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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 10:18

Photo Beurs.com

6 Avril 2016
 
Joris Van Gorp

Le lundi 4 avril, les ministres recommençaient les discussions sur le budget, dont le trou s'élève à 2,3 milliards d’euros. Au menu, ô surprise, de nouvelles taxes, ainsi qu’un plan du ministre de l’Emploi Kris Peeters pour réformer (lisez : flexibiliser) le marché du travail. Mais aucune trace de mesures qui iraient chercher l’argent chez les millionnaires et dans leurs grosses entreprises.

Les partis au gouvernement s’accordent sur certaines mesures :

  1. Les dépenses supplémentaires pour l’accueil des réfugiés et pour la lutte contre le terrorisme, soit 400 millions d’euros, ne seront pas prises en compte dans le budget. Si c'est accepté par l’Europe, on ne cherchera pas de mesures compensatoires.
  2. Le gouvernement maintient les mesures qui avaient été supprimées par le Comité de monitoring (l’institution fédérale qui supervise le budget de l’État) en raison du peu de certitude quant à leur rendement. On parle ainsi de 100 millions d'euros d’économies dans l’administration fédérale, 100 millions d’euros d'économies dans la sécurité sociale et de 250 millions d'euros à trouver en taxes sur les fonds immobiliers.
  3. Le gouvernement veut à nouveau augmenter les accises sur le diesel et le tabac et taxer davantage les entreprises de jeux de hasard (100 millions).
  4. 40 millions seront épargnés en durcissant les conditions pour le chômage économique et en contrôlant davantage les demandes de crédit-temps motivé.
Tensions au sein du gouvernement

Malgré les mesures ci-dessus, il reste toujours un trou de plus d'1 milliard d'euros à combler. Comment ? C’est justement là que ça coince entre les partis du gouvernement. La N-VA veut aller couper dans la sécurité sociale. Mais le MR, l'Open VLD et le CD&V freinent. Pour le Premier ministre Charles Michel, le temps presse. Il veut boucler rapidement le contrôle budgétaire « sans brusquer »1 et « de préférence avant que la commission d'enquête sur les attentats ne crée de nouvelles oppositions entre les partis au gouvernement ».2

Combler le trou du budget par la flexibilité ?

Il y a quelques semaines, le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) présentait sa note sur les « flexi-contrats ».3 Son plan prône une plus grande flexibilité au travail, moins de règles et un assouplissement du marché du travail dans différents domaines. Peeters plaide pour l'instauration du « travail intérimaire à durée indéterminée », pour des contrats zéro heure au lieu de temps partiels, pour l'annualisation du temps de travail… Toutes ces dispositions flexibilisent le marché du travail, démantèlent la protection sociale et répondent aux desiderata des patrons. Pour les travailleurs, elles n'annoncent rien de bon. (Lire ici l’article de Peter Mertens « Les nouveaux contrats à temps partiel transforment (surtout) les femmes en travailleuses-yo-yo »)http://solidaire.org/articles/les-nouveaux-contrats-temps-partiel-transforment-surtout-les-femmes-en-travailleuses-yo-yo

Pourtant, toutes ces mesures n'ont pas d'effet financier direct sur le budget. Certains membres du gouvernement espèrent toutefois inciter la Commission européenne à assouplir sa position sur le budget de l’État en réalisant une grande réforme du marché du travail. La Belgique pourrait ainsi présenter à l'Europe d'ici fin avril un budget comportant un déficit plus grand qu'autorisé. Le temps est certes très limité pour effectuer une grande réforme, mais on part du principe que certaines propositions de Kris Peeters en matière de flexibilité sont sur la table des négociations. De Tijd écrit à ce sujet : « L'Open VLD et la N-VA veulent profiter de ce moment pour réformer. "Nous réalisons que nous ne pouvons pas tout obtenir, mais il faut qu'il y ait au moins une partie de ces réformes", dit-on à la N-VA. »4

Millionnaires et grosses entreprises s'en sortent à nouveau indemnes

Il y a quelques semaines, la Commission européenne décidait que la Belgique devait supprimer son système des Excess Profit Rulings (des petits arrangements fiscaux) pour les multinationales. La Commission européenne exige que la Belgique récupère 942 millions d'euros auprès des quelques multinationales utilisant ces Excess Profit Rulings. Ces 942 millions supplémentaires pourraient combler d'un coup près de la moitié du déficit budgétaire de cette année. Mais le ministre Johan Van Overtveldt (N-VA) a décidé de n'en rien faire. Au contraire : la Belgique a fait appel de la décision européenne pour éviter d’avoir à réclamer cete somme. Le gouvernement fédéral s’inscrit donc clairement dans la ligne de la N-VA : protéger les millionnaires et leurs grandes entreprises et faire porter tous les efforts aux seuls travailleurs et allocataires sociaux. Et ce, alors que le scandale des « Panama Papers » vient encore une fois de montrer comment ces millionnaires et leurs grandes entreprises éludent l'impôt comme bon leur semble.


1. De Tijd, 5 avril 2016.
2. De Morgen, 5 avril 2016
3. http://www.krispeeters.be/sites/krispeeters/files/wwww_tekst_nederlands.pdf
4. De Tijd, 5 avril 2016

 

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 14:32

Les actions des personnels portuaires de ce mardi 5 avril se sont terminées devant les permanences des députés du Havre

  • Par Richard Plumet
  • Publié le 05/04/2016 | 19:08, mis à jour le 06/04/2016 | 13:46

 

A voir sur le site de FR3 Normandie - VIDEO : le reportage France 3 Le Havre-Baie de Seine de Mickaël Goavec et Danilo Commodi  avec les interviews de 

  • Laurent Delaporte, secrétaire CGT du GPMH 
  • Reynald Kubecki, co-secrétaire de l'Union Locale CGT du Havre
  • Lire l'intégralité sur le site de FR3 Normandie

Des travailleurs du secteur portuaire ont bloqué des accès et brûlé des pneus

  • Par Richard Plumet
  • Publié le 05/04/2016 | 10:53, mis à jour le 05/04/2016 | 12:00
 

© France 3 Normandie

© France 3 Normandie

 
© France 3 Le Havre -Baie de Seine

Encore une journée d'actions contre le projet de "Loi Travail". Parmi les opposants à une modification du code du travail les agents portuaires et dockers sont particulièrement mobilisés depuis plusieurs semaines. Ce mardi matin (5 avril) ils ont bloqués certains accès du port du Havre avant de se rassembler devant les locaux du siège du Grand Port Maritime.

