauvais œil tout rapprochement avec Moscou.

Enfin, ce qui achève de plonger certains dirigeants européens dans l’inquiétude a trait aux offres de crédits que Moscou s’est dit prêt à accorder à une Grèce en mal de trésorerie. De là à conclure que cette dernière pourrait « basculer » vers l’« orbite russe » au détriment de son « ancrage européen », certains dirigeants de la CDU allemande, en particulier, ont vite franchi le pas en alertant sur cette possible « trahison ».

Le ministre grec des Finances, Yannis Varoufakis, a tenté de calmer le jeu. Dans une interview au journal Naftemporiki, il a exclu toute « bascule » vers la Russie (et la Chine, avec qui des discussions en matière d’investissements sont également en cours) : « comme je l’ai souvent répété, la solution à la crise grecque est une question au sein de la famille européenne, et doit être trouvée dans le cadre de l’UE ». Il a précisé : « forger des relations plus étroites avec des pays en dehors de la zone euro et de l’UE, avec la volonté de promouvoir celles-ci sur la base de la coopération et de l’intérêt mutuel, relève d’un autre chapitre ».

Une affirmation qui paraît légitime : le défi posé au pays n’est pas de choisir tel ou tel « camp », mais plutôt de rassembler et de construire les moyens de reconquérir une véritable indépendance – économique, politique… et monétaire.

Cependant, la volonté de demeurer au sein de la zone euro est contradictoire avec cet objectif. Or cela reste pour l’heure la position affichée par le gouvernement grec.

Les contradictions et les enjeux sont tels que le bras de fer pourrait se prolonger quelques semaines, voire quelques mois. Il reste que dans une situation extrêmement tendue, nul ne peut prédire l’issue à coup sûr.

Car le peuple grec lui-même – un peuple très politique – n’a sans doute pas dit son dernier mot.

 

 

TSIPRAS cherche à MOSCOU les moyens de l’indépendance, mais reste fidèle à L'EURO  [RUPTURES]

SOURCE:

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 17:17
Lu sur le blog "L'arène nue"
 
 
 
 
 
 

Frédéric Farah et Thomas Porcher sont économistes. Ils sont auteurs d'un ouvrage intitulé TAFTA : l’accord du plus fort (éd. Max Milo). Ils ont accepté de faire un point, sur L'arène nue, de l'état d'avancée des négociations entre l'Union européenne et les États-Unis sur ce projet de traité, car celles-ci continuent quoiqu'il n'en soit plus guère question dans l'actualité. Ils pointent également les principaux dangers contenus dans ce projet d'accord.
 

***
 
On n'entend plus beaucoup parler du Tafta depuis quelques temps. Pourtant, lorsque les négociations ont été lancées, le calendrier était très ambitieux. Il s'agissait de conclure un accord dès 2015 - c'est à dire cette année. Où en est-on des négociations entre la Commission européenne et les États-Unis ?
 
Frédéric Farah : Les négociations continuent. Un nouveau cycle de négociation est attendu pour le 20 avril à Washington, il fait suite à celui qui s'est tenu à Bruxelles en février. Dans le langage du droit international, il n'y pas encore consolidation des positions, c'est à dire on n'en est pas à la rédaction des articles, ou des dispositifs précis. Il y a eu un temps d'arrêt au milieu de l'année 2014, le temps que la Commission Européenne se renouvelle et que les élections américaines dites des midterms passent. Obama est désormais en cohabitation, mais rien de bien étonnant dans le paysage américain. Le calendrier devrait conduire jusqu'à la fin de 2015 voire début 2016. Mais rien ne dit que le processus ne connaisse une sortie de route. La Commission de Bruxelles a admis le 30 mars que le traité ne sera pas prêt pour 2015.
 
 
Le livre 
Thomas Porcher : Le projet du grand marché transatlantique est en préparation depuis plus de vingt ans, mais il a subi une nette accélération depuis 2009. Cette accélération des négociations s’est faite dans un contexte de bouleversement économique et géopolitique mondial avec la montée en puissance de la Chine et d’autres pays émergents. De manière générale, j’ai l’impression que le rythme des négociations dépend largement du bon vouloir des américains. Lorsqu’ils tentaient de faire un G2 avec la Chine, le projet du marché transatlantique était au point mort.
 

Dans votre livre, vous dénoncez l'opacité des négociations. Pourtant, grâce à l'action de l'Italie pendant qu'elle exerçait la présidence tournante de l'UE, le mandat de négociation de la Commission européenne a été rendu public. N'est-ce pas là un progrès ?
 
FF : Un progrès si l'on veut, le contenu avait déjà fuité. Le document officiel n'a rien apporté qu'on ne sache déjà. L'opacité demeure même si l'Union européenne a décidé de jouer plus franchement cette carte en mettant à disposition des citoyens certains documents. Mais d'autres restent bien opaques. Mais à vrai dire la question n'est que partiellement là. Quand bien même les actes seraient plus transparents, il faut néanmoins être capable de comprendre des mandats, saisir des subtilités juridiques se pénétrer des détails techniques et les comprendre. Il ne sera écrit nul part, une entente avec les multinationales ou écrit noir sur blanc qu'il faille en finir avec le droit du travail. Tout est emballé dans un discours lénifiant censé rassurer les citoyens des bonnes intentions de chacun. Tout comme la déclaration du 20 mars 2015 entre l'ambassadeur américain Froman et Mme Malmstrom sur les services publics et leur maintien dans le traité mais avec des morceaux d’ambiguïté qui valent le détour.
 
