Les sanctions occidentales pèsent lourdement sur l'économie russe mais elles n'affectent pas la combativité de Vladimir Poutine. Depuis le début de la crise ukrainienne, le maître du Kremlin a vu sa popularité atteindre de nouveaux records à plus de 80% d'opinions favorables. Ses convictions n'ont pas changé : si l'ordre international est aujourd'hui remis en cause, ce n'est pas à cause de l'annexion unilatérale de la Crimée mais en raison des errements de la politique occidentale.
A la onzième réunion annuelle du club Valdai, quyi vient de se tenir à Sotchi dans les locaux prévus pour le G8 annulé en juin dernier, le président russe s'est montré convaincu que son pays lsurmonterait l'épreuve. Les sanctions occidentales ont même, pour lui, un aspect positif : « elles vont nous forcer à accélérer notre développement interne » et pousser à un rééquilibrage des échanges en faveur de l'Asie. Il ne s'agit pas de rechercher une quelconque autarcie, a-t-il insisté.
La poussée de patriotisme née de la montée des tensions internationales est accueillie avec satisfaction dans l'entourage du chef de l'Etat. « Poutine, c'est la Russie. La Russie, c'est Poutine », s'est félicité Vyacheslav Volodine, secrétaire général adjoint du Kremlin en se faisant l'écho du message principal adressé au club de Valdai : quelles que soient les attaques, Vladimir Poutine « sera au pouvoir encore dix ans »
Pour lui, le maître du Kremlin, ce n'est pas la Russie qui est responsable de la dégradation du climat international mais bien le monde occidental. Celui-ci, a relevé Vladimir Poutine est en train de compromettre ses propres intérêts en adoptant une politique de « sanctions politiques » qui vont à l'encontre du développement économique dans le contexte de la mondialisation.
Vladimir Poutine s'en est pris vivement à la politique des Etats-Unis depuis la fin de la guerre froide, lorsque Washington sa proclamé « sa victoire » et « a cherché à imposer ses vues sur le reste du monde » en « brisant toutes les règles ». De l'Ukraine à l'émergence des djihadistes de l' « Etat islamique » en Irak et en Syrie, toutes les crises actuelles ont, selon lui, pour origine les erreurs commises par la diplomatie américaine.
Son pari semble être que « le bon sens finira par prévaloir » et que les pays qui cessent de coopérer avec la Russie en arriveront à la conclusion que tel n'est pas leur intérêt. « Ils veulent isoler la Russie, mais, nous, nous n'allons fermer la porte à personne. Dans le monde moderne c'est impossible. Le plus tôt cela est compris, le mieux ».
« Cette volonté de recréer une monde bipolaire n'est pas une bonne chose, les Etats-Unis ne peuvent pas continuer à humilier leurs partenaires ». Appelant la communauté internationale à tenir compte des intérêts de la Russie, il a souligné que le respect de la souveraineté nationale devait être le fondement de l'ordre international.
Evoquant l'Ukraine, Vladimir Poutine a est resté inflexible. Il a dénoncé le « coup d'Etat » de février dernier et ceux qui « veulent continuer les révolutions couleurs » tout en espérant qu'une solution pourrait être trouvée. « L'Ukraine est un pays souverain et nous respectons son indépendance », a-t-il assuré tout en soulignant que la Russie ne pouvait subventionner le pays.
Invité à la séance de clôture du Club Valdai, Dominique de Villepin a invité l'assistance à se recueillir en mémoire de Christophe de Margerie, le PDG Total décédé lundi dans un accident d'avion à Moscou, et de sa contribution aux relations franco-russes. « Le monde a besoin de la Russie et la Russie a besoin du reste du monde », a conclu l'ancien premier ministre.
Commentaires : pas bien relayées ces informations, ni le discours de Poutine, ni la position de Dominique de Villepin à propos des sanctions contre la Russie. Google est discret, le site de l'AFP aussi. Et la plupart de nos journaux également ( Libération, Le Monde ...). Elles sont pourtant importantes pour quiconque veut construire sa propre analyse critique sur la situation internationale. Les seules interventions d'Obama ou de ses relais nationaux, Fabius et Hollande ne suffisent pas. Pour comprendre il faut aller à plusieurs sources et confronter. Et pour savoir ce que dit Poutine, mieux vaut aller lire directement. Mais cela, les médias dominants nous l'interdisent. C'est pas bien de lire Poutine. Mais lire Obama c'est bien. Car lui c'est le représentant officiel du monde libre, ça va de soi. Nous pensons pour notre part que les citoyens français ont besoin de penser par eux-mêmes et d'aller aux textes. Nous mettons donc ci-dessous le lien vers Agora-vox qui vous permettra de lire dans le texte le discours de V. Poutine.