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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 10:13
Communiqué du bureau de presse du PCP, 25 janvier 2015, traduction vivelepcf

Le PCP considère que les résultats électoraux en Grèce représentent une défaite des partis qui ont gouverné la Grèce au service du grand capital et qui, avec l’Union européenne, sont responsables de la politique désastreuse, économiquement et socialement, qui a été imposée au peuple grec. Cette défaite s’est traduite par le recul du pourcentage cumulé des partis « Nouvelle Démocratie » et PASOK.

Il s’agit aussi d’une défaite pour tous ceux qui, dans le cadre de l’Union européenne, au moyen de pressions, de chantages et d’ingérences inacceptables, cherchent à placer sous influence l’expression de profond mécontentement et la volonté de changement politique du peuple grec.

Les résultats électoraux montrent le rejet de la politique imposée par les « programmes d’ajustement » successifs, conclus avec la Troïka,  de l’intensification de l’exploitation des travailleurs, de la destruction des droits sociaux, de la négation des besoins élémentaires et essentiels, du déclin économique et de l’abdication de la souveraineté, sous les directives de l’Union européenne et de l’euro.

Le rejet de la voie de l’appauvrissement et du désastre économique et social, la volonté de changement politique, se sont traduits par la victoire de SYRIZA, la force politique qui est arrivée en tête. Le Parti communiste grec (KKE) a obtenu un résultat qui va contribuer à la poursuite de la lutte qu’il impulse pour la défense des intérêts des travailleurs grecs et du peuple, contre les politiques qui, au service du grand capital et de l’impérialisme, ont imposé tant de souffrances à la Grèce.

Le PCP met en garde contre les manœuvres de ceux qui, dans le cadre de l’Union européenne, comme ils l’ont déjà annoncé, vont chercher à garantir la continuation, pour l’essentiel, de la politique d’appauvrissement et de désastre économique et social en Grèce et la continuation de l’asservissement à l’Union européenne et au directoire de ses grandes puissances conduit par l’Allemagne.

Renouvelant sa solidarité avec les travailleurs et le peuple grecs, le PCP souligne que ce sont eux qui gagneront, par leur lutte, la réponse à leurs besoins, intérêts et aspirations légitimes pour une vie meilleure, la dignité et la souveraineté, le droit de décider, sans influence, de leur présent et de leur avenir.

Pour le PCP, cette voie nécessite la rupture avec les politiques de droite et la conduite de politiques de gauche patriotiques, conformes aux intérêts nationaux, préparant le pays à sa libération de la domination de l’euro, soutenant la production nationale, renforçant le pouvoir d’achat des travailleurs et du peuple, établissant le contrôle public des secteurs stratégiques, notamment le secteur financier, défendant et développant les services publics, combattant l’injustice fiscale, affirmant la primauté des intérêts nationaux, la défense de la souveraineté nationale et de l’indépendance du pays.

Au Portugal, également conduit sur la voie de l’exploitation, de l’appauvrissement et du déclin national, le peuple portugais a dans ses mains, par sa lutte et son vote, la possibilité d’ouvrir une autre voie, dans la suite des valeurs d’avril 1974. Pour sa part, le PCP a des solutions pour le pays et est prêt à assumer toutes les responsabilités que le peuple portugais lui confiera. En confiance, le PCP réaffirme qu’aucun obstacle ne saurait être insurmontable si un peuple décidé à prendre son présent et son avenir entre ses mains s’y affronte.

 

Le PCP adresse ses salutations fraternelles aux communistes grecs et ses félicitations pour le résultat obtenu par le PCG aux élections de janvier 2015

Bureau de presse du PCP, 27 janvier 2015, traduction vivelepcf

Après avoir examiné le résultat des élections du 25 janvier en Grèce, le secrétariat du Comité central a adressé les salutations fraternelles du Parti communiste portugais aux communistes grecs et ses félicitations pour le résultat obtenu par le Parti communiste grec.

Dans son message, il exprime sa « conviction que la progression du PCG contribuera à l’intensification de la lutte des travailleurs et du peuple grecs pour la défense de leurs intérêts et de leurs aspirations contre les tentatives d’imposer la poursuite des politiques au service du grand capital et de l’impérialisme, qui ont déjà causé tant de souffrances en Grèce ».

Dans son message, il réaffirme aussi « la solidarité des communistes portugais avec les communistes, les travailleurs et le peuple grecs et sa pleine confiance dans leur détermination et leur lutte pour obtenir la réalisation de leurs aspirations légitimes ».

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 23:13

Publié par Michel El Diablo

RENFORÇONS la LUTTE contre L'UNION EUROPÉENNE : Rencontre-Débat samedi 7 février 2015 à Saint-Denis (93) - [CNR-RUE]
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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 15:51

Nous partageons ce point de vue de Canaille Le Rouge.

 

 

 

Ultimatum

agression inqualifiable

serrer les rangs

autour du peuple Grec.

La priorité politique.

 

Signature

 

 

L'URIF CGT parle de coup d'Etat de la BCE.

