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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:45
Lu sur le site du M'Pep.  Une analyse de Jacques Nikonoff du traité transatlantique ( appelé aussi TAFTA).  Cliquez sur le titre pour lire l'article intégralement.

La réunion du G8 qui s’est tenue à Lough Erne, en Irlande du Nord, les 17 et 18 juin 2013, a été l’occasion de lancer officiellement les négociations pour aboutir à un Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), Transatlantic Trade & Investment Partnership (TTIP) en anglais. Quelques jours avant à Luxembourg, dans une opacité totale, les ministres du Commerce des Vingt-Sept avaient adopté le mandat à confier à la Commission européenne pour conduire les négociations au nom de l’Union européenne.

Le gouvernement français PS-EELV qui, avant cette réunion, avait annoncé qu’il allait faire un malheur en brandissant la menace d’utiliser son droit de veto si une « exception culturelle » n’était pas accordée, s’est finalement, comme prévu, lamentablement couché, contrairement à la propagande massive qui tente de faire croire l’inverse. En effet, selon le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht : « le mandat est très clair. D’un côté, il est dit que audiovisuel est exclu du champ des négociations. Dans un autre paragraphe, il est dit très clairement que nous pouvons faire de nouvelles propositions au Conseil sur un mandat additionnel, sur n’importe quelle question y compris l’audiovisuel  ». Cette façon de procéder est un grand classique de la diplomatie : on rédige un texte qui dit une chose et son contraire en organisant volontairement le flou artistique pour éviter que l’une des parties ne perde la face. Chacune peut alors crier victoire, les larrons jouant la comédie. Si la France avait vraiment voulu mettre son veto, elle aurait empêché que la question de l’audiovisuel, dans le mandat, puisse revenir sur le tapis. En réalité, tout le battage organisé autour de l’ « exception culturelle » avait pour but de répandre un rideau de fumée sur les autres sujets, précisément en les faisant oublier au profit d’une victoire à la Pyrrhus du gouvernement, programmée d’avance dans un jeu de rôle savamment orchestré avec monsieur Barroso dont les talents de comédien sont certainement ce qu’il y a de meilleur en lui. Le journal Le Monde a encore été pris la main dans le sac de sa mauvaise foi en indiquant, dans son éditorial du 19 juin 2013 : « la France a fini par imposer ses vues et à remporter une victoire politique ».

Il n’y aurait rien à redire si ces négociations entre les USA et l’UE avaient pour objectif de rapprocher les peuples des deux côtés de l’océan. Un tel partenariat, s’il avait pour ambition d’améliorer la prospérité générale, de s’attaquer radicalement aux désastres environnementaux, d’établir des normes de haut niveau en matière de protection sociale, tant du point de vue des soins de santé que de retraites ou de conditions de travail, d’éradiquer définitivement le chômage et la précarité, et donc la pauvreté, susciterait un enthousiasme universel. Il serait un exemple pour le reste du monde.

Hélas, non seulement il ne s’agit pas du tout de cela, mais de l’inverse. La décision prise en Irlande les 17 et 18 juin 2013 est monstrueuse à tous égards. Il s’agit ni plus ni moins de mettre en place un empire euro-atlantique pour restaurer le leadership mondial des États-Unis, de privatiser le droit et la justice en les remettant dans les mains des firmes multinationales, anéantissant ainsi la démocratie, de parachever le libre-dumping qui met en concurrence les travailleurs des différents pays et n’est profitable qu’aux très grandes entreprises. La grande presse évoque un accord de « libre-échange ». Bien sûr, la composante libre-échangiste est présente (parlons plutôt de « libre-dumping » pour ne pas salir les jolis mots de « libre  » et d’ « échange  »), mais elle est loin d’être l’essentiel. Derrière la perspective impériale des États-Unis il y a, pour la consolider, la volonté de s’attaquer principalement aux « barrières non-tarifaires » que sont les normes sociales, environnementales, alimentaires, techniques, etc. Car en matière de droits de douane il n’y a plus grand-chose à gratter.

C’est un tournant de la géopolitique mondiale qui est train de s’amorcer sous nos yeux, c’est un « OTAN économique » qui se met en place.

Ce projet ne date pas d’hier et résulte d’une série d’étapes aisément traçables depuis la création de l’OTAN (militaire !) en 1949 et du Marché commun en 1957 (voir l’annexe 1 pour un résumé des principales étapes de ce projet depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale).

Le PTCI est le résultat direct d’un intense travail mené par les lobbies américains et européens, financés par les grands groupes industriels, de services ou financiers. Les plus actifs ont été les chambres américaines de commerce, le Transatlantic Business Council (TBC) et le Transatlantic Policy Network (TPN). Ce dernier est composé pour moitié de représentants des firmes multinationales surtout américaines comme AT&T, BASF, Bayer, Dow Chemical, Hewlett Packard, Nestlé, Time Warner, Walt Disney Company, etc. L’autre moitié est composée de 60 députés européens et d’élus du congrès des États-Unis. Une partie du monde politique, manifestement, n’a pas été insensible aux « arguments  » de ces lobbies. Ainsi 8% des parlementaires européens sont membres du Transatlantic Policy Network (TPN)…

Il est vrai que les intérêts en jeu sont considérables. Les États-Unis et l’Union européenne comptent pour presque la moitié du PIB mondial et 30% du commerce international. Chaque jour, 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros) de biens et de services sont échangés entre les deux rives de l’océan. Les investissements directs représentent quant à eux 3,7 trillions de dollars (2,8 trillions d’euros). Un trillion = 1 000 milliards. Selon le « mémo  » 13/95 du 13 février 2013 de la Commission européenne, «  les relations commerciales transatlantiques constituent l’épine dorsale de l’économie mondiale ». Ce mémo ajoute que « d’ici 2027, des gains annuels totaux se traduisant par une hausse du PIB de 0,5% pour l’UE et de 0,4% pour les États-Unis » devraient intervenir, soit « des revenus annuels supplémentaires de 86 milliards d’euros pour l’économie européenne et de 65 milliards d’euros pour l’économie américaine ». Un rapport du Center for Economic Policy Research fait des prévisions encore plus mirobolantes, l’Union européenne gagnerait 119,2 milliards d’euros par an, les USA 94,9 ! Les exportations de l’Union européenne vers les États-Unis augmenteraient de 28%.

Le PTCI aborde trois sujets : d’abord « les règles, les principes et les nouveaux modes de coopération permettant de répondre aux défis partagés et aux opportunités communes du commerce mondial  » ; ensuite « les questions de réglementation et les obstacles non tarifaires » ; et enfin « l’accès au marché » (l’annexe 2 détaille le contenu des négociations).

Au total le PTCI vise à redonner le leadership mondial aux États-Unis en faisant de l’Union européenne son arrière-cour. Si par malheur cet accord était conclu, une nouvelle vague de libéralisation destructrice s’abattrait sur la planète. La lutte contre cet accord ne doit pas se limiter à la revendication de l’ « exception culturelle ». Elle doit se fixer pour perspective d’empêcher la conclusion de cet accord, dans son intégralité, et de construire un ordre mondial fondé sur la coopération entre les peuples dans le respect de leur souveraineté nationale. [...]. 

