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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:57

Depuis des mois, l’épidémie d’Ebola fait l’actualité. On en voit certes des images-choc, mais guère d’analyse du fond du problème. Pourquoi une épidémie d’une telle ampleur ? Pour Solidaire, des étudiants en médecine se sont plongés dans la question. Résumé.

L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest est de loin la plus importante que l’Afrique ait jamais connue. Ce 26 septembre, on dénombrait déjà 6 263 victimes, dont 2 917 sont décédées. Mais les conséquences vont bien plus loin. Tout le système de soins de santé dans les pays concernés est à l’arrêt. Les médecins et le personnel infirmier fuient par peur d’être contaminés : il n’y a en effet pas assez de moyens de protection. C’est pourquoi, ces derniers mois, on a également constaté une augmentation des autres maladies, comme par exemple la malaria. Quel est donc ce virus qui cause tant de morts et pourquoi ne réussit-on pas à contrôler l’épidémie ?

Ebola, une maladie de la pauvreté

Des maladies infectieuses comme Ebola sont ce qu’on appelle des « maladies de la pauvreté » : elles se produisent principalement dans des pays, régions ou groupes de population pauvres. Ce n’est pas un hasard si l’actuelle épidémie d’Ebola touche précisément trois des pays les plus pauvres du monde. Le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone figurent respectivement aux numéros 175, 179 et 183 sur la liste des 187 pays de l’Index de développement humain des Nations unies. Plusieurs facteurs rendent ces pays plus vulnérables.

Tout d’abord, en Afrique de l’Ouest, la population est en général moins résistante aux germes pathogènes. Les gens souffrent en effet de malnutrition, ce qui affaiblit leur système immunitaire. Ensuite, la propagation est favorisée par le manque d’eau pure et des conditions de vie peu hygiéniques. Et, enfin, le système de soins de santé est fortement sous-développé.

C’est là la clé dans le traitement de cette épidémie. La stratégie la plus efficace pour enrayer l’actuelle épidémie d’Ebola est l’identification des personnes infectées afin de les isoler et de les soigner, suivie de la recherche et de l’examen de leurs contacts pour arrêter la chaîne de transmission. C’est aussi de cette manière que les précédentes apparitions d’Ebola ont été combattues. Il s’agit donc de mesures qui, en soi, sont simples, mais qui exigent une parfaite coordination. La structure des soins de santé de première ligne est, ici, cruciale.

Question de solidarité

En d’autres mots, les pays d’Afrique de l’Ouest manquent de moyens. De moyens, mais aussi de gens. Médecins sans Frontières a été la première organisation à tirer la sonnette d’alarme. Le 24 juin déjà, elle lançait l’alerte : l’épidémie n’était plus contrôlable et les équipes sur place avaient atteint les limites de leurs possibilités. Elle a lancé un appel à une mobilisation massive pour fournir des moyens matériels et humains à la région. Mais le silence est resté assourdissant. Ce n’est que le 31 juillet que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réagi. L’Occident a, à contrecœur, libéré de l’argent, mais ce n’était pas suffisant. Le 28 août, l’OMS et sa directrice générale Margaret Chan ont lancé un nouvel appel au secours : « L’argent et le matériel sont importants mais, seuls, ils ne vont pas arrêter l’épidémie d’Ebola. »

Le seul pays qui a immédiatement réagi est Cuba. Une nouvelle qui fait chaud au cœur. Tout comme lors des inondations au Pakistan ou du tremblement de terre en Haïti, le petit pays du Tiers Monde a montré ce que peut faire une société solidaire. 165 professionnels de la santé vont aller, durant une demi-année, renforcer à la base la lutte des autorités – ce qui va doubler le nombre de professionnels étrangers présents sur place. Margaret Chan a remercié les Cubains et leur a rendu hommage : « Cuba est mondialement réputé pour former d’excellents médecins et infirmiers et pour la générosité de son aide aux autres pays en développement. »


Un médecin Cubain en Haïti après le tremblement de terre. 165 professionnels de la santé ont été envoyés en Afrique par Cuba pour aider à combattre l’épidémie. (Photo kulturekritic.com)

 

Maladies « négligées »

Amit Sengupta, du mouvement international People’s Health Movement, a suivi de près les événements. « Le problème ne réside pas dans la pathologie de la maladie, mais dans la pathologie de notre société et de l’architecture politique et économique globale », explique-t-il. Comme exemple, il cite le désintérêt de la recherche pharmaceutique : « Nous connaissons le virus Ebola depuis déjà quarante ans. Pourtant il n’y a jamais eu de vaccin ou de remède mis sur le marché. Aucune firme pharmaceutique n’est intéressée par un médicament pour une maladie qui touche seulement les pauvres. » Un seul médicament contre Ebola a été développé ces dernières années, le fameux ZMapp, toujours au stade expérimental.

Ebola fait en effet partie des maladies dites « négligées ». Comme la malaria, la tuberculose, le Kala Azar, la maladie de Chagas et bien d’autres. Ces maladies sont délaissées par l’industrie de la recherche parce qu’elles ne peuvent étancher suffisamment la soif de profit des multinationales pharmaceutiques. La gynécologue Marleen Temmerman, directrice du département de Santé reproductive et de Recherche de l’OMS et qui a travaillé pendant des années en Afrique, a réagi fin juillet dans De Morgen : « Il faudrait porter davantage d’attention à ces “maladies négligées” qui touchent principalement l’Afrique. Et cela, pas seulement au moment des pics. Actuellement, l’Occident accorde une large attention à Ebola parce que la maladie, par la mondialisation, pourrait également arriver chez nous. Et si, dans deux ans, un nouveau virus éclatait, il y aurait à nouveau cette réaction de panique. Mais c’est de manière continue qu’il faudrait s’occuper du problème. »


Sans la contrainte économique des dettes et des rapports commerciaux inéquitables, ces pays auraient pu se développer depuis longtemps : dispositifs sociaux, système d’enseignement bien organisé, améliorations de l’infrastructure, soins de santé de première ligne accessibles… (Photo Shack Dwellers International / Flickr)

 

Responsabilité

La lenteur de la réaction de l’OMS est aussi le symptôme d’un plus grand problème. La célèbre revue médicale The Lancet en attribue la responsabilité aux Etats membres, qui financent l’OMS. Ces dernières années, ils ont réduit son budget. En conséquence, ces deux dernières années, le budget pour les crises et les épidémies a été diminué de moitié, passant de 469 millions en 2012-2013 à 228 millions en 2014-2015. La crise Ebola montre ce qui peut se passer lorsque la santé publique n’est plus une priorité pour l’Etat.

La responsabilité de l’Occident ne peut être suffisamment soulignée. Pour la réduction des contributions à l’OMS, pour le désinvestissement de la recherche pharmaceutique, pour avoir ignoré les appels d’urgence de MSF, de l’OMS et des pays concernés. Mais surtout : pour l’histoire séculaire d’exploitation, de colonialisme et de néocolonialisme. Sans la contrainte économique des dettes et des rapports commerciaux inéquitables, ces pays auraient pu se développer depuis longtemps : dispositifs sociaux, système d’enseignement bien organisé, améliorations de l’infrastructure, soins de santé de première ligne accessibles… Ce n’est que si l’Afrique de l’Ouest peut se développer qu’elle pourra graduellement reprendre des forces et affronter des épidémies comme Ebola.

Ou, comme le dit Rabatiou Sérah Diallo, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (DeWereldMorgen, 2 avril 2014) : « Comment allons-nous éviter à l’avenir une épidémie comme celle-ci ? Donnez aux gens l’accès à un enseignement et à des soins de santé de bonne qualité, donnez-leur un revenu correct pour leur travail. Des citoyens conscients s’occuperont eux-mêmes du reste. »

Une nouvelle maladie ?

