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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 13:39

L'OTAN demande à l'UE d'obtempérer à ses demandes :

Elle lui réclame d' ”appliquer des législations nationales qui facilitent le passage de forces militaires à travers les frontières” et, en même temps, d’ ”améliorer les infrastructures civiles de façon à les adapter aux exigences militaires”.

L'UE s'exécute  :

“En facilitant la mobilité militaire à l’intérieur de l’UE -explique la représentante des affaires étrangères de l’Union, Federica Mogherini- nous pouvons réagir plus efficacement quand surgissent les défis”

Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 03 avril 2018
ilmanifesto.it

La Commission européenne a présenté le 28 mars le Plan d’action sur la mobilité militaire, “En facilitant la mobilité militaire à l’intérieur de l’Ue -explique la représentante des affaires étrangères de l’Union, Federica Mogherini- nous pouvons réagir plus efficacement quand surgissent les défis”. Même si elle ne le dit pas, évidente est la référence à l’”agression russe”.

Le Plan d’action a été en réalité non pas par l’Ue, mais par le Pentagone et par l’Otan. En 2015, le général Ben Hodges, commandant des force terrestres étasuniennes en Europe (U.S. Army Europe), a requis l’institution d’ “un Espace Schengen militaire” afin que les forces USA, pour faire face à “l’agression russe”, puissent se déplacer avec la plus grande rapidité d’un pays européen à l’autre, sans être ralenties par des règlements nationaux et des procédures douanières. Cette requête a été faite précisément par l’Otan : le Conseil Atlantique-Nord, réuni le 8 novembre 2017 au niveau de ministres de la Défense, a demandé officiellement à l’Union européenne d’”appliquer des législations nationales qui facilitent le passage de forces militaires à travers les frontières” et, en même temps, d’ ”améliorer les infrastructures civiles de façon à les adapter aux exigences militaires”.

Carte de l'espace Schengen

Carte des Etats membres de l’espace Schengen – cliquez pour agrandir

Source : https://www.touteleurope.eu/les-pays-membres-de-l-espace-schengen.html

Le 15 février 2018, le Conseil Atlantique-Nord au niveau de ministres de la Défense a annoncé la constitution d’un nouveau Commandement logistique Otan pour “améliorer le mouvement en Europe de troupes et équipements essentiels à la défense”.

À peine plus d’un mois après, l’Union européenne a présenté le Plan d’action sur la mobilité militaire, qui répond exactement aux requêtes établies par le Pentagone et par l’Otan. Il prévoit de “simplifier les formalités douanières pour les opérations militaires et le transport de marchandises dangereuses de type militaire”.

Ainsi se prépare “l’Espace Schengen militaire”, avec la différence que ce ne sont pas des personnes qui circulent librement mais des chars d’assaut. Mais déplacer des blindés et autres véhicules militaires sur route et sur voie ferrée n’est pas la même chose qu’y faire circuler des véhicules et trains normaux. On doit pour cela supprimer “les actuelles barrières à la mobilité militaire”, en modifiant “les infrastructures non adaptées au poids et aux dimensions des engins militaires, notamment ponts et voies ferrées présentant une insuffisante capacité de charge”. Par exemple, si un pont n’est pas en mesure de supporter le poids d’une colonne de blindés, il devra être renforcé ou reconstruit.

La Commission européenne “identifiera les parties du réseau trans-européen des transports adaptées au transport militaire, en établissant les modifications nécessaires”. Celles-ci devront être effectuées le long de dizaines de milliers de kilomètres du réseau routier et ferroviaire. Cela demandera une énorme dépense à charge des pays membres, avec une “possible contribution financière UE pour ces opérations”.

Ce sera de toutes façons toujours nous, citoyens européens, qui paierons ces “grandes oeuvres”, inutiles pour des usages civils, avec de conséquentes coupes dans les dépenses sociales et les investissements en oeuvres d’utilité publique. En Italie, où se raréfient les fonds pour la reconstruction des zones sinistrées par les tremblements de terre, on devra dépenser des milliards d’euros pour reconstruire des infrastructures adaptées à la mobilité militaire. Les 27 pays de l’Ue, dont 21 appartiennent à l’Otan, sont maintenant appelés à examiner le Plan. L’Italie aurait donc la possibilité de le rejeter. Ce qui cependant signifierait, pour le prochain gouvernement, s’opposer non seulement à l’Ue mais à l’Otan sous commandement USA, en commençant à se détacher de la stratégie qui, avec l’invention de la menace russe, prépare la guerre, véritable celle-là, contre la Russie.

