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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 08:47
Lu sur El Diablo "communcommune"

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Décidément les médias manipulent, occultent sans cesse. Par exemple à propos de la mort d'André Bergeron, un des fondateurs de FO, L’occasion leur était donnée de raconter avec objectivité la naissance de FO et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et la première casse de nos acquis.

 

Qu'ai-je entendu: « Bergeron, un des créateurs de FO était partisan d'un « syndicalisme indépendant », « indépendant des patrons et de de toute politique ». Voilà comment ils résument l'histoire.... aucun mot sur la naissance de FO et son pourquoi. Alors racontons: Nous sommes en 1947, nous venons de vivre (45-47) une période de conquis sociaux extraordinaires dans le sillage du CNR avec les ministres communistes, (sécu, statuts et avancées de toutes sortes, nationalisations, services publics). Il fallait évidemment briser cette formidable invention sociale, D’autant plus que la guerre froide pointe son nez. Comment? Et bien en divisant le mouvement ouvrier. Et d'où va venir cette inspiration à la scission... des USA évidemment. Inspirée de Bruxelles par Irving Brown, le 18 décembre 1947, décision est prise par Jouhaux, Bothereau, Delamarre…de démissionner du bureau confédéral de la CGT.

 

Le 13 avril 1948, ils organisent le Congrès constitutif d’une nouvelle Confédération. La « CGT-Force ouvrière » est née. La scission est consommée…La responsabilité directe des syndicats américains dans la scission sera plus tard attestée par Georges Meany, nouveau secrétaire de l’AFL (American Federation of Labour). En 1953, lors d’un « Club de la Presse » à Washington, l’homme déclarera en substance aux journalistes ébahis : « Il n’y a pas de forces plus importantes aux USA que les Fédérations syndicales américaines. Oui, nous avons un grand rôle à jouer à l’étranger. Tout aussi important, sinon plus, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, c’est avec l’argent des ouvriers de Détroit et d’ailleurs qu’il m’a été possible d’opérer la scission, très importante pour nous, de la CGT, en créant le syndicat FO » .Dans une interview au « Los Angeles Times » en 1964, Thomas Braden confirmera, quant à lui, que la CIA, dont il fut l’un des dirigeants, avait largement contribué au financement de FO.

 

Les conséquences seront terribles pour le mouvement social: division ouvrière, obstacles aux nouvelles conquêtes sociales, affaiblissement de la CGT, reprise en main des patrons après leur période noire de libération, facilitation de toute la casse des conquis. Juste un exemple: la sécu.

 

En 1967 par ses ordonnances, De Gaulle casse le principal acquis de la Libération en instaurant dans les CA des caisses de sécu le paritarisme. Sous Ambroise Croizat : 3/4 des sièges étaient aux ouvriers, 1/4 aux patrons; Avec de Gaulle ce sera, outre la suppression des élections, le rapport 50-50, Il suffira désormais d'un syndicat minoritaire (FO par exemple...) pour faire pencher la balance vers une gestion patronale et commencer le détricotage de l’œuvre du CNR et notre sécu....Voilà, c'était juste pour rétablir un peu de vérité historique.

 

Michel ETIEVENT

 

source : Michel Etievent sur Facebook 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 13:10
Lu sur El Diablo

 

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Le poids des mots.

 

Lorsqu’en 1998 le Conseil National du Patronat Français (CNPF) décide de se transformer en Mouvement des Entreprises Françaises (MEDEF, ses adhérents, ses structures, son but restent les mêmes. Le but de l’opération est de faire disparaître un mot : PATRONAT, mot qui  est trop lié à l’idée d’exploitation, de profit, de classe dominante.

 

Il en est de même pour le mot capitalisme. Il a disparu du vocabulaire au profit des mots « libéralisme » voire pour les plus audacieux « ultralibéralisme ».

 

Les choses sont encore poussées plus loin. Les Ouvriers Spécialisés (OS) sont remplacés par des « opérateurs » qui travaillent comme avant sur des chaînes. Les cotisations sociales qui sont du salaire socialisé qui sert à couvrir toutes les périodes d’inactivité de la naissance à la mort sont transformés en « charges » biens sûr insupportables pour les malheureuses entreprises  et qu’il faut supprimer dans les meilleurs délais.

 

Bref, tous ces changement de mots, martelés jour après jour par le patronat, les gouvernements successifs, les médias, ne sont pas innocents. Ils visent à ancrer dans les consciences que la lutte de classe a disparu, que la collaboration entre patronat et salariés est  une nécessité pour solutionner les problèmes partout dans le monde et en France.

 

Comme l’entreprise est devenue un terrain neutre cela amène à une série de déclarations très éclairantes.

 

Passons sur le « J’aime les entreprises » de Manuel Valls qui manifeste son amour en leur versant cette année 20 milliards d’euros au titre du Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et 41 milliards supplémentaires en diminution de cotisations sociales et d’impôts

 

-Emmanuel Macron, ministre de l’économie, ancien dirigeant de la banque Rothschild déclare à « Ouest France » : « L’entreprise est une collectivité humaine qui est  la propriété de ceux qui la font ».   

 

-Laurent Berger, secrétaire de la CFDT, à France Inter le 8 octobre, invite le patronat à : « faire sa révolution culturelle en considérant que l’entreprise a une responsabilité sociale ».

 

-Thierry Lepaon, secrétaire de la CGT, au journal « le Nouvel Economiste » : «  l’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés et ces deux composantes doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ».

 

Arrêtons là les citations, Mais elles permettent à P. Gattaz Président du Medef de déclarer à son université d’été 2014 : « l’entreprise n’est ni de gauche ni de droite, elle est là pour l’emploi ».

 

C’est faux. L’entreprise n’est pas là pour l’emploi mais pour le profit des actionnaires 

 

Sinon il n’y aurait pas en France 7 millions de chômeurs, 500.000 de plus en deux ans. Des pans entiers de l’industrie ont disparu (textile, chaussure), les délocalisations vers les pays à bas coûts se sont multipliés (Peugeot Citroën, Renault et tous les autres) pour une seule raison et cela bien avant la crise : le profit capitaliste

 

Cette réalité est dénoncée par un patron de l’imprimerie JP Maury. Il explique qu’il a perdu un marché de livres au profit d’un concurrent d’un pays d’Europe du Sud qui offrait 2% moins cher. Ce patron imprimeur  appelle au civisme industriel ! Appel qui a peu de chance d’être entendu au vu de la réalité.

 

 

Appelons un chat un chat.

 

L’entreprise reste ce qu’elle a toujours été : un lieu d’exploitation des ouvriers, des salariés  où se créent les richesses confisquées par le patronat à son seul profit.

 

Par exemple, aujourd’hui la direction d’Air France  veut baisser les salaires des pilotes et aggraver leurs conditions de travail pour sa compagnie low-cost, d’où la grève actuelle des pilotes. Cela pour lui permettre de porter le taux de profit à 8-10% d’ici à 2017.

 

De cette exploitation naît une autre réalité : la lutte de classe. Tous les rideaux de fumée tendus par le patronat, le pouvoir politique et tous ceux qui partagent leur point de vue ne changeront rien à cette réalité. Elle se manifeste tous les jours dans les luttes quotidiennes que mènent les travailleurs dans leurs entreprises pour les salaires, l’emploi, leur santé.       

 

source: www.sitecommunistes.org

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 15:17

Depuis une dizaine d'années, l’Amérique latine opère un processus d’intégration, économique et politique, pour former un « bloc de gauche ». Objectif : contrer l’ingérence des USA dans le continent et avancer vers un avenir meilleur. Mais un pays fait exception : la Colombie, toujours contrôlée par Washington et ses intérêts. Par quels moyens ? Classiques : néo-colonialisme, corruption et violence. Un membre d’Investig’Action a pu s’entretenir avec Edgar Paéz, du syndicat SINATRAL, l'un des plus actifs dans la résistance aux multinationales. Paéz nous apporte un important témoignage direct de la situation colombienne, avec une analyse profonde des causes et des conséquences possibles du conflit.


Raffaele Morgantini : Quels sont le rôle et l’importance du syndicat SINATRAL dans le panorama politique et socio-économique colombien ?

Edgar Paéz : SINATRAL naît en Colombie à l’intérieur de Nestlé dans les années 40, dans un processus de centralisation organique des travailleurs de la multinationale. Ce processus se déroule entre les années 1940 et 1982 et implique la mise en commun des forces des travailleurs de plusieurs multinationales, comme Coca-Cola et une soixantaine d’entreprises agroalimentaires.

Aujourd’hui, le syndicat se positionne comme un syndicat interprofessionnel, pour contrer la dispersion syndicale qui existait auparavant. Dans la situation politique et socioéconomique désastreuse que vit le pays,est très important de créer un grand syndicat interprofessionnel et centralisé, mais en même temps d’organiser les travailleurs dans des mouvements politiques de masse. Le but étant celui de mobiliser la lutte et de renforcer les revendications des classes ouvrières pour le respect de leurs droits et, plus généralement, pour un pays plus égalitaire. Tout ça relève d’un processus organisationnel mais qui en même temps est « désorganisationnel », à cause de la possibilité pour les entreprises de créer leurs propres syndicats et de signer leurs propres conventions collectives, désarticulant les travailleurs et les droits acquis au cours des années. Cela n’est guère étonnant, c’est simplement le produit de l’imposition du système néolibéral.

Imposition qui relève de la crise du système capitaliste des années 70 et de la nécessité d’affaiblir la force du travail face au capital…

Oui, c’est exact. A partir de cette période il y a un processus de précarisation très intense de la force du travail, ce qui implique la perte de toutes les revendications des travailleurs. Les patrons des multinationales ont recouru aux déplacements forcés, aux menaces et même aux assassinats pour parvenir à gagner cette « guerre ». Toute cette politique de violence contre les travailleurs a aussi empêché que les syndicats se renforcent et puissent acquérir une force telle qu’elle leur permette de faire progresser les conditions de la classe ouvrière. Cette dynamique s’est accentuée et radicalisée progressivement au cours des années, conduisant à la situation épouvantable de nos jours et à une guerre civile sanguinaire.

Votre pays est ravagé par la violence : assassinats de représentants des syndicats, des partis de gauche, des mouvements sociaux, les enlèvements … Quelle est la situation pour votre syndicat, SINATRAL ?

