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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 14:41

Publié par Jean Lévy

Faites connaissance avec Ruptures...Rendez-vous le 9 avril !

Rejoignez-nous à la manif' du 9 avril...

 

Une journée de grève et de mobilisation contre l'austérité est organisée le jeudi 9 avril.

Quelques membres parisiens de notre équipe vont se joindre à la manifestation nationale (Paris, Place d'Italie → Esplanade des Invalides) pour diffuser un tract annonçant le lancement de Ruptures. C'est en effet une très bonne occasion de faire connaître notre projet de journal auprès des syndicalistes, qui devraient y être particulièrement sensibles.

Nous avons besoin de bras supplémentaires pour diffuser le tract, c'est pourquoi nous vous sollicitons. Si vous souhaitez nous rejoindre et par la même occasion nous rencontrer, veuillez envoyer un courriel à l'adresse suivante : contact@ruptures-presse.fr.

Nous vous proposerons en retour un lieu et une heure de rendez-vous.

Les informations utiles concernant la manifestation parisienne : 

http://paris.demosphere.eu/rv/38030

En espérant vous voir jeudi prochain !...

 

L'Équipe de Ruptures-BRN

 

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 14:57
La campagne ANTI-SYRIZA de la presse française [Marianne.net]

"Finis les enfantillages ! Rangez vos jouets, vous vous êtes bien amusés, mais maintenant il s'agit de rentrer dans le rang ! De toute façon, ça ne marche pas et ça ne marchera jamais !" Ils sont comme ça nos éditorialistes. Avec les Tsipras et les Varoufakis, ils aiment jouer les pères Fouettard. Ou plutôt les mères Merkel...

 

Il faudrait écrire la folle histoire de la cabale anti Syriza menée par la presse française. On y retrouverait la morgue et la suffisance de ceux qui ont mené (et perdu) le combat pour le « oui » au Traité constitutionnel européen, en 2005. Ces grands esprits traitent les nouveaux dirigeants grecs avec la même délicatesse que les partisans du « non » voués au démon de l’inquisition idéologique. A les lire, rien n’est possible hors des traités coulés dans le marbre pour l’éternité. Quiconque en dévie mérite les feux de l’enfer.

Tel est l’antienne de Jean Quatremer, de Libération, de Dominique Seux, du journal Les Echos (et de France inter quand il n’y a pas de grève), et de Nicolas Barré, qui lui officie aussi aux Echos tout en portant la bonne parole à Europe 1, au nom du pluralisme à une voix. C’est également l’avis d’Axel de Tarlé, autre chroniqueur d’Europe 1, et qui agrémente Le Journal du dimanche de sa forte pensée.

Dans l’une de ses dernières chroniques, Axel de Tarlé décrivait un Alexis Tsipras « reparti piteusement de Bruxelles », tancé par un François Hollande lui disant en substance : « Allez ouste ! Fini de rire, au travail ! » Et Axel de Tarlé d’ajouter : « C’est la fin de l’illusion Syriza », dont le programme relevait « du coup de baguette magique ».

Bien informé, le chroniqueur sachant chroniquer notait : « D’ailleurs, les Grecs eux-mêmes ne semblaient pas y croire ». S’ils ont voté Syriza, en somme, c’est parce qu’ils sont masos. Axel de Tarlé pousse alors le cri de victoire qui rallie tous les orthodoxes : « Une fois de plus, on le voit, le plan B n’existe pas. C’est la victoire du “TINA” de Margaret Thatcher, there is no alternative (« Il n’y a pas d’alternative ») incarné aujourd’hui par Angela Merkel ». Merci pour ce moment de liesse générale.          

Le Monde, qui mène l’offensive anti Syriza depuis le début (n’est-ce pas Arnaud Parmentier ?) n’a pas voulu perdre la main. Le journal du soir a donc publié une double page dont le titre est tout un symbole :« Le rude apprentissage européen de la Grèce ».

A ce simple énoncé, on devine qu’on va découvrir comment un pays membre de l’UE depuis 1981 peut se voir administrer une leçon de rattrapage sur les us et coutumes et vigueur à Bruxelles. C’est normal vu que Le Monde répète par trois fois qu’Alexis Tsipras est un « jeune » Premier ministre, autrement dit un nouveau venu qu’il est important de bizuter. C’est pourquoi ce dernier « a pris des cours accélérés d’Europe », afin de « respecter les règles ». Comme le dit un ministre : « On te comprend, tu dois comprendre comment l’Europe marche ». Traduit en bon français, cela signifie : « On te laisse parler, mais tu dois nous laisser agir ».

Tsipras entend-il mettre un terme à la folie des privatisations en laissant 51% du capital sous contrôle public?  Réponse d’Angela Merkel : « Ça n’intéresse personne ». Ah bon. Yanis Varoufakis, ministre des Finances, veut-il détailler les dégâts de l’austérité ? Michel Sapin tranche : « Ce n’est pas comme ça que l’Europe fonctionne ». Bien, Michel. A tes ordres, Michel.

A-t-on au moins le droit de penser autrement qu’un eurocrate pur et dur et de le dire à haute voix ? Pas vraiment, si l’on en croit ce commentaire de Michel Sapin à propos d’Alexis Tsipras : « Il faut qu’il fasse atterrir ses troupes et que Syriza s’adapte et resdescende sur terre ». Autrement dit, il faut que Tsipras fasse du Samaras, son prédécesseur, tout comme François Hollande fait du Nicolas Sarkozy avec la réussite électorale que l’on sait. 

Pierre Moscovici, ex-ministre reconverti en commissaire européen, le dit d’ailleurs tout de go à ses interlocuteurs du Monde, ravis du propos : « La question est de savoir, maintenant, si le gouvernement grec est capable de présenter un programme de réformes sur lequel il n’a pas été élu ».

A Paris comme à Bruxelles, faire le contraire de ce que l’on dit et dire le contraire de ce que l’on fait, c’est le summum de la politique. Reste à savoir s’il en sera de même, ou pas, à Athènes.

Jack Dion

Directeur adjoint de la rédaction de "Marianne"

SOURCE:

 

La presse française mène la charge anti Syriza

http://www.marianne.net/presse-francaise-mene-charge-anti-

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 22:52
31 mars 2015

Par

On connaît le parti euro-sceptique AfD en Allemagne, qui est entré dans les assemblées de certains lander lors des dernières élections. Ce dernier vient de rédiger un mémorandum sur la question de la Grèce, qui est particulièrement intéressant par les points sur lesquels il insiste. Ainsi, AfD, qui se prononce à la fois pour une sortie de la Grèce de la zone Euro, mais aussi pour une dissolution générale de cette dernière est particulièrement sensible aux réactions anti-allemandes qui sont en train de se développer en Europe. C’est un thème que j’avais développé dans une note intitulée « Haïr l’Allemagne ? » publiée le 20 février 2015 sur ce carnet[1]. Ce texte insiste ensuite sur les problèmes insolubles posés à la compétitivité des pays membres de la zone Euro s’ils ne peuvent déprécier leur monnaie face à des économies qui sont de loin bien plus compétitive en raison d’une accumulation de facteurs (tant le capital que la formation de la main d’œuvre ). Il souligne enfin que les stratégies dites de « dévaluation interne » se sont révélées à la fois très coûteuses d’un point de vue social en Europe, et largement inefficace d’un point de vue économique. Elles ont plongé une partie de l’Europe dans la trappe de « l’Euro-Austérité » comme je l’indique depuis plus de deux ans.

