Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:23
Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien

Publié par Gilles Munier sur 10 Janvier 2015, 17:15pm

Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien

Par Gilles Munier/

Souvenons nous ! Le dessinateur et caricaturiste palestinien Naji al-Ali, célèbre au Proche-Orient, a été assassiné à Londres, le 22 juillet 1987, près du quotidien koweiti Al-Qabas où il travaillait. Il était irrévérencieux à l'égard des potentats arabes, appelait le sionisme par son nom et dénonçait la corruption de certains dirigeants palestiniens. Un tueur-professionnel lui a logé une balle dans la tête et a continué son chemin calmement, sans être inquiété.

La presse occidentale ne s'est pas émue de cette attente à la liberté d'expression, comme c'est le cas aujourd'hui après l'attentat dont a été victime Charlie Hebdo. Deux poids et deux mesure?

Dix mois plus tard, Scotland Yard a arrêté un certain Ismaïl Suwan, un étudiant palestinien impliqué dans l'organisation du meurtre. Interrogé, il a révélé qu'il avait été recruté par le Mossad et que ses supérieurs l'avait informé du projet d'assassinat.

Devant le refus d'Israël de s'expliquer sur ce crime, Margaret Thatcher – Premier ministre britannique - ordonna la fermeture de l'antenne du Mossad à Londres - Palace Green - et l'expulsion de deux « diplomates » israéliens. Bien que connue du MI5 – service de renseignement intérieur britannique – l'identité de l'assassin – un agent du Kidon, le service action du Mossad - n'a jamais été divulguée.

La presse occidentale n'a pas remué ciel et terre pour que le tueur et ses commanditaires soient appréhendés et jugés.

Le Mossad a poursuivi ses activités en Grande-Bretagne tranquillement, mais sans statut officiel.

Il a fallu attendre 1998 pour qu'Ephraïm Halevy, nouvellement nommé à la tête du Mossad, obtienne de Margareth Thatcher la réouverture du bureau du Mossad à Londres.

 

A lire : Le Livre de Handala, caricatures de Naji al-Ali

paru en 2011 aux Editions Scribest (140 dessins de Naji aL-Ali inédits & annotés)

Dans la présentation du « Livre de Handala « , le dessinateur- caricaturiste français Siné – licencié de Charlie Hebdo en juillet 2008 pour des propos dits antisémites » par Philippe Val, le directeur d'alors - a rappelé que le dessinateur a été tué « à cause des convictions qu'il exprimait à merveille à travers ses dessins et son petit personnage nommé Handala"

Handala, réfugié palestinien de 10 ans misérable, est présent sur tous les dessins de Naji al-Ali, le dos tourné au monde qui a trahi son peuple.

Téléchargement:

Extrait du livre de Handala

Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien
Partager cet article

Vu sur "canemepchepasnicolas" et repris sur http://www.france-irak-actualite.com/2015/01/quand-le-mossad-assassinait-a-londres-un-grand-caricaturiste-palestinien.html

Partager cet article
Repost0
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 14:04

raif-saudi-arabia.jpeg

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende de la photo : la fille de Raif Badaoui tient un portrait de son père

 

La présence à Paris dimanche d'un ministre saoudien pour dire « Je suis Charlie » : 9.5 sur l'échelle de l'hypocrisie ambiante. Au même moment, à Riyad, un jeune blogueur est condamné aux peines les plus barbares pour le plus simple usage de la liberté d'expression.

 

Il est difficile de choisir un coupable qui porte autant sur son visage l'innocence. Ses traits angéliques sont brandis dans des portraits par ses enfants accablés par la peur de perdre leur père. Son combat pour la liberté est porté par sa femme, qui alerte sur son sort depuis son exil canadien.

 

Lapidation pour un blogueur « libre-penseur »

article-2624260-1DAA25D000000578-957_306x423.jpgRaif Badaoui, 31 ans, est détenu depuis 2012 par le régime saoudien. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet livrés sur la place publique, à 10 ans de prison ainsi qu'à une amende de 1 millions de rials (soit 250 000 €). Quel crime a bien pu commettre Raif ?

Celui de tenir un site d'orientation politique démocratique (« Free Saudi liberals »), défendant la liberté d'expression, la libération des prisonniers politiques et l'ouverture d'un débat sur les questions politiques en Arabie saoudite.

Il critiquait sur son blog les grands du Royaume, dont des figures religieuses comme le Grand Mufti d'Arabie saoudite, et tournait en dérision la police religieuse de la monarchie saoudienne, la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice.

 

Crimes d'apostasie, blasphème, lèse-majesté : le Moyen-âge en 2015

Dans un premier temps, l'accusation avait réclamé la peine de mort pour « apostasie », soit l'abandon de l'Islam. Finalement, c'est le crime d' « insulte à l'Islam » qui a été reçu. Derrière l'accusation de « blasphème », c'est bien plus un « lèse-majesté » dont il s'agit.

La monarchie saoudienne s'appuie sur une vision fondamentaliste de l'Islam, le wahhabisme, accompagnant sa politique de diffusion du terrorisme islamiste dans le monde.

Elle constituait jusqu'alors une interprétation fort minoritaire de cette religion. Elle n'a connu une renaissance que dans les années 1930 en Arabie même, avec l'installation de la dynastie Saoud, patronnée par la puissance coloniale britannique puis soutenu par l'allié américain.

