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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 09:26

tour-eiffel-pcf.jpg

Les communistes parisiens ont voté sur la stratégie du PCF pour les municipales. La question était de se prononcer sur une alliance ou non avec le PS dans la capitale. Seuls 30% des communistes parisiens ont pris la peine de donner leur avis, ce qui en soit est déjà significatif : un tel vote n’avait pas lieu d’être, puisque la question en elle-même (s’allier ou non avec le PS) est déjà une aberration. En effet, la seule raison d’une telle alliance avec un parti qui mène une politique libérale faite d’austérité et de régression sociale est bien évidemment le souci de conserver des sièges d’élus.

 

 

Le PCF s’enfonce donc encore un peu plus dans sa dérive électoraliste, commencée il y a plusieurs décennies. Il est certain que les dirigeants et les militants qui les appuient (57% des votants parisiens, soit environ 17,5% des communistes parisiens) n’ont pas tiré les leçons de toutes ces années de suivisme électoral qui ont abouti à  la déliquescence du Parti, tant en termes électoraux qu’en termes idéologiques.

 

Le manque de courage politique aura été la signature évidente de toutes ces années de dérive vers la collaboration de classes. A moins qu’il ne s’agisse purement et simplement que d’un choix délibéré de trahison.

 

Car le peuple ne peut que se sentir trahi par ces alliances plus que douteuses avec un PS au pouvoir qui l’opprime au profit des riches et des puissants. Que des communistes se rangent aux côtés de leurs oppresseurs, voilà qui va encore à juste titre creuser l’écart entre le PCF et les travailleurs. Faut-il rappeler aux dirigeants du Parti que les citoyens, loin des intrigues de salon, doivent se battre tous les jours pour se défendre et assurer tant bien que mal leurs fins de mois ? La « stratégie » des communistes pour que quelques-uns puissent conserver leurs sièges sera appréciée comme il se doit par les électeurs.

 

Les raisons invoquées officiellement, par exemple atteindre 30% de logements sociaux dans la capitale, ne sont que des prétextes. Certes, les logements sociaux sont indispensables, mais ce n’est pas 30% de logements sociaux que nous voulons, c’est 100% ! En agissant ainsi, le PCF ne fait que confirmer son accompagnement du capitalisme, puisqu’il s’agit, comme pour tous les réformistes, non pas de renverser ce système inique générateur d’injustices permanentes, mais simplement d’arrondir les angles en le maintenant en place. La collaboration de classes serait-elle la voie royale du PCF ?

 

Concernant le Front de Gauche, les alliances avec le PS conduiront soit à renforcer le Parti de Gauche de Mélenchon, soit à affaiblir encore plus un Front qui malgré tout restait un espoir pour nombre de citoyens.

 

Pire, en cette période très dure pour le peuple, l’alliance du PCF avec le PS apporte de l’eau au moulin du FN de Marine Le Pen, dont le slogan venu des mouvements fascistes des années trente, « Tous les mêmes, tous pourris », sera confirmé aux yeux des citoyens les plus modestes. Surtout si l’on y ajoute l’effacement idéologique du PCF, devenu inaudible à force d’être consensuel.

 

Le PCF vit encore sur ses luttes passées, lorsqu’il menait efficacement la lutte au nom de tous les travailleurs et pour l’avènement d’une société égalitaire. Il y a longtemps qu’il a abandonné ses positions de classe. Combien de temps encore fera-t-il illusion auprès des travailleurs ?

 

Nombre de communistes, pour qui la lutte des classes est une réalité de tous les jours et pour qui la collaboration de classes ne peut que conduire à renforcer l’exploitation des citoyens, ont déjà déserté un parti dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Mais nombre d’entre eux continuaient malgré tout à soutenir le Parti par leurs votes. Nul doute que d’aucuns iront cette fois-ci grossir les rangs des abstentionnistes. Or, on l’a vu lors de toutes les dernières consultations électorales, ce sont les abstentionnistes qui permettent au FN d’augmenter ses pourcentages.

 

Cette dérive électoraliste supplémentaire, pour quelques bols de soupe institutionnelle, va pousser un peu plus le PCF vers sa disparition, et pousser un peu plus un certain nombre d’électeurs dans les bras de l’extrême droite.

 

Quand un parti qui se dit communiste n’a plus pour seul objectif que d’assurer sa survie institutionnelle en allant à l’encontre des intérêts du peuple, alors un tel parti mérite-t-il encore d’exister ? C’est la question que nombre de communistes peuvent se poser.

 

 

Michel Strausseisen

 

 

 

 

Source: Vendémiaire

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 22:41

L’intérim est sous la protection du ministère de l'intérieur, qu'en dit celui du travail ?