Un débat européen.

Le débat à désormais lieu dans de nombreux pays de la zone Euro, en Allemagne (où il est porté tant par AfD que par une partie de Die Linke autour d’Oskar Lafontaine) qu’en Italie. Dans ce dernier pays, les prises de position de Stefano Fassina (ancien ministre et député du Parti Démocrate de centre gauche)[2], mais aussi celle d’hommes politiques de tout bord (de Forza Italia au Movimente 5 stelle) indique que la situation est en train de devenir critique. Ce débat a lieu au Pays-Bas, et aussi en Espagne. La France reste le seul pays où l’omerta de l’UMP et du PS a étranglé ce débat, qui est pourtant fondamental tant pour l’avenir de notre pays que pour l’avenir de l’Europe qui se dessine sous des couleurs de plus en plus sombres du fait de l’existence de l’Euro.

De fait, la question de l’Euro n’est pas seulement économique et financière. Elle l’est, à l’évidence, et l’on dit les conditions exigeantes, et jamais remplies, telle qu’une large Union de transferts, une union budgétaire et une union sociale, qu’il aurait fallu réunir si l’on avait voulu faire de l’Euro une réussite. Cela ne fut pas fait, et c’est l’ensemble des peuples des pays de l’Union Economique et Monétaire qui en paye la facture. Mais, la question de l’Euro est aussi, et désormais avant tout, une question politique. Ayant prétendu – certainement à tort – que l’Euro serait l’achèvement de l’Union européenne, les dirigeants des pays membres sont désormais terrifiés par la perspective de l’échec, que même les plus bornés d’entre eux aperçoivent, et par les conséquences politiques qu’ils en pressentent. Ils croient, et cela bien à tort, que la fin de l’Euro sonnerait le glas de l’Europe. Ils ne se rendent pas compte que c’est l’existence même de l’Europe qui dresse les peuples les uns contre les autres, qui ravive de vieux antagonismes, qui fait aujourd’hui de la guerre économique entre les pays membres le quotidien en attendant que l’affrontement militaire, il faut aujourd’hui le craindre, ne vienne se substituer à cette guerre économique. L’Euro détruit aussi chacun des pays membres en dressant les travailleurs contre les travailleurs, en inventant de nouveaux clivages selon que l’on profite de l’Euro (en réalité une petite minorité) ou que l’on voit son cadre de vie et de travail détruit par l’Euro, ce qui est désormais le quotidien d’une majorité. La réalité, et il faut en avoir conscience, est que l’Euro détruit l’Europe, non seulement dans ses structures institutionnelles, ce qui n’est après tout qu’un moindre mal, mais dans ses tréfonds politiques et culturels. L’Euro, c’est la guerre. Et c’est pourquoi la dissolution de la zone Euro n’est pas seulement un objectif économique souhaitable, c’est aussi une urgence politique de notre temps.

 

Alternative für Deutschland (AfD):

Manifeste pour le rétablissement économique de la Grèce

Alternative für Deutschland (Une alternative pour l’Allemagne) est un parti pro-européen qui souscrit fondamentalement aux principes de compétitivité, de subsidiarité et de bonne entente entre les nations européennes, persuadé que chaque nation européenne doit avoir la maîtrise de son destin économique. Dans ce but, AfD :

  •  Constate avec inquiétude que la politique qui consiste à sauver l’euro à tout prix (politique soutenue par le gouvernement Allemand) a conduit à une forte réaction anti-Allemande en Grèce.
  •  Souligne qu’une monnaie surévaluée a détérioré sans espoir d’amélioration la compétitivité de l’économie grecque, a contribué à y développer un chômage de masse et a enfermé une « génération perdue » dans une situation sans issue,
  •  Estime que le maintien de l’union monétaire sous sa forme actuelle est contraire aux intérêts de la société et de l’économie grecques, économie qui a besoin d’une forte dévaluation pour retrouver la voie de la reprise,
  •  Condamne la situation actuelle qui contraint les contribuables européens à porter à bout de bras une union monétaire qui a fait faillite et qui prolonge les souffrances de la population grecque, cette politique n’ayant aucune sorte de justification, ni économique, ni morale,
  •  Souligne que l’on ne peut attendre de l’Allemagne qu’elle réduise son niveau de compétitivité pour résoudre la crise de l’eurozone, tandis que la « dévaluation interne » ne peut réussir à améliorer la compétitivité de la Grèce,
  •  Soutient fermement que l’Europe dans son ensemble devrait se consacrer à améliorer sa compétitivité pour s’assurer une position de leadership sur la scène mondiale,
  •  Insiste sur le fait qu’il est de l’intérêt commun des contribuables européens et de la population grecque de mettre un terme à l’Union monétaire sous sa forme actuelle. Plus on la prolonge, plus lourdes seront les pertes que subiront à la fois les contribuables européens et la population grecque qui a déjà subi les effets destructeurs de la politique d’austérité,
  •  Affirme que tout projet de restructuration de la dette grecque doit être assorti d’un dispositif négocié de sortie de Grèce en dehors de la zone euro,
  •  Réaffirme qu’une telle sortie ne doit pas signifier une sortie de l’Union Européenne, ce que démontrent les exemples de plusieurs pays de l’Union qui ont à la fois une économie prospère tout en ne faisant pas partie de la zone euro,
  •  Soutient qu’au vu des dommages durables que la participation de la Grèce à l’union monétaire a infligé à ce pays il est essentiel de favoriser un retour de l’économie grecque à la croissance,
  •  Appelle les dirigeants européens à préparer l’ensemble des mesures juridiques et économiques qui pourront réduire le coût de la sortie de l’euro, à la fois pour la Grèce et pour l’ensemble des pays de la zone,
  •  Appelle les partis centristes européens, à collaborer à la mise en œuvre d’une procédure de sortie négociée pour les pays qui sont actuellement confrontés à de sérieuses crises économiques ; faute de quoi les partis extrémistes, de gauche et de droite, vont continuer à renforcer leur emprise sur la scène européenne.

 

[1] http://russeurope.hypotheses.org/3462

[2] Voir son interview du 26 mars 2015 sur http://www.liberoquotidiano.it/news/politica/11762844/Stefano-Fassina—L-euro.html#.VPcHBDnMRAo.twitter

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 22:40
Grèce : pourquoi le blocage semble indépassable

Par Romaric Godin

 

La troisième liste de réformes du gouvernement grec ne semble pas convenir aux Européens. La question de la nature des réformes et l’enjeu politique rendent un accord improbable.


30 mars 2015

Article initialement publié sur La Tribune.

Alexis Tsipras a déposé une nouvelle liste de réformes à Bruxelles. (Crédits : reuters.com)

Alexis Tsipras a déposé une nouvelle liste de réformes à Bruxelles. (Crédits : reuters.com)

Encore une fois, la Grèce a présenté ce week-end une liste de réformes au « groupe de Bruxelles » (nouveau nom trouvé à la troïka qui regroupe les représentants du FMI, de la Commission européenne et du FMI). Et encore une fois, la situation semble bloquée. Le jeu du chat et de la souris continue, pendant que la situation de l'économie grecque se détériore à vue d'œil.

La troisième liste de réformes grecques

Le vendredi 27 mars, Athènes a donc envoyé à Bruxelles une nouvelle - la troisième - liste de réformes. D'après ce qu'on en sait, les autorités grecques prévoient de dégager avec ces réformes 3 milliards d'euros et un excédent primaire de 1,5 % du PIB en 2015 - cet objectif a toujours été celui visé par Syriza. Le tout avec une croissance estimée à 1,4 % qui semble optimiste, mais rappelons que le 20 février, l'Eurogroupe avait promis de définir l'objectif d'excédent primaire « en relation avec les circonstances économiques. »

Que prévoit exactement cette « liste de réformes » qu'Alexis Tsipras avait promise à ses partenaires européens à l'issue du mini-sommet du 19 mars ? Il s'agirait d'abord largement d'améliorer les rentrées fiscales du pays, notamment par une modernisation de la collecte d'impôts, et sur le combat contre l'évasion fiscale. Le gouvernement grec entend aussi vendre des licences de jeux en ligne et de radiodiffusion (les licences de télévision n'ont jamais été officiellement attribuées) et prend en considération certaines privatisations. Un relèvement progressif de 42 % à 45 % du taux supérieur d'imposition sur le revenu (un des plus aisés à collecter, car prélevé à la source) est également au menu.

Globalement, cette liste ressemble aux deux précédentes envoyés les 23 février et 6 mars. Athènes serait cependant prête à relever certains taux de TVA sur les produits de luxe et sur les boissons alcoolisées pour satisfaire ses partenaires européens, mais on est loin du programme qui avait « fuité » dans la presse allemande lundi 23 mars et qui prévoyait un relèvement de la TVA sur les séjours dans les îles égéennes et un relèvement de l'âge légal de départ à la retraite. Cette « fuite » apparaît désormais plus comme un message envoyé aux autorités grecques que comme une « information » issue de ces dernières.

Blocage entre Bruxelles et Athènes

Au regard de ce programme, il semble évident qu'Alexis Tsipras n'a pas cédé aux vœux des Européens. Il a repris et développé ses « réformes » précédentes. Déjà, ce lundi 30 mars, les informations qui transpiraient dans le Wall Street Journal laissaient entendre que le « groupe de Bruxelles » n'était guère satisfait de cette liste qui était jugée « incomplète et trop imprécise. » Du reste, il semble improbable qu'un accord soit trouvé cette semaine, notamment après l'Eurogroupe téléphonique prévue ce mercredi. On n'a donc en réalité guère avancé.

Pourquoi ? Là encore, les informations parues dans la presse financières anglo-saxonnes ne laissent aucun doute. Le refus de cette liste de réformes repose sur l'absence de deux réformes : celle des retraites et celle du marché du travail. Il semble désormais évident que le « groupe de Bruxelles » ne donnera son feu vert au financement grec que si et seulement si le gouvernement d'Athènes accepte de mettre en place ces deux réformes. On conçoit donc dans ces conditions la réalité de l'initiative théoriquement laissée au gouvernement grec pour réaliser sa liste de réformes.

Les deux raisons de la position des créanciers

Pourquoi les créanciers insistent-ils sur ces deux réformes ? Pour deux raisons. La première est financière. Les dirigeants européens et leurs administrations sont persuadés que ces réformes « structurelles » sont des leviers de croissance potentielle qui, en favorisant la compétitivité coût du pays, lui permettront de mieux rembourser ses dettes. Mais au-delà de cette position, il existe évidemment aussi une raison politique (car rappelons que c'est là le seul véritable objectif de ce groupe de créanciers). Mais il serait naïf de ne pas non plus y voir un but politique : en faisant accepter ces mesures par un gouvernement « de la gauche radicale », on fait évidemment perdre toute radicalité à ladite gauche, on fait plier Syriza et on le ramène dans la logique économique qui est celle de la zone euro : seules les « réformes » qui visent à réduire le coût du travail sont d'authentiques réformes. La victoire que visent les créanciers est aussi idéologique. Il s'agit de détruire toute alternative.

On voit donc mal les Européens céder sur ces principes. Du reste, leur attitude prouve qu'ils n'y sont pas prêts. Depuis le 20 février, ils rejettent systématiquement les propositions de réformes venant d'Athènes afin d'imposer - sous la pression d'une situation financière et bancaire de plus en plus tendue - « leurs » réformes. Alexis Tsipras peut-il alors céder ? En réalité, le contenu de cette troisième liste montre aussi que le gouvernement grec est arrivé au bout de ses concessions. Contrairement à ce qu'on pouvait attendre la semaine passée, il n'y a pas eu de reddition de l'exécutif hellénique. Il y a eu quelques concessions supplémentaires, par exemple, sur des mesures ciblées de TVA et sur les privatisations, mais l'essentiel, le rejet de la logique austéritaire est conservé.

La réhabilitation de la parole politique en Grèce

Surtout, là aussi, il semble peu probable qu'Athènes cède sur les deux « réformes » exigées par les Européens. D'abord, parce qu'elles seraient en contradiction totale avec les engagements de Syriza et ses alliés. Certes, les promesses, peut-on dire, sont faites pour être oubliées. Sauf que Syriza a déjà oublié plusieurs de ses promesses : le gouvernement a ainsi convenu qu'il fallait relever progressivement le salaire minimum. On peut imaginer qu'il puisse renoncer à la réévaluation des retraites. Mais ce que demandent les européens est différent : c'est un oubli total des engagements par l'adoption d'une politique opposée à celle visée par Syriza. Or, les Européens oublient ce que peut valoir le respect de la parole politique dans un pays où elle a tant été dévaluée. La popularité d'Alexis Tsipras tient à ce respect de ses engagements et c'est une popularité qui dépasse les seuls rangs de Syriza. Quiconque s'est rendu en Grèce pendant la campagne électorale a pu mesurer les attentes de ce point de vue. Trahir cette attente serait mettre en danger rien moins que la démocratie hellénique. Alexis Tsipras n'est pas prêt à prendre ce risque.

Le refus de la logique économique des créanciers

Mais ce refus se base aussi sur une logique économique qui dénote un fossé immense sur la vision économique. Pour le gouvernement grec, ces réformes désirées par les Européens sont des mesures austéritaires. Elles ne permettront pas le redressement du pays. Du reste, n'oublions pas que le gouvernement précédent, pourtant « pro-européen », n'en voulait pas. Du point de vue grec, en effet, ces réformes représentent un « toujours plus » difficilement acceptable dans un pays qui a perdu plus de 24 % de son PIB et pour une population qui a vu son patrimoine fondre d'un tiers. Sur le marché du travail, ce que veulent les Européens, c'est réduire encore la capacité de négociations collectives salariales des syndicats (on notera que l'on est, ici, assez loin de la fameuse « économie sociale de marché » présentée souvent pourtant comme un modèle pour l'Europe). Or, cette capacité a déjà été largement amputée depuis 2010 et les salaires ont beaucoup baissé en Grèce, sans que pour autant, ni la croissance, ni les exportations n'en profitent réellement.