A Rouen, les travailleurs du secteur portuaire sont eux aussi en grève et ont commencé des actions en bloquant le boulevard qui dessert la  zone industrielle située dans l'agglomération rouennaise à Sotteville-lès-Rouen et Saint-Etienne du Rouvray.
En début de matinée, les manifestants ont ensuite bloqué les accès du pont Mathilde. Ce qui a engendré de nombreuses difficultés de circulation sur les deux rives de la Seine.

La menace de "paralyser économiquement  la région"

Un responsable syndical annonçait ce matin au micro de France 3 Normandie que si la loi n'était pas retirée :
 "Nous, dans les semaines à venir on va monter crescendo avec des blocages de 24h et des grèves reconductibles et on paralysera économiquement la région"


Pour voir la vidéo; allez sur le site de FR3Normandie - VIDEO : le reportage France 3 Normandie de S. Letourneau et P. Derouet  avec les interviews de :

  • Fabrice Lottin, secrétaire général CGT Grand port maritime de Rouen
D'autres actions en vue
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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:59

Une mine d'information sur les méfaits de la politique européenne et les sales coups de la commission et du conseil européens.  De quoi alimenter les tracts ety la réflexion.

Ruptures n°8 est paru

Le n°8 de Ruptures est paru le 24 mars.

L’éditorial évoque la loi du silence dès lors que les responsabilités de l’Union européenne sont en jeu. Il en va ainsi du projet de loi El Khomri, des recommandations édictées par Bruxelles, mais aussi du référendum qui se tient le 6 avril aux Pays-Bas.

La page 2 est consacrée au projet de démontage du code du travail, qui provoque une mobilisation des salariés, étudiants et lycéens : l’analyse de l’historique et des dispositions du texte montre qu’il suit pas à pas les « recommandations » de Bruxelles.

La page 3 rend compte du Conseil européen des 17 et 18 mars. Angela Merkel a réussi à imposer à ses pairs le plan censé résoudre la crise migratoire, qu’elle a discrètement négocié avec Ankara.

La page 4 analyse les récentes élections en Irlande et en Slovaquie. Les deux pays sont peu comparables, mais les scrutins ont en commun d’avoir exprimé un rejet des politiques de l’UE, et d’avoir provoqué un émiettement du paysage électoral.

Pour ne pas manquer cette édition, abonnez-vous vite, si ce n’est déjà fait…

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:53

Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. »

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 14:35
Les assassins du Code du travail - Recommandations européennes, pressions patronales, pouvoir socialiste - En annexe le texte intégral des recommandations.  

Les recommandations européennes et la loi-travail

 

Les notes des rédacteurs du blog "Action Communiste" sont en caractéres gras italiques bleues.  Les extraits  du texte du conseil européen en noir. 

En annexe, le texte intégral pour les courageux.

 

La loi sur le travail est directement issue des recommandations de la commission de Bruxelles qui impose sa politique sociale à la France !

Vous avez cru voter pour des députés français ?  C'est vrai pour certains.  Mais les députés qui voteront cette loi sont les esclaves volontaires de Bruxelles.  Ils voteront en réalité pour les consignes européennes, élaborées avec la participation de Hollande-Moscovici-Valls-Sapin. Sans oublier Gattaz et le grand patronat européen en coulisse ... Les recommandations européennes ne sont que le cache-sexe du gouvernement socialiste, de la droite et du patronat.

Il ne nous reste plus qu'à combattre à la fois l'Union Européenne, le patronat et le pouvoir socialiste !

Pour cette « loi sur le travail », le gouvernement Valls3 s'appuie, entre autres,  sur une recommandation du 14 juillet 2015 du conseil européen ( sur proposition de la commission ...) à la France. 

Rajout du 1er mars 2016 : il a été ajouté à la recommandation de la commission, recopiée parfois mot pour mot, ces quelques mots : "en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales" ...  Vu les pratiques du gouvernement socialiste et de Bruxelles, on comprend mal le sens de cet ajout ...

Ci-dessous quelques morceaux choisis de ces recommandations :

 

 

Recommandation pour baisser le salaire minimum et les salaires en général.

«  Le coût du salaire minimum reste élevé […] Le salaire minimum devrait évoluer d'une manière plus propice à la compétitivité [...] »

« La France devrait prendre des mesures résolues pour supprimer les seuils réglementaires prévus par le droit du travail [...] »

Bruxelles regrette qu'il n'y ait pas davantage de dérogations concernant les contrats de travail :

Il faudrait « Réviser le cadre juridique régissant les contrats de travail pourrait aider à réduire la segmentation. Les réformes menées récemment n'ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche par des accords d'entreprises. Cela limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins."