TP : Je suis d’accord avec Frédéric, j’ajouterai que depuis le début, la commission a organisé un semblant de transparence notamment en créant un site accessible dans toutes les langues où figurent de nombreux documents sur les positions de Bruxelles et le calendrier des négociations. Mais les informations présentes sur le site restent très vagues. Elles ne sont guère qu’un assemblage de discours et d’affirmations, dépourvu de chiffrage et de réflexions, ayant pour seul but de rassurer le lecteur. Les réponses aux questions ne font qu’aligner une série de banalités, telles que « la croissance économique et la productivité accrue créée par l’accord bénéficieront aux travailleurs de l’Union et des États-Unis ». Même si il y a eu des efforts, les faits confirment un manque de transparence. Concrètement, nous ne savons rien, ou pratiquement rien, sur les négociations.
 
Autre « progrès » (en tout cas, ce fut présenté comme tel), la Commission européenne a lancé une grande consultation relative à la disposition la plus controversée du futur accord, celle relative aux tribunaux d'arbitrage. Près de 150 000 réponses ont été collectées, dont 88 % s'opposent à l'introduction de ces tribunaux. Pourquoi cette disposition suscite-t-elle une telle levée de boucliers ?
 

 

FF : Pour plusieurs raisons. Tout d'abord une levée de boucliers de la part de la société civile comme on dit ou du moins une partie d'elle. La crainte la plus commune est celle inhérente à la crainte d'une justice privée qui s'imposerait et ainsi les multinationales de la sorte pourraient acquérir un pouvoir exorbitant. La multiplication du contentieux depuis 2007 a renforcé la crainte. D'autant que les recours se font sur des domaines sensibles : santé, alimentation, environnement. Les condamnations spectaculaires d’États parce qu'ils avaient engagé des campagnes contre les fabricants de Tabac, ou parce qu'ils étaient revenus sur des permis de forage ont très vite fait de penser que le citoyen verrait un peu plus la grande dépossession s'aggraver. Nous entendons par grande dépossession, le dessaisissement du citoyen de sa capacité à pouvoir orienter le cours des politiques publiques par un vote. Ainsi la politique monétaire européenne est soustraite à nos choix, la politique budgétaire presque tout autant. Désormais notre capacité à légiférer déjà sous la férule bruxelloise, se trouve désormais sous la menace de tribunaux qui au nom de la disposition qui veut que les investisseurs disposent d'un cadre réglementaire stable, nous soyons contraints de ne pas trop étendre nos règlements dans un sens qui pourrait être défavorable aux investisseurs.
 
Et donc... quelles sont les suites données à cette consultation ? Les tribunaux vont-ils être abandonnés ? 

TP : Dans notre livre, alors même que le résultat de la consultation n’était pas connu, nous avions émis des doutes sur la manière dont allait être traitées les réponses des citoyens. Pour nous, la consultation servait uniquement à recueillir des avis pour justifier que le processus était démocratique mais que rien n’allait changer. D’ailleurs, cette consultation n’avait pas pour but de faire disparaître les tribunaux arbitraux mais juste de recueillir des avis. C’est exactement ce qu’a fait la Commission. Alors que de 88 % des 150 000 participants ont exprimé leur hostilité à ce mécanisme, la commission a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un référendum et que par conséquent, elle n’était pas liée par le résultat. Cet argument a été renforcé par la délégitimation de la consultation elle-même par la Commission, qui explique que seulement 3.000 réponses pouvaient être prises en considération, le reste était considéré hors sujet. Au final, les tribunaux resteront, peu importe ce qu’en pensent les citoyens.
 
Dans un entretien publié ici, Jean-Michel Quatrepoint expliquait que les pays européens avaient des intérêts divergents dans l'aventure. Pour lui, la Grande-Bretagne et l'Allemagne avaient de gros avantages à tirer d'un accord de libre-échange avec les États-Unis, cependant que la France aurait beaucoup à y perdre. Partagez-vous cette opinion ?
 
FF : J-M Quatrepoint livre une analyse comme souvent très juste. La France se verrait exposée à une concurrence particulièrement sévère. La position de son commerce extérieure recule depuis 2004, elle n'est plus excédentaire, non pas qu'un néomercantilisme soit souhaitable, mais elle se situe en matière d'export sur de la gamme intermédiaire. Il lui reste quelques secteurs dynamiques mais qui sont fragiles comme l'agroalimentaire par exemple ou encore la pharmacie, le luxe, l'automobile. A l'heure actuelle avec la montée des nouvelles puissances, la part des anciennes puissances recule dans le commerce mondial, mais la question c'est de savoir à quelle vitesse elles reculent. L’Allemagne recule moins vite que la France. Elle a effectué des investissements forts aux États-Unis. Volgswagen au Tennessee comme le souligne Quatrepoint. Ce n'est pas par hasard que l'étude de Jeronim Capaldo de la Tuft university a fait de la France la victime toute désignée de ce traité et en particulier son agriculture.
 
Dans ce cas, les réactions différenciées des opinions publiques sont paradoxales. C'est en Allemagne que les citoyens se mobilisent le plus contre le traité, alors que l'opinion française semble relativement indifférente. Comment l'expliquer ?

