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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 18:19
Exit l’Ukraine ?
3 novembre 2014

 

Les élections ont donc eu lieu dans la partie de l’Ukraine qui est contrôlée par les insurgés, et la participation semble avoir été très élevée (plus de 75%) ce qui contraste avec le résultats des élections législatives qui se sont tenues dans la partie contrôlée par le gouvernement de Kiev. La carte de la participation (via Electoral Geography 2.0) révèle la fragmentation politique de ce territoire.


CARTE

 A - Elections Ukr

La participation a été très forte, ce que l’on pouvait prévoir dans un pays traversant une grave crise politique, à l’Ouest de l’Ukraine, à Lviv et dans sa région. Le taux approche dans certains cantons (raïon) les 80%, ce qui correspond aux taux enregistrés dans la zone insurgée le dimanche 2 novembre.

Par contre, on constate une très faible participation, inférieure à 30% dans l’Ouest de l’Oblast de Donetsk, et généralement inférieure à 40% dans la partie Est mais aussi Sud de du territoire sous le contrôle du gouvernement de Kiev. Ceci était aussi prévisible, et correspond au sentiment d’une large majorité de la population de ne pouvoir exprimer librement son choix, les partis ayant sa sympathie ayant été soit interdits soit de fait bannis de ces élections.

Ce qui est nouveau, c’est l’apparition de zones de très forte abstention au Sud-Ouest de l’Ukraine, dans les régions frontalières avec la Hongrie et la Slovaquie. Cela correspond à la crainte des populations de ces régions vis-à-vis du gouvernement de Kiev. Ces populations ne sont pas « ukrainiennes » d’origine ; le comportement des groupes extrémistes (Svoboda et Pravy Sehtory) et la relative impunité dont ils jouissent, les inquiètent. Sur le reste du territoire sous le contrôle du gouvernement de Kiev, on retrouve une participation de 55% à 60% que l’on avait constatée lors des précédents scrutins.

Ces chiffres reflètent une réalité que les observateurs de terrain connaissent mais qui a beaucoup de mal à pénétrer dans les cerveaux obtus de certains de nos diplomates : l’Ukraine, telle qu’elle a existé de 1991 au début de 2014 est en train de se défaire. Elle se défait, bien sûr, du fait de l’insurrection de la partie Est. Mais, réduire ce processus à la seule insurrection serait une grave erreur. En réalité, les événements de janvier et février 2014 ont fait exploser le fragile équilibre qui s’était constitué depuis 1991. La volonté de certains d’imposer une Ukraine « mono-ethnique » allait à l’encontre de la réalité, composite, de ce pays. Les forces d’éclatement sont donc à l’œuvre, tout autant à l’Ouest qu’à l’Est. On peut penser que, d’ici quelques mois, la fraction la plus occidentale de la population demandera son rattachement à la Pologne ou cherchera à se constituer en entité indépendante, dans l’espoir de pouvoir intégrer au plus vite l’Union Européenne. Les régions frontalières avec la Hongrie et la Slovaquie demanderont alors, elles aussi, leur rattachement à ces pays. Le mouvement de la place Maïdan pourrait bien se solder, d’ici quelques mois ou quelques années, dans une désintégration de ce pays que l’on appelait l’Ukraine.

Cela n’est nullement souhaitable. Mais la question qui se pose est de savoir si l’on peut encore l’éviter.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 18:16
Elections en Ukraine(s)
1 novembre 2014

Des élections se sont tenues en Ukraine le 26 octobre. D’autres se tiendront le dimanche 2 novembres. Ces élections entérinent en fait la partition de l’Ukraine. Les pays de l’UE et les Etats-Unis se refuseront sans doute à reconnaître les résultats des élections qui se tiendront dans l’Est de l’Ukraine, en territoire insurgé. C’est une faute, et une faute dont les conséquences seront graves. En effet, dans une guerre civile, et ce qui se passe en Ukraine depuis le mois de mars est bien une guerre civile, il est impératif de trouver des compromis. Ces compromis exigent que l’on discute avec des gens avec lesquels on n’est pas d’accord. Il n’y a que dans le monde des bisounours que l’on passe des compromis avec ses propres amis. De ce point de vue, les élections qui se tiendront dans la zone contrôlée par les insurgés permettront de vérifier le degré de légitimité des autorités insurgées.

Une faute, trois erreurs.

On dira que rien ne garantit la tenue de ces élections dans des conditions qui soient acceptables. Peut-être ; mais, si les pays de l’UE avaient déclarés leur intention de reconnaître, le cas échéant ces élections, ils auraient pu demander à avoir des observateurs, et ils auraient eu un moyen indiscutable de savoir si le scrutin était valide ou pas. En déclarant d’emblée ces élections « illégitimes », les pays de l’UE et les Etats-Unis se sont mis hors-jeu pour contester les conditions dans lesquelles se tiendront ces élections. Première erreur, que n’a pas commise la Russie qui, elle, a reconnue les élections qui se sont déroulées sur le territoire ukrainien sous le contrôle de Kiev, ce qui lui permettra d’avoir un partenaire, tout en se préparant à reconnaître les élections qui se tiendront en zone insurgée. J’ai le regret de le dire à M. Laurent Fabius, notre Ministre des Affaires Etrangères mais la position de M. Lavrov, le Ministre russe, est beaucoup plus réaliste et beaucoup plus cohérente que la sienne.

Par ailleurs, il est scandaleux, au sens le plus profond du terme scandale, que des Etats qui font de la « démocratie » le point central de leur politique étrangère (ou qui du moins affectent de le faire) se refusent à reconnaître un processus électoral. Il en résulte une image profondément brouillée de l’attitude de ces pays. On peut, à juste titre, considérer qu’ils estiment qu’il y a des « bons » et des « mauvais » ukrainiens, les premiers ayant le droit de voter et pas les seconds. Venant après les palinodies et les contradictions sur la Libye, depuis 2011, et sur la Syrie, cela est très inquiétant quant aux principes mêmes dont ces pays prétendent s’inspirer pour conduire leur politique. Voilà qui donne raison à ceux qui prétendent que les grands principes du Droit et de la Morale ont été instrumentalisés et connaissent une application variable suivant les camps en présence. Ceci n’est pas nouveau ; on se souvient du « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà… ». Ce scandale révèle la profonde erreur qui sous-tend la politique des pays de l’UE.