Une peine barbare en tout cas, pour un jugement obscurantiste. Les 50 premiers coups de fouet ont été donnés vendredi dernier dans sa ville natale de Jeddah, devant une mosquée.

Une foule de plusieurs centaines de personnes ont rythmé les coups de fouet d'applaudissements, de sifflets d'encouragement et de cris « Allah Akbar » (Dieu est grand).

Selon ce qu'un témoin a conté à Amnesty international, « Raif était menotté et enchaîné mais son visage n'était pas couvert. Un officier de police s'est approché avec un grand bâton et a commencé à le frapper. Raif a levé sa tête vers le ciel, fermant ses yeux et cambrant son dos. Il n'a rien dit, mais vous pouviez voir sur son visage et son corps qu'il souffrait le martyr ».

Ce vendredi, il doit subir une seconde salve de 50 coups de fouet à Djeddah, un rituel qui devrait continuer pour les 19 prochaines semaines. Sa femme, Ensaf Haidar, désormais exilée à Montréal a déclaré – après l'avoir eu au téléphone – qu'elle n'était pas sûr qu'il résisterait à un second supplice.

« Raif m'a dit qu'il avait énormément souffert après sa flagellation, sa santé est précaire », a-t-elle confié à Amnesty.

 

Son avocat condamné à 15 ans de prison pour sa défense des droits humains

Son avocat, Walid Abou al-Khair a lui aussi été condamné en juillet à 15 ans de prison pour avoir dénoncé les violations des droits de l'Homme en Arabie saoudite. Il s'agit, prétextant le contexte anti-terroriste (un comble), de réprimer toute dissidence interne, fut-elle modérément libérale.

Une semaine après la condamnation officielle par Riyad des attentats de Paris, après la présence d'un ministre saoudien à la manifestation officielle de dimanche dernier, ce piétinement de la liberté d'expression crée un certain malaise, dans le monde arabe. Les caricatures ont fleuri sur le web.

 

B7DtUsQCYAIcV-z.jpgUne montrant un homme ressemblant à Raif fouetté alors qu'à côté le bourreau criait, des fleurs plein la bouche, « l'Arabie saoudite condamne les attaques contre la liberté d'expression à Paris ». Une autre image montrait un crayon lacéré de coups de fouet.

 

Notre allié saoudien : champion du monde de la peine de mort et du terrorisme

C'est un secret de polichinelle, l'Arabie saoudite a armé les factions islamistes en Syrie contre le régime d'Assad, dans une émulation morbide avec le Qatar, usant des facilités offertes par la Jordanie et la Turquie, avec la bénédiction de ses alliés américains, français et britanniques.

Ce n'est pas un secret du tout, la Charia est appliqué sous une forme extrêmement rigoriste. Sont considérés comme crimes passibles de la lapidation, la mutilation ou la décapitation : sodomie, athéisme, trafic de drogue (y compris cannabis), fornication, blasphème ou sorcellerie (sic).

L'Arabie saoudite détient le record du nombre de condamnations à mort avec 89 décapitations en 2014 prononcées par la monarchie absolue. La loi du talion y est appliquée, elle a ainsi conduit l'an dernier à la condamnation d'un jeune homme … à la paralysie après une agression durant son adolescence qui avait conduit tragiquement à la paralysie de sa victime.

B7ETfoHCMAASVSR.jpgCe que dénonçait Raif, c'était la police des mœurs, les « mutaween » (pieux) qui patrouillent dans les rues s'assurant du code vestimentaire, de la stricte séparation entre hommes et femmes, du respect des prières dictées par leur interprétation particulière de la Charia.

Le gouvernement encourage la délation de ses concitoyens. Un tribunal saoudien vient tout juste de condamner cinq hommes à 32 ans de prison et 4 500 coups de fouet pour avoir organisé une … Fête illégale de St-Valentin avec des femmes avec lesquelles ils auraient dansé et bu.

 

2015 sera l'année de la dénonciation de l'hypocrisie. Au moment où on nous demande de rejoindre l' « Union sacrée » nationale pour une « Sainte-Alliance » internationale menée par la France, les USA, appuyant l'Arabie saoudite, le Qatar, Israel, les premiers soutiens et acteurs du terrorisme international. Aujourd'hui, « nous sommes tous Raif ».

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:01
Lu sur le blog Histoire et société ( Danielle Bleitrach)
Plus de 1,4 million de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence dans le Donbass

Alors que les combats s’intensifient dans le Donbass, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a publié le 11 janvier un rapport dans lequel l’organisation s’inquiète de la situation humanitaire de la région.


Un père tient son enfant dans les bras à la suite du bombardement de son village, Louganskaïa, dans l’Est de l’Ukraine, par les forces armées ukrainiennes, mercredi 2 juillet. Crédits: Valeri Melnikov, Ria Novosti

 

Selon le dernier bilan de l’ONU, plus de 1,2 million de personnes ont fui la région depuis le début du conflit dans le Sud-Est de l’Ukraine, au printemps dernier. Au total, 633 523 personnes ont ainsi quitté leur domicile pour s’installer dans d’autres régions d’Ukraine, et 593 622 autres se sont réfugiées dans les pays voisins, principalement en Russie.

Les Nations Unies soulignent que 5,2 millions de personnes vivent encore dans les zones de conflit. Parmi elles, 1,4 million, particulièrement vulnérables, ont actuellement besoin d’une aide humanitaire d’urgence, indique le rapport.