Publié le 23 Octobre 2013

 

Suite instructive du précédent :

 

Preuve que Valls n'a rien contre les populations venant de Roumanie c'est que parfois il assure leur sécurité.

 

C'est le Figaro peu suspect de sympathie pour le gouvernement (du moins officielement- tant celui-ci fait bien le boulot) qui nous l'apprend :

 

 

Une centaine d'intérimaires roumains auraient par ailleurs commencé à travailler la semaine dernière à l'abattoir de Josselin après la fermeture de celui de Lampaul, pour faire face au surcroît de travail consécutif au transfert de production. Pour les salariés de Lampaul, c'est la goutte d'eau. «C'est du dumping social, on est écœurés. Tout le monde a le droit de travailler mais il faudrait un salaire minimum cohérent pour tout le monde», proteste le délégué syndical. Selon la direction, qui ne nie pas le recours aux intérimaires étrangers, ces derniers bénéficient toutefois «exactement des mêmes conditions contractuelles et salariales que les salariés français».

 

 

Confirmation du côté des salariés de Lampaul  :

 «Il y aurait plus de cent intérimaires roumains qui seraient arrivés en fin de semaine dernière» à Josselin, a assuré à l’AFP Jean-Marc Détivelle, délégué FO du site de Lampaul. 

«C’est du dumping social, on se demande si, en France, plutôt que d’essayer de le combattre comme le gouvernement l’avait promis, ils n’ont pas décidé de se vautrer dedans», a-t-il dénoncé.

Bolkenstein, cela doit se dire Valls en Catalan.

Bon c'est vrai que le PS a appelé (avec ses potes d'EELV) à voter oui en 2005 et qu'ils sont soutien fervent du traité de Lisbonne.

En tout cas ce soutien à l'immigration sélective auxiliaire aux plans de casse, voila un argument que Valls ne manquera pas d'opposer à ceux qui auraient l'outrecuidance de dire qu'il aurait des préventions contre les populations des Balkans.

Parait que Sarko fait la gueule : le flambeur d'Evry pille le programme du matamore de Neuilly

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #polémique

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 22:32

BRETAGNE: Les salariés des abattoirs jetés au chômage

Les salariés bretons de l’agroalimentaire sont durement frappés par les fermetures de leurs entreprises et en particulier des abattoirs. C’est l’Allemagne qui se taille la part du lion dans le domaine de l’abattage porcin, ce qui permet aux groupes capitalistes allemands de ce secteur  de réaliser plus de marges par bête abattue. En multipliant par des millions de têtes on a une idée des  gros profits réalisés !

 

 

Pourquoi un moindre coût à l’abattage ? Tout simplement parce qu’en Allemagne les propriétaires pratiquent férocement la surexploitation des immigrés, surtout sans papiers, qu’ils parquent dans de véritables camps entourant les sites d’abattages. Selon la loi allemande ces salariés qui peuvent travailler sans permis durant six mois sont payés de 4 à 6 euros de l’heure. Rappelons qu’il n’y pas de salaire minimum en Allemagne. Évidemment le flux régulier d’immigration permet de renouveler le stock des salariés. Tant pis pour les Allemands sans travail. Ainsi va l’Europe du capital. Elle met non seulement en concurrence les salariés dans un même pays et les pays européens, mais en plus elle puise, dans sa périphérie, des bras pour faire baisser le « coût du travail » et augmenter ses profits. Qu’importe la misère sociale, leur seul indicateur c’est le profit.

 

Cette Europe offre une base juridique à la surexploitation des travailleurs quelle que soit leur nationalité.

 

On utilise le travail des immigrés pour augmenter les profits capitalistes. Français et immigrés ne nous laissons pas opposer. 

 

Source:http://www.sitecommunistes.org/

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 07:36



Le 20 octobre 1941, le lieutenant-colonel Karl Hotz, est abattu à Nantes par des résistants communistes. En représailles, les autorités allemandes d'occupation fusillent, le 22 octobre 1941, 48 prisonniers pris comme otages à Châteaubriant, Nantes et Paris.

Pierre Pucheu, secrétaire d’Etat à l’Intérieur dans le gouvernement collaborateur de Vichy choisit pour les Allemands une première liste de 50 otages : des prisonniers communistes ou militants syndicalistes du camp de Châteaubriant. Il a tout fait pour que soient désignés des communistes. Grand commis du patronat de la sidérurgie avant guerre, militant d’extrême-droite, il avait été successivement membre des Croix de feu, puis membre du Parti populaire français de Doriot. Il sert d'agent de liaison entre Doriot et une partie du patronat grâce à ses fonctions au Comptoir de l'industrie sidérurgique.


Les 27 résistants fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941 :

des résistants, des militants communistes, des militants syndicalistes.