Enfin, alors que montent les rumeurs, souvent adossées à des évidences, sur l’existence de charniers dans les zones qui ont été évacuées par l’armée de Kiev, alors qu’abondent les témoignages sur des violations des droits de l’homme dans la zone des combats, ces élections auraient pu permettre à une commission d’enquête d’aller sur place et de chercher à trier ce qu’il y a de faux et ce qu’il y a de vrai. Ne pas reconnaître un pouvoir, même si on le considère comme un pouvoir « de fait », quand ce pouvoir a une réalité, et va voir cette réalité probablement confirmée dans un scrutin interdit toute tentative pour établir la vérité sur des accusations qui, si elles devaient être confirmées, montreraient un degré de violence inconnue depuis 1945 en Europe, à l’exception de la guerre civile yougoslave. Il y a là un enjeu non seulement moral mais aussi politique. Refuser le voir, faire la sourde oreille et l’aveugle devant ces faits constitue alors une erreur grave, et une erreur dont les conséquences pourrait bien se révéler dans les années qui viennent.

L’importance de la participation

Pour revenir à ces élections, il faut ici rappeler que la première des choses consiste à regarder avec soin le niveau de participation. Il a été faible pour les élections de la semaine dernière, avec une participation d’environ 52% dans les zones contrôlées par le gouvernement de Kiev, ce qui est un chiffre faible même pour l’Ukraine. Ce chiffre doit être évalué à l’aune de deux réalités. D’une part, il est évident que des régions n’ont pas votée. C’est le cas de la Crimée, qui a décidé par référendum de se rattacher à la Russie, et c’est le cas des zones insurgées. On estime à environ 5 à 6 millions, soit environ 16% du corps électoral, le nombre de personnes qui n’ont pas pris part au scrutin pour ces raisons. Mais, il faut ici rappeler une loi régulièrement vérifiée dans tous les pays et qui veut que dans une situation de forte crise la participation soit au contraire forte, et en règle générale plus forte que dans la moyenne des scrutins précédents. On aurait du s’attendre à voir la participation monter au moins à 70-75% et, compte tenu que cette participation ne concernait que 84% du corps électoral, on aurait dû avoir un chiffre de 60% pour la participation vérifiée. On voit que l’on est loin du compte.

Cela signifie que ces élections, loin d’avoir été le « triomphe » des partis pro-occidentaux que prétend une partie de la presse française, ont montré que la division de l’Ukraine reste très profonde[1]. Le parti du Président, M. Porochenko, et celui du Premier-Ministre démissionnaire, M. Iartseniouk, ont fait jeu égal avec environ 22% des suffrages exprimés. Ils sont suivis du parti constitué par le maire de Lviv, puis par les survivants du « Parti des Régions » de l’ancien Président Yanukovitch. La fragmentation du spectre politique ukrainien et l’influence des forces oligarchiques restent très importantes. Qui plus est, les votes ne sont toujours pas également répartis sur le territoire. Le « Parti des Régions » et divers mouvements d’opposition au régime de Kiev font des scores bien supérieurs dans les parties de l’Est du territoire contrôlé par Kiev qu’à l’Ouest. La zone centrale, Kiev est les régions environnantes, continue d’affirmer une spécificité politique qui n’est pas réductible à l’Ouest du pays. Enfin, la répartition géographique de l’abstention montre que cette dernière a constitué, en partie, un véritable vote d’opposition au régime de Kiev. Alors que l’économie ukrainienne continue de s’effondrer, on s’attend à une chute de -8% à –10% pour le PIB en 2014, le futur politique du pays apparaît comme fort sombre. On ne peut exclure que dans certaines régions de l’Ouest, en particulier à Lviv, apparaissent des mouvements séparatistes qui demandent soit leur indépendance soit, plus probablement leur rattachement à la Pologne. Ceci aurait pour conséquence l’émergence dans un délai très court, de mouvement demandant à leur tour le rattachement à la Hongrie et à la Slovaquie dans la zone carpathique de l’Ukraine. En réalité, le processus d’éclatement de l’Ukraine engendré par les événements de février 2014, se poursuit.

On ne connaitra pas avant le lundi 3 novembre le chiffre exact de la participation aux élections organisées par le pouvoir insurgé de l’Est de l’Ukraine. Mais, d’après les témoins et les journalistes, ce chiffre dépassera sans doute les 70%. Se posera alors la question de la légitimité réelle de chaque pouvoir, celui de Kiev élu avec une participation de moitié environ, et celui de Donetsk où la participation pourrait atteindre les ¾ du corps électoral. C’est pour cela que la position des pays de l’UE, et de la France en particulier, d’appeler à ne pas reconnaître ces élections n’est pas seulement une faute, comme on l’a dit au début de ce texte, mais c’est une stupidité grave.

Le principe de réalité

La réalité finira cependant par imposer sa loi. L’Ukraine était une construction étatique extrêmement fragile. Elle n’a pas résisté aux erreurs des uns et des autres. A l’entêtement stupide de l’ex-Président Yanoukovitch a hélas répondu un entêtement non moins stupides de l’opposition, entêtement qui hélas a été encouragé et parfois financé par les Etats-Unis et l’UE. Le résultat est aujourd’hui le risque d’un démantèlement complet du pays, sur fond de crise et de misère. Il convient de reconnaître cette réalité si l’on veut au moins pouvoir la tempérer. De même que la Russie a reconnu les élections dans la partie sous le contrôle de Kiev, les pays de l’UE seraient bien inspirés d’en faire de même avec les élections de dimanche 2 novembre en zone insurgée. La désescalade dans ce conflit est à  ce prix.


[1] Krasnolutska D., « Putin Narrative of Abandoned Ukraine East Fueled byVote », Bloomberg, 27/10/2014  http://www.bloomberg.com/news/print/2014-10-27/putin-narrative-of-abandoned-ukraine-east-fueled-by-vote.html

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 10:17

mariam-sankara.jpg

J’éprouve une immense joie en ce jour historique. Ma joie est celle de la famille Sankara, ma joie est celle de vous tous, celle des amis nombreux qui suivent avec intérêt les événements du Burkina.

