Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 14:16
Nous devons relever le défi d’un parti communiste fort, puissant et influent
Base commune alternative « Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF »
, par  Michèle Picard , lu sur le site du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF"

 

Notre congrès doit être l’occasion de regarder dans le rétroviseur sur la stratégie du PCF au regard de la situation que vivent nos concitoyens au quotidien et des résistances nécessaires au capitalisme. Est-elle adaptée à la construction d’un large rassemblement populaire pour porter un véritable projet de société capable de répondre à l’urgence sociale ?

Un regard lucide doit être porté sur ce qui a conduit à l’affaiblissement du Parti. Ce bilan n’a jamais été fait, tant sur notre histoire, sur le communisme municipal et sur l’apport de nos villes aux populations. Pourtant nous devons bien commencer par là. Il n’y a d’ailleurs pas eu, non plus, d’analyse par rapport aux nombreuses villes que nous avons perdues.

La stratégie électorale de ces dernières années conduit à une impasse. Être à la remorque du PS nous condamne à disparaître. Pour les élections municipales 2014, les villes à direction communiste ont été la cible de tous nos adversaires, du PS, de la droite et de l’extrême droite, parce qu’elles sont des terres de résistances et de solidarités que le capitalisme ne supporte pas. A Vénissieux, le mot d’ordre de la droite, de l’extrême droite et du PS était le même « 80 ans de communisme ça suffit ». Nous avons rassemblé les forces progressistes locales et mené la bataille électorale sur les acquis de notre ville, contre l’austérité et autour d’un projet ambitieux pour les Vénissians. C’est ce qui nous a permis de gagner largement l’élection. Nous nous sommes toujours opposés à la création des méga-métropoles, qui sont mises en concurrence entre-elles. A l’instar de Grand Lyon Métropole, ces métropoles éloignent les citoyens des centres de décisions. Elles ont pour objectif la dissolution des communes et des élus. On le voit bien à la métropole lyonnaise où la technocratie prend le dessus sur les élus du peuple. Les techniciens organisent des réunions avec des maires ou des élus des communes sans élus métropolitains. C’est notre conception même de la commune, comme 1er maillon républicain, qui est remis en cause, tout comme le rôle des élus, et la relation avec les citoyens qui s’en trouve fragilisée.

Nous ne pouvons plus nous accommoder de cette société qui broie les hommes, brise les solidarités, et détruit nos vies. Pourtant, nationalement, le PCF n’apparaît plus comme une alternative au capitalisme. Seul un véritable projet ouvrant des perspectives d’avenir permettrait de rassembler tous ceux qui luttent, tous ceux qui résistent aux politiques destructrices du capitalisme.

Nous devons relever le défi d’un parti communiste fort, puissant et influent. C’est en portant un projet ambitieux, en étant visible que nous insufflerons un nouveau souffle à la vie politique. C’est en étant en phase avec la société, en portant un projet et en rassemblant, au cœur des luttes, des mouvements populaires que nous redeviendrons un parti populaire de combat.

Ce texte alternatif proposé au Congrès a la volonté de porter à la discussion et à l’échange toutes les grandes questions que se posent les communistes.

Le PCF, en tant que parti d’émancipation, d’action et de rassemblement a un rôle déterminant à jouer, dans le contexte actuel, tant dans le débat idéologique que sur les combats à porter. C’est ensemble que nous y parviendrons sur une base claire, précise, sans tabou en rassemblant largement tous les communistes.

Michèle PICARD
Maire de Vénissieux
Conseillère métropolitaine

  • JPEG - 38.3 ko
Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 13:59

par · 2 avril 2016

Le débat lancé par la proposition d’Elizabeth Badinter de boycotter les firmes de prêt-à-porter qui se plient à la supposée « loi islamique », les revendications du personnel féminin d’Air-France qui refusent de porter le voile sur les vols Paris-Téhéran, enfin, le problème posé par l’introduction des pratiques religieuses dans la loi « El Khomri », montrent que la question de la laïcité est réellement aujourd’hui fondamentale. La laïcité ne peut avoir qu’un sens, celui du renvoi des croyances non testables à la sphère du privé, s’avère tout autant nécessaire pour la construction du Bien Commun, ce « Res Publica » dont le mot République est issu[1]. C’est pourquoi l’introduction de la question religieuse dans le débat publique a toujours abouti à la division, et doit donc être proscrite.

 

Laïcité et République

En effet, il ne peut y avoir de peuple, c’est à dire de base à construction politique de la souveraineté populaire, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles il ne peut y avoir de discussions. La prise en compte de l’hétérogénéité radicale des individus implique, si l’on veut pouvoir construire une forme d’unité, qui soit reconnue comme séparée et distincte la sphère privée. En cela, la distinction entre sphère privée et sphère publique est fondamentale à l’exercice de la démocratie. Ce principe fondamental est inclut d’ailleurs dans notre Constitution : la République ne reconnaît nulle religion et nulle race.

Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946, et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme[2]. La laïcité n’est donc pas un supplément d’âme à la République : elle en est en réalité le ciment[3]. Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[4] et un traité sur la laïcité[5].

Les attaques actuelles contre la laïcité doivent être identifiées pour ce qu’elles sont réellement : des attaques contre la démocratie. En défendant la laïcité, c’est un principe fondamental d’organisation politique que l’on défend en réalité.

 

Le piège des fanatiques

Il convient donc d’éviter le piège que nous tendent les fanatiques de toutes obédiences. En voulant nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, ou des signes d’appartenances, ils aboutissent en réalité à briser le « peuple ». Et c’est cela qu’ils veulent. C’est donc très précisément le piège que nous tendent les terroristes qui veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant. Or, si nous cédons sur ce point nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions. Et si l’on est choqué par des caricatures, on n’achète pas le journal dans lesquelles elles sont publiées, un point c’est tout.

La notion de laïcité ne doit pas être conçue non comme une « guerre aux religions », ce qui est l’un des contre-sens actuels, mais comme tout à la fois reconnaissance de la distinction entre sphère publique et sphère privée et reconnaissance de l’obligation de chacun et de tous à considérer que la religion fasse partie uniquement de la sphère privée. La laïcité est en fait nécessaire pour comprendre les racines de l’ordre politique. Mais on doit impérativement éviter de transformer cette laïcité en une nouvelle religion. Or, c’est une tendance d’autant plus forte que l’on vit dans le mythe d’une grande communauté humaine dépourvue de conflits. En réalités, le conflit est permanent et l’un des taches du politique consiste justement à en utiliser les éléments positifs tout en évitant qu’il détruise la société humaine. De ce point de vue, le contraire de la « guerre de tous contre tous » n’est pas l’harmonie naturelle, qui est un mythe dangereux mais une forme organisation qui permette la gestion de ces conflits. C’est d’ailleurs la raison de l’importance de la Souveraineté. Si le peuple était homogène, la souveraineté ne serait pas nécessaire. Il est tragique que des intellectuels comme Michel Wieviorka fassent ainsi l’erreur d’assimiler la souveraineté à l’homogénéité alors que la lecture de Bodin, pour ne pas citer d’autres auteurs, démontre que c’est au contraire l’hétérogénéité du peuple qui impose la notion de souveraineté.

Il nous faut alors considérer la Souveraineté dans son articulation avec la Nation, et cette dernière comme un forme d’organisation politique du peuple. Encore faut-il retirer de l’espace publique ce qui ne peut être tranché par la raison. Et l’on revient inévitablement à la question de la laïcité. Dès lors qu’une population, quelle qu’elle soit, désire faire en commun quelque chose, il y a de la souveraineté. Mais, du moment où cette population est hétérogène, il convient de retirer de l’espace public certaines questions. C’est pourquoi, depuis plusieurs siècles, souveraineté et laïcité ont passé un pacte de nécessaire alliance.

 

Les racines de la laïcité

Les racines de la laïcité sont donc bien plus profondes que le débat actuel, ou elle est interprétée comme un obstacle à une religion particulière, ou même que la question de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, qui constitua l’un des débats importants de la IIIème République. Il est donc faux de faire remonter la laïcité aux affrontements de 1904-1905, et à la séparation de l’Eglise et de l’État, même si cette dernière est un moment incontestablement important de notre histoire politique.

En fait, dans le principe de laïcité se cachent deux notions qui sont l’une et l’autre absolument essentielle. La première est celle de la séparation entre sphère privée et sphère publique. Cette distinction est fondatrice en réalité de l’existence même d’une démocratie, car il ne peut y avoir de démocratie sans conflit, mais aussi sans compromis éteignant pour un temps, ce dit conflit[6]. Sans cette distinction, la démocratie n’est qu’une coquille vide. Mais, et c’est là toute la force du travail de Bodin, cette distinction ne prend réellement sens que parce que des individus aux fois différentes acceptent de travailler ensemble. Cela pose la laïcité non pas simplement comme un principe de tolérance, et de ce point de vue la tolérance est une forme inférieure à la laïcité[7], mais comme une forme d’organisation où la conviction personnelle se plie à l’existence de Res Publica, de choses communes qui nécessitent et impliquent un travail en commun.

Mais il faut comprendre qu’elle impose à tous un devoir de réserve, qu’elle interdit le prosélytisme outrancier, et en particulier les tenues vestimentaires qui constituent des formes de prosélytismes, et qu’elle impose de distinguer les valeurs dans lesquelles on croit, qui ne peuvent être que personnelles et relèvent alors de la sphère privée, des principes qui sont des règles qui régissent l’action publique. Telle est la ligne rouge de la laïcité.

[1] Voir Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016.

[2] Le texte est le suivant : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

[3] Poulat E. Notre Laïcité, ou les religions dans l’espace public, Bruxelles, Desclées de Bouwer, 2014.

[4] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

[5] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres.

[6] A. Przeworski, « Democracy as a contingent outcome of conflicts », in J. Elster & R. Slagstad, (eds.), Constitutionalism and Democracy, Cambridge University Press, Cambridge, 1993, pp. 59-80.

[7] On trouvera un commentaire éclairant de sa contribution aux idées de tolérance et de laïcité dans: J. Lecler, Histoire de la Tolérance au siècle de la réforme, Aubier Montaigne, Paris, 1955, 2 vol; vol. 2; pp. 153-159.

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 13:58

Cet article est reposté depuis Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges..

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 13:56
Lu sur le site de l'IHS-CGT 76
VIVRE, SURVIVRE, RÉSISTER A SAINT-ETIENNE DU ROUVRAY [1]

 

VIVRE, SURVIVRE, RÉSISTER  A SAINT-ETIENNE DU ROUVRAY [1]

VIVRE, SURVIVRE, RÉSISTER  A SAINT-ÉTIENNE DU ROUVRAY [1]

Saint –Étienne du Rouvray pendant la deuxième guerre mondiale

A partir des archives locales et départementales, d’articles de journaux de l’époque, « l’Atelier Histoire et Patrimoine de la ville de Saint Etienne du Rouvray, du Centre Culturel Georges Déziré »,  a publié dans le second semestre 2015, un ouvrage de plus de deux cent pages sur la période allant de 1938 à 1949. Au travers de sept chapitres et à l’aide d’une abondante iconographie, les auteurs, historiens bénévoles, dont bon nombre sont membres de l’Institut Cgt d’ Histoire Sociale de Seine-Maritime, racontent, à l’aide de témoignages locaux, ce que fut la vie durant ce conflit mondial dans la commune. On y côtoie des gens modestes et inconnus, et d’autres plus célèbres tel Roland Leroy, ancien Député et Directeur du journal «  l’Humanité ». C’est avec émotion qu’on retrouvera également  les lettres adressées aux familles de suppliciés. Et tout cela, bien sûr, dans le cadre de la privation de ressources, de droits et surtout de liberté.

Le lecteur trouvera dans les Annexes très nombreuses et importantes : les grandes étapes du conflit, le fichage policier, la liste des déportés, fusillés, morts pour la France, les figures de la résistance de Saint Etienne, les vocables allemands utilisés pendant la guerre, les comparaisons des prix et des denrées au marché noir, un index des noms propres …etc.

Ce livre d’histoire locale et nationale de souvenirs est terriblement d’actualité.  « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » a écrit Berthold Brecht, c’est aussi pour cela que c’est un livre utile, à lire et à mettre entre toutes les mains.

 

 

 


[1] Vivre, survivre, résister. Saint –Etienne –du-Rouvray pendant la seconde guerre mondiale. Atelier Histoire et Patrimoine du Centre Socioculturel Georges Déziré-Edité par la ville de St Etienne du Rouvray et MÉDIRIS- novembre 2015- 19 €

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 13:53

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 13:46

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 13:31

03/04/2016 - Pierre Largesse - Sur le site de l'IHS CGT 76

L’HOSTALITE PATRONALE AU DROIT du TRAVAIL

Par Pierre Largesse

Précédée d’une enquête parlementaire, la loi de 1841 limitant le travail des enfants est la première brèche dans le libéralisme intégral. Le Code Civil et le Code Pénal sont la loi. Jusqu’alors, le patronat avait un pouvoir absolu dans « son » entreprise. Des industriels-députés, s’y opposent : « le travail et le salaire résultent d’un contrat librement consenti entre le patron et son salarié ».
A la fin du XIXe siècle c’est grâce au combat des syndicalistes, des socialistes (pour une nouvelle société), des républicains de gauche (pour attacher les ouvriers à la République) que des lois sont votées. Le patronat dans la presse qu’il possède, dans les Chambres de commerce, s’y opposera avec pugnacité.
En 1898, au sujet de la loi des Trois-Huit, le Journal d’Elbeuf écrit « Quel besoin la loi a-t-elle de venir fourrer son nez pointu et biscornu dans les heures de sommeil ? C’est une théorie de la pire espèce, nuisible aux ouvriers, parce que des meneurs fainéants et débauchés l’auront fait admettre, vous serez en droit d’empêcher un ouvrier de travailler plus de huit heures ! Ce serait pour la classe ouvrière le commencement d’une misère épouvantable. »
En 1887, des manufacturiers qui obligeaient leurs tisserands à chômer (sans indemnité), ou à faire des heures supplémentaires, argumentent ainsi « La rapidité des communications internationales a modifié considérablement les conditions générales du commerce. Les délais de livraison sont tellement limités qu’il faut augmenter la production ou refuser les commandes. » En 1900, le vœu est exprimé qu’il soit « laissé à l’industriel et comme il l’entendrait, le crédit d’heures de travail qui lui est alloué pour une semaine" (de 66 heures). Le concept de « flux tendu » que nous croyons moderne, est déjà là. En 1903 l’Union des Syndicats Patronaux du Textile va également dans le sens de la tolérance laissée au patron dans l’organisation du travail.
En 1901, la Chambre d’Elbeuf s’exclame « Bien souvent les lois dites ouvrières présentent le caractère de lois de combat, et non des lois de conciliation. Toujours le patron et l’ouvrier sont considérés comme des adversaires, et l’on oublie que le patronat doit, au contraire, être considéré comme son conseiller, son protecteur et son guide (…) elles arrivent à surexciter les passions, à décourager les chefs d’industrie, à envenimer les rapports avec les ouvriers et finalement à la ruine et à la fermeture de l’entreprise. »
Malheureusement, tous les travailleurs ne s’opposent pas d’emblée à ces arguments. Le débat social s’inscrira dans la longue durée de l’histoire car, comme l’écrit Michel Pigenet dans une belle formule, pour les salariés « Il s’agit de lutter contre les charmes trompeurs de l’égoïsme individuel. »
Le patronat argumente sur d’autres thèmes : sur l’intérêt bien compris du salarié lui-même de s’opposer au Code du travail (1910),: sur la liberté individuelle, sur la moralité, car les femmes, enfants, adolescents qui, ne travaillent pas, seront « soumis à des influences funestes » ; par l’antiparlementarisme (demande de cesser de légiférer à tout propos), handicap de l’économie française « Il ne serait pas juste que nous nous trouvions dans un état d’infériorité par rapport aux fabricants allemands » ; (argument fort en 1887).
Les conflits du travail se multipliant, un projet de loi est déposé en 1899 visant à organiser et réglementer l’arbitrage obligatoire, à l’élection de délégués ouvriers. L’opposition patronale est vive : « Toutes les fois qu’une question a pu être traitée directement entre le patron et l’ouvrier, l’entente a été généralement facile. Il n’en a pas été de même quand sont intervenus des tiers n’ayant d’autre but que de produire leur personnalité, de se créer par leur intervention des titres à un mandat politique, et de se faire ainsi un marchepied pour leur ambition. » (14 janvier 1901).
La loi sur les accidents du Travail (1898) provoque un tollé, comme la création du Conseil supérieur du travail (1899) ou celle sur l’hygiène et la sécurité (1903).
En 1917, l’institution des délégués d’atelier dans les usines pour éviter des grèves ; en 1919, celle des premières conventions collectives ne dureront qu’un temps, face à l’opposition de la Confédération patronale (CGPF) comme à celle des patrons des petites entreprises.
La CFTC elle-même après sa création (1919) est visée. Ayant eu l’audace de réclamer l’institution d’Allocations Familiales, les patrons du Textile Roubaix-Tourcoing iront jusqu’à déposer une plainte au Vatican contre le syndicat chrétien !
Sur la nécessité de créer des congés payés annuels, les Chambres de commerce suivant celle de Douai (1930) considèrent que « les conditions de l’ouvrier dans l’industrie sont actuellement parfaitement salubres et ne nécessitent aucunement la période de détente nerveuse appelée congé, qui est nécessaire aux cadres et aux employés et demandent que la proposition de loi soit rejetée par le Parlement ».
Les conquêtes sociales de 1936 sont bien connues. Triste période pour le patronat ! Par contre dès novembre 1940 le directeur de la principale usine drapière d’Elbeuf s’exclame : « Comment n’aurais-je pas profité de cette magnifique occasion pour essayer de réaliser enfin une idée corporative qui m’était chère depuis de nombreuses années ! Nous devons aider à l’accomplissement de l’œuvre entreprise par le Maréchal dans le domaine social ». C’est la mise en place des syndicats professionnels français préconisés par le colonel de la Roque. Il a en mémoire les grèves de 1936, celle du 30 novembre 1938, revanche patronale où les délégués d’atelier grévistes ont été licenciés. Ernest Blin lui-même, pourtant écarté par l’aryanisation, adhère aux discours de Pétain sur « les mauvais bergers » et pour « haïr le mensonge qui nous a fait tant de mal ».

A la lumière de l’actualité, ces quelques exemples (développés dans des travaux précédents) démontrent la permanence de la rhétorique patronale sur le Code du travail et sur les conquêtes sociales.

3 avril 2016

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 01:47

Qu'est-ce que la multinationale Lafarge ?

C'est une multinationale qui a bâti son empire sur le travail des ouvriers français.  Elle est créée en 1833 par le cimentier Lafarge.  Elle fournira le chantier du canal de Suez. 

Aujourd'hui,"La société produit et vend dans le monde entier principalement du ciment, des granulats et du béton prêt à l'emploi. Lafarge a développé des ciments spéciaux et des bétons innovants de renommée internationale.

En 2014, le chiffre d'affaires de Lafarge s'est élevé à 12,843 milliards d'euros, dont 66,5 % dans le ciment et 33,1 % dans le béton et les granulats. Présent dans 61 pays, le groupe emploie environ 63 000 personnes sur 1 612 sites de production.

Le 10 juillet 2015, Lafarge fusionne avec le suisse Holcim. Le nouveau groupe est officiellement lancé le 15 juillet 2015 sous le nom de LafargeHolcim"

 

Source Wikipédia

Partager cet article
Repost0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 01:27
Partager cet article
Repost0
2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 16:49

Cet article est reposté depuis Ça n'empêche pas Nicolas.

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents