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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:43

LA PRESSE GRASSE, SUCRÉE, SALÉE


"Veules", "serviles", "lâches", "incultes", "paresseux", "prétentieux", "couchés", "lèches-bottes", "cupides", "roquets", "perroquets", etc.  : la liste semble inachevable des épithètes méritées par la majorité des journalistes que nous sommes condamnés à lire ou à entendre dans les media.

Récemment encore, dans une émission de France-Info dont le concept est l'interview de petits singes savants qui répètent avec leur élocution XVe arrondissement ce que pensent leurs parents, on a entendu un type haineux évoquer  de manière élogieuse les "services spéciaux" qui en Syrie auraient cherché à assassiner "le dictateur Bachar al Assad". Jolie manière de présenter la politique à des enfants - comme d'ailleurs à des adultes. Il est vrai que les maîtres à penser de ces gens-là sont ceux qui ont assassiné Oussama Ben Laden et jeté en mer sa dépouille plutôt que de le juger, et qui s'accommodent fort bien de la gestion de ce qui est sans doute le plus grand centre de torture institutionnel depuis la seconde guerre mondiale : Guantanamo.

L’information est une marchandise
Ces jugements sur la presse sont toutefois un peu courts. Ils présentent en effet le défaut majeur de transférer sur le plan moral une question politique de fond, et donc de reléguer l'essentiel à l'arrière-plan. Et cet essentiel c'est que les journalistes sont salariés. Ils sont engagés et payés pour produire des textes, des images et des sons qui seront revendus à des gens pour lesquels ces productions ont une certaine valeur, puisqu'ils payent pour en prendre connaissance en achetant le journal ou des livres, en s'abonnant à un site internet, en payant une redevance, en tolérant de la publicité - y compris sur les "gratuits".
Ainsi, l'information est une marchandise. Halte donc aux jugements de moralité : s'il n'y a pas de honte à vendre des yaourts, des barres chocolatées ou des plats industriellement cuisinés, il n'y en a pas plus à vendre de l'information. Seulement il faut admettre que beaucoup de contraintes sont les mêmes. Pour les préparations alimentaires industrielles, il faut d'abord proposer au public le produit qu'il attend : gras, sucré, salé, et éventuellement caféiné. Il suffira ensuite de mentir en évoquant le caractère bio, amincissant ou "naturel" du produit. Lequel sera vendu en utilisant en outre des méthodes plutôt imaginatives : il n'y a plus beaucoup de pubs pour des arabica, ou des fromages battus, ou des yaourts, qui ne mettent pas métaphoriquement en scène divers orgasmes féminins (avec force gros plans vulgaires sur les lèvres supérieures siliconées façon mérous). Bref, on présente ce qu'on vend de manière réputée attrayante. En tout cas, on prend garde de déplaire, même si c'est très mauvais pour la santé.

A vendre : anecdotes et journalisme-spectacle
Les méthodes des media sont identiques. Il faut vendre au public ce pour quoi il paye. Et le public veut en avoir pour son argent. Sur les présentatrices, des analyses assez minables ont été menées. Elles portaient sur les décolletés... On a les sociologues qu'on mérite. Notons que les hommes, à leur manière, ne sont pas en reste : Christophe Barbier et son écharpe rouge, le comique aux bretelles de clown qui agite les bras devant des cartes, et tant d'autres... Il y a, en tout cas, une indéniable appétence au vedettariat, et des méthodes savantes. Un seul exemple : Ruth Elkrief (BFM TV) qui n'est peut-être pas la pire, maîtrise admirablement les yeux en demi-lune, la fausse naïveté, le faux sourire enfantin (!) et l'air intelligent... bref, une sorte d'art de la politique-spectacle, c'est-à-dire de l'anecdotique. Ainsi, récemment, quel choux gras du pénible duo  Fillon-Copé, du faux problème Manuel Valls (missionné ou sous-frontiste ?) et de la question des accords éventuels FN-UMP ! Mais d'analyse politique approfondie que requièrent ces problèmes, lesquels ont trait à l'essence de la République elle-même, point. Ce serait difficile, donc ennuyeux, donc peu vendeur. Parce qu'en face, à l'heure des plus grandes écoutes, TF1 et France 2, continuent leurs pantalonnades. Ce que souhaitait évidemment Laurent Fabius en vendant TF1 lorsqu'il était Premier ministre - je ne lui ferai pas l'insulte de sous-entendre qu'il n'a pas voulu cela.