Ebola n’est pas une nouvelle maladie. Elle a été enregistrée pour la première fois en 1976 au Soudan et en République démocratique du Congo. Le Belge Peter Piot a été un des premiers à s’occuper de la question. Au Congo, l’infection est apparue près de la rivière Ebola, d’où le nom donné au virus. Depuis 1976, 24 foyers d’infection ont été enregistrés. On suppose que la population africaine est affectée par des infections d’Ebola depuis plus de quarante ans. Pendant longtemps, elles sont restées non enregistrées dans les communautés rurales.

Transmission

Le mode de transmission le plus connu pour Ebola est la contamination d’humain à humain, via le sang et les autres liquides corporels. Le traitement des patients décédés est à cet égard très à risque. Selon certaines hypothèses, l’homme pourrait aussi contracter le virus par une espèce spécifique de chauve-souris frugivore (via la salive et les déjections sur les fruits). Les chimpanzés, les gorilles, les petits singes, les antilopes et les porc-épics sont également avancés comme sources animales. Comme la possibilité d’une source animale n’a pas encore suffisamment été étayée scientifiquement, la prévention et le contrôle restent très difficiles.

Quels sont les symptômes d’Ebola ?

Ebola commence de manière typique par une montée de fièvre abrupte, des frissons et un malaise général. D’autres signes et symptômes sont un sentiment de faiblesse, une diminution d’appétit et de forts maux de tête. La manifestation clinique de l’Ebola est spectaculaire, avec une rapide progression de l’infection vers la mort des cellules et des symptômes comme des saignements internes et externes, des vomissements et des diarrhées. Le chiffre de mortalité est élevé, variant entre 50 et 90%.

Source : Solidaire=39027&cHash=91d232b916c6cc1fddf17399ed7168fa]

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 17:45

 Lu sur le Comité Valmy

 

Syrie : Le génocide oublié

par Bahar Kimyongür

 Comité Valmy


Syrie : Le génocide oublié

En ce début d’automne 2014, un changement de cap notoire a pu être observé dans la politique étrangère des pays européens. Les capitales occidentales se sont enfin mobilisées pour les Syriens, Irakiens et Kurdes victimes de la folie meurtrière de l’Etat islamique (EI). Certes on peut mieux faire mais toute avancée en terme de mobilisation, même la plus timide, mérite encouragement. Il a toutefois fallu attendre l’exécution barbare de deux journalistes américains pour que le Etats-Unis et l’UE prennent la mesure de la menace djihadiste. Pour autant, les atrocités commises en Syrie au nom d’un Islam perverti sont loin d’être une spécificité de l’EI.

L’ampleur et la frénésie des destructions terroristes au Moyen-Orient ont un pouvoir d’envoûtement insoupçonné. On en viendrait presque à oublier que les populations ont subi la cruauté djihadiste bien avant l’apparition de l’EI. La guerre contre les « hérésies » a en effet été lancée par des groupes armés agissant sous la bannière de l’Armée syrienne libre (ASL) dès 2011, première année de la guerre civile syrienne.

Avant les persécutions visant les yézidis, les chrétiens, les sunnites ou les laïcs dont nous sommes aujourd’hui les témoins bien souvent impuissants, le terrorisme sectaire a d’abord frappé les chiites à la faveur de l’occupation US en Irak en 2003 et les alaouites dès le début de ce qui fut appelé un peu hâtivement le « printemps syrien ».

Comparée à l’élan de solidarité envers les yézidis et les chrétiens de Syrie et d’Irak, on réalise à posteriori que la politique de persécution systématique visant les alaouites en Syrie n’a guère suscité la même compassion.

Les alaouites sont pourtant les indétrônables boucs émissaires et souffre-douleur des milieux orthodoxes musulmans chasseurs d’hérétiques.

De nombreuses raisons théologiques expliquent la haine atavique vouée par les groupes identitaires les plus conservateurs envers cette minorité musulmane dissidente.

D’abord, l’alaouisme repose sur la croyance en l’essence divine d’Ali, suprême crime d’apostasie par « association » (shirk) diront les musulmans sunnites orthodoxes. Cette divinisation d’Ali leur a également valu d’être taxés d’exagérateurs (ghoulat) par le clergé chiite dont ils se sentent relativement proches.

D’autre part, la pratique religieuse des alaouites se veut singulièrement minimaliste et libérale.

Les alaouites prient en effet de manière aléatoire, en position debout ou assise mais ne se prosternent jamais. Ils ne pratiquent pas les cinq séances de prière, ne vont pas à la mosquée, n’effectuent pas le pèlerinage à La Mecque et s’opposent à la charia. Le culte alaouite est par ailleurs ésotérique et initiatique.

Les alaouites ne manquent donc pas d’originalité ce qui fait bondir les inconditionnels de la charia.

Qui plus est, ils vénèrent les sages de leur communauté inhumés dans de petits mausolées de couleur blanche surmontées de coupoles. Ces petits édifices isolés sur des collines verdoyantes sont appelés « ziyara » ou « qoubba ». Le culte des saints leur vaut d’être taxés de polythéistes. Ils célèbrent par ailleurs certaines fêtes chrétiennes, autre signe de « déviance » selon leurs détracteurs.

La liberté d’interprétation des textes islamiques dits sacrés et leur distanciation par rapport à l’orthodoxie sunnite condamnent les alaouites à demeurer depuis leur apparition en tête de liste des communautés impies à exterminer.

Au XIIe siècle, le penseur sunnite Abou Hamid al Ghazali décréta que les alaouites « apostasient en matière de sang, d’argent, de mariage et de boucherie. Il aboutit à une terrifiante conclusion : « C’est un devoir de les tuer. »

Deux siècles plus tard, un juriste sunnite de l’école religieuse hanbalite dénommé Ibn Taymiyya décrivit les alaouites comme plus « mécréants que les juifs ou les chrétiens ». Il édicta une fatwa appelant à « verser le sang des alaouites » pour « plaire à Allah ». Le massacre d’alaouites serait selon lui un « grand acte de piété ».

Ibn Taymiyya répandit l’idée monstrueuse que tuer un alaouite valait plus qu’une journée entière de prières. Cet appel au meurtre fut doublé d’une campagne de diffamation faisant passer les alaouites pour des membres d’une secte orgiaque pratiquant l’inceste.

La plupart des groupes armés aujourd’hui actifs en Syrie vénèrent Ibn Taymiyya et appliquent sa fatwa anti-alaouite à la lettre. Certaines brigades de l’Armée syrienne libre ont même pris le nom de l’inquisiteur médiéval.

Elles revendiquèrent et assumèrent leur guerre d’extermination contre l’ « hérésie » alaouite bien avant l’émergence de l’Etat islamique.

Durant l’été 2011, les quartiers alaouites de Homs ont été attaqués par des groupes djihadistes. L’armée a dû s’interposer pour protéger les habitants alaouites de la ville.
Dans les villages de Lattaquié, à Aqrab (Hama), Maksar al Hessan (Homs), Maan (Hama) ou Adra (Damas), des civils alaouites ont été massacrés par dizaines pour la simple raison qu’ils appartenaient à cette communauté.

Capturé par des groupes rebelles dits « modérés » au début du mois d’août 2013, le cheikh alaouite Badr Ghazali a subi un interrogatoire théologique devant un tribunal d’Inquisition avant d’être torturé jusque mort s’ensuive.

Les groupes armés anti-gouvernementaux ont habilement associé les mots « régime », « alaouites » et « chabbihas », désignant des maffieux pro-Assad accusés d’atrocités. Cette confusion rhétorique fut d’une redoutable efficacité sur le plan de la communication.

D’une part, elle permit de faire accepter à l’opinion internationale les pires exactions commises par les rebelles envers des civils loyalistes. Le meurtre de civils innocents était ainsi déguisé en acte de représailles légitime et mérité contre de monstrueux chabbihas.

D’autre part, elle servit à stimuler le sentiment identitaire et anti-alaouite parmi les Syriens sunnites.