Ce serait une décision politique fondamentale pour notre pays mais, étant donnée la sujétion aux USA, elle reste dans le domaine de la politique-fiction.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Ue, Area Schengen per le forze Nato

Edition de mardi 3 avril 2018 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ue-area-schengen-per-le-forze-nato/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 00:06

Un article de Rouge midi écrit en 2005, tout à fait d'actualité.  Repris sur le blog de Jean Lévy

L’Europe, la gauche, le syndicalisme et Bolkestein
Des clefs pour comprendre...
mardi 29 mars 2005 
tiré de Rouge Midi
 

Comment analyser le vote des députés européens français sur la résolution du 15 février 2003 à l’origine de la directive Bolkestein ? (Pour mémoire : Droite et PS : POUR,  PCF et MDC : abstention, LO : contre). La connaissance de ce vote venant juste après le CCNde la CGT et les remous que l’on sait ajoute aux questions que se posent nombre de ceux qui se battent depuis des années contre cette construction européenne et ses conséquences pour les peuples .

En fait depuis des décennies les enjeux européens illustrent le virage de la gauche française et sa perte de repères. On peut penser que cela est dû à l’exercice du pouvoir à partir des années 81 ou réfléchir à l’impact idéologique sur un gouvernement de gauche d’une construction politique commune (l’UE) avec des pays résolument capitalistes. Quoi qu’il en soit c’est bien, entre autres, des engagements européens qui sont à l’origine des reniements des années 80.

Le vote du PS et des Verts n’est pas en soi une surprise tant ces deux formations ont depuis le début considéré l’UE comme une grande idée et accepté au nom de celle-ci des textes de plus en plus nocifs pour les peuples. Pour le PS cette approbation de plus en plus marquée (il faut se souvenir qu’il s’était abstenu en 1972 au référendum sur l’entrée de la Grande Bretagne) l’a conduit à des acceptations et des renoncements de plus en plus grands par rapport à son propre projet. Les verts pour leur part ont toujours privilégié « la grande idée » au contenu réel de celle-ci, ce qui les a amené dans leur histoire à souvent anticiper sur la construction politique dont les multinationales ont besoin.

Une abstention surprenante ?

Ce qui peut davantage surprendre les militants politiques ou syndicaux et « le peuple de gauche » c’est l’abstention du PCF et les prises de position publiques récentes du bureau confédéral de la CGT (que certains analysent, à tort ou à raison, comme « un OUI à peine masqué » à la constitution). Comment le PCF qui s’est d’abord rangé dans le camp des adversaires résolus de la construction de l’Union Européenne a-t-il pu laisser passer un tel vote ? Est-ce une erreur de casting pour un parti qui mène campagne pour le NON ? 
Il faut pour comprendre ce vote qui n’est pas un accident de parcours en revenir à l’histoire.

Une dérive historique

Jusqu’au milieu des années 70 le PCF (et la CGT) affirme son refus de « l’Europe du capital » (il aurait été alors plus juste de parler de l’UE du capital).
Puis devant le rouleau compresseur idéologique du capitalisme, redoutant d’être à contre courant, le discours a changé. Il s’est peu à peu affirmé euro constructif, comme si on avait oublié qu’il s’agissait d’une alliance de pays capitalistes, jusqu’à prôner aujourd’hui « l’Europe sociale » sans donner de véritable contenu à cette nouvelle grande idée ni surtout les moyens d’y parvenir.

A trop vouloir s’affirmer « euro positifs » on renvoie dans l’abstention ou pire dans les bras de l’extrême droite ceux que l’on nomme les euro sceptiques parce qu’ils ont l’audace de ne pas voir tout ce que « l’Europe » fait de bien pour eux depuis 50 ans et de ce fait ont des doutes sur la possibilité d’arriver un jour à l’Eldorado de l’Europe sociale.

La force du capital depuis le traité de Rome a été de se situer sur le plan idéologique théorique et non sur le contenu de la construction proposée. On confond allègrement Union Européenne et « Europe » et L’Europe c’est la paix, la fin des frontières, l’amour entre les peuples...Dans un souci d’être « modernes », certains idéologues de la direction du PCF ont renoncé à ce qui distingue une organisation révolutionnaire d’une organisation réformiste (et donc électoraliste) : le fait d’assumer d’être à contre courant si on estime que l’idée que l’on défend est juste.