Comprendre la complexité du réel …
Farîd ad-Din Attâr  est un poète mystique persan du XIIe siècle. Dans un texte  devenu classique, il évoque ce que l'on peut savoir d'un éléphant en le touchant dans une pièce plongée dans l'obscurité : selon que l'on touche une patte ou l'autre, sa trompe, ou une défense, on concevra une image différente de l'animal. Mais pour en avoir une vue complète, il n'y a qu'une solution : éclairer la pièce afin de voir l'ensemble et d'en être nous-mêmes éclairés. C'est la même chose pour le monde. Il se donne spontanément à nous de manière partielle. Ainsi, par exemple, nous avons l'illusion que les hommes politiques prennent leurs décisions de manière souveraine, alors même que ces décisions sont proclamées dans des circonstances qui toujours pèsent lourd. Ainsi nous avons l'illusion que les affrontements entre tel et tel sont des affrontements de volontés libres, alors qu'ils sont marqués par des rapports de forces infiniment plus complexes.
Dans ces conditions, comment s'étonner des choix simplificateurs opérés par les journalistes, non pas d'ailleurs sur ordre des patrons de presse mais parce qu'ils ont été recrutés pour cette raison même ? Plus ce sera simple, plus on aura d'audience, coco. C'est une première raison, et celle-ci est évidente.

… pour le transformer
Une seconde raison l'est beaucoup moins : simplifier, schématiser, résumer, cultiver les apparences, entretenir les illusions, c'est désarmer ceux qui auraient la velléité, les naïfs, de changer le monde. Parce que pour frapper fort, il faut viser juste. Pourrait-on réparer un moteur sans savoir comment il fonctionne ? Evidemment non. Il est donc essentiel de comprendre la complexité du réel si l'on veut avoir la moindre chance de la transformer.
C'est pourquoi l'histoire de l'émancipation humaine a toujours été marquée par des luttes pour l'éducation et la culture. Le PCF ne s'y était pas trompé dans les années 1990, lorsque pour faciliter sa dérive social-démocrate et dans l'indifférence de la majorité de ses cadres, il liquida ses écoles centrales en tant qu'institution et en vendit les infrastructures.
Les mouvements révolutionnaires qui aujourd'hui bourgeonnent partout dans le monde manquent matériellement de tout, nous le savons. Et rien n'est facile pour y remédier. Ils souffrent aussi – c'est inévitable - de déficits théoriques. Chacun le ressent et beaucoup d'initiatives sont prises afin de combler ces manques. Il est suave que par un paradoxe dont l'histoire a le secret, nous devions cette réaction salutaire à ce qui se fait de plus médiocre intellectuellement dans les media.

Pascal Acot
 



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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 16:28
Mobilisations contre l'austérité
en Italie et au Portugal

Le Monde.fr avec AFP et Reuters 

19 octobre 2013

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Rome samedi 19 octobre pour protester contre la politique d'austérité.

 

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé au Portugal et en Italie samedi 19 octobre afin de protester contre les nouvelles mesures d'austérité annoncées par leurs gouvernements afin de maîtriser les déficits publics.

  • En Italie :

Quelque 70 000 personnes selon les syndicats, 50 000 selon les autorités, ont défilé à RomeLe Parlement italien a entamé l'examen du budget pour l'an prochain, qui comporte d'importantes coupes dans les prestations sociales.

Des heurts ont opposé une centaine de manifestants cagoulés à la police autour du ministère italien des finances, tandis que la vitrine d'une agence de la banque Unicredit a été défoncée à coups de pierres. Quatorze personnes ont été interpellées avant la manifestation et "plusieurs" autres un peu plus tard.


A Rome, samedi 19 octobre.

 

  • Au Portugal :

Les manifestants ont défilé sur les ponts des deux principales villes du pays, à Lisbonne et Porto, à l'appel de la CGTP, la principale centrale syndicale du pays, proche du Parti communiste.

A Porto, la capitale du nord du pays, ils étaient "entre 50 000 et 60 000" selon les organisateurs, mais 25 000 selon la police, à traverser à pied le pont do Infante qui relie les deux rives du fleuve Douro.


Manifestation contre l'austérité à Lisbonne, le 19 octobre 2013.

 

A Lisbonne, les protestataires ont franchi le pont du 25 Avril, à bord de quelque 400 autocars. Les organisateurs n'ont pas communiqué d'estimations sur le nombre de participants. "Menteurs""Dehors""Le peuple est en colère", scandaient les protestataires, qui s'étaient rassemblés dans le quartier d'Alcantara à Lisbonne. "Il est urgent de changer de politique" ou "Face aux injustices, la révolution est une obligation", proclamaient des banderoles en tête de cortège déployées par des retraités en colère.

Le pont du 25 avril, à Lisbonne, le 19 octobre 2013.

Le pont du 25 avril, à Lisbonne, le 19 octobre 2013. | AP/Francisco Seco

 

Il s'agissait de la première grande mobilisation au Portugal après l'annonce mardi d'une nouvelle cure d'austérité dévoilée dans le projet de budget pour 2014 qui touchera de plein fouet le pouvoir d'achat des fonctionnaires et des retraités. Parmi les mesures les plus contestées figurent des réductions des salaires des fonctionnaires allant de 2,5% à 12%, ainsi que les coupes de près de 10% dans les retraites des anciens salariés du secteur public.


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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 15:18

CAPITAL CONTRE TRAVAIL : Dans son appétit de profits,  la grande industrie saborde son propre marché intérieur.