 

Frédéric Farah et Thomas Porcher
TP : Il est vrai que le secteur automobile allemand a plus de chances de sortir gagnant des négociations que le secteur automobile français mais je pense que d’autres secteurs en Allemagne risquent d’être négativement impactés notamment dans le secteur des énergies renouvelables. De manière générale, sur plusieurs secteurs clés de l’économie, l’Union européenne a complètement décroché par rapport aux États-Unis. Par exemple, dans le classement des dix meilleures entreprises d’électronique grand public ne figure aucune compagnie européenne contre six américaines. Idem dans l’informatique ou les services financiers, où les trois premières places sont tenues par des entreprises américaines. Enfin, le classement des dix marques les plus puissantes au monde atteste de la domination des États-Unis avec huit entreprises classées alors qu’aucune entreprise européenne n’y figure. Je pense qu’il vaut mieux regarder le problème comme une opposition entre multinationales et citoyens. Par exemple, sur des sujets comme l’interdiction de la fracturation hydraulique en France, l’entreprise française Total a la même position que l’américain Exxon : le changement ou l’abrogation de la loi. Quand il s’agit d’augmenter leur profit en rendant les législations moins contraignantes, les multinationales, qu’elles soient concurrentes, américaines ou européennes, parlent généralement d’une seule voix.
 
Justement, venons-en aux États-Unis. On les accuse d'être à la manœuvre, de tirer toutes les ficelles dans cette aventure. Pourtant, vous expliquez dans votre ouvrage que dans les faits, ils se montrent souvent bien moins libéraux que l'Union européenne. D'ailleurs, lorsqu'Obama a voulu recourir à la procédure accélérée pour négocier le TAFTA, cela lui a été refusé. Et si c'était eux qui, finalement, faisaient capoter les négociations ?
 
FF : Les États-Unis ne sont pas la patrie du libre-échange, ils auront au bout de la négociation s'ils estiment que les gains sont intéressants. Barack Obama fait de la diplomatie commerciale pour ouvrir des marchés pour les entreprises américaines. Mais ne le fera pas à n'importe quel prix, les États-Unis portent un regard plutôt négatif sur le grand frère du TAFTA, c'est à dire l'ALENA. Ils ont perdu des emplois dans cette affaire. Les républicains plutôt en faveur de ce type d'accord freinent car certains de leurs électeurs sont inquiets d'éventuelles délocalisations de firmes en direction des pays d'Europe centrale ou orientale. Sur la question de la réglementation de la finance, les européens souhaitent mettre cette question dans le panier des négociations pour contourner les lois américaines. Voilà un point qui fâche.
 
Et si c'était eux qui, finalement, faisaient capoter les négociations ?
 
TP : Non, je ne pense pas car les États-Unis ont une véritable diplomatie commerciale. Le but est clairement de contenir la montée en puissance de la Chine et de l’Inde en signant deux immenses traités avec les puissances du Pacifique et de l’Europe. Les États-Unis ont choisi de commencer par l’Europe car l’établissement de normes communes entre les États-Unis et l’Europe en feront des normes mondiales, y compris pour le Pacifique, y compris pour la Chine. Le marché transatlantique sera ainsi le producteur de normes mondiales.
 
Où en sont les négociations, justement, avec l'Asie dans le cadre de Traité transpacifique, le TTP ?
 
FF : Elles peinent à avancer de ce côté-là aussi. Il existe des tensions commerciales entre le Japon et les États-Unis. Sans compter que la Chine en novembre 2014 a proposer un contre-traité. Dans l'agenda américain, la priorité est de ce côté-ci. Ils aimeraient déjà régler ce traité mais le succès peine à arriver.
 
TP : Oui, la priorité des États-Unis est clairement le traité transatlantique car les multinationales américaines n’ont pas intérêt à ce que le traité transpacifique soit signé avant. Tout simplement parce que les pays du Pacifique connaissent généralement des normes de production et de consommation moins contraignantes que les normes américaines. Un succès des négociations avec les pays du Pacifique, par l’instauration de normes moins contraignantes, aurait amené les grandes entreprises américaines à s’ajuster sur les normes des pays du Pacifique et à en subir les coûts d’ajustement. Il faut donc commencer par l’Europe pour ensuite imposer les normes aux pays du Pacifique.
 

Venons-en à la question qui fâche : celle de l'euro. Au bout du compte, le pire qui puisse se produire n'est-il pas de signer un accord de libre-échange avec un pays qui dispose de sa pleine souveraineté monétaire cependant que nous avons perdu la nôtre ?

FF : Oui c'est la question qui fâche ! L'absence de souveraineté monétaire est déjà le premier problème. Mais il en est un second qui est inhérent au premier : les États-Unis utilisent leur dollar pour faire du protectionnisme furtif. En manipulant le dollar, ils réalisent des subventions à leurs exportations de manière déguisée. Ils ont bien compris que dans l'économie actuelle, une certaine flexibilité de la monnaie s'impose. Alors le taux de change devient une arme au service de la croissance. Peu importe si le dollar devient un problème pour ses voisins. Les Européens ayant tant sacrifié sur l'autel monétaire vont de ce fait aller chercher la flexibilité perdue sur le marché des changes sur celui du travail, dont il s'agira d’accroître la flexibilité alors qu'elle est déjà, dans certains pays, au maximum de ce qu'elle peut être. Regardez le Job act italien, la loi Macron en France et, avant cela, les lois Hartz allemandes. Et la liste pourrait être longue ! Les Européens ont choisi la voie de la dévaluation interne, doux euphémisme pour désigner la plus vaste casse de droits sociaux depuis la seconde guerre mondiale en Europe.
 