L'expression cadre exactement de quoi il retourne :

L’Allemagne d' A. Merkel, avec son ministre de finance, 75 ans après, revient de force pour attenter à la souveraineté de la Grèce. Les panzers feraient désordre, elle envoie sa troïka :

Soit les Grecs se plient à son diktat, soit c'est la guerre ; pour l'instant encore économique, mais une guerre qui, par les privations qu'elle a déjà imposées au peuple grec par l'entremise de la coalition socialisto-droite précédente à Athènes, a déjà des morts au compteur (chez ces gens là, on ne dit pas sur la conscience, depuis leurs miradors à garder leurs coffres, ils n'en ont pas).

Le peuple Grec a décidé de dire massivement NON au diktat meurtrier, c'est intolérable pour le Capital. Celui-ci engage une opération de déstabilisation de l'économie grecque, digne du blocus que Cuba subit depuis un demi siècle, qui veut l'étrangler économiquement.

Aider et être solidaire de la Grèce, c'est porter ici notre souveraineté.

L'appel de l'URIF vite relayé par l'UD CGT de Paris pour manifester la solidarité à la Grèce montre une réactivité de bon aloi qui tranche avec l'extrême discrétion qui présidait jusqu'à il y a peu de la part de la CGT (dont le site n'aborde la question grecque qu'au détour d'un comuniqué bateau du 4/02 "La CGT souhaite que cette victoire électorale se traduise par des avancées et de nouveaux droits pour les salariés grecs." sur une ligne et demi).

Alors que les travailleurs de Grèce ont besoin que s'exprime la solidarité du monde du travail, le silence complice de la CES est insupportable. Les syndiqués de France doivent en tirer les conclusions qui s'imposent.

Devant le putsch financier monté par la BCE laquelle agit comme l'huissier venant saisir un peuple, putsch qui en prépare d'autres, non seulement il faut manifester une solidarité tout azimut jusqu'à faire céder la bourse de Francfort et ses bras armés mais ici ne pas lâcher ceux qui sont complices de l'agression la droite (dont son extrême qui kollabore avec les nazis d'Athènes) et le PS qui soutien Merkel. Hollande, Faux cul de première classe dit sa "solidarité conditionnelle" : "la Grèce a le droit de dire comment elle doit impérativement obéir à la Troika"

Entre les peuples et la banque il faut choisir, le PS depuis un siècle choisit la banque. Il faut que ce croupion du capital, ses élus nous rendent des comptes. Urgent de les interpeler partout où ils se trouvent d'autant que Blummollet est parti, avec Merkel, serrer une nouvelle fois la louche à leur pote Porochenko aux sympathies actives de type f-haine si particulières.

Pas de riposte politique de classe à la hauteur de l'agression. 

Si Canaille le Rouge peut partager la phrase de la déclaration de P. Laurent "la responsabilité du krach bancaire qui a découlé de ce geste unilatéral de la BCE, sous pression d'Angela Merkel. " comment accepter celle ci : "La BCE révèle ainsi qu'elle n'est ni indépendante, ni démocratique et qu'il devient vital de la refonder dans l'intérêt de tous les peuples européens." alors que c'est cette BCE, comme les plans d'ajustement du FMI ou les diktat de l'UE qui piétinent les peuples et leur souveraineté. Une matraque ne se réforme pas, elle se jette. Les outils du capital ne se réforment pas, il faut les casser, c'est même pour cela que se sont créées les organisations communistes.

Ne pas occuper ce terrain fait le jeu de F-haine et sa duplicité. Cela laisse seul face au Capital les Grecs qui ont décidé de dire non à ce que Laurent participe à sauver. Il faut choisir, là aussi les barricades n'ont que deux côtés.

:

L'appel de L'URIF CGT :

Objet : Coup de force de la BCE contre la Grèce. Rassemblement ce soir.

 

La décision de la BCE de priver les banques grecques de s'alimenter auprès d'elle à des taux avantageux, conduit à couper les financements à la Grèce.

C'est donc une déclaration de guerre au peuple grec et au nouveau gouvernement qui a été élu le 25 janvier.

Les motifs sont explicites de la part de la BCE : faire pression sur le gouvernement pour qu'il maintienne les mesures structurelles (baisse des salaire, privatisation, disparition des conventions collectives.....).

 

Notre solidarité doit être sans faille, car l'oligarchie européenne veut détruire dans l’œuf le choix du peuple grec de s’attaquer à l'ordre libéral.

 

L’URIF CGT appelle à participer au rassemblement de ce soir :

 

18h30 place des Victoires (siège Banque de France) - Place du palais royal.

Solidarité avec le peuple grec ! Non au coup d'état de la BCE !

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 11:28

Transposition des directives : quand le Parlement délègue sa compétence législative aux ministres

Vous pensiez que le Parlement était chargé d’écrire le droit et le gouvernement chargé de l’appliquer? Rien n’est moins sûr. Premièrement, parce que la Constitution de 1958 limite (par son article 34) les domaines dans lesquels peut/doit intervenir le législateur. En dehors de ces domaines, le gouvernement est libre d’user […]

Lire la suite en cliquant sur le titre.