Le document précise que des milliers de personnes ne peuvent se procurer les biens de première nécessité. « Au-delà des problèmes financiers, beaucoup de gens ne peuvent s’approvisionner ni en nourriture, ni en médicaments – ce, en plein cœur de l’hiver », poursuit le rapport de l’OCHA. Par ailleurs, dans la région de Lougansk, 1000 ménages, représentant environ 3000 personnes, sont toujours privés d’électricité, de chauffage, de gaz et ont urgemment besoin d’eau potable et d’équipements pour l’hygiène.

Outre cette situation humanitaire désastreuse, les organisations présentes sur place constatent un renforcement de l’activité militaire et une intensification des hostilités. « De nombreux témoignages attestent que des missiles ont été tirés aux alentours de Donetsk et Lougansk, ce qui prouve que le cessez-le-feu est régulièrement violé », rapportent les observateurs de l’OCHA envoyés dans le Sud-Est de l’Ukraine entre le 27 décembre 2014 et le 9 janvier 2015. Au cours de cette période, les observateurs de l’ONU ont enregistré « un certain nombre d’enlèvements, ainsi que des cas de détentions arbitraires par les forces de l’ordre ukrainiennes », soulignent les experts.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU déplore cette intensification des combats, qui empêche les organisations humanitaires d’acheminer l’aide à la population. Comme le signale l’ONU, le niveau des soins de santé ne cesse de se détériorer. Les observateurs dénoncent le manque de médicaments, d’essence pour les ambulances et de personnel, la majorité des médecins et des aides-soignants ayant quitté le territoire.

D’ici fin janvier, l’organisation humanitaire World Food Program (WFP) a tout de même prévu de distribuer aux personnes déplacées 40 000 colis alimentaires et 30 000 bons de nourriture d’une valeur de 45$. De son côté, le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) a l’intention d’étendre son aide et de distribuer 30 000 colis alimentaires aux réfugiés à travers l’Ukraine.

La question des soins de santé dans le Sud-Est de l’Ukraine sera étudiée en détail le 15 janvier au siège de l’ONU à Genève, qui accueillera une conférence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des donateurs internationaux. En revanche, le sommet à quatre – France, Allemagne, Russie et Ukraine – qui devait se tenir jeudi 15 janvier  à Astana n’aura pas lieu en raison de l’absence de progrès dans la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu dans la région du Donbass. Plus grave, les ministres des affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français réunis dans la soirée du lundi 12 janvier à Berlin n’ont pas pu fixer de date pour un nouveau sommet sur l’Ukraine au Kazakhstan et ont annoncé la poursuite des efforts diplomatiques pour une sortie de crise.

Entre mi-avril 2014 et le 6 janvier 2015, 4808 personnes, dont 45 enfants, ont été tuées –incluant les 298 victimes du crash du boeing de la Malaysia Airlines – et 10 468 personnes blessées, indique le rapport.

2

Mais où est donc passé Charlie?

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 23:06
 

Outre l’édition papier de notre nouveau livre Jihad made in USA, nous sommes très heureux de vous annoncer sa parution aussi en version numérique.

En effet, Investig’Action se lance dans le livre numérique ! Tous nos prochains livres seront proposés en papier et en e-book. Petit-à-petit, nous allons numériser nos titres précédents (Israël, parlons-en, Les 7 Péchés d’Hugo Chavez, Libye, Otan et médiamensonges, etc.) Nous vous en parlerons davantage début 2015.

Mais dès aujourd’hui, nous vous proposons aussi La stratégie du chaos en e-book. Cet ouvrage est un peu « le père » de Jihad made in USA. Par sa forme (des entretiens avec Mohamed Hassan) et son contenu (une autre histoire du Moyen-Orient et du monde arabo-musulman). C’est donc le complément idéal à Jihad made in USA.

Jihad made in USA e-book PRIX NORMAL : 9 euros

Jihad made in USA + la Stratégie du chaos e-book 15 euros

La Stratégie du chaos e-book PRIX NORMAL : 9 euros

Jihad made in USA – édition papier (et nos autres livres)

Une question, un problème ? Ecrivez à edition.livres@investigaction.org

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 19:01

Réfugiés palestiniensLes camps de réfugiés palestiniens au Liban se voulaient à l’origine temporaires, comme tous les camps de réfugiés. Les Palestiniens qui fuyaient la violence faisant suite à la création de l’État d’Israël espéraient naturellement retourner un jour sur la terre, pas si lointaine, qu’ils avaient quittée.

Aujourd’hui, quelque 450.000 réfugiés sont officiellement enregistrés auprès de l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA - United Nation Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East en anglais), répartis pour la plupart dans les douze camps de réfugiés. La superficie de terrain occupée par ces derniers est restée presque inchangée depuis 1948, malgré une croissance substantielle de la population des camps. Les familles de réfugiés doivent souvent construire des pièces supplémentaires et dans de nombreux cas, ajouter des étages à leur  habitation afin de faire face à l'augmentation de la population. L'UNRWA dit de ces camps qu'ils souffrent de graves problèmes : infrastructure indigne, surpopulation, pauvreté et chômage. 

Le Liban n’a pas signé la convention de 1951 relative au statut de réfugiés, ni le protocole de 1967 qui a élargi le champ d’action de la convention alors que le problème des déplacements se propageait à travers le monde. Il a cependant signé la plupart des autres traités des droits de l’homme pertinents pour la protection des réfugiés. D’un point de vue constitutionnel, ces derniers priment sur le droit interne mais ce principe est rarement respecté par les tribunaux et aucune législation ou pratique administrative interne n’est prévue pour répondre aux besoins spécifiques des réfugiés et des demandeurs d’asile.