Quant au système des retraites, demander de nouvelles coupes ou un allongement du report du départ à la retraite, c'est refuser de voir l'envers de la médaille, notamment le développement de la pauvreté dans le pays et l'importance qu'ont ces retraites pour soutenir le niveau de vie des plus jeunes. C'est aussi refuser de reconnaître que dans un pays où le taux de chômage est de 26 %, il n'y a pas de sens à reporter l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans (date totémique qui fait référence à la réforme allemande de 2007 qui prévoit, rappelons-le, l'application de cette réforme en... 2030 et qui a déjà été écornée par le gouvernement d'Angela Merkel qui a permis des départs à 63 ans).

Sacrifier le « court terme », encore une fois ?

Chacun sait que le problème du budget grec, c'est d'abord l'efficacité de la récolte des impôts - le gouvernement grec veut précisément s'y attaquer - et l'absence de vraie croissance dans le pays. Athènes demande que l'on enlève l'épée de Damoclès de ces « réformes » négatives pour l'emploi et la consommation au-dessus du pays afin, précisément, de favoriser la croissance. Face à lui, les Européens reprennent leur vieille chanson des « sacrifices d'aujourd'hui pour le bonheur futur. » Dans un pays dévasté depuis 5 ans par la crise et l'austérité, cette chanson n'est plus à la mode. Non seulement le « court terme » s'est mué en « long terme », mais il semble désormais vain de croire encore que la confiance des investisseurs renaîtra par ce type de « réformes. » Ce qu'il faut à la Grèce, c'est un soutien à sa demande intérieur et un plan de reconstruction industrielle. En théorie, l'intérêt des créanciers serait de participer à cette tâche. Mais la dimension politique de l'affaire leur ôte apparemment le sens de leurs intérêts.

La rupture inévitable ?

Bref, le blocage est total. Alexis Tsipras, par cette troisième liste de réformes a confirmé qu'il ne veut pas des deux « réformes » des retraites et du marché du travail que les Européens placent comme conditions absolues à leur soutien à la Grèce. Comme les créanciers ont tout intérêt à jouer la montre pour que le « nœud coulant » financier se resserre, un compromis est peu probable. La perspective d'une rupture semble désormais de plus en plus proche et il semble que chacun s'y prépare. Lors du défilé de la fête nationale du 25 mars, une femme a lancé un message d'encouragement à Yanis Varoufakis, le ministre hellénique des Finances. Ce dernier a répondu : « il faudra nous soutenir aussi après la rupture. » Faut-il y voir la preuve que cette rupture est acquise ? L'accord avec les créanciers semble en tout cas désormais très difficile.

Source : latribune.fr

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 21:53

Les négociations avec la Grèce et les "lignes rouges"

Le nouveau gouvernement grec poursuit ses discussions avec ses créanciers (UE,BCE,FMI), la Troïka bien connue, qui est maintenant étiquetée "les trois institutions". Les médias internationaux, comme le gouvernement lui-même, donnent l'impression qu'ils cherchent une autre sorte de gestion de la crise en Grèce et que les "institutions" exercent en même temps une pression sur elle. Le gouvernement recule constamment et clame en même temps qu'il "manœuvre", selon les paroles du Premier ministre, A.Tsipras parce qu' "ils nous ont mis un piège dans la bataille de l'Europe" (...) avec l'objectif d'étouffer financièrement le gouvernement pour le renverser (...) Ils ont érigé chaque chose pour nous couler ... et le pays."

 

Cependant, au même moment, le Ministre des Finances, Y. Varoufakis, a clarifié que les manœuvres et les reculs du Gouvernement grec ont aussi certaines "lignes rouges", que le gouvernement grec ne doit pas tenter de dépasser. Il est de notre intérêt  d'examiner ce qu’elles sont: 

 

Selon le Ministre, les "lignes rouges" sont basées dans la solution de "trois équations et de trois inconnues". Comme il a expliqué:

 

* Un excédent  principal doit être sécurisé qui "ne doit pas tuer le secteur économique privé",

 

* En rapport à la structure de la dette (ce qui doit être payé, (à qui et quand),

 

* Et cela est aussi lié à l'objectif pour qu'il y ait plus d'investissements que des économies financières, (c'est à dire le capital ne devrait pas stagner mais devrait être investi)

 

Toutefois, ce qui est relaté  ci-dessus démontre que la seule "ligne rouge" de la coalition gouvernementale SYRIZA-ANEL est le soutien pour la récupération capitaliste. Parce que les trois inconnues "x”, que le gouvernement met en trois équations, ont un contenu:

 

En relation à la question des investissements, il nous est dit  que sans la création d'un environnement pour les investissements, il 'y aura pas d'amélioration. Et il n'y aura pas d'investissements à moins qu'il y a un terrain convenable pour les capitalistes, c'est à dire, il n'y aura pas d'investissements si l'argent de l'État n'est pas rendu disponible. S'il n'y pas des exonérations fiscales , si un environnement de l'investissement n'est pas créé qui demande d'être plus "bénéfique" aux partenariats publique privé, si les " coûts du travail" ne sont pas réduits etc..

 

Dans l'équation au sujet de l'excédent l'inconnu "X" signifie, parmi d'autres choses, la promotion des mesures (par le gouvernement SYRIZA-ANEL) qui furent décrites dans le mémorandum signé par le précédent gouvernement de "droite" et qui sont apparentées à la réduction du recrutement dans les municipalités, des réductions sur les fonds annuels pour les hôpitaux, l'engagement dans le cadre de l'accord avec les "institutions" pour de nouvelles réductions des dépenses de l'État  à l'éducation,  la santé,  la défense, aux municipalités, aux acquis sociaux, au transport etc..

 

Dans l'équation au sujet de la dette, le gouvernement demande que le peuple mette la main à la poche pour la dette dont il n’est pas responsable.

 

En même temps, le gouvernement présente ce qui suit comme du "patriotisme": sa détermination de promouvoir ces axes qui ne mentionnent pas les pertes énormes des couches populaires dans la période de crise et il promet un peu de miettes pour soulager ceux qui vivent dans une pauvreté extrême, comme l'a démontré  le projet de loi récemment déposé par le gouvernement. 

 

Le programme du gouvernement ne dit rien au sujet du salaire moyen qui a été réduit de 25% dans les années récentes, l'énorme augmentation des impôts, directs et indirects, que les travailleurs ont déjà payés, au sujet des réductions des salaires et des pensions, au sujet de l'augmentation du coût de la vie. Les niveaux de vie des couches populaires pour la plupart ont reculé de 50% durant la période de la crise. 

 

Ainsi, pendant que la négociation du gouvernement SYRIZA-ANEL avec les créanciers se développe, le programme qui sera appliqué par le gouvernement ne mènera pas à la récupération des énormes pertes  subies  par les couches populaires dans les récentes années.

 

La négociation du gouvernement est liée à comment la classe locale au pouvoir sera financée. La réduction du principal excédent, qui est au centre des discussions, sera traduite en de nouveaux subsides pour le capital, qui seront étiquetés en utilisant le terme à la mode de " reconstruction productive". 