TP : D’autant plus que dans le cadre du marché transatlantique, la manipulation du dollar accompagnée d’une uniformisation des normes donnera un avantage énorme aux multinationales américaines car, comme le commerce États-Unis-Europe est un commerce intrabranches, la baisse du dollar rendra les biens américains moins chers que ceux des européens. Et comme la majorité des échanges sont intraeuropéens, les exportations américaines, désormais possibles par l’uniformisation des normes américaines et européennes, pourront se substituer à celles de certains pays européens provoquant une perte de débouchés pour les entreprises de ces pays.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 11:49

 

Publié le 6 avril 2015 par Collectif communiste polex

Il y a 10 ans, la majorité des électeurs français disaient NON par Référendum au Traité Constitutionnel, destiné à étrangler un peu plus notre Nation, ficelée par l' Union Européenne et l' euro dans un dispositif d' austérité, et de destruction des conquêtes sociales, au profit du Capitalisme mondialisé. Ce NON de 2005 était un des premiers succès en Europe contre une UE intrinsèquement néfaste: il préfigurait les mouvements populaires actuels, par les urnes ou dans la rue, en Grèce, Espagne, et ailleurs. Ce vote NON était déjà une victoire, même s' il fallait se garder d' illusions euphoriques, car il était l' addition de volontés contradictoires, mêlant dans les urnes les Patriotes français opposés au carcan supranational, pour défendre les acquis populaires nés des luttes sociales, et des nationalistes, désireux d' exprimer ainsi leur xénophobie et leur racisme, et de faire des immigrés les boucs émissaires du chômage et de la délinquance. Il s' y ajoutait même quelques politiciens démagogues a la Fabius, en quête de popularité perdue, redevenu 10 ans plus tard fer de lance socialiste de l'UE et de l' OTAN. Cela donnait une évidente fragilité à cette victoire du NON, et laissa toute facilité a nos politiciens, socialistes et droites réunies, de l' effacer quelques jours plus tard par un vote parlementaire.

Les mêmes contradictions provoquent les mêmes faiblesses dans les mouvements populaires actuels : la victoire électorale de Siryza à Athènes exprime indéniablement la volonté d' une majorité du Peuple grec de refuser les diktats de l'UE et des financiers d' Allemagne et d' ailleurs. Mais cette aspiration n' est pas partagée par certains des Ministres du nouveau Gouvernement grec, les uns nationalistes, conservateurs et xénophobes, les autres socio-liberaux fidèles partisans de " la loi du marché " capitaliste, prêts à toutes les concessions pour ne pas rompre avec l'UE et l' euro On peut relever les mêmes contradictions et faiblesses dans le mouvement Podemos en Espagne: il surfe sur la volonté de millions d' électeurs potentiels d' une rupture avec l' asservissement supranational au Capitalisme par le biais de l'UE, mais certains de ses leaders expliquent déjà qu' il est hors de question d' aller au delà de quelques réformettes, et qu' il ne faut surtout pas s' inspirer du Venezuela, coupable de socialisme anti- Etatsunien. Nous retrouvons à Paris les mêmes clivages, entre volonté de rupture nécessaire avec les " Traités européens" de soumission, et désir conciliant qui vise simplement a dévier les aspirations patriotiques anticapitalistes vers un discours " d' alternative politique de Gauche à la crise "( l'unanimité, 12/3/2015 ).C' est l' objectif que se fixe le Parti de la Gauche Européenne, en convoquant à Paris le 30 mai 2015 un " Forum Européen des Alternatives "..."ouvert à toutes les forces politiques qui refusent l' austérité",..."en vue d' une refondation européenne." Autrement dit, un rassemblement fourre-tout de tous les courants qui, tenant à leurs électeurs, se disent opposés à l' austérité: .C' est le cas d' a peu près tous les partis socialistes et de droite en Europe, ce qui ne les empêche pas de soutenir les diktats de l'UE !

L' objectif fixé par le PGE a ce " Forum "est encore une fois " une autre Union Européenne ", sociale et de Gauche cette fois ci : vieille billevesée, puisque les Traités qui la rendent si néfaste ont justement été mis en place avec et par les Socialistes des divers pays d' Europe ( il suffit de lire à ce sujet les Mémoires de Roland Dumas, ministre de Mitterand, qui se vante de l' avoir fait! ). Ce Forum prévu le 30 mai doit rassembler à Paris " 500 Européens et 1500 Français ". Nous n' y serons guère invités, mais qu' on compte sur nous pour exprimer ce jour là la volonté censurée des Communistes fidèles à leur idéal de progrès social et d' indépendance nationale, " patriotes " au sens de 1789: Ils savent nécessaire la rupture avec l' Union européenne et son lacis de Traités de sujétion supranationale, avec l' euro qui interdit l' indépendanceéconomique et sociale, avec l' OTAN., cette entreprise guerrière, avec la logique du Capitalisme enfin, dirigée contre ceux qui vivent de leur travail, ou qui voudraient en avoir un.

Il faut enfin cesser de laisser les nationalistes français, notamment le Front National, se prétendre mensongèrement les opposants au Capitalisme incarné aujourd'hui par l' Union Européenne.

Francis Arzalier

 

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 17:01

 

Publié par Michel El Diablo

À propos de L'EUROPE SOCIALE... [Collectif communiste Polex]

Cet article a été publié en juillet 2013 dans notre numéro 105 de PARLONS CLAIR en réponse à la tribune de Paul Boccara et consorts publié dans l'Humanité. Sa lecture montre qu'il n'a pas pris une ride du fait que le texte de Boccara et consorts sert encore aujourd'hui de bible à la direction du PCF.
 