C’est une véritable joie d’avoir réussi avec le vaillant peuple burkinabé : les femmes, la jeunesse, les organisations de la société civile, les partis d’opposition ainsi qu’une grande partie de l’armée républicaine respectueuse du peuple. La joie de voir chassé du pouvoir celui qui croyait que le Burkina lui appartenait éternellement.

Chers compatriotes, chers camarades et chers amis. Blaise Compaoré n’avait jamais imaginé la mobilisation dont vous avez fait preuve ce 30 Octobre 2014. Vous venez de remporter une victoire sans précédent par cette insurrection populaire. En se référant à la révolution du 4 Août, la jeunesse burkinabé a réhabilité le Président Thomas Sankara. Je suis fière de vous, de votre combativité, je vous félicite.

Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à éviter le chao politique dans lequel Compaoré et ses amis voulaient plonger le Burkina.

Compaoré et ses sbires ont encore endeuillé le peuple. Je partage la douleur des familles éplorées et leur adresse mes sincères condoléances. Je souhaite un prompt rétablissement aux nombreux blessés.

Par ailleurs, j’exhorte ces familles à saisir la justice nationale et internationale pour que Blaise Compaoré réponde de ses crimes.

L’image de médiateur de la sous région dont il s’est drapé ne doit en aucun cas le disculper. Et dire qu’en 2012, il a même caressé l’idée d’avoir le prix Nobel de la paix comme s’il oubliait tous les crimes ourdis depuis 1987.

Ce Monsieur qui était sollicité comme médiateur dans les conflits était en réalité celui qui les attisait. Des pays comme l’Angola, le Libéria, la Sierra Léone, la Guinée, le Mali et la Côte d’ivoire où il a trouvé refuge ont subi ses manœuvres de déstabilisation.

Non, il ne doit pas couler des jours paisibles à Yamoussoukro. Il doit répondre de ses actes et de ses crimes de sang.

Nous devons rester mobilisés jusqu’à la victoire finale qui verra l’organisation d’élections libres, justes et transparentes. En attendant, je souscris à l’idée que la gestion de la transition doit être assurée par les civils afin que soit respecté le caractère démocratique de notre lutte. Cette victoire n’est pas seulement attendue par le peuple burkinabé vus les nombreux messages et témoignages que je reçois à travers le monde.

A nous d’être dignes de cette victoire, à nous de prouver que Blaise Compaoré n’est pas indispensable. Afin que plus rien ne soit comme avant, il appartint aux forces du changement de rester unies et vigilantes, de préparer une alternative politique, économique, sociale et culturelle pour le mieux être des burkinabé.

Vive la démocratie et vive le Burkina.

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Mariam SANKARA
Montpellier, le 1er Novembre 2014-11-02


 

Mariam Sankara est la veuve de Thomas Sankara

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 17:46
Un discours programme
29 octobre 2014
Par

 

Le discours prononcé par la Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine[1], à l’occasion de la tenue du XIème « Club Valdaï » qui s’est déroulé à Sotchi, est appelé à prendre une place importante dans la définition de la politique étrangère de la Russie. Ce n’est pas la première fois que Vladimir Poutine se livre à pareil exercice. Il l’avait déjà fait en février 2007 à Munich[2]. Quoi que l’on puisse penser de la politique internationale russe, Il faut s’arrêter et chercher à comprendre ce qu’un tel discours signifie. Ce n’est pas tous les jours, en effet, qu’un dirigeant de l’importance de Poutine s’exprime sur le fond de la nature des relations internationales. La comparaison entre le discours prononcé à Sotchi le 24 octobre 2014 et celui de 2007 n’en devient alors que plus importante. Le discours de Munich, venant après la période de tension internationale provoquée par l’intervention américaine en Irak en tirait en quelque sorte un bilan. Ce discours indiquait la conscience au moins diffuse d’une crise dangereuse des représentations des relations internationales par rapport à laquelle il importait de prendre date. Il est très regrettable que ce discours, certes discuté et largement commenté parmi les spécialistes, n’ait pas eu plus de retentissement. Il anticipait de manière étonnante les diverses crises que le monde allait traverser dans les années suivantes. Le discours de 2014 survient alors que les relations internationales se sont à nouveau largement dégradées. La crise ukrainienne à mis face à face la Russie, appuyée par une large partie des pays considérés comme « émergents » et les Etats-Unis et leurs alliés. Ce discours est peut-être moins riche sur le plan des principes, mais certainement plus précis quant à la définition des risques et des menaces, constitue lui aussi un moment fort dans les relations internationales.

Un constat pessimiste.

Dans le discours prononcé le 24 octobre 2014, Vladimir Poutine exprime un fort pessimisme quant à l’évolution des relations internationales. Alors que le discours de Munich en 2007 était largement un discours proposant une nouvelle logique à ces relations, il exprime au contraire aujourd’hui le constat que rien n’ayant été changé, la dégradation est inévitable. Reprenons ses expressions ; le premier constat porte sur la nature de la situation internationale : « Tout d’abord, les changements dans l’ordre mondial – et tout ce que nous voyons aujourd’hui constitue des événements de cette ampleur – ont généralement été accompagnés sinon par une guerre et des conflits à l’échelle mondiale, du moins par des chaînes de conflits locaux intenses. Deuxièmement, la politique mondiale est avant tout une question de leadership économique, de guerre et de paix, avec une dimension humanitaire, incluant les droits de l’homme. »

On voit que, dans les mots prononcés, et il faut ici rappeler que chez un dirigeant politique les mots sont en quelque sorte des actes, il n’est plus question d’une organisation multipolaire du monde mais bien de ce qu’il appelle le leadership économique, c’est à dire la question en réalité de l’hégémonie. Cette question posse immédiatement le problème de guerre et de paix. La dramatisation des enjeux correspond à la période. Nous avons connu, depuis 2011, la guerre de Libye dont les conséquences se sont faites sentir sur l’ensemble de la bande sahélienne et e particulier au Mali, au Niger et au Nigéria, la guerre de Syrie qui déborde sur une large part du Moyen-Orient et aujourd’hui une guerre larvée, qui ne dit pas son nom mais qui est bien réelle, à l’est de l’Ukraine.

