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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 09:35

 |  sur La Tribune - Extraits.

Mariano Rajoy embarassé par une lettre envoyé à Bruxelles.

Mariano Rajoy embarassé par une lettre envoyé à Bruxelles. (Crédits : JUAN MEDINA)

En pleine campagne électorale, la presse espagnole publie une lettre du chef de gouvernement à Jean-Claude Juncker qui promet de nouvelles coupes budgétaires. Des révélations gênantes.

C'est un coup de tonnerre dans la nouvelle campagne électorale espagnole. Ce mardi 24 mai,  le quotidien madrilène El País a rendu public une lettre de l'actuel président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Dans cette lettre, datée du 5 mai dernier, le locataire de la Moncloa se dit « disposé, une fois qu'il y aura un nouveau gouvernement, à prendre de nouvelles mesures budgétaires dans la seconde moitié de l'année. »

Levée de bouclier

Cette lettre a déclenché une levée de bouclier de la plupart des partis qui s'opposent dans la campagne au Parti populaire (PP), du chef du gouvernement sortant. Le secrétaire général du parti socialiste (PSOE), Pedro Sánchez, a accusé Mariano Rajoy de « mentir sans pudeur ». A Ciudadanos, parti de centre-droit, on lui reproche de « s'engager vis-à-vis de Bruxelles sans savoir s'il gouvernera ». Enfin, Unidos Podemos, l'alliance de la gauche radicale regroupant Podemos, ses alliés régionaux, les Communistes et les Verts, évoque, par la voix de la députée européenne Marina Albiol un « programme occulte du PP ».

Mise en danger du programme du PP

Il est vrai que la publication de cette lettre met en danger l'essentiel du programme économique du PP et de Mariano Rajoy. Ce dernier promet en effet certes de respecter la trajectoire fixée par la Commission, mais il promet de se limiter aux 4 milliards d'euros d'économies prévues cette année et de baisser les impôts ensuite pour dynamiser la croissance. Compte tenu du niveau du déficit public en Espagne, 5,1 % du PIB à la fin de l'année 2015, beaucoup d'observateurs se sont inquiétés des incohérences de ce programme, mais le PP a toujours rétorqué que ce programme était réaliste. Avec cette carte, il semble que Mariano Rajoy soit d'ores et déjà prêts à écorner ces promesses au nom de la trajectoire budgétaire et du respect des engagements européens.

Bienveillance ciblée ?

Faut-il voir un lien entre cette missive et la décision de la Commission européenne, mercredi 18 mai, de ne pas engager de procédure de sanctions à l'égard de Madrid et de Lisbonne ?  Selon le quotidien El Mundo du 20 mai, citant des sources gouvernementales espagnoles, l'Allemagne, Jean-Claude Juncker et les Conservateurs européens auraient été des partisans déterminants de la mansuétude de Bruxelles.

[...]

Un problème de méthode

Reste que la publication de la lettre pose un problème également. Sur la méthode, d'abord. Cette « lettre secrète » sur des mesures supplémentaires qui pourraient s'élever à 12 milliards d'euros n'est pas un détail. Tout se passe comme si, avec la bénédiction de la Commission - habituellement si prompte à dénoncer le procédé - le chef du gouvernement voulait se dissimuler derrière le prétexte d'une décision « d'en haut », autrement dit de Bruxelles, s'imposant à l'Espagne et le forçant à imposer une nouvelle cure d'austérité, une fois le scrutin passé.

Pourquoi Mariano Rajoy est-il si sûr de lui ?

Cette lettre pose un autre problème : celui d'un Mariano Rajoy sûr de rester au pouvoir, lui ou un membre du PP pour lequel il peut s'engager, après les élections du 26 juin. L'explication en est simple : comme Pedro Sánchez a échoué à allier autour du PSOE Ciudadanos et Podemos, le PP se considère, dans le cas d'une stabilisation des forces politiques, incontournable pour constituer un futur gouvernement. Dans le cadre des négociations, il suffira de faire du respect de la trajectoire dressée par Bruxelles une condition de l'alliance pour, in fine, après la revue de la Commission en juillet, imposer aux alliés, sans doute Ciudadanos, voire le PSOE, les « nouvelles mesures ». Dans ce cas, Mariano Rajoy ne s'est pas engagé que pour le PP mais pour ses futurs alliés...