Avant l’invasion israélienne en 1982, le Liban était le centre mondial du mouvement national palestinien. L’opération « paix en Galilée » est lancée à partir du 6 juin 1982 dans le but d’éliminer la résistance incarnée par l’OLP, alors installée à Beyrouth. Elle sera notamment marquée par le massacre par les milices chrétiennes des réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila… sous le regard de l’armée israélienne. Depuis, les mouvements de population des réfugiés palestiniens font l’objet de mesures de sécurité très strictes, souvent sans aucune considération humaine.

Représentant à peine 10 % de la population du Liban, les Palestiniens sont isolés des sphères sociale, politique et économique… quand ils ne sont pas traités avec dédain. La crainte de l’État libanais est de les voir accéder à plus de droits (dont la naturalisation), ce qui mettrait en cause selon lui le fragile équilibre politique du pays. Une loi visant spécifiquement les Palestiniens a même été introduite en 2001 pour les empêcher d’accéder à la propriété.

De sévères restrictions touchant leur droit au travail et leurs droits sur leur lieu de travail empêchent les Palestiniens d’améliorer leurs conditions de vie. Des dizaines de professions et de commerces sont réservés aux personnes de nationalité libanaise ; pendant de nombreuses années, les Palestiniens ne pouvaient travailler en tant que comptables, secrétaires, représentants, pharmaciens, électriciens, gardes, chauffeurs, cuisiniers ou coiffeurs. Ils n’ont en outre pas le droit d’être patrons d’une entreprise faisant dans le commerce, l’échange de devises, l’or, l’imprimerie, l’édition, la réparation des voitures, l’ingénierie ou les services de santé. Les choses bougent néanmoins quelque peu. Depuis 2010, seuls les métiers de militaires, de médecins et d’avocats restent réservés aux Libanais. La loi adoptée par le Parlement est une sorte de compromis entre le refus absolu des partis chrétiens d’octroyer les droits civils aux réfugiés et l’insistance des partis musulmans à leur accorder plus d’avantages.

Les restrictions à l’emploi ont eu jusqu’ici un impact direct sur le droit humain des Palestiniens. Ils font écho aux diverses restrictions sur le droit au logement et ont un impact négatif sur le niveau de vie des réfugiés. Naturellement, l’éducation des jeunes, qui ne peuvent toujours pas accéder au système scolaire public du Liban, pâtit de cette situation. L’UNRWA a mis sur pied soixante-quatorze écoles et deux centres de formation professionnelle, qui ne peuvent évidemment pas combler tous les besoins. Les Nations-Unies estiment que la moitié des adolescents palestiniens quittent le système scolaire avant que leur éducation ne soit terminée. À peine 0,1 % d’entre eux connaîtront l’université. Et même si le taux de scolarisation tend petit à petit à s’améliorer, les opportunités des jeunes générations s’en trouvent immédiatement réduites. L’idée selon laquelle les Palestiniens ne peuvent pas être employés comme les autres étrangers perdure au Liban. Ainsi, bien qu’étant né et ayant grandi au Liban, le plus jeune médecin du monde Iqbal Assa a été incapable d’y exercer en raison de son statut de travailleur palestinien.

Par conséquent, 56 % des travailleurs réfugiés palestiniens sont actuellement sans-emploi, ce qui laisse selon les statistiques de l’association Anena à peine 37 % de la population en âge de travailler réellement employés. 75 % gagnent moins que le salaire minimum (305 $ pour les femmes palestiniennes et 369 $ pour les hommes) et 95 % sont sans assurance maladie. Et bien qu’ayant cotisé à hauteur de quatorze millions de dollars à la caisse nationale de sécurité sociale libanaise, les travailleurs palestiniens se voient toujours refuser les avantages de la couverture santé (contrairement aux travailleurs français), selon une infographie de Visualizing Palestine.

Alors que la plupart des réfugiés palestiniens sont enregistrés auprès de l’UNRWA ou auprès des autorités libanaises, certains ne le sont pas encore. Évidemment, ces réfugiés sans papiers connaissent encore plus de restrictions. Considérés comme résidant illégalement au Liban, ils ne peuvent contracter mariage ni être diplômés de l’école secondaire, ni s’inscrire dans l’enseignement supérieur, qu’il soit public ou privé. Enfin, selon la loi libanaise, les enfants de réfugiés sans papiers ne sont pas légalement reconnus et ne possèdent par conséquent aucun document attestant de leur existence, quand bien même ils seraient nés au Liban.

 

Récemment, des réfugiés palestiniens de Syrie ont fui les zones de combat pour trouver refuge au Liban. Human Rights Watch et l’UNRWA ont exprimé conjointement leur préoccupation devant le blocage spécifique des Palestiniens de la part des autorités libanaises.

Le 11 septembre 1965, la Ligue arabe a établi plusieurs recommandations dans le protocole de Casablanca à destination de tous les États arabes sur le traitement des réfugiés palestiniens. L’objectif était d’assurer l’égalité de traitement entre Palestiniens et nationaux dans les domaines de l’accès à l’emploi et la liberté de circulation, tout en préservant le droit au retour. Ratifié pleinement par l’Irak, l’Égypte, la Syrie et la Jordanie, cet accord a fait l’objet de réserves de la part du Liban et du Koweït qui craignaient, en assurant l’égalité face à l’accès à l’emploi, des distorsions sur le marché du travail. Les Palestiniens voient quant à eux leur exil et leur statut d’apatride perdurer. Ils voient paradoxalement dans ce dernier une reconnaissance de la spécificité même de leur exil : l’inconditionnel espoir de retour.