Republié en avril 2015

Lorsque qu'on a affaire à un texte de ce type, à mon avis , la première question a se poser c'est de savoir quelle conception de la crise est sous jacente.

première remarque d'après nos auteurs la crise serait celle de l'euro qui ne serait pas terminé loin s'en faut et le responsable serait la spéculation effrèné.

deuxième remarque le capitalisme mode de production dominant en europe et dans le monde est remarquablement absent ainsi que, c'est son corollaire, l'exploitation capitaliste ! Et je n'évoque même pas la luttes des classes qui comme chacun le sait n'a rien a faire dans cette histoire.

troisième remarque Hollande s'est renié qui avait promis de renégocier le traité Merkozy, de réorienter la BCE de s'attaquer à la finance et de défendre la croissance. On en conclut que ,toujours du point de vue de nos auteurs, il s'agit là de trois points décisifs; auxquels il faut ajouter la lutte pour une autre utilisation de l'euro, qui pourrait contribuer parait il, de façon décisive, non seulement à une autre croissance de progrès social dans l' Union européenne, mais à un changement fondamental sur le plan monétaire, économique et social dans le monde et qui permettrait de combattre le dominateur commun américain.

Une paille nous voici avec la révolution par l'euro! Voilà qui rapelle furieusement la recette miracle du professeur tournesol !

Il faudrait s'appuyer "sur l' échec de la construction actuelle de l' euro non pour régresser par rapport aux besoins de changements et de solidarité entre Européens, mais pour un nouveau type de croissance et de développement". Autrement dit il suffirait d'une autre politique monétaire pour développer un nouveau type de croissance et de développement sur lequel nos auteurs restent étrangement discret en se limitant à de grande généralités!

Cerise sur le gateau les négociations qui viennent de s'ouvrir entre l'union européenne et les USA pour un marché commun transatlantique sont remarquablement absente du propos de nos auteurs ainsi que leurs implications culturelles politiques et juridiques soigneusement laisser de coté par les tenants de la pensée unique. (voir analyse de Jacques Nikonoff )

Par ailleurs il faut bien noter que leur propos déforme sciemment celui de ceux qui veulent sortir de l'euro en oubliant qu' ils veulent non seulement en finir avec l'Union Européenne mais aussi se donner les moyens de sortir de la crise. Ce qui suppose d'enclencher un processus révolutionnaire ce qui ne viendrait pas à l'esprit de nos économistes distingués.

Enfin dernier absent le rapport de force actuel en europe. 
En effet ne serait ce que pour modifier les objectifs et le fonctionnement de la BCE il faudrait l'accord et la coopération active de la grande majorité des pays de l'union européenne ce qui implique un changement radical dans tous les domaines politique économique et social dans l'union européenne. En limitant le champ des luttes a la seule lutte contre l'austérité en europe, en ignorant le problème de la réindustrialisation et de la dette (il n'est pas question pour eux de l'annuler) sans ouvrir de perspectives au plan national c'est condamner ces luttes à l'échec. EN bref la thèse sous jacente c'est que le changement sera européen ou ne sera pas. C'est laisser la place aux nationalismes bornés.

On peut être surpris de voir Paul Boccara, qui a contribué - il y a une quarantaine d'année - a ce que nombre de communistes, dont je suis, comprennent que la loi de la baisse tendancielle du taux de profit et le mécanisme de la surracumulation-dévalorisatoin du capital sont au coeur des crises du capitalisme, faire aujourd'hui complètement abstraction de cette réalité en lui substituant le concept de financiarisation et en privilégiant la spéculation comme facteur essentiel de la crise. C'est hélas un fait!

Je vous invite a lire la réponse de Jean-Claude Danglot et Jacques Nikonoff ici ainsi que l'article de Robert Malclès. Pour lire la tribune de Paul Boccara et Consorts. Voir aussi ÉTUDE SUR LE PARTENARIAT TRANSATLANTIQUE de Jacques Nikonoff.

 

Jean-Louis BERTRAND

 

 

Source :

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 22:19
Tsipras, acteur du grand basculement?
le 6 avril 2015 par

A - TsyprasAlexis Tsipras, le nouveau Premier Ministre de la Grèce sera le 8 avril à Moscou. Or, le 9 avril, la Grèce doit effectuer un payement au Fond Monétaire International. Les déclarations sur ce point du Ministre des finances de la Grèce ne laissent planer aucune ambiguïté : la Grèce honorera sa créance[1]. Mais, le 14 avril, la Grèce doit simultanément émettre pour 1,4 milliards d’Euros de bons du Trésor, renouvelant la dette à court terme (ce que l’on appelle faire « rouler » la dette) et le gouvernement doit payer 1,7 milliards en pensions et salaires. Or, la Banque Centrale Européenne a « déconseillé » aux banques privées grecques d’accepter de nouveaux bons à court terme émis par l’Etat grec[2]. On voit que cette visite d’Alexis Tsipras à Moscou va donc bien au-delà de la traditionnelle amitié entre la Grèce et la Russie. Elle pourrait signifier, à relativement court terme, l’amorce d’une bascule à l’échelle de l’Europe.

I. La situation de la Grèce

On sait que la Grèce a conclu un accord de nature provisoire avec ses créanciers (l’Eurogroupe mais aussi le FMI). Aujourd’hui le pays fait donc face à des difficultés importantes de court terme comme la fuite des capitaux hors du système bancaire (12 milliards d’Euros pour le mois de février) ainsi que l’incertitude financière sur sa capacité à effectuer les remboursements de sa dette. Cette incertitude financière est une arme à la fois politique et économique sur le nouveau gouvernement. Les investissements sont aujourd’hui fortement ralentis en Grèce, et les Investissements Directs Etrangers (IDE) sont au point mort. Dans ces conditions, l’Eurogroupe (i.e. la réunion des Ministres des finances de la Zone Euro) a pris la responsabilité d’exercer des pressions politiques et économiques de plus en plus fortes sur le gouvernement grec.

[...]

Lire la suite ici

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 12:59
Le parlement met en place un comité d'enquête sur le "plan de sauvetage" de 240 milliards d'euros

Okeanos

Les députés grecs ont voté mardi en faveur de la création d’un comité chargé d’examiner les circonstances dans lesquelles la Grèce a accepté les « plans de sauvetage » d’un montant total de 240 milliards d’euros.


7 avril 2015

 


Parlement

La proposition a été approuvée avec 156 des 250 députés (sur 300) présents votant en faveur, 72 contre et 22 abstentions.

"Après cinq ans de silence parlementaire sur les principaux problèmes qui ont causé la catastrophe du sauvetage, aujourd'hui, nous commençons une procédure qui va donner des réponses aux questions qui concernent le peuple grec" a déclaré le Premier Ministre Alexis Tsipras aux parlementaires avant le vote qui s'est déroulé dans les premières heures de mardi.

Le comité, proposé par le parti de Tsipras, Syriza, et par son partenaire de coalition, les Grecs indépendants (ANEL), se penchera sur la façon dont la Grèce a négocié les accords et sur toutes les autres questions concernant les plans de sauvetage et leur mise en œuvre.

Les actions du comité comprennent également la révision du déficit budgétaire de 2009, dont les chiffres à géométrie variable avaient été l'un des déclencheurs de la crise budgétaire du pays, l'analyse de la restructuration de la dette en 2012 et de la recapitalisation des banques du pays.

L'ancien Premier ministre Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie) avait déposé une proposition visant à étendre cette enquête depuis 1981. Cette question sera discutée au Parlement dans une session ultérieure.

Cependant Nouvelle Démocratie a voté contre la création du comité, ainsi que le PASOK. To Potami et KKE ont voté "présent" (sans avis). Les députés de l'Aube Dorée étaient absents.

Le comité sera composé de 17 membres en proportion des partis présents au parlement et devrait terminer ses travaux dans les six mois.

Un autre comité parlementaire a également été mis en place pour auditer les raisons qui ont causé le gonflement de la dette.

Source : keeptalkinggreece.com

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 21:53

Un peuple a-t-il encore le droit de choisir sa politique souverainement en Europe?

 

Dans L'HUMANITÉ  du mercredi 4 mars, dans une série de trois tribunes répondant chacune à la question ci-dessus : Cédric Durand, économiste 
à l’université Paris-XIII (*), Sylvie Goulard, députée européenne, Alliance des démocrates 
et des libéraux pour l’Europe et Gilles Garnier, conseiller général de Seine-Saint-Denis, chargé des questions européennes au PCF.).  La libérale a répondu qu'il fallait plus d'Europe.  Le responsable communiste a brandi la menace de "la désagrégation par les eurosceptiques nationaux-populistes (?) soit, ce qu’il faut espérer, l’émergence d’une Europe solidaire et pacifiste dont Syriza nous montre le chemin". 
Un seul a répondu clairement à la question.  Nous reproduisons son article.

 

Photo : DR

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La gauche conquérante doit affronter l’Union européenne

par Cédric Durand économiste 
à l’université Paris-XIII (*) 

 

296550 Image 0Longtemps, la gauche considéra l’Europe comme un élargissement de l’espace. Notre maison commune, plus vaste et plus ouverte. Bien sûr, le raidissement néolibéral impulsé de Bruxelles était combattu. Nous luttions pied à pied contre les traités sanctifiant la concurrence et les libertés du capital. L’Union européenne (UE) n’en incarnait pas moins notre destinée politique. Il fallait changer l’Europe.

 

Les réponses à la crise coordonnées depuis Bruxelles imposent une sérieuse révision de doctrine. Les pouvoirs des institutions démocratiquement déficientes de l’UE, et en particulier ceux de la BCE, se sont considérablement renforcés. L’agenda de la stabilité financière a ouvert grand les vannes des financements publics aux banques et aux investisseurs. Avec l’affirmation du césarisme bureaucratique européen, la souveraineté des marchés prend le pas sur celle des peuples. On réserve à ceux-ci l’austérité à perpétuité et une charge sabre au clair contre les droits sociaux.

 

Violemment antipopulaire, l’Union européenne est un dispositif de domination qui détruit l’idée même d’Europe. Loin de rapprocher les populations du continent, elle les dresse les unes contre les autres dans d’absurdes comptes d’apothicaire. Que des hommes politiques et des commentateurs en viennent à agiter le chiffre de 750 euros que les Hellènes doivent prétendument à chaque Français est tristement révélateur… Flatter les égoïsmes nationaux n’a rien de glorieux. Mais pour sauver l’Europe de la finance et des multinationales, il est impératif de marginaliser la première rupture avec le néolibéralisme apparue sur le Vieux Continent.