 

A l'opposé, le gouvernement a promu le paiement des impôts comme un devoir patriotique. Ce sont des impôts qui ont été imposés aux travailleurs et autres couches populaires par les précédents gouvernements. Certainement, les grands actionnaires des groupes monopolistes, avec 140 millions d'euros à l'étranger, continuent de demeurer hors des violentes critiques. Les armateurs continueront de payer le minimum d'impôts. Les grands industriels au nom du "renforcement de la compétitivité de l'économie nationale” attendent de nouveaux subsides du gouvernement SYRIZA-ANEL. Le résultat sera qu'encore une fois les couches populaires supporteront le fardeau de la crise capitaliste et le retour de l'économie à la croissance capitaliste. 

 

Le "patriotisme" du gouvernement concerne une fois de plus le renforcement de la classe au pouvoir dans sa guerre contre les autres. Le pauvre peuple, qu'il soit avec les vainqueurs ou les perdants dans cette guerre, continuera à souffrir  de la misère, du chômage, de la pauvreté, de la violation de ses droits sociaux.

 

Un nouvel accord entre le gouvernement et les "trois institutions" n’est pas une solution pour le peuple. Le nouvel accord poursuit l'application des lois anti-ouvrières et antipopulaires, qui ont été déjà passées, et auxquelles s'ajouteront de nouvelles, en liaison avec les engagements faits par le gouvernement de coalition. La solution ne réside pas dans les négociations avec l'UE et le FMI (c'est à dire les États-Unis) qui sont menées prétendument pour la "fin de l'austérité", mais qui en fait visent à assurer de plus grandes marges pour la disposition de fonds de l’État pour le capital local, pour le soutien de l’État de la récupération capitaliste. 

 

La solution est d’intensifier la lutte pour récupérer ce que les travailleurs ont perdu dans les récentes années, pour satisfaire les besoins contemporaines du peuple. C'est la "ligne rouge" pour les ouvriers, qui demande le conflit et la rupture avec les "partenaires", les unions impérialistes, comme l'UE et l'OTAN; et  aussi bien avec ceux qui possèdent le pouvoir et les moyens de production, avec le capital lui-même"

 

Le Parti communiste de Grèce 

 

Le 11 mars 2015

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 09:29

Le point de vue du KKE

Le nouveau gouvernement grec poursuit ses discussions avec ses créanciers (UE,BCE,FMI), la Troïka bien connue, qui est maintenant étiquetée "les trois institutions". Les médias internationaux, comme le gouvernement lui-même, donnent l'impression qu'ils cherchent une autre sorte de gestion de la crise en Grèce et que les "institutions" exercent en même temps une pression sur elle. Le gouvernement recule constamment et clame en même temps qu'il "manœuvre", selon les paroles du Premier ministre, A.Tsipras parce qu' "ils nous ont mis un piège dans la bataille de l'Europe" (...) avec l'objectif d'étouffer financièrement le gouvernement pour le renverser (...) Ils ont érigé chaque chose pour nous couler ... et le pays."

 

Cependant, au même moment, le Ministre des Finances, Y. Varoufakis, a clarifié que les manœuvres et les reculs du Gouvernement grec ont aussi certaines "lignes rouges", que le gouvernement grec ne doit pas tenter de dépasser. Il est de notre intérêt  d'examiner ce qu’elles sont: 

Selon le Ministre, les "lignes rouges" sont basées dans la solution de "trois équations et de trois inconnues". Comme il a expliqué:

 

* Un excédent  principal doit être sécurisé qui "ne doit pas tuer le secteur économique privé",

 

* En rapport à la structure de la dette (ce qui doit être payé, (à qui et quand),

 

* Et cela est aussi lié à l'objectif pour qu'il y ait plus d'investissements que des économies financières, (c'est à dire le capital ne devrait pas stagner mais devrait être investi)

 

Toutefois, ce qui est relaté  ci-dessus démontre que la seule "ligne rouge" de la coalition gouvernementale SYRIZA-ANEL est le soutien pour la récupération capitaliste. Parce que les trois inconnues "x”, que le gouvernement met en trois équations, ont un contenu:

 

En relation à la question des investissements, il nous est dit  que sans la création d'un environnement pour les investissements, il 'y aura pas d'amélioration. Et il n'y aura pas d'investissements à moins qu'il y a un terrain convenable pour les capitalistes, c'est à dire, il n'y aura pas d'investissements si l'argent de l'État n'est pas rendu disponible. S'il n'y pas des exonérations fiscales , si un environnement de l'investissement n'est pas créé qui demande d'être plus "bénéfique" aux partenariats publique privé, si les " coûts du travail" ne sont pas réduits etc..

 

Dans l'équation au sujet de l'excédent l'inconnu "X" signifie, parmi d'autres choses, la promotion des mesures (par le gouvernement SYRIZA-ANEL) qui furent décrites dans le mémorandum signé par le précédent gouvernement de "droite" et qui sont apparentées à la réduction du recrutement dans les municipalités, des réductions sur les fonds annuels pour les hôpitaux, l'engagement dans le cadre de l'accord avec les "institutions" pour de nouvelles réductions des dépenses de l'État  à l'éducation,  la santé,  la défense, aux municipalités, aux acquis sociaux, au transport etc..

 

Dans l'équation au sujet de la dette, le gouvernement demande que le peuple mette la main à la poche pour la dette dont il n’est pas responsable.

 

En même temps, le gouvernement présente ce qui suit comme du "patriotisme": sa détermination de promouvoir ces axes qui ne mentionnent pas les pertes énormes des couches populaires dans la période de crise et il promet un peu de miettes pour soulager ceux qui vivent dans une pauvreté extrême, comme l'a démontré  le projet de loi récemment déposé par le gouvernement. 

 

Le programme du gouvernement ne dit rien au sujet du salaire moyen qui a été réduit de 25% dans les années récentes, l'énorme augmentation des impôts, directs et indirects, que les travailleurs ont déjà payés, au sujet des réductions des salaires et des pensions, au sujet de l'augmentation du coût de la vie. Les niveaux de vie des couches populaires pour la plupart ont reculé de 50% durant la période de la crise. 

 

Ainsi, pendant que la négociation du gouvernement SYRIZA-ANEL avec les créanciers se développe, le programme qui sera appliqué par le gouvernement ne mènera pas à la récupération des énormes pertes  subies  par les couches populaires dans les récentes années.

 

La négociation du gouvernement est liée à comment la classe locale au pouvoir sera financée. La réduction du principal excédent, qui est au centre des discussions, sera traduite en de nouveaux subsides pour le capital, qui seront étiquetés en utilisant le terme à la mode de " reconstruction productive". 

 

A l'opposé, le gouvernement a promu le paiement des impôts comme un devoir patriotique. Ce sont des impôts qui ont été imposés aux travailleurs et autres couches populaires par les précédents gouvernements. Certainement, les grands actionnaires des groupes monopolistes, avec 140 millions d'euros à l'étranger, continuent de demeurer hors des violentes critiques. Les armateurs continueront de payer le minimum d'impôts. Les grands industriels au nom du "renforcement de la compétitivité de l'économie nationale” attendent de nouveaux subsides du gouvernement SYRIZA-ANEL. Le résultat sera qu'encore une fois les couches populaires supporteront le fardeau de la crise capitaliste et le retour de l'économie à la croissance capitaliste. 