Certains groupes terroristes épargnaient délibérément les prisonniers sunnites civils suspectés de loyauté envers le gouvernement et parfois même des militaires. Ce droit de repentance accordé aux sunnites loyalistes faisait partie d’une stratégie de destruction du socle idéologique et culturel de la Syrie moderne.

Les alaouites capturés par les groupes armés n’ont eu que très rarement la chance de s’en sortir vivant.

En pratiquant cette terreur sélective, l’opposition radicale cherchait à dynamiter les fondements de la société syrienne.

Durant les années 70 et 80, les Frères musulmans syriens ont recouru au même mode opératoire consistant à rafler des loyalistes, à séparer alaouites et sunnites, puis à n’exécuter que les alaouites.

Tout au long de l’histoire de la Syrie moderne, les alaouites n’ont eu guère le choix que de se fondre dans la masse en se gardant d’afficher tout étiquette identitaire étant donné leur infériorité numérique et leur vulnérabilité.

Alors que les alaouites évitent d’évoquer le plan d’extermination dont ils sont victimes par peur de se différencier de l’Islam majoritaire et de contribuer ainsi à la polarisation confessionnelle dans leur pays, les groupes armés d’opposition ont systématiquement imputé chaque crime d’Etat commis supposément par un alaouite, aux près de 3 millions d’alaouites qui peuplent la Syrie.

Cette propagande a été rentable à plusieurs égards y compris sur le plan financier. En effet, des groupes armés anti-régime ont fait de la haine anti-alaouite leur fonds de commerce pour appâter les riches prédicateurs sectaires basés dans les pays du Golfe où il est de bon ton d’accuser les alaouites d’être des agents de l’Iran.

Pour entretenir la haine anti-alaouite, des provocateurs pro-saoudiens ont misé sur une victimisation permanente se nourrissant de l’équation saugrenue suivante : puisque la lutte anti-terroriste est menée par un Etat qui compte un grand nombre d’alaouites fonctionnaires et militaires en son sein, les alaouites sont collectivement responsables de nos malheurs.

Or, on peut raisonnablement penser que même si une multitude de crimes d’Etat dénoncés par les rebelles ont été commis par des alaouites, cela ne veut pas nécessairement dire que ces crimes ont été commis pour des motifs confessionnels.

D’autant que la « guerre contre les sunnites » est un principe totalement étranger à la doctrine alaouite.

Il n’existe en effet aucune base religieuse à la violence que pourrait exercer un alaouite contre un sunnite. Il n’existe aucun Ibn Taymiyya ou al Ghazali alaouite. Il n’existe aucun suprématisme alaouite. L’idée même de prosélytisme est inconcevable car la préoccupation des alaouites est de survivre et non pas de s’imposer, de conquérir ou de convertir.

La tradition alaouite encourage la communauté à s’adapter à leur environnement religieux, à vivre en sunnites parmi les sunnites et en chrétiens parmi les chrétiens.

Par conséquent, le soldat alaouite qui agit dans un cadre national, se bat au nom de la patrie, de l’arabité ou de la sécurité aux côtés de son compagnon d’armes sunnite et non pas au nom de sa communauté contre une autre communauté.

La relative surreprésentation des alaouites dans l’armée n’a rien avoir avec un quelconque « complot alaouite » ou une envie d’oppresser autrui. D’origine rurale, les alaouites ont rejoint l’armée pour échapper à la pauvreté qui ravageait la montagne alaouite. L’éducation militaire constituait leur unique espoir d’échapper à leur sort misérable.

L’autre raison majeure de leur adhésion massive à l’armée est à la fois à rechercher dans le rapport des alaouites à la modernité et à leur statut de sous-hommes dans la société féodale syrienne.

L’édification d’une armée nationale a ainsi permis aux alaouites non seulement de survivre à la misère mais aussi d’accéder à l’égalité citoyenne. Grâce à l’armée, ils sont devenus des Syriens à part entière pouvant se targuer “protéger la patrie”, de se battre au nom de l’arabité et du panarabisme.

Malgré l’omniprésence du confessionnalisme en Syrie, en trois années de guerre, aucune milice alaouite se revendiquant comme telle n’est apparue sur le front syrien.

Pour protéger leur patrie et leurs foyers, les alaouites se sont mobilisés soit dans l’armée gouvernementale, soit dans les Forces de défense nationale, soit dans les brigades Baath ou encore dans les rangs de « Résistance syrienne », une milice patriotique créée par le militant communiste turco-syrien Mihrac Ural (1). Toutes ces milices supplétives sont multiconfessionnelles et prônent l’égalité alaouites-sunnites (2).

A l’inverse, les groupes armés anti-régime n’ont cessé de pratiquer la surenchère confessionnelle en se proclamant fanatiquement pro-sunnites et anti-alaouites.

Bien que l’essence du conflit syrien soit foncièrement politique et idéologique, les groupes d’opposition n’ont eu de cesse d’imposer leur lecture confessionnelle, de différencier et de dresser les communautés religieuses les unes contre les autres. En réduisant la guerre de Syrie à un conflit sunnites/alaouites, les médias occidentaux ont eux aussi reproduit la propagande sectaire de l’opposition.

Pourtant, en Europe comme en Syrie, le ciblage massif, systématique et revendiqué d’un groupe humain en raison de ce qu’il est, véritable marque de fabrique de l’opposition armée syrienne, s’apparente à un nettoyage ethnique.

Le directeur exécutif du Centre mondial pour la responsabilité de protéger Simon Adams a averti en novembre 2012 que le prochain génocide dans le monde serait celui des alaouites. Ce génocide est actuellement en cours. Il se déroule sous nos yeux dans une indifférence planétaire.

Toute la difficulté de rendre compte de ce génocide réside dans le fait que les crimes commis par l’Etat syrien contre les groupes armés et les civils servent de justificatifs aux crimes confessionnels commis par ces mêmes groupes armés, crimes qui de surcroît jouissent d’une certification religieuse.

En d’autres termes, la barbarie généralisée du conflit syrien a pour conséquence la banalisation du génocide anti-alaouite. Elle fait passer les persécutions massives que subissent les alaouites en raison de leur croyance ou de leur origine pour un simple fait divers.

Le 1er octobre dernier, un djihadiste s’est fait exploser devant l’école Makhzoumi du quartier d’Akrama à Homs. 48 écoliers, majoritairement alaouites, ont perdu la vie. La plupart n’avaient pas 12 ans. Dans le système de pensée djihadiste, l’origine de ces enfants est un motif suffisant pour les éliminer jusqu’au dernier. Cet odieux crime de masse n’a pas suscité l’attention escomptée de la part de la communauté internationale.

Outre les alaouites, d’autres minorités syriennes souvent apparentées au chiisme sont logées à la même enseigne.

Le 4 août 2014, jour d’anniversaire de l’assaut djihadiste sur les villages alaouites et le massacre de nombreux villageois, une famille de confession ismaélite a été décimée à Mzeiraa près de la ville de Salmiya à l’arme blanche par des groupes armés d’opposition en raison de leur appartenance communautaire. (3)

Une fois encore, des textes prétendument sacrés ont permis de justifier la mise à mort d’un groupe humain.

La commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies qui enquête sur les crimes de guerre en Syrie promet de ne laisser aucun crime impuni.

A ce jour, les groupes terroristes et génocidaires qui massacrent délibérément femmes, enfants et vieillards pour “hérésie” n’ont jamais été désignés comme tels.

L’indifférence totale affichée par la communauté internationale à l’égard des alaouites annonce des jours sombres pour cette minorité qui lie inexorablement sa survie à celui de l’Etat syrien.