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 10:12
Le nouveau BRN est paru
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 09:26
Un article prémonitoire de Jacques Sapir ?  A l'heure où il écrit ces lignes, le 3 février 2015, la BCE n'avait pas encore décidé, comme elle vient de le faire, de mettre la pression maximale sur le gouvernement grec en suspendant le régime de faveur qu’elle accordait jusqu’ici aux banques hellènes
 
3 février 2015

Par

Syrisa a remporté la victoire aux élections grecques le 25 janvier. Peu de temps s’est écoulé, et pourtant on peut commencer à prendre un certain recul devant l’événement. Après une semaine d’étonnement devant un gouvernement qui applique son programme (et qui tient ses promesse, ce qui change…), après avoir pris acte des premiers gestes politiques de l’équipe d’Alexis Tsipras (et de son nouveau ministe des finances), après avoir remisé la « Troïka », soit l’alliance du FMI, de la Banque Centrale Européenne et de la Commission Européenne, au rayon des accessoires surannés[1], il convient de s’interroger sur la stratégie de Syriza.

La stratégie de Syriza

Cette dernière tient en un point. Tsipras veut retrouver des marges de manœuvres budgétaires. Il a besoin pour cela de « récupérer » de 6 à 8 milliards d’euros, qui sont actuellement affectés au paiement des intérêts de la dette grecque. Il a besoin de cet argent pour mettre en place les mesures qui éviteront au peuple grec de périr. C’est une réalité tragique, et pourtant tout à fait évidente. Cette diminution de la charge des intérêts est nécessaire et permettra au gouvernement de mettre en place un programme de sorte de l’austérité. C’est pour cela que Syriza a fait de l’annulation partielle de la dette, ou à tout le moins d’un moratoire de 20 à trente ans sur les paiements une de ses priorités. On sait que, sur ce point, il est soutenu tant par des économistes – et non des moindres – que par le gouvernement américain. On sait aussi que les réserves de la Grèce sont insuffisantes pour permettre à ce pays de faire les paiements prévus au début de juillet. Au total, ce sont 23 milliards d’euros que la Grèce devrait verser. Dans la meseur ou Tsipras a réjeté la dernière tranche du plan d’aide prévue par la « troïka », cela signifie qu’un accord devra impérativement être trouvé avant cet été.

Mais, il va se heurter à un front très dur de pays emmenés par l’Allemagne. On sait que ce dernier pays, par la voix de la chancelière Angela Merkel, s’est fermement opposée à toute annulation des dettes. Cela laisse cependant ouverte la porte de la solution du moratoire. Il est clair que la discussion portera alors sur la nature, et la durée, de ce dernier. En fait, Alexis Tsipras voudrait lier la question de son pays à celle d’une révision générale des politiques d’austérité. Ce faisant, il heurte de plein fouet la politique allemande qui soutient que, hors de l’austérité, point de salut. Cela signifie que l’affrontement avec l’Allemage, et ses alliés, est inévitable. Quels que soient les artifices de langage, il est évident que dans cet affrontement, il y aura un vainqueur et un vaincu. Les enjeux sont d’importance paur Alexis Tsipras, mais aussi pour Angela Merkel. Si elle devait subir une défaite, plier devant la volonté des autres pays, c’est non seulement sa propre position politique qui serait dramatiquement affaiblie en Allemagne, mais la crédibilité de sa position qui en serait considérablement affectée. Ayant cédé sur ce point capital, quels arguments l’Allemagne pourrait elle faire valoir pour éviter que la zone Euro se tranforme peu à peu en une union de transferts ? Mais, si c’est Alexis Tsipras qui cède de manière décisive, il torpille son avenir politique, et celui de Syriza ; il laisse le champ libre à la droite la plus extrême.

Négociation et théorie des jeux.

Nous assistons actuellement à un jeu de bluff et de contre-bluff. Le duo Tsypras-Varoufakis (le ministre des Finances) joue à merveille de la partition « good cop / bad cop ». De même, Mme Angela Merkel joue à merveille la carte de la rigidité bougonne. Il est clair qu’il y a beaucoup de manège dans tout cela. Et il convient de savoir que la Théorie des Jeux, c’est justement l’un des points forts du ministre des Finances[2]. Varoufakis pense que l’on peut ramener la négociation actuelle à une version du « dilemme du prisonnier ». Mais, ce jeu peut dégénérer en une forme bien connue dans la Théorie des Jeux que l’on appelle « chicken » (poulette)[3]. Cette forme théorise une scène bien connue des cinéphiles (La Fureur de Vivre) ; deux automobilistes s’affrontent en roulant l’un vers l’autre. Le premier qui prend peur de la collision et dévie de sa trajectoire a perdu. Il devient la « poulette » (chicken). Si aucun ne flanche, les deux véhicules se percutent, et l’on a deux morts… Ce jeu, s’il n’est pas répété (et s’il n’y a pas d’apprentissage) et si un événement imprévu ne survient pas, n’admet qu’une victoire totale de l’un sur l’autre. En cela, il est très différent du dilemme du prisonnier, qui montre les intérêts d’une coopération implicite[4].

On voit bien comment, compte tenu des risques encourrus en cas de « faiblesse » dans cet affrontement, tant Tsipras que Merkel pourraient s’engager sur une trajectoire de collision, et aller jusqu’au bout. Le risque est donc très grand que la négociation n’aboutisse pas à une recherche du compromis mais au contraire renforce chacun dans sa volonté de ne pas fléchir.