Lire la suite en cliquant sur le titre.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:41
Lu sur le site Contrelacour, un site bien informé sur les négociations en cours à Bruxelles.  Tout confirme que tout est à craindre des discussions avec les Etats-Unis, négociations secrètes dont sont exclus les Parlements nationaux et les citoyens.  Se mobiliser pour que le parlement français se prononce contre ce traité transatlantique et contre le traité avec le Canada est urgent.  Samedi 11 octobre est un moment de cette mobilisation.
TTIP marché transatlantique été 2014

Ignacio Garcia Bercero chef négociateur européen, lors du septième cycle de négociations

« Nous avons pris un engagement sans équivoque et ferme: rien ne sera fait qui pourrait réduire ou compromettre la protection de l’environnement, la santé, la sécurité, les consommateurs ou d’autres objectifs de politique publique poursuivis par les organismes de réglementation de l’UE ou des États-Unis. »
Ce sont là les dernières déclarations d’Ignacio Garcia Bercero, négociateur en chef du partenariat transatlantique pour l’UE.

Ainsi, au sortir du septième cycle de négociations, qui s’est tenu à Chevy Chase, dans le Maryland, aux Etats-Unis, du 29 septembre au 3 octobre, la Commission européenne se veut rassurante.

ContreLaCour vous propose de faire le point sur les événements de cet été.

La revue de presse du printemps est disponible en cliquant ici.

Le manque de transparence

L’Italie, qui préside l’Union européenne (UE) pour six mois depuis le 1er juillet, a pris l’initiative d’une lettre, qu’elle a adressée aux 27 autres Etats européens, le 20 août dernier, leur demandant d‘accepter que soit rendu public le mandat donné à la Commission européenne. Pourtant, encore aujourd’hui, certains Etats européens continuent de refuser la divulgation du texte, pourtant largement diffusé officieusement.

Tout juste entré en fonction, le nouveau secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, a lui aussi exigé la publication du mandat de négociation. Il réitère ainsi une action déjà menée par ses prédécesseures, Fleur Pellerin et Nicole Bricq, sans succès.
Le 17 septembre, lors de son passage devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, il a annoncé qu’une «de [ses] toutes premières décisions a été d’écrire à la Commission européenne, au nom de la France, de faire toute la transparence sur les mandats de négociations». Un courrier qui ne servira pas à grand-chose, la décision de publication ne relevant pas de la Commission, comme cette dernière l’a déjà précisé en 2012 suite aux demandes de Nicole Bricq.
Durant cette même audition, Fekl s’est engagé à faire des points réguliers sur les avancées des discussions devant cette commission des Affaires économiques.

Un peu plus tôt, dans deux courriers transmis le 29 juillet 2014 au Conseil de l’Union européenne et à la Commission, la Médiatrice européenne, Emily O’Reilly, a demandé aux institutions d’accroître la transparence relative aux négociations en cours entre l’UE et les USA en publiant davantage de documents. A cet égard, je vous conseille la lecture de l’article, très complet, du site europaforum.public.lu.
Concernant le mandat de négociation, la Médiatrice estime « qu’il n’est pas immédiatement évident de voir de quelle manière sa divulgation porterait atteinte à la protection de l’un des intérêts publics ou privés ».
Concernant les documents directement liés aux discussions entre les négociateurs, elle suggère la mise en place d’un registre public des documents relatifs au TTIP et demande des explications à la Commission quant aux accusions d’inégalité de transparence selon l’auteur des demandes.

L’initiative de la Médiatrice prend ainsi le relais d’un arrêt de la Cour de Justice de l’UE du 3 juillet 2014. Cet arrêt fait suite à un recours déposé par une eurodéputée néerlandaise libérale (ALDE) suite au refus de la Commission européenne de lui transmettre l’intégralité des documents relatifs aux négociations entre l’UE et les USA sur l’accord dit TFTP-SWIFT.
Les dispositions de cet arrêt peuvent largement être transposées à l’ensemble des accords commerciaux actuellement négociés par la Commission, notamment l’accord général négocié avec les Etats-Unis : le TTIP.

La CJUE est venue rappeler à la Commission ses obligations en matière de transparence : les négociateurs doivent permettre un large accès du grand public à tous les documents du TTIP, et ne censurer que les paragraphes qui pourraient affecter les importantes stratégies de négociation et qui ne sont pas déjà connues par l’autre partie aux négociations.

Dans une réponse en date du 30 septembre 2014, le Conseil indique ne pas donner suite aux demandes de la Médiatrice européenne. Il estime en effet que :
- aucune plainte relative à une mauvaise administration en matière de transparence des négociations transatlantiques n’a été enregistrée,
- il n’existe aucune obligation dans le règlement 1049/2001 exigeant la publication des documents non législatifs.

Une initiative citoyenne européenne rejetée

Ce début d’année a été marquée par le rejet par la Commission européenne de l’initiative citoyenne déposée 250 organisations réclamant plus de démocratie concernant la négociation du traité transatlantique. Motif du refus: la « proposition d’initiative citoyenne est manifestement en dehors du cadre des attributions de la Commission en vertu desquelles elle peut présenter une proposition d’acte juridique de l’Union aux fins de l’application des traités ».

Dans un article publié le 22 septembre dans La Tribune, Hervé Guyader rappelle que si la décision de rejet « est parfaitement justifiée et, finalement très opportune », la méthode politique reste désastreuse.

L’avancée des négociations

Comme indiqué plus avant, les négociateurs viennent tout juste de clôturer le septième cycle de discussions. Dans sa conférence de presse, le négociateur en chef européen nous apprend que « les négociations sont en train de passer doucement dans la phase textuelle« . Désormais, « les discussions sont basées sur des propositions de textes spécifiques« .

Au cours de ce cycle de négociations, l’accent a été mis sur le pilier réglementaire du futur accord. Tous les éléments de régulation ont été discutés, tant en termes de disciplines horizontales (cohérence réglementaire, Obstacle technique au commerce, Sanitaire et phytosanitaire). Les discussions ont également porté sur des secteurs spécifiques identifiés lors des cycles précédents tels que les produits pharmaceutiques, l’automobile, les produits chimiques, l’ingénierie, les matières premières, les douanes et la facilitation du commerce, les droits de propriété intellectuelle et enfin, les petites et moyennes entreprises.

Concernant les produits chimiques, la Commission européenne a récemment publié une note en réponse à des attaques formulées par des associations environnementales. Selon Karel de Gucht (commissaire en charge du commerce), les réglementations européennes et américaines sont si différentes qu’il n’est pas encore possible d’envisager une harmonisation et une reconnaissance mutuelle complètes. Le travail actuel ne porte que sur l’identification des règles d’évaluation et des étiquetages.