Bahar Kimyongür
8 octobre 2014
Texte reçu de l’auteur

Notes de bas de page

(1) Les groupes d’opposition accusent Mihrac Ural et son groupe d’avoir commis un crime de masse contre des centaines de sunnites au village de Bayda et dans la ville de Baniyas. Le seul indice sur lequel les groupes d’opposition s’appuient pour incriminer Ural est une vidéo où celui-ci conseille de nettoyer Baniyas des terroristes. Or, le mot « nettoyage » est un terme militaire utilisé par tous les belligérants en Syrie et ne donne aucune indication sur la responsabilité personnelle de l’individu visé. D’autant que les milices de Mihrac Ural sont déployées dans le Nord de la province de Lattaquié et non dans le gouvernorat de Tartous où se situe Baniyas. Cette phrase ne peut donc être considérée comme une preuve en soi. Mihrac Ural nie catégoriquement les faits en expliquant que sa seule raison de lutter est de défendre les citoyens syriens de toutes les confessions contre des groupes terroristes s’infiltrant par la Turquie.

(2) A noter que le régime de Damas a créé des milices supplétives afin que celles-ci assistent l’armée et protègent leurs zones d’habitation mais aussi dans le but inavoué de discipliner ses partisans et d’éviter les règlements de compte à caractère communautaire.

(3) http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2014/Aug-04/265999-seven-members-of-syria-family-executed-by-jihadists.ashx ?utm_source=Magnet&utm_medium=Recommended%20Articles%20widget&utm_campaign=Magnet%20tools#axzz3F0Zi3qiW

http://www.humanrightsagency.com/ ?p=666

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:35

 

Rouge Cerise n'a pas la prétention de remplacer la presse d'opinion. Mais lorsque l'immense majorité des médias restent silencieux (qui ne dit mot consent), lorsque monsieur Bernard-Henri Lévy et quelques célèbres défenseurs à géométrie variable des droits de l'Homme se murent dans un silence de plomb, il faut bien que d'autres se dressent contre l'ignoble. C'est pourquoi nous reproduisons ici le coup de colère de Jean Ortiz, maître de Conférence à l'Université de Pau, spécialiste reconnu de l'Amérique latine et de Cuba, antifasciste militant, comme son père, républicain espagnol qui s'engagea dans la Résistance dans l'Aveyron.
Rouge Cerise

 

 

 

MASSACRE D’ÉTUDIANTS AU MEXIQUE
 
57 jeunes normaliens « disparus »

article de L'Humanité.fr
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Le 26 septembre 2014, la police mexicaine, les groupes paramilitaires et les sbires des cartels, se sont livrés à la chasse à l’étudiant, au  « normalien ». Ils ont tiré pour tuer, puis ont enlevé des dizaines de normaliens de l’École normale rurale Raul Isidro Burgos, « municipio » de Tixtla (Guerrero). Huit morts et 57 jeunes « disparus » depuis. 
 Cela se passe à Iguala, dans l’État, aux traditions rebelles, de Guerrero. 
Après avoir réalisé une collecte publique afin de financer leurs études et manifesté contre la pauvreté des moyens attribués à l’enseignement, les « normaliens » se dirigeaient en bus vers Chilpancingo, capitale de l’État du Guerrero. Les témoins racontent des scènes qui rappellent le carnage de Tlatelolco, la Place des trois cultures à Mexico, en 1968. Des véhicules policiers, et d’autres banalisés, ont emporté des dizaines de jeunes vers une destination inconnue. Depuis le 26 septembre, 57 « normaliens » ont ainsi « disparu ».
 
La disparition a été niée puis étouffée, censurée, minimisée, par tous les « grands » médias « droitsdel’hommiens ». Si elle avait été immédiatement dénoncée... Mais ces gens- là ont l’indignation bien trop sélective.
 
L’affaire vient de s’aggraver et sans doute de s’éclairer tragiquement. Dans le sud du Mexique, 6 fosses communes avec 28 corps calcinés, certains déchiquetés, viennent d’être découvertes. Les corps vont être soumis à des tests ADN pour identification... Depuis les faits, le maire de Iguala a étrangement disparu, et les autorités de l’État, du parti gouvernemental, font le gros dos.
Le président « priiste » (du Parti révolutionnaire institutionnel, le PRI !), ultralibéral, Peña Nieto (en place depuis décembre 2012) continue, comme son prédécesseur du PAN, de plonger le pays dans la violence (80 000 morts depuis 2006), la « guerre » contre les « narcos », la corruption et la répression qui cible les syndicalistes, les militants sociaux, les communautés indiennes, les intellectuels progressistes, les élus honnêtes, les paysans, les zapatistes... Où sont les promesses électorales ? PRI-PAN (mêmes fraudes électorales) : le sang des « chingados », de « ceux d’en bas », coule.

Cela se passe au Mexique, à Iguala, à une centaine de kilomètres du bronze-cul international étoilé d’Acapulco. Pas au Venezuela. 
Dommage pour les médias !
Jean Ortiz

 

 

Capture-d-ecran-2014-10-09-a-06.07.42.pngSite du Parti Communiste du Mexique:link

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:32
Hong Kong, sous les parapluies
L'art de la guerre
umbrella-revolution

Face à l’«Umbrella Revolution » (définition made in USA), le gouvernement britannique se dit « préoccupé » qu’à Hong Kong soient garantis « les droits fondamentaux et les libertés fondamentales ». Londres à ce sujet peut donner des leçons. Au 19ème siècle les Anglais, pour pénétrer en Chine, ont recours au commerce de l’opium qu’ils apportent de l’Inde, en provoquant d’énormes dommages économiques et sociaux. Quand les autorités chinoises confisquent et brûlent à Canton l’opium emmagasiné, les troupes anglaises interviennent en obligeant le gouvernement à signer en 1842 le Traité de Nankin, qui impose notamment la cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne. Depuis lors jusqu’en 1997 Hong Kong est colonie britannique, sous gouvernorat envoyé de Londres. Les Chinois sont exploités par les monopoles britanniques et ségrégués, exclus même des quartiers habités par des Britanniques. Des grèves et des rébellions  sont durement réprimées.

Après la naissance de la République populaire en 1949, Pékin, tout en revendiquant la souveraineté sur Hong Kong, l’utilise comme porte commerciale, en en favorisant le développement. La Hong Kong re-annexée à la Chine comme région administrative spéciale, avec 7,3 millions d’habitants sur les quasiment 1,4 milliards de la Chine, a aujourd’hui un revenu par habitant de 38 420 dollars annuels, plus haut que celui de l’Italie, quasiment le sextuple de celui de la Chine. Ceci parce que Hong Kong, en tant que porte commerciale de la Chine, est le 10ème exportateur mondial de marchandises et le 11ème de services commerciaux. En outre, elle est visitée chaque année par plus de 50 millions de touristes, parmi lesquels 35 millions de Chinois. La croissance économique, bien qu’inégalement distribuée (cf. le sous-prolétariat local et étranger qui vivote avec l’« art de s’arranger »), a amené une amélioration générale des conditions de vie, confirmée par le fait que l’âge de vie moyen est monté à 84 ans (par rapport aux 75 de toute la Chine).

Le mouvement étudiant né à Hong Kong pour demander que l’élection du chef de gouvernement soit directe et non conditionnée par Pékin, est formé de jeunes appartenant généralement aux couches sociales avantagées par la croissance économique. Sur ce fond se pose la question : pourquoi, alors qu’on ignore des centaines de millions de personnes qui dans le monde entier luttent chaque jour dans des conditions bien

 

 

pires pour les plus élémentaires droits humains, transforme-t-on quelques milliers d’étudiants de Hong Kong, au-delà de leurs propres revendications, en icône mondiale de lutte pour la démocratie ? La réponse doit être cherchée à Washington. Les inspirateurs et les chefs de ce qui est défini
comme « un mouvement sans leader » -d’après une ample documentation- sont reliés au Département d’Etat et à ses émanations sous forme d’ « organisations non-gouvernementales », en particulier la « Donation nationale pour la démocratie » (Ned) et l’ « Institut démocratique national » (Ndi) qui, dotées de fonds très conséquents, soutiennent des « groupes démocratiques non-gouvernementaux » dans une centaine de pays. Deux exemples parmi tant d’autres. Benny Tai, l’enseignant de Hong Kong qui a lancé le mouvement « Occupy Central » (voir le South China Morning Post du 27 septembre), est devenu influent grâce à une série de forums financés par ces « ONG ». Martin Lee, fondateur du « Part démocrate » de Hong Kong, a été envoyé à Washington par la Ned et, après un briefing télétransmis (le 2 avril), a été reçu à la Maison Blanche le 7 avril par le vice-président Biden.