Capitaine Martin

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 14:35

Lu sur Réveil communiste

 

Lundi 5 janvier 2015

Rc est à l'origine de ce communiqué reproduit sur plusieurs sites et blogs

 


1 мая_ОДЕССА 17

Du 24 au 31 janvier, une délégation venue d’Odessa en Ukraine parcourra la France. Elle comprendra notamment Elena, qui est la mère de Andreï Brajevsky,  militant connu de l’organisation de gauche Borotba, agé de 27 ans assassiné le 2 mai 2014 à la maison des syndicats d’Odessa dans le massacre qui a coûté la vie à une quarantaine d’opposants au nouveau régime ukrainien, et témoignera des difficultés d’obtenir justice dans l’Ukraine postérieure à la révolution de la place Maydan.


Elle comprendra aussi le secrétaire d’Odessa du Parti communiste d’Ukraine, parti qui subit une procédure d’interdiction, et dont les militants sont persécutés, traqués, torturés et parfois assassinés. Le Parti communiste d’Ukraine est une organisation démocratique qui milite pour le maintien de l’unité du pays et qui avait proposé fin 2013 une pétition pour le règlement de la question de l’accord avec l’UE par référendum, et obtenu plus de 4 millions de signatures. Si cette voie avait été choisie, le pays aurait fait l’économie d’un coup d’État et d’une guerre civile.


Une conférence de presse sera organisée le lundi 26 janvier après-midi, à l’AGECA (177 rue de Charonne, Paris 11ème), à partir de 14 heures (salle disponible jusqu’à 18 heures). Contact 06 77 97 64 68, laisser un message. 

Elena sera présente aussi à la rencontre de politique internationale, organisée par le collectif Polex, à l’assemblée nationale, le mardi 27 janvier à 17 heures, sous les auspice de M Patrice Carvalho, député de l’Oise.

Le voyage de la délégation est organisé par Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop. Ci-dessous liens à deux textes de Danielle Bleitrach présentant le cas d’une autre victime du massacre, un jeune communiste de 17 ans, et le planning de la tournée en France:

 

 Le combat de la mère de Vadim, victime du massacre d’Odessa (04/01/2015)

La douleur d’une mère qui a perdu son fils ne peut pas être décrite. La douleur brûle tout à l’intérieur. La vie perd son sens. Le Temps s’arrête. À cause de la haine humaine, du désespoir, du …

Antifascisme en Ukraine : tournée en France d’une délégation d’Odessa, à partir du 24 janvier 2015 (Marseille, Nord, Pas de Calais, région parisienne et Lyon) (04/01/2015  publié dans : Ukraine  )

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 10:43

 

Une lettre aux rédactrices du journal ELLE

Пожар в Доме профсоюзов в Одессе

Voici la lettre que je viens d’adresser à la rédaction de ELLE (Annececile.sarfati@Lagardère-active.com) et Delphine.lapeyrere@lagardere-active.com:


Chère madame,

Vous n’ignorez pas l’émotion qu’a soulevé votre reportage sur les combattantes ukrainiennes qui s’avèrent être de vraies néo-nazies. J’ai pris connaissance des excuses de votre hebdomadaire. J’imagine que vous ne vous sentez effectivement aucune affinité avec les néonazis pourtant vos journalistes auraient pu pousser plus loin leurs investigations sur le bataillon Aïdar et d’autres « punisseurs » plus ou moins financés par des oligarques sur des bases ultranationalistes et recrutant dans les cercles d’extrême-droite dans leur quasi totalité.

Il s’avère que cette année j’ai fait avec une amie professeur de russe une série de reportages essentiellement auprès des populations de Crimée, d’Odessa, de Gagaouzie, de Transnistrie et de Moldavie. J’étais professeur de sociologie à l’université de Provence et j’ai actuellement un blog consacré ces derniers mois à la situation en Ukraine. Il reçoit 10.000 visiteurs différents par jour et parfois plus (67.000 a été en novembre le record) et ses informations sont relayées un peu partout, en France mais aussi aux États-Unis, au Canada en particulier.

Nous organisons à partir du 25 janvier une délégation d’Ukrainiens et Ukrainiennes de la ville d’Odessa. Elles se rendront à Paris, Lille, Marseille, Nice, Lyon, pour faire connaître la situation en Ukraine et justement ce qu’est le fascisme qui fait régner la terreur partout. En particulier la délégation comprend Elena et Irina, deux femmes qui appartiennent au Comité des mères d’Odessa. Il s’agit de ce terrible drame au cours duquel plus de 50 personnes ont été brûlées et assassinées par les gens que vous avez mis en avant dans votre premier reportage. Elena qui est professeur de français à l’université a perdu dans cette tragédie son fils unique de 27 ans… Au-delà des questions politiques c’est une torture que vit cette femme et d’autres mères avec elles, je les ai rencontrées à Odessa et j’ai été bouleversée par leur témoignage…

Donc je vous propose de les rencontrer lors de leur passage à Paris. Je pense que si vous détestez le fascisme et que vous regrettez de leur avoir fait involontairement de la publicité, vous aurez à cœur d’entendre ses victimes.