Pour finir, les négociations ont porté sur les services : « Les offres de services sont très complexes et techniques. Nos négociateurs ont consacré l’essentiel de la semaine à expliquer à l’autre partie, dans les moindres détails, tous les éléments de ces offres. »

Ignacio Garcia Bercero a précisé que l’approche européenne exclut tout engagement sur les services publics: « les gouvernements restent libres de décider à tout moment que certains services doivent être fournis par le secteur public« .
A noter que cette « liberté », si elle existe aujourd’hui dans le cadre des Traités européens, est souvent limitée par l’obligation qu’ont les services fournis par l’Etat de se mesurer à la concurrence d’autres entreprises privées. A cet égard, ce n’est pas le Traité transatlantique qui doit être surveillé, mais bien l’Accord sur le commerce des services (TISA), autre Traité en cours de négociation.

Fin juillet, le site Euractiv.fr nous informait que la Commission européenne entendait ajouter un chapitre sur l’économie numérique, « mais en laissant de côté les sujets trop sensibles, tels que la protection des données ». La fédération des entreprises européennes du secteur du numérique, DigitalEurope a demandé qu’un tel chapitre soit ouvert et a rencontré dans cette perspective les principaux négociateurs, le 16 juillet dernier.

Enfin, le 16 juillet, la Commission européenne a publié une note relative aux questions culturelles. Celle-ci rappelle toutes les dispositions qui ne sont pas inclues dans les négociations.

Le point controversé des tribunaux d’arbitrage

L’une des questions les plus controversées est celle des tribunaux d’arbitrage. Le 27 mars 2014, la Commission a lancé une consultation publique pour savoir si ce thème devait faire partie des négociations. La consultation s’est clôturée le 13 juillet et a suscité « près de 150 000 réponses », dont l’analyse ne devrait pas être terminée avant novembre, a indiqué M. Garcia Bercero.

Pour l’heure, une note de la Commission indique les principales statistiques liées aux réponses déposées. La plupart des contributions proviennent du Royaume-Uni (34,81%), d’Autriche (22,59%), d’Allemagne (21,76%), de France (6,55%) et de Belgique (6,29%). Seules 569 réponses proviennent d’organisations. Seul un petit nombre de réponses (738 répondants, représentant 0,5% du total) ont indiqué avoir déjà fait un investissement aux Etats-Unis.

Le compte-rendu du fond des contributions postées devrait être mis en ligne bientôt par la Commission européenne. Les nouveaux commissaires auront donc la charge de débattre de cette épineuse question avec les gouvernements nationaux et les eurodéputés, de plus en plus rétifs.

D’ores-et-déjà, face à une opinion publique très alertée, le gouvernement allemand a fait connaitre sa volonté de retirer le chapitre ISDS du Traité UE-Canada, conclu très récemment.
Pareillement, le groupe Socialistes et Démocrates (S&D) du Parlement européen, dont un de ses membres – Bernd Lange – est Président de la Commission du commerce international, a indiqué être vivement opposé au mécanisme de règlement des différends investisseur-État.

Doit-on prendre au sérieux ces déclarations gouvernementales et parlementaires ? Cela s’avère difficile. En effet, les institutions européennes ont récemment adopté un règlement relatif aux responsabilités financières Etat-UE en cas de différends Etat-investisseur. Un règlement qui devrait être particulièrement utile. Pour cause, les Etats ont donné mandat à la Commission de mettre en place des tribunaux d’arbitrage dans nombre d’accords actuellement négociés (Chine, Myanmar, Canada, Inde, Japon, Maroc, Singapour, Thaïlande, Vietnam et Etats-Unis).

Cette discordance entre la parole et le geste se retrouve également au sein de la nouvelle composition de la Commission européenne. Alors que le nouveau Président de la Commission Jean-Claude Juncker se dit opposé au maintien des dispositions ISDS dans l’accord transatlantique, la Commissaire en charge du commerce s’avère bien plus mesurée. Lors de son audition devant les eurodéputés, le site Romandie rapporte : « Cecilia Malmström est restée ambiguë sur l’inclusion de tribunaux d’arbitrage dans l’accord de libre-échange en cours de négociation avec les Etats-Unis. Je n’exclus pas que ça soit exclu de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, a-t-elle déclaré, mais discutons-en, a-t-elle ajouté, jugeant toute décision prématurée. » Une déclaration qui se révèle contradictoire aux documents préparatoires fournis aux eurodéputés.

Pourtant, malgré l’opposition de toutes les institutions européennes, l’inquiétude des citoyens et une consultation en cours d’analyse, le compte-rendu du sixième cycle de négociations mentionne que les Etats-Unis et l’UE ont déjà échangé leur proposition de texte : « Pour les dispositions de règlement des différends, des discussions fondées sur des textes ont commencé étant donné que les deux parties ont déposé des dispositions textuelles. Comme dans d’autres domaines où les deux parties ont déposé des propositions, les deux parties ont produit un texte de support consolidé et tentent de parvenir à des propositions de compromis. »

Le rôle des Parlements

Une récente réponse ministérielle a confirmé le caractère vraisemblablement mixte du futur Traité et, de fait, la consultation obligatoire des Parlements nationaux pour les dispositions de compétences nationales :

Le partenariat commercial transatlantique contiendra majoritairement des dispositions relevant de la compétence exclusive de l’Union européenne (dispositions de nature commerciale, notamment), mais également des dispositions qui relèvent de la compétence des États membres, qui auront été négociées en leur nom. L’accord final sera bien un accord mixte, comme le sont la quasi-totalité des accords de libre-échange conclus par l’Union européenne.
Dès lors, conformément aux traités européens et à la Constitution, à l’issue de la négociation, le texte final devra être ratifié par les parlements nationaux des États membres et obtenir l’approbation du Parlement européen.

Dans un article du 11 septembre 2014, le site Contexte met en avant la frilosité des parlementaires français pour ces négociations, tandis que les entreprises les appelaient à soutenir le projet d’Accord.

Du côté du Parlement européen, le nouveau Président de la Commission du commerce international – Bernd Lange – a récemment mis en garde la Commission européenne sur son devoir de bien prendre en compte l’avis du Parlement européen : « Au final, c’est le Parlement qui décide des accords. Je recommande donc à la Commission européenne d’en tenir compte. »
A noter que c’est un parlementaire français, Gilles Pargneaux, qui a été nommé rapporteur du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) pour le suivi des négociations transatlantiques.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:35

 

Rouge Cerise n'a pas la prétention de remplacer la presse d'opinion. Mais lorsque l'immense majorité des médias restent silencieux (qui ne dit mot consent), lorsque monsieur Bernard-Henri Lévy et quelques célèbres défenseurs à géométrie variable des droits de l'Homme se murent dans un silence de plomb, il faut bien que d'autres se dressent contre l'ignoble. C'est pourquoi nous reproduisons ici le coup de colère de Jean Ortiz, maître de Conférence à l'Université de Pau, spécialiste reconnu de l'Amérique latine et de Cuba, antifasciste militant, comme son père, républicain espagnol qui s'engagea dans la Résistance dans l'Aveyron.
Rouge Cerise

 

 

 

MASSACRE D’ÉTUDIANTS AU MEXIQUE
 
57 jeunes normaliens « disparus »

article de L'Humanité.fr
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Le 26 septembre 2014, la police mexicaine, les groupes paramilitaires et les sbires des cartels, se sont livrés à la chasse à l’étudiant, au  « normalien ». Ils ont tiré pour tuer, puis ont enlevé des dizaines de normaliens de l’École normale rurale Raul Isidro Burgos, « municipio » de Tixtla (Guerrero). Huit morts et 57 jeunes « disparus » depuis. 
 Cela se passe à Iguala, dans l’État, aux traditions rebelles, de Guerrero. 
Après avoir réalisé une collecte publique afin de financer leurs études et manifesté contre la pauvreté des moyens attribués à l’enseignement, les « normaliens » se dirigeaient en bus vers Chilpancingo, capitale de l’État du Guerrero. Les témoins racontent des scènes qui rappellent le carnage de Tlatelolco, la Place des trois cultures à Mexico, en 1968. Des véhicules policiers, et d’autres banalisés, ont emporté des dizaines de jeunes vers une destination inconnue. Depuis le 26 septembre, 57 « normaliens » ont ainsi « disparu ».
 