AUFFRET Jules, 39 ans, ouvrier gazier, conseiller général communiste de la Seine
BARTHÉLÉMY Henri, 58 ans, retraité de la SNCF
BARTOLI Titus, 58 ans, instituteur honoraire, militant communiste
BASTARD Maximilien, 21 ans, chaudronnier
BOURHIS Marc, 44 ans, instituteur, militant communiste trotskiste
DAVID Émile, 19 ans, mécanicien dentiste
DELAVACQUERIE Charles, 19 ans, imprimeur
GARDETTE Maurice, 49 ans, artisan tourneur, conseiller général de la Seine
GRANDEL Jean, 50 ans, emploté des PTT, maire communiste de Gennevilliers, conseiller général communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT de la Poste
GRANET Désiré, 37 ans, secrétaire général de la Fédération CGT du Papier Carton

GUÉGUIN Pierre, 45 ans, professeur, maire communiste de Concarneau et conseiller général du Finistère
HUYNH-KHUONG An, 29 ans, professeur, militant communiste
KÉRIVEL Eugène, 50 ans, marin pêcheur, militant communiste
LAFORGE Raymond, 43 ans, instituteur, militant communiste
LALET Claude, 21 ans, étudiant, dirigeant des Jeunesses Communistes
LEFEVRE Edmond, 38 ans, métallurgiste
LE PANSE Julien, 34 ans, forgeron
MICHELS Charles, 38 ans, ouvrier de la chaussure, député communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT des Cuirs et Peaux
MÔQUET Guy, 17 ans, étudiant, fils du député communiste de la Seine Prosper Môquet
PESQUÉ Antoine, 55 ans, médecin
POULMARC’H Jean, 31 ans, secrétaire général de la Fédération CGT de la Chimie
POURCHASSE Henri, 34 ans, métallurgiste, militant communiste
RENELLE Victor, 53 ans, ingénieur chimiste, créateur du syndicat des techniciens des industries chimiques
TELLIER Raymond, 44 ans, imprimeur
TÉNINE Maurice, 34 ans, médecin, militant communiste
TIMBAUD Jean-Pierre, 31 ans, mouleur en bronze, secrétaire général de la Fédération CGT des Métaux
VERCRUYSSE Jules, 48 ans, ouvrier du textile, secrétaire général de la Fédération CGT du Textile

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 12:21
Mardi 22 octobre 2013

 

Dimanche 20 octobre 2013

 

par Gilles Munier

 

 

L’écrivain Göran Burén a effectué des recherches dans les archives nationales suédoises déclassifiées en 2000. Il révèle dans The Washington Report on Middle East Affairs (1) que le comte Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU pour la Palestine en 1948, a bien été assassiné à Jérusalem avec la complicité du gouvernement israélien.

 

En 1948, le comte Bernadotte – neveu du roi de Suède - tentait d’instaurer un cessez-le-feu entre les troupes arabes de libération et l’ex-Haganah, milice sioniste devenue Armée de défense d’Israël, nouvel Etat créé par les Nations unies, quelques mois plus tôt, sur le territoire palestinien (2). Il condamnait « le pillage sioniste à grande échelle et la destruction de villages sans nécessité militaire apparente» (3) et proposait un plan de partage du territoire palestinien qui ne convenait pas aux dirigeants israéliens de l’époque et encore moins aux groupes sionistes extrémistes Lehi et Irgoun.

 

Les colons juifs

n’ont rien à voir avec les Hébreux de la Bible


Le groupe terroriste juif Lehi - plus connu sous le nom de Groupe Stern - avait décidé de tuer Bernadotte. Rien ne l’arrêtait : en 1944, il n’avait pas hésité à assassiner Lord Moyne, Haut-commissaire britannique en Egypte, qui avait déclaré à la Chambre des Lords que les colons juifs n’avaient rien à voir avec les Hébreux de la Bible et n’avaient en conséquence aucun droit légitime sur la Palestine (4). 

On sait moins que le Lehi (acronyme pour Lohamei Herut LeIsrael, c’est-à-dire : Combattants pour la liberté d'Israël), a aussi éliminé Moyne pour montrer à Hitler ce dont l’organisation était capable. Abraham Stern, son fondateur - tué en février 1942 par un des policiers britanniques qui l’avait arrêté - avait proposé à Werner von Hentig, diplomate allemand en poste à Beyrouth, d’aider le 3ème Reich à conquérir la Palestine en échange de la création d’un Etat juif(5).

 

En 1948, quand fut programmé l’assassinat de Bernadotte, le Lehi était dirigé par un triumvirat comprenant Yitzhak Shamir, futur Premier ministre d’Israël, interné en 1941 pour « collaboration avec les nazis ». C’est lui qui avait organisé l’attentat contre Moyne. En 1946, évadé d’un camp de détention britannique en Erythrée, il avait regagné la Palestine via Djibouti et la France qui lui avait accordé l’asile politique.