Le gouvernement Valls3 applique les recommandations dans sa loi sur le travail:

"Les branches et les entreprises ont la possibilité de déterminer de façon souple, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, à quelles conditions il y a lieu de déroger à la durée légale du travail de 35 heures par semaine,[...] »

« Très peu d'entreprises ont fait usage des nouveaux dispositifs permettant un assouplissement des conditions de travail dans le cadre d'accords d'entreprise. Ce dispositif devrait être revu afin de donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique. "

Malgré les analyses qui démentent l'efficacité de la mesure, la dégressivité des allocations chômage est proposée par Valls3.  C'est que ça figure dans les fameuses recommandations  :

"Des mesures structurelles sont nécessaires pour garantir la soutenabilité du système. En particulier, les conditions d'éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés par les partenaires sociaux chargés de la gestion du système. "

"Fait à Bruxelles le 14 juillet 2015

Par le Conseil

Le président

P. Gramegna"

 

Note : P. Gramegna est ministre luxembourgeois des Finances.  On peut se demander à quel titre il signe des recommandations à la France.  Il représente tout simplement le conseil de l'Union Européenne auquel il participe - tout comme Emmanuel Macron ou Michel Sapin - quand il est question de Finances.  Le conseil de l'Union européenne émet ces recommandations sur propositions de la commission européenne.  La complexité du parcours des décisions permet d'occulter la responsabilité des ministres français et du président français dans la prise des décisions européennes ...

 

Ci-dessous vous pouvez lire le texte intégral des recommandations du conseil européen à la France (14 juillet 2015).

Recommandation du conseil européen à la France - 14 juillet 2016.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 13:16

Vu sur Solidaires 76 et le blog de l'UL CGT de Dieppe

Manifestations en Seine-Maritime

5 avril :

  • Le Havre; actions vers les permanences parlementaires
  • Rouen;      MANIFESTATION A L'APPEL DES ETUDIANTS >> 10H30 cours CLEMENCEAU

samedi 9 avril :

MANIFESTATIONS:
  • ROUEN >> 14H30 cours CLEMENCEAU

  • Le HAVRE >> 15H00 à FRANKLIN

  • LILLEBONNE >> 10H30 THEATRE ROMAIN

  • DIEPPE >> 14h 30, PLACE de LA FONTAINE, QUAI HENRI IV

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:12
La grande absente des manif's    par Jean LEVY
La grande absente des manif's    par Jean LEVY

Avant les manif's des 5 et 9 avril...

 

On les cherche vainement dans les manifestations contre la loi El Khomri, aussi bien à Paris que dans les villes de province : pas la moindre banderole, pas la plus petite pancarte évoquant l'Union européenne pour dénoncer son rôle moteur dans l'offensive tout azimut visant les droits sociaux des peuples et imposant à ceux-ci l'austérité la plus noire. 

 

Et pourtant, c'est clair, presque officiel : c'est à Bruxelles que sont élaborées les "directives", les oukases, peut-on dire, qui sont à l’origine des mesures imposées aux salariés,  aux retraités et aux jeunes dans chaque pays de l'UE. Jusqu'au budget de chaque Etat soumis à la vigilante censure des commissaires européens. Et, bien sûr, si notre Code du Travail est mis en cause dans ses fondements, c'est pour répondre à la nécessité d'assurer aux entreprises une plus forte rentabilité, selon les critères établis tant dans capitale belge qu'à Francfort, dans les salons de la BCE. 

 

En somme, l'équipe au pouvoir, dans chaque pays, n'est là que pour appliquer ces directives. Que ces équipes soient de droite ou se prétendent de "gauche", ou collaborent entre elles, les chefs d'Etat, les ministres ne sont que les prête-noms des grandes sociétés, dont ils assurent la logistique. Parfois même, leur attitude est tellement criante qu'ils donnent l'impression de se caricaturer pour nous prouver qu'ils ne sont que des valets des intérêts privés !

Pas besoin d'en rajouter et d'en faire le dossier complet.

Mais alors, pourquoi sur ce sujet, ce lourd silence des syndicats ?

Pourquoi les directions ceux-ci regardent ailleurs, alors que la révolte gronde ? Pourquoi ne pas crier la vérité et ouvrir les yeux à ceux qui les ont encore fermés ?

 

Depuis un mois, des centaines de milliers de salariés et de jeunes ont défilé pour faire pression sur le pouvoir afin que celui-ci annule sa loi travail. Ils n'ont pas seulement martelé de leurs pas les pavés, Ils ont parfois bloqué les rues de nos cités et ils ont recommencé, encore plus nombreux, plus déterminés. Et  à nouveau, ils vont se faire entendre par deux fois, cette semaine. 

Mais  sans s'en prendre aux donneurs d'ordre, seulement à leurs subordonnés. Ils manifestent avec ardeur, certes, mais comme qui dirait, les yeux bandés. Et les discours enflammés qu'ils acclament ne parlent jamais d'Europe, de Bruxelles, de l'oligarchie mondialisée. 

La "grève générale" est ovationnée. Mais contre qui la déclencher ?

Certes, en France, Hollande, Valls, Macron sont à la manœuvre. C'est d'abord contre eux et leur loi scélérate, qu'il faut manifester pour  les pousser à se déjuger. 

Cela ne sera pas facile appuyés qu'ils sont au mur argenté du Medef. Il faut ajouter que celui-ci est la  filiale de la maison-mère, BusinessEurope, le patronat qui trône sur notre continent vassalisé.

Pour gagner la bataille sociale, et en premier lieu, imposer le retrait de la loi El Khomri, faut-il voir clair, connaître l'ennemi, bien mesurer les enjeux et frapper fort où ça fait mal.

C'est la condition pour que la mobilisation populaire grandissante de notre peuple conduise à sa victoire.

 

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 09:26
 

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat français (le Medef). C’est à l’occasion de son Assemblée générale du 18 janvier 2000 que le Medef a décidé de lancer l’idée de la « refondation sociale ». Il ne veut plus de lois constitutives de droits pour les salariés, il veut généraliser la notion de « contrat » entre l’employeur et le salarié.

 

Par Jacques Nikonoff, professeur associé à l’Institut d’études européennes, Université Paris 8

Le 30 mars 2016

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat français (le Medef). C’est à l’occasion de son Assemblée générale du 18 janvier 2000 que le Medef a décidé de lancer l’idée de la « refondation sociale ». Il ne veut plus de lois constitutives de droits pour les salariés, il veut généraliser la notion de « contrat » entre l’employeur et le salarié.

Par ailleurs, dans le cadre du « Semestre européen », la Commission européenne publie des rapports par pays. Rappelons que le Semestre européen est un cycle de coordination des politiques économiques et budgétaires au sein de l’Union européenne (UE), à l’occasion desquels les États membres alignent leurs politiques économiques et budgétaires sur les règles et les objectifs arrêtés au niveau de l’UE. Il s’inscrit dans le cadre de la « gouvernance » économique de l’Union européenne. Ce cycle se concentre sur les six premiers mois de chaque année, d’où son nom. La Commission européenne a fait cette proposition en mai 2010, les ministres de l’Économie et des Finances l’ont adopté et introduit en septembre 2011. Le processus consiste à coordonner les politiques économiques et budgétaires de la zone euro, en lien avec le Pacte de stabilité et de croissance et la stratégie Europe 2020. Dans ce but, un calendrier d’intégration des budgets des États membres de l’UE au niveau européen a été mis en place en 2011 (le semestre européen). Concrètement, il s’agit de faire « dialoguer » la Commission, chargée du respect du pacte de stabilité et de croissance, et les États membres tout au long de leur processus d’élaboration budgétaire. Des prévisions économiques sont produites trois fois par an par la Commission qui, en janvier, présente un « Examen annuel de croissance » (EAC) pour chaque État membre. Cet EAC met au jour les « réformes » et les « efforts » à effectuer par ces pays. Il débouche sur l’établissement de priorités par le Conseil européen, transmises ensuite, en mars, aux États. En avril, ces derniers doivent élaborer à partir de ces priorités, un « programme de stabilité » qui est ensuite transmis à la Commission (comprendre un programme d’austérité. Celle-ci transmet alors en juin des recommandations pour chaque pays au Conseil européen qui les adopte en juillet. Dès lors, les États doivent intégrer ces recommandations dans leurs projets budgétaires pour l’année suivante. Le semestre européen correspond à une nouvelle étape dans le démantèlement de la souveraineté des États membres.

Pour en savoir plus :
http://www.consilium.europa.eu/fr/policies/european-semester/

Deux documents des institutions de l’Union européenne montrent qu’elles ont inspiré le projet de loi présenté par Madame El Khomri, ministre du Travail, et qu’elles agissent activement pour son succès. Il s’agit :

  • du communiqué de presse du 26 février 2016 de la Commission européenne présentant le « rapport sur la France » ;
  • des « Recommandations du Conseil » du 13 mai 2015.

La Commission européenne a publié le 26 février 2016 son analyse annuelle « des défis économiques et sociaux, auxquels font face les États membres de l’UE », à savoir les « rapports par pays ». Ces rapports sont un instrument destiné à suivre les « réformes » engagées (comprendre la mise en œuvre de politiques néolibérales). Ils servent de base au « dialogue » avec les États membres concernant leurs choix nationaux en vue de l’adoption de leurs programmes nationaux en avril et conduiront à la formulation, à la fin du printemps, des recommandations de la Commission par pays.

Étrangement, le rapport sur la France n’est disponible qu’en anglais. La charge symbolique est très forte, comment inciter au « dialogue » si une partie de la population, du fait de la barrière de la langue, ne peut accéder à des données, analyses ou recommandations concernant son propre pays ?

Ce rapport préconise la décentralisation de la négociation collective à l’échelle de l’entreprise et une diminution généralisée des dépenses sociales.

La Commission européenne constate avec gourmandise qu’un « glissement » s’est produit vers la décentralisation de la négociation collective. Le cadre introduit en 2004 par la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social (dite loi Fillon) a étendu la portée de la négociation collective aux entreprises moyennes. Les accords d’entreprise ou de branche ont été autorisés à déroger aux accords de branches ou interprofessionnels, même si les conditions sont moins favorables aux travailleurs. Néanmoins, regrette la Commission européenne, le principe de faveur, qui établit qu’une révision à la baisse des conditions d’emploi ne peut pas se produire, reste valable « pour le salaire minimum, les classifications, les mesures supplémentaires de protection sociale, les fonds interprofessionnels de la formation professionnelle ». On comprend que la Commission européenne va agir pour continuer la délocalisation vers l’entreprise de la négociation collective sur ces sujets.

Depuis que les dérogations aux accords de branche ou interprofessionnels ont été autorisées, la Commission européenne constate avec regret que les résultats ont été particulièrement faibles. Depuis 2013, seulement 10 accords d’entreprise ont été conclus (accords de maintien de l’emploi), couvrant moins de 2 000 travailleurs. Pour tenter de redresser la situation, la loi n°2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (dite loi Macron) a étendu la durée de ces accords à 5 ans et a introduit la notion de cause « réelle et sérieuse  » pour licencier les salariés refusant les termes de l’accord, réduisant de ce fait l’incertitude pour les entreprises dans les litiges avec leurs salariés.

À la suite du rapport Combrexelles de septembre 2015, la Commission européenne donne un coup de chapeau au gouvernement qui aurait ainsi manifesté « son intention de réformer progressivement le code du travail pour renforcer l’autonomie de négociation au niveau de l’entreprise » et annoncé qu’une loi serait présentée (le projet de loi El Khomri).

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat (le Medef)

La Commission européenne ne s’arrête pas aux encouragements à détruire le Code du travail, elle insiste également sur la nécessité de poursuivre la destruction du modèle social européen issu de l’après-guerre, reprenant ainsi toutes les exigences du grand patronat.