La disparition a été niée puis étouffée, censurée, minimisée, par tous les « grands » médias « droitsdel’hommiens ». Si elle avait été immédiatement dénoncée... Mais ces gens- là ont l’indignation bien trop sélective.
 
L’affaire vient de s’aggraver et sans doute de s’éclairer tragiquement. Dans le sud du Mexique, 6 fosses communes avec 28 corps calcinés, certains déchiquetés, viennent d’être découvertes. Les corps vont être soumis à des tests ADN pour identification... Depuis les faits, le maire de Iguala a étrangement disparu, et les autorités de l’État, du parti gouvernemental, font le gros dos.
Le président « priiste » (du Parti révolutionnaire institutionnel, le PRI !), ultralibéral, Peña Nieto (en place depuis décembre 2012) continue, comme son prédécesseur du PAN, de plonger le pays dans la violence (80 000 morts depuis 2006), la « guerre » contre les « narcos », la corruption et la répression qui cible les syndicalistes, les militants sociaux, les communautés indiennes, les intellectuels progressistes, les élus honnêtes, les paysans, les zapatistes... Où sont les promesses électorales ? PRI-PAN (mêmes fraudes électorales) : le sang des « chingados », de « ceux d’en bas », coule.

Cela se passe au Mexique, à Iguala, à une centaine de kilomètres du bronze-cul international étoilé d’Acapulco. Pas au Venezuela. 
Dommage pour les médias !
Jean Ortiz

 

 

Capture-d-ecran-2014-10-09-a-06.07.42.pngSite du Parti Communiste du Mexique:link

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:15
« On pensait avoir un ennemi, on en a deux » (Edouard Pagni délégué CGT moulins Maurel)

Un épisode de plus dans le combat des salariés des moulins et des Bouches-du-Rhône pour la défense de l’emploi et de l’outil industriel. Pour l’instant le groupe Nutrixo, propriétaire du site, est déterminé non seulement à fermer mais aussi à bloquer toute possibilité de redémarrage des moulins Maurel. Pour autant les salariés et la CGT n’ont pas dit leur dernier mot.

Jeudi 3 octobre 2014, au petit matin, les forces de police de Valls et Cazeneuve sont venues en très grand nombre [1] faire une bien sale besogne pour le compte de Nutrixo : expulser les salariés en lutte depuis plus d’un an et qui occupaient le site depuis une semaine, prendre l’usine, démonter et charger dans un semi-remorque les deux plus grandes et performantes machines, charger les militants qui faisaient le gué dehors et partir en laissant le site sous la garde de milices privées, les mêmes que celles utilisées par la direction de Fralib….

L’intervention, à la légalité plus que douteuse au vu des différentes ordonnances du tribunal qui appelaient à la poursuite du dialogue, est d’autant plus scandaleuse que Nutrixo refuse de discuter avec le groupe qui s’est porté candidat à la reprise du site et l’a encore rappelé ce jeudi à la préfecture. Là encore la responsabilité des pouvoirs publics est écrasante : non seulement ils ne font rien pour forcer Nutrixo à négocier alors que l’état est actionnaire à 11% du groupe mais en plus avec l’épisode de jeudi dernier ils se rendent complices du démantèlement du site espérant sans doute décourager la trentaine de salariés qui se battent pour leur emploi.

Eh bien si l’abattement était le but recherché, patronat et gouvernement en seront pour leurs frais.
C’était sans compter la convergence des luttes initiée par la CGT dans le département sur les nombreux dossiers de défense d’emploi avec 17 autres organisations.
C’était sans compter également avec la solidarité entre les travailleurs qui ici n’est pas un vain mot ou un simple slogan.
C’était sans compter avec la détermination des salariés dont la vie de famille, l’avenir professionnel et la santé sont en jeu dans ce bras de fer travailleurs / patronat, gouvernement.

Ce samedi 4 octobre la CGT du département appelait à un rassemblement devant l’usine et tous répondaient présents.

Edouard, le délégué de l’entreprise, prenait la parole le premier et rappelait la force de cette stratégie : « En face ils ont peur quand ils nous voient au côté des camarades d’Air France, de la SNCM, de l’APHM, de LyonDell…Et nous on y va parce qu’on a besoin de routes, d’hôpitaux, d’éducation, d’emplois, de services publics et c’est ce qu’on leur dit quand on parle des moulins Maurel. On pensait avoir un ennemi, les patrons ; en fait on en a deux : les patrons et le gouvernement. »

Et de détailler les éléments qui prouvent tout à la fois la mauvaise foi de Nutrixo, la complicité du gouvernement et la volonté commune des deux adversaires de faire sur le site une opération immobilière au détriment de l’emploi et des besoins de la population. Comment ne pas penser en entendant Edouard démontrer le mécanisme qui lie le patronat au gouvernement à cette phrase historique : « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif de la classe bourgeoise » comme l’écrivaient Marx et Engels dans le manifeste du Parti Communiste ...en 1848. Même si le contexte socio-économique de l’époque n’est pas comparable avec celui d’aujourd’hui, le gouvernement français actuel est bel et bien du côté des patrons qui broient la vie des travailleurs. Aujourd’hui encore l’affrontement capital/ travail n’a pas fondamentalement changé.

Eric Chenais du bureau départemental de la CGT et Julien Huck secrétaire Fédéral de la FNAF ont également pris la parole en faisant le lien entre le rassemblement devant l’usine et la journée nationale d’action à venir du 16 octobre.

Tous les 3, et plus particulièrement Edouard, répondant à l’envie qui traversait si fort l’assistance que les grilles métalliques en furent toutes secouées et manquèrent de tomber, faisaient une promesse : « On reprendra notre usine » et les fralibs présents à qui cela rappelait des souvenirs, avec l’ensemble des manifestants, approuvaient avec force.

L’histoire n’est pas finie, les camarades en luttes des moulins et les militants qui les soutiennent ont bien montrés ce 4 octobre, qu’ils étaient déterminés à l’écrire en leur faveur.


