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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 18:53

BRN-titre

Préparée de longue date, mais formellement décidée par les Vingt-huit le 17 novembre 2014, la « mission de conseil de l’UE » en matière de sécurité (EUAM Ukraine, selon l’acronyme anglais) sera lancée le 1er décembre. Elle vise à épauler les autorités de Kiev en matière de « sécurité intérieure ». Officiellement, il s’agit de réorganiser et former les forces de l’ordre : police, garde nationale, garde-frontières. Un rôle complémentaire, en quelque sorte, de celui que jouent les conseillers militaires américains qui appuient les forces armées du pays.

 

 

Une centaine d’« experts » européens vont s’établir sur place, pour deux ans. A Bruxelles, on confie que la mission pourrait en réalité durer bien plus longtemps. Dans un Etat en guerre, dont le gouvernement promet de reconquérir manu militari le Donbass, voire la Crimée, et où la traque des partisans de l’ancien régime par les milices fascisantes fait souvent régner un climat de peur, une telle mission constitue un clair soutien au régime en place à Kiev. Celui-ci ne manquera pas de se sentir ainsi encouragé dans son attitude agressive baptisée « lutte contre le terrorisme » – ce qui n’est pas fait pour apaiser les tensions.

 

 

Il se trouve que le lancement de l’EUAM tombe à un bien mauvais moment pour l’UE : cette dernière prétend contribuer à la mise en place d’un « Etat de droit » en Ukraine. Or un scandale vient d’éclater concernant la mission dite EULEX, qui assure… la mise en place de l’Etat de droit au Kosovo (EULEX a été lancée en 2008, suite à la déclaration unilatérale d’indépendance de cette ex-province serbe, appuyée par les Occidentaux).

 

 

EULEX est éclaboussée par des révélations mettant en cause plusieurs de ses hauts responsables. Un magistrat aurait empoché 350 000 euros en échange de la libération d’un suspect ; le procureur général envoyé par l’UE aurait également reçu de l’argent pour étouffer des affaires des crimes de guerre concernant des chefs de l’UCK (l’ex-armée rebelle aujourd’hui au pouvoir) ; et lorsqu’une magistrate britannique de la mission a tenté d’alerter sa hiérarchie, c’est elle qui a été suspendue, et menacée.

 

 

L’affaire, d’abord révélée par la presse kosovare, fait d’autant plus de bruit qu’elle était connue depuis un an à Bruxelles, où l’on affirme qu’une investigation interne est en cours. Or, aujourd’hui encore, les informations sont concédées au compte-goutte. Du coup, pas moins de quatre nouvelles enquêtes viennent d’être lancées parallèlement par différentes instances de l’Union européenne…

 

 

Pour sa part, Le Monde notait récemment (16/11/14) : « pour une grande partie de la population, les mœurs politiques qu’EULEX était censée combattre ont contaminé la mission. Sa proximité avec le pouvoir du premier ministre Hashim Thaci (lui-même soupçonné de crimes de guerre, NdlR), en poste depuis l'indépendance, est connue ». De fait, depuis des années, aucun « gros poisson » n’a été inquiété.

 

En d’autres termes, il ne s’agit pas de dérives individuelles, mais d’une marque de fabrique politique présente dès l’origine.

 

On notera que la proximité de l’UE avec les gouvernants de Kiev n’est pas moindre qu’avec leurs pairs kosovars. Tous les espoirs sont permis pour les Ukrainiens.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 23:05
L’OTAN souhaite vivement une intervention de la Russie en Ukraine orientale
par Willy Wimmer, ancien secrétaire d’Etat au ministère de la Défense fédérale allemande

Ces derniers jours, il est flagrant de constater comment les médias d’Etat allemands restent à la traîne des événements. Chaque soir, l’arsenal des opinions médiatiques est moralisateur, ennuyeux, toujours politiquement correct. Si l’on regarde au-delà des frontières de son propre pays, il existe un secret de polichinelle. Soit les négociations avec l’Iran sur la question nucléaire, prévues de se terminer entre les 18 et 24 novembre, réussissent à désamorcer les conflits régionaux, soit nous devons nous résigner – malgré nous – à voir apparaître la mèche allumée du prochain grand conflit global.


Il y a des développements que nous préférerions et d’autres, à quelques heures de vol de chez nous, semblant éventuellement pouvoir limiter le conflit. La rencontre des pays riverains de l’Asie-Pacifique dans la capitale chinoise de Pékin nous a clairement montré qu’une limitation des dégâts serait possible.
Soit on donne une chance à la raison et au respect du fléau de la guerre, soit on laisse mûrir les choses pour les «résoudre» par les armes. Depuis des décennies, le monde ne s’est plus trouvé dans une situation aussi dramatique et qui pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2014.
Nous autres Européens, ainsi ceux qui se rangent du côté de l’«Occident», ne devraient pas oublier la situation morale, économique, financière et politique présente à la fin de la guerre froide et de la réunification allemande. Et aujourd’hui? On ne peut que constater qu’il y a rarement eu, au cours de l’histoire, une meilleure situation pour lutter contre la misère dans le monde – et nous l’avons gâchée. L’Occident a jeté par dessus bord, uniquement par sa propre faute, l’excellente situation de départ de jadis avec laquelle il aurait pu faire face aux plus grands défis. Pourquoi? Parce que nous nous retrouvions, pour de multiples raisons, dans une union avec une puissance qui, depuis plus d’une décennie, se débat littéralement de tous les côtés en violant sciemment toutes les règles en vigueur pouvant nous assurer la possibilité de construire un monde plus pacifique. Nous étions à ses trousses. Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’à prier que le conflit en Ukraine orientale n’empire pas avant la fête de Noël.
Ce n’était pas un avantage pour la Fédération de Russie de devenir, à la fin de la guerre froide et de l’Union soviétique, une «plume dans le vent». Ainsi elle a longtemps manqué comme élément de «co-ancrage» pour un ordre de stabilité européen. Les décideurs à Moscou comme ceux à Bonn et à Berlin ne purent que constater la manière avec laquelle Washington détruisait tout ce qui se présentait à lui. L’Occident – nous inclus – ne fut pas capable de développer des données constructives après avoir réussi à résoudre une confrontation dans une des grandes régions du monde. Et maintenant? Nous avons été ébahis en voyant que la Fédération de Russie réapparait sur la scène internationale à la suite des guerres violant le droit international menées contre Belgrade, Bagdad, Damas et Tripolis à l’aide de nouveaux procédés américains clairement dirigés contre la Russie.
Actuellement, tout semble indiquer que l’Occident, dominé par les Etats-Unis, ne sait pas comment se comporter ni face au mutisme russe ni face au retour de la Fédération de Russie en tant que puissance globale. L’Union européenne s’aligne naturellement sur l’Amérique, exactement comme la nouvelle «cheffe de la diplomatie européenne» nous l’a signalé.
Toute personne, telle Mme Mogherini, déclarant déjà dans sa première prise de position en public, qu’à l’avenir la politique de l’UE face à Moscou serait définie de commun accord avec l’OTAN, illustre clairement le peu de liberté d’expression qu’elle exige.
Mme Mogherini ne cache pas que les sanctions nous ayant été octroyées par Washington – et dont nous portons le fardeau principal – n’auront aucune influence sur le gouvernement russe. Mais pourquoi, sommes-nous néanmoins soumis à ces sanctions, pourquoi les avons-nous mises en vigueur?
L’Occident ne réussit plus à faire avaler ses sanctions aux populations étonnées et de plus en plus méfiantes. Veut-on nous faire croire qu’avec cette tentative d’influencer Moscou et Kiev, l’Occident a pris des mesures stabilisantes? Certainement pas, car tout le monde sait à quel point ces sanctions sont un procédé partial envers Moscou, allant dans la même direction que le procédé occidental utilisé pour le coup d’Etat de Kiev. Pour utiliser une image propre au domaine militaire, on pourrait dire que les sanctions sont utilisées dans le même but qu’on engage des divisions de blindés supplémentaires pour assurer son offensive contre à un pays pacifique – la Fédération de Russie.
On n’avait nul besoin des appels téléphoniques rendus publics de la secrétaire d’Etat américaine Mme Nuland pour comprendre la stratégie générale de l’Occident en Ukraine. L’Occident n’avait rien à redire contre le président Ianoukovitch et le festival des oligarques en Ukraine tant qu’il paraissait prêt à signer les accords de libre-échange avec l’Union européenne. Ces dernières semaines, de nouveaux et d’anciens commissaires européens ont expliqué à quel point la politique européenne était erronée dans ce contexte. Partout que du gâchis.
Dans la nuit ayant suivi les meurtres de Kiev, on a – avec l’accord des hommes occidentaux de l’ombre – mis le feu aux régions de l’Ukraine occidentale choisies comme point de départ pour s’attaquer à la Russie ensuite. On n’a pas été assez vigilants en décidant de se servir des forces relevant, dans cette région, de la peste médiévale: anciens et nouveaux nazis. C’est vraiment étonnant et honteux de voir ceux qui se taisent à Kiev comme chez nous et ceux qui minimisent l’engagement de formations militaires avec un tel passé à la frontière de la Russie. C’est effarant de voir quelles personnalités gardent le silence.
Pourtant, nos gouvernements doivent savoir une chose: on ne peut cautionner tous ceux qui continuent à croire à leurs paroles et aux médias sous leur coupe au sujet de leurs informations sur la région d’Ukraine orientale.    •
(Traduction Horizons et débats)