 

 

Engels

 

 

 

 

 

Dans "Socialisme utopique et socialisme scientifique", Friedrich Engels abordait cette question en ces termes :

 

 

 


 

 

 

"C'est ainsi que d'emblée, l'économie des moyens de travail devient, en même temps, la dilapidation la plus brutale de la force de travail, un vol sur les conditions normales de la fonction du travail; que le machinisme, le moyen le plus puissant de réduire le temps de travail, se convertit en le plus infaillible moyen de transformer l'entière durée de la vie de l'ouvrier et de sa famille en temps de travail disponible pour faire valoir le capital; c'est ainsi que le surmenage des uns détermine le chômage des autres et que la grande industrie, qui va à la chasse, par tout le globe, du consommateur nouveau, limite à domicile la consommation des masses à un minimum de famine et sape ainsi son propre marché intérieur."

Friedrich Engels, Socialisme utopique et socialisme scientifique, Paris, éditions sociales, 1973, p. 103-104.

 


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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 08:56

LU sur le blog de Jean Gadrey

Impôts : et pourtant, ils baissent… depuis 30 ans !

 

 

Un sondage très commenté du Monde du 15 octobre est présenté avec ce gros titre : « Impôts : le désaveu des Français ». Le contenu détaillé de ce sondage invite à réfléchir à la nature de ce désaveu supposé et me fournit l’occasion de compléter mon billet récent « Ras-le-bol fiscal ou ras-le-bol de l’injustice fiscale ? ». 

On peut certes trouver dans le sondage des indices d’un ras-le-bol, dont ce chiffre choc : 72 % des personnes jugent le montant de l’impôt « excessif ». Un tel jugement, avec les biais d’un sondage dont les résultats dépendent beaucoup de la formulation de la question (« excessif » par rapport à quoi ?), a ses justifications, et beaucoup de limites. Il faut par ailleurs le regarder de plus près, car d’autres questions étaient posées.


D’abord, on a encore 57 % de personnes qui jugent que payer l’impôt est un geste citoyen. J’imagine que ce chiffre est en baisse par rapport à des sondages antérieurs que je ne connais pas, mais ce n’est pas la Bérézina de la légitimité des impôts.

Ensuite, 75 à 80 % des gens trouvent justifiés ou très justifiés les impôts les plus progressifs comme l’ISF et l’IR, ainsi que l’impôt sur les sociétés. Ils trouvent en revanche majoritairement injustes la TVA et la CSG, entre autres, et ils ont raison parce que ces impôts, surtout la TVA, pèsent relativement plus sur les petits et moyens revenus que sur les gros et très gros. Je reproduis ce très beau graphique concocté par Olivier Berruyer en reprenant celui de Piketty. On peut cliquer sur les graphiques pour les agrandir.


graphpiketty.jpg

 

Mais voici un autre graphique personnel (source : séries longues de l’Insee sur le budget de l’Etat et sur celui des administrations locales), qui nous conduit à un paradoxe. Les contribuables estiment apparemment qu’ils paient de plus en plus d’impôts. Mais, EN PROPORTION DU PIB (LA RICHESSE ÉCONOMIQUE NATIONALE PRODUITE EN UN AN), ils en paient de moins en moins, et la dégringolade est nette POUR LES IMPÔTS NATIONAUX depuis la première moitié des années 1980 (environ 22 % du PIB) jusqu’aux dernières années (autour de 17 %).


Les niches, cadeaux fiscaux, modification du barème et des tranches, ont fait leur travail de sape, au bénéfice principalement des 10 % les plus riches, et plus encore des 1 %. Le taux marginal d’imposition sur le revenu était encore à 65 % en 1986, et le taux d’imposition sur les sociétés à 45 %. Ils étaient respectivement de 40 % et 33 % ces dernières années EN THÉORIE car les plus riches et les plus grandes entreprises ont tout ce qu’il faut pour en réduire la portée : les entreprises du CAC 40 ne paient plus qu’à un taux d’imposition réel de 8 % alors que les petites entreprises versent 30 %.

Dans la courbe du haut du graphique, il ne s’agit pas exactement des impôts récoltés par l’État mais de l’ensemble des recettes de l’État. Mais comme les impôts en représentent plus de 90 %, c’est tout comme.

La courbe du bas indique une progression sensible des impôts locaux, toujours en % du PIB. Depuis le milieu des années 1980 ils gagnent environ 1,5 point de PIB pendant que les impôts nationaux en perdent plus de 5. C’est donc loin de compenser. Il y a bien une nette tendance à la baisse des impôts EN % DU PIB.


graphimpots78-12.jpg

 

Comment réfléchir à ce paradoxe (fort sentiment ACTUEL de hausse des impôts alors que globalement la tendance à la baisse est nette) ? On peut penser à plusieurs explications.

D’abord, si les baisses (pour la plupart imputables aux gouvernements de droite, avec une « belle » exception pour Jospin/Fabius en 2000) ont « profité » pour l’essentiel aux 10 % les plus riches, il est moins étonnant qu’une nette majorité de gens ne les ait pas senties… voire ait expérimenté des hausses.