 

La victoire électorale de Syriza est l’occasion d’une clarification essentielle. Est-il possible pour des forces de gauche de mettre en œuvre le mandat démocratique qui les a portées au pouvoir tout en restant dans l’euro ? La réponse est non, sans ambiguïté. Le panache et la détermination de la nouvelle équipe dirigeante grecque se sont heurtés à un mur du refus. Sous la menace d’un étranglement financier immédiat, le gouvernement a été acculé le 23 février à un accord intérimaire qui tourne le dos au programme qui a fait le succès de la coalition de la gauche radicale : non à la restructuration de la dette, retour de la troïka, réponse à l’urgence humanitaire à coût budgétaire nul, report des augmentations salariales sine die, poursuite des privatisations...

 

Ceux qui espéraient faire bouger les lignes de la gouvernance européenne en sont pour leurs frais. Pour Syriza, la leçon est rude. Au bout de la confrontation engagée, il n’y a que deux options : soit la déroute politique, soit la sortie de l’euro. Un plan B préparé de longue date par une partie de la gauche grecque et qui a désormais toutes les chances de se réaliser à brève échéance.

 

Cette séquence est riche d’enseignement pour la gauche européenne dans son ensemble. L’UE est le fruit d’un internationalisme du capital. La montée en puissance d’institutions supranationales a permis de contourner les acquis des luttes ouvrières du passé sédimentés dans les vieilles structures étatiques. L’ordre juridique européen cristallise et nourrit la dégradation des rapports de force qui s’est produite depuis les années 1980. En mettant à son sommet le principe de concurrence et la stabilité financière, l’UE cantonne les droits sociaux et les services publics au rang de variables d’ajustement. Si la gauche relève la tête dans tel ou tel pays, renverser la hiérarchie des priorités n’est malheureusement pas possible au niveau européen. La désynchronisation des rythmes politiques et sociaux et la fragmentation des arènes politiques nationales interdisent d’envisager à court terme une confrontation politique d’ampleur directement européenne. Pour le camp de l’émancipation, retrouver le chemin des victoires et des conquêtes signifie ainsi affronter l’UE. C’est en soutenant les peuples les plus avancés dans ce combat que se construit l’internationalisme du XXIe siècle sur notre continent.

 

(*) auteur du Capital fictif. Comme la finance s’approprie notre avenir. Les Prairies ordinaires, 2014.

 
 
 
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 16:00

Commentaires : Quelque 17.000 personnes ont participé dimanche après-midi ( le 29 mars ), sous une pluie battante et quelques bourrasques, à la Grande Parade dans le centre de Bruxelles, selon le premier comptage de la police de Bruxelles.( 20 000 selon les organisateurs ) "Tout autre chose", c'est le nom qu'ont donné les organisateurs à leur mouvement, clairement anti-libéral.  Ce sont des militants souvent actifs  dans les syndicats, les partis mais aussi les associations.  On rencontre également  des citoyens non engagés qui comprennent qu'il se passe quelque chose de grave et qui se décident à bouger. Peut-être aussi des syndicalistes qui n'acceptent guère que les directions syndicales aient stoppé les mouvements de l'automne.

Les organisations syndicales et politiques avaient été acceptées mais en fin de cortège.

La surprise fut grande pour les participants de voir défiler des représentants du Parti socialiste belge. Encore au pouvoir il y a un peu plus d'un an il mettait en oeuvre une politique d'austérité très semblable à celles de ses successeurs de la droite extrême flamande.

Cependant on n'a pas entendu beaucoup de dénonciations du capitalisme et de la politique européenne, mais ce sont bien les effets et la logique de ceux-ci que les manifestants accusaient en réclamant plus de justice fiscale, un travail digne, une place pour tous ...

 

17.000 participants à la parade de Tout Autre Chose

29/03/15 - 15h40  Source: Belga © belga.

Bruxelles Le coup d'envoi de la parade des mouvements citoyens Tout Autre Chose et Hart boven Hard a été lancé vers 14 heures au boulevard Albert II à Bruxelles. Malgré la météo venteuse et plus qu'humide, des milliers de personnes de tous âges se sont rassemblées pour cette manifestation qui veut proposer une alternative aux politiques d'austérité des gouvernements actuels.

© belga.

© belga.

La parade est constituée de dix blocs, qui représentent chacun un "Tout autre horizon" porté par le mouvement. Ces dix thèmes sont "biens communs par et pour tous", "justice fiscale", une place pour chaque génération", "solidarité contre la pauvreté", "un travail digne", "un cadre de vie épanouissant", "valorisons notre diversité", "éco c'est logique", "citoyens sans frontières" et "osons la démocratie!".

Défis
"Notre société est confrontée à de nombreux défis, sur le plan de l'économie, de l'écologie, de la pauvreté, des inégalités, de la diversité et du développement urbain", explique Wouter Hillaert, de Hart boven Hard. "Si nous voulons y trouver des réponses, nous devons adopter un autre point de vue que les politiques actuelles. Des impôts justes, des chances égales pour tous, des investissements dans des droits fondamentaux comme l'enseignement, la culture et l'écologie."

La Grande Parade relie la Gare du Nord à la place de l'Albertine, près de la Gare Centrale. La manifestation devrait y arriver vers 16 heures. Les organisateurs espèrent 20.000 participants.

 

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 14:08

Publié par Michel El Diablo

La GRÈCE prépare un plan de retour à la DRACHME, se prépare à manquer un remboursement au FMI [The Telegraph]

« Nous sommes un gouvernement de gauche. Si nous avons à choisir entre faire défaut au FMI ou faire défaut à notre propre peuple, notre choix est évident », explique un haut-fonctionnaire grec.

La Grèce est en train d'élaborer des plans drastiques pour nationaliser le système bancaire du pays et pour introduire une monnaie parallèle destinée à payer les factures, à moins que la zone euro prenne des mesures pour désamorcer la crise et adoucir ses exigences.

Des sources proches du parti Syriza ont déclaré que le gouvernement est déterminé à maintenir les services publics et à payer les pensions alors que les fonds disponibles sont dans une situation critique. Le gouvernement peut être contraint de prendre la décision sans précédent de manquer un versement au Fonds Monétaire International la semaine prochaine.

La Grèce n'aura plus assez d'argent pour payer 458 millions d'euros au FMI le 9 avril, ni pour couvrir les paiements des salaires de ses fonctionnaires et pour la sécurité sociale le 14 avril, à moins que la zone euro s'engage à verser la prochaine tranche de son renflouement à temps.

« Nous sommes un gouvernement de gauche. Si nous avons à choisir entre faire défaut au FMI ou faire défaut à notre propre peuple, notre choix est évident », a déclaré un haut-fonctionnaire.

« Nous pourrions être amenés à ne pas rembourser le FMI. Cela provoquerait un tollé sur les marchés et cela accélèrerait le cours des évènements », a dit cette source au journal The Telegraph.

Le gouvernement de la gauche radicale Syriza préférerait limiter son litige à ses créanciers de l'Union Européenne, mais les premiers paiements à venir sont dûs au FMI. Alors que le parti Syriza ne souhaite pas déclencher un défaut de paiement vis-à-vis du FMI, il considère de plus en plus un glissement avant défaillance comme une escalade nécessaire dans son bras de fer avec Bruxelles et Francfort.

Vu d'Athènes, les créanciers de l'UE n'ont pas encore compris que le paysage politique a radicalement changé depuis l'élection de Syriza en janvier, et ils devront faire de réelles concessions si ils veulent éviter une rupture désastreuse de l'union monétaire, un résultat que les créanciers ont écarté à plusieurs reprises comme impensable.

« Ils veulent nous humilier et nous forcer à la capitulation. Ils essaient de nous mettre dans une position où soit nous faisons défaut à notre propre peuple, soit nous signons un accord qui est politiquement toxique pour nous. Si c'est leur objectif, ils devront le faire sans nous », a dit la source.

Faire défaut vis-à-vis du FMI - même pour quelques jours - est une stratégie extrêmement risquée. Aucun pays développé n'a jamais fait défaut aux institutions de Bretton Woods. Bien qu'il y aurait une période de grâce de six semaines avant la décision du FMI de déclarer la Grèce en défaut technique, le processus pourrait devenir hors de contrôle.

Les sources proches de Syriza disent qu'ils sont pleinement conscients que la ligne dure avec les créanciers risque de déclencher une réaction en chaîne inévitable. Ils insistent sur le fait qu'ils sont prêts à envisager le pire plutôt que d'abandonner leurs promesses électorales faites au peuple grec. Un plan de repli d'urgence est déjà en œuvre.

« Nous allons fermer les banques et les nationaliser, puis nous allons émettre des reconnaissances de dette si nous y sommes obligés, et nous savons tous ce que cela signifie. Ce que nous ne ferons pas, c'est devenir un protectorat de l'UE », a déclaré cette source. Il est bien entendu à Athènes qu'une telle action équivaudrait à un retour à la drachme, même si Syriza préfèrerait plutôt parvenir à un accord amiable et rester dans l'union économique et monétaire. 

 

 
SOURCE:

 

Greece draws up drachma plans, prepares to miss IMF payment

http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11513341/Gree

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 13:43
La catastrophe du TTIP?

On sait que l’Union Européenne et les États-Unis ont engagé depuis maintenant plusieurs années, des négociations pour le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) appelé aussi TAFTA. Cet accord, qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité de violentes polémiques, est supposé être un accord commercial majeur qui devrait à intégrer de manière profonde leurs économies et créer une « zone » économique et commerciale importante. Cet accord, il convient de le souligner, est négocié dans une absence totale de transparence, qu’il s’agisse du mandat réel de négociation ou des négociations elles-mêmes.

Les défenseurs du TTIP soutiennent l’idée que ce traité stimulera la croissance en Europe et aux États-Unis. De fait, les prévisions qui sont avancées par la Commission Européenne, mais aussi par des bureaux d’études (comme le CEPII[1]) annoncent des gains qui sont considérés comme politiquement significatif. En fait, ces gains apparaissent comme négligeables, en termes de PIB et de revenus des particuliers dès que l’on cherche à les estimer avec des instruments fondés sur des méthodologies réalistes. De plus, on peut paradoxalement constater que ces prévisions montrent aussi que tout le bénéfice lié au traité se ferait aux dépens des échanges intra-européens et va entrainer une forte hausse du chômage dans l’Union Européenne. Le traité remettrait donc en question le processus d’intégration économique européenne. Le soutien dont il est l’objet par la Commission européenne n’en apparaît que plus étrange alors.

On doit cependant être critique quant aux prévisions avancées par l’Union européenne. Les exemples lors des négociations de l’OMC ont montré que les modèles utilisés par les institutions internationales, ou par les bureaux d’études qui leurs sont liés, tendant à surestimer dans des proportions importantes les effets « positifs » de ces accords.

[...]

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