L’organisation sociale idéale, pour le Medef, est celle dans laquelle les entreprises pourraient définir les contenus des contrats de travail sans aucune contrainte, comme au XIXe siècle avec le contrat de louage où les ouvriers se présentaient en place de Grève… Démunis de tous droits individuels et collectifs, les salariés n’auraient plus aucun recours légal. Car placer le contrat au-dessus de la loi revient à remettre en cause le principe de la hiérarchie des normes juridiques. Selon ce principe la Constitution se place au sommet de notre architecture juridique. Tous les autres textes en découlent en formant une hiérarchie : les traités internationaux, les lois, les règlements… Un arrêté municipal, par exemple, reste subordonné aux principes généraux du droit et ne peut contrevenir aux stipulations d’un texte d’un niveau supérieur. Si la loi fixe le SMIC à 1 500 euros mensuels, aucun accord de branche ou d’entreprise ne peut aujourd’hui fixer un seuil inférieur. Le Medef veut pourtant obtenir la possibilité, avec l’appui de la Commission européenne, de signer des accords de branche ou d’entreprise qui fixeraient le SMIC à 1 000 euros par exemple pour les salariés de cette branche ou de cette entreprise… C’est ce qu’il exprime clairement quand il critique le système actuel qui « hiérarchise les règles sociales suivant le principe de la clause dite la plus favorable » (le principe de faveur). Le Medef a trouvé dans le Parti socialiste et le gouvernement Hollande-Valls un agent beaucoup plus efficace que le dernier gouvernement Sarkozy-Fillon qui n’avait pas osé aller si loin.

La « refondation sociale » engagée par le MEDEF est une tentative de coup d’État

En République, la souveraineté appartient au peuple, directement et par l’intermédiaire de ses représentants, les députés. Il leur revient de décider des conditions du travail, de sa protection et de sa promotion par le vote de la loi. Selon l’Article 34 de la Constitution, « La loi détermine les principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale. » Ces questions relèvent donc d’abord de la représentation nationale (le Parlement) – c’est-à-dire du champ politique – et ensuite des partenaires sociaux. La raison est simple. La représentation nationale, qui vote la loi, est l’émanation du peuple alors que les partenaires sociaux n’en représentent qu’une fraction. C’est ce que souhaite changer le Medef. C’est pourtant devant la loi, et uniquement devant la loi, que « tous les citoyens sans distinction » se trouvent égaux. Si la loi devenait seconde au regard du contrat, devant qui ou quoi seraient égaux les citoyens ? Par nature le contrat ne peut satisfaire au principe d’égalité, a fortiori lorsqu’il se contracte individuellement entre un salarié et un employeur.
Avec l’inversion de la hiérarchie des normes, le pouvoir d’édicter les règles sociales passerait au patronat, principalement le grand patronat, et plus précisément dans les bureaux du Medef. Seul à décider, il pourrait ainsi accroître l’insécurité, la flexibilité et la précarité. Les temporalités sociales seraient alignées sur les temporalités du marché.

Dans ses « recommandations spécifiques » (Specific recommendations - CSRs), la Commission européenne demande à la France de :

  • identifier les « sources d’économies sur la Sécurité sociale, les collectivités locales, les retraites complémentaires, les retraites de base grâce aux encouragements pour travailler plus longtemps »,
  • poursuivre les « progrès substantiels » obtenus dans la baisse du coût du travail,
  • lutter contre les « rigidités » du marché du travail,
  • « modifier les modalités de fixation du salaire minimum » (le SMIC) car en 2015 il a augmenté de 0,6% de plus que l’inflation à cause de l’indexation automatique sur les salaires réels alors que le chômage continuait d’augmenter,
  • réformer le code du travail pour encourager les entreprises à embaucher des CDI,
  • faciliter les dérogations accordées aux entreprises notamment pour l’aménagement du temps de travail,
  • réformer le système d’assurance chômage pour qu’il revienne à l’équilibre financier et qu’il encourage mieux les chômeurs à retourner au travail.

La Commission regrette que la France ait fait « des progrès limités pour faciliter les dérogations à la loi au niveau de l’entreprise. La réforme du code du travail devrait permettre une meilleure prise en compte du niveau de l’entreprise et de la branche pour les dérogations à la loi. »

La Commission européenne veut accélérer la baisse des salaires réels en France

Le salaire réel correspond au pouvoir d’achat du salaire nominal, c’est-à-dire la quantité de biens et de services qu’un agent économique peut acheter avec son salaire nominal (celui que son employeur lui verse sur son compte en banque).

Motif : la récente décélération des salaires réels en France resterait « insuffisante pour rattraper le retard entre le coût du travail et le ralentissement de la croissance de la productivité ».

La Commission européenne donne les chiffres suivants : entre 2008 et 2012, le revenu par salarié a augmenté de 2,5% en moyenne par an, alors que la croissance du PIB moins l’inflation était autour de 1%. Le gain de 1,5% pour les salariés serait donc extravagant. D’où le principe suivant que l’on peut déduire de cette déclaration de la Commission européenne : les salaires ne doivent pas permettre une amélioration du pouvoir d’achat.

La Commission européenne ne veut pas entendre parler d’augmentation du SMIC

Pour elle, « l’augmentation du SMIC induit une augmentation des salaires pour toutes les catégories de travailleurs, particulièrement pour les ouvriers et employés. » La Commission européenne ajoute « en période de faible inflation, les règles d’ajustement du salaire minimum (le SMIC) peuvent être une source de rigidité des salaires depuis qu’elles sont partiellement indexées sur l’évolution des salaires réels. Le processus de fixation des salaires contribue ainsi aux pressions salariales. » On peut ainsi déduire un autre principe imaginé par la Commission européenne : non seulement les salariés ne doivent pas connaître d’augmentation de leur pouvoir d’achat (progression du salaire supérieure à l’inflation), mais le salaire minimum (le SMIC en France) ne doit jamais augmenter.

La Commission européenne veut diminuer les prestations de Sécurité sociale

Pour elle, « Le coût du travail en France reste parmi les plus élevés de l’UE, essentiellement du fait des cotisations sociales élevées payées par les employeurs, la France se place juste après la Belgique, le Danemark, la Suède, le Luxembourg. Ce rang n’a pas évolué depuis 10 ans, malgré la décélération du coût du travail observée depuis 2012 ». Ce coût du travail serait « élevé principalement à cause de la fiscalité comptant pour plus de 30% de l’heure travaillée, comparé à une moyenne de 24% dans l’UE. »

La Commission se réjouit néanmoins que des « mesures ont été récemment introduites pour réduire le fardeau fiscal sur le travail » : réduction fiscale dans le cadre du CICE de décembre 2012 ; diminution des cotisations sociales des employeurs pour la Sécurité sociale dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité de janvier 2014. « Au total ces mesures vont baisser la fiscalité patronale de 1,5% du PIB (30 milliards d’euros) entre 2013 et 2017 ». On doit contester la notion de « fardeau fiscal » pour les entreprises, elles devraient au contraire être fière de contribuer ainsi aux biens communs. Le gouvernement devrait même publier la liste des meilleurs contributeurs ayant payé le plus d’impôts.

La Commission européenne veut réduire les indemnités des chômeurs

Elle constate la détérioration de l’équilibre financier du système d’assurance chômage qui, malgré la Convention d’assurance chômage entrée en vigueur le 1er juillet 2014, reste insuffisante pour réduire son déficit. En octobre 2015 les projections de déficit étaient estimées passer de 21,3 milliards d’euros en 2014 à 25,8 milliards d’euros en 2015 et 29,4 milliards en 2016. Pour l’UE, « La conception du système d’allocations chômage réduit les incitations à retourner au travail ». Hélas, la Commission européenne est restée muette sur les conséquences du déficit financier des familles de chômeurs.

On peut déduire un troisième principe de ces déclarations et de ces silences : il faut baisser les indemnités des chômeurs, autrement dit les affamer, pour les obliger à chercher du travail.

Le document concerné s’intitule « Recommandations du Conseil COM(2015) 260 final », daté du 13 mai 2015. Il concerne le programme national de réforme de la France pour 2015 et porte avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2015. Ce texte a été soumis par le gouvernement français, en application de l’article 88-4 de la Constitution, à l’Assemblée nationale et au Sénat le 21 mai 2015.

Les « recommandations » du Conseil sont ainsi devenues le programme du gouvernement français : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme de la France et son programme de stabilité. Ses recommandations formulées en vertu de l’article 6 du règlement (UE) nº1176/2011 se reflètent dans les recommandations figurant aux points (1) à (6) ci-dessous. RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2015-2016 : » On trouve alors deux catégories de recommandations : celles qui portent sur la destruction du Code du travail, celles qui portent sur la destruction d’autres éléments de la protection sociale.

La Commission européenne regrette que « les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche. Cela limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins. Il conviendrait d’accorder aux branches et aux entreprises la possibilité de déterminer de façon flexible, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, s’il y a lieu de déroger à la durée légale du travail de 35 heures par semaine. La loi portant création des accords de maintien de l’emploi n’a pas produit les résultats escomptés. Très peu d’entreprises ont fait usage des nouveaux dispositifs permettant un assouplissement des conditions de travail dans le cadre d’accords d’entreprise. Ce dispositif devrait être revu afin de donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique.

On retrouve cette analyse dans sa recommandation n° 6 : « réformer le droit du travail afin d’inciter davantage les employeurs à embaucher en contrats à durée indéterminée ; à faciliter, aux niveaux des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail ; à réformer la loi portant création des accords de maintien de l’emploi d’ici à la fin de 2015 en vue d’accroître leur utilisation par les entreprises ; à entreprendre une réforme du système d’assurance chômage afin d’en rétablir la viabilité budgétaire et d’encourager davantage le retour au travail. »

On comprend donc que c’est la fin programmée des 35h et l’accentuation de la flexibilité des salaires et des horaires, autrement dit travailler plus pour gagner moins. L’incitation à embaucher davantage en contrats à durée indéterminée ne doit pas faire illusion. Comme la flexibilité des horaires et des salaires va croître, le CDI formel deviendra un CDD réel. Tel est l’objet du projet de loi de Madame El Khomri.

Ralentir « considérablement » la croissance des dépenses de Sécurité sociale

Pour la Commission européenne « Il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale, qui ont représenté 26% du PIB en 2014, soit près de la moitié des dépenses totales du secteur public. Des économies de 11 milliards d’EUR sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. Il est notamment possible de renforcer encore la mise en œuvre des politiques de maîtrise des coûts dans le domaine des prix des médicaments et des dépenses hospitalières. »

Résultat prévisible : diminution des remboursements des médicaments, des consultations et des hospitalisations qui frapperont plus particulièrement les ménages les plus en difficulté, diminution des embauches dans la fonction publique hospitalière.

Baisser les retraites

Pour la Commission, « Le déficit du système de retraite pourrait continuer à se creuser dans les années à venir et les réformes des retraites menées précédemment ne suffiront pas à le combler. En particulier, le déficit imputable aux régimes des agents de l’État et des salariés des entreprises publiques continue de peser sur le déficit global du système de retraite. »
Conclusion : des mesures de diminution du montant des retraites devront encore être prises.

Étrangler les collectivités locales

Pour la Commission « La France a entrepris de réformer ses collectivités locales en vue d’améliorer l’efficacité du système. Elle devrait continuer à mettre en œuvre la réduction prévue des dotations de l’État et renforcer le contrôle des dépenses des collectivités locales moyennant un plafonnement de l’augmentation annuelle des recettes fiscales de celles-ci, en tenant compte des plafonds qui s’appliquent déjà à un certain nombre d’impôts locaux. Des mesures sont également nécessaires pour maîtriser la hausse des dépenses de fonctionnement des collectivités locales. »
Résultat prévisible : diminution des embauches dans la fonction publique territoriale, diminution des subventions aux associations, coupes dans les dépenses sociales.

Baisser le coût du travail

Pour la Commission « Des mesures ont été prises pour réduire le coût du travail et améliorer les marges bénéficiaires des entreprises, notamment le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi de 20 milliards d’EUR et l’allègement des cotisations patronales de 10 milliards d’EUR supplémentaires prévu dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité. Ces deux mesures, qui représentent 1,5% du PIB, devraient contribuer à combler l’écart entre la France et la moyenne de la zone euro concernant le coin fiscal sur le travail. Leur mise en œuvre devrait se poursuivre en 2016 mais, compte tenu de leur coût élevé pour les finances publiques, il est important d’évaluer leur efficacité au niveau des entreprises. »
Résultat prévisible : de nouvelles subventions publiques aux entreprises privées.

Casser le mécanisme de fixation du salaire minimum

Pour la Commission il faut « tenir compte des rigidités affectant le marché du travail et le marché des produits, et tout spécialement celles affectant les salaires. Le coût du salaire minimum reste élevé si on le compare à celui des autres États membres. Le salaire minimum continue d’évoluer d’une manière qui n’est pas propice à la compétitivité et à la création d’emplois. De plus, dans un contexte d’inflation faible, son indexation automatique pourrait conduire à des hausses de salaires supérieures à ce qui est nécessaire pour préserver le pouvoir d’achat. »

Pour l’instant le gouvernement n’a pas encore osé s’attaquer à ce sujet.

Affamer les privés d’emploi

Pour la Commission européenne « La dégradation persistante de la situation sur le marché du travail a affecté le système d’assurance chômage, au point de remettre en cause la viabilité du modèle. La nouvelle convention d’assurance chômage, qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2014, est insuffisante pour réduire le déficit. Les différentes mesures mises en place ont permis d’économiser 0,3 milliard d’EUR en 2014. D’après les estimations, elles réduiront le déficit de 0,8 milliard d’EUR supplémentaire en 2015, le faisant passer de 5,2 milliards d’EUR à 4,4 milliards d’EUR, et la dette du système augmenterait encore pour s’élever à 25,9 milliards d’EUR. Des mesures structurelles sont nécessaires pour garantir la viabilité du système. Les conditions d’éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés. »
Tout le monde aura compris que « réexaminer » la dégressivité des allocations chômage et les taux de remplacement signifie les abaisser.

Tout ceci converge dans les recommandations n°2 et n°3 :

2.- à accentuer les efforts visant à rendre efficace la revue des dépenses et à recenser les possibilités d’économies dans tous les sous-secteurs des administrations publiques, et notamment aux niveaux de la sécurité sociale et des collectivités locales ; à prendre des mesures pour limiter l’augmentation des dépenses de fonctionnement des collectivités locales ; à prendre des mesures supplémentaires d’ici à mars 2016 pour ramener le système de retraite à l’équilibre, notamment en s’assurant que la situation financière des régimes de retraite complémentaire soit viable à long terme ;

3.- à maintenir les réductions du coût du travail découlant du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité, notamment en les mettant en œuvre comme prévu en 2016 ; à évaluer l’efficacité de ces dispositifs en tenant compte des rigidités du marché du travail et du marché des produits ; à réformer, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, le système de formation des salaires pour que ceux-ci évoluent au même rythme que la productivité ; à veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec les objectifs de promotion de l’emploi et de la compétitivité ;

L’Union européenne impose des politiques d’austérité (notamment des « réformes structurelles du marché du travail ») qui consistent à affaiblir les droits et les protections des salariés face aux risques sociaux. L’exemple emblématique est celui de la Grèce avec un double résultat : très positif pour les créanciers qui ont recouvré leurs capitaux avec profits ; très négatif pour la population qui est frappée d’un recul social invraisemblable. Ces politiques empêchent la reprise de l’emploi et, à terme, le remboursement lui-même de la dette publique.

L’euro interdit l’ajustement des monnaies par le taux de change et impose la « compétitivité » par la baisse des salaires et la dérèglementation du travail, c’est-à-dire une concurrence acharnée entre pays, dont les salariés font les frais, alors que l’UE avait pour ambition affichée la coopération. La lutte contre la loi El Khomri, pour être victorieuse, doit intégrer la nécessité absolue de sortir de l’euro et de l’Union européenne, unilatéralement et sans préavis.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 09:23
Le soir du 30 mars à Tolbiac...
Amnésie européiste ?
Par Jean Lévy

dimanche 3 avril 2016, par Comité Valmy

 

Le soir du 30 mars à Tolbiac

Cela fait chaud au cœur : près d’un millier de jeunes étudiants et lycéens, pleins d’enthousiasme, réunis à Tolbiac, le soir du 30 mars 2016, contre la loi El Khomri, dite "loi travail".

Rassemblés, pour certains depuis le 9 mars, beaucoup de jeunes les ont rejoints à l’occasion des AG et des manif’s qui se succèdent, semaine après semaine, aux côtés des salariés en première ligne contre le projet de loi gouvernemental, socialement liberticide.

Ils se souviennent de la rude bataille gagnée en 2006 contre le CPE. Par leur multitude et leur détermination commune, travailleurs, lycéens et étudiants, ont alors imposé le retrait pur et simple de la loi, infligeant au gouvernement Chirac-De Villepin une défaite en rase campagne.

D’autres ne manquent pas d’évoquer mai 68, l’ambiance d’alors, les mots d’ordre libertaires écrits à la hâte et placardés dans les amphis, les libertés prises avec le sombre quotidien, des vacances pour l’esprit, un instant libéré.

Ce printemps 2006 va-t-il être un "remake" des souvenirs héroîques ?

Le climat qui règnait ce 30 mars à Tolbiac le laisserait penser.

Les mobilisations ouvrières et de jeunes qui se succèdent dans le pays depuis le 9 mars, plus puissantes, semaine après semaine, elles annoncent, pour les temps prochains, un climat de grande marée.

Mais, il ne faut pas se le cacher, la bataille qui s’annonce ne sera pas une promenade de santé.

Pour la gagner, faut-il encore mesurer les forces du capital qui se dressent contre notre peuple et qu’il faut battre. Et faire l’inventaire des moyens et la stratégie de ceux que nous combattons. Et pas seulement le gouvernement PS, mais aussi et surtout ses commanditaires.

Car Hollande, Valls et Macron ne sont que les fondés de pouvoir de l’oligarchie, les marionnettes du capital globalisé, comme l’étaient hier les Sarkozy, les Fillon, les Juppé. L’oligarchie, c’est le pouvoir qui détient à son profit les moyens de production et d’échange volés à la Nation, et qui s’est payé l’ensemble des grands médias au service de sa publicité.

Voilà qui se dressent face à nous et qu’il faut connaître.

Mais soyons plus précis. Depuis des décennies, il n’y a plus de capital strictement hexagonal. En France, le capital financier n’a pas de patrie. Pour sa survie, il s’est mondialisé. Et, en premier, européanisé. Car, par tradition, il se met sous la coupe du plus puissant, le capital allemand. Comme en 1940, il "collabore", comme fidèle second.

Pour générer des profits plus amples, ils ont mis en place ensemble un espace plus vaste que le territoire national : l’Union européenne. Plus de frontières, plus de douane, plus de droits à payer. Et une main d’œuvre robotisée au meilleur marché.

D’où les oukases bruxellois infligeant toujours plus d’austérité, des droits sociaux réduits à zéro. N’est-ce pas leur objectif en essorant le Code du Travail ?

Nous voici donc revenus au point de départ : la loi El Khomri !

Pour se mettre plus efficacement en ordre de bataille, n’aurait-il pas fallu à Tolbiac, l’autre soir, rappeler ces vérités, pas un instant abordées ?

Jean LEVY
Membre du bureau du Comité Valmy
31 mars 2016

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 02:51
31 mars : la vague montante
vendredi 1er avril 2016
par  Charles Hoareau

 

 

Combien étions-nous ce jeudi 31 mars dans toute la France ?
Evidemment entre le ministère de l’Intérieur et les organisations qui appelaient à manifester les chiffres varient. A Marseille la préfecture de police a même atteint un sommet dans le domaine du grotesque.
Alors que les organisations annonçaient le nombre impressionnant de 120 000 manifestants, il s’est trouvé quelqu’un en préfecture pour annoncer sans rire le chiffre de 11200 !
Et pourquoi pas 11207 pour être encore plus soi-disant précis dans le ridicule !!!
Ils n’ont encore compté que les chauves à lunettes ?

Mais il y a une donnée sur laquelle tout le monde est d’accord et la presse le souligne ce matin : que l’on prenne les chiffres du pouvoir ou ceux des organisations le constat est le même : nous étions dans les rues de France le double du 9 mars.
Autrement dit les manoeuvres en recul du gouvernement, le soutien appuyé de la CFDT (dont quelques organisations étaient d’ailleurs présentes dans les manifestations) n’y ont rien fait : la vague est montante.

Hier à Marseille ce qui frappait c’est à la fois la force des professions et entreprises représentées et à ce titre outre les portuaires particulièrement nombreux on remarquait la force historique de la délégation des salarié-e-s d’Eurocopter, mais aussi la grande diversité des entreprises présentes avec certaines d’entre elles pour qui c’était la première manifestation et avaient fait faire pour l’occasion des banderoles neuves.

Dans ces dernières le mouvement n’en est qu’à ses débuts et la marge de progression n’en est que plus forte. Et il le faudra car pour le moment le gouvernement ne va pas reculer pour deux raisons fondamentales.

- D’abord pour des raisons de politique politicienne, les seules que souligne généralement la presse. Le gouvernement qui vient de se prendre une gamelle sur la déchéance de nationalité ne veut pas apparaître comme un gouvernement de l’à peu près et de l’indécision. Valls, admirateur de Clémenceau, veut donner une image de fermeté. Une autre version d’une raffarinade célèbre : « ce n’est pas la rue qui gouverne »

- Il y a ensuite une raison encore plus fondamentale : ce gouvernement ne peut pas, ne veut pas se mettre en délicatesse avec l’Union Européenne qui lui a enjoint de faire cette réforme, qui entre bien dans sa logique de pressurer une à une les classes ouvrières nationales des pays de l’union.
C’est une question de classe : obéir au capital ou s’affronter. Le gouvernement a choisi de se soumettre voire d’anticiper les désirs de ses maitres.
Nous nous avons choisi de nous battre non seulement pour le retrait de la loi mais aussi pour faire avancer nos propositions.

Aussi forte fut la journée du 31 mars elle ne suffira pas. On va donc continuer :
- Dans les quartiers populaires confrontés au chômage de masse et à la précarité et qui ont besoin d’emplois, de réindustrialisation, de services publics et non de mesures destinées à les mettre à la merci du grand patronat
- Dans les entreprises où nombre d’organisations syndicales vont agir pour que partout le plus haut niveau possible d’action avec la plus forte participation possible de salarié-e-s.
- Dans tous les lieux où se rassemble la jeunesse afin qu’elle ne soit pas une génération sacrifiée

De grèves en manifestations, de mobilisations diverses en mouvement général, nous sommes partis pour durer.
Durer pour gagner et faire enfin reculer le capital.

Charles Hoareau

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