Que signifierait une collision frontale dans le contexte de la Grèce ? Si nous avons un refus de l’Allemagne d’admettre que l’austérité ne fonctionne pas, refus motivé tant par des représentations idéologiques que par une certaine vision des intérêt de l’Allemagne,  combiné à un refus de céder à la Grèce parce que c’est la Grèce (on se souvient des mots blessants sur les « cueilleurs d’olives »), et que du côté d’Athènes on se refuse de céder car l’on sait que cela signifie la fin de l’expérience de Syriza, l’idée de la collision frontale prend du sens. Dans ce cas, on ne trouve pas de solutions d’ici le mois de juillet et la Grèce doit faire défaut sur sa dette. La réaction de la BCE sera de couper le financement aux banques grecques, ce qui entraînera la décision du gouvernement grec à mobiliser la Banque Centrale grecque pour que le crédit ne soit pas coupé aux banques et, de fil en aiguille, la Grèce sortira de l’Euro.

Le discrédit ou la rupture

Dans ce jeu stratégique, il est clair que la Grèce à choisi délibérément une stratégie qualifiée par Thomas Schelling, l’un des fondateurs de la théorie des jeux, mais aussi de la théorie de la dissuasion nucléaire, de « coercive déficiency »[5]. En fait, le terme de « coercive deficiency » fut imaginé par L. Wilmerding en 1943 pour décrire une situation ou des agences engagent des dépenses sans financement préalable, sachant que moralement le gouvernement ne pourra pas refuser de les financer[6]. L’apport de Schelling consiste à avoir montré que l’on pouvait généraliser cette situation et qu’une situation de faiblesse pouvait s’avérer un instrument de contrainte sur autrui. Il montrait aussi comment il pouvait être rationnel pour un acteur se sachant d’emblée en position de faiblesse d’accroître cette dernière pour pouvoir en user dans une négociation. A l’inverse de Jack London, on peut parler ici d’une « force des faibles »[7]. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la renonciation par le gouvernement grec de la dernière tranche de l’aide promise par la « Troïka », soit 7 milliards d’Euros. Bien sur, rejetant la légitimité de la dite « Troïka », il ne pouvait logiquement accepter d’en bénéficier. Mais, plus subtilement, ce geste met la Grèce volontairement au bord du gouffre et indique à la fois sa résolution à aller jusqu’au bout (comme Cortez brûlant ses navires avant de monter sur Mexico) et accroît la pression sur l’Allemagne. Nous sommes ici en pleine « coercive deficiency ».

Les Etats-Unis en ont pris la mesure. On sait que Barack Obama a convoqué Angela Merkel à Washington pour le 9 février[8]. Au menu de cette rencontre, il y aura bien entendu le problème grec. Notons que cela montre l’engagement constant dans des Etats-Unis dans les affaires européennes. Tous ceux qui braillent que l’Euro devait nous donner une indépendance par rapport au Dollar feraient bien de méditer sur le sens de cette rencontre. La politique « européenne » se décide largement à Washington. C’est par ailleurs fort logique car l’Euro est la dernière ligne de défense du Dollar. Qu’il disparaisse et le Dollar sera nu face à la spéculation monétaire internationale.

Il est donc possible qu’Angela Merkel soit contrainte de céder. Mais, si elle le fait, elle engage un processus où elle perd toute maîtrise de la situation, tant en Europe qu’en Allemagne. En Europe, le fait de céder à la Grèce suscitera immédiatement de nouvelles demande. La crédibilité de la position allemande sera détruite, et l’Allemagne acculée à de nouvelles concessions qui feront immanquablement monter le coût de sa contribution à l’Europe. Cela marquera l’entrée dans la fameuse « Union de transferts » qui est le cauchemar d’une grande partie des dirigeants allemands. Mais, en Allemagne même, Angela Merkel perdra le bénéfice de sa position « dure » et sera soumise à de multiples pressions venant tant de son électorat que de ses alliés politiques, et ceic sans compter sur le parti anti-Euro AfD en embuscade. Elle n’a donc le choix qu’entre le discrédit, interne et externe, et la rupture.

Le début de la fin ?

Ce contexte est, bien entendu, largement suivi dans les autres pays. Les autorités françaises se rêvent en grand médiateur dans ce conflit annoncé. Mais, nous ne sommes pas à un congrès du PS. Il ne peut y avoir de « synthèse » entre des intérêts clairement opposés. La position de la France se trouve prise en otage de la croyance religieuse dans l’Euro qui unit une partie de notre élite politique. Il est clair que dans la tentative désespérée de trouver une « synthèse », François Hollande va achever de se discréditer. Il est d’ailleurs symbolique que ce soit avec l’Allemagne que les Etats-Unis discutent et non la France. Cette dernière ne compte plus. Et c’est aussi l’un des enseignements de la crise et de l’arrivée de Syriza au pouvoir à Athènes. Démontrant la possibilité d’une autre politique, cette arrivée détruit ce qui restait du discours du PS.

Nous sommes probablement au début de la fin, tant en Europe qu’en France. Et cette perspective terrifie comme elle fascine les acteurs du jeu politique.


[2] On lira Varoufakis Y., Rational Conflict. Oxford, Blackwell, 1991 ou encore, du même auteur (avec Hargreaves-Heap S.) Game Theory: A critical text. London and New York, Routledge, 2004

[3] Sugden, R. The Economics of Rights, Cooperation and Welfare, 2ème edition, Palgrave Macmillan, Londres-New York, 2005

[4]  Skyrms, B., Evolution of the Social Contract. New York, Cambridge University Press, 1996.

[5] Schelling T., The Stategy of conflict,  Harvard University Press, Cambridge (Mass.), 1960.

[6] Kiewiet, D., Roderick McCubbins et Mathew D. The logic of delegation: congressional parties and the appropriations process, Chicago (Ill.), University of Chicago Press. 1991, pp. 213–249.

[7] Schelling T., The Stategy of conflict, op.cit. p. 37.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 23:12

TAFTA dit merci à la gauche

lundi 2 février 2015

Auteur : par Texte du M’PEP
 

Le M’PEP se retire du collectif « Stop TAFTA » dont les objectifs non-avoués sont désormais de légitimer l’Union européenne et de protéger le Parti socialiste.

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 2 février 2015.

 TAFTA, PTCI, CETA, TISA ?

Ces sigles désignent des accords de libre-échange et d’investissement négociés dans le plus grand secret. S’ils sont adoptés, ils consacreront la domination des multinationales sur nos sociétés au détriment des citoyens et de la démocratie. Sous couvert d’une hypothétique relance de la croissance, ces accords s’attaquent aux normes sociales, financières, sanitaires, culturelles et environnementales. Si elles s’estiment lésées, les multinationales pourront poursuivre les États devant des tribunaux privés d’arbitrage, hors de tout contrôle démocratique.

Ces projets d’accords visent à limiter encore davantage la souveraineté nationale des pays de l’Union européenne, notamment en organisant une gestion de type colonialiste de leur économie - colonialisme désigné sobrement sous l’expression positive de « accord de partenariat ».

Pour accéder à l’étude réalisée par le M’PEP sur le PTCI, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3357

 Le collectif « Stop TAFTA »...

Jusqu’à ce jour, le M’PEP était membre du collectif « Stop TAFTA » qui regroupe 79 organisations au niveau national. La plupart de ces organisations sont issues de la gauche. La principale revendication du collectif est inscrite dans son texte de lancement : contraindre le gouvernement français et l’Union européenne à stopper les négociations en cours en vue de l’établissement des traités de libre-échange transatlantique.

 ...et sa pétition « citoyenne »

Depuis septembre 2014, le collectif a lancé une « pétition citoyenne » en s’appuyant sur l’ICE (« Initiative citoyenne européenne »), disposition apparue dans le traité de Lisbonne. Selon l’ICE, une pétition signée par 1 million de citoyens, venant d’1/4 des pays membres, peut être déposée à la Commission européenne. Libre à elle ensuite de la prendre en compte, sachant que les traités lui interdisent d’aller à l’encontre du libre-échange.

Le 4 décembre, le collectif « Stop TAFTA » annonce que la pétition a recueilli 1 million de signatures. Mais la Commission avait indiqué dès le 11 septembre qu’elle ne reconnaissait pas cette « Initiative citoyenne européenne ». Sur son site, le collectif indique qu’il continuera à recueillir des signatures « jusqu’à ce que M. Juncker mette un terme aux négociations du TAFTA et bloque la ratification du CETA ».

 Un échec programmé...

Les auteurs de la pétition pouvaient-ils sincèrement attendre autre-chose qu’une fin de non-recevoir de la part de la Commission ?

  • Ils savaient que l’ICE ne contraint aucunement la Commission. Pire encore : le traité de Lisbonne annonce très clairement qu’une pétition citoyenne dans le cadre de l’ICE ne doit viser qu’à la mise en œuvre des traités libéraux (« (…) aux fins des traités »).
  • Ils savaient que l’ICE avait été vantée par les partisans du OUI au traité constitutionnel européen (TCE) en 2005.
  • Ils savaient depuis 2007 que l’opinion des peuples ne peut infléchir ni la Commission ni les gouvernements européistes.
  • Ils savaient que d’autres « pétitions citoyennes » avaient déjà été jetées à la poubelle par la Commission : la pétition contre la recherche sur les embryons humains - qui avait pourtant mobilisé près de 2 millions de citoyens. La pétition pour un « droit à l’eau » - paraphée par 2 millions de citoyens – que la Commission a vidé de sa substance. Et la pétition lancée par le Parti de la gauche européenne (PGE) lui-même pour une « banque publique européenne axée sur le développement social, écologique et solidaire ».

Bref, ils savaient que cette pétition n’avait aucune chance d’aboutir. Mais ils ont laissé croire le contraire, sciemment, pour deux raisons : maintenir l’illusion d’une l’Union européenne démocratique et protéger le Parti socialiste.

 ... qui visait à maintenir l’illusion d’une Union européenne démocratique...

Les promoteurs les plus actifs de cette pétition au sein du collectif « Stop TAFTA » sont Attac, les Verts et le PGE (Parti de la gauche européenne). Ces organisations sont farouchement européistes - c’est-à-dire contre la souveraineté des nations :

  • Le PGE regroupe en son sein de multiples composantes de la gauche européenne dont le PG et le PCF). A ce titre, il touche – ainsi que les partis qu’il regroupe - des subventions de la part de l’Union européenne.
  • Les Verts ont affirmé par la voix de leur secrétaire nationale Emmanuelle Cosse leur volonté de mettre fin à l’État-Nation au profit d’une « Europe des régions ».
  • Attac, organisation « altermondialiste », ne milite pas contre le libre-échange – principale caractéristique de la mondialisation néo-libérale - mais pour son « aménagement » (notamment par la mise en place d’une très improbable taxe sur les capitaux à l’échelle mondiale).