 

Le "patriotisme" du gouvernement concerne une fois de plus le renforcement de la classe au pouvoir dans sa guerre contre les autres. Le pauvre peuple, qu'il soit avec les vainqueurs ou les perdants dans cette guerre, continuera à souffrir  de la misère, du chômage, de la pauvreté, de la violation de ses droits sociaux.

 

Un nouvel accord entre le gouvernement et les "trois institutions" n’est pas une solution pour le peuple. Le nouvel accord poursuit l'application des lois anti-ouvrières et antipopulaires, qui ont été déjà passées, et auxquelles s'ajouteront de nouvelles, en liaison avec les engagements faits par le gouvernement de coalition. La solution ne réside pas dans les négociations avec l'UE et le FMI (c'est à dire les États-Unis) qui sont menées prétendument pour la "fin de l'austérité", mais qui en fait visent à assurer de plus grandes marges pour la disposition de fonds de l’État pour le capital local, pour le soutien de l’État de la récupération capitaliste. 

 

La solution est d’intensifier la lutte pour récupérer ce que les travailleurs ont perdu dans les récentes années, pour satisfaire les besoins contemporaines du peuple. C'est la "ligne rouge" pour les ouvriers, qui demande le conflit et la rupture avec les "partenaires", les unions impérialistes, comme l'UE et l'OTAN; et  aussi bien avec ceux qui possèdent le pouvoir et les moyens de production, avec le capital lui-même"

 

Le Parti communiste de Grèce 

 

Le 11 mars 2015

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 17:59
Lu sur El Diablo
GRÈCE: Satisfaire les exigences des créanciers de l’Eurogroupe ou celles la population ?

D’après deux universitaires grecs, travaillant pour la fondation Hans Böckler proche du DGB, les Grecs les plus pauvres ont payé un lourd tribut à l’austérité imposée par la troïka, notamment à travers l’augmentation de la fiscalité. Le poids des impôts de la moitié la plus pauvre de la population a augmenté de 337% de 2009 à 2013, tandis qu’il augmentait de 9% pour la moitié la plus riche. Depuis le début de la crise, les impôts directs ont augmenté de 53% et les impôts indirects de 22%.

 

Selon cette étude, les revenus des ménages grecs étaient en 2013 de 23 000 euros ; en 2009, ils sont tombés à 17 900 euros en 2012 soit moins 23%. Le recul des salaire est de 19%, en raison de la chute du salaire minimum, de l’affaiblissement des conventions collectives et des licenciements; le taux de chômage a bondi de 7 à 26%. Lors des premières réunions du gouvernement grec avec l’Eurogroupe, il a accepté de fournir une liste de réformes avec leur financement pour obtenir un délai de paiement de la dette (à laquelle ne renonce aucun état de l’Eurogroupe jusqu’au 28 avril).

 

Avant l’échéance du 28 avril 2015, la dernière réunion de l’Eurogroupe du 16 mars a formulé de nouvelles exigences au gouvernement grec : une réforme en profondeur du système des retraites, une réforme du système de santé et de l’éducation nationale.

 

Le gouvernement Tsipras a donc différé l’application de ses promesses électorales : l’augmentation du SMIC (quand et combien ?) ; la réintégration des personnels de la fonction publique licenciés (reportée après Pâques) ; l’annulation de leurs baisses de salaires (pas de date fixée). Tant il est impossible de rembourser la dette, de se soumettre aux institutions (nouveau nom de la troika) et de satisfaire les revendications légitimes de la population.

 

SOURCE:

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 10:56
Chroniques du mensonge ordinaire
24 mars 2015

Par

Madame Juliette Méadel, Secrétaire Nationale du PS, vient, à propos des élections départementales dont le premier tour a eu lieu le dimanche 22 mars de démontrer sa flagrante inculture économique[1]. Le problème n’est pas l’ignorance sur ce point de Madame Méadel. On a tous des choses que l’on ignore. Le problème est qu’elle est secrétaire nationale d’un parti aujourd’hui au pouvoir. Alors, même si les temps ne sont plus ceux où l’on pouvait s’attendre d’un Secrétaire National qu’il soit qualifié de Coryphée des Sciences, ou la personne ayant cette responsabilité se sentait tenue de montrer qu’elle maîtrisait à peu près les diverses sciences humaines à coup de livres ou d’articles de revue, le degré d’inculture dont Mme Méadel fait preuve est attristant et inquiétant.

La sortie de l’Euro ou comment jouer sur les peurs.

La question, bien évidemment porte sur les conséquences d’une sortie de l’Euro. Qu’écrit donc Mme Méadel ?

« Aux yeux du monde et de ses créanciers, l’économie française inspirerait fatalement de la défiance et le doute dans sa capacité à rembourser sa dette. Il en résulterait une augmentation vertigineuse des taux d’intérêts d’emprunt : la France, qui se finance quotidiennement à des taux très faibles, verrait donc la charge de sa dette exploser. »

Premier point : en quoi est-ce qu’une « sortie de l’Euro » inspirerait « de la défiance et le doute dans sa capacité à rembourser sa dette ». Si la France sort de l’Euro, et laisse sa monnaie se déprécier par rapport au Dollar, mais aussi au Deutsche Mark, c’est pour retrouver des marges importantes de croissance. On peut discuter des possibles taux de croissance après une telle sortie, de 2% à 5% suivant les calculs et estimations, mais personne ne doute qu’il y a aurait une croissance bien plus forte que celle que nous connaissons aujourd’hui. Dans ces conditions, d’où viendrait la « défiance » ? A moins que Madame Méadel ne nous explique en quoi une économie allant mieux peut susciter la « défiance », on avoue avoir un peu de mal à comprendre. Madame Méadel indique alors « le doute dans sa capacité à rembourser sa dette ». Ici de deux choses l’une. Soit elle croit encore à cette fable inventée par Nicolas Sarkozy comme quoi la partie de notre dette détenue par des non-résidents augmenterait en proportion de la dévaluation. Mais, c’est une fable. La lex monetae stipule bien qu’une dette est payée dans la monnaie du pays émetteur si elle est rédigée dans des contrats de ce pays. Ce principe est bien connu de tous les économistes, et de tous les financiers qui travaillent sur les marchés des obligations d’Etat. On sait que 97% de la dette française est émis « en droit français ». Elle est donc remboursable dans ce qui sera la monnaie de la France, soit aujourd’hui l’Euro et demain, si nous sortons de l’Euro, le Franc. Les montants seront traduits de l’Euro en Franc au taux de 1 pour 1. Mais il faut croire que Mme Méadel est sujette à des terreurs nocturnes.

Deuxième point : « Il en résulterait une augmentation vertigineuse des taux d’intérêts d’emprunt ». Ici encore, on s’interroge sur ce que sait (ou plus exactement ne sait pas) Mme Méadel. Admettons que l’agence France-Trésor place des obligations d’Etat sur le marché. Le taux d’intérêts incorporera une prime de risque, mais on sait par expérience que cette prime, portant sur un Etat solvable, et dont la balance courante, aujourd’hui déficitaire, montrerait des signes rapides d’amélioration, serait loin d’être excessive. L’écart traditionnel était de 150 points de base avec les taux allemands, soit 1,5%. Admettons même que cet écart soit momentanément porté à 200 points de base, cela signifierait 2%. Or, les taux allemands sont aujourd’hui pratiquement à 0%. Il n’y a aucune raison de penser que les taux français dépasseraient 2,5%. Ce n’est donc pas une « augmentation vertigineuse » ou les mots n’ont plus de sens.