Blocage politique

Cette publication peut profiter in fine à Unidos Podemos ... [...]

Lire l'intégralité sur http://Espagne – En pleine campagne électorale : «Lettre secrète » de Mariano Rajoy à Bruxelles – Le candidat du PP promet 12 milliards d'euros d'économies supplémentaires– Or ces économies ne se trouvent nullement dans son programme ...

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 08:59
Publié: 

11 avril 2016 sur le site d'Oxfam

En 2015, sur les 68 entreprises qui ont emprunté à la filiale de la Banque mondiale spécialisée dans les prêts au secteur privé, afin de financer des investissements en Afrique subsaharienne, 51 ont recours aux paradis fiscaux.

C’est ce que révèle une analyse des investissements de la Société financière internationale (IFC, International Finance Corporation) en Afrique subsaharienne, publiée aujourd’hui par Oxfam. Cette analyse montre que ces 51 entreprises, dont l’utilisation de paradis fiscaux n’a pas de lien apparent avec leur cœur de métier, ont reçu au total 84 % des investissements réalisés par l’IFC dans la région, en 2015. Il en ressort également que les investissements de l’IFC dans des entreprises ayant recours à des paradis fiscaux ont plus que doublé en cinq ans, passant de 1,20 milliard de dollars en 2010 à 2,87 milliards en 2015. [...]

Lire l'intégralité ci-dessous

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 08:33
22 Mai 2016 sur le blog de Raoul Marc Jennar

Quelques citations éclairantes :

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort » (François Mitterrand in « Le dernier Mitterrand » de Georges-Marc Benamou).

* « Au XXIe siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon. » (Margaret Thatcher en juillet 2000)

* « Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent ». (David Rothkopf, directeur général du cabinet de consultants Kissinger Associates, cité dans « Le Monde Diplomatique » , août 1998)

Sans oublier qu’outre le traité USA-UE en négociation, il y a le traité Canada-UE, déjà signé et soumis sous peu à ratification (avec le soutien du gouvernement français) qui porte les mêmes dangers majeurs.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 22:32

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 22:11

PSA Mulhouse dans la lutte

Publié le par FSC

PSA Mulhouse dans la lutte

Lors de la dernière grosse grève, contre le NCS 1 (Nouveau Contrat Social), on avait été 900 grévistes à l’appel de trois syndicats. Cette fois-ci, on a été plus de mille sur la journée, à l’appel, uniquement, de la CGT PSA Mulhouse. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est aussi le nouvel accord de compétitivité.

Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse

Le nouvel accord de compétitivité, NEC, Nouvel Elan pour la Croissance, a été présenté fin avril. Il frappe très durement tous les 55 000 travailleurs du groupe PSA dans l’Hexagone. Il prévoit, notamment, de porter à 15 samedis les journées de travail obligatoires le week-end, sans paye. C’est l’instauration du travail gratuit et obligatoire.

Avec le travail du samedi après-midi en modulation, donc obligatoire en réalité, dans les périodes dites de haute d’activité, on serait au boulot tous les samedis. Avec la modulation à l’heure, en cas de panne ou de manque de pièces, il serait possible pour la direction de nous mettre en H- à l’heure et nous serions dans l’obligation de récupérer ces heures. Dans le cas des nuits variables, sur une base de 28h30, ce serait du travail de nuit payé avec un salaire de doublage.

Tout cela devrait permettre des « économies » sur le dos des salariés. Ce nouvel accord de flexibilité aggraverait l’ancien accord qui avait déjà bloqué les salaires sur 3 ans, avec une modulation de plus de 5 jours avant d’être payé, le samedi et le dimanche pour l’équipe de nuit, ou encore l’over-time, c’est-à-dire la possibilité pour la direction de nous faire travailler 10 minutes supplémentaires et 20 minutes pour la nuit .