[1difficile de dire combien ils étaient mais on a bien dénombré plusieurs dizaines de fourgons de CRS

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:07
Lu sur El Diablo

sécu-solidarité

Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2015 a été présenté ce mercredi en conseil des ministres. Sur les 21 milliards d’économies programmées pour 2015 dans le cadre de l’application du Pacte de responsabilité, la Sécurité sociale est la plus fortement touchée : les réductions doivent atteindre 9,6 milliards.


Diverses mesures concernent les familles. La prime à la naissance sera réduite à partir du deuxième enfant (308 euros contre 923). La majoration des allocations pour les enfants de plus de 14 ans sera décalée à 16 ans. Les aides à la garde d’enfants vont être davantage liées au niveau des revenus. Concernant le congé parental de 3 ans à partir du deuxième enfant, la période de congé réservée à chaque parent sera de 18 mois chacun. Si l’un des parents n’en demande pas le bénéfice, elle sera perdue. Dans la pratique, cela devrait se traduire par des économies substantielles puisque, dans 96 % des cas, le père ne prend pas de congé parental et sa part sera donc retirée du total de 3 ans.


L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) a été à nouveau revu à la baisse. Le montant des économies serait de 3,4 milliards (contre 2,4 en 2014). Des mesures prises pour promouvoir les génériques et réguler le prix de certains traitements contre l’hépatite C devraient permettre des économies de plus d’un milliard.


Le « virage ambulatoire » sera accéléré en encourageant l’hospitalisation de jour et à domicile. Des sanctions financières pourront être prises contre les hôpitaux et cliniques qui ne respectent pas leurs engagements sur les actes et prescriptions.

 

source: POI

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 09:16
Un communiqué du Front  syndical de classe lu sur El Diablo

fsc

Vous avez manifesté contre les pilotes en grève contre les conditions salariales et statutaires prévues pour le développement de Transavia.

Sous les encouragements et les applaudissements de tous les tenants de la concurrence libre et non faussée et bien sûr de la direction de la CFDT.

 

Vos arguments : " Nous avons consentis des sacrifices pour sauver l'entreprise, maintenant c'est au tour des pilotes". Faisant chorus avec tous les commentateurs et les économistes de service grassement payés pour accuser toute résistance des salariés de corporatisme et s'agissant des pilotes, il est vrai correctement rétribués d'être des enfants gâtés.

 

Mais vous ne voyez pas que cette logique infernale qui tire tout le monde vers le bas, qui écrase toujours plus TOUS les salaires est à l'origine de la crise que nous connaissons.  Et que par votre comportement vous épargnez les vrais privilégiés, les patrons, les actionnaires, les spéculateurs, les banquiers qui peuvent continuer à accumuler les richesses, à aggraver les inégalités et à aggraver la crise dans laquelle nous sommes plongés et qui nous mène tous ensemble vers la misère.

 

Dans le transport aérien, le « low cost » (bas coût en français) qui ne peut maintenir bas prix qu'à coup de subventions publiques locales ou étatiques, de bas salaires et de sécurité allégée comme c'est le cas des compagnies du Golfe, c'est l'instrument de guerre contre tous les salariés du secteur.

 

Vous en premier lieu !  Dans les périodes de crise le pire c'est la division des salariés au profit des vrais bénéficiaires du système en place.

 

Alors il est plus que temps de se ressaisir !

 

Le FRONT SYNDICAL DE CLASSE

le 28 septembre 2014

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 05:58

 

Baby Doc, mort samedi matin à Port-au-Prince, a séjourné 25 ans en France en toute liberté. Il avait atterri à Grenoble, après un accord secret entre le gouvernement des Etats-Unis, le Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius, et le président Mitterrand.

 

Le fils du sanguinaire Duvalier a passé 25 ans en France, sans papier. Il a mené grand train de vie puis a été "invité" à la discrétion.

Jean-Claude Duvalier dit Baby Doc, au cours de sa dictature en Haïti


Il est rentré mourir à Port-au-Prince.


Le temps est donc venu de demander à Laurent Fabius d'ouvrir le dossier.

 

Quel a été le contenu de l'accord passé avec Washington?

 

Quelle a été la monnaie d'échange?

 

Pour quelles raisons s’approcher de ce personnage sulfureux provoquait une réaction immédiate et musclée des services spéciaux français ?

 

Pourquoi la fortune volée au peuple haïtien n'a pas été bloquée par les banques?

 

José Fort

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 04:31

Les-Duvalier-un-regne-de-30-ans-sur-Haiti_article_main.jpg 

 

Etre ami des USA, de la France, une belle assurance-vie !


 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/


 

Les Duvalier ont marqué de leur empreinte 30 ans de l'histoire d'Haiti. 30 ans de dictature impitoyable, de corruption éhontée, de misère effroyable pour le peuple haitien. Mais le fils comme le père étaient des amis de la France, des alliés des Usa, ils ne seront jamais inquiétés.

 

Jean-Claude Duvalier, alias « Bébé Doc » est mort, à l'âge de 63 ans, comme le général Pinochet au Chili, Videla en Argentine ou Suharto en Indonésie, il est mort sans jamais être inquiété pour ses crimes contre l'humanité. Il avait choisi le « camp du bien » pendant la Guerre froide, celui de l'anti-communisme, celui du néo-colonialisme.

 

Ces derniers années, il a versé des larmes de crocodile sur ses 'erreurs' pendant ces 15 années de règne, de 1971 à 1986. Les dizaines de milliers de Haitiens – entre 30 et 60 000 – morts dans ses prisons, sous les coups des « Tontons Macoutes » ne sont plus là pour témoigner.

Comprendre la dynastie Duvalier, c'est comprendre la tragédie haitienne, du premier pays noir à se libérer du colonialisme en 1804. La métropole française lui fera payer cher en endettement, dépendance économique, échange inégal et régimes autoritaires imposés.

 

Papa Doc, la terreur des « Tontons macoutes » bénie par les USA, le Vatican et la France

 

Dans les années 1950, Cuba et Haiti croupissaient dans la misère, l'humiliation coloniale. Cuba du Che et de Fidel a choisi la révolution communiste, anti-colonaliste contre les USA. Haiti a choisi la soumission colonialiste aux USA. 

Le choix d'Haiti a été imposé par les Etats-unis, par la France, ce fut le pouvoir autocratique de « Papa Doc », François Duvalier qui en 1957 impose une dictature impitoyable : suppression de l'opposition, des libertés civiles, mise au pas de la justice, de l'armée, abolition du parlement. En 1961, il est réélu président à 100 %, et en 1964 président à vie.

A partir de 1958, il crée un corps de volontaires nationaux surnommés « Tontons macoutes ». Ce groupe terroriste d'Etat de près de 10 000 voyous sème la terreur dans les rues, multiplie les viols, enlèvement, assassinats, qui feront des dizaines de milliers de victimes sous son règne.

 

Pourtant, « Papa Doc » ne fut jamais condamné. Mieux, il fut soutenu. Par les Etats-unis qui apprécièrent sa position pro-américaine face à Cuba la rouge, face au bloc communiste.

Par le Vatican qui a lui a pardonné sa reprise en main musclée de l'Eglise locale, et cautionné ses dérives vaudous – justifiant son culte de la personnalité – ainsi que sa gestion despotique et instrumentale du clergé national, avec le Concordat réaffirmé en 1966.

 

Jean-Claude Duvalier ou « Bébé doc », non, non rien n'a changé. Corruption, anti-communisme, terreur de masse

 

Malade à la fin des années 1960, l'autocrate Duvalier fait nommer son fils comme son successeur, en tant que président à vie. En 1971, à l'âge de 19 ans, Jean-Claude Duvalier, aka « Bébé Doc », devient président de Haiti ad vitam eternam.

Soucieux de l'image de ses alliés, les pays occidentaux auront tôt fait de lui coller l'étiquette de « réformateur ». Ou tout du moins d'un dirigeant « pragmatique », préférant confier la politique aux spécialistes, plus soucieux de diners mondains, amoureux de la bonne chair et de jolies femmes.

 

Réformateur, « Bébé Doc » ne le fut pas. Il y a l'adage « tout changer pour que rien ne change ». Lui, il n'a rien changé pour que rien ne change ! La justice est restée impuissante, l'armée sous contrôle, les libertés civiles supprimées, les élections faussées, la répression organisée conjointement par la police, les services de renseignement et les « Tontons macoutes ».

Le rapport d'Amnesty International publié en septembre 2011 est édifiant. Selon ce rapport, la répression sous le fils Duvalier n'avait rien à envier à celle du père, dans son ampleur d'abord, avec sans doute près de 100 000 morts directement imputables au régime dynastique.

Dans les méthodes aussi : tortures systématiques, morts en détention, conditions d'incarcération inhumaines, disparations forcées, assassinats ciblés. Le tout dans la plus complète impunité, au nom de la « lutte contre la subversion communiste », déclarée crime en 1969.

Amnesty admet une différence majeure. La terreur sous Duvalier Père était visible, flamboyante, indifférenciée : fusillades en pleine rue, tortures à l'aéroport, furie des Tontons Macoutes. Sous le fils Duvalier, la terreur fut secrète, sélective, méthodique : enlèvements mystérieux, tortures dans des lieux secrets, cible des opposants subversifs. C'est sans doute pire.

Le rapport d'Amnesty rappelle les cas précis de dizaines de « disparus » dont nous ne saurons jamais le sort. On peut rappeler le cas de notre camarade Rock Charles Derose, militant du Parti communiste unifié des Haitiens (PCUH), arrêté en 1981 car il voulait fonder un syndicat dans son entreprise, torturé puis porté disparu. On n'eut plus jamais de nouvelles de lui

La topologie des crimes contre l'Humanité sous Duvalier fils est connue de tous.

D'un côté le « Camp de Fort Dimanche », ce camp de concentration effroyable où on ne rentre mais on ne sort pas, de l'autre la Caserne Dessalines, le lieu des interrogatoires, tortures raffinées des services spéciaux, enfin le Pénitiencier national, où on meurt dans les prisons avec des cellules de 13 m 2 où s'entassent entre 40 et 50 détenus.

La marotte des tortionnaires haitiens, c'est le « djak » réservé aux « communistes présumés » : les détenus voient leurs mains et leurs pieds attachés, sont accrochés à une perche ou un bâton, roulés en boule puis violemment fouettés et bastonnés sur les parties du corps laissées vulnérables.

Pragmatique, oui, à coup sûr, quand il s'est agi de s'enrichir, lui et sa famille. Flambeur, coureur, personnage superficiel, « Bébé doc » a laissé la politique aux experts groupés autour de sa mère et des « dinosaures » de la vielle garde paternelle.

Mais il n'a pas perdu le nord, accumulant des millions d'euros par la corruption massive, le détournement de fonds, l'enrichissement sur le dos d'un peuple miséreux.

Selon Transparency International, il était en 2004 le 6 ème leader le plus corrompu du monde avec jusqu'à 800 millions d'€ de fonds détournés. Il aurait ainsi détourné les ¾ de l'aide humanitaire adressée à l'île sinistrée.

Dans un pays où aujourd'hui 78 % de la population vit dans la pauvreté absolue, Duvalier fils pratiquait le mépris ostentatoire. On raconte que son mariage lui a coûté 3 millions d'euros, lui se contentait de jeter l'argent par les fenêtres à chacune de ses sorties publiques.

Pas plus que son père, Jean-Claude Duvalier ne fut inquiété. Les Etats-unis ont même développé les relations les plus cordiales avec lui en particulier sous les présidences Nixon et Ford. Après un refroidissement dans la période Carter, Ronald Reagan a renoué avec son amitié avec un pilier de l'anti-communisme en Amérique latine face à l' « Empire du mal ».

Lorsque Jean-Claude Duvalier fut chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986, il a naturellement trouvé refuge … en France où il resta en exil pendant 25 ans, avec près d'1 milliard d'€ détourné aux Haitiens, soit le tiers du PIB du pays !

 

Bilan de 30 ans de dictature Duvalier, misère partout, justice nulle part - Surtout ne comparez pas avec Cuba !

 

Haiti ne s'est pas relevé des trente ans de terreur, de corruption, de misère imposée par en haut.

Aujourd'hui, c'est l'un des pays les pauvres du monde : il compte 78 % de personnes en pauvreté absolue, c'est-à-dire vivant avec moins de 2 $ par jour. Le PIB par habitant y est de 550 € par an, soit 50 € par mois, ou encore 1,7 € par jour !

La situation sanitaire y est désastreuse : l'espérance de vie est de 62 ans, la mortalité infantile de 50 pour 1 000 (5 %!), il y a 1 médecin pour 3 000 habitants. Le développement du SIDA est endémique, tandis que le choléra a tué par milliers en 2010. 

Vu le niveau des infrastructures, l'état de la santé sur place, la misère des gens, la déforestation qui atteint les 98 % (!), chaque catastrophe naturelle est une tragédie humaine. Le séisme de 2010 a ainsi fait près de 250 000 morts, un chiffre inédit pour la région.

Impuissant à faire face, le gouvernement « capitaliste » haitien a dû faire appel au gouvernement « communiste » cubain. Des milliers de médecins cubains sont alors venus aider le peuple haitien, sauvant des milliers de vies face au séisme et à l'épidémie de choléra.

 

Surtout, ne comparez pas Haiti à Cuba, vous comprendriez la tragédie du capitalisme dépendant haitien, la réussite du communisme indépendant cubain.

Pour la même population, Cuba communiste possède un PIB huit fois supérieur à celui d'Haiti capitaliste. Son PIB par habitant est de 4 500 € par an, soit 430 € par mois. Sachant que la santé, l'éducation, la culture, les loyers sont gratuits !

Et quelle santé, quelle éducation. Cuba est le seul pays du continent latino-américain à avoir un taux d'alphabétisation et de scolarisation de 100 %, le meilleur système d'éducation du sous-continent dixit l'UNESCO.

Dans la santé, le système cubain dépasse maintenant celui des Etats-unis, avec une espérance de vie égale de 78 ans, un taux de mortalité inférieur avec 5 pour 1 000 (8 pour 1 000 aux USA). Cuba est même le pays où il y a le plus de médecins par habitant au monde (1 pour 160!).