De ces faits et de nombreux autres émerge une stratégie, analogue à celle des « révolutions colorées » dans l’Est européen, qui, en instrumentalisant le mouvement étudiant, vise à rendre Hong Kong ingouvernable et à créer des mouvements analogues dans d’autres zones de la Chine habitées par des minorités nationales.

Manlio Dinucci

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:09

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La nouvelle nous est d'abord venue par nos camarades communistes turcs. Elle a rencontré un certain écho dans la presse française. Sans pour autant poser la vraie question : quand est-ce qu'on pose la question des responsabilités de la Turquie dans l'émergence de l'islamisme radical dans la région, et qu'on condamne son régime brutal ?

 

Ce mardi, les affrontements entre la police turque et des manifestants pro-kurdes ont été meurtriers. Nos camarades communistes turcs donnaient le bilan de 11 morts, l'AFP donne le chiffre de 14 morts aujourd'hui, 18 pour Reuters.

  Plusieurs milliers de manifestants, kurdes pour l'essentiel, sont descendus dans la rue pour protester contre l'hypocrite non-intervention – après l'entrée en guerre décidée la semaine dernière – de l'Armée turque à Kobane, en Syrie, où les islamistes sont en train de massacrer les combattants kurdes.


 

La police-Robocop tire des grenades lacrymo dans la tête des manifestants et tue !

 

Ces manifestations ont empli les rues des grandes villes du pays, Istanbul, Ankara, Antalya, Izmir. Des forces anti-émeutes (qui en Turquie ressemblent à de véritables « Robocop » sans souci pour le détail) sont intervenues dans les quartiers populaires d'Instabul et à Ankara.

 Les échauffourés ont été meurtriers dans le sud-est du pays, près de la frontière et au cœur de la communauté kurde, notamment dans la capitale kurde Diyarbakir. La police ne s'est pas limitée aux habituels canons à eau, grenades lacrymo mais aurait tiré à balles réelles.

  La confusion règne, certains rapports font état d'affrontements armés entre militants kurdes et militants islamistes soutenant l'EI. Mais il est étrange que tous les morts, jusqu'à présent, soient du même côté.

 Par ailleurs, on connaît déjà le cas d'un jeune homme de 25 ans abattu … d'une grenade lacryomogène tirée dans la tête par un policier turc.

  

La Turquie est désormais un pays en état d'urgence, un couvre-feu a été décrété dans six villes dont Diyarbakir. C'était aussi un des objectifs de l'entrée en guerre : instaurer un climat de terreur pour réprimer l'opposition politique, kurde et de gauche tout simplement.


 

Posons les bonnes questions à nos dirigeants : pourquoi cautionner un gouvernement massacreur, belliciste, islamiste, anti-démocratique ?

 

Il est temps de poser les vraies questions à nos dirigeants  

  • à quand une condamnation de ces massacres commis par le régime turc ? On se souvient qu'au Venezuela, il s'en est fallu de moins que cela pour voir les médias s'emballer. Aujourd'hui, c'est aussi le cas à Hong-Kong. Aujourd'hui, l'ordre règne à Ankara, au prix de 18 morts, nous, Français, Américains, nous en félicitons ;

  • pourquoi ne pas avoir soutenu le mouvement démocratique, laic, progressiste du « printemps turc » ? On se souvient qu'au printemps 2013, le mouvement « Occupy Gezi » a déclenché une révolte sans précédent depuis des années, mobilisant des centaines de milliers de jeunes contre ce régime autoritaire, dominé par les islamistes. La rebellion libyenne, syrienne – dominée par les islamistes – était démocratique, « Occupy Hong-Kong » ou « Maidan » (mené par des milices para-militaires, des néo-nazis avoués) étaient des combats pour la liberté. Et le combat pour les libertés civiles, la laicité, la paix, la démocratie sociale, le droit à l'auto-détermination des peuples, n'est-ce pas un combat juste en Turquie ?

  • pourquoi ce soutien aux islamistes en Turquie, au moment où on prétend les combattre en Syrie ? AKP mène un combat farouche en Turquie pour l'islamisation de la société – un combat tout à fait compatible avec la continuation d'une politique capitaliste néo-libérale – dans une société aux fortes traditions laiques. Il est troublant que nos référents dans la région soient les gouvernements turcs, saoudiens, qataris (la « Sainte-alliance » des islamistes réactionaires), ainsi que les rebelles syriens, libyens liés à Al-Qaeda contre les régimes nationalistes arabes laics comme en Syrie, hier en Irak ;

  • Pourquoi ce silence sur le soutien de l'Etat turc pendant trois ans à l'Etat islamique, fauteur de guerre dans la région ? On le sait, ce n'est pas même un secret de polichinelle : jamais les islamistes syriens (qui dominent la rebellion depuis longtemps) n'auraient pu résister pendant trois ans à la puissante armée syrienne sans un soutien logistique turc. C'est par la Turquie que viennent armes et combattants, c'est en Turquie que les islamistes se restaurent et se soignent, c'est vers la Turquie que se sont dirigés des milliers de barrils de pétrole de contre-bande permettant le financement de l'Etat islamique. S'il fallait frapper les complices de l'Etat islamique, c'est d'abord en Turquie qu'il fallait frapper !

Ces questions dérangeantes ne se suffisent pas à elles-mêmes. Même si leur réponse est simple : on ne condamne pas le pilier régional de l'OTAN et son armée pléthorique, on ne condamne pas cette puissance capitaliste émergente où les investissements européens affluent, on ne condamne pas un régime qui défend l'ordre, la religion et la sacro-sainte propriété privée.

 

 

La juste revendication nationale kurde otage des jeux géopolitiques entre la Turquie, les Etats-unis et les pays européens

 

La confusion générale, avec des puissances régionales allumant le feu, les puissances occidentales jouant avec lui, peut finir dans un scénario chaotique qui convient aux grandes puissances impérialistes – dont Israel – mais aux conséquences imprévisibles.

 

Hélas, les contradictions du mouvement kurde peuvent être exploitées par la Turquie, les pays impérialistes pour plonger la région dans le chaos, diviser pour mieux régner.

Les manifestants kurdes ont raison de dénoncer l'hypocrisie d'Ankara. Mais en poussant l'armée turque à intervenir en Syrie – ce qu'elle fera sans doute dans le futur proche – cela pourrait rentrer dans le jeu des puissances européennes, américaines qui veulent moins que l'Etat islamique liquider le régime laic, anti-impérialiste quoique corrompu et autoritaire de Bachar al-Assad.

La Turquie cherche une formule peu claire consistant peut-être à semer le chaos en Syrie, Irak, laisser aux Kurdes un maximum d'autonomie pouvant confiner au séparatisme, mais tout en ne voulant rien céder aux Kurdes de Turquie, avec la tentation d'exporter le problème kurde.

On sait également qu'entre Kurdes d'Irak – plus enclins à collaborer avec les Etats-unis, l'Allemagne – et ceux de Turquie, il y a de lourdes divergences, des conflits politiques majeurs.

Pour le peuple kurde, le droit à l'auto-détermination doit cessé d'être dénié. Mais dans la situation concrète, le rapport de forces actuel, la manipulation de cette revendication légitime d'un peuple meurtri pourrait servir les pires desseins pour le peuple kurde et les peuples de la région.


Stop à l'hypocrisie ! Exigeons de nos gouvernements qu'il condamne le régime d'Ankara, dénonçons ce double jeu de nos gouvernants. A force de jouer avec le feu, on se brûle. Quand on joue avec le feu sur une pourdrière, c'est tout le monde qui risque de sauter avec !