La démarche de ces organisations vise donc à laisser croire que l’Union européenne est une institution démocratique et qu’elle comporte dans ses statuts des dispositions permettant aux peuples d’en passer par la voie légale pour infléchir sa politique. D’ailleurs, dès le rejet de la pétition par la Commission, le collectif « Stop TAFTA » s’est tourné vers la Cour de justice européenne, lui accordant ainsi son crédit.

Un constat s’impose donc : plus l’Union européenne affiche son mépris pour la démocratie, plus les organisations de gauche tentent de repeindre son vernis démocratique craquelé.

 … et à protéger le Parti socialiste !

D’autre part, il n’aura échappé à aucun observateur de la vie politique française qu’une énième recomposition de la gauche est en cours dans la perspective des élections de 2017. L’éclatement du Front de gauche lors des dernières élections municipales et les alliances qui se sont nouées à cette occasion – entre le PCF et le PS d’une part et entre le PG et EELV d’autre-part – en ont été les signes les plus visibles.

La pétition du collectif – qui s’adresse directement à la Commission européenne – vise à dédouaner le gouvernement PS de ses responsabilités en tant que négociateur. Avec elle, le collectif « Stop TAFTA » ne revendique en effet plus que le gouvernement français renonce à participer aux négociations en cours sur le TAFTA !

 Depuis les élections européennes, un triple combat s’annonce

Pour le M’PEP, il n’y a plus le moindre crédit à apporter à l’Union européenne, depuis longtemps. C’est ce qu’il a affirmé encore fortement à l’occasion des dernières élections européennes en appelant au boycott citoyen, alors que l’intégralité des forces politiques traditionnelles se prêtait à la mascarade - même celles qui se prétendent « eurosceptiques » (à gauche) ou « europhobes » (à droite ou le FN) !

Il s’annonce donc un triple combat :

  • Combat contre l’Union européenne elle-même. Le danger du TAFTA ne se poserait pas pour la France si elle n’était pas dans l’Union européenne. Il ne se poserait ainsi plus de manière chronique tous les dix ans (un AMI de perdu, un TAFTA de gagné !). Car comment combattre un tel traité de « libre-échange » sans combattre l’incarnation même du libre-échange en Europe qu’est l’Union européenne ? Stop TAFTA, c’est donc d’abord Stop UE !
  • Combat idéologique contre les organisations qui laissent croire que l’Union européenne est démocratique et/ou qui laissent croire qu’il est possible de démocratiser l’Union européenne, en particulier les organisations de gauche, politiques, associatives et syndicales.
  • Combat contre le Front national dont le rôle depuis trente ans est de verrouiller la vie politique française sur les questions européennes et nationales. Un Front national qui permet aujourd’hui aux organisations de gauche européistes d’accuser de sympathie fascistes tous-ceux qui veulent que la France et son peuple retrouvent leur souveraineté.
 Le M’PEP se retire du collectif « Stop TAFTA »... pour pouvoir combattre le TAFTA !

Le M’PEP ne se prêtera pas à la mascarade orchestrée par le collectif « Stop TAFTA ». Il se retire de ce collectif et invite toutes-celles et tous-ceux qui veulent lutter réellement et efficacement contre le TAFTA à agir avec lui :

  • pour exiger du gouvernement français qu’il se retire des négociations ;
  • pour que la France sorte de l’Union européenne, car lutter contre le TAFTA passe nécessairement par un tel combat.
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 07:01

Publié par Michel El Diablo

 

IRLANDE:  « No to water charges », de nombreuses manifestations contre la TAXATION de L’EAU

 

Les Irlandais ont manifesté à nouveau par dizaines de milliers dans toutes les grandes villes d’Irlande, samedi 31 janvier 2015 pour protester contre la mise en place de compteurs d’eau individuels dans les foyers. Jusqu’ici, la consommation d’eau n’était pas facturée. Une taxe sur l’eau était en effet incluse dans les impôts. La distribution de l’eau était donc quasi gratuite.

 

En chute vertigineuse dans les sondages, le gouvernement de coalition alliant le Fine Gael (centre droit) du Premier ministre Enda Kenny aux travaillistes du Labour, a reculé après les manifestations de novembre et celle du 10 décembre qui a rassemblé plus de 100 000 participants. Le gouvernement a réduit notamment le montant de la facture réclamée aux foyers irlandais en ramenant le forfait annuel de 400  euros à 160  euros, et pas de paiement au mètre cube consommé. Mais il refuse d’abandonner sa réforme qui doit mettre fin à une exception au sein de l’UE, qui remonte à 1997. Le projet d’installation des compteurs décidé en 2013, mené par la société semi-publique « Irish Water » devait aboutir à la fin de ce mois de janvier.

 

Pour les manifestants irlandais, il s’agit de dire stop à l’austérité et aux privatisations voulues par l’Union européenne. Ils voient surtout dans la fin de la gratuité de l’eau une nouvelle exigence de la « troïka » (Commission européenne, BCE, FMI). C’est elle qui avait poussé en 2010 le gouvernement irlandais à prendre cette mesure en contrepartie de son plan de sauvetage. «Pas question de payer, les banques sont renflouées», scandaient les manifestants samedi dans la capitale irlandaise. D’autres slogans appelaient Enda Kenny à la démission.

 

source: POI

repris par el diablo

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:46
Tsipras et Poutine
par Ariane Walter
Agora Vox

 

Ce qui se passe en Grèce est énorme.

Je dois dire tout d’abord que je méfiais des intentions « à la Hollande » de Tsipras. (« La finance est mon ennemi ». On connaît la suite . )

Le parti communiste grec (KKE) qui ne soutient pas Syriza, ce qui peut paraître paradoxal, en avait donné les raisons cet été. Raisons qui ont été reprises par Asselineau récemment. Bref Tsipras qui avait fait la tournée des maîtres du monde, leur avait laissé entendre qu’ils pouvaient le laisser être élu sans crainte, qu’il n’était pas dangereux et qu’il n’entendait absolument pas quitter l’Europe ou l‘Euro. C’est alors que le KKE l’avait traité de traître à la Grèce.

Or la réalité est tout à l’opposé.

Tsipras joue une partie d’échecs qui n’est pas sans rappeler celle d’un maître qui s’appelle Poutine.

Il avance à coup précis et audacieux.

D’une part, sauf pour les aveugles, dès les premières heures de son mandat il donne des signes de son intérêt pour Moscou. Comme le fait remarquer Bild dans « Die Russen-Connection der Griechen-Radikalos » : « A peine 90 minutes après son investiture […], Tsipras rencontre qui ? L’ambassadeur russe en Grèce »

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Cet été, déjà, Tsipras avait refusé de reconnaître le gouvernement fasciste de Kiev. Il échappe donc à la doxa européenne. Comment imaginer que la Grèce puisse rester dans l’UE en ayant une politique extérieure tout à l’opposé et sur quel sujet !

Autre élément d’importance : peu de temps avant l’élection de Tsipras, Poutine avait annoncé qu’en cas de victoire de ses couleurs, il ferait sauter l’embargo et reprendrait son commerce avec la Grèce. Enorme proposition. Après !es résultats de l’élection, les félicitations de Poutine rappellent cette avancée. Une possibilité qui est précisée ce soir :

« Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a déclaré jeudi que la Russie envisagerait d'accorder une aide financière à la Grèce si celle-ci lui en faisait la demande. "Nous pouvons imaginer que si une demande est soumise au gouvernement russe, nous l'étudierons de près, en prenant en compte l'ensemble des facteurs de nos relations bilatérales", a-t-il dit à la chaîne CNBC. Ne soyons donc pas étonnés que le nouveau ministre grec de l'Energie, Panagiotis Lafazanis ait assuré qu'Athènes était contre les sanctions et "n'a pas de divergence avec la Russie".

 https://www.zonebourse.com/…/Moscou-pret-a-aider-la-Grece-…/

Ajoutons enfin, il y a deux jours, la claque la plus magistrale que l’on puisse imaginer. La Grèce a refusé de voter de nouvelles sanctions pour Moscou suite aux évènements de Mariupol. 

Le Point rappelle alors des évènements antérieurs dans un article titré « Tsipras le nouvel ami de Poutine. »

« Ce n'est pas un hasard si le premier diplomate à être venu saluer Alexis Tsipras après sa prestation de serment comme nouveau Premier ministre de la Grèce est l'ambassadeur de Russie. La proximité du leader de l'extrême gauche avec la politique de Moscou, y compris pour ce qui concerne l'Ukraine, s'était déjà manifestée en mai 2014 lors d'un voyage à Moscou. Reçu par la présidente d'une des assemblées du Parlement russe, Tsipras avait alors soutenu l'annexion de la Crimée et défendu le référendum organisé, avec la bénédiction de Moscou, dans la partie orientale de l'Ukraine par les séparatistes. »

« Le Temps » souligne la même évolution  : « Contre les sanctions de l’UE en Russie, contre le gouvernement ukrainien, contre l’austérité, contre l’Allemagne : Alexis Tsipras n’a pas tardé à démontrer la continuité idéologique de Syriza. Un nouvel axe se dessine : Athènes-Moscou. »

Cela n’a pas échappé au quotidien économique russe Kommersant : « le nouveau premier ministre grec, Alexis Tsipras, a, dès avant la victoire de Syriza, annoncé qu’il était favorable à un allégement des sanctions et contre la politique d’isolement de la Russie. »  La Neue Zürcher Zeitung résume la situation dans la formule : « Le cheval de Troie de Poutine ».

« A peine installé, le gouvernement de Syriza passe l’acte : il récuse les nouvelles sanctions contre la Russie réclamées par Bruxelles après la reprise de violentes hostilités dans l’Est de l’Ukraine. Pendant ce temps, Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères, transfuge du Parti communiste grec, défend des relations bilatérales plus étroites avec Moscou. Il aurait déjà remercié Poutine de s’être porté « au secours de nos frères orthodoxes » en Crimée. »

On est donc confronté à une évolution soudaine et fascinante que très peu avaient imaginée. Que Tsipras, assuré du soutien de la Russie, trop heureuse de récupérer un tremplin sur la méditerranée, prépare une sortie de l’Europe et de l’Euro, inévitable, voici qui ouvre des horizons incroyables.

Tsipras, nouvel Hercule nettoyant les écuries d’Augias ? 