  

Le terroriste Yitzhak Shamir

n’a jamais été inquiété


Le 17 septembre 1948, une embuscade fut tendue au médiateur de l’ONU dans le secteur juif de Jérusalem. Ce jour-là, le comte était accompagné par le colonel français André Sérot, héros de la Première guerre mondiale, chef des observateurs de l’ONU à Jérusalem. Leur véhicule est bloqué par une vraie-fausse jeep de l’armée israélienne. Trois hommes du Lehi en uniforme de la Haganah en descendent. L’un d’eux – Yehoshoua Cohen - passe le canon de sa mitraillette par la fenêtre arrière entrouverte, et vide son chargeur sur les deux occupants.

A l’annonce de la mort de Bernadotte, son adjoint, l’Américain Ralph Bunche, télégraphia à Moshe Sharett, ministre des Affaires étrangères israélien, que Tel-Aviv devrait assumer l’entière responsabilité du meurtre. L’Intelligence Service était persuadée que l’ordre était venu de Moscou, car depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Lehi lorgnait vers Staline et cherchait à adhérer au Kominform !  

 

Pour calmer l’émotion suscitée dans le monde par la mort de Folke Bernadotte et du colonel Sérot, David Ben Gourion – Premier ministre d’Israël – accusa le Lehi de provocation et annonça sa dissolution. Nathan Yalin-Mor, un des membres du commando, fut  arrêté et jugé, mais pas pour assassinats : pour « appartenance à un groupe terroriste »… et amnistié deux semaines plus tard. On apprit plus tard que Yehoshoua Cohen – le tireur - était devenu le garde du corps personnel de Ben-Gourion (6). Yitzhak Shamir n’a jamais été inquiété. 

S’il se garda bien de mettre les pieds en Grande-Bretagne, il exerça ses talents sans problème à Paris au début des années 60 comme officier du Mossad, d’où il dirigeait des équipes de tueurs professionnels (7). A sa mort fin juin 2012, à l’âge de 96 ans, le président François Hollande rendit sans gêne hommage à sa« forte personnalité » et à son« courage exemplaire » !

 

Affaire classée


Une commission d’enquête suédoise, dirigée par le procureur-général Heuman, fut envoyée sur les lieux. En 1950, elle remit au gouvernement suédois un rapport accablant. L’enquête, côté israélien, avait été bâclée. Aucun témoin de l’attaque n’avait été interrogé, des indices négligés. Dov Joseph gouverneur militaire de Jérusalem, qui aurait dû fournir à Bernadotte une escorte armée, comme lors d’un précédent voyage, ne l’avait pas fait. Au fait des rumeurs d’attentat qui couraient dans quartier juif, il craignait pour la vie du diplomate. Les dirigeants suédois autorisés à lire le rapport en conclurent, sans se forcer, que Bernadotte avait été assassiné avec l’accord au moins tacite du gouvernement israélien.

 

Très embarrassée par ces informations, en totale opposition avec l’image donnée d’Israël par les médias, la Suède promit à Tel-Aviv de classer l’affaire si les Israéliens expliquaient de façon « acceptable » ce qui s’était passé, et s’excusaient pour les manquements signalés en matière de sécurité.

En 1950, Israël remit au gouvernement suédois le Rapport Agranat (8), une version des faits « acceptable » pour qui voulait bien s’en persuader,mais si peu crédible qu’ordre fut donné de ne pas le rendre public. Israël ayant présenté ses excuses – en la circonstance, c’était bien la moindre des choses - l’affaire fut classée top secret jusqu’en 2000 dans les Archives nationales.

 

Sans doute en raison de sa rédaction en langue suédoise, il semble que le Rapport Heuman, déclassifié depuis 13 ans, n’avait été consulté par aucun chercheur .jusqu’à ce que Göran Burèn l’exhume pour les besoins de son enquête sur le meurtre du comte Bernadotte. Il aura fallu plus de 50 ans pour que soit confirmé ce que de nombreux observateurs subodoraient depuis 1948 : l’attentat monté par le Groupe Stern est un des premiers crimes d’Israël en tant qu’Etat.

NOTES : 

(1) Swedish national archive documents shed new light on Bernadotte assassination, par Gören Brurèn (The Washington Report on Middle East Affairs – septembre 2013).

(2) U.N. Document A. 648, p. 14, déposé le 16 septembre 1948. 

(3) Par le feu et par le sang, par Charles Enderlin  (Ed. Albin Michel, Paris, 2008) 

(4) Cité par Isaac Zaar, Rescue and Liberation: America's part in the birth of Israel (N.Y. Bloc Publishing Cy, 1954). 