Ensuite, cette baisse historique, surtout entre 1999 et 2009, a été suivie d’une hausse modérée mais réelle, aujourd’hui ressentie par certains comme forte, alors qu’il s’agit plutôt d’un rattrapage. Mais un rattrapage injuste au beau milieu d’une politique d’austérité n’est pas un bon rattrapage.

Puis, raisonner en % du PIB est certes important, mais c’est différent d’un raisonnement fondé sur le revenu. Pour les ménages, ce qui compte est la part des impôts dans leur revenu. Si le revenu de beaucoup de ménages progresse comme l’inflation, donc en général moins que le PIB en euros courants, la part des impôts dans le PIB aurait beau rester constante, elle progresserait dans le revenu de ces ménages.

Enfin, Il est vrai qu’une bonne partie des catégories à revenus moyens et faibles ne s’en sort pas, souffre de l’austérité salariale et publique, éprouve déjà la hausse d’autres dépenses contraintes, liées au logement, aux charges, à l’énergie ou aux transports quotidiens. Du coup, quand tombent « les impôts », et quand ils entendent parler des choix budgétaires pour 2014, favorables aux entreprises sur le dos des ménages, ces personnes-là trouvent que trop, c’est trop, que c’est « excessif ».

Aussi bien les baisses antérieures que les augmentations récentes sont délégitimées par un sentiment d’injustice parfaitement compréhensible et malheureusement souvent justifié.

 


Jean Gadrey, né en 1943, est Professeur honoraire d'économie à l'Université Lille 1.
Il a publié au cours des dernières années : Socio-économie des services et (avec Florence Jany-Catrice) Les nouveaux indicateurs de richesse (La Découverte, coll. Repères).
S'y ajoutent En finir avec les inégalités (Mango, 2006) et, en 2010, Adieu à la croissance (Les petits matins/Alternatives économiques), réédité en 2012 avec une postface originale.
Il collabore régulièrement à Alternatives économiques.

 


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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 10:34

LE CHIFFRE : 1000

 

Posté par 2ccr le 19 octobre 2013

LE CHIFFRE : 1000 dans le chiffre bar_verres_a_biere3 

 

 

 

Un patron de bistrot m’a expliqué qu’en 1978, le SMIC était de 2700 Francs net par mois, et que le demi de bière était à 2,70 Francs. C’est-à-dire qu’avec un SMIC, on pouvait  se payer 1000 demis de bière pression.

Alors qu’aujourd’hui, en 2013, le SMIC est environ à 1130 Euros net et le demi de bière pression à 2,50 Euros. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, avec un SMIC, on ne peut plus se payer qu’environ 450 demis !

Pour avoir le même niveau de vie aujourd’hui qu’en 1978, il faudrait un SMIC net mensuel de 2500 Euros.

Et le patron du bistrot m’a rajouté qu’en plus, à l’époque, il était plus riche qu’aujourd’hui !

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 09:29
Samedi 19 octobre 2013
Liquidation de Huis Clos: la marque de la chute générale du pouvoir d'achat
"Lorsque le bâtiment va tout va" dit le proverbe.

Le moins que l'on puisse dire c'est que le bâtiment ne va pas, et le faible niveau de consommation des ménages en est la cause particulièrement sensible dans ce domaines d’activité. C'est évidemment la conséquence de la politique du gouvernement conservateur précédent, qui est poursuivie par le gouvernement socialiste actuel.

Aujourd'hui, tout se coince, tout se bloque, dans le secteur. Et quand, en plus, le patronat ne semble pas avoir les mains propres, cela accélère la casse des entreprises, comme, semble-t-il ici, chez Huis Clos.

La société Huis Clos a, en effet, subit un ralentissement régulier de son activité depuis 5 ans, qui s'est aggravé au début de l’année 2013. En l'absence d'une relance générale des salaires et des pensions, c'est à dire en l'absence du changement tant promis et tant attendu, les choses ne pouvaient que se dégrader. 

La liquidation judiciaire de la société Huis Clos a donc été annoncée jeudi dernier au tribunal de commerce de Rouen. Cela marque la fin d'une success story pour ce groupe basé à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), longtemps citée comme un exemple de "réussite entrepreneuriale". On voit ici que le Libéralisme a ses limites, et qu'il ne peut y avoir de success story durable sans politique du logement. Et le bla-bla gouvernemental dans ce domaine comme dans les autres, ne remplacera jamais une vraie politique !

Aujourd'hui, c'est la descente aux enfers pour les quelques 713 salariés du groupe en France qui vont se retrouver au chômage. Ils sont près de 62 en Haute-Normandie. Sans compter les 175 salariés de l'usine de fabrication Isoplas d'Harfleur, près du Havre qui dépendent aussi du groupe Huis Clos et qui risquent de se trouver entrainés dans la chute.

Pour la CGT c'est clair: si l'on veut arrêter la descente au enfers du secteur, et maintenir (et développer) l'emploi, il faut augmenter les salaires !

 

 
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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 09:15

 Communauté : les anti-capitalistes

Marseille-plan.jpg

 

Samia Ghali passe en boucle dans les médias, ils auraient trouvé une "personnalité" charismatique, la marseillaise rebelle… l’enfant des quartiers nord qui dit son fait au gouvernement…

 

L’affaire était depuis longtemps lancé sur les rails et visiblement soutenue par bien des forces locales… celle à qui personne n’attribuait la moindre chance se fait connaître par un coup d’éclat sur la sécurité. Elle écrit un livre La Marseillaise, c’est un angle d’attaque déjà prévu "jouer Marseille contre Paris". Une sorte d’utilisation du vieil antagonisme l’OM-PSG, les pauvres contre les riches, les rebelles contre les riches et les bobos…

 

Samia Ghali ne manque pas de personnalité mais en faire cette personnalité surgie de nulle part est pour le moins une tromperie, en politique et à Marseille moins encore qu’ailleurs, l’individu isolé n’existe pas. l’opération témoigne dés le début de l’ascension de Samia Ghali du soutien du mafieux Guerini dont cette jeune femme est le produit…mis en examen pour «escroquerie en bande organisée» et accusé de soutenir en sous-main la sénatrice des quartiers nord. Il y a un an, avant l’officialisation de la primaire marseillaise, Patrick Mennucci l’assurait déjà: «Les forces obscures de Jean-Noël Guérini sont encore à la manœuvre.»(1)

 

Il semble que les intérêts les plus divers mais visant tous plus ou moins à assurer la mairie à Jean Claude Gaudin se soient mis en branle.

 

On a pensé que Bernard tapie devenu le patron de la provence, le premier journal de la région allait se présenter aux municipales, pour le moment il se contente d’être le "faiseur de roi". Et pour cela il a organisé une étrange coalition dont cet individu a le secret et qui ne sert que son ego. Sa reine est Sami Ghali. IL a souhaité la rencontrer et a aussitôt fait fuiter l’information dans Paris-Match. "Samia, c’est une autre génération, il ne la connaissait pas bien, il voulait la rencontrer, savoir un peu ce qu’elle avait dans le ventre", commente-t-on dans l’entourage de la sénatrice-maire du 15/16. Une entrevue que Ghali a ensuite elle-même fait mousser : "Si demain je suis tête de liste et que Bernard Tapie veut y participer, je ne lui fermerai pas la porte."

 

Mais Tapie et Guérini jouent aussi main dans la main pour tenter de faire la peau au PS…, parce que les deux anciens fleurons locaux de la gauche n’ont plus qu’une idée en tête assurer leur pouvoir local en abattant le PS et en faisant de la droite leur obligée. Quitte à recréer dans une manoeuvre ultime une alliance dans laquelle le PS serait réintégré sous couvert de la menace du Front national qui rentrera de toute façon au conseil municipal.Tapie a commencé par rencontrer Jean Claude gaudin et celui-ci a aussi accordé toute publicité à cette rencontre. "Je suis le maire de cette ville et je suis un homme libre. Je rencontre des personnalités et qui veut me voir, peut me voir", commente-t-il sobrement.

 

Tapie et Guérini ne se cachent pas plus et ont même souhaité accorder à leur rencontre toute la publicité possible en déjeunant ensemble dans un restaurant du vieux port et dans la vitrine de ce restaurant (photo). La petite histoire dit même qu’ils sont arrivés à pied pour que les médias puissent accorder toute la publicité possible à cette alliance. Une alliance qui s’est employé à resserer les liens avec christophe Masse, lui même troisième génération du système et patron de l’attribution des logements sociaux. Les gendarmes ont perquisitionné en 2013, les locaux du conseil général des Bouches-du-Rhône, ainsi que l’office HLM 13 Habitat et, le 2 mai, la société d’économie mixte (Sem) Treize Développement, deux organismes dépendant du département 13 Habitat est le premier Office HLM en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il gère plus de 34 000 logements pour un budget annuel d’environ 420 millions d’euros. Fort de plus de 800 salariés, il agit sur Marseille et dans tout le département des Bouches-du-Rhône, son président est justement Christophe Masse.

 

Le président de la communauté urbaine Eugène Caselli(2) a lui aussi eu droit à une discussion dans les locaux de La Provence avec le boss et les directeurs généraux : "II voulait me présenter sa stratégie de développement et confirmer les partenariats en cours avec la communauté urbaine", résume le patron de Marseille Provence métropole. Faut-il voir dans ces rencontres autre chose qu’une relation patron-annonceurs ? Caselli c’est l’autre candidat de la primaire qui a du mal à donner sa voix à menucci tant il paraît avancé dans la stratégie managée par Tapie et Guérini.

 

Le patelin et subtil dans l’inertie Jean Claude gaudin a hérité d’une méthode de gestion de la ville qui isole le Marseille de la pauvreté dans ses ghettos de la délinquance et de la misère et permet de conserver la ville aux forces conservatrices…

 

Bien avant que la loi PLM confère un statut spécial aux votes par arrondissements, Jean Claude Gaudin qui était l’adjoint à l’urbanisme de Gaston Deferre, savait qu’il devait laisser le 15 et 16 les quartiers portuaires aux communistes. C’était du temps où le port fournissait de l’emploi, puis ce fut le chômage, l’assistanat dans lequel le conseil, général de Guérini jouait au meilleur des cas un rôle d’assistance, au pire une embauche maffieuse.

 

L’arrondissement passa à Samia Ghali qui relaya Guerini dans ses oeuvres quitte à réclamer l’armée contre la délinquance dans les cités. Le système Guérini fait songer à celui de Sabiani de sinistre mémoire qui parti de la gauche sera capable d’atterrir n’importe où… Et la présence de Tapie n’accorde pas la moindre crédibilité morale à ces jeux politiciens… celui-ci invité ne cesse de répéter à quel point seuls "les hommes" comptent et son soutien à Sarkozy… Qui tout ce beau monde tire-t-il avec lui, en tous les cas on voit Ségala venir s’emporter sur les plateaux pour dire tout le bien qu’il pense de Samia Ghali…

 

Jean Claude Gaudin sait tout cela et lui qui est élu avec 15% des inscrits sait à quel point son pouvoir celui d’une droite capable de toutes les alliances, avec Deferre durant des décennies, avec le Front national au Conseil régional, avec le syndicalisme FO qu’il partage avec un autre élu socialiste au primaire Caselli et qui tient tout l’emploi de la mairie, passe par l’art de fermer les yeux sur les malversations dans les quartiers nord, le clientélisme dans le XIIIe et le XIV e avec la mise en examen de la socialiste Sylvie Andrieux et l’emprise qui ne se relâche pas malgré la mise en examen de Guérini. Lui-même paye désormais l’impôt sur la fortune alors qu’il est arrivé nu et cru en politique, c’est un homme aimable et courtois qui a plus d’amis que d’ennemis. Il sait tout autant que Guérini les limites du pouvoir de ce dernier et d’ailleurs chacun sait en ce moment ce qu’il en est et se positionne en fonction de cela.


Voilà le contexte réel marseillais , on voit que le transport d’une électorat plus ou moins affilié au PS pour les primaires n’est que l’iceberg d’un bois où l’on pille et parfois même assassine. Ce que je décris ici n’est sans doute pas propre à Marseille, mais cela prend une certaine acuité ici parce que la ville est pauvre, le chômage un mal endémique, j’ai écris avec Mustapha El Miri, un livre "l’exclusion ou la défaite ouvrière" dans lequel je montre à partir de Marseille comment ceux qu’on appelait les "exclus"- en l’occurrence les bénéficiaires du RMI – était une classe ouvrière défaite, ce qui se passe dans le 15/16, ces quartiers nord que François Billoux a reconquis à la tête des syndicats portuaires et du PCF sur Sabiani le fasciste (protégé à la fois par le maire socialiste de Marseille et par les gangsters) est absolument éclairant sur la lutte entre le communisme et les bandes du patronat. Le 15/16 est le lieu même de ce reflux du Marseille révolutionnaire(3).

 

 

Danielle Bleitrach

 

 

(1) Pour décrire les mœurs du PS marseillais, la guerre entre les deux hommes se déclenche dans une scène demeurée célèbre dont mediapart a publié la vidéo: a scène se passe le 17 mars 2010, dans la mairie des 15e et 16e arrondissements de Marseille, celle dans laquelle Guérini a intronisé Samia Ghali. A la fin d’une réunion du groupe socialiste, Jean-Noël Guérini prend la parole pour avertir ses camarades de son mécontentement face à l’ampleur que commence à prendre l’enquête judiciaire concernant son frère, Alexandre. Laissant entendre qu’il a des preuves et qu’il suspecte deux socialistes «particulièrement», mais sans les nommer, il voit s’élever face à lui Patrick Mennucci, maire du premier secteur, qui se sent et se sait visé. De sa grosse voix, il intervient alors pour demander des précisions. Si l’on excepte Arnaud Montebourg personne, à commencer par la première secrétaire de l’époque Martine Aubry personne n’ose affronter celui qui est de fait le parrain de la puissante fédération des Bouches du Rhône. Ce même 31 mars 2010, Jean Noël Guérini avait été réélu à la présidence du Conseil Général des Bouches du Rhône.

 

 

(2) Caselli a lui seul illustre les manœuvres marseillaises et leur impact sur la région, sur l’aire métropolitaine marseillaise dans laquelle Guerini et son conceil Génral étend son pouvoir mafieux avec son frère en particulier en matière de rammassage d’ordures et de gros bras de FO. Quand il décide alors de se présenter à la présidence de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), le favori est celui que l’on prend pour le successeur de Gaudin Renaud Muselier, mathématiquement ce dernier devrait l’emporter mais c’est Caselli qui est élu en septembre 2010 et qui quitte la fonction de Premier secrétaire de la Fédération PS afin de s’y consacrer pleinement. À ce poste, il y gère et fédère une collectivité qui comprend au total 18 communes, dont Marseille qui regroupe 1,2 million d’habitants. Donc nous avons un Renaud Muselier battu et qui perd son poste de dauphin par suite de la défection organisée d’élus de droite. Renaud Muselier en conserve une amertume contre les réseaux mafieux et peut-être celui qui l’a éliminé et qui ne peut être que jean Claude Gaudin, tandis que la fédération du PS est dans l’escarcelle de Guerini…

 

 

(3) je n’ose même pas me lancer dans une estimation des chances du Front de gauche dans un tel contexte, avec un PCF très marqué par les élus et les employés des collectivités locales… ou interpréter les raisons du choix de faire cavalier seul aux municipales… 

 

 

Source: http://histoireetsociete.wordpress.com/

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 08:58
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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 22:27
Jeudi 17 octobre 2013

Assemblee-Nationale

L’Assemblée nationale a adopté mardi 15 octobre 2013, en première lecture, le projet de loi qualifié de "garantissant l’avenir et la justice du système de retraites", tandis que les confédérations syndicales CGT et FO, la FSU et Solidaires mobilisaient pour en obtenir l’abandon.

 

Adopté par 270 voix pour, 249 contre et 49 abstentions, le projet a recueilli 268 voix de députés socialistes, 17 se réclamant de l’aile gauche du PS s’étant abstenu. 17 abstentions qui ont pesé lourd alors qu’il manquait à peine 22 voix pour repousser le projet.

 

Tout l’UMP votait contre ainsi que l’UDI, les radicaux de gauche et le FN. Le groupe GDR où se situe le Front de gauche a voté contre, sauf G. Serville de Guyane. Un seul écologiste a voté contre et 16 se sont abstenus.

 

Du côté syndical, l’unité CGT, FO, FSU, Solidaires du 10 septembre, s’est maintenue contre le projet. Ce 15 octobre, à l’appel de ces organisations, des dizaines de milliers de salariés et de retraités se sont mobilisés dans " 151 manifestations" selon la CGT dont 15 000, à Paris, face au Palais Bourbon.

 

Cette réforme selon Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la CGT-FO, est "une erreur historique".

 

Pour Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT il n’y a pas de rupture avec les gouvernements précédents ". Ce projet, a-t-il ajouté, " doit maintenant être examiné par le Sénat. Rien n’est donc joué à l’heure qu’il est". Il propose " d’examiner avec les autres organisations syndicales les suites à donner" .

 

Le projet de loi sera ensuite discuté au Sénat à partir du 28 octobre 2013.

 

 

source : POI

 

 

Commentaire d'Action Communiste :  Ce n'est pas s'opposer que s'abstenir.  C'est un calcul politicien qui fait fi de la vie de millions de salariés et de retraités.  Si les députés socialistes et écologistes qui prétendent  combattre le projet gouvernemental avaient voté contre ce recul social, ce projet sur les retraites ne serait pas passé à l'Assemblée Nationale.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 08:53
Repris et traduit par Investig'Action
 

15 octobre 2013

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L’Assemblée Générale de l’ONU n’a pas fort attiré l’attention sur elle. Cependant, des choses y ont été dites qui mériteraient d’être analysées. Entre autres, la présidente du Brésil et le président des États-Unis y ont prononcé des paroles plus que dignes d’intérêt.

 
La présidente brésilienne Dilma Rousseff avait clairement fait savoir durant les semaines précédant l’AG que certains événements s’étaient déroulés qu’elle condamne avec sévérité. Il ressortait ainsi des révélations d’Edward Snowden que la NSA avait espionné pour ainsi dire toutes les communications de la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, alors que quelque jours plus tard, il semblait que le service de renseignements britannique GCHQ avait fait de même.
 
Petrobras n’est pas vraiment une organisation terroriste. Mais bien un concurrent sérieux aux entreprises pétrolières américaines et britanniques. En d’autres termes, la NSA s’est livrée en l’occurrence à de l’espionnage économique. Et comme si ce n’était pas assez grave en soi, la NSA aurait également espionné, depuis des années, les courriels internes entre la présidente et son staff.
 
Rousseff a annulé une visite officielle prévue aux États-Unis. Une série d’accords commerciaux importants, dont l’achat de matériel militaire, qui devaient être paraphés durant cette visite, ne sont désormais plus à l’ordre du jour. Même après une conversation en tête à tête avec le président Obama, Rousseff n’est pas revenue sur sa décision.
 
Dilma Rousseff ne cède pas
 
Quiconque pensait qu’elle s’exprimerait à demi-mots durant l’Assemblée Générale s’est bien trompé. Roussef n’y a pas été par quatre chemins pendant son discours. Vous le retrouverez en intégralité dans la vidéo ci-dessous. Extrait :
 
« Ce dont il s’agit ici constitue un cas grave de violation des droits de l’homme et du citoyen, un cas d’invasion et de vol d’informations confidentielles et secrètes concernant des activités commerciales. Et il s’agit surtout d’un cas de mépris de la souveraineté nationale de mon pays. Nous avons protesté auprès du gouvernement américain et exigeons des explications, des excuses et des garanties que de tels agissements ou procédures ne se reproduiront plus. Des gouvernements amis et des sociétés qui veulent mettre sur pied des partenariats stratégiques sincères, comme dans notre situation, ne peuvent en aucun cas admettre de telles actions illégales comme si elles étaient de bonne guerre en affaires. Ces actions sont totalement inacceptables. »
 
Plus tard dans son allocution, elle a évoqué une proposition de régulation d’Internet au niveau international selon cinq principes :
 
« Le Brésil va déposer un certain nombre de propositions sur la table pour créer un cadre civil multilatéral de gouvernance et d’utilisation d’Internet, ainsi que des structures régulatrices garantissant une protection effective des données et de l’information qui circulent sur Internet. Nous devons mettre en place des mécanismes multilatéraux pour le World Wide Web, des mécanismes à même de concrétiser un certain nombre de principes.
 
1. Le premier principe est celui de la liberté d’expression, du respect de la vie privée des personnes et des droits de l’homme.
 
2. Le deuxième principe est une gouvernance démocratique, multilatérale et transparente, exercée dans un esprit d’ouverture, qui stimule à la fois la créativité collective et la participation de la société, des autorités et du secteur privé.
 
3. En troisième lieu, le principe d’universalité garantissant tant le développement social que le développement humain, ainsi que la création de sociétés inclusives et non-discriminantes.
 
4. Le quatrième principe est celui de la diversité culturelle, sans aucune imposition compulsive de croyances, de coutumes ou de valeurs.
 
5. Le principe numéro cinq est celui de la neutralité d’Internet à travers des accords sur des critères techniques et ethniques, qui rendent inacceptable le fait que des arguments politiques, commerciaux ou religieux y posent quelque limitation que ce soit. »
 
Précédent historique
 
La présidente d’une des plus importantes économies émergentes du monde déclare ainsi ouvertement à l’Assemblée Générale de l’ONU que les États-Unis portent atteinte à la souveraineté d’autres pays – la souveraineté nationale est un des principes de base de la charte de l’ONU. En outre, il s’agit de la présidente du pays le plus puissant d’Amérique latine, traditionnel pré-carré des États-Unis. C’est, en d’autres mots, du jamais vu dans l’histoire de l’ONU.
Coïncidence ou non, après son allocution suivit celle du président Obama. Celui-ci n’a pas consacré un seul mot aux accusations de sa collègue brésilienne. Ce qu’il a dit n’en fut pas moins déconcertant. L’allocution complète n’est pas encore disponible. Extrait :
 
« Les États-Unis d’Amérique sont prêts à mettre en œuvre toutes les composantes de leur puissance, en ce comprise la composante militaire, pour sécuriser nos intérêts dans la région. Nous répondrons aux agressions externes contre nos alliés et partenaires comme nous l’avons fait pendant la guerre du Golfe. Nous garantirons l’accès libre du monde aux ressources énergétiques de la région. »
 
En résumé, il a déclaré que les États-Unis agiront en considérant les ressources naturelles partout dans le monde comme leur propriété. Le fait que l’armée US agit à sa guise a été confirmé par les dernières attaques de drones au Yémen et au Pakistan, qui continuent sans relâche.
Il confirme ainsi ce qui fut à l’époque dénoncé par ses opposants mais qui fut toujours nié par les États-Unis, à savoir que la guerre du Golfe fut menée au nom du pétrole. Quant au plus important scandale d’espionnage de ces cinquante dernières années, il n’en dit mot. Il n’a même pas pris la peine de réfuter les accusations de la présidente brésilienne.
 
Menaces avec la violence comme seule option
 
La politique extérieure de ses prédécesseurs diffère à peine de la sienne, mais aucun d’entre eux n’avait jamais exprimé aussi ouvertement que ce président américain-ci que les USA s’accordent le droit d’imposer par la force et unilatéralement leur volonté où que ce soit dans le monde.
 
C’est d’une part fort inquiétant, et d’autre part cela signifie que les États-Unis ne parviennent plus à imposer leur volonté au monde d’une manière qui évite des déclarations comme celle du Brésil. Le temps où les USA menaient le monde à la baguette à coups de dollars, de chantage ou de menaces militaires est révolu.
 
L’allocution de la présidente brésilienne fut à peine évoquée dans les médias de masse occidentaux. Dans le reste du monde ce ne fut pas le cas. Cet exemple pourrait en inspirer d’autres.
 
Un ordre mondial économique multipolaire s’annonce. La question principale est de savoir comment les États-Unis y réagiront. Les États-Unis ont beau avoir perdu leur suprématie politique et économique, ils demeurent la nation possédant l’armée la plus puissante du monde. Celle-ci peut encore provoquer bien des dégâts, d’autant plus si les USA se sentent acculés dans un coin.
 
L’allocution de la présidente brésilienne fut à peine évoquée dans les médias de masse occidentaux. Dans le reste du monde ce ne fut pas le cas. Cet exemple pourrait en inspirer d’autres.
 
 
Traduction pour Investig'Action : Thomas Halter

Source originale : dewereldmorgen.be
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