Il s’avère que j’ai toujours pu compter sur les différents courants communistes dans tous les combats que j’ai menés. Qu’il s’agisse de ceux qui sont au parti ou non, ceux qui sont représentés au CN et ceux qui sont à la recherche de la pierre philosophale du rassemblement. Auprès de tous j’ai pu constater la force et l’intelligence, le dévouement de ce qu’ils représentaient, bien sûr j’ai eu de multiples désaccords et chacun sait que je n’ai pas un caractère particulièrement souple, mais l’essentiel a été cette capacité à agir, à faire face à toutes les campagnes. Il y a là des penseurs, des militants dévoués et efficaces qui depuis plus de vingt ans continuent à porter notre idéal envers et contre tout. Les dernières régionales ont prouvé le dramatique émiettement ; l’étouffement du parti dans cette absence de visibilité et pourtant sur le terrain il y a eu le courage de faire face, d’aller au contact des gens qui souffrent… Cette campagne des régionales suivi du vote de l’état d’urgence a témoigné de la catastrophe et dans le même temps elle a donné lieu à des prises de conscience précieuses.
Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ces gens s’obstinent à se diviser. Je finis par me dire que si le PCF parait être définitivement la proie de tous les courants du trotskisme, c’est peut-être qu’il souffre du même mal que ces derniers : des egos surdimensionnés et une absence de liens avec le monde du travail ce qui fait que ce dernier est gagné au meilleur des cas par l’anarchosyndicalisme et au pire par des simulacres fascisants… de toutes espèces…
Qu’il y ait des vendus, des flics, c’est probable, il y en a toujours eu y compris on se souvient de Giton, secrétaire à l’organisation et pour avoir étudié les archives de la police à la libération j’ai trouvé les comptes-rendus les plus fidèles des réunions du comité fédéral. Non le problème est dans la fragilité de ce parti, sa rupture avec le monde du travail qui a pourtant un besoin urgent d’un parti communiste et la tentation de l’opportunisme est grande avec les divisions. Parce que ce parti face à la situation de contre révolution mondiale dans laquelle s’inscrit la chute de l’URSS, a connu des attaques extérieures, mais aussi internes. Avec l’organisation a été détruite sa capacité à favoriser l’intervention populaire et il n’y a plus eu que le souci des positions d’élus, des moyens de la survie.
C’est contre cette tendance qui pour une part ne dépend pas de nous mais contre laquelle nous pouvons et devons agir qu’apparaît celle qui doit rassembler ceux qui ne croient pas au spontanéisme mais ont confiance dans la volonté de lutte des masses populaires et de la classe ouvrière.
Il y a l’état de notre pays, la colère, le mépris et l’avancée des idées de droite et d’extrême-droite, la répression, les tentations de guerre civile, etc… Et face à cet assaut d’un capitalisme en crise, l’incapacité d’une direction du PCF à proposer autre chose que des manœuvres d’appareil, des alliances sans principe et à terme la fin du parti ou son intégration à des aventures gauchistes ou son alignement sur un PS lui-même en pleine soumission au patronat. Résister, proposer est la seule utilité du PCF, celle qui recrée les liens avec notre peuple.
Marianne, qui est encore en Chine, me racontait en riant que face à la querelle sino-soviétique, elle se voyait se jetant entre les deux armées en criant « Prolétaires de tous les pays unissez-vous », je suis consciente du fait que je ne suis pas loin d’une telle vision idéaliste et cocasse, mais je suis aussi tout à fait d’accord avec Fidel Castro qui dit que la querelle sino-soviétique a été le facteur principal de la crise actuelle du mouvement communiste… Il ne s’agit pas de pratiquer l’union pour l’union, mais de combattre ensemble sur ce que nous pensons l’essentiel.
Il me semble qu’il y a une idée qui tente de se dégager de l’expérience de chacun c’est celle de la nécessité de reconstruire un parti communiste plutôt que des chercher des alliances de sommet qui engendrent querelles et divisions et font disparaître le socle idéologique et politique du communisme.
Honnêtement moi j’en ai vraiment marre et j’attendrai que la raison revienne parce que je suis mal placée pour surmontez une pareille incapacité à être communiste. Alors j’espère qu’en vous publiant tous, vous réaliserez à quel point l’union est possible et nécessaire… par pitié ne refondez pas un nouvel organisme de rassemblement…
Essayez d’agir ensemble tels que vous êtes…
Danielle Bleitrach