(5) Les espions de l’or noir, par Gilles Munier (Ed. Encre d’Orient, Paris, 2011).

(6) Folke Bernadotte et la première feuille de route (au Moyen-Orient), par Louis Farshee

http://www.ism-france.org/analyses/Folke-Bernadotte-et-la-premiere-feuille-de-route-au-Moyen-Orient--article-1497 

(7) Shamir Ran Mossad Hit Squad, Paper Says (Los Angeles Times - 4/7/92)

http://articles.latimes.com/1992-07-04/news/mn-1072_1_hit-squad

(8) Ne pas confondre avec le Rapport Agranat rédigé sous la présidence du même juge après la guerre d’octobre 1973, pour expliquer pourquoi l’armée israélienne a été surprise par l’attaque des troupes égyptiennes et syriennes dans le Sinaï et le Golan occupés.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:43

LA PRESSE GRASSE, SUCRÉE, SALÉE


"Veules", "serviles", "lâches", "incultes", "paresseux", "prétentieux", "couchés", "lèches-bottes", "cupides", "roquets", "perroquets", etc.  : la liste semble inachevable des épithètes méritées par la majorité des journalistes que nous sommes condamnés à lire ou à entendre dans les media.

Récemment encore, dans une émission de France-Info dont le concept est l'interview de petits singes savants qui répètent avec leur élocution XVe arrondissement ce que pensent leurs parents, on a entendu un type haineux évoquer  de manière élogieuse les "services spéciaux" qui en Syrie auraient cherché à assassiner "le dictateur Bachar al Assad". Jolie manière de présenter la politique à des enfants - comme d'ailleurs à des adultes. Il est vrai que les maîtres à penser de ces gens-là sont ceux qui ont assassiné Oussama Ben Laden et jeté en mer sa dépouille plutôt que de le juger, et qui s'accommodent fort bien de la gestion de ce qui est sans doute le plus grand centre de torture institutionnel depuis la seconde guerre mondiale : Guantanamo.

L’information est une marchandise
Ces jugements sur la presse sont toutefois un peu courts. Ils présentent en effet le défaut majeur de transférer sur le plan moral une question politique de fond, et donc de reléguer l'essentiel à l'arrière-plan. Et cet essentiel c'est que les journalistes sont salariés. Ils sont engagés et payés pour produire des textes, des images et des sons qui seront revendus à des gens pour lesquels ces productions ont une certaine valeur, puisqu'ils payent pour en prendre connaissance en achetant le journal ou des livres, en s'abonnant à un site internet, en payant une redevance, en tolérant de la publicité - y compris sur les "gratuits".
Ainsi, l'information est une marchandise. Halte donc aux jugements de moralité : s'il n'y a pas de honte à vendre des yaourts, des barres chocolatées ou des plats industriellement cuisinés, il n'y en a pas plus à vendre de l'information. Seulement il faut admettre que beaucoup de contraintes sont les mêmes. Pour les préparations alimentaires industrielles, il faut d'abord proposer au public le produit qu'il attend : gras, sucré, salé, et éventuellement caféiné. Il suffira ensuite de mentir en évoquant le caractère bio, amincissant ou "naturel" du produit. Lequel sera vendu en utilisant en outre des méthodes plutôt imaginatives : il n'y a plus beaucoup de pubs pour des arabica, ou des fromages battus, ou des yaourts, qui ne mettent pas métaphoriquement en scène divers orgasmes féminins (avec force gros plans vulgaires sur les lèvres supérieures siliconées façon mérous). Bref, on présente ce qu'on vend de manière réputée attrayante. En tout cas, on prend garde de déplaire, même si c'est très mauvais pour la santé.

A vendre : anecdotes et journalisme-spectacle
Les méthodes des media sont identiques. Il faut vendre au public ce pour quoi il paye. Et le public veut en avoir pour son argent. Sur les présentatrices, des analyses assez minables ont été menées. Elles portaient sur les décolletés... On a les sociologues qu'on mérite. Notons que les hommes, à leur manière, ne sont pas en reste : Christophe Barbier et son écharpe rouge, le comique aux bretelles de clown qui agite les bras devant des cartes, et tant d'autres... Il y a, en tout cas, une indéniable appétence au vedettariat, et des méthodes savantes. Un seul exemple : Ruth Elkrief (BFM TV) qui n'est peut-être pas la pire, maîtrise admirablement les yeux en demi-lune, la fausse naïveté, le faux sourire enfantin (!) et l'air intelligent... bref, une sorte d'art de la politique-spectacle, c'est-à-dire de l'anecdotique. Ainsi, récemment, quel choux gras du pénible duo  Fillon-Copé, du faux problème Manuel Valls (missionné ou sous-frontiste ?) et de la question des accords éventuels FN-UMP ! Mais d'analyse politique approfondie que requièrent ces problèmes, lesquels ont trait à l'essence de la République elle-même, point. Ce serait difficile, donc ennuyeux, donc peu vendeur. Parce qu'en face, à l'heure des plus grandes écoutes, TF1 et France 2, continuent leurs pantalonnades. Ce que souhaitait évidemment Laurent Fabius en vendant TF1 lorsqu'il était Premier ministre - je ne lui ferai pas l'insulte de sous-entendre qu'il n'a pas voulu cela.