En 58 être « moderne » ou ne pas être isolé c’était défendre l’Algérie Française...heureusement que ce concept n’était pas ce qui guidait le mouvement ouvrier de l‘époque. De même au plan international en 1789 ne pas être isolé c’était être pour la monarchie et en 2003 être pour la guerre en Irak...Ce souci d’être euro constructif a conduit tout naturellement, en particulier les élus européens à essayer de construire... dans une construction qui est en soi antisociale. Par peur d’être accusé de refus systématique, on a intégré ce processus qui apparaissait irréversible et on s’est mis à proposer, à essayer d’aménager...de réformer. On a même eu l’illusion qu’en confrontant nos points de vue avec nos ex adversaires de classe devenus à nos yeux des opérateurs économiques, voire des partenaires sociaux on arriverait à force d’arguments et de persévérance à aménager dans un sens humain cette construction.

Europe : la positive attitude

Il y a d’abord eu en 1991 la création de "Confrontations" 

véritable pont entre la droite, la gauche et le syndicalisme, piloté par une DIRECTION COLLÉGIALE réunissant :

Jacky FAYOLLE (CAE, Cabinet d’Analyse Economique auprès de Raffarin), Michèle DEBONNEUIL(membre du même CAE et du cabinet Borloo), Claude FISCHER ( PCF), Jean GANDOIS (MEDEF), Philippe HERZOG (PCF), Jean-Christophe LE DUIGOU (CGT), Jacques MAIRE (directeur des relations du travail chez AXA), Francis MER (UMP), Jean PEYRELEVADE(MEDEF), Franck RIBOUD (MEDEF), Jean-François TROGRLIC (CFDT).

Ces faits maintenant connus ont pu et peuvent encore apparaître comme l’initiative d’individus isolés agissant en dehors de leur organisation respective. Certes, ce fut sans doute le cas au début, pour certains d’entre eux en particulier au PCF et à la CGT. Mais cette machine de guerre idéologique s’est développée et force est de constater que son influence est grandissante dans toute la gauche française et le syndicalisme, du moins à la direction de ceux-ci.

Confrontations outre son conseil d’administration où siège, entre autres, Francine Blanche membre du Bureau confédéral de la CGT, a créé un comité de parrainage où l’on voit apparaître au côté des grands patrons français et hommes et femmes politique de droite et du PS (Edmond Alphandéry, Christian Blanc, Martine Aubry, Francis Mer...), des syndicalistes (Alain Olive UNSA...) des élus PCF ou apparentés (Jack Ralite, Jean Pierre Brard) et d’anciens dirigeants de la CGT (Jean Louis Moynot, André Sainjon...).

Mais il y a encore plus grave et plus inquiétant pour la gauche française et plus spécialement pour le PCF. Il existe aussi un « comité de parrainage du cercle européen » où l’on retrouve au côté de gens célèbres pour leurs écrits ou actes antisociaux ( Etienne Davignon auteur du plan de casse de la sidérurgie, Michel De Virville auteur du rapport récent préconisant la casse du code du travail (rapport auquel a collaboré JD Simonpoli ex dirigeant CGT aujourd’hui directeur de Lasaire officine où l’on retrouve J Maire, JL Moynot...), Pascal Lamy commissaire européen aux oeuvres multiples...)Joël Decaillon dirigeant de la CGT et de la CES, Géneviève Fraisse et Sylviane Ainardi députées européennes sur la liste PCF... Pas étonnant dans ces conditions que la même Ainardi n’ait pas cru bon de voter contre une résolution issue directement de ce qu’on appelle la stratégie de Lisbonne et que Confrontations soutient. Pas étonnant non plus que ce soit aux seuls syndicats belges que l’on doive l’initiative d’un débat sur la directive Bolkestein au forum social de Londres en octobre 2004 ni qu’ils aient été bien seuls le 5 juin 2004 à la manifestation contre cette même directive ...

Le club Lisbonne

La stratégie de Lisbonne désigne les objectifs que ce sont fixés les chefs d’états européens à Lisbonne en mars 2000, visant à faire de « l’Europe la 1re puissance économique mondiale à l’horizon 2010 ». Confrontations, fidèle à ses principes, loin de se démarquer de cette orientation, s’inscrit dans celle-ci et crée dans la foulée le Club Lisbonne (voir document attaché) qui se donne entre autres pour but de :

1- Doter l’Union d’une politique industrielle offensive

2- Réformer les marchés du travail sur la base d’un dialogue social européen.

3- Donner une suite aux acquis de la précédente législature sur les services publics et travailler à une perspective commune sur les services d’intérêt général (souligné par nous)

4- Gagner la bataille sur le financement de l’Union, ce qui suppose un véritable budget européen, un nouveau plan sur les services financiers et la sauvegarde des aides d’Etat. »

Le point 3 montre assez que la directive Bolkestein n’est pas née de la lubie d’un homme qui s’est levé un beau matin en se disant : « Tiens ! si je faisais une directive ! ». Non elle est née des orientations du sommet de Lisbonne, de la donc fameuse résolution que le parlement a voté le 15 février 2003 et pour laquelle le groupe communiste ne pouvait pas voter contre puisque outre les noms déjà cités on trouve celui de Francis Wurtz comme membre du club Lisbonne !!!

Conclusion

Au delà de la question des personnes somme toute secondaire, notre démarche ici consiste à essayer de comprendre les dérives constatées.
Dans l’atmosphère consensuelle des salons feutrés de Bruxelles et d’ailleurs, les dirigeants du mouvement ouvrier ont perdu leurs repères de classe qui leur faisaient naguère rejeter en bloc cette construction impérialiste. Tout se passe comme si on pouvait paraphraser l’adage : Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu défends.

Le peuple, abandonné est en train avec ce débat sur le référendum, de se rappeler au souvenir des dirigeants, pompeusement appelés élites, avec d’autant plus de force qu’au contraire d’un 21 avril porteur de désespoir, il a avec le vote NON le moyen de tout remettre à plat. Le NON n’est pas en soi un vote d’espoir mais peut être un tremplin, un point de départ permettant d’imposer d’autres constructions et solidarités internationales futures.

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 23:41
Christophe FREBOU le 3 avril

Les cheminots du Havre devaient reprendre leur piquet de grève dès ce matin, 5 heures

SNCF. Aujourd’hui, le trafic au départ et à l’arrivée de la gare du Havre sera de nouveau impacté par le mouvement des cheminots. Pour ces derniers, comptant sur le soutien des usagers, il y va de la survie d’un service de qualité.

Les deux Intercités (Le Havre-Paris) de 6 h 27 et 13 h 57 puis rien d’autre. Pas plus de deux rames se sont donc, comme annoncé, élancées des quais de la gare du Havre alors qu’à quelques pas de là, une centaine de cheminots tenaient le piquet de grève. Entre agacement et envie de se faire entendre comme force de proposition alors que la gare est quasi désertée par les usagers ayant, de leur côté, pris leurs dispositions. Il devrait en être de même aujourd’hui dès 5 heures, au deuxième des 36 jours de grève déposés au cours des trois prochains mois.

Face à l’ouverture à la concurrence

Agacement face aux difficultés de trouver un interlocuteur régional. « Comment arriver à se faire entendre ? Au Havre, nous n’avons plus de direction régionale. C’est donc au directeur d’établissement des contrôleurs et des voyageurs que nous avons remis nos revendications locales ainsi qu’une copie d’Ensemble pour le Fer (NDLR : le rapport de la Fédération CGT des cheminots sur l’avenir du service public ferroviaire) », fustige Baptiste Bauza, délégué syndical CGT-SNCF. « C’est à l’image du semblant de négociations que met en place le gouvernement qui n’a pas manqué de rappeler qu’il restait encore un mois de rencontres. Mais tout cela est à l’image de l’émission de télévision The Voice. Sauf que cette fois, c’est l’inverse, la ministre (NDLR : Élisabeth Borne) nous écoute puis nous tourne le dos une fois qu’on en a terminé. »

À entendre les syndicalistes, les rares usagers rencontrés aux abords de la gare se voudraient compréhensifs. Selon un sondage Ifop publié le week-end dernier, 46 % des Français trouveraient le mouvement des cheminots justifié. « Évidemment pour eux c’est plus difficile les jours de grève mais les passagers n’oublient pas que la galère c’est au quotidien qu’ils la vivent », martèle Jean-Marie Mutel, secrétaire du syndicat CGT des cheminots du Havre. « Alors que l’on m’explique en quoi nos conditions de travail empêchent un train d’arriver à l’heure. On cherche tout simplement à monter les Français contre les cheminots en vue de préparer l’ouverture à la concurrence. »

Car autour du tas de palettes enflammées au pied de la salle Duponchel, c’est évidemment le sujet qui est sur toutes les lèvres. Une préparation qui serait à l’origine de bon nombre de dysfonctionnements. « On a cherché à cloisonner chaque métier afin de mieux portionner la SNCF avant de la découper en secteurs soumis l’un après à la concurrence », poursuit le délégué. « Conséquence, on interdit aux cheminots d’être polyvalents. Donc si un conducteur fret est disponible afin de pallier l’absence d’un conducteur voyageur, il ne peut le remplacer. »

Michel, jeune retraité, arborant fièrement son badge « CGT-cheminots » est venu soutenir ses anciens collègues. « J’étais électricien au service équipement. Puis du jour au lendemain, on a séparé les activités haute et basse tension. J’étais chargé de la basse tension. Si un problème sur la haute tension intervenait, il fallait donc faire venir un collègue de Rouen. Comment peut-on imaginer que c’est de la faute des cheminots si la SNCF n’est plus capable de fournir un service de qualité ? »

Un service que le syndicat local CGT des cheminots voudrait repenser. Ce matin, à l’occasion d’une rencontre sous-préfecture, une délégation déposera une série de propositions « pour le développement du ferroviaire local ». Parmi elles, une desserte sur la zone industrielle du Havre où chaque jour 36 000 personnes se rendent. « La direction et le gouvernement ne sont pas dans une démarche constructive. Nous, si, et nous le prouvons ».

[...] La suite sur le site de P Nie : http://www.paris-normandie.fr/region/greve-sncf-au-havre--les-cheminots-se-veulent-force-de-proposition-JD12667709

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 23:27

Aucun TER en Normandie pour la première journée de grève SNCF / © JY.Gelebart

En ce premier jour du mouvement de grève à la SNCF, aucun TER ne circule en Normandie. Des cars effectuent certaines liaisons, en substitution. A Cherbourg, aucun train ne quitte la gare ce mardi.

Extraits

"L'exemple de Cherbourg , ville sans train ce mardi

La seule solution pour rallier Paris depuis la gare de Cherbourg aujourd'hui : emprunter l'un des trois autocars qui partent tous à la même heure : 7h11 . Un seul des cars aura fait le plein. A son bord, des voyageurs pas trop pressés comme un couple de Savoyards venu rendre visite à leur fille ou encore un Cherbourgeois soucieux de ne pas rater la correspondance à Caen. Le bus le dépose à la gare de Caen, d'où il prendra le train pour Paris à 8H50.

Le gros des voyageurs, informés du mouvement de grève dès samedi soir, avait pris ses dispositions. En gare, pas grand monde non plus ce mardi matin, la SNCF ayant largement communiqué durant tout le week-end. Le mouvement risque de durer. En témoigne l'affluence lors de l'Assemblée générale organisée par les syndicats dans la matinée."
[...]

Source https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/nord-cotentin/cherbourg-cotentin/cherbourg-train-aucun-ter-normandie-ce-mardi-3-avril-2018-1451845.html

"Une grève très suivie le premier jour

En Normandie, la grève a débuté mardi 3 avril 2018. Elle a été très suivie par les cheminots et le trafic a été fortement perturbé. Seuls 13 % des trains Intercités ont circulé en Normandie. Cependant, les voyageurs ont été prévoyants et il n’y a pas eu de scène de cohue en Normandie.

Des perturbations à prévoir mercredi 4 avril

Le deuxième jour de grève, prévu pour le mercredi 4 avril 2018, devrait également être très suivi en Normandie. Le trafic devrait encore être très fortement perturbé sur le réseau normand avec « la circulation d’un train/autocar sur cinq », prévient la SNCF dans un communiqué publié mardi 3 avril."

Source :https://actu.fr/societe/greve-cheminots-continue-perturbations-trains-normandie_16200117.html

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 17:43

Le mariage aura bien lieu. Malgré le risque de monopole, la Commission européenne a donné son aval à la fusion entre le géant des OGM Monsanto et, celui de la chimie, Bayer. Ce dernier a accepté de céder toutes ses activités liées à l'agrochimie. Une mesure qui ne suffit pas à calmer les opposants à ce mariage. 

Les opposants à la fusion Bayer-Monsanto dénoncent un risque de monopole sur les semences.
ONG

Malgré les contestations, la Commission européenne a donné son aval, jeudi 22 mars, au rachat du géant des pesticides et des OGM, Monsanto, par l’Allemand Bayer, spécialiste des médicaments et de la chimie. Une fusion très décriée par les associations environnementales, car elle pourrait permettre à cette nouvelle entreprise d’avoir le monopole sur plusieurs activités de ces deux secteurs. 

Bayer cède toutes ses activités agrochimiques 

Mais la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, l’affirme : "Nous avons autorisé le projet de rachat de Monsanto par Bayer parce que les mesures correctives proposées par les parties, qui dépassent largement les 6 milliards d'euros, répondent pleinement à nos préoccupations en matière de concurrence".

Concrètement, Bayer a accepté de céder pour près de 6 milliards d’euros ses activités agrochimiques à BASF, autre groupe chimique allemand. Dans le détail, selon Le Monde, il abandonne "la quasi-totalité de son département de semences, y compris son organisation de recherche et développement, certains de ses pesticides, ainsi qu’une licence sur une copie de son offre actuelle et de ses produits en cours de développement en matière d’agriculture numérique". 

Monsanto risque d'échapper à la justice 

Sans surprise, cette décision a été vivement critiquée par plusieurs ONG dont Friends of the Earth Europe qui appelait à "bloquer cette fusion profondément impopulaire". "Plus d’un million de citoyens ont exhorté Mme Vestager à bloquer cette fusion infernale", plaidait-elle. 

Plusieurs spécialistes dont la journaliste Marie-Monique Robin et l’ancienne ministre Corinne Lepage craignent que ce mariage permette à Monsanto d’échapper aux milliers de plaintes des victimes du glyphosate. Mais les dés ne sont pas encore jetés. Encore deux autorités américaines doivent donner leur autorisation à cette fusion à 51 milliards d’euros.

Marina Fabre @fabre_marina avec AFP

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 14:21
Lu sur le site de l'IHS-76
Le 5 avril prochain à la « Maison du Peuple  » de Sotteville les Rouen, BERNARD THIBAULT présente » LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE EST SOCIALE »

 

 

Extraits de la présentation lue sur le site de l'IHS-CGT de Seine-Maritime

 

"En Europe les droits sociaux sont fréquemment présentés comme des « privilèges » d’un autre temps.

La version néolibérale de la mondialisation a fait de la concurrence un absolu qui s’est étendu à la planète entière. Les dégâts humains de cette véritable guerre sociale mondiale sont énormes.

Pourquoi cette situation? Quelles sont les origines, qui est responsable et comment s’en sortir?

C’est le sujet de la rencontre débat que vous propose notre Institut Cgt d’ Histoire Sociale de Seine-Maritime avec Bernard THIBAULT le 5 avril prochain à 14 h 30 à « LA MAISON DU PEUPLE » de Sotteville les Rouen.

 

BERNARD THIBAULT est membre du Conseil d’administration de l’ organisation internationale du travail (OIT) et a été secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013."

 

Commentaire : Nul doute que l'analyse de la situation, de ses origines et de ses responsables est essentielle pour penser une stratégie pour s'en sortir.  Nul doute également que le coeur du débat est, pour la France, et cela vaut pour chaque pays, l'analyse des moyens mis en oeuvre par le capitalisme mondialisé pour asservir les peuples.

 

En Amérique latine, c'est l'intervention des Etats-Unis dans les affaires intérieures de pays souverains.  En Afrique, au Moyen-Orient, c'est l'impérialisme et ses guerres.  Ce capitalisme est aussi l'objet d'un combat féroce des Etats-Unis et des pays de l’UE contre la Chine et la Russie qui entendent contrôler leur capitalisme national et s'opposer à la volonté hégémonique des premiers.

 

L'UE, dont l'ancêtre, la CEE, fut voulue et portée sur les fonts baptismaux par les Etats-Unis dans le contexte de la guerre froide et du plan Marshall, en est l'instrument en Europe.  On ne peut aborder ce débat sans réfléchir sur les institutions et organismes qui l'épaulent : UE, cour de justice européenne, euro, banque européenne, confédération européenne des syndicats ...  On doit aussi s'interroger sur la notion de "version néolibérale de la mondialisation".  Car parler de "version" suggère une autre "version".  Or cette autre version n’existe pas.  La dite "version néolibérale domine  toute la vie économique et sociale mondiale.  Disons les choses crûment : c'est la version XXIème siècle du capitalisme.  Cette expression suppose que ce serait autre chose et pire que le capitalisme.  Cela laisse le champ libre aux tenants d'un impossible  "capitalisme aménagé" ...  L'UE veut faire croire qu’elle le tente en taxant les GAFA et en dénonçant les paradis fiscaux - ce qui n'est pas à refuser, mais sans illusion - pendant qu'elle met toutes ses forces politiques et idéologiques dans la bataille pour la "concurrence libre et non faussée" de nos services publics qu'elle rêve de privatiser ? 

Ce débat sur la guerre sociale mondiale et comment s'en sortir survient au moment, justement, où se livre, en France, une bataille essentielle pour les services publics et le service public ferroviaire.  Et contre le dogme de la "libre concurrence".  Avoir la tête claire sur les enjeux et les moyens de s'en sortir ne peut que renforcer la détermination et la force des luttes.  Débattre de toutes ces questions peut y contribuer.  A condition qu’aucun sujet ne soit tabou.  Notamment la responsabilité de l’UE.

 

Yvette Genestal

 

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 16:15

Ruptures

Ruptures n°74 est sous presse. Il sera dans les boites aux lettres des abonnés le 30 mars.
Aperçu du sommaire :

– l’éditorial qui revient sur l’« affaire Skripall », la très peu vraisemblable responsabilité de Moscou, et la montée de l’hystérie anti-russe qui pourrait bien servir certains intérêts

– un récit du Conseil européen, au cours duquel les Vingt-huit ont réussi à afficher leur unité, malgré le Brexit, en accusant la Russie et en dénonçant les menaces protectionnistes brandies par Donald Trump

– une analyse approfondie du projet de « réforme » du rail et de sa filiation directe avec la déréglementation ferroviaire orchestrée par Bruxelles dont l’axe est l’ouverture généralisée à la concurrence

– une analyse des élections générales italiennes du 4 mars, marquées par un succès éclatant des formations dites populistes et un désaveu cinglant des partisans de l’UE

– un éclairage sur le scrutin du 18 mars en Russie, qui a conforté Vladimir Poutine, mais où le score à deux chiffres du candidat communiste rappelle la persistance de problèmes sociaux

– et, bien sûr, comme chaque mois, les brèves…

Pour recevoir cette édition et les suivantes, il n’est pas trop tard pour s’abonner.

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 16:01
Mercredi 28 Mars 2018 sur editoweb, le blog de Nicolas Maury
Amélie de Montchalin, députée La République en Marche de l’Essonne, membre de la commission des finances, remet en cause le monopole de la sécurité sociale. La prochaine offensive de casse est lancée des godillots de Macron, elle vise notre plus grand bien, la Sécurité sociale
 
Amélie de Montchalin (LREM) remet en cause le monopole de la sécurité sociale
 
 

Qui est Amélie de Montchalin, députée "En marche" de 33 ans ?

Elle travaille comme assistante-stagiaire de Valérie Pécresse à l'Assemblée nationale, chez Axa au Chili, puis comme analyste politique à la Commission européenne. Elle obtient un master en administration publique (MPA Master of Public Administration) à la Harvard Kennedy School en 2014.

Elle a été économiste junior chargée de l'Europe pendant la crise de la zone euro de 2009 à 2012 chez Exane et directrice de la prospective et du suivi des politiques publiques pour le groupe Axa de 2014 à 2017.

En parallèle, elle exerce une activité de conseil auprès des Républicains : Contexte relève qu'« elle a fait passer des notes sur ses sujets — investissement, conduite des réformes, budget ou encore logement — à la motion de centre droit « La Boîte à idées », au collectif de hauts fonctionnaires et de cadres Les Éclaireurs, puis à l’entourage d’Alain Juppé pendant la campagne pour la primaire ».

Elle fait partie des nouveaux députés LREM qui sont issus du milieu de l'entreprise et qui se sont engagés après avoir été séduits par le côté « start-up » d’En marche ! : ils ont eux-mêmes imprégné le fonctionnement de LREM de leurs méthodes managériales et de leur vocabulaire.

Amélie de Montchalin est la coordinatrice (whip - ?? - ) du groupe La République en marche pour la commission des finances. Elle est chargée de faire respecter les consignes de vote au sein de son parti et de s'assurer qu'il y ait toujours une majorité pour LREM lors de chaque vote.

Source et liens : Wikipédia

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 14:34

Voici la phrase incriminée et présente dans le communiqué confédéral CGT du 21 mars et intitulé "L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux Ni nulle part ailleurs !" :

"C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte."

Voici un amalgame honteux. Car les dirigeants de la CGT savent très bien que si le FN reste raciste et xénophobe, il n'est plus partisan, ni du "Frexit", ni de la sortie de l'euro. 

Ce n'est donc pas l'extrême-droite qui est visée par la dénonciation du "Frexit". 

Sont ainsi ciblés ceux qui, dans les rangs des militants de la classe ouvrière, réclament une plus forte critique des politiques de  l'UE et de la commission et dénoncent la position de la Confédération Européenne des Syndicats qui se tait sur les mobilisations en cours en France, la bataille contre la privatisation du rail et contre la casse des services publics.

La motivation cachée d'un tel texte est d'empêcher, de diaboliser, tout débat sur les responsabilités européennes, les directives de la commission et les moyens de s'y opposer.  Ce n'est pas ainsi qu'on se donne les moyens de fortifier les luttes en France.  Ce n'est pas non plus de la sorte qu'on se bat contre le racisme, fruit de la crise sociale, économique, idéologique qui s'aggrave dans notre pays.

Yvette Genestal

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 09:16

L'Union Européenne en gestation-le point de vue de la CGT en 1957

Lors du congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) qui se tient à Leipzig du 4 au 15 octobre 1957, Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT de France,  prononce un discours dans lequel il pointe les dangers du Marché commun qui allait donner naissance à l'Union européenne

[...]

Je veux limiter mon intervention à deux points sur lesquels il me semble nécessaire d'apporter une contribution à leur approfondissement.

 

Le premier est le Marché commun des six pays d'Europe.

A première vue, cette question semble intéresser plus particulièrement les syndicats membres du Marché commun. En réalité, elle soulève des problèmes qui ont une valeur internationale.

La CGT française s'est prononcée à l'unanimité contre le Marché commun sans rémission.

Cependant, les promoteurs de ce Marché ont fait beaucoup de propagande pour le présenter comme une réforme progressive, une mise en commun des ressources de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, et comme un moyen d'améliorer le sort des peuples de ces pays.

Cette propagande cache des visées bien différentes.

Le Marché commun fait partie d'un ensemble de mesures conçues et mises en œuvre par les impérialistes américains en vue de poursuivre leur objectif de domination mondiale.

Les six pays intéressés font partie de cette machine de guerre qu'est l'OTAN et qui a déjà abouti à la création de nombreuses bases militaires américaines en Europe, à la militarisation à outrance des pays membres, à imposer à leurs peuples des charges militaires écrasantes, à la remilitarisation de l'Allemagne de l'Ouest.

[...]

Elle n'est cependant pas la seule raison.

Le Marché commun constitue en fait un grave danger pour l'économie nationale des pays les plus faibles et une menace non moins grave pour les travailleurs de l'ensemble de ces pays. Contrairement à ce qu'en disent les promoteurs, le Marché commun ne fait pas disparaître les contradictions internes du régime capitaliste. Ces contradictions s'expriment déjà dans notre pays par les craintes exprimées par certains dirigeants d'industries ou d'entreprises menacées par la concurrence d'industries similaires d'autres pays du Marché commun mieux placés qu'eux. Le Marché commun ne peut favoriser le développement économique dans tous les pays intéressés, il ne peut aboutir qu'à l'hégémonie des capitalistes et des monopoles les plus puissants, en l'occurrence les monopoles allemands étroitement associés aux monopoles américains.

Ce en quoi cette question du Marché commun a une importance internationale pour les syndicats réside notamment dans les moyens employés par les monopoles et les gouvernements qui mènent leur politique pour essayer de le faire admettre par les masses populaires et la classe ouvrière, alors qu'il constitue une véritable trahison des intérêts nationaux de la plupart des pays qui y participent. Ce qui intéresse les travailleurs de tous les pays, ce sont les moyens que ces mêmes monopoles et gouvernements utilisent pour troubler la conscience de classe des travailleurs et pratiquer une politique réactionnaire en essayant de la parer des vertus du progrès, en utilisant même parfois ou en faisant utiliser par des dirigeants d'organisations ouvrières un langage à prétention socialiste. [...]

 

Le renforcement des monopoles signifie également une domination plus grande des capitalistes sur l'État et l'utilisation de l'appareil de cet État contre les libertés et les droits de la classe ouvrière. Le Marché commun prévoit la libre circulation des travailleurs dans les six pays intéressés. On nous présente cela comme une grande conquête dans la voie de la liberté, une espèce de préface à la suppression des frontières. La vérité est beaucoup plus prosaïque.

Pour s'opposer aux revendications de la classe ouvrière, pour réduire les salaires réels, imposer de longues journées de travail et des conditions de travail toujours plus dures, les capitalistes ont besoin d'une armée de réserve de chômeurs. La soi-disant libre circulation des travailleurs leur permettra d'utiliser à leur gré cette armée, de la transporter d'un pays à l'autre suivant les besoins.

En ce qui concerne le niveau de vie des travailleurs, tous ceux qui veulent cacher les véritables buts du Marché commun affirment que les salaires et conditions sociales seront nivelés par le haut. Mais comme le rappelait le camarade Di Vittorio, c'est au contraire vers le niveau le plus bas que s'orientent les capitalistes de tous les pays. Chez nous, bien avant que le Marché commun ait été voté par le Parlement, les patrons répondaient aux demandes d'augmentation des salaires formulées par les syndicats par la nécessité de faire face à la concurrence dans le futur marché et faisaient peser la menace du chômage.

Chez nous, les dirigeants social-démocrates de droite, ainsi que les dirigeants réformistes et les partisans de la collaboration des classes dans les syndicats présentent le Marché commun comme une tranche de socialisme.[...]

En lire davantage ici : http://hlguemene.over-blog.org/pages/LUnion_Europeenne_en_gestationle_point_de_vue_de_la_CGT_en_1957-1400140.html

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