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:00

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Communiqué du Parti communiste de Turquie (KP)



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



La motion parlementaire de l'AKP est une déclaration de guerre. Ces dernières années, l'AKP s'est heurté à un mur dans ses efforts pour trouver un prétexte pour attaquer la Syrie. Il a échoué pas uniquement en raison des équilibres internationaux d'alors mais aussi parce que notre peuple n'a jamais adhéré à la logique de guerre. Il essaie maintenant d'utiliser l'Etat islamique comme un prétexte pour entrer en guerre.



La bande réactionnaire qu'on appelle Etat islamique (EI) est l'enfant adoptif de l'impérialisme et de l'AKP. Il n'est pas nécessaire de déclarer la guerre contre la Syrie et l'Irak pour neutraliser cette bande. Pour arrêter l'EI, l'AKP aurait pu faire les choses suivantes :

  • empêcher l'EI d'utiliser la frontière turque comme un espace de transit vers la Syrie et l'Irak ;

  • interdire la vente de pétrole de contre-bande de l'EI en Turquie ;

  • mettre fin à tout soutien logistique à l'EI y compris le traitement des combattants de l'EI dans des hôpitaux de fortune en Turquie ;

  • lutter contre les opérations de recrutement de l'EI qui se déroulent dans de nombreux quartiers et mosquées ;

  • mettre fin à tout soutien aux attaques de l'EI comme à Kobane ;

L'objectif de la motion de l'AKP n'est pas la « lutte contre la terreur ». Sa conséquence, c'est qu'elle va transformer toute la Turquie en une zone de guerre. Voter « oui » à cette motion, c'est participer à ce crime !

Cette motion n'a rien à voir avec les intérêts de la Turquie. Valet de l'impérialisme, l'AKP s'est vu confié la tâche de faire le sale boulot pour l'impérialisme. Les soldats qui seront envoyés de l'autre côté de la frontière commettront des crimes pour lesquels l'impérialisme ne voudrait pas être tenu responsable. La Turquie ne devrait pas laisser ses enfants être entachés de ces crimes !

 

Nous lançons un appel aux députés de la grande Assemblée nationale de Turquie : voter oui à cette motion de guerre signifierait participer à ces crimes. Tout député qui a la moindre considération pour l'intérêt public devrait rejeter cette motion.

 

Ce qu'il faut faire, c'est poursuivre en justice le Premier ministre et le Président de la Turquie comme criminels de guerre.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:50

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Traduction CA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les partis communistes signataires de cette déclaration dénoncent la cruauté de l'attaque sanguinaire menée par des organisations terroristes dangereuses comme l’Etat islamique (NdT : Daech en arabe) ainsi que la violation de la souveraineté de la Syrie et de l'Irak.

 

Ce mouvement a pris illégitimement possession de territoires où il est à l’origine de tellement d'exactions, de pratiques barbares : massacres de milliers de citoyens, décapitations, déplacements forcés de dizaines de milliers de personnes, enlèvements et prises d'otages. 

Actuellement, ces organisations terroristes étendent leurs territoires jusqu'au Liban et la Jordanie. Leurs activités desservent la cause palestinienne par des actions criminelles censément menées en représailles contre les bombardements israéliens sur la bande de Gaza.  

 

De ce fait, elles légitiment la position d'Israël dans la coalition internationale pour la lutte contre le terrorisme et instaurent une atmosphère de peur en Europe et dans le monde.

Ces forces terroristes sont financées par l'impérialisme américain, l'Otan et ses alliés.

 

Elles bénéficient des facilités financières, militaires et logistique de la part des pays réactionnaires arabes et leurs activités suivent un plan impérialiste sioniste et réactionnaire qui a été établi depuis plus de trente ans dans le but de diviser la région et de la fragmenter en plusieurs ethnies selon des lignes de fractures communautaires.

 

C’est l'essence du projet du Grand Moyen-Orient conçu par l'Etat américain sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

 

Il est donc impératif du lutter contre ces organisations terroristes, afin d'instaurer une stabilité intérieure à travers des institutions, et une véritable réconciliation nationale, qui soient dans l'intérêt du peuple.

Cela lui permettra de consacrer toute son énergie au combat contre l'impérialisme et le terrorisme qui menacent nos peuples ainsi que toute la région arabe. 

 

Nous appelons tous les partis communistes et toutes les forces nationales, progressistes et démocratiques à adopter une attitude pragmatique face au terrorisme en général et plus particulièrement l’Etat islamique et le Front Al-Nosra pour les éradiquer et couper leurs sources de financement.

 

De même, nous invitions ces partis à rejeter l'intervention impérialiste sous toutes ses formes en se coordonnant avec  les forces indépendantes dans le monde et à repartir à l’offensive selon la volonté de nos peuples, afin de résister à la colonisation et l’occupation  ainsi qu’aux tentatives de divisions et aussi pour reconnaitre leurs droits démocratiques et sociaux, et préserver l'unité nationale.

 

15 Septembre 2014

 

Partis signataires:

   

Parti communiste jordanien,

Parti communiste libanais,

Parti communiste irakien,

Parti communiste palestinien, 

Parti communiste Syrien Unifié

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:40

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les bombes pleuvent sur la Syrie (mais pas sur l'Irak) qui en quelques jours a vu l'immense majorité de ses raffineries réduites en cendre. Plus on en apprend sur l'Etat islamique (EI), plus la complicité directe ou indirecte des européens et américains se fait jour. Dernière révélation : les Etats européens ont acheté du pétrole de contre-bande venant de l'EI.

 

La « menace fantôme » de l'Etat islamique (EI) justifie l'injustifiable : des frappes aériennes sur le territoire syrien à l'insu de son gouvernement, l'armement de forces séparatistes en Irak, la mise en place d'une coalition internationale pour intervenir en Syrie.

 

Décidément, les 15 à 20 000 combattants qui contrôlent le nord de l'Irak et de la Syrie sont une divine surprise pour les USA et l'UE, jusque-là mis en échec par la résistance nationale syrienne derrière Assad, le dévoilement du caractère islamiste fanatique de la dite rébellion démocratique.

Le plan se dessine : utiliser la menace fantôme EI pour détruire les infrastructures syriennes (d'abord ses raffineries), justifier une ingérence aux caractères légaux flous, puis après avoir détruit formellement le groupe, passer à la phase d'invasion de la Syrie et du renversement d'Assad.

C'est ce qui ressort de ses premières frappes. 16 des 20 raffineries syriennes contrôlées par EI ont été détruites mais les USA ont veillé à ne pas toucher certaines raffineries pour permettre à la rebellion (mais laquelle?) d'avoir des ressources dans la lutte à venir contre Assad.

 

Les alliés des Etats-unis qui bombardent les islamistes en Syrie sont les mêmes … qui ont financé, soutenu et armé l'Etat islamique !

 

Sur ordre américaiin, ce sont en fait l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis – les mêmes qui finançaient l'EI il y a quelques mois ! – qui ont fait intervenir leurs chasseurs-bombardiers, leur drones pour bombarder 12 raffineries le 24 septembre, et 4 autres le 28.

Les USA pressent maintenant la Turquie – qui depuis des mois sert de base arrière aux islamistes ! – à intervenir en Syrie. Le vice premier-ministre turc a déclaré qu'une motion allait être votée pour permettre à des soldats turcs de faire des incursions en territoire syrien ou irakien.

 

Il faut évidemment rappeler des évidences, l'implication directe des alliés des USA dans l'émergence de l'Etat islamique : tout le monde sait que les Etats du Golfe en général et l'Arabie saoudite en particulier ont été les pays qui ont financé au départ l'Etat islamique.

Sans l'aide de la Turquie, qui fait transiter le djihadistes, les munitions, achète le pétrole des islamistes, leur sert de base-arrière pour se soigner, se reposer, se ravitailler, l'Etat islamique n'aurait jamais résisté, encore moins prospérer.

