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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 10:34

Vendredi 20 mai 2016, les salariés de la raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), ont voté en faveur de l'arrêt de la raffinerie.

Publié le par FSC

Vendredi 20 mai 2016, les salariés de la raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), ont voté en faveur de l'arrêt de la raffinerie.

Normandie-actu

 

Dernière minute. Les CRS sont intervenus, vendredi 20 mai 2016, pour déloger les manifestants qui bloquaient les dépôts de carburant Rubisau Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime).

Ils peuvent déloger nos barrages, ils peuvent réprimer nos manifestations, mais ils ne pourront jamais nous remplacer dans nos usines, bref, "ils peuvent empêcher les fleurs de pousser, ils n'empêcheront jamais le printemps d'arriver."

La raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), devrait s’arrêter. Vendredi 20 mai 2016, en début d’après-midi, les salariés ont voté en faveur de l’arrêt de l’usine. Ils devraient « procéder de fait à l’arrêt des unités en diminuant progressivement les débits et toutes les productions », de raffinerie et de pétrochimie, indique à Normandie-actu Alexis Antonioli, secrétaire général adjoint de laCGT-Total.

L’essentiel. Les salariés de la raffinerie Total de Gonfreville l’Orcher, enSeine-Maritime, ont voté vendredi 20 mai 2016 l’arrêt du site, en protestation contre la loi Travail. 
56% des salariés ont voté pour l’arrêt de la raffinerie, alors qu’Emmanuel Lépine, responsable de la CGT-Pétrole, a appelé dans la matinée sur France Info « à ce que les raffineries arrêtent leurs installations de production de produits pétroliers » pour « obtenir le retrait de la loi travail ».

Cinq jours de manœuvre sont nécessaires avant l’arrêt total. La direction de Totalest en train de dresser le planning des arrêts », poursuit le responsable syndical.

Les assemblées générales sur les quatre autres raffineries Total en France sont en cours, vendredi 20 mai 2016, pour décider d’un éventuel arrêt. Cela pourrait avoir de sérieuses conséquences sur le réapprovisionnement des stations-service de Normandie.

Blocage des raffineries

Jeudi 19 mai 2016, les syndicats FO et CGT avaient décidé de poursuivre leur mouvement de grève et le blocage des entrées de la raffinerie Total Normandie. Près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les salariés de la raffinerie Total de Donges ont également voté un arrêt de la production de leur entreprise et ce jusqu’au vendredi 27 mai 2016. Idem, à Feyzin, près de Lyon (Rhône), où les salariés ont également voté l’arrêt de la raffinerie. Cela signifie que trois des raffineries Total de France, sur quatre, seront à l’arrêt. La dernière, celle de Grandpuits-Bailly-Carrois, près de Melun (Seine-et-Marne), est pour sa part bloquée par des manifestants, au moins jusqu’à lundi 23 mai.

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 10:24
Les CRS interviennent, près de Rouen - Les militants laissent un message sur la route :"Nous reviendrons.  49-3"

Les CRS sont intervenus, vendredi 20 mai 2016, pour déloger les manifestants qui bloquaient les dépôts de carburant Rubis, au Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime).

Mise à jour : 20/05/2016 à 20:42 par La Rédaction sur Normandie-actu. Extraits

 

Un dépôt de carburant du Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime), évacué sous la pression des forces de l'ordre, vendredi 20 mai 2016. (photo ©CD/Normandie-actu)

Un dépôt de carburant du Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime), évacué sous la pression des forces de l'ordre, vendredi 20 mai 2016. (photo ©CD/Normandie-actu)

Les militants anti-loi Travail qui bloquaient des dépôts de carburant près de Rouen (Seine-Maritime), ont été évacués sous la pression des forces de l’ordre. En milieu d’après-midi, vendredi 20 mai 2016, une quinzaine de fourgons de CRS se sont d’abord rendus à l’église Saint-Nicaise de Rouen, avant de partir vers les dépôts Rubis Terminal, au Grand-Quevilly. Une source judiciaire confirme l’opération d’évacuation des piquets de grève.

()

Vers 16h30, les policiers bloquaient l'accès au terminal Rubis au Grand-Quevilly. (photo ©EA/Normandie-actu)

[...]

« Une évacuation dans le calme »

Sous la pression de nombreux CRS déployés autour du barrage, près de la première entrée du dépôt, les militants ont quitté le point de blocage.
Le second point de blocage, rue de l’Ancienne Mare au Petit-Quevilly, a été évacué en début de soirée, sans toutefois recourir à l’usage de la force. Dans un communiqué, la préfecture indique que l’opération s’est déroulée sans heurt :

[...]

Les militants ont cependant laissé sur la route un message : « Nous reviendrons. 49-3. »

Une fumée noire visible à plusieurs kilomètres

Lors de l’intervention des CRS, une importante fumée noire était visible à des kilomètres dans l’agglomération de Rouen. Une fumée déclenchée par les grévistes pour prévenir de l’intervention imminente des forces de l’ordre.
En début d’après-midi, les syndicats de la raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), ont voté l’arrêt de l’usine. L’arrêt et le redémarrage devrait prendre plusieurs jours.[...]

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 17:14
UD-CGT 76 - Loi Travail - Ni amendable, ni négocialble - Vous avez dit essouflement ???!!!  Mon oeil !!!

Lu sur le site de l'UD-CGT 76 dans Infos Luttes

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 17:10

Une fois de plus, les Dieppois étaient dans la rue, jeudi 19 mai, pour s’opposer à la loi Travail pour laquelle le gouvernement a eu recours à l’article 49.3.

19/05/2016 à 17:47 par Camille Larher

sur les Informations Dieppoises. Extraits.

Le cortège de manifestants, comme à son habitude, est parti de la gare.

Le cortège de manifestants, comme à son habitude, est parti de la gare.

La population dieppoise et alentours s’est une nouvelle fois mobilisée contre la loi Travail proposée par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. En effet, Manuel Valls, le Premier ministre a eu recours au 49.3 pour faire passer sa loi sans vote. Cet article qui permet au gouvernement de passer en force a déjà été utilisé plusieurs fois en 2015. La presse sociale avait pourtant déjà commencé depuis plusieurs semaines et la population française avait déjà fait part de son mécontentement. Depuis le début de la semaine, les raffineries des ports du Havre et de Rouen sont bloquées par les manifestants entraînant plusieurs cas de pannes sèches… (lire par ailleurs page 9).

A Dieppe, le cortège a commencé à se former dès 10 h 30 devant la gare, lieu de rendez-vous habituel. Les drapeaux des syndicats flottants au-dessus de plusieurs centaines de têtes.[...]

Selon la police, le nombre de manifestants vers 11 h 15 était de 900 personnes. Ils étaient 1 500 selon les syndicats. Après avoir quitté la gare, le cortège s’est dirigé vers le rond-point d’Intermarché par l’avenue Normandie-Sussex.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 17:00
Rouen le 19 mai 2016

Rouen le 19 mai 2016

COMMUNIQUE DE LA CGT
 

Vous avez dit essoufflement ?

 

Jeudi 19 mai, près de 400 000 personnes ont rejoint les manifestations contre la loi Travail, soit près du double de mardi dernier, des dizaines de milliers d’autres étaient sur les barrages et les piquets de grève. 6 raffineries sur 8 sont arrêtées ; la grève est reconduite dans des ports comme Nantes-Saint Nazaire ou Rouen ; 1 cheminot sur 3 est en grève ; chez Rhodia, 16 sites sur 18 sont en grève, les salarié-e-s des aéroports de Paris sont en grève reconductible, la mobilisation des routiers s’étend...

Et ce ne sont que quelques exemples !

Et le Premier Ministre ose parler d’essoufflement ! Il ose s’interroger sur la pertinence des manifestations ! Les salarié-e-s, vent debout contre la loi Travail, les 70% de la population opposés au projet de loi, les milliers de manifestants bravant les discours alarmistes sur les manifs viennent de lui apporter une réponse magistrale.

Ils ont pris leurs responsabilités, ce qui est loin d’être le cas du gouvernement.

Oui, irresponsable de parier sur le pourrissement d’un mouvement !

Oui, irresponsable d’entretenir un climat anxiogène !

Oui, irresponsable de dresser les citoyens les uns contre les autres !

Oui, irresponsable de s’obstiner à vouloir imposer une loi qui fait l’objet d’un tel rejet !

Que dire enfin du Premier Ministre qui voudrait opposer manifestations sociales et initiatives sportives et culturelles. Toutes doivent pouvoir se dérouler sans limitation des libertés individuelles et collectives.

Les travailleur-euses, les retraité-e-s, les privé-e-s d’emploi ont le droit de faire entendre leur voix en toute sécurité !

C’est ça l’Etat de droit, c’est ça la démocratie !

Monsieur Valls, cessez vos provocations, n’ayez pas peur du débat, ne perdez pas votre sang froid !

La CGT continuera pour sa part à prendre ses responsabilités, avec pour volonté, dans le cadre unitaire le plus large possible, le retrait de la loi Travail. Sa détermination est entière.

Elle appelle l’ensemble des salarié-e-s à poursuivre la mobilisation, à se rassembler en assemblées générales, à participer aux grèves et manifestations.

Ensemble, gagnons le retrait de la loi Travail et la conquête de nouveaux droits, un code du travail du XXIème siècle.

 

Montreuil, le 19 mai 2016

 
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 16:41
Fernand Iveton, écrire le «nom maudit» : Joseph Andras (De nos frères blessés)

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Le Prix Goncourt du premier roman 2016 a été attribué lundi à Joseph Andras pour De nos frères blessés (Actes Sud). La surprise fut double : le roman n’était pas encore en librairies (il paraît aujourd’hui) et il ne figurait pas dans la sélection de quatre titres dévoilée par le jury le 6 avril dernier. Mais il s’agit d’un choix à saluer tant ce roman semble en effet ouvrir à une œuvre d’importance, littéraire et engagée, profondément politique, donc.

[Edit le 12 mai 2016 : Joseph Andras a depuis refusé le prix « car sa conception de la littérature n’est pas compatible avec l’idée d’une compétition« ]

 

De nos frères blessés est centré sur un homme, Fernand Iveton, un homme dont l’action a marqué l’histoire et les mémoires, un « nom maudit » comme l’énonce la citation de Benjamin Stora et François Malye (François Mitterrand et la guerre d’Algérie) en exergue du roman :

« Iveton demeure comme un nom maudit. (…) On se demande comment Mitterrand pouvait assumer ça. J’ai dû prononcer le nom (d’Iveton) deux ou trois fois devant lui et cela provoquait un malaise terrible, qui se transformait en éructation. (…) On se heurte à la raison d’État »

« Malaise » et « nom maudit » : c’est d’abord contre un silence qu’écrit Joseph Andras — et l’incipit du roman est un « non » —, contre un silence d’État, organisé, contre l’oubli dans lequel est tombé le héros d’un combat anticolonialiste, d’une guerre qu’à l’époque déjà, on refusait de nommer par son nom : « mais elle est bien là, la guerre, celle que l’on dissimule à l’opinion sous le doux nom d’événements » ; « Mais toujours pas de guerre, non, ça non, le pouvoir cultive ses politesses — treillis taillés dans du satin ; boucherie fardée à la bonté ». Et Joseph Andras n’a de cesse, dans le roman, de lutter contre les mots et euphémismes par lesquels l’État, les journaux, l’opinion publique ont travesti, connoté, réécrit l’histoire : les combattants pour l’indépendance de l’Algérie sont des « rebelles », Iveton « le traître, le fêlon, le Blanc vendu aux crouilles », les Musulmans des « indigènes » auxquels l’État colonialiste oppose un « défilé de majuscules » (Culture, Liberté, Civilisation).

Alger, novembre 1956 : Fernand Iveton est ouvrier, communiste, il s’est rallié au FLN, il lutte pour une Algérie libre et indépendante. Il veut poser une bombe dans son usine, pour marquer les esprits. Son acte est symbolique et non violent : il a choisi de déclencher sa bombe, le soir, dans un local désaffecté et éloigné des grands ateliers, il ne veut pas tuer — « pas de morts, surtout pas de morts » — mais ouvrir les consciences. Il le dira avec force lors de son interrogatoire puis au tribunal, sans jamais être entendu, il condamne, « aussi bien moralement que politiquement, la violence aveugle, celle qui frappe les têtes et les ventres au hasard, corps déchiquetés aux aléas, coup de dés, la sordide loterie quelque part dans une rue, un café ou un autobus. (…) On ne combat pas la barbarie en la singeant, on ne répond pas au sang par son semblable ».

Pourtant, Iveton va être dénoncé, arrêté par l’armée française avant que la bombe explose. Il sera torturé — « le corps de Fernand est presque entièrement brûlé. Chaque portion, chaque espace, chaque morceau de chair blanche ont été passés à l’électricité » puis sera l’eau, « on ne mène pas une guerre avec des principes et des prêches de boy-scout » (en revanche, au tribunal, le médecin militaire n’aura aucun problème pour déclarer que les cicatrices sont superficielles et trop anciennes pour être attribuées à une éventuelle torture). Puis Iveton sera « jugé » par un tribunal militaire et condamné à mort. Moins pour ce qu’il a fait — la bombe n’a pas même explosé, et quand bien même elle n’aurait causé que des dégâts matériels — qu’en raison du « climat épouvantable ». François Mitterrand, garde des Sceaux n’intervient pas, René Coty refuse la grâce présidentielle. Fernand Iveton est guillotiné le 11 février 1957. Comme l’écrit Joseph Andras à la fin du roman, il « est le seul Européen exécuté par la justice de l’État français durant la guerre d’Algérie. France-Soir, pour commenter son décès, le qualifiera de « tueur » et Paris-Presse de « terroriste ». »

Aucun problème à ainsi résumer à grands traits la biographie de cet homme, d’abord parce qu’elle appartient à l’Histoire, parce que Jean-Paul Sartre a salué la mémoire d’Iveton dans Les Temps modernes et Albert Camus dans ses Réflexions sur la guillotine, et surtout parce que le roman de Joseph Andras est ailleurs. On n’est pas ici face à une biofiction ou une exofiction — quel que soit le terme par lequel la critique universitaire désigne les vies romancées —, dans la veine de celles, calibrées et à la chaîne, que l’on publie désormais, puisque ce type de roman séduit les lecteurs, assure de la presse et des ventes. Parce que connaître l’issue fatale du procès donne au roman des accents de tragédie et souligne la mécanique faussée mais implacable par laquelle un homme sera conduit à la guillotine.

De nos frères blessés est un grand roman, et peu importe son sous-genre. C’est un texte puissant, habité, éminemment politique, qui remet en perspective la vie d’un homme et l’action qui va le faire condamner, un texte qui fait le procès d’une justice aux ordres, d’une presse muselée qui imprime ce qu’on lui dicte et d’une sentence inique. Dès le lendemain de son arrestation, Iveton est offert aux flashes des photographes comme « une bête livrée à l’équarrissage », les articles le clouent au pilori, l’opinion publique l’a déjà jugé, la propagande d’État fonctionne à plein régime.

Le récit obéit à une rage implacable contre un appareil d’État qui brise un homme et son combat. Jouant d’une polyphonie, d’éclairages et focales multiples, de longs passages sur un bonheur passé (la rencontre d’Hélène, l’amour de l’Algérie, d’une France non coloniale, son amitié avec Henri Maillot) qui contrastent avec un présent qui n’est plus qu’une mécanique idéologique vidée de sens, De nos frères blessés est un roman court et dense qui, sur une dernière virgule, laisse le lecteur pantelant. Il y a des accents du Hugo du Dernier jour d’un condamné dans ce roman, de Camus, mais surtout une voix singulière, à la fois classique et emportée, sourde d’une colère politique, d’une rage face à l’injustice flagrante. Le roman est pour Joseph Andras l’autre nom du combat, d’un autre procès.

Joë Nordmann, avocat, le disait à Fernand Iveton, « juridiquement, ton dossier est facile à défendre, mais il tombe au mauvais moment. La guerre et la loi n’ont jamais fait bon ménage… L’état d’exception, disent-ils… ». De nos frères blessés rouvre le dossier, l’expose et alerte, « la mort, c’est une chose, mais l’humiliation ça rentre en dedans, sous la peau, ça pose ses petites graines de colère et vous bousille des générations entières ».

Joseph Andras, De nos frères blessés, Actes Sud, mai 2016, 144 p., 17 € (12 € 99 en version numérique) — Lire un extrait

9782330063221

Devant sa machine à l'atelier de Gaz d'Algérie.  Source : Alger Républicain.

Devant sa machine à l'atelier de Gaz d'Algérie. Source : Alger Républicain.

Publication:

 

Avec l'exécution de Fernand Iveton, le 11 février 1957, sur l'échafaud dressé, la nuit, dans la cour de la prison de Serkadji, le bourreau, Maurice Meyssonnier, descendant d'immigrés européens, patron de bar de son état, était à sa quatrième victime dans ce sinistre lieu.

Fernand Iveton était lui aussi descendant d'immigrés européens. "C'était un pied-noir typique: père français, mère espagnole", écrit son avocat, membre du Parti communiste Français, Joë Nordmann, dans son livre "Aux vents de l'histoire", paru, à Paris, aux éditions Actes sud, en 1996. Mais "celui-là n'est pas comme les autres", dit, un jour, Didouche Mourad à son ami Ahmed Akkache. S'il y en avait beaucoup comme lui, cela aurait changé bien des choses". C'était au quartier de "La redoute", vers la fin des années 1940.

Au quartier populaire du Clos-salembier (actuelle Madania) où il grandit, Fernand Iveton, né à Alger le 12 juin 1926, était connu pour ses solides convictions communistes, et très estimé, pour sa droiture, par les militants du PPA-MTLD qu'il côtoyait au syndicat des gaziers-électriciens de la CGT. Il aimait l'ambiance sportive. Le samedi après-midi, on le trouvait sur un terrain de football avec ses camarades de travail, Algériens et Européens, portant les couleurs du club corporatif de son entreprise, l'EGA (Électricité et Gaz d'Algérie), affilié à la Fédération Gymnique et Sportive du Travail
(FGST), témoigne son camarade du Parti Communiste Algérien (PCA), Maurice Baglietto.

[...].  Lire la suite sur le site d'Huffington Post Maghreb

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 15:57
Lu sur El Diablo.  Tribune de Pierre Lévy sur RT.
photo: el diablo

photo: el diablo

Le mouvement altermondialiste était d'emblée condamné à une impasse, constate Pierre Lévy, spécialiste des questions européennes .

Tout récemment, une douzaine d’intellectuels dressaient un éloge enthousiaste du mouvement Nuit Debout (Le Monde du 04/05/16). A l’insu de ses signataires, le texte apparaît en réalité comme un éloge funèbre. Ce n’est pas faire injure aux quelques milliers de ceux qui y ont, peu ou prou, pris part, que de constater l’impasse à laquelle un tel mouvement était d'emblée condamné.

Et ce, pour un ensemble de raisons – cohérentes – dont chacune mériterait d’être développée. On se contentera ici d’énumérer les têtes de chapitre.

Bien sûr, les multiples prises de parole ont montré la nature protéiforme et parfois contradictoire des questionnements et des états d’esprit. On pourra toujours trouver des exceptions aux caractéristiques idéologiques ici évoquées. Ces dernières n’en sont pas moins incontestablement omniprésentes.

La première d’entre elle a du reste été souvent brandie comme un étendard (même si certains initiateurs ont tenté de la nuancer) : la volonté de ne se doter d’aucune organisation au sens classique du terme, d’aucune représentation formelle. Ce rejet s’explique certes par le dégoût que suscite l’incapacité – hélas bien réelle depuis plusieurs décennies – des forces politiques traditionnelles à proposer des réponses aux aspirations populaires et de la jeunesse.

 

« Ce n’est pas faire injure aux Nuits-deboutistes que d’évoquer la lignée altermondialiste dont le mouvement est issu »

Reste qu’il sonne comme une garantie d’impuissance. Le rejet de l’organisation a l’apparence d’une fraîcheur innovante, alors qu’il prend en réalité la suite d’une longue liste d’utopies mortifères pour qui prétend avoir prise sur la réalité d’une société. Il fait en outre l’impasse sur l’une des questions qui taraude le pays depuis des décennies : la crise de la représentation politique.

Ensuite, ce n’est pas faire injure aux Nuits-deboutistes que d’évoquer la lignée altermondialiste dont le mouvement est issu, et qu’évoquent du reste explicitement les auteurs de la tribune. Or l’altermondialisme est né en opposition à l’anti-mondialisme. Ce dernier contestait la nature même de la mondialisation – la tentative d’effacement progressif des Etats-nations au profit d’une gouvernance mondiale (avec des relais régionaux, tels l’Union européenne) – là où le premier n’avait pour ambition que d’en changer l’orientation («pour une ‘autre’ mondialisation»).

 

Ce rejet s’explique certes par le dégoût que suscite l’incapacité – hélas bien réelle depuis plusieurs décennies – des forces politiques traditionnelles à proposer des réponses aux aspirations populaires et de la jeunesse

Dit autrement, l’ambiance était plutôt à l’empathie planétaire abstraite qu’à la reconquête des souverainetés nationales, condition pourtant sine qua non à tout mouvement transformateur ayant le peuple pour acteur, et aux constructions de solidarités inter-nationales.

Dans le même esprit, ce n’est pas non plus faire injure à quiconque que de relever l’évidente empathie à l’égard des «migrants» (et, au-delà, le plaidoyer récurrent pour un monde «sans frontière»), là où une solidarité bien comprise aurait dû partir d’un constat manifeste : ce sont les propriétaires des capitaux – le patronat et ses organisations, qui n’en font d’ailleurs nul mystère – qui sont à la fois les promoteurs et les bénéficiaires des migrations, afin de peser sur le prix de la main d’œuvre. Un constat aussi vieux que le capitalisme lui-même.

 

« C’est bien le capitalisme qui entraîne aujourd’hui la «décroissance» »

Ce n’est pas plus faire injure aux Nuits-deboutistes que de noter l’impasse faite sur les rapports de force géopolitiques actuels. Or peut-on vouloir transformer la société sans s’intéresser si peu que ce soit à la géopolitique réelle ? Il ne suffit pas de dénoncer le capitalisme (et encore moins le néo-libéralisme) : encore faut-il en cerner la nature ; comprendre les relais, alliés et suzerains des classes dirigeantes, à commencer par Bruxelles et Washington et identifier les forces susceptibles de contenir leur volonté de domination. Il est à craindre, hélas, que beaucoup de participants, aussi divers soient-ils, nourrissaient à l’égard de Moscou par exemple, une animosité peu différente de celle manifestée par les capitales occidentales.

Enfin – et ce n’est pas le moins important – ce n’est pas prendre un risque excessif que de relever la communion des participants dans la protection de la nature, la défense de l’environnement, et l’opposition au réchauffement climatique – quand ce n’est pas à l’opposition aux énergies carbonées, voire au nucléaire, et tant qu’on y est, au «productivisme». Miracle de l’idéologie dominante qui réussit à faire passer pour progressiste cet air du temps profondément réactionnaire, au sens littéral du terme. Tant il est vrai que c’est bien le capitalisme qui entraîne aujourd’hui la «décroissance»… et tente de faire porter cette idéologie par ceux qui se croient ses adversaires.

 

« Les oligarques au pouvoir à Paris, Berlin ou Bruxelles ont encore de belles nuits devant eux »

Effacement des Etats-nations, tropisme mondialiste, défiance vis-à-vis des pays condamnés par l’Occident, mise en cause implicite du progrès… Dès lors que l’esprit des Nuits apparaît si peu subversif, et pour tout dire finalement très en phase avec l’idéologie dominante, on peut toujours souhaiter «un autre monde», en appeler – en vain, forcément – à la classe ouvrière, exhorter à une – improbable – grève générale… Les oligarques au pouvoir à Paris, Berlin ou Bruxelles ont encore de belles nuits devant eux.

Sauf, naturellement, à penser que des Syriza ou des Podemos sont à deux doigts de faire trembler le système sur ses bases…

 

SOURCE:

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 15:53
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 15:36
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 14:41
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