Je vous remercie par avance de votre réponse.

Danielle Bleitrach

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:42
Après le vote au Conseil de sécurité, il faut aller de l’avant

http://www.france-palestine.org/Apres-le-vote-au-Conseil-de - Communiqué du 31 décembre 2014

La réso­lution pour la recon­nais­sance de l’Etat de Palestine n’a pu être adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en raison des pres­sions amé­ri­caines (8 pour, 5 abs­ten­tions, 2 contre).

Ainsi les Etats-​​Unis refusent toute ini­tiative en faveur d’un règlement du conflit sur la base du droit inter­na­tional et se posent en garants incon­di­tionnels de l’impunité d’Israël. Non seulement ils ont voté contre, mais ils ont contraint à s’abstenir deux Etats afri­cains, le Nigeria et le Rwanda, qui ont reconnu la Palestine. Le Royaume uni, lui aussi, s’est réfugié dans une piteuse abstention.

Nous nous féli­citons par contre du vote positif de la France (et du Luxem­bourg). Elle doit à présent en tirer tous les enseignements.

Dans ces condi­tions, le projet de confé­rence inter­na­tionale envi­sagée par Laurent Fabius, dans laquelle l’Europe aurait pu jouer un rôle pour imposer une négo­ciation sur la base des seuls para­mètres du droit inter­na­tional, paraît mort né.

La France, forte du vote de ses deux assem­blées en faveur de la recon­nais­sance de l’Etat de Palestine, ne doit pas accepter de se laisser mar­gi­na­liser par les Etats-​​Unis, mais assumer ses res­pon­sa­bi­lités his­to­riques en toute indé­pen­dance. Elle doit s’afficher réso­lument du côté de ceux qui cherchent une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israéliens.

Elle doit recon­naître sans plus attendre l’Etat de Palestine et, dans le même temps, sou­tenir les Pales­ti­niens dans leurs démarches en direction des agences de l’ONU et de la Cour Pénale Internationale.

Le Bureau national,
Paris, le 31 décembre 2014

Partager cet article
Repost0
4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:58

chine-russie1.jpg

Défiant directement les pouvoirs de l'OTAN et leur politique qui consiste à couper l'accès de la Russie au crédit afin de faire diminuer la valeur du rouble et ruiner l'économie russe, la Chine s'engage à procurer de l'aide financière à Moscou.

Le 20 décembre, le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi a insisté sur la nécessité d'aide mutuelle entre la Chine et la Russie lors de remarques par rapport à la crise du rouble, dont la valeur a chuté radicalement de 45 pour cent contre le dollar cette année. «La Russie a la capacité et la sagesse de surmonter les difficultés présentes dans la situation économique», a dit Wang. «Si la Russie en a besoin, nous allons fournir l'assistance nécessaire autant que nos moyens le permettent.»


Lors de remarques faites le lendemain sur Phoenix TV, chaîne de télévision de Hong Kong, le ministre du Commerce chinois Gao Hucheng a dit que Beijing renforcerait ses liens avec Moscou dans les secteurs manufacturiers et de l'énergie, prédisant que l'échange commercial entre la Chine et la Russie atteindrait la cible de 100 milliards de dollars cette année malgré la crise du rouble. Alors que la valeur du rouble en dollars ou en euros varie énormément, Gao a proposé un éloignement du dollar en finançant l'échange sino-russe avec la monnaie chinoise, le yuan ou renminbi.

Gao a dit que la Chine se concentrerait sur «des facteurs fondamentaux, par exemple la façon dont les deux économies se complètent », d'après Reuters. «Il se peut que les investisseurs de capitaux soient plus intéressés par les marchés d'actions ou des changes volatiles. Mais en termes de coopération concrète entre les deux nations, nous aurons une mentalité équilibrée et encouragerons ces coopérations», a dit Gao.


Lundi, le China Daily a cité Li Jianmin de l'Académie chinoise des sciences sociales disant que l'aide pour la Russie pourrait passer par des canaux comme la Shanghai Cooperation Organization (SCO) ou le forum BRICS. Un fait significatif est que le SCO (une alliance entre la Chine, la Russie, et des États d'Asie centrale) et les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) excluent tous deux les États-Unis et l'Europe.

Li a noté que lors d'une rencontre au Kazakhstan le mois dernier, les premiers ministres chinois et russe, Li Keqiang et Dmitry Medvedev, avaient déjà signé des accords importants concernant les réseaux de chemin de fer, l'infrastructure et le développement dans les régions orientales de la Russie au nord de la Chine. «Des prêts, la coopération pour des projets majeurs, et la participation à l'investissement en infrastructure domestique en Russie sont des options qui sont envisagées», a-t-il ajouté. Lors de l'une de ces ententes le mois dernier, la Chine a signé un accord de 400 milliards de dollars d'une durée de 30 ans pour acheter du gaz russe.


Ces offres d'assistance vont à l'encontre de la guerre économique lancée par l'impérialisme européen et américain afin de punir Moscou pour son opposition à la restructuration néocoloniale de l'Eurasie.

En guise de représailles pour l'appui russe au président Bashar al-Assad contre les guerres par procuration de l'OTAN en Syrie et l'opposition russe au régime ukrainien appuyé par l'OTAN, les puissances de l'OTAN cherchent à étrangler la Russie financièrement. Tandis que les revenus pétroliers de la Russie chutaient avec la baisse du prix du pétrole mondial et que le rouble s'effondrait, elles ont coupé l'accès au crédit à la Russie et exigé qu'elle se plie au régime de Kiev.