On sait depuis longtemps que la Turquie joue double jeu avec les rebelles de l'EI, même si les responsables occidentaux – comme John Kerry récemment – sont plus prompts à dénoncer les achats de pétrole supposés de Bachar al-Assad (un prétexte pour justifier son renversement après l'écrasement de l'Etat islamique?).

Il y a quelques mois, le député républicain (CHP) turc Ali Ediboglu avait dénoncé dans le journal turc Taraf le fait que le gouvernement turc collaborait ou laissait faire un trafic de pétrole de grande ampleur transitant par son territoire. Le député parlait de 800 millions de $ depuis janvier.

Selon lui, les rebelles ont mis en place un système d'oléoducs de fortune à la frontière, tandis que le pétrole est transféré par camions jusque-là.

Ediboglu dénonçait également le fait qu'un certain nombre de combattants européens, russes passent par la Turquie, et que 1 000 Turcs opèrent dans la rébellion, ce qui est impossible sans la connaissance au minimum voire la coopération du MIT, les services de renseignement turcs.

Tout ceci est désormais confirmé. Luay al-Khatib, directeur de l'Iraq Energy institute note que « la Turquie a fermé les yeux sur ce trafic mené depuis Mossoul ». Pour Hussein Alawi, lui aussi responsable de cet Institut : « les terroristes utilisent des camions plutôt que des olédocus, il y a 210 camions-citerne transport le pétrole de contre-bande jusqu'à la Turquie chaque jour ».

 

Les Etats européens ont financé l'EI en achetant leur pétrole de contre-bande !

 

Ce réseau d'exportation de pétrole syrien et irakien est désormais un secret de polichinelle, admis même par John Kerry. Il a permis à l'EI de devenir le groupe terroriste le plus riche de l'histoire, produisant de 25 à 40 000 barils de pétrole par jour, avec des revenus de 3,2 millions de $ par jour.

De juin à septembre, le patrimoine d'EI serait passé, selon les services de renseignement américains, de 800 millions de $ à 2 milliards de $. Comment cela est-il possible ?

L'Etat islamique a un argument imbattable dans le monde capitaliste : le prix de sa marchandise. Officiellement côté à 100 $ le baril, il est vendu jusqu'à 25 $, plus souvent autour de 30-40 $. Ce pillage massif au détriment du peuple syrien, irakien, a nécessairement ses complices.

 

La Turquie n'est pas seule. La révélation de l'ambassadrice de l'UE en Irak, Jana Hybaskova, le 2 septembre dernier, fait froid dans le dos et révèle d'autres complices du crime, dans nos rangs.

Elle a commencé d'abord par critiquer les pays européens qui arment les Pechmerga au risque d'une partition du pays, avec des effets désastreux sur la région.

Puis, elle a lancé une bombe. Après avoir insisté sur la nécessité d'exercer des pressions sur la Turquie pour arrêter le trafic régional qu'elle alimente, elle affirme : « hélas, il y a aussi des pays membres de l'Union européenne qui achètent ce pétrole de contre-bande ».

Pressée de divulguer les noms de ces pays qui contribuent à enrichir l'EI, l'ambassadrice européenne a refusé de donner des noms. Cette révélation, basée sans doute sur les informations des services de renseignement européens, a créé la panique au sein de l'UE. Le Service d'action extérieure de l'UE, qui gère les diplomates européens, a refusé de commenter cette déclaration.

 

Il y a an, l'UE légalisait l'achat de pétrole aux rebelles syriens

 

Encore une fois, ceci n'est une surprise que pour ceux qui ont oublié l'histoire récente. Le 22 avril 2013, les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé de lever le blocus européen portant sur l'importation de pétrole syrien venant des territoires rebelles.

L'objectif était alors d'accorder un soutien économique à la rébellion syrienne – déjà dominée par les islamistes comme Al-Nosra et l'EI.

Le ministre des Affaires étrangères allemand d'alors, Guido Westerwelle, commentait ainsi cette décision : « Nous voulons développer économiquement les régions contrôlées par l'opposition, il nous faut donc lever les sanctions qui empêchent l'opposition modérée de travailler ».

Ce que signifiait cette levée du blocus sur le territoire venant du nord de la Syrie, c'est que le trafic organisé par les rebelles islamistes était perçu comme totalement légal par les Etats de l'UE qui aurait eu bien tort de ne pas profiter de la manne de ce pétrole bon marché offert par l'EI.

 

En dépit des nuances que tentent d'apporter certains « experts » dans la presse française, même si la proportion de pétrole chez nous venant de l'EI est négligeable (mais pas nulle donc), elle a eu un poids considérable dans le financement de ce groupe islamiste.

Par ailleurs, ce n'est pas vrai que les « Etats européens ne savaient pas », parce que le pétrole subit divers mélanges, ou était raffiné ailleurs, transporté par des intermédiaires etc. Comment ne peuvent-ils pas savoir quand les prix pratiqués sont bien en-dessous de ceux du marché ?

Les Etats européens se comportent comme le feraient des acheteurs complices honteux de voleurs qui auraient trouvé un baril de pétrole « tombé du camion-citerne ». On le vend 25 au lieu de 100 $, mais on ne savait pas que ce n'était pas du trafiqué, de la contre-bande. Qui peut y croire ?

 

Par ailleurs, il n'est pas anodin de rappeler qu'on estime qu'il y aurait maintenant plus de 3 000 combattants européens dans les forces de l'EI, soit entre 15 et 20 % de ses forces, et le flot serait plutôt en augmentation.

Qui peut croire que ni les services de renseignement français, britanniques ou turcs ne peuvent contrôler ces flots ?

Peut-être y-a-t-il aussi des agents des services secrets occidentaux infiltrés dans ce groupe, remarquablement bien organisé (y compris dans le trafic de pétrole à l'échelle internationale!) malgré son petit nombre, alors quel rôle jouent-ils, ces agents ?

 

On ne sait pas toute la vérité sur l'Etat islamique. Mais chaque jour qui passe nous le confirme : l'Etat islamique a été armé, financé, aidé, soutenu par les Etats-unis et ses alliés dans la région, et même par l'Union européenne et ses Etats. Et alors, à qui profite le crime ?



Sources :



  • CNN, ISIS' struggle to control its oil riches, 4 septembre 2014;

  • Al Monitor, Opposition MP says ISIS is selling oil in Turkey, 14 juin 2014

  • Washington Times : Pentagon: Most of Islamic State’s oil refineries in Syria have been destroyed, 30 septembre 2014

  • W. Times Islamic State fighters drawing on oil assets for funding and fuel, 15 septembre

  • Daily Sabah, European diplomat: EU buys ISIS oil, 3 septembre 2014

  • AP, EU lifts syria oil embargo to bolster rebels, 22 avril 2013

  • The Independent, Islamic State: British fighters make up a quarter of foreign jihadists, 20 septembre

  • AFP, EU Counter-Terrorism Chief: Flow Of Europeans To ISIS ‘Isn’t Drying Up’, 24 septembre 2014

  • AP, ISIS Became The Richest Terrorist Group Ever By Raising Money Like A Mafia, 14 septembre 2014

  • El Watan, L'Occident veut-il vraiment en finir avec Daech, 23 septembre 2014

  • Middle East monitor, EU ambassador to Irak accuses european countries of purchasing oil from Islamic State, 3 septembre 2014



Vidéo de la conférence de Jana Hybaskova : http://www.youtube.com/watch?v=54OLF2rDSpo

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:30
Qui sont tes parents, petit EIIL ?

 

Essayons de clarifier, si cela est possible, le plan d’Obama pour s’occuper de l’EIIL, ce croquemitaine que l’Amérique a elle-même créé. La semaine dernière, le président a juré qu’il allait affaiblir et abattre l’État islamique, après l’avoir alimenté pendant trois ans en armes et avoir financé les combattants djihadistes, dont l’EIIL, dans l’espoir que ces derniers iraient « affaiblir et finalement abattre » l’État syrien du président Bashar al-Assad. Résumons : les Américains ont tout fait pour détruire un État, la Syrie, dont le gouvernement n’avait jamais représenté aucun danger pour les USA, et ils se retrouvent aujourdhui à créer un autre État, le fameux califat, à cheval sur les frontières de l’Irak et de la Syrie, lequel affiche ouvertement son intention de combattre les États-Unis.

Obama nous assure qu’il rassemble une nouvelle coalition désireuse de se joindre à lui pour détruire l’EIIL. Mais il s’avère que chacun des membres de cette coalition a déjà conspiré avec les États-Unis pour donner naissance à l’EIIL – à savoir, la Grande-Bretagne et la France et d’autres États européens, mais aussi la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Koweït, et les Émirats arabes unis… Bref, l’EIIL a beaucoup, beaucoup de parents, qui renient aujourd’hui leur progéniture.

Obama semble vouloir laisser en dehors de sa coalition ce pays si riche en gaz naturel qu’est le Qatar, ce qui n’est pas juste, étant donné que le Qatar s’est comporté en allié loyal des États-Unis et de l’OTAN voilà quelques années, au moment où Obama tentait d’affaiblir et d’abattre un autre État, la Libye, qui elle non plus ne représentait aucun danger pour les USA. L’émir du Qatar avait alors mis à contribution ses revenus gaziers pour aider Obama, envoyant de l’argent, des armes et des mercenaires afin d’aider les djihadistes libyens que les USA désiraient installer dans le nouveau gouvernement. Une fois le changement de régime survenu en Libye, le Qatar a envoyé des centaines de djihadistes libyens en Syrie, pour renverser le régime d’Assad. En attendant, l’État en Libye n’existe plus, et rien n’a remplacé celui détruit en 2011. Au lieu de cela, le pays est maintenant ravagé par la guerre civile, qui n’est rien d’autre qu’une guerre « par procuration » entre l’Arabie saoudite et ses amis d’une part, et le Qatar d’autre part.

Des guerres au coeur d’autres guerres, au coeur de changements de régime

Il semble en fait que le Qatar se soit rangé du mauvais côté – celui des Frères musulmans – après le changement de régime en Égypte en 2011. La famille royale saoudienne hait profondément les Frères musulmans, car ces derniers prônent le système des élections, et les royautés n’aiment pas les élections. Aussi, les Saoudiens ont provoqué un nouveau changement de régime en Égypte, remettant les militaires au pouvoir, et sont actuellement en guerre « par procuration » avec le Qatar sur le terrain de la Libye. C’est pour cette raison que l’Arabie Saoudite a éjecté le Qatar de la coalition qu’Obama met en place pour combattre l’EIIL (tout cela n’est pas facile à comprendre, n’est-ce pas ?)
La Turquie, qui fait partie de l’OTAN, a été un père merveilleux pour l’EIIL, et a autorisé l’usage de ses longues frontières avec la Syrie et l’Irak aux combattants du califat. En retour, la Turquie a obtenu des tarifs avantageux sur le pétrole extrait des champs contrôlés par l’EIIL en Syrie et en Irak, ce qui par effet de bord, rend la Turquie assez réticente à aller botter les fesses du petit garnement EIIL.

Il se pourrait bien qu’Obama doive aller abattre le califat tout seul [mais non, Hollande est arrivé – NdT], ce qui expliquerait pourquoi le plus haut conseiller militaire du président parle d’envoyer des troupes US au sol en Irak et peut-être en Syrie.

Toujours est-il qu’Obama met en place une nouvelle armée de rebelles pour continuer le travail de destruction de l’État syrien – à moins, bien sûr, que ces nouveaux combattants ne prennent l’argent et les armes et ne rejoignent eux aussi les rangs de l’EIIL.

Glen Ford, pour BlackAgendaReport.com, le 17 sept. 2014

Traduction IlFattoQuotidiano.fr

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 18:32
Les clefs de la mort d’un jeune député bolivarien et de sa compagne
Robert Serra

Le député Robert Serra (au centre)

María Herrera

María Herrera, sa compagne

Robert Serra, 27 ans, était le plus jeune député de l’Assemblée Nationale et membre du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV). Lui et sa compagne Maria Herrera viennent d’être assassinés chez eux, dans le quartier populaire de La Pastora, à Caracas, par six individus lors d’une opération minutieusement planifiée. Pourquoi ?

En février 2014, la plupart des journalistes occidentaux (le Monde, Libération, El País, etc..) avaient transformé une mobilisation de droite, notamment étudiante, partie des quartiers riches de Caracas… en  “révolte populaire contre la vie chère”. Ils avaient occulté le refus des secteurs populaires de participer à ces violences qui avaient débuté à la frontière colombienne grâce à l’appui des paramilitaires liés à l’ex-président Alvaro Uribe. Il ne restait qu’à faire croire que le gouvernement bolivarien, qui répondait à une enième tentative de déstabilisation, “réprimait la population”… (1)

Ces médias nous présentèrent alors le jeune Lorent Saleh comme un “leader étudiant de la lutte pour la démocratie”. Or, celui-ci a été expulsé de Colombie le 4 septembre 2014 par le gouvernement Santos, alors qu’il y perfectionnait sa formation paramilitaire. Plusieurs vidéos le montrent durant ces cours se réjouir de l’appui des médias internationaux à “l’Opération Liberté” et de rentrer bientôt au Venezuela muni d’un arsenal renforcé et appuyé par un personnel plus nombreux et mieux formé : “nous allons commencer par descendre vingt macchabées en 48 heures à Caracas, pour neutraliser les collectifs”. (2)

L’assassinat "sélectif" du jeune député Serra et de sa compagne est caractéristique du paramilitarisme et, en général, de toutes les politiques de terreur (Honduras, etc..) visant à intimider les jeunes qui voudrait s’engager dans un changement révolutionnaire.

Une politique annoncée de longue date, comme l’attestent des enregistrements réalisés en 2013 où la dirigeante d’extrême-droite Maria Corina Machado exigeait de mener contre le gouvernement bolivarien des “confrontations non-dialogantes” avec l’appui des États-Unis. Machado (elle aussi transformée en égérie de la liberté par les médias occidentaux) avait organisé un meeting sous l’effigie d’un militant bolivarien pendu par les pieds. (3)

L’ex-président colombien Ernesto Samper, actuel Secrétaire Général de l’UNASUR (organisme regroupant les douze nations sud-américaines) a déclaré que “l’assassinat  de Serra est un signal préoccupant de l’infiltration du paramilitarisme au Venezuela”. Le maire de Bogota Gustavo Petro a rappelé que le jeune député vénézuélien enquêtait sur les liens entre Lorent Saleh et l’ex-président Alvaro Uribe.

La population vénézuélienne rend massivement hommage à Robert Serra et à María Herrera en défilant depuis deux jours à l’Assemblée Nationale. Pour dire l’émotion et l’indignation populaires, l’ex-sénatrice colombienne et militante des droits humains Piedad Cordoba a cité Neruda : “Ils peuvent couper toutes les fleurs, ils ne pourront arrêter le printemps”.

Les médias occidentaux se font particulièrement discrets sur ces faits.

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Foto-Americo-Morillo-IMG_2625Thierry Deronne, Caracas, 3 octobre 2014.

Notes :

(1) “Brévissime leçon de journalisme pour ceux qui croient encore à l’information”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/22/brevissime-cours-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-linformation/

(2) https://www.youtube.com/watch?v=mssSTguxtm4

(3) “C’est l’heure d’anéantir Maduro, le reste tombera de son propre poids”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/05/29/%C2%A8cest-lheure-daneantir-maduro-le-reste-tombera-de-son-propre-poids%C2%A8-les-visages-reveles-du-plan-de-coup-detat/

 

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