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 13:40

Le Pape entre vérité et diplomatie

pape_francois turquie

« Aujourd’hui on dit que beaucoup de choses ne peuvent pas se faire parce que l’argent manque. Et pourtant on trouve de l’argent pour acheter des armes, on en trouve pour faire les guerres » : cette affirmation du Pape François a été ignorée par les milieux gouvernementaux italiens et occidentaux, qui taisent le fait que la dépense militaires mondiale (environ 1750 milliards de dollars annuels selon le Sipri) est entraînée par celle des USA/Otan (plus de 1000 milliards de dollars annuels, plus d’autres dépenses à caractère militaire).

Pratiquement ignorée, dans ces mêmes milieux, l’affirmation du Pape qui sonne indirectement comme une critique au système capitaliste : « Nous sommes en train de vivre une troisième guerre mondiale par morceaux, par chapitres », derrière laquelle se trouvent des problèmes politiques et économiques corrélés à la tentative de « sauver ce système où le Dieu argent est au centre ».

Un relief particulier a par contre été donné, à Rome et dans les autres capitales occidentales, au fait que le Pape, arrivé à Ankara, a exprimé son appréciation pour « le rôle important de la Turquie dans l’aire moyen-orientale, en en soulignant notamment l’engagement humanitaire pour l’accueil des réfugiés fuyant les zones de conflit » (L’Osservatore Romano, 28 novembre). Le Pape avait fait pareil quand, à Amman, il avait remercié le royaume jordanien pour « le généreux accueil fait aux réfugiés irakiens et provenant d’autres zones de crise, en particulier de la Syrie voisine, emportée par un conflit qui dure depuis trop longtemps », en encourageant la Jordanie à « continuer à s’engager dans la recherche de la paix désirée pour toute la région » (L’Osservatore Romano, 24 mai).

Ces déclarations qui font les louanges (probablement sur la base d’un calcul diplomatique) du rôle de la Turquie et de la Jordanie dans la région moyen-orientale et de leur engagement en faveur de réfugiés, se prêtent à être un instrument utile dans la campagne conduite par les gouvernements et par les médias occidentaux pour mystifier la réalité. Ce n’est pas un hasard si le président Napolitano, dans son message à la veille du départ du Pape pour la Turquie, souligne « le rôle crucial qu’Ankara est appelé à jouer dans une région secouée par de fortes tensions et de sanglants conflits ».


En réalité la Turquie et la Jordanie constituent les avant-postes de l’opération guerrière USA/Otan, dont le vrai objectif n’est pas la destruction de l’Emirat islamique, fonctionnel à cette stratégie, mais la démolition de l’Etat syrien (après le yougoslave et le libyen), la reconquête de l’Irak (éventuellement en le démembrant pour pouvoir mieux le contrôler) et en perspective l’attaque de l’Iran. Comme le documentent aussi des enquêtes du New York Times et du Guardian, en Turquie et en Jordanie la Cia a ouvert des centres de formation militaire où sont entraînés des groupes islamiques (auparavant définis comme terroristes par Washington) provenant d’Afghanistan, de Libye et d’autres pays, à infiltrer en Syrie ; y compris les groupes qui ont formé l’EI en Syrie, avant de lancer l’offensive en Irak. Les armes arrivent surtout via l’Arabie Saoudite et le Qatar. En Turquie -où l’Otan a plus de vingt bases aériennes, navales et d’espionnage électronique- a été transféré le Landcom, le commandement allié des forces terrestres des 28 pays membres de l’Otan, y compris donc des forces turques ; il a été activé à Smyrne, d’où il dirige les opérations en Syrie et en Irak. En Jordanie -d’après l’Associated Press (28 novembre)- ont été formées, dans un programme Cia d’entraînement de deux années, les forces rebelles appuyées par les Etats-Unis qui opèrent conjointement avec la branche d’Al Qaeda en Syrie. En provoquant d’autres vagues de réfugiés qui bénéficieront du « généreux accueil » de la Turquie et de la Jordanie.

 Manlio Dinucci

Géographe et journaliste


Edition de mardi 2 décembre 2014 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/il-papa-tra-verita-e-diplomazia/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 10:26

ukraine-crimee

 

Et si des fonctionnaires russes et chinois voyageaient à Ferguson pour y financer un coup d’Etat dans les Etats-Unis ?

 

Prenons les faits, rien que les faits, ceux que personne ne peut nier:

 

L’artillerie ukrainienne a tué dans la nuit de mercredi, au moins 13 civils dans les districts du nord de Donetsk, ville située dans le sud-est de l’Ukraine.


« Hier soir nous avons constaté une grande activité de l’artillerie ukrainienne. Selon les première données elle  a tué 13 civils », a déclaré jeudi une source locale.

 

Selon le dernier rapport de la mission des  droits fondamentaux de l’Organisation des Nations Unies (ONU), présenté la semaine dernière à Genève (Suisse), le conflit armé dans le sud-est de l’Ukraine,  commencé en février, a fait  4317 morts et 9921 blessés dont une majorité de civils.


Face à de tels chiffres, comme d’ailleurs les faits intervenus depuis le début de l’année à savoir:

 

1) L’intervention des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’Union Européenne en faveur d’un coup d’Etat renversant le président élu. Coup d’Etat qui n’a pas été accepté par la population du sud est et qui a mis au pouvoir un gouvernement de marionnettes composée de néo-nazis et d’oligarques corrompus et a créé la guerre civile. Que penserions-nous si la Russie et la Chine allaient à Fergusson fomenter un coup d’Etat contre Obama? Ce sont pourtant les mœurs habituelles des Occidentaux.


2) L’intervention de plus en plus manifeste des États-Unis qui considèrent désormais l’Ukraine comme leur colonie. Coup d’Etat manifestement dirigé contre la Russie et qui n’avait que deux  buts: transformer l’Ukraine en bastion de l’OTAN avec une confrontation directe entre puissance nucléaire et créer une situation de conflit permanent au sein de l’Europe pour empêcher un développement eurasiatique et justifier la présence permanente de l’OTAN et des Etats-Unis.


3) La situation politique, économique et militaire du gouvernement ukrainien ne cesse de se détériorer et la gestion ukrainienne ne vivant sous unique perfusion de l’étranger avec des fonds aussitôt détournés par les oligarques. Sur le plan économique c’est la faillite, la misère, le chômage pour les populations, sur le plan politique l’extrême-droite fait régner la terreur non seulement dans le Donbass avec ses armées mais en instituant la terreur au quotidien, forçant les communistes à la clandestinité. Le cas d’Odessa où ce sont les victimes qui passent en jugement, sont tabassées par l’extrême droite et où on licencie massivement tous ceux qui ne suivent pas les folies nationalistes. En outre le gouvernement ukrainien vient de lui-même organiser la séparation avec les territoires de Donetsk et Lougansk en coupant le paiement des pensions et des services publics après avoir massacré depuis des mois sa propre population.


4) Cette rupture, ce  blocus au sein du pays n’a qu’une fonction voulue par les américains, forcer l’armée russe à intervenir en Ukraine pour offrir un prétexte à l’OTAN; mais le caractère criminel de cette stratégie est dans le chiffre des morts et des blessés, celui des souffrances terribles vécues par les populations civiles.


Qu’il se trouve dans un tel contexte une presse et des forces politiques en France capable non seulement de faire le silence sur cette situation inhumaine et scandaleuse en s’interrogeant seulement sur la présence ou non de russes dans le camp des insurgés prouve le degré d’ignominie et de vassalité qui est désormais celui de notre pays et des forces dites de gauche.