La réussite est telle que désormais les centres de recherche cubains sont à l'avant-garde de l'investigation sur les vaccins contre le SIDA ou certains cancers. Les citoyens canadiens ou brésiliens préfèrent même se faire soigner à Cuba au vu de la qualité du service, de son faible prix !

 

Duvalier protégé par la France, les progressistes chassés par les USA : quand est-ce qu'Haiti pourra se développer librement ?

 

Haiti n'est pas libre malgré la chute de Duvalier fils en 1986. Il est mort hier, il ne sera jamais jugé, on ne pourra jamais tourner la page sainement en Haiti du crime permanent.

Depuis 1986, les Etats-unis manoeuvrent pour empêcher toute transition progressiste sur l'île. Il suffit de penser à la trajectoire du prêtre Jean-Bertrand Aristide, homme de gauche, partisan de la théologie de la libération, soucieux d'égalité sociale et de liberté politique.

Aristide est élu triomphalement en février 1991 à 67 % contre le candidat de droite soutenu par les USA, le clergé, le business local. En décembre 1991, il est déposé par un coup d'Etat fomenté par l'armée, les élites locales et les services secrets financés par la CIA.

En 1994, Aristide revient dans le fourgon des troupes de l'ONU, tandis que les USA sous pression de la communauté haitienne exilée tâchent de se refaire une virginité politique.

Mais les choses ne tournent pas comme prévu pour les Etats-unis. Aristide refuse les plans d'ajustement structurel du FMI, de la Banque mondiale, les privatisations massives. Les Etats-unis refusent qu'Aristide – au nom de la Constitution – réalise un autre mandat. Quand on sait qu'ils ont appuyé 30 ans de dictature, un coup d'Etat contre lui en 1991 contre lui, c'est un comble !

Aristide tend la joue droite, après avoir été frappé sur celle gauche. Il se retire mais revient en 2001, après avoir été élu à 93 % avec une participation populaire ridicule. La démocratie haitienne est déjà morte née.

Le gouvernement d'Aristide est alors déstabilisé par une rebellion armée, déposé par un coup d'Etat en 2004 bénéficiant de la bienveillance américaine. Aristide est sommé de quitter Haiti, transporté hors de son pays où il fut élu à bord d'un avion américain.

Pour Aristide, contraint à l'exil en Afrique du sud, il ne fait pas de doute que la France et les Etats-unis l'ont renversé, dans ce qui s'apparente au « kidnapping » d'un président démocratiquement élu.

 

« Papa Doc » est mort, « Bébé Doc » est mort : mais l'héritage des tontons macoutes, du capitalisme de la misère, de la terreur anti-communiste, du colonialisme dépendant est toujours là. Quand est-ce que l'on va rétablir la vérité sur l'histoire du XX ème siècle ?

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:32
Hong Kong, sous les parapluies
L'art de la guerre
umbrella-revolution

Face à l’«Umbrella Revolution » (définition made in USA), le gouvernement britannique se dit « préoccupé » qu’à Hong Kong soient garantis « les droits fondamentaux et les libertés fondamentales ». Londres à ce sujet peut donner des leçons. Au 19ème siècle les Anglais, pour pénétrer en Chine, ont recours au commerce de l’opium qu’ils apportent de l’Inde, en provoquant d’énormes dommages économiques et sociaux. Quand les autorités chinoises confisquent et brûlent à Canton l’opium emmagasiné, les troupes anglaises interviennent en obligeant le gouvernement à signer en 1842 le Traité de Nankin, qui impose notamment la cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne. Depuis lors jusqu’en 1997 Hong Kong est colonie britannique, sous gouvernorat envoyé de Londres. Les Chinois sont exploités par les monopoles britanniques et ségrégués, exclus même des quartiers habités par des Britanniques. Des grèves et des rébellions  sont durement réprimées.

Après la naissance de la République populaire en 1949, Pékin, tout en revendiquant la souveraineté sur Hong Kong, l’utilise comme porte commerciale, en en favorisant le développement. La Hong Kong re-annexée à la Chine comme région administrative spéciale, avec 7,3 millions d’habitants sur les quasiment 1,4 milliards de la Chine, a aujourd’hui un revenu par habitant de 38 420 dollars annuels, plus haut que celui de l’Italie, quasiment le sextuple de celui de la Chine. Ceci parce que Hong Kong, en tant que porte commerciale de la Chine, est le 10ème exportateur mondial de marchandises et le 11ème de services commerciaux. En outre, elle est visitée chaque année par plus de 50 millions de touristes, parmi lesquels 35 millions de Chinois. La croissance économique, bien qu’inégalement distribuée (cf. le sous-prolétariat local et étranger qui vivote avec l’« art de s’arranger »), a amené une amélioration générale des conditions de vie, confirmée par le fait que l’âge de vie moyen est monté à 84 ans (par rapport aux 75 de toute la Chine).

Le mouvement étudiant né à Hong Kong pour demander que l’élection du chef de gouvernement soit directe et non conditionnée par Pékin, est formé de jeunes appartenant généralement aux couches sociales avantagées par la croissance économique. Sur ce fond se pose la question : pourquoi, alors qu’on ignore des centaines de millions de personnes qui dans le monde entier luttent chaque jour dans des conditions bien

 

 

pires pour les plus élémentaires droits humains, transforme-t-on quelques milliers d’étudiants de Hong Kong, au-delà de leurs propres revendications, en icône mondiale de lutte pour la démocratie ? La réponse doit être cherchée à Washington. Les inspirateurs et les chefs de ce qui est défini
comme « un mouvement sans leader » -d’après une ample documentation- sont reliés au Département d’Etat et à ses émanations sous forme d’ « organisations non-gouvernementales », en particulier la « Donation nationale pour la démocratie » (Ned) et l’ « Institut démocratique national » (Ndi) qui, dotées de fonds très conséquents, soutiennent des « groupes démocratiques non-gouvernementaux » dans une centaine de pays. Deux exemples parmi tant d’autres. Benny Tai, l’enseignant de Hong Kong qui a lancé le mouvement « Occupy Central » (voir le South China Morning Post du 27 septembre), est devenu influent grâce à une série de forums financés par ces « ONG ». Martin Lee, fondateur du « Part démocrate » de Hong Kong, a été envoyé à Washington par la Ned et, après un briefing télétransmis (le 2 avril), a été reçu à la Maison Blanche le 7 avril par le vice-président Biden.

De ces faits et de nombreux autres émerge une stratégie, analogue à celle des « révolutions colorées » dans l’Est européen, qui, en instrumentalisant le mouvement étudiant, vise à rendre Hong Kong ingouvernable et à créer des mouvements analogues dans d’autres zones de la Chine habitées par des minorités nationales.

Manlio Dinucci

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:09

policeturque.jpg 


Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La nouvelle nous est d'abord venue par nos camarades communistes turcs. Elle a rencontré un certain écho dans la presse française. Sans pour autant poser la vraie question : quand est-ce qu'on pose la question des responsabilités de la Turquie dans l'émergence de l'islamisme radical dans la région, et qu'on condamne son régime brutal ?