Le mécanisme financier à la base de cette stratégie a été développé dans le Financial Times de Londres par Anders Aslund du Petersen Institute for International Economics. «La Russie n'a reçu aucun financement international important – pas même des banques d'État chinoises – parce que tout le monde a peur des contrôles financiers américains», a-t-il écrit. Avec des sorties de capitaux de 125 milliards de dollars, des réserves en devises étrangères liquides de seulement 200 milliards de dollars et un total de dettes étrangères de 600 milliards de dollars, la Russie épuiserait sa réserve de dollars et ferait faillite en aussi peu que deux ans, d'après les calculs d'Aslund.


Mais maintenant, Beijing semble accepter le risque d'une confrontation avec les États-Unis et se prépare publiquement a lancer une bouée de sauvetage financière à la Russie. Les réserves en devise chinoise au montant de 3,89 billions de dollars sont les plus importantes au monde, et, du moins sur papier, permettent à Beijing de payer sans problème les dettes de la Russie.

Il est significatif que les appels de Wang et Gao pour venir en aide à la Russie aient été lancés une journée après un sommet de l'Union européenne (UE) parcouru de divisions au sujet de la Russie tenu plus tôt ce mois-ci. Mais bien que l'UE ait appuyé les sanctions des États-Unis contre la Russie, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier, le président français François Hollande et le premier ministre italien Matteo Renzi se sont tous opposés publiquement aux propositions de sanctions additionnelles. Des journaux importants européens ont également mis en garde contre le risque d'effondrement de l'État russe.


Alors qu'il évalue sa réponse à la crise du rouble, le régime chinois, qui fait face à un ralentissement économique et à la montée de protestations sociales au sein de la classe ouvrière et des masses paysannes, craint sans doute les conséquences d'une implosion politique et économique de son voisin au nord.

Les conflits économiques qui surgissent entre les grandes puissances autour de la crise du pétrole et la campagne de guerre impérialiste en Eurasie témoignent de l'état avancé de la crise du capitalisme mondial et du risque de guerre mondiale.


L'aide chinoise à la Russie, si elle devait se matérialiser, exacerberait le conflit entre la Chine et les États-Unis. Washington tente de l'encercler militairement à travers son «pivot vers l'Asie», s'alliant avec le Japon, l'Australie et l'Inde. Les plans de guerre contre la Chine, autant militaires qu'économiques, sont sûrement présentement étudiés à Wall Street et au Pentagone.

Il y a un an, un article intitulé «La Chine ne doit pas reproduire les erreurs du Kaiser», le chroniquer du Financial Times Martin Wolf a averti la Chine contre toute action qui pourrait être interprétée comme une remise en question de l'hégémonie mondiale des États-Unis. Il a indiqué qu'une politique chinoise qui reproduirait le défi que le Kaiser allemand avait posé à l'hégémonie britannique avant l'éclatement de la première guerre mondiale en 1914 entraînerait un résultat similaire: un conflit total.

«Si un conflit ouvert se déclenchait, les États-Unis isoleraient la Chine du commerce mondial. Ils séquestreraient une bonne partie des actifs en devises étrangères liquides de la Chine», écrit Wolf, rappelant que les réserves en devise étrangère de la Chine, équivalant à 40 pour cent de son PIB, sont par définition détenues à l'étranger.» Un tel vol flagrant de billions de dollars que la Chine a acquis à travers le commerce avec les États-Unis et l'Europe soulèverait directement la possibilité d'un effondrement du commerce mondial et la préparation à la guerre entre puissances nucléaires.


Avec ses politiques de plus en plus téméraires et violentes, l'impérialisme américain surestime ses chances, se discréditant à l'intérieur du pays et alimentant l'opposition d'États rivaux. Surtout en poussant la Russie et la Chine à s'allier, Washington défait ce qui avait pendant longtemps été perçu comme une grande réalisation de la diplomatie impérialiste: le rapprochement de 1972 entre le président des États-Unis Richard Nixon et le dirigeant chinois Mao Zedong, qui avait transformé la Chine en allié des États-Unis contre l'ex-URSS.

«Beaucoup de Chinois perçoivent la Russie comme un grand frère, et les deux pays sont stratégiquement importants l'un pour l'autre», a dit le doyen associé de l'université de Renmin Jin Canrong, faisant référence au soutien soviétique à la Chine quand elle combattait les États-Unis dans la guerre de Corée, peu après l'arrivée au pouvoir du Parti communiste chinois (PCC) en 1949. «Au nom des intérêts nationaux, la Chine devrait approfondir sa coopération avec la Russie quand une telle coopération est nécessaire.»


«La Russie est un partenaire irremplaçable sur la scène internationale», a écrit le Global Times associé au PCC dans un éditorial de la semaine dernière. «La Chine doit adopter une attitude proactive pour aider la Russie à sortir de la crise actuelle.»

 

(Article paru d'abord en anglais le 23 décembre 2014)

Alex Lantier 
Le 29 décembre 2014

Partager cet article
Repost0
2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 09:05

L’histoire retiendra l’exclamation (sincère ou pas) de Barak Obama, le 17 décembre 2014, pour justifier le changement de politique sur la « question cubaine » : « Nous sommes tous Américains » ; mais il semble que pour la Maison Blanche le Venezuela le soit moins que les autres.