Une provocation intolérable pour les ouvriers de PSA Mulhouse

Cette provocation intervient juste après l’annonce des très bons chiffres du groupe, avec 1,2 milliard de bénéfice et 4 milliards de liquidité et surtout le doublement du salaire du PDG Carlos Tavares, qui passe de 7500 euros par jour, dimanche et jours fériés compris, à 14 350 euros. Et c’est lui qui nous dit qu’il faut encore se serrer la ceinture et qui continue d’affirmer que« le problème des ouvrier, c’est qu’ils regardent trop leur fiche de paie ». Il y a des chemises qui mériteraient d’être mises en lambeaux.

La colère monte de plus en plus dans les ateliers

Depuis le début des discussions, et non pas des négociations (il n’y pas de négociation quand l’on se trouve sur le terrain du patron), comme disait un ouvrier de logistique,« il n’y rien à discuter. Ce que nous voulons c’est le retrait total de tous les accords patronaux, le nouveau comme l’ancien accord. A la poubelle ! »[...]

Lire la suite en cliquant sur le lien ci-dessous.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 22:09

Cet article est reposté depuis Analyse communiste internationale.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 17:09
Mais où est passée la CES ?
samedi 28 mai 2016
par  Charles Hoareau sur Rouge Midi
 

 

L’avez-vous vue ?
Existe-t-elle toujours ?
A-t-elle été dissoute à l’insu de notre plein gré ?
La grande Confédération Européenne des Syndicats est tellement muette sur le mouvement social en France qui dure depuis le mois de mars qu’on avait fini par croire qu’elle avait disparu.
Mais non !

Elle existe bien toujours et renseignements pris en allant sur son site on apprend qu’elle se préoccupe en ce moment du travail non déclaré qui est « est une initiative attendue depuis longtemps par les employeurs respectueux de la loi » évidemment si des employeurs sont respectueux de la loi il est urgent d’agir avec eux…

En parcourant le site on apprend pêle-mêle qu’elle se préoccupe en ce moment des nanomatériaux, qu’elle demande à l’UE plus de « compassion » (sic !) sur la question des réfugiés, que sur la question des travailleurs détachés elle soutient « les employeurs honnêtes » et qu’enfin elle s’oppose (avec le syndicat américain AFL-CIO et la CTC canadienne) à ce que la Chine puisse intégrer le marché mondial « tant que celle-ci maintient le niveau actuel d’intervention de l’état dans son économie et de soutien étatique à ses entreprises globales »….

Mais sur la loi travail rien…ce doit être cela la modernité syndicale, ne pas s’attarder sur des mouvements « minoritaires » et se préoccuper des grandes questions entre gens responsables.

Rien à voir avec la « ringarde » FSM (Fédération Syndicale Mondiale), comme disent certains, qui depuis son site exprime sa « pleine solidarité avec tous les travailleurs en France, qui se battent contre la loi « travail » du gouvernement social-démocrate de F. Hollande », relaie les messages de soutien du monde entier qu’elle suscite (les derniers en provenance des travailleurs du pétrole de Petrobras au Brésil et du PAME de Grèce) et pire soutient les blocages ce qui est pourtant illégal puisque Valls le dit !

Je ne sais pas vous mais tout compte fait j’ai choisi mon camp syndical…

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 17:01
Patrick, en grève à la CIM, port pétrolier du Havre : « Le but, c’est de faire sauter cette loi »

Publié le 27 mai 2016

 
 

Patrick Colibert, dit « Coco », est délégué du personnel à la CIM (Compagnie Industrielle Maritime), le port pétrolier du Havre, après avoir été plusieurs années délégué syndical CGT. Interviewé à l’issue de l’AG interprofessionnelle qui s’est réunie après la manifestation du 26 mai, il fait le point sur la grève en cours à la CIM.

Propos recueillis par Flora Carpentier

Voir la video et le texte de l'interview sur le blog "révolutionpermanente"en cliquant  ci-dessous

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 16:19

par François Ruffin 27/05/2016 sur Fakir

On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

« Médias, patrons et dirigeants de droite se sont choisis un homme de gauche sur mesure : Laurent Joffrin. Comme opposant, c’est encore plus tranquille qu’un perroquet empaillé », écrivions-nous à propos de L’Idiot utile du capital. Mais voilà que, au nom de la « liberté de la presse », il pique une grosse colère…

C’était la routine, ce jeudi soir, au journal de France Inter à 19 h : « Les violences en manif », « la radicalisation », « les pompistes, qui sont en première ligne pour recevoir la colère des automobilistes », etc.
Puis le présentateur, Alain Passerel, s’engage franchement :

« Il n’y a pas que d’essence dont ont été privés les Français aujourd’hui. L’absence de quotidiens nationaux dans les kiosques ce matin. Sauf un bon élève, L’Humanité, qui ne s’est pas fait prier pour publier la tribune de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Les autres quotidiens ont refusé de céder au diktat. Résultat, grève des ouvriers du livre et non-parution du Figaro, du Parisien, de L’Equipe, etc. Ca s’appelle du chantage. Parce qu’ils ont refusé de céder au diktat de la CGT. Ca s’appelle du chantage. La conception de la liberté de la presse est un peu curieuse, du côté de la CGT, d’où la colère légitime des patrons de presse, même de celle qu’on classe à gauche. »

Et le présentateur de céder la parole à Laurent Joffrin, le patron de Libération :

« La décision de la CGT est honteuse et stupide. Ca va contre tous les principes, on n’a jamais publié de communiqué sous la pression, on ne le fera jamais, et donc on a bien fait de refuser. Et on voit le projet de la CGT, projet politique, c’est qu’il n’y ait qu’un seul journal. C’est un retour en arrière incroyable, ça ne s’est jamais produit. Y a une chanson des Beatles là-dessus, ça s’appelle Back in Ussr, ça veut dire retour en URSS. C’est ça la conception politique de la CGT aujourd’hui. »

En toute neutralité, toujours, le présentateur appuie cette subtile analyse, et nous offre un « clin d’œil » : la chanson des Beatles « Back in Ussr », car « ça va mieux en le chantant ».

Alain Passerel enchaîne ensuite avec un sujet sur les rémunérations des PDG, sur McDonald, sur le sommet du G7, avant de lancer : « Loin, bien loin des soucis français sur la loi Travail, les migrants continuent de mourir en Méditerranée… », sans lien aucun, donc, sinon ce sous-entendu : « Nous qui nous préoccupons de notre petit confort… »
Mais je voudrais revenir à Joffrin.
À sa conception à lui de « la liberté de la presse ».

Eux baignent avec bonheur dans cette démocratie rétrécie comme un poisson rouge tourne en rond dans l’eau tiède de son aquarium.

Soit : un jour par an, la CGT du livre impose son « diktat ».

Mais 364 jours par an, les quotidiens sont la propriété des grands patrons, Patrick Drahi pour Libération, le trio Bergé-Pigasse-Niel pour Le Monde, Serge Dassault pour Le Figaro, Bernard Arnault pour Les Échos et Le Parisien. Ça n’est pas l’URSS, certes, mais est-ce bien du pluralisme que de pouvoir choisir entre le journal d’un marchand d’armes et celui d’un banquier d’affaires, et dans tous les cas « s’informer » dans les colonnes de champions des holdings et des paradis fiscaux ? Est-ce bien conforme au projet du Conseil National de la Résistance, qui prévoyait d’affranchir la presse « des puissances d’argent » ? N’y a-t-il pas là, pour un démocrate comme Laurent Joffrin, matière à émotion, non pas un jour par an, mais tous les jours ?

Mais 364 jours par an, pour qui est habité de convictions hétérodoxes, nous avons à lutter contre la censure des quotidiens de Messieurs Drahi, Bergé-Pigasse-Niel, Dassault, Arnault. Nous avons à bâtir nos propres médias alternatifs avec deux morceaux de bois et trois bouts de scotch. Nous avons à passer sous les fourches caudines de Joffrin et de ses doctes confrères.
Sans doute ne le voient-ils pas, eux qui baignent avec bonheur dans cette démocratie rétrécie comme un poisson rouge tourne en rond dans l’eau tiède de son aquarium. Alors, un exemple : quand ont-ils fait leur Une, pour la dernière fois, sur le protectionnisme ? Jamais. Si demain, pourtant, le directeur de Libé était remplacé par le moins coûteux Joffrinescu en Roumanie, si les rédactions délocalisaient vers l’est en série, oui, ils s’en indigneraient aussitôt, soulèveraient l’Assemblée, feraient voter des lois contre « le dumping social ». Voilà quarante ans que ce scandale dure pour les ouvriers, et avec l’indifférence des médias : activement ou passivement, eux se font les partisans de « la libre circulation des capitaux et des marchandises », conformément aux intérêts de leurs grands patrons.
Quel jour de l’année, d’ailleurs, ces médias publient-ils des enquêtes, sur les fortunes de leurs propriétaires ? 2016 est une année bissextile, mais l’événement ne risque pas de se produire…
Est-ce cette autocensure, constante, sans répit, que Laurent Joffrin nomme « liberté de la presse » ?

Mais il y a pire.
Il y a pire, non pas 364 jours par an, mais même le 365ème !
C’est d’entendre Joffrin être qualifié « de gauche ».
Ça m’arrache le cœur.
Tous les samedis matins.
Sur France Inter.
Face à Alexis Brézet, du Figaro.
Être « représenté » par ça !
Par ce médiocre qui peine à aligner une idée sensée et trois mots audibles, qui marmonne dans sa barbiche !
Quand j’entendais Bernard Maris, souvent, je sentais qu’il portait ma parole, qu’il me fournissait des arguments, que je voudrais répliquer ça. Et idem, maintenant, avec Christian Chavagneux de Alter Eco.
Mais Joffrin !
Une épave intellectuelle.
Rien qui tienne debout.
Qu’on le laisse gloser dans le micro, d’accord, j’interdis rien, comme un petit vieux à l’hospice si c’est bon pour son traitement.
Mais pas en mon nom !
Pas sous l’étiquette « de gauche », pathétique repoussoir !
Le cadavre de Jaurès serait plus éloquent !

Notre pays souffre, c’est une évidence, d’une crise de la représentation, politique, mais également médiatique – avec des pans entiers qui sont exclus de l’Assemblée et des plateaux télés.
Quel est l’un des enjeux de la bataille en cours ?
Nous débarrasser d’une « fausse gauche » politique, du Parti socialiste des Valls-Macron-Hollande. Eh bien, de même, il faut que se débarrasser de la « fausse gauche » médiatique, que Joffrin et consorts soient évacués des studios de radio qu’ils occupent en notre nom, qu’on en dénonce l’usurpation.
Pierre Bourdieu le réclamait il y a vingt ans, il en appelait à un « mouvement social des journalistes contre tous les July et Joffrin » qui favorisent « à longueur d’éditoriaux les thèses mondialistes ».
Bourdieu est mort.
July est parti.
Joffrin, lui, sévit encore, avec d’incessants allers-retours (cinq en tout !, dix transferts !) entre Le Nouvel Obs et Libé, entre « l’hebdo de gauche » et « le quotidien de gauche », comme pour surveiller que ni l’un ni l’autre n’échappent à son insignifiance.
On attend donc ce mouvement des journalistes.
Qui viendrait libérer notre métier, moins de la CGT du Livre un jour par an, que du carcan des Joffrin les 364 jours restants.

On a piqué l’image au Facebook du Monde diplomatique.

Merci à François Ruffin pour cette analyse caustique et salutaire des réactions hypocrites - venant de "gauche" notamment et de Joffrin particulièrement, à la demande de la CGT - syndicat lourdement attaqué, et le seul ... - de faire paraître le 26 mai une tribune de Philippe Martinez, attaqué 24 heures sur 24, avec la CGT et les salariés qu'il représente, sans jamais être entendu ...

Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que les salariés, les militants, les syndicalistes, sont humiliés tous les jours par ces journalistes qui tiennent les plateaux télés, les infos et leur refusent la parole.  Vous les avez déjà entendus débattre entre eux du bien fondé de la loi Travail ? Ils ont rarement un contradicteur alors que plus de 70% des Français rejettent cette loi ?

Les humiliés, les offensés se rebiffent.  Et ça les surprend ?

 

Censure des Joffrin : 364 jours par an ! -  "Notre pays souffre, c’est une évidence, d’une crise de la représentation, politique, mais également médiatique – avec des pans entiers qui sont exclus de l’Assemblée et des plateaux télés." [ par François Ruffin]
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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 16:08

Cet article est reposté depuis Réveil Communiste.

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