Comprendre la complexité du réel …
Farîd ad-Din Attâr  est un poète mystique persan du XIIe siècle. Dans un texte  devenu classique, il évoque ce que l'on peut savoir d'un éléphant en le touchant dans une pièce plongée dans l'obscurité : selon que l'on touche une patte ou l'autre, sa trompe, ou une défense, on concevra une image différente de l'animal. Mais pour en avoir une vue complète, il n'y a qu'une solution : éclairer la pièce afin de voir l'ensemble et d'en être nous-mêmes éclairés. C'est la même chose pour le monde. Il se donne spontanément à nous de manière partielle. Ainsi, par exemple, nous avons l'illusion que les hommes politiques prennent leurs décisions de manière souveraine, alors même que ces décisions sont proclamées dans des circonstances qui toujours pèsent lourd. Ainsi nous avons l'illusion que les affrontements entre tel et tel sont des affrontements de volontés libres, alors qu'ils sont marqués par des rapports de forces infiniment plus complexes.
Dans ces conditions, comment s'étonner des choix simplificateurs opérés par les journalistes, non pas d'ailleurs sur ordre des patrons de presse mais parce qu'ils ont été recrutés pour cette raison même ? Plus ce sera simple, plus on aura d'audience, coco. C'est une première raison, et celle-ci est évidente.

… pour le transformer
Une seconde raison l'est beaucoup moins : simplifier, schématiser, résumer, cultiver les apparences, entretenir les illusions, c'est désarmer ceux qui auraient la velléité, les naïfs, de changer le monde. Parce que pour frapper fort, il faut viser juste. Pourrait-on réparer un moteur sans savoir comment il fonctionne ? Evidemment non. Il est donc essentiel de comprendre la complexité du réel si l'on veut avoir la moindre chance de la transformer.
C'est pourquoi l'histoire de l'émancipation humaine a toujours été marquée par des luttes pour l'éducation et la culture. Le PCF ne s'y était pas trompé dans les années 1990, lorsque pour faciliter sa dérive social-démocrate et dans l'indifférence de la majorité de ses cadres, il liquida ses écoles centrales en tant qu'institution et en vendit les infrastructures.
Les mouvements révolutionnaires qui aujourd'hui bourgeonnent partout dans le monde manquent matériellement de tout, nous le savons. Et rien n'est facile pour y remédier. Ils souffrent aussi – c'est inévitable - de déficits théoriques. Chacun le ressent et beaucoup d'initiatives sont prises afin de combler ces manques. Il est suave que par un paradoxe dont l'histoire a le secret, nous devions cette réaction salutaire à ce qui se fait de plus médiocre intellectuellement dans les media.

Pascal Acot
 



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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 16:28
Mobilisations contre l'austérité
en Italie et au Portugal

Le Monde.fr avec AFP et Reuters 

19 octobre 2013

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Rome samedi 19 octobre pour protester contre la politique d'austérité.

 

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé au Portugal et en Italie samedi 19 octobre afin de protester contre les nouvelles mesures d'austérité annoncées par leurs gouvernements afin de maîtriser les déficits publics.

  • En Italie :

Quelque 70 000 personnes selon les syndicats, 50 000 selon les autorités, ont défilé à Rome. Le Parlement italien a entamé l'examen du budget pour l'an prochain, qui comporte d'importantes coupes dans les prestations sociales.

Des heurts ont opposé une centaine de manifestants cagoulés à la police autour du ministère italien des finances, tandis que la vitrine d'une agence de la banque Unicredit a été défoncée à coups de pierres. Quatorze personnes ont été interpellées avant la manifestation et "plusieurs" autres un peu plus tard.


A Rome, samedi 19 octobre.

 

  • Au Portugal :

Les manifestants ont défilé sur les ponts des deux principales villes du pays, à Lisbonne et Porto, à l'appel de la CGTP, la principale centrale syndicale du pays, proche du Parti communiste.

A Porto, la capitale du nord du pays, ils étaient "entre 50 000 et 60 000" selon les organisateurs, mais 25 000 selon la police, à traverser à pied le pont do Infante qui relie les deux rives du fleuve Douro.


Manifestation contre l'austérité à Lisbonne, le 19 octobre 2013.

 

A Lisbonne, les protestataires ont franchi le pont du 25 Avril, à bord de quelque 400 autocars. Les organisateurs n'ont pas communiqué d'estimations sur le nombre de participants. "Menteurs", "Dehors", "Le peuple est en colère", scandaient les protestataires, qui s'étaient rassemblés dans le quartier d'Alcantara à Lisbonne. "Il est urgent de changer de politique" ou "Face aux injustices, la révolution est une obligation", proclamaient des banderoles en tête de cortège déployées par des retraités en colère.

Le pont du 25 avril, à Lisbonne, le 19 octobre 2013.

Le pont du 25 avril, à Lisbonne, le 19 octobre 2013. | AP/Francisco Seco

 

Il s'agissait de la première grande mobilisation au Portugal après l'annonce mardi d'une nouvelle cure d'austérité dévoilée dans le projet de budget pour 2014 qui touchera de plein fouet le pouvoir d'achat des fonctionnaires et des retraités. Parmi les mesures les plus contestées figurent des réductions des salaires des fonctionnaires allant de 2,5% à 12%, ainsi que les coupes de près de 10% dans les retraites des anciens salariés du secteur public.


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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 15:18

CAPITAL CONTRE TRAVAIL : Dans son appétit de profits,  la grande industrie saborde son propre marché intérieur.

 

 

Engels

 

 

 

 

 

Dans "Socialisme utopique et socialisme scientifique", Friedrich Engels abordait cette question en ces termes :

 

 

 


 

 

 

"C'est ainsi que d'emblée, l'économie des moyens de travail devient, en même temps, la dilapidation la plus brutale de la force de travail, un vol sur les conditions normales de la fonction du travail; que le machinisme, le moyen le plus puissant de réduire le temps de travail, se convertit en le plus infaillible moyen de transformer l'entière durée de la vie de l'ouvrier et de sa famille en temps de travail disponible pour faire valoir le capital; c'est ainsi que le surmenage des uns détermine le chômage des autres et que la grande industrie, qui va à la chasse, par tout le globe, du consommateur nouveau, limite à domicile la consommation des masses à un minimum de famine et sape ainsi son propre marché intérieur."

Friedrich Engels, Socialisme utopique et socialisme scientifique, Paris, éditions sociales, 1973, p. 103-104.

 


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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 08:56

LU sur le blog de Jean Gadrey

Impôts : et pourtant, ils baissent… depuis 30 ans !

 

 

Un sondage très commenté du Monde du 15 octobre est présenté avec ce gros titre : « Impôts : le désaveu des Français ». Le contenu détaillé de ce sondage invite à réfléchir à la nature de ce désaveu supposé et me fournit l’occasion de compléter mon billet récent « Ras-le-bol fiscal ou ras-le-bol de l’injustice fiscale ? ». 

On peut certes trouver dans le sondage des indices d’un ras-le-bol, dont ce chiffre choc : 72 % des personnes jugent le montant de l’impôt « excessif ». Un tel jugement, avec les biais d’un sondage dont les résultats dépendent beaucoup de la formulation de la question (« excessif » par rapport à quoi ?), a ses justifications, et beaucoup de limites. Il faut par ailleurs le regarder de plus près, car d’autres questions étaient posées.


D’abord, on a encore 57 % de personnes qui jugent que payer l’impôt est un geste citoyen. J’imagine que ce chiffre est en baisse par rapport à des sondages antérieurs que je ne connais pas, mais ce n’est pas la Bérézina de la légitimité des impôts.

Ensuite, 75 à 80 % des gens trouvent justifiés ou très justifiés les impôts les plus progressifs comme l’ISF et l’IR, ainsi que l’impôt sur les sociétés. Ils trouvent en revanche majoritairement injustes la TVA et la CSG, entre autres, et ils ont raison parce que ces impôts, surtout la TVA, pèsent relativement plus sur les petits et moyens revenus que sur les gros et très gros. Je reproduis ce très beau graphique concocté par Olivier Berruyer en reprenant celui de Piketty. On peut cliquer sur les graphiques pour les agrandir.


graphpiketty.jpg

 

Mais voici un autre graphique personnel (source : séries longues de l’Insee sur le budget de l’Etat et sur celui des administrations locales), qui nous conduit à un paradoxe. Les contribuables estiment apparemment qu’ils paient de plus en plus d’impôts. Mais, EN PROPORTION DU PIB (LA RICHESSE ÉCONOMIQUE NATIONALE PRODUITE EN UN AN), ils en paient de moins en moins, et la dégringolade est nette POUR LES IMPÔTS NATIONAUX depuis la première moitié des années 1980 (environ 22 % du PIB) jusqu’aux dernières années (autour de 17 %).


Les niches, cadeaux fiscaux, modification du barème et des tranches, ont fait leur travail de sape, au bénéfice principalement des 10 % les plus riches, et plus encore des 1 %. Le taux marginal d’imposition sur le revenu était encore à 65 % en 1986, et le taux d’imposition sur les sociétés à 45 %. Ils étaient respectivement de 40 % et 33 % ces dernières années EN THÉORIE car les plus riches et les plus grandes entreprises ont tout ce qu’il faut pour en réduire la portée : les entreprises du CAC 40 ne paient plus qu’à un taux d’imposition réel de 8 % alors que les petites entreprises versent 30 %.

Dans la courbe du haut du graphique, il ne s’agit pas exactement des impôts récoltés par l’État mais de l’ensemble des recettes de l’État. Mais comme les impôts en représentent plus de 90 %, c’est tout comme.

La courbe du bas indique une progression sensible des impôts locaux, toujours en % du PIB. Depuis le milieu des années 1980 ils gagnent environ 1,5 point de PIB pendant que les impôts nationaux en perdent plus de 5. C’est donc loin de compenser. Il y a bien une nette tendance à la baisse des impôts EN % DU PIB.


graphimpots78-12.jpg

 

Comment réfléchir à ce paradoxe (fort sentiment ACTUEL de hausse des impôts alors que globalement la tendance à la baisse est nette) ? On peut penser à plusieurs explications.

D’abord, si les baisses (pour la plupart imputables aux gouvernements de droite, avec une « belle » exception pour Jospin/Fabius en 2000) ont « profité » pour l’essentiel aux 10 % les plus riches, il est moins étonnant qu’une nette majorité de gens ne les ait pas senties… voire ait expérimenté des hausses.

Ensuite, cette baisse historique, surtout entre 1999 et 2009, a été suivie d’une hausse modérée mais réelle, aujourd’hui ressentie par certains comme forte, alors qu’il s’agit plutôt d’un rattrapage. Mais un rattrapage injuste au beau milieu d’une politique d’austérité n’est pas un bon rattrapage.

Puis, raisonner en % du PIB est certes important, mais c’est différent d’un raisonnement fondé sur le revenu. Pour les ménages, ce qui compte est la part des impôts dans leur revenu. Si le revenu de beaucoup de ménages progresse comme l’inflation, donc en général moins que le PIB en euros courants, la part des impôts dans le PIB aurait beau rester constante, elle progresserait dans le revenu de ces ménages.

Enfin, Il est vrai qu’une bonne partie des catégories à revenus moyens et faibles ne s’en sort pas, souffre de l’austérité salariale et publique, éprouve déjà la hausse d’autres dépenses contraintes, liées au logement, aux charges, à l’énergie ou aux transports quotidiens. Du coup, quand tombent « les impôts », et quand ils entendent parler des choix budgétaires pour 2014, favorables aux entreprises sur le dos des ménages, ces personnes-là trouvent que trop, c’est trop, que c’est « excessif ».

Aussi bien les baisses antérieures que les augmentations récentes sont délégitimées par un sentiment d’injustice parfaitement compréhensible et malheureusement souvent justifié.

 


Jean Gadrey, né en 1943, est Professeur honoraire d'économie à l'Université Lille 1.
Il a publié au cours des dernières années : Socio-économie des services et (avec Florence Jany-Catrice) Les nouveaux indicateurs de richesse (La Découverte, coll. Repères).
S'y ajoutent En finir avec les inégalités (Mango, 2006) et, en 2010, Adieu à la croissance (Les petits matins/Alternatives économiques), réédité en 2012 avec une postface originale.
Il collabore régulièrement à Alternatives économiques.

 


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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 10:34

LE CHIFFRE : 1000

 

Posté par 2ccr le 19 octobre 2013

LE CHIFFRE : 1000 dans le chiffre bar_verres_a_biere3 

 

 

 

Un patron de bistrot m’a expliqué qu’en 1978, le SMIC était de 2700 Francs net par mois, et que le demi de bière était à 2,70 Francs. C’est-à-dire qu’avec un SMIC, on pouvait  se payer 1000 demis de bière pression.

Alors qu’aujourd’hui, en 2013, le SMIC est environ à 1130 Euros net et le demi de bière pression à 2,50 Euros. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, avec un SMIC, on ne peut plus se payer qu’environ 450 demis !

Pour avoir le même niveau de vie aujourd’hui qu’en 1978, il faudrait un SMIC net mensuel de 2500 Euros.

Et le patron du bistrot m’a rajouté qu’en plus, à l’époque, il était plus riche qu’aujourd’hui !

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