Troisième point : en fait, l’agence France-Trésor n’aurait sans doute pas besoin de placer des obligations. En rétablissant le mécanisme des « planchers obligatoires d’effets publics » pour les banques françaises et les établissements étrangers opérant en France, le gouvernement créerait une demande pour des obligations d’Etat qui assurerait que le financement de la dette puisse se faire à des taux très bas. Là, Mme Méadel montre que non seulement elle ne maîtrise pas la macroéconomie, mais qu’elle ignore tout des techniques financières. Mais ce n’est pas tout, hélas…

Quand elle écrit : « le montant des taux d’intérêt de la dette s’élève à 45 milliards d’euros ; une sortie de la zone euro et son corolaire, la hausse des taux d’intérêt, multiplierait par 2 ou 3 la charge de la dette, ce qui représente trois fois le budget de l’éducation nationale » elle prouve aussi qu’elle est très fâchée avec le calcul (niveau classe de 4ème). En effet, si la charge des intérêts aujourd’hui est de 45 milliards, la part de ces intérêts où les taux sont très faibles ne représente pas plus d’un tiers des dettes. Une grande partie des obligations d’Etat ont été émises avant la période de faibles taux d’intérêts (depuis 2 ans approximativement) et ne concerne que les obligations à court terme (3 mois à 5 ans). On voit immédiatement que si les taux remontaient à 2,5% (pour le taux à 10 ans) l’impact serait faible sur le montant TOTAL des intérêts. On conseillera à Mme Méadel de prendre un livre de mathématiques pour classes de collèges dans lequel on explique ces simples règles de calcul.

Mais, en réalité, Mme Méadel n’est certainement pas ignorante. Elle ment en pleine connaissance de cause. En fait, elle joue sur les peurs les plus primaires et cherche à effrayer son lecteur. Ce qui est alors intéressant, c’est que ce sont exactement les méthodes qui sont reprochées au Front National. On ne cesse d’entendre que ce dernier jouerait sur les peurs des français. Mais, que fait Mme Méadel, Secrétaire Nationale du Parti « socialiste » ? Et l’on voudrait alors nous faire croire en une différence de nature entre les partis ? Avec ce genre de méthode, c’est tout le discours sur « nous sommes des républicain, eux ne le sont pas » qui s’effondre immédiatement. Je ne sais si Mme Méadel se rend compte de ce qu’elle dit, mais je suis convaincu de l’effet extrêmement négatif qu’il y a à jouer ainsi sur les peurs de l’électorat. Quand on veut donner des leçons aux autres, il convient de commencer à se les appliquer.

La question du protectionnisme.

Madame Méadel continue sur le protectionnisme où, là aussi, elle étale son ignorance et son discours idéologique. Elle dit : « Pourtant, le protectionnisme économique est d’autant plus aberrant que les Etats et les peuples n’ont jamais été aussi interdépendants, liés, connectés, informés depuis Adam Smith. Plus que jamais, les peuples ont besoin d’échange commercial régulé pour vivre et se développer mieux». Tout d’abord, en quoi le protectionnisme s’oppose-t-il à l’interdépendance ? Cela revient confondre protectionnisme et autarcie. Je ne crois pas que si sa copie devait passer devant les yeux d’un professeur de Sciences Economiques et Sociales, Mme Méadel obtiendrait une très bonne note. Ensuite, si le protectionnisme n’est pas LE moyen de régulation des échanges, on ne voit pas ce qu’il est. Ici, il y a un problème de logique. Soit elle pense que l’interdépendance oblige au libre-échange et elle ne peut pas employer le mot « régulé » à propos des échanges commerciaux, soit elle est pour la régulation, et dans ce cas elle doit admettre le protectionnisme. Enfin, Madame Méadel devrait se renseigner. Le nombre de pays instituant des barrières, qu’il s’agisse de tarifs douaniers ou de mesures réglementaires, sur le commerce est très élevé (des Etats-Unis à la Corée du Sud). En fait, c’est l’Union européenne qui, à cet égard, est une aberration en proclamant une ouverture complète des frontières et en négociant (en secret faut-il le rappeler) un accord de libre-échange avec les Etats-Unis dont les effets seront dévastateurs, le TAFTA ou TTIP.

Mais, Madame Méadel ne s’arrête pas là (hélas). La phrase suivante et un condensé de toutes les sottises que l’on peut entendre sur ce sujet du protectionnisme : « En 2012, le commerce extérieur représente 25% de la croissance française, il faut donc poursuivre, avec nos partenaires commerciaux, la régulation des échanges au service de la prospérité et de la justice, et non pas l’interdire unilatéralement. Le protectionnisme est obsolète et impossible à mettre en œuvre alors que les Français réalisent de plus en plus de transactions électroniques ».

Décortiquons un peu ce paragraphe. Oui, le commerce extérieur représente, environ, 25% de la croissance si on le calcule à l’export. Mais nous importons aussi des biens. La substitution de la production nationale aux produits importés peut être une forte source de croissance. Donc, il est clair que si nous sortons de l’Euro, déprécions d’environ 20% notre monnaie, le gain en croissance sera important. Mais si c’est vrai, comment alors expliquer la « défiance » dont elle parlait au début de son article ? Madame Méadel n’est même pas capable d’être cohérente sur une page…

Ensuite, les mesures de régulation des échanges doivent parfois être unilatérales. Ce fut le cas, par exemple, lors de la dramatique épidémie dite « de la vache folle ». La prospérité et la justice, qu’il est noble d’employer des termes aussi grands, impliquent parfois des mesures unilatérales.

Mais, nous n’avions pas tout lu. Véritable cerise sur la gâteau elle ajoute : «Le protectionnisme est obsolète et impossible à mettre en œuvre alors que les Français réalisent de plus en plus de transactions électroniques ». Les bras nous en tombent comme dirait la Victoire de Samothrace. Le fait que les transactions se fassent (en partie) électroniquement renforce au contraire les moyens de contrôle et les moyens de perception d’une taxe. En réalité, toutes les transactions électroniques sont beaucoup plus (et beaucoup mieux) contrôlables que des transactions manuelles. Cette phrase de Madame Méadel n’est cependant pas que d’une stupidité sans nom. Elle témoigne dans l’imaginaire de la Secrétaire Nationale du PS la permanence de cette idée comme quoi des innovations techniques changent radicalement la nature des processus. C’est d’une bêtise consternante. Les innovations changent les formes de ces processus (par exemple avec des systèmes experts pour mettre en place un contrôle des transactions automatisées) mais nullement la nature ni le sens de ces processus.

Ici encore, il faut s’interroger. Je ne crois pas que Madame Méadel soit aussi bête qu’elle paraisse à la lire. Je crois que c’est une personne très intelligente. Mais c’est une personne qui ment sciemment à ses lecteurs. Et c’est bien la tout le problème.

[1] Méadel J., « Sortie de l’euro, protectionnisme : les chimères de Marine

Le Pen » in L’Obs, 16 mars 2015, http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1340014-sortie-de-l-euro-protectionnisme-les-chimeres-de-marine-le-pen.html?xtor=RSS-24

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:34

Publié par Jean Lévy

D'aujourd'hui à hier
D'aujourd'hui à hier
D'aujourd'hui à hier

D'aujourd'hui à hier

Fini de rire pour Tsipras

passons aux choses sérieuses...

 

Grèce: après l'offensive de charme,
l'UE attend des avancées tangibles

AFP

 

L'offensive de charme du Premier ministre grec Alexis Tsipras auprès de la chancelière allemande Angela Merkel a réussi à briser la glace entre leurs deux pays, mais la pression demeure pour qu'Athènes concrétise rapidement ses engagements vis-à-vis de ses créanciers.

L'accueil en grande pompe à Berlin lundi soir par la première puissance de la zone euro du dirigeant issu de la gauche radicale Syriza, mouton noir de ce club, intervient après deux mois au pouvoir du nouveau gouvernement grec, marqué par un bras-de-fer constant avec ses créanciers européens.

Ces derniers ne cessent de réclamer de nouveaux engagements de réformes concrets par Athènes, pour débloquer une dernière tranche de prêts vitale pour la survie financière du pays.

Outre son caractère symbolique, le tête-à-tête Merkel-Tsipras a été perçu comme un signe patent de la détermination de la dirigeante allemande à aider la Grèce. "Il n'y a pas d'autre voie que le dialogue" malgré "les désaccords et les questions difficiles" à résoudre, a-t-elle affirmé.

On n'en parle plus ?

Cette rencontre restait inimaginable il y a encore quelques semaines, quand Alexis Tsipras évoquait au lendemain de sa victoire aux législatives fin janvier "l'obligation historique" de son pays "à réclamer à Berlin le remboursement d'indemnisations de guerre".

Mais le ton a soudainement baissé, Alexis Tsipras avouant qu'"il était faux et simpliste d'imputer seulement aux étrangers les problèmes en Grèce alors qu'il y a des problèmes internes du pays qui ont contribué à la crise".

La majorité de la presse grecque saluait mardi "cette preuve de réalisme" du Premier ministre grec dans sa tentative "de rétablir la confiance" avec Berlin.

 

AFP

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:39
Le PREMIER MINISTRE GREC, sous forte pression européenne, s’engage à présenter des réformes sans délai [RUPTURES]

Ca vient, ça vient… – ainsi pourrait être résumé le message adressé par Athènes à ses « partenaires européens ». C’est en tout cas ce qui ressort du communiqué publié à l’issue du « mini-sommet » informel tenu dans la nuit du 19 au 20 mars, en marge du Conseil européen officiel (ce dernier a par ailleurs confirmé le principe du maintien des sanctions contre la Russie, et débattu du projet d’« union de l’énergie » – la rédaction y reviendra prochainement).

La réunion nocturne, demandée par le premier ministre grec, s’est tenue sous haute tension : face à Alexis Tispras siégeaient les présidents de la Commission européenne, du Conseil européen, de l’eurogroupe, de la Banque centrale européenne, ainsi qu’Angela Merkel et François Hollande. Un aréopage qui a d’ailleurs irrité quelques uns des chefs d’Etat et de gouvernement qui n’y ont pas été associés. Ainsi, le premier ministre belge a exprimé publiquement sa colère : « je n’ai pas donné mandat à la France et à l’Allemagne de négocier au nom des Belges, c’est inacceptable». Plusieurs de ses collègues ont abondé dans le même sens.

Mais pour mettre sous pression la Grèce, la présence des représentants des institutions européennes ainsi que de Berlin et de Paris semblait largement suffisante. Alexis Tsipras a dû s’engager à présenter une liste de réformes « précises » dans les « tout prochains jours ». C’est au gouvernement grec de peaufiner ces dernières, conformément aux engagements pris devant l’eurogroupe le 20 février dernier. Or ces engagements grecs tardaient à venir, s’impatientait Bruxelles depuis un mois. La pression est d’autant plus forte sur Athènes que la Grèce, tant qu’elle reste au sein de la zone euro, doit rembourser d’importantes échéances dans les jours et semaines qui viennent (1,6 milliard la semaine prochaine). Et les marchés estiment que les « caisses sont vides », ce qui alimente une importante fuite des capitaux, les « épargnants » craignant un « défaut » du pays (non remboursement des échéances à l’heure dite).

Mais à Bruxelles, Francfort, Berlin et Paris, le discours n’a pas changé : tant que les autorités grecques n’ont pas engagé des « réformes » censées assurer une réduction des dépenses publiques, ou une augmentation des recettes, pas question de débloquer la dernière tranche des prêts promise, à savoir les 7 milliards qui pourraient permettre au Trésor grec de sortir – provisoirement – la tête de l’eau.

Le 20 février, Athènes avait accepté de ne pas remettre en cause les réformes réalisées par le gouvernement précédent sur injonction de la Troïka, de ne prendre aucune mesure qui « pèse » sur les finances publiques, et de rembourser rubis sur l’ongle les échéances de la dette publique. En échange, la très impopulaire « Troïka » avait été… débaptisée (on parle désormais des « institutions » ou du « groupe de Bruxelles »). Cependant, M. Tsipras a finalement dû accepter que les experts européens reviennent à Athènes pour éplucher de près les comptes grecs. Bref, la tutelle se fait plus que jamais sentir. Le ministre des finances a du reste concédé que l’essentiel des promesses électorales devrait être remis à plus tard. Seule une loi sur l’« urgence humanitaire » (aide aux ménages en détresse financière) a été adoptée.

François Hollande a pour sa part résumé le résultat de la réunion de crise : « nous avons reconfirmé cet accord (du 20 février) et même demandé qu’il soit accéléré, c’est-à-dire qu’il puisse y avoir des réformes qui soient présentées le plus tôt possible par le gouvernement grec ».

Quelques heures plus tôt, un des principaux conseillers économiques du chef du gouvernement grec avait démissionné, pour signifier son opposition à l’alignement contraint sur les oukases européens. Une démission qui reflète des remous croissants au sein de Syriza, le parti du premier ministre. Une forte minorité de cette formation dénonce le choix de rester au sein de la zone euro, un choix dont découle la mise sous pression de la Grèce.

Pour sa part, le premier ministre bulgare n’a pas hésité à interpeller la Grèce : « il est grand temps que nos voisins (…) respectent leurs engagements à appliquer des règles ». Et Boïko Borissov a vanté l’austérité draconienne qui fut imposée à son peuple. Il a en revanche omis de faire allusion aux manifestations contre la misère que la Bulgarie a connues en 2013, et qui l’avaient contraint à la démission.

Mais peut-être est-ce l’avenir radieux qu’il souhaite à son voisin hellénique ?

 

D’ici la parution du premier numéro de Ruptures, le 29 mai 2015, le site RUPTURES-PRESSE vous propose chaque jour – gratuitement ! – une info commentée (souvent au second degré).
Mais pour assurer son lancement, Ruptures a besoin de votre participation financière, et vous propose en échange un préabonnement.
Ne remettez surtout pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui !
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