Le constat tiré est empreint d’un profond pessimisme, comme si Poutine, et avec lui une grande part de l’élite politique russe avait cru réellement dans la possibilité pour les puissances internationales de dépasser le conflit et d’en arriver à une époque de coopération, et avait été cruellement déçu par la réalité du comportement de certains pays, et au premier chef des Etats-Unis. On sent bien que l’incompétence mais aussi l’agressivité dont ont fait preuves les dirigeants de Washington, que ce soit sous Georges W. Bush ou son successeur, ont laissé des traces profondes chez les dirigeants russes. Mais, ce pessimisme est aussi le produit du constat de l’alignement de l’Union européenne sur les Etats-Unis et de l’absence de forces de rappel contrebalançant la politique américaine. Ce faisant, il prononce des mots qui sonnent comme un requiem de ce rêve de coopération. Le fait qu’il réduise l’enjeu des événements en cours à la question du leadership économique donne la mesure du pessimisme de son discours.

La question du droit.

Vladimir Poutine renvoie alors son auditoire sur les conséquences de cette situation et déroule un parallèle extrêmement important entre la situation actuelle et celle qui était issue de la seconde guerre mondiale. Ce passage reprend un des thèmes constamment mis en avant par le Président russe depuis 2007, celui du droit international. Il commence à nouveau par un constat : « Malheureusement, il n’y a aucune garantie et aucune certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit en mesure de nous protéger des bouleversements. Ce système a été sérieusement affaibli, fragmenté et déformé. Les organisations internationales et régionales de coopération politique, économique, et culturelle traversent également des temps difficile. » Ce constat pouvait d’ailleurs être tiré dès 2003, quand les Etats-Unis sont passés outre la décision du Conseil de Sécurité pour envahir l’Irak. Comparant alors la situation actuelle avec celle qui prévalait en 1945, il énonce la nécessité de se doter d’un système des relations internationales qui permettent une forme de régulation des intérêts des puissances. On revient donc à un monde « Westphalien », c’est à dire régit par des règles mais dont l’origine même est l’existence d’Etats-Nations : « L’essentiel est que ce système doit se développer, et malgré ses diverses lacunes, il doit au moins être capable de maintenir les problèmes mondiaux actuels dans certaines limites et de réguler l’intensité de la concurrence naturelle entre les nations. Je suis convaincu que nous ne pouvions pas prendre ce mécanisme de freins et contrepoids que nous avons construit au cours des dernières décennies, parfois avec les plus grands efforts et difficultés, et tout simplement le détruire sans rien reconstruire à sa place. Sinon, nous serions laissés sans instruments autres que la force brute ». On voit alors s’exprimer la peur d’un monde sans règles, ouvert justement à ce que Vladimir appelle la « force brute ».

Cette situation découle bien entendu des conditions de la fin de la Guerre Froide. Au lieu d’aboutir à un cadre stable et reconnu par tous, la fin de la Guerre Froide a donné l’illusion à un pays, les Etats-Unis, qu’il était dans la toute puissance. J’ai décrit, dans un ouvrage publié en 2008, les conséquences de cette illusion[3]. J’en tirais aussi le constat de la nécessité impérative de reconstruire un cadre de droit international, constat qui s’appuyait sur un autre : celui qu’une telle reconstruction ne pourrait procéder que des Etats et de la sanctuarisation de ces derniers. Pourtant, c’est tout le contraire qui est survenu. On a continué sur la pente de la destruction des règles et du Droit international, en particulier quand en 2011 les pays occidentaux ont « interprété » de manière unilatérale leur mandat des Nations Unies pour se livrer à une véritable guerre d’agression contre la Libye. Vladimir Poutine, poursuit alors : « Pardonnez l’analogie, mais c’est la façon dont les nouveaux riches se comportent quand ils se retrouvent tout à coup avec une grande fortune, dans ce cas sous la forme d’un leadership et d’une domination mondiale. Au lieu de gérer leur patrimoine intelligemment, pour leur propre bénéfice aussi bien sûr, je pense qu’ils ont commis beaucoup de folies. Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal. L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques ».

Mais, et cela le Président russe le sait bien, la reconstruction d’un cadre de droit international est une œuvre de longue haleine, qui impliquera des conflits importants, et dont certains seront nécessairement des conflits militaires. Si, dans le cadre du droit “Westphalien” la souveraineté des Etats doit être impérativement respectée, une addition importante fut faite en 1945, dans la Charte des Nations Unies, concernant la liberté des peuples à décider pour eux-mêmes, et donc sur les processus référendaires décidant de l’auto-détermination. Dans ce discours, il est clair que c’est aussi à ce principe que se réfère Vladimir Poutine, en raison de sa mise en oeuvre sur la Crimée et dans l’est de l’Ukraine.

Mettre la Russie en mesure de faire face à cette nouvelle situation internationale.

On n’a pas assez remarqué que de cette analyse de la situation internationale découlait alors un programme pour la Russie elle-même.

La puissance américaine a donc été directement perçue à partir de 2003-2004 comme une menace directe quant à la sécurité de la Russie, mais aussi à celle de ses alliés stratégiques. Cette perception s’est brutalement amplifiée à partir de 2011, mais elle s’est aussi transformée. Si, jusque là, les dirigeants russes maintenaient l’espoir d’une coopération équilibrée, à laquelle les pays auraient pu finir par arriver, il semble aujourd’hui qu’ils tirent le constat d’une action américaine visant ce qu’ils appellent le « leadership mondial ». Vladimir Poutine a ainsi été conduit à aller sans doute plus loin qu’il ne l’avait imaginé en 2000-2001 et même en 2007. Mais, son action, même si elle fut autant réactive qu’active a contribué à l’échec du projet américain et à redistribuer les cartes. De ce point de vue, le retour de la Russie a été un événement marquant. La Russie a quelques arguments à faire valoir pour la constitution d’un grand « front » des pays refusant l’hégémonie américaine.