Je signale à ces gens-là que s’il est normal que l’armée russe se trouve à la frontière de l’Ukraine, il est beaucoup moins normal géographiquement que l’Ukraine soit désormais une colonie des Etats-Unis avec une telle présence des experts et des mercenaires. Maintenant si nous abandonnons toute hypocrisie au vu du martyre subi actuellement non seulement par les civils dans le Donbass mais la répression des communistes et des progressistes, nous espérons tous qu’il y a effectivement une aide russe, l’aide humanitaire est nécessaire  d’abord pour soulager la souffrance des population soumise à un blocus. Mais face à des tirs à l’arme lourde sur des villes ce qui est un crime contre l’humanité, comment  les aider à en finir avec cette agression et là on ne peut pas évacuer la nécessité d’une aide militaire. Pourtant personne ne peut à l’inverse de ce que font les états-Unis faire la preuve, aller au-delà des supputations, sur l’aide réelle apportée par les Russes dans ce domaine autre que des volontaires et des armes reprises à l’ennemi ukrainien.

 

 

Voilà les faits rien que les faits tout le reste est enfumage.
 

 

le 29 novembre 2014

Danielle Bleitrach

 

source : histoire et société

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 16:58

TEXTE REPRIS SUR
BANDERA ROSSA 

Samedi 29 novembre 2014

                                                                  source:Recherches internationales


 par Michel ROGALSKI

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est vrai qu’une diplomatie ne peut s’inverser en quelques semaines tant il y va de la continuité de l’État et des engagements souscrits. Mais à mi-parcours d’un mandat présidentiel, la marque nouvelle a pu et dû s’imprimer et le sillon se tracer, être compris et pris en compte par la communauté internationale attentive aux nouveaux signaux d’un pays qui reste encore l’une des principales puissances de la planète et dont la diplomatie a rarement été isolée. Un pays dont les atouts, façonnés par l’histoire, ne sont pas mince. Ancien empire colonial sur lequel le soleil ne se couchait jamais, partie prenante du côté des vainqueurs de deux conflits mondiaux, détenteur de l’arme nucléaire et donc assurée de la pérennité de son siège permanent au Conseil de sécurité, dotée d’une langue largement partagée dans le monde, et enfin grande puissance maritime par l’étendue de ses côtes, la France est un pays qui compte encore sur la scène mondiale même si elle ne fait plus jeu égal avec l’Allemagne en Europe, continent lui même en déclin relatif.

La diplomatie française a une histoire dont les sinuosités ont ciselé autant de phases et de repères marquants. Elle doit faire face à un ensemble de grands dossiers qui structurent le monde et dans lesquels elle est impliquée et qui constituent autant d’occasions d’imprimer sa marque. Il est d’usage de l’évaluer à l’aune de ces grands traits en prenant la mesure des inflexions réalisées.

 

Pour nous en tenir au cadre de la V° République, la présidence actuelle fait suite à celles de De Gaulle, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac et Sarkozy. Les trois premières ont connu la guerre froide, pas les trois dernières. À l’inverse, seules les trois dernières ont connu les contraintes de la mondialisation et de sa forme accusée, l’intégration européenne. De Gaulle sortit la France de son Empire colonial pour l’insérer dans l’Europe et esquissa une prise de distance d’avec l’atlantisme marqué par une soumission aux Etats-Unis. La parole fut audacieuse – discours de Phnom Penh et du Québec – et les décisions fermes – fermeture des bases de l’Otan et sortie de son dispositif militaire intégré.

 

Malgré sa volonté, Giscard ne put revenir sur l’essentiel de ces orientations sauf à rompre avec les gaullistes, ce que le rapport de forces ne lui permit pas. Il est d’usage de considérer qu’en matière de politique étrangère la continuité fut forte entre Mitterrand et Chirac au point qu’on put parler d’une diplomatie gaullo-mitterrandienne, souvent ramenée, cohabitation oblige, au consensuel Hubert Védrine.

 

Toute autre fut la phase incarnée par Sarkozy qui, au delà de son agitation centrée sur l’événement, marqua un retour vers un atlantisme décomplexé et un goût prononcé pour les expéditions guerrières inspiré par un droit-de-l’hommisme douteux et générateur de chaos. En fait, son atlantisme consistait à faire retour dans le giron du monde occidental, alors même que la guerre froide était terminée.

C’est dans un tel contexte que François Hollande, avec ses prérogatives de chef d’État, prend en charge la diplomatie française. Allait-il renouer avec le consensus gaullo-mitterrandien du rapport aux États-Unis– alliés, mais pas soumis –, continuer le nouveau sillon tracé par le prédécesseur ou imprimer sa marque esquissée par les points programmatiques de sa campagne et attendue par ses électeurs ?

Aucune inflexion marquante ne fut prise. Par défaut le pire fut donc choisi !

Oubliées les quelques vagues promesses de campagne ou de postures adoptées lorsqu’il était dans l’opposition. Car sur l’essentiel l’inflexion sarkozyste fut préservée et délibérément assumée au point même d’aller demander non sans malice à Hubert Védrine de rédiger un Rapport expliquant que tous comptes faits il y avait plus d’avantages à continuer à rester dans le commandement militaire de l’Otan, inflexion adoptée par Nicolas Sarkozy, qu’à revenir à la posture traditionnelle de la France.

Exit donc la position développée par François Hollande, alors parlementaire de l’opposition, et qui déclarait à l’Assemblée nationale lors d’une motion de censure débattue en 2008 : « Ce retour vers l’Otan n’est pas simplement contraire aux intérêts de la France et même de l’Europe, il est aussi contradictoire avec la stabilité du monde. Car la décision du Président de la République intervient au moment où l’Otan change d’identité. »

 

Au lieu de tout cela, il faut évidemment sortir de l’Otan qui depuis la fin de la guerre froide n’a plus de raisons d’être sinon de permettre aux états-Unis d’exercer leur emprise sur ses membres et les pousser en situation de servitude volontaire. Il convient également d’exiger la dissolution de l’Otan devenue anachronique et d’en tirer toutes les conséquences en matière de désarmement et de lutte contre la prolifération nucléaire.


Sur l’Europe, le cap fut par ailleurs très vite tranché. Les velléités, un temps envisagé, de renégocier le Traité « Merkozy » se transformèrent en codicille sur la croissance mais sans portée obligatoire. Ligotée, la France ne put donc prendre la tête d’une coalition anti-austéritaire et dut au contraire très vite sous diktat de Bruxelles s’appliquer les pires mesures régressives.

L’ambition de campagne proclamée de peser sur les modalités de la construction européenne s’est évanouie et la France se retrouve sans voix originale pour peser en Europe, alors que sa nécessité est d’une urgence criante.

 

Au moment du scandale LuxLeaks qui révèle les faveurs fiscales accordées depuis des années par le Luxemburg à des centaines de firmes multinationales leur permettant de spolier leur État d’origine, Pierre Moscovici vole au secours de Jean-Claude Juncker responsable de la dérive fiscalo-maffieuse de son pays dont le coût est évalué à 1000 milliards d’euros par an. Michel Sapin aurait là beau jeu de faire valoir les rentrées fiscales perdues par la France à cause du paradis fiscal luxembourgeois. Et en alléguant combien ces pertes fiscales ont contribué à la montée de l’endettement aujourd’hui reproché, la France pourrait solidariser avec elle bon bon nombre de pays européens également touchés et soumis à des politiques régressives et des hausses d’impôts.

Mais pour prendre une telle posture, encore aurait-il fallu donner corps aux propos de campagne laissant croire que « mon adversaire c’est la finance ». Pourtant les occasions furent nombreuses de le réaffirmer. Passons sur les visites à Londres du Président Hollande puis de son Premier ministre pour rassurer les financiers de la City, puis les patrons. La vraie lutte contre la finance commençait en France même pour réguler le secteur bancaire. Les engagements de campagnes avaient été prometteurs.

 

Une nouvelle loi devait séparer les activités bancaires de dépôt de la clientèle des activités de marchés où la banque engageait de façon risquée ses propres capitaux. Mais dans ce domaine la timidité a été de mise. Seuls à peine 1 ou 2 % des activités des grands groupes français sur les marchés de capitaux se trouveront concernés par la « loi de séparation et de régulation bancaire » adoptée en juillet 2013.

 

C’est une séparation qui ne coupe pas dans le vif et laisse à la finance tout loisir de continuer, avec l’argent du public, ses pratiques. Dans la même lignée, la France agit dans le cadre européen pour limiter le champ d’action de la « taxe Tobin » sur les transactions financières.


L’attitude du gouvernement français à propos de l’amende infligée par les autorités américaines au groupe BNP-Paribas a été révélatrice. Surtout ne pas parler du fond – du rôle du dollar et de la souveraineté nationale – ou de la leçon – le politique peut contraindre la finance - mais marchander et plaider l’indulgence ou le risque systémique afin d’atténuer la peine pour la rendre « raisonnable », tel fut le propos confus de nos dirigeants partagé en cela par les principaux commentateurs et faiseurs d’opinion.

Seul positionnement possible pour tous ceux rassemblés à l’unisson autour du respect de la finance et de l’allégeance aux États-Unis. La banque a payé – 9 milliards de dollars – et a dû s’acquitter de très lourdes peines annexes. En silence ! La profession qui ne manque pas de relais a fait profil bas. Car ce que tous ont voulu cacher c’est que la donne avait changé aux États-Unis depuis la crise de 2008. Les sanctions pleuvent en cascade sur les banques et institutions financières.

 

L’administration est sans pitié et les pénalités se négocient. Les établissements financiers ayant joué un rôle central dans l’affaire des subprimes ont déjà dû débourser plus de 100 milliards de dollars de pénalités ou de dédommagements à leurs victimes. C’est le politique qui est aux commandes et aucune position établie aussi respectable soit-elle, financière ou industrielle, ne semble pouvoir résister à un État qui ne badine pas et qui entend que les règles édictées soient respectées.

C’est bien ce message que nos dirigeants politiques, Medef et commentateurs associés ont surtout cherché à ne pas entendre. Car cela pourrait donner des idées. Imposer de quelques milliards nos établissements financiers pour quelques infractions vraisemblables et les faire ainsi abonder au budget de l’État qu’ils ont contribué à déstabiliser eut été une leçon raisonnable de ce qui se passe outre-Atlantique que l’on tient pour notre Mecque.


L’affaire de la NSA révélée par le courageux Edward Snowden a montré au monde entier que les états-Unis s’étaient lancés dans un vaste programme d’interception des communications téléphoniques et informatiques à l’échelle du monde sans aucun discernement entre pays amis ou ennemis. Toutes ces révélations dévoilent l’ampleur du processus coopératif qui a accompagné la mise en œuvre de ce vaste réseau de surveillance.

Certes, il profitait essentiellement aux états-Unis, mais grâce à la complicité des dirigeants des pays qui se présentent aujourd’hui comme des victimes. L’attitude de la France ne fut pas glorieuse. Avec l’Italie, l’Espagne et le Portugal, elle interdit, sur injonction américaine, le survol de son territoire de l’avion du Président bolivien Moralès suspecté de transporter Edward Snowden. Bloqué en Autriche l’avion fut fouillé. France en tête, les gouvernements européens ne peuvent pas prétendre avoir été bernés, car tous leurs abandons ont été consentis.

Dos au mur, il leur faut faire oublier qu’ils ont accepté que des millions de données personnelles concernant leurs citoyens aient été livrés aux Etats-Unis, en échange d’une réciprocité dérisoire. Circonstances aggravantes pour la France, quant on sait que cet espionnage se faisait en large partie à travers le contrôle de câbles sous-marins par lesquels transitaient toutes ces opération et que le fleuron industriel français qui les construisait – Alcatel – a été fusionné avec … la société américaine Lucent.


Dans ses rapports avec le monde en développement, à l’exception de la séquence sarkozyste, la France a toujours eu la volonté de sortir de son statut de pays occidental et d’adopter une attitude spécifique et indépendante et de miser sur une politique de coopération et de co-développement. Elle pouvait s’appuyer pour ce faire sur sa langue partagée, des amitiés solides dans son ex-empire et des positions remarquées et courageuses vis-à-vis des engagements américains aussi bien au Vietnam qu’en Irak. Ce capital diplomatique, dilapidé notamment par l’opération libyenne de Sarkozy, n’a pas été regagné par la diplomatie actuelle.

 

Qu’on en juge ! Trois premières années de mandat présidentiel, trois guerres : Mali, Centrafrique, coalition anti-Daech en Irak. Quatre avec la Syrie, si les États-Unis et la Grande-Bretagne n’avaient pas été plus sages que nous. Trois guerres décidées dans l’urgence et la précipitation, sans plan d’action à long terme, sans objectifs politiques précis voire atteignables par le seul engagement militaire. Tout annonce bourbiers, enlisements voire revirements de nos alliés.

Le sens de ces engagements – la lutte contre l’islam radical parfois habillé de l’étiquette « terrorisme » - est brouillé par des actes qui l’ont encouragé – l’intervention en Libye - ou par un jeu d’alliances incohérent avec des États comme le Qatar, l’Arabie saoudite, voire la Turquie reposant plus sur des intérêts circonstanciels où les armes, le pétrole, la finance pèsent plus qu’un partage d’objectifs communs. Sur l’Iran, la Syrie et le conflit israélo-palestinien, à côté de la France, Barack Obama fait figure de modéré et nous apparaissons comme ses neocons.

Bref, dans notre engagement atlantiste et occidental, nous ne suivons pas, nous précédons et nous mettons de l’huile sur le feu. Nous avons tout fait pour faire capoter il y a un an les négociations des 5+1 avec l’Iran en rajoutant conditions supplémentaires là où un compromis avait déjà été trouvé et permettait de mettre en place une séquence équilibrée – arrêt de l’enrichissement de l’uranium contre baisse du niveau de l’embargo – permettant la poursuite des négociations dans un climat plus détendu.

 

Sur Israël notre pression est insignifiante quand elle n’est pas encouragement ou compréhension publiquement affichée comme lors du conflit avec Gaza l’été dernier. Même sur le principe de la reconnaissance internationale de l’État palestinien, notre volonté de la lier au niveau des progrès de la négociation entre les deux parties nous fait apparaître à la remorque des déclarations de Madame Frederica Mogherini, nouvelle responsable de la diplomatie européenne.


Depuis quinze ans l’Amérique latine bouge. Un tournant à gauche y prend corps. Que Sarkozy l’ait ignoré était dans l’ordre des choses, mais que la diplomatie d’Hollande y soit moins attentive que celle de Chirac doit alerter. Il faut y voir le poids de l’Internationale socialiste. En effet partout ces changements se sont effectués contre des régimes militaires ou des équipes liées à l’IS dont la politique dans la région avait toujours été inféodée à la politique du grand voisin du nord.

Ces équipes se sont retrouvées souvent marginalisées dans ces processus populaires et ont pour le moins perdu en influence dans le continent. Tout a été tenté pour déconsidérer et affaiblir ces tournants à gauche. De l’utilisation de Lula – ratée – contre Chávez à la désignation de ces régimes comme « populistes ». Cette politique française vis-à-vis de l’Amérique latine est aujourd’hui incompréhensible et déroute les forces qui là-bas sont dans une autre attente.

En matière de diplomatie, Guy Mollet est bien de retour.

 

MICHEL ROGALSKI
 

 

Directeur de la revue Recherches internationales

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 18:39

Envoi de Michel Peyret. 

Commentaire : Quelles seront les frontières de l'État palestinien que les députés de gauche, les députés Verts et les députés socialistes et quelques députés de droite encore attachés à la politique gaulliste ont reconnu ? Le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas parle des frontières de 1967, Khaled Mechaal, le chef du Hamas, de celles de 1949… Quant aux djihadistes proches des frères musulmans, ils ne veulent pas entendre parler de l'État d'Israël ! Ils veulent bien que les Juifs restent, mais sans État ! Ensuite, s'agira-t-il d'un État laïque, comme le voulait Arafat ? Ou bien va-t-on vers une constitution basée sur le Coran, comme le veut Khaled Mechaal ?  Et un seul Etat, démocratique et laïc, est-ce une totale chimère ou encore une solution raisonnable ? YG.


Palestine-Israël: "Il est temps de penser l'impensable!"

« Dans le même temps, un théoricien et un intellectuel américano-palestinien à la sagesse proverbiale doit se retourner dans sa tombe... Edward Saïd l’avait dit il y a bien longtemps et cela ne pourrait être plus juste aujourd’hui : « La question, je crois, n’est pas de savoir comment trouver les moyens de les maintenir séparés, mais de voir s’il est possible pour eux de vivre ensemble et aussi paisiblement que possible. » Ceux qui préconisent la séparation sont ignorants des complexités des relations israélo-palestiniennes à l’extérieur et à l’intérieur d’Israël. Le paradoxe des politiques d’apartheid en Israël, c’est que celles-ci veulent imposer la séparation entre les colons et les natifs, mais en poursuivant simultanément une expansion qui force l’interaction et dans certains cas, l’intégration. » 

Oui, il est temps, et plus que temps, de « penser l'impensable ! »

Michel Peyret

 


 

Edward Saïd et la solution à un seul état

Soumis par abnah le dim, 26/10/2014 - 10:46

Avec la reconnaissance symbolique cette semaine de l’état de Palestine « à côté de l’état d’Israël » au Royaume-Uni, le débat vieux de plusieurs décennies a été relancé. Les avocats dans la communauté internationale d’une solution à deux états et les inconditionnels des Accords d’Oslo font briller leurs chaussures et ressortent leurs vieux costumes.

Dans le même temps, un théoricien et un intellectuel américano-palestinien à la sagesse proverbiale doit se retourner dans sa tombe... Edward Saïd l’avait dit il y a bien longtemps et cela ne pourrait être plus juste aujourd’hui : « La question, je crois, n’est pas de savoir comment trouver les moyens de les maintenir séparés, mais de voir s’il est possible pour eux de vivre ensemble et aussi paisiblement que possible. »

Ceux qui préconisent la séparation sont ignorants des complexités des relations israélo-palestiniennes à l’extérieur et à l’intérieur d’Israël. Le paradoxe des politiques d’apartheid en Israël, c’est que celles-ci veulent imposer la séparation entre les colons et les natifs, mais en poursuivant simultanément une expansion qui force l’interaction et dans certains cas, l’intégration.

Quelques députés britanniques britanniques ont affirmé dans leurs discours qui ont précédé le vote, qu’il était impossible de croire à une solution à deux états. Ils semblent avoir une très bonne compréhension du niveau de monstruosité atteint par l’occupation et de jusqu’à quel point les colonies de peuplement sont devenues écrasantes dans des territoires qui devraient être palestiniens.

Cependant, les « amis d’Israël » et les sionistes en général sont parvenus à infléchir une initiative même non contraignante et symbolique de reconnaissance de la Palestine, la transformant en reconnaissance conditionnelle attachée à une solution à deux états.

Avec la crise de légitimité à laquelle Israël doit faire face au niveau international, une chaude et importante discussion a lieu entre les groupes sionistes - particulièrement l’AIPAC [American Israel Public Affairs Committee]. Quelques sionistes voient dans une solution à deux états une légitimation permanente et incontestée de l’Etat juif, à condition de maintenir en état de faiblesse et d’instabilité chroniques un état palestinien voisin. D’autres dans les cercles sionistes rejettent absolument toute idée de rendre des territoires puisqu’ils peuvent en voler autant qu’ils veulent et sans la moindre répercussion.

À un moment où les manœuvres politiques coloniales et le discours sectaire et démagogique dominent le conflit, de nombreux chercheurs juifs et palestiniens ont mutuellement insisté pour défendre la seule et unique solution à la crise. Comme Edward Saïd l’a explicité, Oslo « a préparé le terrain pour la séparation, » tandis qu’une paix permanente n’est possible que dans le cadre d’un état israélo-palestinien binational.

L’historien et écrivain Tony Judt a défendu l’idée dans son livre « Israël : l’alternative » qu’ « une véritable alternative au Moyen-Orient dans les années à venir sera entre un Plus Grand Israël ethniquement nettoyé et un état unique et intégré, binational avec les Juifs et les Arabes, les Israéliens et les Palestiniens. »

L’ex-maire adjoint de Jérusalem, Meron Benvenisti, estime que les Israéliens et les Palestiniens vivent déjà dans « une réalité binationale ». Hannah Arendt, Martin Buber, Judah Magnes, Ilan Pappe, et beaucoup d’autres voix juives importantes ont plaidé pour un état binational. Tandis que beaucoup de monde considère l’occupation comme irréversible, de plus en plus nombreux sont ceux qui considèrent que la seule solution viable qui subsiste est la coexistence.

Dans un contexte moderne, la coexistence ne signifie pas une culture imposée. Pourtant dans le cadre du conflit israélo-palestinien, elle l’est. Les raisons sont non seulement liées aux intérêts d’une élite et à l’inertie de la politique internationale, mais également aux idéologies qui conduisent les deux côtés du conflit.

Edward Saïd a présenté la revendication d’une Palestine « principalement et exclusivement » arabe, comme une construction nationaliste et une simplification radicale « d’une terre chargée de beaucoup d’Histoire ». Ce n’est pas alimenter le mythe sioniste que de dire cela, mais plutôt reconnaître la riche nature multiculturelle, multi-ethnique et multi-religieuse de cette Palestine perpétuellement menacée par l’hégémonie sioniste.

Dans une position réaliste mais forte de principes, Saïd admet que les revendications des deux protagonistes d’une terre « promise par Dieu » aux Juifs et d’une terre arabe appartenant aux Palestiniens doivent « être réduites en importance et vidées de leur exclusivisme ». Ceci peut être fait tout en préservant la culture juive et la culture palestinienne, et ainsi que celles de tous les autres groupes de moindre importance dans l’intervalle.

Si ce n’est ni une terre exclusivement juive, ni une terre exclusivement arabe, alors qu’est donc la Palestine et comment peut-elle être un un-état binational offrant une solution qui peut durer ? Alors que plusieurs exemples dans l’histoire contemporaine peuvent inspirer le processus de construction d’un seul état, le cas de la Palestine-Israël reste singulièrement complexe à cause de sa longue histoire, de la gravité des dommages infligés, de la réalité coloniale et du déséquilibre des forces en présence.

Selon Saïd, la caractéristique sociale la plus importante pour un seul état en Palestine serait la pratique de la citoyenneté dans un sens moderne du terme. En d’autres termes, en partageant des droits et des responsabilités en vertu d’une loi qui traite tous les individus sur un pied d’égalité, la citoyenneté s’impose alors par rapport au chauvinisme ethnique et religieux. Quand les mêmes privilèges, ressources, et opportunités seront disponibles pour tous, les idéologies nationalistes et les dogmes d’exclusion disparaîtront d’eux-mêmes.

Afin de favoriser le développement par les citoyens d’une nouvelle culture, Saïd suggérait de rédiger une constitution et une déclaration des droits qui reconnaissent le droit à l’autodétermination des deux peuples - comme dans le droit d’adopter librement une vie commune en vertu de la loi.

La question la plus ardue qui a compliqué un processus de paix déjà insoluble est celle de Jérusalem. La complication provient du rejet sioniste d’une alternative laïque régissant la vie sur la terre des religions sémitiques - le Judaïsme, le Christianisme, et l’Islam. Il est essentiel que les deux peuples admettent que leur existence devra se faire sous des règles laïques qui ne minent ni ne menacent le rôle si important joué dans leurs vies par leurs différentes croyances religieuses.

Jérusalem sera, dans un état binational et laïc, la capitale de tous avec un libre et égal accès pour tous. La capitale, comme le reste de la Terre Sainte, devra être protégée et régie en vertu de lois laïques qui protègent les droits civiques et juridiques de ses habitants.

Cette alternative humaniste dont Saïd - comme beaucoup d’autres intellectuels des des côtés - a montré la voie, représente une alternative à une séparation coloniale indigne et/ou à une guerre permanente. Car comme Tony Judt l’a écrit, il est temps de « penser l’impensable ».

 

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.middleeasteye.net/columns/memory-edward-said-one-state-solution-117215136

Traduction : Info-Palestine.eu - Claude Zurbach

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 18:27

barakeh.jpg

 

Article JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Israel, Etat juif. Rien de nouveau sous le soleil. Sauf que le gouvernement de Netanyahou a décidé d'intégrer la dénomination dans la Constitution. Les communistes, arabes israéliens ont dénoncé la manœuvre. Le débat a été très mouvementé à la Knesset.

 

Cela fait des années que le projet de loi sur la définition d’Israël comme État juif est discuté. Le projet actuel dérive d'une proposition faite en 2011 par le député du Likoud, Zeev Elkin, cela en est sans doute la version la plus extrémiste.

 

« Israel, Etat du peuple juif » : une déclaration de guerre contre les Arabes

 

Ce dimanche 23 novembre, la Knesset (le parlement israélien) devait adopter un projet de loi qui intègre la qualification « Israel, Etat-nation du peuple juif » à la Loi fondamentale, lui donnant une valeur constitutionnelle.

Le symbole est fort envers la minorité arabe, quelques mois après l'offensive sur Gaza. Les conséquences concrètes sont inquiétantes : la loi Juive deviendrait une inspiration pour la législation étatique, tandis que l'Arabe perdrait toute reconnaissance comme langue officielle.

Les Arabes représentent près de 20 % de la population en Israel, ils subissent les discriminations et un statut de seconde zone qui connaîtra une nouvelle dégradation avec cette loi.

Le projet n'a trouvé d'opposition radicale que parmi les députés communistes, membres du Hadash (Front démocratique pour la paix et l'égalité), ainsi que parmi les élus des partis arabes.

 

« Israel – un Etat démocratique et égalitaire », le contre-projet communiste

 

Ainsi, quelques jours avant le vote à la Knesset, le député communiste arabe Mohammed Barakeh a confié au journal Haaretz son impression que :

« Netayanhou pose les fondements constitutionnels d'un régime d'apartheid, réduisant Israël à un statut d'Etat-paria. Il pousse à la guerre contre Gaza et l'Iran, construit des murs de séparation, et perpétue l'occupation et les colonies ».

Barakeh proposait l'adoption d'un contre projet de loi appelé « Israël – Un État démocratique et égalitaire » affirmant que « toute personne en Israël a le droit à une protection égale de la loi et une complète égalité des chances ».

 

Les députés communistes et arabes exclus du Parlement !

 

La discussion le week-end dernier a été très houleuse. Le député communiste Dov Khenin a accusé Netanyahou de « jeter de l'huile sur le feu de la haine ».

Il a ajouté qu' « au lieu de tendre une main aux citoyens arabes, Netanyahou choisit de provoquer. Au lieu de travailler à une réconciliation historique avec le peuple palestinien, il bloque toute avancée vers un accord. Au lieu de construire un avenir fait de paix et d'égalité, il nous conduit à la guerre et à la tragédie. »

Pour d'autres députés, le débat s'est fini hors de l'enceinte parlementaire. Le député arabe de Balad, Jamal Zahalka, a été dégagé de la tribune et conduit manu militari à l'extérieur de l'Assemblée, après qu'il a traité l'intervenant Moshe Feiglin, du Likoud, de « fasciste ».

On peut rappeler que ce fameux Moshe Feiglin est celui qui préconisait, lors de l'attaque contre Gaza, de placer les Palestiniens dans des camps de concentration. Il représente l'aile-dure de la droite sioniste, décidée à annexer Gaza à l'Etat israélien, et à liquider toute résistance.

Le député communiste arabe Mohammed Barakeh a, lui aussi, été expulsé. Encore pour une invective lancée contre Feiglin, lui signifiant qu'il devrait avoir honte de tenir de tels propos.

 

Le gouvernement en difficulté, des milliers de manifestants dans la rue

 

Contrairement aux procédures en vigueur à la Knesset, Barakeh a été viré sans avertissement préalable. Le débat a ensuite été ajourné lundi dernier, après la protestation vigoureuse des députés de l'opposition.

F141129YS20.jpgL'extrémisme de Netanyahou semble lui avoir aliéné une partie de ses alliés naturels, ce qui expliquerait le flottement depuis une semaine et l'ajournement du vote sur le projet de loi controversé.

Le mouvement social et pacifiste a profité de la brèche. Ce samedi 29 novembre, ce sont plusieurs milliers de manifestants décidés à dire « Non » à ce projet raciste et belliciste à Jérusalem. Ils ont entouré la résidence du Premier Ministre.

 

bill-jew.jpgTous dénonçaient la dérive anti-démocratique du Premier ministre, la fin de toute perspective de co-existence avec la minorité arabe avec ce projet et le péril d'une fascisation de la société..

Un nouveau projet de loi devrait être présenté le 7 décembre, dans les mêmes lignes sans doute sous une version légèrement remaniée. Encore une fois, seuls les communistes s'opposeront de façon conséquente à l'accélération de la dérive raciste de l’État sioniste.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 12:23

 

tunisie-almasdar-elections2014-TnPrez2014-BCE-Marzouki.jpg

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Trois ans après la « révolution tunisienne » qui a pris de court tout le monde, tout rentre dans l’ordre. La bourgeoisie d’affaires locale, les investisseurs étrangers ont repris la main, confisqué la démocratie : un duel entre libéraux, garants de l’ordre établi attend les Tunisiens au 2nd tour, sur fond de rivalités entre clans dirigeants, intérêts étrangers.

 

« C’est blanc bonnet et bonnet blanc ! ». La phrase de Duclos semble correspondre bien au 2nd tour des présidentielles tunisiennes. BCE, le vieux renard de l’ère Bourguiba/Ben Ali, ami de la France, prêt à faire l’ « Union nationale »  derrière son panache rouge et blanc face à Marzouki, le meilleur ami de la France et du Qatar, le laïc préféré des islamistes.

 

Pour beaucoup de Tunisiens, BCE (Beji Caid Essebsi) a représenté un moindre mal aux législatives face à Ennahdha, et encore aux présidentielles face à Moncef Marzouki, cadavre politique ressuscité par les islamistes, jouant la carte laïque contre les laïcs. 

BCE, à la tête du mouvement « Nidaa Tounes » (Appel de la Tunisie) obtient 39,46 % des voix. Moncef Marzouki, actuel président, candidat du moribond Congrès pour la République (CPR), appuyé par les islamistes, le talonne avec 33,43 %.

 

La bonne surprise, attendue, est la 3 ème place de Hamma Hammami, avec 7,8 % des voix. Il était le candidat du « Front populaire », une formation de gauche radicale, regroupant forces marxistes, patriotiques de gauche, autour du Parti des travailleurs (ex-PCOT).

 

Deux autres candidats ont tiré leur épingle. Grâce à leur fortune, les affairistes Hechmi el Hamdi et Slim Riahi (« le Berlusconi italien » !) ont chacun récolté 5,5 % des voix. Jouant à fond la carte populiste, ils se distinguent aussi par leurs idées néo-libérales.

 

Une société fracturée, des clans dirigeants divisés


Interpréter ce scrutin, c’est d’abord constater une fracture profonde dans la société tunisienne, nette sur la carte du pays.

 

President_Tunisia_2014_1_round.svg.pngLe Sud, rural, plutôt religieux a voté massivement Marzouki. Il obtient 73 % à Gabès, 76 % à Tataouine, 78 % à Kebili, 80 % à Tozeur, il est aussi majoritaire à Sfax, Gafsa, Kairouan. La carte de Marzouki superpose exactement celle du parti islamiste Ennahdha (l'un en vert ci-contre, l'autre en bleu ci-dessous)

Le Nord, urbain, progressiste, sécularisé, a voté majoritairement BCE. Il est majoritaire à Sfax, El Kef, Beja, Sousse, obtient entre 41 et 52 % à Tunis et sa banlieue, et son meilleur score dans la ville historique de Bourguiba, Monastir (60 %). Tout un symbole.

 

Symbole de la personnalisation du scrutin, dans le Centre à Siliana comme à Sidi Bouzid, on a voté pour l’enfant du pays. Hammami arrive en tête à Siliana (32%), un des foyers révolutionnaires, Hamdi obtient un tiers de ses voix à Sidi Bouzid (58% !).

 

A l’étranger, c’est Marzouki, soutenu par les islamistes, qui vire en tête presque partout : en Allemagne (47 %), Italie  (46 %), les pays arabes (46 %), France du nord (42 %). Seule la France du sud a voté plutôt pour le « laic » BCE.

4252919_ide-tunisie-elections-new.jpgLe candidat de la gauche radicale, Hamma Hamammi, obtient néanmoins parmi ses meilleurs scores en Allemagne et en France du nord (entre 10 et 12 %).

 

Fracture géographique, division sociale qu’on peut schématiser entre un camp « progressiste, moderniste, laïc, urbain » intégrant couches moyennes et prolétaires urbains derrière BCE et un camp « islamiste, traditionnaliste, rural » regroupant religieux, prolétariat rural et propriétaires fonciers, derrière Marzouki.

 

Fracture dans la société, divisions dans la classe dirigeante. Le camp « Nidaa Tounes » et celui d’ « Ennadha » – qui a apporté tout son poids derrière Marzouki, seul rival crédible à BCE – regroupent des milieux d’affaires aux allégeances diverses.

Le camp « Nidaa Tounes » a la cote. La moitié des têtes de listes était des hommes d’affaires aux législatives. Pour ne citer qu’elle, la 1 ère fortune du pays, la famille Elloumi, spécialisée dans l’industrie électrique, mais aussi présente dans la finance, l’agro-alimentaire.

Parmi les autres soutiens : la famille Driss, barons du tourisme ; Sellami, qui a fait fortune dans les télécoms ; Ridha Charfeddine, qui gère un groupe florissant s’étendant de la pharmaceutique à l’immobilier ; ou Anis Bouchamaoui, présent dans le ciment, le pétrole et désormais l’importation d’équipements industriels lourds.

Cela mériterait analyse approfondie, mais on repère un certain nombre de secteurs très dépendants des contrats d’Etat, des marchés publics et des marchés européens. C’est une des raisons expliquant le caractère plus « occidental », « régulateur » de Nidaa, ses relations avec ce type d’hommes et femmes d’affaires.


« Ennahdha » s’est targué aussi du ralliement des industriels de premier plan. Dont trois des plus grandes fortunes du pays : Mohammed Frikha (PDG de Telnet, et de la compagnie aérienne Syphax Airlines), Walid Loukil (groupe financier Loukil) et la deuxième fortune du pays : Abdelwahab Ben Ayed (PDG du groupe alimentaire Poulina).

Les industriels, financiers, affairistes derrière Ennahdha sont beaucoup plus liés aux contrats avec le Golfe et à la finance islamique, à la libéralisation des secteurs publics comme à l’exploitation de la terre. D’où le caractère apparemment composite du mouvement : à la fois très libéral, financier, mais aussi terrien et islamique.

 

Enfin, la fracture se repère entre les parrains des mouvements, bien que rien ne soit mécanique ni unilatéral. Le Qatar mise sur Ennadha qui mise sur Marzouki – qui d’agent de la France, s’est fait commis du Qatar pendant son mandat, multipliant les contrats, liant sa politique internationale à celle de l’émirat en Syrie, Libye.

 

Les investisseurs européens miseraient plutôt sur BCE, ancien ambassadeur en Europe, bien connu des chancelleries occidentales (notamment allemande), ami de la France, valeur sûre, moins compromise dans l’immédiat que Marzouki. Sans que la victoire de ce dernier ne les gêne dans leurs entreprises.

 

Quant à Riahi et Hamdi, les deux britannico-tunisiens, plutôt proches de la finance anglo-saxonne. Si Hamdi est directement lié à l’Arabie saoudite, Riahi a des allégeances multiples, obscures : Grande-Bretagne, France, Libye, Arabie saoudite.

 

Une unité idéologique de fond : un consensus néo-libéral !

 

Ces fractures ne doivent pas masquer la profonde unité du « bloc idéologique » sur fond de consensus libéralsur le plan économique, d’une « Union nationale » derrière le patronat, pour appliquer la politique du FMI, via un « gouvernement technocratique ».

 

Les législatives, comme les présidentielles, ont réaffirmé un consensus libéral à 90 %.

 

On retrouve toutes les variantes du libéralisme. Celui néo-libéral, pur et dur, de Riahi et Hamdi – masqué derrière une rhétorique démagogique – faisant l’apologie de l’entrepreneuriat, dirigeant sa colère contre l’Etat.

Celui islamico-libéral clair de Ennahdha qui pointe les « réformes structurelles » à réaliser, la « finance islamique » à développer, les entreprises à privatiser, l’Etat à dégraisser, plus circonspect sur les subventions, base de son électorat. Le meilleur élève du FMI. 

Puis le social-libéralisme, ou mieux le libéralisme régulé, de Nidaa Tounes. Prêt aux « réformes structurelles » de libéralisation du secteur public, du marché du travail, mais dans une planification étatique assurant cadre régulateur, politique d’investissement publique.

 

Des promesses de justice sociale, de démocratie réelle et d’indépendance nationale exprimées en 2011, il ne reste presque plus rien dans ce champ politique.

 

L’alternative identifée dans Hammami et le Front populaire

 

Face au jeu idéologique de la classe dominante tunisienne, parvenue à imposer autant qu’à refléter le clivage réel « moderniste/traditionnaliste », les Tunisiens avaient peu d’alternatives.

 

Ils en ont trouvé une dans Hamma Hammami, qui gagne près de 8 % des voix, avec un score très homogène dans le pays. Outre le pic à Siliana, c’est au Kef qu’il réalise son meilleur score avec 11 % des voix. Il obtient également des bons scores à Sfax, Tunis, Beja.

La dynamique Hammami, « Front populaire » est complexe. Ce qui est sûr, c’est qu’il a incarné l’alternative au consensus dominant, l’esprit de la révolution de 2011.

Le pouvoir, les islamistes l’ont étiqueté depuis longtemps le « communiste », l’« athée ».Opportunisme ou pragmatisme, le PCOT (Parti communiste ouvrier tunisien, d’origine maoïste) avait abandonné il y a 2 ans l’étiquette communiste pour devenir « Parti des travailleurs ». Peine perdue, l’étiquette les suit toujours.

Le Parti des travailleurs a monté une alliance électorale hétérogène, le Front populaire, à l’unité idéologique fragile, avec d’autres formations marxistes, des nationalistes arabes. Il a flirté un temps, avant de s’en distinguer très nettement, avec certains courants islamistes.

Rejetant l’étiquette « communiste », cette étiquette lui colle à la peau. Elle lui fait perdre sans doute des voix dans certains milieux populaires religieux. Mais elle lui en fait gagner dans d’autres : le « communiste » est identifié comme le seul « révolutionnaire », résistant dans cette scène politique verrouillée par les gardiens de l’Ancien régime.

 

L’orage qui vient : ce que prépare le FMI pour la Tunisie

 

Il faudra une résistance populaire – quelle que soit le vainqueur au 2nd tour – face au plan d’austérité qui s’annonce, retardé par l’instabilité politique depuis 3 ans.

 

La classe dominante tunisienne, comme les investisseurs étrangers, n’ont pas accepté les hausses de salaire, le développement de l’Etat tunisien, les grèves à répétition, bref un processus de démocratisation, d’irruption des masses dans la vie politique tunisienne.

Depuis trois ans, ils ne cessent de combiner avec des personnalités comme Hamadi Jebali (leader économique d’Ennadha), Moncef Marzouki. Ils ont trouvé aujourd’hui leur médiateur idoine avec BCE.  

 

Leur idéal : « union nationale » et « gouvernement technocratique ».

Une mascarade d’élection démocratique sanctionnant un consensus idéologique (« union nationale »), qui permet de déléguer la politique à des experts économiques issus des milieux de la banque, de la finance, de la haute administration, le « gouvernement technocratique ».

Derrière cette construction, la leader de l’UTICA, Widad Bouchamaoui – dont la famille richissime a misé à 50/50 % entre le camp Ennahdha et Nidaa Tounes, révélateur ! – a joué un rôle-clé de médiation, entre les partis, les blocs, aussi avec le syndicat UGTT.

 

L’orage qui vient, il viendra avec le plan du FMI, une « aide » de 1,75 milliard de $ en 2013, qui s’ajoute à celui équivalent de la Banque mondiale. Une troisième tranche a été versée en avril (220 millions) mais la moitié de la somme reste à pourvoir.

En échange, le FMI attend une série de réformes drastiques, sur lesquelles nous reviendrons dans un article ultérieur : 

-       dégraissage de l’appareil d’Etat (suppressions de postes de fonctionnaires) ; modération salariale (gel ou baisse des salaires) ;

-          libre-échange (pas de tarifs protectionnistes, fin des subventions) ;

-          réforme fiscale (maintien des privilèges fiscaux pour les entreprises, choc de simplification)

-          réforme des retraites (recul de l’âge de la retraite) ;

-          restructuration des entreprises publiques (libéralisation/privatisation) ;

-          suppression des rigidités du Code du travail (précarisation).

 

Pour la mise en œuvre de ces réformes, le FMI oscille entre optimisme et craintes.

 

Optimisme car « il y a un consensus entre toutes les parties prenantes (au pouvoir) pour le soutien au programme de réformes appuyé par le FMI » et car « la Tunisie, après 3 années d’incertitude qui ont suivi la Révolution, parachève sa transition politique ».

Le FMI rajoute, cette « transition » se traduit par un « accroissement du soutien des bailleurs de fonds ». Autrement dit, la transition vers le maintien de l’ordre établi, loin des promesses de la Révolution, rassure les investisseurs.  


Et pourtant, le FMI exprime ses craintes. Elle ne se rapproche que d’un seul aspect : « l’intensification des tensions sociales – grèves, manifestations – pourrait ralentir la production, retarder la mise en œuvre si cruciale des réformes ».

Ce qu’ils craignent, c’est le peuple, c’est la révolution de nouveau : le pouvoir de la rue, des manifestations, les grèves. Une alternative politique qui naîtrait de ces luttes, et non d’un système politique déjà verrouillé.

 

BCE devrait logiquement être élu président de la République dans quelques semaines. Les Tunisiens choisiront le moindre mal. Ennahdha comme Marzouki feront office de repoussoirs … avant peut-être d’être réintégrés dans les alliances post-éléctorales. Les Tunisiens ne pourront compter que sur eux-mêmes, le pouvoir de la rue.

 

 

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 11:29

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Tabare-Vasquez-uruguay.jpg

Le candidat du Frente Amplio (Front Large), Tabaré Vazquez , a remporté dimanche 3 novembre 2014 le deuxième tour de l’élection présidentielle en Uruguay. Avec plus de 55% des suffrages selon RFI, le successeur de José « Pépé » Mujica qui ne pouvait pas se représenter, élargit l’assise électorale de la gauche, malgré une fin de campagne haineuse de la droite revancharde.

 

Au mois d’octobre dernier, plusieurs titres de la presse française qui s’étaient déjà distingués en prévoyant le retour de la droite au pouvoir au Brésil et au Salvador, tenaient à peu près le même discours concernant les élections uruguayennes. Pour le plaisir, rappelons ce qu’écrivait « Le Monde » daté du 24 octobre 2014.


« Le premier tour des élections présidentielle et législatives en Uruguay, dimanche 26 octobre, s’annonce serré. La coalition de centre gauche, le Frente Amplio (Front Elargi), au pouvoir depuis dix ans, pourrait perdre sa majorité parlementaire. Son candidat à la présidence, Tabaré Vazquez, qui fut le premier chef d’Etat de gauche de l’histoire uruguayenne (2005-2010) et ancien maire de Montevideo, est talonné par Luis Lacalle Pou, du Parti national (Partido Blanco, centre droit). Malgré la popularité du président sortant, José « Pepe » Mujica (79 ans), ancien guérillero Tupamaro, qui bénéficie de l’approbation de 52 % des Uruguayens, certaines réformes, qui l’ont rendu célèbre sur la scène internationale, comme la dépénalisation de l’avortement (en 2012), le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels (2013) et la légalisation du cannabis (2014) ne font pas l’unanimité dans ce petit pays de 3,3 millions d’habitants, de tradition libérale. » Une analyse, osons-le, visionnaire.


Tabaré Vazquez avait recueilli un peu plus de 47% lors du premier tour. Il atteint 55,5% au deuxième en rassemblant un nombre de voix jamais atteint par le Front large depuis sa création. Quant à la majorité parlementaire, elle revient confortablement à la gauche.


Les partis de la droite ripolinée, progénitures honteuses pour beaucoup de la dictature, ont tenté de vendre une politique néolibérale comme une « marée rebelle et conquérante » allant jusqu’à prôner une « révolution positive ». Avec pour phare de la contestation, l’insécurité, les impôts et une volonté raffinée : « dire merde à la gauche ». Du très lourd du côté de Montevideo.

 

On rit de joie dans la plupart des capitales latino-américaines, on frise l’hystérie du côté de Washington. En effet, l’Uruguay ferme le bal des sept élections présidentielles tenues en 2014 sur le continent. Au Costa Rica, le nouvel élu s’affiche plus à gauche (ou moins à droite) que son prédécesseur. Au Salvador, le candidat du Front Farabundo Marti (FMLN) remporte la victoire. Au Panama, le président présenté comme « conservateur » invite Cuba au prochain sommet de l’Organisation des Etats américains au mois d’avril 2015 au grand dam de l’administration US. En Colombie, le nouvel élu accepte, pour la première fois, des négociations de paix avec les FARC qui reprendront cette semaine à La Havane après la libération dimanche d’un général enlevé récemment. En Bolivie, Evo Morales a été triomphalement réélu. Au Brésil, Dilma Rousseff a réussi à battre le candidat des droites. Et voici en cette fin d’année, le Front Large remportant tous les scrutins en Uruguay.

 

L’Amérique latine s’est engagée dans une voie progressiste et de souveraineté à l’égard de l’ancienne puissance dominatrice et coloniale nord-américaine. Aux néolibéraux collent toujours la violence sociale et les politiques d’ajustement structurels décidés par le Fonds monétaire international (FMI). Les populations se souviennent encore des terribles années allant de 1980 à 2004 où la pauvreté avait atteint des sommets. Quant à la plupart des dirigeants de droite, ils restent associés aux dictatures militaires des années 1970 et 1980.


Rien ne fonctionne plus comme avant sur ce continent qui se dote de structures politiques et économiques de coopération et dont les principaux leaders s’illustrent non seulement en assurant le développement de leurs pays mais aussi, et dans le même mouvement, en enrichissant par des réflexions novatrices la construction du « socialisme du XXI eme siècle ». L’administration nord-américaine a investi dans tous les domaines (financement des partis de droite, ingérences, coups tordus). Cela a marché au Mexique, au Honduras et au Paraguay, pas dans d’autres pays qui doivent se méfier : l’impérialisme US en recul dans cette partie du monde ne se contentera pas d’observer les évolutions progressistes et démocratiques sur le continent latino-américain sans réagir. Et comme – des démocrates aux républicains – ils sont capables du pire, l’heure est à la joie mais aussi à la vigilance.

 

José FORT

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 06:44

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SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE DU BURKINA FASO EN LUTTE


A l'initiative des syndicats et de jeunes burkinabés, un mouvement populaire d'une ampleur inégalée depuis longtemps en Afrique ou en Europe (un million de manifestants à Ouagadougou dans un pays de 17 millions d'habitants) a contraint Blaise Compaoré à quitter le pouvoir.

 

Compaoré, dirigeant depuis 27 ans grâce à l'assassinat avec sa participation du progressiste Sankara, était l'un des piliers de la domination néo-coloniale occidentale en Afrique sahélienne. Non seulement il a perpétué le sous-développement et la misère du plus grand nombre au Burkina, mais il a été l'organisateur de conflits meurtriers (au Liberia, Sierra Leone, etc.), et il a aidé en Côte d'Ivoire le poulain de la France et du FMI Ouattara a conquérir le pouvoir à Abidjan. Il était au centre du dispositif occidental de reconquête des pouvoirs économiques et militaires au Sahel et au Sahara, et il a permis l'installation au Burkina de bases occidentales, notamment de drones étatsuniens de surveillance et de combat. Sa chute est donc, grâce au soulèvement populaire burkinabé, une défaite de l'impérialisme en Afrique.


 

Mais sa fuite en Côte d'Ivoire, puis au Maroc, sous protection de la France et de ses alliés Africains pro-occidentaux, ne répond pas aux aspirations des Burkinabés, jeunes, chômeurs et salariés, inspirés de l'exemple du révolutionnaire Sankara : le pays a besoin de retrouver la voie du développement agricole et industriel autonome, permettant de satisfaire les besoins quotidiens des citoyens, de l'indépendance nationale, d'un état démocratique fort au service de l'égalité sociale et entre hommes et femmes. Les autorités transitoires, issues de tractations opaques et de pressions étrangères, n'en prennent guère le chemin. Le lieutenant-colonel Zida, premier du gouvernement provisoire, fut un des fidèles de Compaoré, et a été formé aux Etats-Unis.


 

Les puissances occidentales, leurs supplétifs africains d'Abidjan, Cotonou ou Lomé, sont à la manœuvre pour empêcher les héritiers de Sankara de réaliser au « pays des hommes intègres » leur rêve d'une société égalitaire, d'une nation libre et pacifique.


 

Mais rien n'est joué. Le peuple burkinabé peut à nouveau, par ses luttes, étonner l'Afrique et le monde. Lui seul, en tout cas, est habilité à décider de son avenir. 


NOUS SOMMES SOLIDAIRES DE SES COMBATS, CONTRE TOUTE INGÉRENCE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS, DES OCCIDENTAUX, ÉTATSUNIENS EN PARTICULIER, DES DIRIGEANTS AFRICAINS QUI LEUR SONT INFÉODÉS, DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU, QUI LEUR SERT TROP SOUVENT DE PARAVENT.


Paris, le 27 novembre 2014


Le Collectif Communiste Polex


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