Mauvaise, bien sûr. Pendant le conflit, vingt-sept de mes camarades ont été assassinés, dans la plus totale impunité. La justice en Colombie est bien entendu politisée. Pour pratiquement tous les assassinats, aucun responsable, ni exécutant ni instigateur, n’a été jugé. Pour l’assassinat d’un camarade, Luciano Romero, dont le meurtre a été si évident, nous sommes même allés en Suisse pour chercher justice devant les tribunaux. Les paramilitaires l’avaient attaché à un arbre et l’avaient torturé toute la nuit pour qu’il confesse ce qu’en réalité il ne savait pas. La justice suisse s’est contentée de dire qu’elle ne pouvait rien faire, car il y avait un processus juridique ouvert en Colombie, déjà en prescription. En outre, selon la loi suisse ce crime spécifique ne pouvait pas être qualifié de crime contre l’humanité.

En tant que syndicat, nous avons donc cherché d’autres moyens de pression. Nous avons lancé de nombreuses campagnes pour le respect des droits des paysans, des syndicalistes. Nous avons lancé des campagnes pour le droit vital à l’eau. Nous avons cherché et trouvé ainsi la solidarité de plusieurs mouvements et partis politiques colombiens et étrangers.

Les assassinats en Colombie ne visent pas l’individu en tant que tel, ils tentent d’anéantir le mouvement dans son ensemble. SINITRAL aussi subit cette stratégie : ils nous assassinent, nous emprisonnent, nous menacent, nous torturent.

Comment expliquez vous cette situation singulière et extrême du cas colombien qui ne connaît pas d’équivalents dans les autres pays latino-américains ?

La guerre actuelle commence en 1964 et depuis le début elle se distingue par son caractère de classe. La guerre civile colombienne est avant tout une guerre entre classes sociales. A cause de la limitation d’espaces démocratiques, une partie de la population colombienne s’est soulevée et a pris les armes, exigeant l’accomplissement de revendications par le biais de la violence révolutionnaire. Dans la caractérisation de l’oligarchie colombienne, on s’aperçoit que celle-ci a été, et est toujours, l’oligarchie la plus criminelle de la région, qui a pu se maintenir et se renforcer avec le temps. Imaginez qu’en Colombie il y a eu plus de morts qu’en Chili, Argentine, Brésil… sans pourtant avoir vécu une dictature militaire ! C’est donc une oligarchie, la colombienne, qui s’est maintenue debout grâce à la violence, à la corruption et à la criminalité. Durant les 10 dernières années, il y a eu environ 500’000 morts, 50’000 desaparecidos… et cela afin de faciliter l’exploitation de toutes les ressources du pays par les multinationales.

Que réserve l’avenir à la Colombie ? Comment la situation va-t-elle évoluer ?

Pour l’instant, l’oligarchie colombienne se maintient au pouvoir. Le président actuel, Juan Manuel Santos, est le fils de cette vieille oligarchie criminelle dont il représente les intérêts. Par contre, l’ex-président Uribe, représente la nouvelle bourgeoisie émergente qui se finance avec l’argent de la mafia, du para-militarisme, du narcotrafic, de la corruption… et qui vise à se trouver dans l’oligarchie du futur. En outre, ce qui caractérise le pouvoir de cette oligarchie colombienne, mais plus en général de l’oligarchie latino-américaine, c’est son lien avec l’Empire, avec l’impérialisme occidental (et notamment Etats-Unien). En effet, la Colombie est un pays totalement dépendant des Etats-Unis. C’est la raison qui explique le rôle prépondérant des multinationales dans notre pays qui contrôlent pratiquement tous les secteurs de l’économie et tous les types de ressources naturelles. Aujourd’hui même l’eau est en train de tomber sous le contrôle de multinationales ! L’oligarchie traditionnelle n’a presque plus aucune forme de contrôle sur aucun secteur de l’économie colombienne, elle sert simplement les intérêts de ses maîtres, les multinationales. Auparavant en Colombie on avait la Bavaria, la bière colombienne, l’orgueil du pays… maintenant c’est Miller que l’a achetée. Un autre exemple c’est la canne à sucre qui jadis était contrôlée par une famille très puissante de l’oligarchie. Aujourd’hui c’est différent, les multinationales ont tout pris. En outre, il faut se rappeler que la Colombie est de loin le pays le plus militarisé d’Amérique latine dont les effectifs militaires sont au service du capital international. On peut bien se rendre compte que le pouvoir de l’oligarchie, et donc de l’Empire, est bien sûr militaire, mais aussi économique et politique, et cela est très important. Les nombreuses bases militaires américaines en Colombie en attestent.

Comment l’assujettissement de la Colombie aux intérêts des Etats-Unis s’est-il déroulé ?

La Colombie est en effet un pays dépendant de la politique des USA et des multinationales. Il y a eu un processus de néo-colonisation qui s’est fait avant tout par le biais des multinationales. Par exemple, Nestlé : cette entreprise est arrivée en Colombie en 1947 et peu à peu a commencé à acheter toutes les autres petites entreprises agroalimentaires, avec l’aval des politiciens pro-occidentaux bien sûr, commençant à prendre le leadership des marchés, à contrôler les prix et les achats de matières premières. Avec Coca-Cola, on a connu la même dynamique, mais aussi avec toute une série d’autres multinationales dans d’autres secteurs (charbon, pétrole, or…). En outre, avec le temps, les multinationales ont commencé à diversifier leurs politiques (par exemple British Petroleum aujourd’hui est impliqué dans la production de biocombustible à partir de la canne à sucre), avançant dans un processus de centralisation de la main d’œuvre, très important pour s’assurer un contrôle étendu sur l’économie du pays. Ce qu’il faut retenir ici c’est que ces entreprises ne sont pas arrivées ici exclusivement avec une valise, mais aussi avec des armes, des troupes, afin de défendre leurs intérêts bien sûr. C’est là qu’apparaît le para-militarisme, instrument des multinationales pour abattre, avec tous les moyens, toute forme d’opposition à la politique d’exploitation et de pillage des ressources. La lutte des FARC (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes) et d’autres groupes de résistance, commencée dans les années 60, s’inscrit dans ce contexte de violence. Cela a conduit le pays vers une militarisation croissante, irréfrénable, et vers des formes de violence qui peuvent, et doivent, être appelées du terrorisme d’Etat.

Comment voyez-vous l’avenir des négociations de paix entre les FARC et le gouvernement qui se déroulent aujourd’hui à La Havane (Cuba) ? Une paix est-elle possible ? Est-elle imaginable ?

La guerre dure depuis plus de 50 ans, avec des degrés de violence qui connaissent peu d’équivalents dans le monde. Néanmoins les mouvements de résistance, les mouvements progressistes, les syndicats, résistent. Ce processus de paix a apporté beaucoup d’espoir pour les Colombiens, surtout parce qu’il s’agit d’une solution politique au conflit. Cependant, beaucoup de contradictions ressortent en ce moment. A La Havane il y a eu un pré-accord pour la redistribution des terres aux paysans… mais dans les faits, les multinationales continuent leur course à l’accaparement des terres.

Mais alors, peut-on affirmer que ce processus de paix n’est en fait qu’un masque que le gouvernement est en train d’utiliser pour cacher la poursuite de sa politique de néo-colonisation ?

Oui, exactement. Le gouvernement colombien n’est pas du tout intéressé à résoudre les problèmes économiques, sociaux, politiques et environnementaux du pays. Les discussions à La Havane ne portent pas sur les droits des travailleurs colombiens, sur les droits des femmes et des enfants, ni sur les problèmes climatiques… On parle d’autres choses, importantes aussi, mais pas suffisantes pour une solution durable et surtout acceptable. En réalité, le principal intérêt est celui d’en finir avec l’insurrection armée, ce qui permettrait d’avoir une meilleure « confianza inversionista » (par ce terme on entend l’emprise sur l’économie par des entreprises étrangères) pour que les multinationales occidentales continuent dans leur processus d’appropriation. Regardez, quand les guérillas ont vu le jour en Colombie, en 1964, la population était pour 50% urbaine et 50% rurale. Aujourd’hui, les 85% de la population est urbaine, et seulement 15% rurale. Où sont allés tous les paysans ? Pourquoi cette inversion ? Et bien, c’est l’action des multinationales ! Des milliers de paysans ont été expulsés, assassinés, emprisonnés… et cela continue aujourd’hui, malgré la rhétorique de paix. En outre, la production agricole des petits paysans est de plus en plus frappée par la production de substituts des multinationales (le lait en poudre par exemple) qui est exporté vers l’extérieur. C’est donc un modèle de développement d’exclusion, qui contraint les paysans à l’exode rural, les condamnant à vivre dans la misère extrême des (bidon)villes. On retrouve les mêmes schémas partout dans le monde, notamment en Afrique où l’exode rural a atteint des niveaux effrayants à cause des stratégies des multinationales et des politiques économiques mises en œuvre par les USA et l’Union Européenne.

Pouvez-nous nous expliquer la raison pour laquelle la Colombie, à différence du Chili, de la Bolivie, de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay, n’a pas connu de dictature militaire dans les années 70-80 ? Est-ce que la position privilégiée de pouvoir de l’oligarchie et sa toute-puissance peuvent constituer un élément de réponse ?

Oui, tout à fait. En Colombie l’oligarchie a été tellement criminelle, tellement violente, qu’une dictature militaire formelle n’était pas nécessaire. Comme je vous l’ai dit, sans dictature militaire, on compte plus de morts que dans les pays avec. Et les morts continuent ! Rien que parmi les syndicalistes, entre 1982 et 2004 il y a eu plus de 4’000 assassinats. Entre 2004 et 2014, 500 syndicalistes sont morts, en 10 ans. C’est une politique systématique d’annihilation du mouvement syndical, une sorte de génocide, sans doute un crime contre l’humanité. En effet, la Colombie a été accusée à la Cour Pénale Internationale (CPI). Mais les cibles ne sont pas exclusivement les syndicalistes. Ce sont aussi les mouvements indigènes, les mouvements paysans, les mouvements afro… bref, tous les mouvements et secteurs sociaux. Et les organisations politiques aussi ! Dans les années 80 naît l’Union Patriotique, parti politique de gauche radicale. 5’000 hommes et femmes actifs dans ce parti ont été assassinés. Et les assassins sont toujours en place, impunis, dans le gouvernement, dans les multinationales et, n’oublions pas, dans les bases militaires et dans le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique.

Dans les dernières élections de mai, on a assisté à une sorte de conflit inter-bourgeois, inter-oligarques : le vieux président Alvaro Uribe s’est opposé à son vieux pote et ex-ministre des affaires étrangères Juan Manuel Santos. Pourquoi ?

En effet Uribe a élu son propre candidat avec son parti, le Centro Democratico. De l’autre côté, Santos a fondé un autre parti, avec l’appui des libéraux et des conservateurs. Il faut savoir que quand l’oligarchie en Colombie a besoin de se défendre, il le fait avec tous les moyens. Ce à quoi on a assisté durant les dernières élections c’est une contradiction inter-bourgeoise : d’un côté la vieille oligarchie rance représentée par Santos et de l’autre la nouvelle oligarchie émergente attachée au para-militarisme de Uribe qui s’est enrichie essentiellement avec la corruption et le narcotrafic. Tous les deux veulent la même chose : remettre le pays dans les mains des multinationales et un retour des échanges économiques avec les pays capitalistes… c’est-à-dire continuer à se remplir les poches sur le dos des Colombiens. Les deux aussi veulent en finir avec la guérilla, avec les mouvements sociaux et toute forme d’opposition. La différence est celle-ci : Uribe veut obtenir cela par la guerre, la violence ; Santos sans la guerre, présentée comme une entrave à l’intensification de l’inversion économique, d’où la hâte à terminer le soi-disant processus de paix. Du moment que pour l’oligarchie l’objectif du processus n’est pas de résoudre les problèmes du pays mais de continuer dans la même politique criminelle, l’apaisement de la situation sera difficile. Le peuple ne se laissera pas faire. La réunion de différents groupes sociaux, groupes ethniques et secteurs de l’économie autour d’une même table pour organiser une grève générale, en est la preuve. Le peuple veut une solution réelle au conflit et continuera dans sa lutte pour que cela se réalise.

Retranscrit et traduit de l’espagnol par Raffaele Morgantini (Investig’Action)

Source : Investig’Action

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 15:12

CGT-Air-France.png

La CGT Air France est pour le moins surprise de constater que des organisations syndicales s'opposent publiquement à ce conflit alors même qu'elles n'ont jamais cherché à mobiliser les salariés qu'elles représentent face aux injustices criantes du plan Transform'2015 qui a creusé les inégalités entre les 3 catégories de salariés (Sol, PNC, Pilotes).

En entérinant le plan Transform sans consulter les salariés, elles se sont lié les pieds et les poings, ce qui pourrait expliquer leur position actuelle de dénigrement du conflit des pilotes...

La CGT sera très attentive aux éventuelles avancées obtenues par la corporation des pilotes.

Si nous comprenons leurs inquiétudes sur la dangerosité en termes d'emplois de la nouvelle stratégie low-cost d'Air France, nous n'oublions pas que les salariés d'Air France forment, dans leur ensemble, une chaîne de sécurité qui fait la réputation de notre entreprise et qu'il convient de préserver

La CGT Air France, interrogée de toutes parts sur sa position quant au conflit initié par les pilotes d'Air France, tient à faire savoir qu'elle ne condamne pas ce mouvement de grève sans pour autant soutenir le contenu ultra‐corporatiste de ses revendications.

Les emplois de l’ensemble du personnel sont aujourd’hui en attrition. Développer une stratégie de « low‐costisation » met clairement en danger les emplois Air France.

Pour la CGT, il est inconcevable que la direction organise un dumping social au sein du Groupe Air France. Elle ne peut engager des discussions avec les seuls pilotes sur la pérennisation des emplois sous statut Air France. Cette problématique concerne l’ENSEMBLE des salariés Air France.

Quant à l’État, il ne peut décemment cautionner un tel dumping social, lui qui a déjà couvert la déstructuration de l’entreprise en soutenant ouvertement le plan Transform’2015.

Pour rappel, la CGT Air France est en lutte depuis le mois de novembre 2013 pour le maintien de l’emploi local sous statut Air France.

 

Lu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 15:50

Vu sur El Diablo.  Pour avoir accès à la vidéo accompagnant cette présentation, cliquez sur le titre ci-dessous.

Lors d'une table ronde à la fête de l'Humanité 2014, Frédéric Alpozzo, de la CGT SNCM a interpellé les députés "socialistes frondeurs". Croustillant...

 

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 15:40
Lu sur El Diablo

UNION-INTER-SYND-TRANSPORT-chili-2014.jpg

GRAND SUCCÈS DU XIII ème CONGRÈS DE L'UNION INTERNATIONALE DES SYNDICATS DU TRANSPORT !
 

 

Plus de 80 délégués, représentants 24 pays sur les 5 continents, se sont réunis à Santiago du Chili du 5 au 7 septembre 2014 à l'occasion du 13 ème congrès de l'UIS transport de la Fédération Syndicale Mondiale.

 

Dans une atmosphère de fraternité internationaliste, nous avons pu partager nos analyses sur la situation des travailleurs du transport dans le monde, tirer le bilan des attaques convergentes dont ils sont la cible (privatisations, baisse des salaires et des pensions, casse des statuts et des conditions de travail, abaissement de la sécurité des transports pour les travailleurs comme pour les usagers. ..) et dessiner l'horizon de nos luttes futures pour la défense de nos intérêts de classe. Ralliée par de nombreux nouveaux affiliés, d'Europe, d'Asie et du monde arabe notamment, l'UIS est considérablement renforcée ces dernières années, et le dynamisme de ce congrès en est la preuve.

 

Dans une atmosphère combative, les délégués ont unanimement voté un ambitieux programme d'action pour les 5 prochaines années, et ont élu une direction renouvelée pour ce nouveau mandat.

Un camarade du syndicat CGT des cheminots de Versailles a été désigné pour coordonner le secteur ferroviaire. 

 
Après la clôture des travaux, les délégués se sont joints à la manifestation du souvenir de la dictature (ni oubli ni réconciliation), en soutien aux revendications sociales et à la lutte anti-imperialiste du peuple chilien...

 
VIVE LE SYNDICALISME MONDIAL DE LUTTE DE CLASSE,
VIVE L UNION INTERNATIONALE DES SYNDICATS DU TRANSPORT,
VIVE LA FÉDÉRATION SYNDICALE MONDIALE !

 

source: facebook - cgt cheminots versailles

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 13:20
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retraites-maltraites

Communiqué commun de la CGT

et de l’Union Confédérale des Retraités

La CGT a demandé, hier en Conseil d’administration de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), quand et de combien seraient revalorisées les « basses pensions ». Rappelons que les retraites sont gelées jusqu’au 1er octobre 2015, mais que celles dont le niveau ne dépassent pas 1200 euros (toutes pensions confondues) bénéficieraient de la revalorisation prévue légalement au 1er octobre 2014.

 

Dans leurs réponses, la direction de la CNAV et les représentants du gouvernement ont confirmé ce que nous craignions : les obstacles juridiques et techniques ne sont pas levés, il n’y aura pas de revalorisation des petites pensions au 1er octobre prochain. Ni le niveau ni la nouvelle date n’ont pu nous être précisés.

 

Il s’agissait bien, comme nous l’avions dénoncé, d’un effet d’annonce destiné à faire passer la pilule du gel des retraites. Le gouvernement a fait une promesse démagogique, qui n’était pas réalisable lors de son annonce, et qu’il n’a toujours pas rendue applicable puisque, quelques jours avant sa mise en œuvre, les décrets nécessaires ne sont toujours pas publiés !

 

Il est par ailleurs incompréhensible que le montant de cette réévaluation, aussi minuscule soit-il, ne soit toujours pas officiellement arrêté alors que les données prévues par le code de la Sécurité sociale (article L 161-23-1) sont connues. Le gouvernement s’apprête-t-il à modifier encore une fois les règles, pour faire encore moins, au motif que l’inflation est décidément plus basse que prévu ? Et cela sur le dos des retraités les plus modestes !

 

Alors que les « simplifications » et les avantages financiers sont à l’ordre du jour pour les entreprises, la complexification et les restrictions croissent tous les jours un peu plus en matière de Sécurité sociale et notamment de retraite.

 

Rappelons que la CGT, avec son Union Confédérale des Retraités, demande une revalorisation de toutes les retraites, revalorisation basée sur l’évolution du salaire moyen. Dans l’immédiat, elle appelle, avec neuf autres organisations de retraités, à des rassemblements dans tous les départements le 30 septembre prochain.

 

Montreuil, le 4 septembre 2014

 

source: la cgt

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 09:14

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Vous lirez ci-dessous le sentiment [recueilli par l’AFP et publié par le quotidien « Presse Océan »]  des syndicats du chantier naval STX de Saint-Nazaire, qui construit deux navires militaires Mistral pour la Russie sur fond de conflit ukrainien.

 

« On ne peut qu'espérer que la situation va s'apaiser en Ukraine et qu'on pourra sortir par le haut. Nous faisons le boulot normalement. Après, à qui on livrera, les mois à venir le diront », estime Christophe Morel, élu CFDT, deuxième syndicat du site. « Nous ne sommes pas alarmistes sur la production proprement dite. Mais l'État devra prendre ses responsabilités », souligne pour sa part Joël Cadoret, secrétaire de la CGT, premier syndicat du site.

[…]

Le président français, François Hollande, a affirmé que la livraison du premier des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC), le Vladivostok, achevé, aurait bien lieu en octobre, en soulignant que la Russie avait « payé ». Mais il a affirmé que la livraison du second, le Sébastopol, réalisé à plus de 50 %, « dépendra de l'attitude » de Moscou dans le conflit ukrainien.

« L'OTAN et l'Europe ont déjà clairement dit qu'ils ne paieraient pas, la Marine française est déjà pourvue et n'a pas les moyens. En outre, ces bateaux ont une technicité propre aux Russes, comme la fonction brise-glace", souligne Nathalie Durand (FO). Or « il faut que ce deuxième BPC se fasse pour maintenir la charge de travail, sinon plus de 300 salariés risquent à nouveau le chômage partiel », estime la syndicaliste, rappelant que cette commande, conclue en 2011, avait alors représenté « une bouffée d'oxygène pour le chantier ».

 

Joël Cadoret relativise toutefois l'importance de ce contrat pour le chantier, qui emploie au total quelque 2 000 salariés et 4 000 sous-traitants. « La charge de travail pour un BPC n'est pas du tout comparable à celle que représente un paquebot. La priorité doit être donnée à la construction navale civile, qui répond aux besoins des peuples, par exemple pour la SNCM », estime l'élu CGT. "Nous avons toujours été très réservés sur la construction de navires militaires, qui peuvent employés contre les peuples et relèvent de la sphère politique. On voit aujourd'hui les conséquences que cela peut avoir », ajoute M.Cadoret.

Le contrat russe, d'un montant de 1,2 milliard d'euros, avait été conclu sous la présidence Sarkozy, via le groupe de défense français DNCS.

 

source : presse-océan

 

On notera qu’un comité « citoyen » nommé « Mistral gagnons » et se présentant comme défenseur de l'industrie à Saint-Nazaire, organise une manifestation le 7 septembre pour exiger la livraison des navires à la Russie. Selon nos informations, ce collectif serait lié au FN local [lire ici] et, de toute évidence, cette initiative n’a pas le soutien des syndicats du chantier naval STX. Ceux-ci n'ont pour le moment pas prévu d'organiser une initiative publique sur un thème similaire.

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 17:07

CGT ORNE  - CGT UL ALENÇON -

CGT NORMANDIE

- CGT SYAC

LIBERTÉS SYNDICALES

Le 4 septembre 2014 

à 12H00

Toutes et tous au Rassemblement

devant le tribunal,

Place Foch

à Alençon

à 12H00.

 

Alençon le 24 juillet 2014.

        RELAXE POUR MICHÈLE

C’est la seule décision que nous attendons.

 

Pour mémoire : c’est dans le cadre d’une action syndicale collective de défense d’une salariée le 2 janvier 2013, convoquée à un entretien préalable à un éventuel licenciement, que le 12 décembre dernier, notre camarade Michèle, secrétaire de l’Union Locale CGT d’Alençon devait répondre devant le tribunal correctionnel d’un délit « d’invectives » !!! Il y aurait eu un « nom d’oiseau » proféré à l’encontre d’une salariée, par ailleurs épouse du chef d’entreprise !! Rappelons que dans cette entreprise les conditions de travail ne sont pas les meilleures et que la souffrance au travail existe.

Le « procès » a été renvoyé au 4 septembre pour défaut de procédure. Plus de 250 manifestants s’étaient rassemblés pour soutenir Michèle.

Pour mémoire la salariée incriminée par l’entretien préalable a porté plainte contre l’épouse du chef d’entreprise pour violence physique avérée. Une condamnation au tribunal de police a été quand même prononcée.

Et dans tout cela, notre système judiciaire, et tout du moins celui d’Alençon, a jugé bon de poursuivre notre camarade, de dépenser l’argent des contribuables, d’encombrer les tribunaux pour des « peccadilles » et ainsi donner suite à la revendication patronale de museler les syndicats et en l’occurrence la CGT.

Ne nous trompons pas. Depuis l’accentuation de la crise, beaucoup de patrons se croient tout permis et plus largement c’est la soumission des salariés aux dogmes du système d’exploitation capitaliste qui est recherché.

 Alors le 4 septembre prochain, nous défendrons collectivement les libertés syndicales comme à Roanne, comme au Havre, etc.. et nous exigerons d’abord la relaxe de Michèle et l’instauration d’une loi d’amnistie sociale qui protège les militants qui agissent dans le cadre d’une action collective syndicale.

Syndicaliste, pas voyou !

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 05:21

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

La Corée du sud est un modèle régulièrement avancé par le patronat français, tel Pierre Gattaz en décembre dernier : « la Corée du sud, elle, a fait le pari de l'entreprise ». Pas un hasard : heures de travail à rallonge, cadences infernales, précarisation, répression anti-syndicale. Mais les travailleurs coréens ne se laissent plus faire et engagent la riposte.

 

Le mouvement de grèves qui touche l'industrie automobile est une première. Non que le secteur soit calme ces dernières années : ainsi, c'est la troisième année de suite que Hyundai connaît des mouvements de grève, et Renault a connu huit grèves partielles depuis le début de l'année.

La nouveauté, c'est que ces grèves ont pris une forme coordonnée, entre les salariés de Hyundai et Kia. Le 14 août, 70 % des 47 000 syndiqués de Huyndai ont voté la grève, rejoint par les 30 000 syndiqués de Kia. Ce 22 août, une grève de 4 heures a été organisée chez Hyundai et Kia.

Ce sont désormais les ouvriers de Renault (propriétaire de Samsung Motors) qui partent pour un mouvement de grève. Ils ont refusé le 29 août un plan de la direction – après plusieurs grèves perlées, partielles depuis juillet – bien inférieur à leurs attentes.

 

 

Déjouer le piège patronal : intégrer les bonus réguliers au salaire

 

L'enjeu, c'est l'intégration des bonus octroyés sur une base régulière comme paye régularisée. La Cour suprême en décembre 2013 a donné raison aux syndicats en incitant les entreprises à intégrer les bonus réguliers au salaire.


Pour le patronat sud-coréen, payer les travailleurs en bonus réguliers a plusieurs avantages :

1 – il pousse les travailleurs à accepter une sur-exploitation par des « incitations à la production », supposant une intensification des cadences, des heures supplémentaires ;

2 – cela introduit de même une logique d'intéressement à la performance de l'entreprise, patrons et ouvriers étant dans le même bâteau pour augmenter la production, être « compétitif » ;

3 – enfin, cela permet d'éviter aux patrons du secteur de payer les cotisations sociales patronales assujetties au salaire, donc de rogner sur les avantages sociaux des salariés : les congés payés, les allocations maladie, les retraites bien entendu.

 

La lutte actuelle montre que les syndicats ne sont plus dupes et les avances du patronat proposant de sérieuses revalorisations des bonus ont rencontré, pour l'instant une fin de non-recevoir.

 

 

« Si l'entreprise continue, on lancera une grève illimitée »

 

Ainsi, le 29 août, les salariés de Renault ont refusé une hausse de 48 € du salaire mensuel, accompagné de « bonus lié à la production » de plusieurs centaines d'euros. Ils réclament une hausse de 90 € du salaire, après un gel des salaires de deux ans.

Chez Hyundai et Kia, les salariés ont refusé le plan de la direction consistant à accorder de nouveaux bonus en échange d'heures supplémentaires le week-end. Les travailleurs réclament une hausse du salaire de 100 € par mois, ainsi que la garantie d'être employé jusqu'à 60 ans.

Les syndicats ont durci le ton, si on suit la déclaration commune à la fin du mois de juillet de Lee Gyeong-hun, responsable du syndicat à Hyundai et Kim Jong-seok, son homologue à Kia :

« La Cour suprême a confirmé l'an dernier que les bonus réguliers devaient devenir salaire régulier, mais Hyundai-KIA a dit qu'il ne l'accepterait pas … Si l'entreprise veut s'embourber dans une catastrophe avec ces négociations malhonnêtes, on lancera une grève illimitée ».

 

 

Lutte de classes en Corée du sud :

un syndicat de classe et de masse face à un patronat intransigeant

 

Les deux syndicats présents dans les entreprises font partie du KMWU (Syndicat des travailleurs de la métallurgie coréenne), la première fédération de la puissante et combative Confédération coréenne des syndicats (KCTU).

La KCTU compte 700 000 syndiqués, elle est une des deux grandes confédérations syndicales mais représente une alternative à la FKTU proche du pouvoir et du patronat. Elle est connue pour ses positions de lutte de classe, illustrées par les grandes grèves des années 1990.

Le patronat sud-coréen, lui, n'hésite pas à brandir le bâton après la carotte.

Alléguant de pertes de 50 millions d'euros dans les usines Hyundai et Kia (après la grève de 4 heures), le chaebol (monopole sud-coréen) prétend même que les syndicats lui ont coûté depuis 1987 (la fin de la dictature!) la somme de 11 milliards d'euros.

 

Face à ce péril syndical, Hyundai envisage deux solutions : l'embauche de travailleurs temporaires en substitution des travailleurs réguliers, la délocalisation.

A titre d'exemple, Hyundai délocalise une partie importante de sa production en Chine, envisageant de passer dans les prochaines années de 500 000 à 1 million de voitures produites dans le pays voisin. Actuellement, le groupe sud-coréen ne produit plus que 40 % de ses autos au pays.

Pourtant, Hyundai est loin de se porter mal : après avoir réalisé 1 milliard d'euros de profits en 2012, il a encore augmenté ses marges atteignant les 1,3 milliard en 2013. Selon les analystes, l'année 2014 devrait être marquée pour Hyundai par des profits records.

 

 

La Corée du sud, géant émergent de l'automobile

 

La grève lancée par plus de 100 000 ouvriers syndiqués du secteur n'est par ailleurs pas anecdotique. La Corée du sud est en effet devenu en quelques années un géant de l'industrie automobile.

La Corée du sud occupe désormais la cinquième place mondiale en termes de production automobile – derrière le Japon, la Chine, les Etats-unis et l'Allemagne – avec 4,5 millions d'autos assemblées en 2013, c'est quatre fois plus qu'il y a vingt ans.

Elle détient même le record du nombre d'automobiles produites par tête : 9 pour 100 habitants contre 2 pour 100 en Chine, 6 pour 100 en Allemagne, 7 pour 100 au Japon.

Le contraste est saisissant avec le déclin de l'industrie automobile française : encore numéro 4 mondial en 1994 avec 3,5 millions de voitures, elle est désormais à la 13 ème place mondiale avec 1,7 millions d'automobiles produites l'an dernier.

 

 

Après la grève héroïque des cheminots sud-coréens en décembre dernier, le mouvement des enseignants pour lutter contre l'interdiction de leurs syndicats au nom de l'anti-communisme, la grève des ouvriers de l'automobile sud-coréens ne peut qu'emporter tout notre sympathie.

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