La vision politique de l’environnement international de Vladimir Poutine et de ses conseillers est aujourd’hui nettement plus pessimiste que celle qu’ils pouvaient formuler quand ils sont arrivés au pouvoir en 2000 et cela aura des retombées en Russie même, quant à l’organisation du « modèle » de capitalisme qui est appelé à se développer dans les prochaines années. Ce pessimisme incite donc le pouvoir russe à souhaiter une réhabilitation rapide des capacités technologiques et industrielles du secteur des industries à fort contenu technologique et de l’armement. La politique économique devient alors pour une part déterminée par l’analyse de la situation internationale. Ceci justifie un renforcement de la démarche interventionniste en économie à travers la constitution de grandes sociétés publiques dans le secteur de l’énergie (Gazprom, Rosneft, Transneft), mais aussi de groupes à capitaux publics dans l’aviation, la construction navale et les métaux non-ferreux. Le retour à des formes souples de protectionnisme est inévitable. La question d’un possible régime de contrôle des capitaux, en dépit des déclarations du gouvernement et de la Banque Centrale, est posé. On imagine mal que la Russie puisse être dans une confrontation de longue haleine avec les Etats-Unis et rester ouverte à la totalité des flux financiers, en particulier ceux à court et très court terme. La coopération internationale est une nécessité, perçue comme telle. Elle se situe au carrefour entre les alliances géopolitiques et les complémentarités technologiques et industrielles. Si la Russie souhaite la constitution de contrepoids à l’influence américaine qu’elle analyse désormais comme hostile, l’impact de ces contrepoids n’est pas la même suivant les pays considérés.

Il est donc clair que les événements de ces derniers mois vont provoquer un changement radical du modèle de développement que la Russie avait adopté dans les années 200 à 2004, modèle qui faisait malgré tout la part belle à la coopération internationale et aux échanges internationaux. Assurément, la Russie ne va pas se fermer hermétiquement. Ce ne fut d’ailleurs jamais le cas dans son histoire, même lors de la période stalinienne de l’URSS. Mais, cela va impliquer des réajustements importants dans la nature de ses relations économiques avec ses partenaires occidentaux, comme on a déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ce carnet, mais aussi des réajustements importants dans le domaine de la politique économique intérieure.

 


[1] Le texte original (en russe) peut être consulté à l’adresse suivante : http://kremlin.ru/news/46860. Pour la traduction française: http://www.sayed7asan.blogspot.fr

[2] Voir la déclaration du président Russe lors de la conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Munich le 10 février 2007 et dont le texte a été traduit dans La Lettre Sentinel, n°43, mars 2007.

[3] Spir J., Le Nouveau XXIè Siècle, le Seuil, Paris, 2008.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 16:37

Lu sur le site de République solidaire, le site du mouvement de D. De Villepin.  Il reprend ici un article de l'agence russe Ria Novosti.

L’Occident doit renoncer à la politique de sanctions face à Moscou (de Villepin) Ria Novosti 24/10/2014
SOTCHI, 24 octobre – RIA Novosti. 15h50

L’Occident doit reprendre un dialogue étroit avec la Russie au lieu de décréter de nouvelles sanctions à son encontre, estime l’ex-premier ministre français Dominique de Villepin.

« La situation avec les sanctions est mauvaise tant pour la Russie que pour le monde entier. Il ne faut pas nourrir davantage cette spirale de méfiance. Je crois qu’il est l’heure de prendre conscience du fait que nous sommes en mesure de changer cette situation. Il faut revenir à un dialogue étroit et stable avec la Russie », a déclaré M.de Villepin dans une interview accordée à RIA Novosti dans les couloirs du club Valdaï à Sotchi.

Selon lui, l’Europe et les Etats-Unis doivent déployer « plus d’efforts » afin de sortir de cette « spirale des sanctions » dans leurs relations avec la Russie.

Les relations entre la Russie et l’Occident se sont dégradées sur fond de crise en Ukraine. Fin juillet, les Etats-Unis et l’UE ont décrété des sanctions contre plusieurs secteurs de l’économie russe. Moscou a déclaré à plusieurs reprises que le langage des sanctions n’était pas de mise avec la Russie.

Début août, Moscou a riposté en imposant un embargo sur les denrées alimentaires provenant des pays ayant introduit des sanctions à l’encontre de la Russie.

 

Lu sur le site du Figaro.fr 

 

Sanctions contre la Russie : le pari de Poutine à Valdai


Par Pierre Rousselin le 25 octobre 2014

Les sanctions occidentales pèsent lourdement sur l'économie russe mais elles n'affectent pas la combativité de Vladimir Poutine. Depuis le début de la crise ukrainienne, le maître du Kremlin a vu sa popularité atteindre de nouveaux records à plus de 80% d'opinions favorables. Ses convictions n'ont pas changé : si l'ordre international est aujourd'hui remis en cause, ce n'est pas à cause de l'annexion unilatérale de la Crimée mais en raison des errements de la politique occidentale.

A la onzième réunion annuelle du club Valdai, quyi vient de se tenir à Sotchi dans les locaux prévus pour le G8 annulé en juin dernier, le président russe s'est montré convaincu que son pays lsurmonterait l'épreuve. Les sanctions occidentales ont même, pour lui, un aspect positif : « elles vont nous forcer à accélérer notre développement interne »  et pousser à un rééquilibrage des échanges en faveur de l'Asie. Il ne s'agit pas de rechercher une quelconque autarcie, a-t-il insisté.

 La poussée de patriotisme née de la montée des tensions internationales est accueillie avec satisfaction dans l'entourage du chef de l'Etat. « Poutine, c'est la Russie. La Russie, c'est Poutine », s'est félicité Vyacheslav Volodine, secrétaire général adjoint du Kremlin en se faisant l'écho du message principal adressé au club de Valdai : quelles que soient les attaques, Vladimir Poutine « sera au pouvoir encore dix ans »

Pour lui, le maître du Kremlin, ce n'est pas la Russie qui est responsable de la dégradation du climat international mais bien le monde occidental. Celui-ci, a relevé Vladimir Poutine  est en train de compromettre ses propres intérêts en adoptant une politique de « sanctions politiques » qui vont à l'encontre du développement économique dans le contexte de la mondialisation.

Vladimir Poutine s'en est pris vivement à la politique des Etats-Unis depuis la fin de la guerre froide, lorsque Washington sa proclamé « sa victoire » et « a cherché à imposer ses vues sur le reste du monde » en « brisant toutes les règles ». De l'Ukraine à l'émergence des djihadistes de l' « Etat islamique » en Irak et en Syrie, toutes les crises actuelles ont, selon lui, pour origine les erreurs commises par la diplomatie américaine.

Son pari semble être que « le bon sens finira par prévaloir » et que les pays qui cessent de coopérer avec la Russie en arriveront à la conclusion que tel n'est pas leur intérêt. « Ils veulent isoler la Russie, mais, nous, nous n'allons fermer la porte à personne. Dans le monde moderne c'est impossible. Le plus tôt cela est compris, le mieux ».

 « Cette volonté de recréer une monde bipolaire n'est pas une bonne chose,  les Etats-Unis ne peuvent pas continuer à humilier leurs partenaires ». Appelant la communauté internationale à tenir compte des intérêts de la Russie, il a souligné que le respect de la souveraineté nationale devait être le fondement de l'ordre international.

Evoquant l'Ukraine, Vladimir Poutine a est resté inflexible. Il a dénoncé le « coup d'Etat » de février dernier et ceux qui « veulent continuer les révolutions couleurs » tout en espérant qu'une solution pourrait être trouvée. « L'Ukraine est un pays souverain et nous respectons son indépendance », a-t-il assuré tout en soulignant que la Russie ne pouvait subventionner le pays.

Invité à la séance de clôture du Club Valdai, Dominique de Villepin a invité l'assistance à se recueillir en mémoire de Christophe de Margerie, le PDG Total décédé lundi dans un accident d'avion à Moscou,  et de sa contribution aux relations franco-russes. « Le monde a besoin de la Russie et la Russie a besoin du reste du monde », a conclu l'ancien premier ministre. 

 

Commentaires : pas bien relayées ces informations, ni le discours de Poutine, ni la position de Dominique de Villepin à propos des sanctions contre la Russie.  Google est discret, le site de l'AFP aussi.  Et la plupart de nos journaux également ( Libération, Le Monde ...).  Elles sont pourtant importantes pour quiconque  veut construire sa propre analyse critique sur la situation internationale.  Les seules interventions d'Obama ou de ses relais nationaux, Fabius et Hollande ne suffisent pas.  Pour comprendre il faut aller à plusieurs sources et confronter.  Et pour savoir ce que dit Poutine, mieux vaut aller lire directement.  Mais cela, les médias dominants nous l'interdisent.  C'est pas bien de lire Poutine.  Mais lire Obama c'est bien. Car lui c'est le représentant officiel du monde libre, ça va de soi. Nous pensons pour notre part que les citoyens français ont besoin de penser par eux-mêmes et d'aller aux textes.  Nous mettons donc ci-dessous le lien vers Agora-vox qui vous permettra de lire dans le texte le discours de V. Poutine.

 

Agora-vox-discours de Poutine

 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 19:47

Communiqué du Parti communiste d'Israel

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, Saeb Erekat a fortement condamné la dernière annonce d'extension illégale des colonies dans et autour de Jérusalem-est occupé. "Cette annonce est la preuve d'une volonté de commettre des crimes délimités et sanctionnables en vertu du droit international",a souligné Erekat.



Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a donné ordre de mettre en place les projets visant à construite 1 060 logements dans les colonies de Jérusalem-Est ; 660 nouvelles unités à 'Ramot Shlomo' et 400 à 'Har Homa', en plus des 12 nouvelles routes construites en Cisjordanie.



Erekat a dit que la communauté internationale doit agir de façon résolue afin de sauver la solution des deux Etats de l'expansionnisme colonial de l'Etat d'Israel, en reconnaissant la Palestine comme un Etat compris dans les frontières de 1967, soutenant les efforts pour fixer une date limite à la fin de l'occupation israélienne, en interdisant tous les produits venant des colonies et en se détournant de toutes les organisations et entreprises liées directement ou indirectement à l'occupation israélienne, à la colonisation et aux politiques d'Apartheid.



Cette expansion coloniale coincide avec le projet de loi israélien cherchant à revenir sur le statu quo concernant la Mosquée d'Al-Asqa et sur la saisie de 35 maisons palestiniennes à Silwan par des colons d'extrême-droite soutenus par l'Etat. Concernant l'annonce du Ministre du logement israélien, Uri Ariel, sur sa volonté d'occuper une maison palestinienne saisie à Silwan, Erekat a déclaré que cette action "n'est qu'un rappel de plus des efforts réitérés d'Israel pour déloger par la force les Palestiniens de Jérusalem et transformer la Cité Sainte commune aux trois religions en une cité exclusivement juive."



Dans le même temps, le président du Hadash (Front démocratique pour la paix et l'égalité – Parti communiste d'Israel) et député communiste à la Knesset, Mohammed Barakeh, a déclaré que trois semaines avant le soutien de Netanyahou à cette politique, la municipalité israélienne de Jérusalem-Ouest avait approuvé un projet de construction de 2 600 unités de logement près du quartier de Jérusalem-Est, à Beit Safafa. Cela porterait le nombre total de logements, dont la construction est en cours, à 3 700, a dit le député Barakeh. Le député communiste de la Knesset a conclu que, en continuant sur sa ligne d'expansion coloniale, Netanyahou cherchait à ruiner les conditions de la paix et à rendre impossible toute reprise des négociations entre les camps israélien et palestinien.

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 10:07

votacion-de-bloqueo_0.jpg

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le vote de 2013 a été confirmé en 2014. Les Etats-unis sont toujours isolés dans leur politique criminelle imposée à Cuba. Ce 28 octobre, la 23 ème résolution cubaine appelant à la condamnation du blocus a été soutenue par 188 Etats, 2 la refusant, 3 s’abstenant de voter.

 

Comme l'an dernier, comme chaque année depuis 1992, l'ONU a résonné des appels au respect du droit international, au droit du peuple cubain à diposer de sa souveraineté et à poursuive son développement selon

le modèle social qu'il préconise.

Cuba a proposé la résolution A/69/L.4 sur « la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-unis d'Amérique contre Cuba ». Cela fait 54 ans que les Etats-unis imposent

un blocus aux conséquences terribles pour le peuple cubain. L’embargo (« bloqueo »), selon les chiffres du gouvernement cubain, a causé une perte économique accumulée de 1 112 milliards de $ - l'équivalent du PIB annuel de l'Inde, 15 années de production cubaine.

Les hôpitaux du pays sont privés de l’accès à des médicaments ou matériel médical vitaux.

 

En 1992, ils n’étaient que 59 Etats, au sortir de la guerre froide, à soutenir Cuba dans son rejet de ce blocus inique. Aujourd’hui, ils sont 188. Le record historique de 2013 est égalé, sachant que deux Etats s'opposent: les Etats-Unis et leur allié israélien.

 

Malgré l'embargo, Cuba est à la pointe dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement

de l’ONU, en tête des indicateurs de santé, d’éducation, de culture de tout le continent, rivalisant avec les pays les plus riches de la planète.  

Ce fut rappelé dans l'intervention de Bruno Parilla, ministre des Affaires étrangères, à la tribune mais Cuba

n'est pas seule, elle n'est plus seule. Elle a le monde entier avec elle, face aux seuls Etats-unis.

Il a évoqué l'existence d'un nombre croissant de leaders religieux, de figures de l'émigration cubaine,

d'entrepreneurs américains mais aussi de congressistes qui s'expriment en faveur de la levée du blocus.

Le New York Times – journal de l'intelligentsia nord-américaine – a multiplié les éditoriaux critiques envers la

politique américaine. Le titre de l'article relatant le vote à l'ONU est évocateur : « Sur l'embargo cubain, les Etats-unis et Israel à nouveau seuls contre le reste du monde ».



Dès 1959, l’objectif était d’étrangler économiquement Cuba pour faire tomber un régime qui gênait les

intérêts impérialistes américains. Depuis, présidents démocrates et républicains se sont succédé, rien n’a

changé.

 

Les espoirs suscités par l’élection de Barack Obama se sont envolés, le blocus s’est raffermi. Les États-Unis

appliquent depuis 2008 des sanctions extra-territoriales, frappant durement les organismes nouant des relations commerciales et financières avec Cuba.

 

Ainsi, les Etats-unis ont appliqué des amendes exceptionnelles de 11 milliards d'euros envers 38 banques – dont une record contre la française BNP Paribas – qui réalisent des transactions commerciales avec Cuba,et d'autres pays qui sont sur la liste noire des Etats-unis tel l'Iran.  



Les interventions apportant un soutien à Cuba, critiquant la politique américaine, ont été encore plus

nombreuses : Brésil, Argentine, Colombie, Bolivie, Vénézuela, Equateur, Nicaragua mais aussi Afrique du

sud, Iran, Egypte, Chine, Russie, Vietnam, Algérie, Inde.

La quasi-intégralité des pays d'Amérique latine, mais aussi les grands pays émergents ont exprimé une condamnation ferme et sans ambiguité du blocus.



Ce ne fut pas le cas des pays de l'Union européenne – comme la France – qui ont voté pour la levée du

blocus, mais se sont dispensés de toute critique de la politique nord-américaine.


Outre les Etats, il est à souligner que divers organismes – la Communauté des Etats d’Amérique latine et des

Caraibes (CELAC), le Mouvement des non-alignés, l'Union africaine, le MERCOSUR, le groupe des 77 –

 sont intervenus pour condamner vigoureusement le blocus.

 

L’Union européenne, si elle a finalement appuyé la motion cubaine, n’en a pas moins exprimé ouvertement

  ses critiques sur le système économique et politique cubain.

 

Cuba si, bloqueo no ! La lutte continue pour le respect du droit cubain à pouvoir se développer

 

librement. Il peut compter sur la planète dans son ensemble. Comme dans la lutte contre

 

l'apartheid, une poignée d'Etats ne peuvent bloquer les peuples en marche pour leur liberté.

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 10:04

Petro Simonenko-PCUkraine

Petro Simonenko, Premier secrétaire du Parti Communiste d'Ukraine (KPU), malgré l'échec des législatives et les persécutions de la junte fasciste de Kiev, n'entend pas quitter l'Ukraine, il entend continuer la lutte contre les oligarques et rendre au Parti communiste sa place - article et traduction Nicolas Maury

 

"C'est inutile, je vis dans le pays et je ne l'ai jamais quitté, puis après cela je n'ai pas l'intention de le quitter" déclare Petro Simonenko en réponse aux accusations portées contre lui en ce qui concerne de soit-disant propriétés hors de l'Ukraine. "Je vis ici et je n'irai nul part ailleurs". Petro Simonenko n'a rien à ce reprocher ce n'est pas un criminel et il n'a pas et n'a pas l'intention de fuir n'importe où.
Le dirigeant communiste a nié toute implication dans le financement des séparatistes dans le Donbass, mais déclare que les élections qui doivent se dérouler le 2 novembre dans les Républiques populaires sont une "conséquence des politiques des oligarques au pouvoir qui ne se soucient que de leur propre intérêt".
De plus pour Petro Simonenko, les forces parlementaires nouvellement élues vont se battre entres elles. Selon lui le "bloc d'opposition" (issue du Parti des régions) représente les intérêts des "oligarques de Ianoukovitch" et non ceux des populations du sud-est. 

Préparer la contre-attaque du Parti communiste 

"Les résultats sont très catastrophiques ... Il y aura une détérioration des conditions de vie des citoyens" selon Simonenko. "Je suis convaincu que pour les prochaines législatives, le Parti communiste revient au Parlement". Il estime que ce Parlement ne tiendra que quelques mois, puis il y aura une nouvelle élection.
Pendant ce temps là, le dirigeant du Parti communiste va partir à la rencontre des ukrainiens pour compenser la perte des tribunes de la Rada. Il entend s'investir davantage dans le KPU "j'ai un grand plaisir à me réinvestir à plein temps dans la vie du Parti. Avant je devais diviser mon temps en deux, la première moitié de ma journée je la consacrait aux activités parlementaires, et l'après-midi aux affaires du parti. Par conséquent, je vais avoir beaucoup plus de temps pour organiser le travail du Parti".
"Nous allons maintenant rencontrer le peuple. Le potentiel du Parti est resté, et nous pourrons l'engager renforcer nos idées auprès des citoyens d'Ukraine" conclut Petro Simonenko.
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 18:05
Lu sur le site de Rouge-Midi
Fralib (ou SCOP TI) en Ukraine !!


 

Une première usine occupée et autogérée dans le Donbass :

Il y a quelques jours, A. Zacarchenko, le Premier ministre de la République Populaire de Donetsk (RPD) a déclaré que plusieurs importantes industries sur le territoire couvert par la RPD allaient être nationalisées. Au même moment, trois industries importantes, dont deux sont la propriété de l’oligarque R. Akhmetov, ont été reprises sous le contrôle de la République. Zacarchenko a également promis le contrôle, de la part de l’Etat, sur les prix alimentaires. La population pourra en outre interrompre le paiement des dettes contractées auprès des banques. Enfin, toujours dans la même période, la première usine a été occupée et mise sous le contrôle des travailleurs de la République Populaire du Donbass.

C’est dans ce cadre que les travailleurs de la Zugres – Œuvres d’Ingénierie Energétique et Mécanique (ZEMZ) – se sont organisés en prenant le dessus sur les managers. Ils ont placé l’usine sous leur propre propriété, en autogestion. La ZEMZ est spécialisée dans la production de grues industrielles lourdes, et compte une longue histoire depuis le temps de l’URSS. Il s’agit de produits qui sont actuellement utilisés en Inde, au Mexique, au Vietnam et dans d’autres pays dans le monde.


Quelles sont les intentions des ouvriers de la ZEMZ ? Les travailleurs ont publié une déclaration, dont sont extraits les points fondamentaux ci-dessous :

« La gestion de l’usine est complètement sous le contrôle des travailleurs du site. Les travailleurs du site ont le droit de retirer immédiatement le directeur de sa position et si deux tiers d’entre eux votent (par un vote direct) pour le retrait des managers, ceux-ci seront retirés de leurs positions actuelles. Le salaire du directeur ne peut dépasser le salaire médian ouvrier. Les bonus seront décidés et votés par les travailleurs collectivement. Le directeur a droit à une période de vacances annuelle. La durée et le salaire, pendant ces vacances, sont votés par les travailleurs. »

La déclaration se conclut en rappelant que cette initiative a été acceptée par le Soviet Suprême de la DPR.

Les réquisitions par et pour les travailleurs, pourraient bien être le premier pas vers le début d’un changement véritable et très concret du système, au sein d’un processus vivant et contradictoire comme celui que traversent les républiques du Donbass et de Lugansk.

L’exemple de la ZEMZ est une réponse aux conditions draconiennes imposées aux par le FMI et le gouvernement de Kiev, au venin du nationalisme et aux volontés de démembrement du pays.

 

Rouge Midi

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 22:56
Les partis pro-occidentaux ont obtenu une écrasante victoire aux législatives de dimanche en Ukraine, sur fond de conflit armé avec les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk. La junte fasciste de Kiev s'offre un parlement à son image avec une mobilisation électorale en chute (40,77%) et plus de 300 fraudes constatées - article et traduction Nicolas Maury

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Cette victoire des partis pro-occidentaux, portés par le coup d'état fasciste d'EuroMaïdan de février 2014, est une victoire à la Pyrrhus. Ce nouveau parlement "Orange-brun", à la solde de la junte et nettoyé des communistes, se montrera incapable de diriger le pays. La nouvelle Verkhovna Rada souffre d'un déficit démocratique réel.

Déjà plus de 300 fraudes ont été annoncé dans cette élection, rappelons qu'en 2012, l'OSCE n'avait rien noté de contraire aux normes démocratiques, aucune fraude n'avait entaché le scrutin qui avait donné la victoire au parti de Viktor Ianoukovitch et plus de 13% aux communistes.

Seulement 40,77% des ukrainiens ont voté

En 2012, lors des dernières élections législatives, 56,76% des ukrainiens avaient voté, on constate un effondrement électoral, qui n'est pas lié qu'à la perte de la Crimée et aux sécessions de Donetsk et Lugansk. Il y a un véritable rejet de ces élections.

 

L'Ouest de l'Ukraine, même si il vote davantage, ne s'est pas mobilisé. Les taux de participations ne dépassent pas les 50% en Galicie, haut lieu du nationalisme ukrainien, et 50% dans l'oblast de Volhynie. Dans les régions du nord et de l'ouest la participation est comprise entre 44% et 48%. Les exceptions venant des régions limitrophes de l'Ukraine, régions de peuplement hongrois et roumaine, celle de Transcarpatie et de Tchernivtsi (34% et 37%).

Le sud-est ne s'est pas mobilisé pour cette farce électorale. Dans la majorité des oblasts du sud-est la participation de dépasse pas 38%. Dans les districts occupés du Donbass la participation atteint 26% dans la région occupée de Donetsk et 28% dans celle de Lugansk. Dans l'Oblast d'Odessa la participation est aussi très faible (30%). Dans l'oblast de Kherson la participation est de 34%, 36% à Kharkov, 38% à Zaporojie et Dnipropetrovsk, et 36% à Nikolaïev.

Nette victoire des partis "pro-UE" et des nationalistes

Selon les données de la Commission électorale centrale, basée sur 37% des bulletins , la coalition "Front populaire" (scission du Parti de Ioulia Timochenko) menée par Arseniy Yatsenyuk et Oleksandr Turchynov, arrive en tête avec 21, 67% des voix. Il devance d'une tête le "Bloc Porochenko" (UDAR) avec 21, 59% des suffrages. Avec 5,74% Timochenko se retrouve reléguée à un rôle de figuration dans la futur Rada. La surprise vient des résultats du parti libéral "Samopomitch" mené par le maire de Lvov qui recueillent 10,95% des voix.



Les nationalistes recueillent plus de 13,95% des voix, bien que divisés ils réussissent à conserver des députés à la Rada. Seul Oleg Liachko et son parti (Parti radical) dépasse les 5% nécessaire pour la représentation proportionnelle (7,45% contre 1,08% en 2012)). Selon les données partielle de la CCE, Svododa serait éliminé du parlement (4,66% contre 10,45% en 2012) et le Pravy sektor recueillerait 1,84% des voix. Il est possible que Svoboda puisse sauver sa représentation parlementaire via les votes sur les circonscriptions.



Le "bloc d'opposition" (scission du Parti des régions) remporte 9, 77% des voix. Le principal parti pro-russe, composé des ex-alliés du président déchu Viktor Ianoukovitch, marginalisé, a néanmoins réussi à être présent au Parlement. Quand au Parti des régions (dans la coalition "Ukraine forte") il recueille 3,13% des voix.



Les listes du Parti Communiste d'Ukraine recueillent que 3,91% des voix. Le KPU victime de persécutions politiques fortes, interdit dans les régions de l'ouest, privé de 650.000 de ses électeurs à l'est (Crimée et dans les Républiques populaires) et du fait de la très faible participation dans le sud-est (ses bastions) se retrouve éliminé de la Verkhovna Rada.

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