« Le Point », la voix de notre maître atlantiste, n’arrive pas à en croire ses yeux. Il ne peut imaginer que Tsipras se jette d’une manière aussi directe dans les bras de Poutine.

« Les diplomates européens comptent sur le pragmatisme de Tsipras pour ne pas agiter le chiffon rouge symbole des idées de son parti, en votant contre les sanctions au risque de rompre la solidarité européenne sur un sujet majeur de politique étrangère. Beaucoup pensent que le problème du rééchelonnement de la dette grecque, sa préoccupation première, et pour laquelle le nouveau venu va devoir guerroyer ferme, le poussera à certaines concessions sur d'autres sujets. Ainsi, dans le programme de Syriza, y a-t-il une sortie immédiate de la Grèce de l'Otan et la remise en cause des droits accordés à l'alliance qui font de la Crète une de ses principales bases navales en Méditerranée. Bizarrement, c'est là une exigence qu'Alexandre Tsipras a abandonnée, juste avant les élections. »

Oui, mais maintenant il est élu, et ses premières mesures sont tout à l’opposé des conseils de la Troïka. 

Ses premières décisions sont tellement fidèles à ses promesses. On est si peu habitué à ça. Surtout avec cette gauche crapuleuse que nous avons en France…

Parmi toutes les décisions qui honorent ce gouvernement, (arrêt de la privatisation de l’EDF grec, des ports du Pirée et de Thessalonique, salaire minimum relevé de 580 euros à 751,) le réengagement des femmes de ménage du ministère des finances est un acte fort et symbolique :

« L'un de nos premiers gestes sera une réduction immédiate et spectaculaire des dépenses du ministère qui permettra la réintégration des femmes de ménage », a annoncé le nouveau ministre des Finances Yanis Varoufakis lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Guikas Hardouvelis.

« Avec le nouveau gouvernement, nous nous attendons à une vie meilleure pour les plus démunis », espérait Lilly Giannaki, qui devrait faire partie des agents réembauchés. Elles étaient 595 mises sur le carreau en 2013, environ 300 d'entre elles souhaitent être réembauchées.

M. Varoufakis, arrivé sac au dos et portant une simple chemise, a été le premier ministre des Finances à ne pas être chahuté par ces dures à cuire qui se sont souvent heurtées aux forces de l'ordre, devant le ministère. Les forces de l'ordre étaient d'ailleurs, pour la première fois, invisibles.

 Il faut dire que de voir au pouvoir des politiques qui respectent l’humain ça fait du bien.

Bon sang que c’est bon !

Tsipras, le nouvel Ulysse qui va flécher les prétendants qui ruinent son royaume et déshonorent sa femme ?

On a envie d’un peu d’héroïsme en des temps vulgaires.
Le ridicule de Hollande n’en ressort que plus qui, après les évènements « Charlie » avait décrété : « La vie reprend son cours. Il faut faire des achats. Ce sont les soldes. » Ridicule ! 

Oui, nous, nous avons un gouvernement à solder ! On le cède pour pas cher, même…Pour rien du tout.

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 08:30

Lu sur "canempechepasnicolas"

Alexis Tsipras veut présenter la facture des crimes nazis à l'Allemagne

TEXTE REPRIS SUR
BANDERA ROSSA

 source:

www.slate.fr

 

Angela Merkel lors d'un forum à Athènes le 11 avril 2014. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Angela Merkel lors d'un forum à Athènes le 11 avril 2014. REUTERS/Alkis Konstantinidis

À peine élu, le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait un geste fort lundi: son tout premier déplacement officiel a consisté à se rendre à Kesiariani, dans la banlieue d'Athènes, pour se recueillir devant la stèle qui rend hommage aux victimes des soldats de la Wehrmacht, qui ont assassiné en ces lieux des centaines de résistants grecs durant la Seconde guerre mondiale.

 

«Tsipras attire ainsi l'attention du monde entier sur un sujet qui joue un rôle bien plus important dans son pays natal qu'en Allemagne», commente l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. La question des réparations pour les crimes de guerre nazis est un sujet très sensible en Grèce, où de nombreuses exactions ont été commises par les troupes hitlériennes, y compris vis-à-vis des civils, comme dans les villages de Distomo et Kalavryta, dans le nord du pays. En plus de ces massacres, l'Allemagne nazie a forcé la banque nationale grecque à acquérir 476 millions de Reichsmarks d'obligations jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, rappelle Der Spiegel.

Pourtant, contrairement aux autres victimes des crimes de guerre nazis, les Grecs n'ont obtenu que peu de l'Allemagne comme nous l'expliquions en détail sur Slate en 2012. Sans que l'on sache vraiment pourquoi, une partie des 30.000 tonnes de biens manufacturés que l'Allemagne avait convenu de livrer à la Grèce en guise de réparation au début des années 1950 n'est jamais arrivé à destination, restant à quai dans le port de Hambourg.

C'est donc une conviction répandue depuis des décennies dans la société grecque que les Allemands ont une «dette» à l'égard de la Grèce. Une dette dont le montant, selon les différents modes de calcul utilisés, pourrait atteindre 162 milliards à 230 milliards d'euros, et ce sans les intérêts. Une dette qui, si elle était honorée, pourrait donc résoudre quasiment à elle seule l'abyssale question de la dette grecque.

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