 

Ce mardi, les affrontements entre la police turque et des manifestants pro-kurdes ont été meurtriers. Nos camarades communistes turcs donnaient le bilan de 11 morts, l'AFP donne le chiffre de 14 morts aujourd'hui, 18 pour Reuters.

  Plusieurs milliers de manifestants, kurdes pour l'essentiel, sont descendus dans la rue pour protester contre l'hypocrite non-intervention – après l'entrée en guerre décidée la semaine dernière – de l'Armée turque à Kobane, en Syrie, où les islamistes sont en train de massacrer les combattants kurdes.


 

La police-Robocop tire des grenades lacrymo dans la tête des manifestants et tue !

 

Ces manifestations ont empli les rues des grandes villes du pays, Istanbul, Ankara, Antalya, Izmir. Des forces anti-émeutes (qui en Turquie ressemblent à de véritables « Robocop » sans souci pour le détail) sont intervenues dans les quartiers populaires d'Instabul et à Ankara.

 Les échauffourés ont été meurtriers dans le sud-est du pays, près de la frontière et au cœur de la communauté kurde, notamment dans la capitale kurde Diyarbakir. La police ne s'est pas limitée aux habituels canons à eau, grenades lacrymo mais aurait tiré à balles réelles.

  La confusion règne, certains rapports font état d'affrontements armés entre militants kurdes et militants islamistes soutenant l'EI. Mais il est étrange que tous les morts, jusqu'à présent, soient du même côté.

 Par ailleurs, on connaît déjà le cas d'un jeune homme de 25 ans abattu … d'une grenade lacryomogène tirée dans la tête par un policier turc.

  

La Turquie est désormais un pays en état d'urgence, un couvre-feu a été décrété dans six villes dont Diyarbakir. C'était aussi un des objectifs de l'entrée en guerre : instaurer un climat de terreur pour réprimer l'opposition politique, kurde et de gauche tout simplement.


 

Posons les bonnes questions à nos dirigeants : pourquoi cautionner un gouvernement massacreur, belliciste, islamiste, anti-démocratique ?

 

Il est temps de poser les vraies questions à nos dirigeants  

  • à quand une condamnation de ces massacres commis par le régime turc ? On se souvient qu'au Venezuela, il s'en est fallu de moins que cela pour voir les médias s'emballer. Aujourd'hui, c'est aussi le cas à Hong-Kong. Aujourd'hui, l'ordre règne à Ankara, au prix de 18 morts, nous, Français, Américains, nous en félicitons ;

  • pourquoi ne pas avoir soutenu le mouvement démocratique, laic, progressiste du « printemps turc » ? On se souvient qu'au printemps 2013, le mouvement « Occupy Gezi » a déclenché une révolte sans précédent depuis des années, mobilisant des centaines de milliers de jeunes contre ce régime autoritaire, dominé par les islamistes. La rebellion libyenne, syrienne – dominée par les islamistes – était démocratique, « Occupy Hong-Kong » ou « Maidan » (mené par des milices para-militaires, des néo-nazis avoués) étaient des combats pour la liberté. Et le combat pour les libertés civiles, la laicité, la paix, la démocratie sociale, le droit à l'auto-détermination des peuples, n'est-ce pas un combat juste en Turquie ?

  • pourquoi ce soutien aux islamistes en Turquie, au moment où on prétend les combattre en Syrie ? AKP mène un combat farouche en Turquie pour l'islamisation de la société – un combat tout à fait compatible avec la continuation d'une politique capitaliste néo-libérale – dans une société aux fortes traditions laiques. Il est troublant que nos référents dans la région soient les gouvernements turcs, saoudiens, qataris (la « Sainte-alliance » des islamistes réactionaires), ainsi que les rebelles syriens, libyens liés à Al-Qaeda contre les régimes nationalistes arabes laics comme en Syrie, hier en Irak ;

  • Pourquoi ce silence sur le soutien de l'Etat turc pendant trois ans à l'Etat islamique, fauteur de guerre dans la région ? On le sait, ce n'est pas même un secret de polichinelle : jamais les islamistes syriens (qui dominent la rebellion depuis longtemps) n'auraient pu résister pendant trois ans à la puissante armée syrienne sans un soutien logistique turc. C'est par la Turquie que viennent armes et combattants, c'est en Turquie que les islamistes se restaurent et se soignent, c'est vers la Turquie que se sont dirigés des milliers de barrils de pétrole de contre-bande permettant le financement de l'Etat islamique. S'il fallait frapper les complices de l'Etat islamique, c'est d'abord en Turquie qu'il fallait frapper !

Ces questions dérangeantes ne se suffisent pas à elles-mêmes. Même si leur réponse est simple : on ne condamne pas le pilier régional de l'OTAN et son armée pléthorique, on ne condamne pas cette puissance capitaliste émergente où les investissements européens affluent, on ne condamne pas un régime qui défend l'ordre, la religion et la sacro-sainte propriété privée.

 

 

La juste revendication nationale kurde otage des jeux géopolitiques entre la Turquie, les Etats-unis et les pays européens

 

La confusion générale, avec des puissances régionales allumant le feu, les puissances occidentales jouant avec lui, peut finir dans un scénario chaotique qui convient aux grandes puissances impérialistes – dont Israel – mais aux conséquences imprévisibles.

 

Hélas, les contradictions du mouvement kurde peuvent être exploitées par la Turquie, les pays impérialistes pour plonger la région dans le chaos, diviser pour mieux régner.

Les manifestants kurdes ont raison de dénoncer l'hypocrisie d'Ankara. Mais en poussant l'armée turque à intervenir en Syrie – ce qu'elle fera sans doute dans le futur proche – cela pourrait rentrer dans le jeu des puissances européennes, américaines qui veulent moins que l'Etat islamique liquider le régime laic, anti-impérialiste quoique corrompu et autoritaire de Bachar al-Assad.

La Turquie cherche une formule peu claire consistant peut-être à semer le chaos en Syrie, Irak, laisser aux Kurdes un maximum d'autonomie pouvant confiner au séparatisme, mais tout en ne voulant rien céder aux Kurdes de Turquie, avec la tentation d'exporter le problème kurde.

On sait également qu'entre Kurdes d'Irak – plus enclins à collaborer avec les Etats-unis, l'Allemagne – et ceux de Turquie, il y a de lourdes divergences, des conflits politiques majeurs.

Pour le peuple kurde, le droit à l'auto-détermination doit cessé d'être dénié. Mais dans la situation concrète, le rapport de forces actuel, la manipulation de cette revendication légitime d'un peuple meurtri pourrait servir les pires desseins pour le peuple kurde et les peuples de la région.


Stop à l'hypocrisie ! Exigeons de nos gouvernements qu'il condamne le régime d'Ankara, dénonçons ce double jeu de nos gouvernants. A force de jouer avec le feu, on se brûle. Quand on joue avec le feu sur une pourdrière, c'est tout le monde qui risque de sauter avec !

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