En effet, le lendemain de cette soudaine révélation et de l’annonce d’un processus de rétablissement (à terme) de relations normales avec Cuba, le même Obama signait la « Loi de défense des droits de l’homme et de la société civile au Venezuela 2014 », approuvée le 8 décembre par le Sénat et le 10 décembre par la Chambre des Représentants.

Il ne s’agit pas ici de bouder notre plaisir de voir le peuple cubain faire plier « l’Empire » après plus de cinquante ans d’un affrontement inégal ; Washington a dû se rendre à la raison : Cuba n’est pas un morceau de soviétisme importé, isolé, qui s’obstine à résister sous les tropiques, mais une révolution nationale souveraine (au bilan reconnu internationalement), très spécifique, très endogène, fruit d’une histoire ô combien prégnante et rebelle...

« Si ton voisin t’insupporte, déménage », chantait le vieux troubadour cubain Carlos Puebla. Les Etats-Unis auront tout tenté (sauf de déménager) avant d’admettre la simple réalité géopolitique et d’accepter enfin la cohabitation avec ce minuscule voisin cubain si encombrant... tout en continuant à vouloir abattre son système, comme l’a explicité Barack Obama lors de son discours de fin d’année.

Après Cuba : le Venezuela

Malgré l’échec patent de leur « politique cubaine », les « States » s’apprêtent à récidiver, à s’engager dans une colossale et dangereuse « erreur historique », en mettant en place les prémisses d’un blocus, d’un cordon sanitaire contre le Venezuela bolivarien, infligeant des souffrances à un peuple coupable, comme le cubain, de ne pas lâcher. Après Cuba : le Venezuela ! Le scénario se précise... Cela peut faire douter des « bonnes intentions » du président Obama par rapport à Cuba et devrait nous amener à nous interroger sur la part de calcul impérialiste.

La loi anti-vénézuélienne votée début décembre 2014 par le Congrès américain, s’apparente au début de l’escalade « anticastriste » de Washington, au dispositif du début des années 1960, d’ingérences, d’agressions. Cette loi inflige des sanctions (refus de visas, saisie de comptes) à une liste de vénézuéliens « chavistes » pour de prétendues violations des droits de l’homme ; elle attribue aux victimes la responsabilité du soulèvement sanglant du printemps 2014 contre le président élu, légitime, Nicolas Maduro. Terrible renversement de situation ! Ce sont les présidents américains qu’il faudrait juger pour crimes contre l’humanité en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Lybie, à Guantanamo, d’après notamment le rapport de la commission de renseignement du Sénat sur les méthodes de la CIA, la torture, dans des prisons clandestines et illégales, et cela au nom de la liberté du marché, donc de la défense de la liberté, de la concurrence libre et non faussée, etc.

Les fidèles toutous de l’Union Européenne n’ont pas tardé à se mettre au garde-à-vous et à voter, le 18 décembre, au parlement européen une résolution condamnant non les promoteurs de la violence, les « leaders » fascisants, Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado, poursuivis ou emprisonnés pour avoir fomenté l’opération insurrectionnelle « Salida » (« sortie ») visant le président Maduro, mais la révolution bolivarienne.

Le scénario cubain

Cuba, mono-productrice et mono-exportatrice de sucre fut privée de son « quota sucrier », de son marché naturel... L’arme sucrière d’hier devient, mutatis mutandis, l’arme pétrolière d’aujourd’hui. Les Etats-Unis et leurs satellites à l’OPEP organisent la « guerre économique » sous toutes les formes : effondrement des cours du baril, pénuries d’aliments et de produits de première nécessité... Une stratégie déjà éprouvée également contre le Chili de Salvador Allende.

Peu à peu, un « blocus financier » se met en place. Il s’agit, dans un premier temps, de rendre difficile et cher l’accès du Venezuela aux financements en devises dont il a besoin, en décrétant le pays proche de l’insolvabilité, de la suspension de paiement, de la faillite. Les « agences de notation » (sic !) du marché mondial (comme l’agence Ficht, voir El Pais du 19 décembre) viennent de « baisser la qualification financière » du Venezuela de « B » à « CCC », le situant parmi les nations au « risque pays » le plus élevé au monde (7 sur 7). Ce classement, totalement subjectif, politique, suivant une méthodologie opaque, est destiné à inciter les organismes financiers à imposer des taux d’intérêt très élevés au « mauvais élève », voire même à dissuader les institutions et partenaires économiques face aux « risques du crédit ». Ces mêmes « agences » aux ordres essaient d’imposer au Venezuela le dollar « de la rue », spéculatif, comme étalon sur le marché national.

En bref

Si l’on résume, la guerre économique, idéologique, les tentatives de déstabilisation, d’isolement international, le « blocus financier », sont les premiers maillons d’une chaîne de plus en plus étouffante, destinée à étrangler et faire tomber une révolution bolivarienne devenue l’un des objectifs prioritaires de la politique internationale des Etats-Unis. Il semblerait que Cuba n’ait pas servi de leçon... Mais lorsque ses intérêts sont menacés, l’impérialisme ne recule devant rien. Devant rien. Comme à Cuba, la résistance sera longue, dure, douloureuse, coûteuse, et aura besoin de toute notre solidarité.

Source : Jean Ortiz, pour Le Grand Soir.

Pour soutenir Le Grand Soir

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents