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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 16:20
, par  Pierre-Alain , sur son blog : Blog Vénissian de Pierre-Alain Millet

Je n’ai regardé que quelques moments de ce débat indigne, résultat d’une campagne électorale qui nous a enfermé dans le piège longuement préparé, entre la candidate de la division et celui de la finance.

Marine Le Pen doit être battue, elle le sera. Mais comme beaucoup de progressistes, de républicains, je suis atterré par ce qu’est devenu la vie politique Française, un méga-spectacle médiatique ou tout est faux-semblant, posture, masque...

Marine Le Pen arrive à se présenter de gauche, dénonçant les restructurations industrielles, les souffrances des travailleurs, mais elle dénonce "le système" pour faire croire que ce sont les immigrés qui en seraient les premiers acteurs, elle dit défendre une France souveraine sans dire que ce sont les patrons Français qui organisent la concurrence "libre et non faussée" avec les travailleurs détachés, et bien entendu, personne ne lui fait remarquer que les élus FN à l’assemblée européenne ont voté le "secret des affaires", qui renforce le pouvoir des patrons pour restructurer comme ils le veulent... Mais Emmanuel Macron ne l’attaque qu’en dénonçant son histoire, son incompétence, pour ne pas avoir à dire qu’il est le continuateur des politiques économiques conduites par Sarkozy et Hollande...

Emmanuel Macron arrive à se présenter comme républicain, lui qui est le promoteur et le symbole de cette fracture des "deux France", celle qui gagne dans les métropoles et les couches aisées, et celle qui perd dans le monde du travail et rural. Il a été choisi pour sortir de l’impasse d’une alternance gauche-droite qui ne fonctionnait plus, mais c’est pour accélérer les réformes conduites parfois douloureusement sur les retraites (1995, 2009...), le droit du travail (lois Macron, El Khomri...). Il ira encore plus loin que Sarkozy en 2010 et Hollande en 2013 pour la réforme de l’état et des collectivités, réduisant encore ce qui reste de la république une et indivisible... Il serait le défenseur de la démocratie contre le fascisme mais annonce avec vigueur qu’il agira par ordonnance, et on peut entendre ses soutiens prévenir qu’il faudra annihiler toute résistance syndicale...

[...]

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 16:15

Cet article est reposté depuis Solidarité Internationale PCF.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 16:08
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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:51

résultats premier tour

C’est peu dire que les élections françaises passionnent la presse des différents pays européens. De Berlin à Rome, de Lisbonne à Copenhague – on a fait ici l’impasse sur Ljubljana ou Vilnius – les grands journaux multiplient reportages, enquêtes, commentaires, et spéculations sur les suites du scrutin.

Les chancelleries elles-mêmes y vont de leur propre partition, même si les déclarations et les confidences s’expriment évidemment en termes plus diplomatiques. Et encore : pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, le président de la Commission a ouvertement donné sa consigne de vote – inutile de préciser laquelle. La chancelière allemande, pourtant prudente à l’accoutumée, n’a pas été en reste.

Pour s’en tenir aux médias dominants, deux approches se côtoient. La première tente de décrypter les motivations des électeurs, les programmes des candidats, et le contexte économique et social du pays. La seconde est plus diffuse : elle s’efforce d’anticiper les conséquences, pas seulement institutionnelles et directes, mais plus encore en termes de perspectives et de rapports de force, particulièrement au niveau de l’Union européenne.

[...]

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:32

Emmanuel Macron : cet homme est dangereux

Sur le blog d'Anicet Le  Pors

Emmanuel Macron sera élu le 7 mai 2017 Président de la République. C’est le produit politique fabriqué par les efforts combinés de l’oligarchie financière, du MEDEF, des gouvernements Hollande, de la technostructure administrative, des opportunistes de tous bords, des stars de l’intelligentsia toujours avides de notoriété, de la totalité des médias ; bref, de tous ceux ayant joué un rôle dans la situation désastreuse actuelle et favorisé ou instrumentalisé la montée du Front national. Et cela dans le contexte d’une décomposition sociale profonde, d’une communauté des citoyennes et des citoyens désorientés, en perte de repères.

Son émergence est récente et il n’a cessé de cultiver l’ambiguïté pour se positionner électoralement au centre. Toutefois, on peut déceler à partir de plusieurs déclarations disparates une certaine cohérence idéologique, assez différente de celle qu’il veut accréditer ou qu’on lui prête. Cinq lignes de force peuvent être dégagées.

 

  1. Un fervent de l’élitisme, hostile au monde du travail

 Les analyses sociodémographiques publiées à l’issue du premier tour ont montré que Emmanuel Macron a été essentiellement soutenu par les personnes qui s’en sortent le mieux dans la crise, les plus riches, les plus diplômés, les partisans le l’Union européenne, laissant de côté la France qui souffre, accentuant ainsi les inégalités. Dans le même temps, il ne dissimule pas sa volonté de réduire le partenariat au sein de l’UNEDIC, plus généralement de préférer le soi-disant dialogue social à la concertation contradictoire. Il est un farouche partisan de la flexi-sécurité, cause de précarité et de pauvreté de masse. Il opérera une reprise en main étatique des crédits de la formation professionnelle. Il conteste la vocation des syndicats à s’exprimer au niveau national pour les cantonner autant que possible au niveau de l’entreprise dans l’esprit de la loi El Khomri qu’il veut prolonger par une réforme du code de travail adopté par ordonnances, c’est-à-dire sans l’aval du Parlement. L’avantage que l’on peut reconnaître à ce candidat c’est qu’il éclaire les contradictions de classe qui sont à l’œuvre.

 

  1. La mise au pas des collectivités territoriales

Après Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron cherche le moyen de contourner le principe de libre administration des collectivités territoriales posé par l’article 72 de la constitution. Un système de conventions avec les régions pourrait y pourvoir qui conditionnerait le montant des dotations de l’État à la docilité des collectivités. L’Etat serait également appelé à compenser la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages ce qui rendrait ce financement discrétionnaire. Le processus de métropolisation serait poursuivi et développé aboutissant à la suppression d’un quart des départements. Les collectivités territoriales seraient ainsi mises sous pression avec la diminution de 2 milliards d’euros par an des dépenses de fonctionnement, la réduction de 75 000 emplois de fonctionnaires territoriaux, un retour strict imposé aux 35 heures hebdomadaires. La maîtrise de cette nouvelle politique coercitive serait assurée par une conférence annuelle des territoires. La remise en cause statutaire de la fonction publique territoriale reste la cible privilégiée.

 

  1. L’abaissement du Parlement

Il s’agit d’abord d’une réduction drastique des effectifs sensée dégager une économie annuelle de 130 millions, de l’ordre d’un tiers pour aboutir à 385 députés et 282 sénateurs. Le Parlement réduirait considérablement son activité législative qui, hors période budgétaire, serait limitée à trois mois. IL y aurait donc moins de lois nouvelles, ce qui laisserait davantage de champ à la réglementation par décrets. L’activité du Parlement serait aussi réorientée vers des missions de contrôle et d’évaluation. La haute administration aurait de ce fait une compétence d’expertise plus étendue et un pouvoir hiérarchique renforcé sous l’autorité de l’exécutif. Emmanuel Macron a prévu de légiférer rapidement par voie d’ordonnances dès le début de son quinquennat et il conservera le mécanisme de l’article 49-3. Il est clair que la démarche tourne le dos au régime parlementaire.

 

  1. Un gouvernement aux ordres

Le Gouvernement serait lui aussi resserré à 15 ministres, et fortement instrumentalisé par le Président de la République qui continuerait à présider les réunions du Conseil des ministres. Celles-ci seraient plus fréquentes pour assurer une discipline sans faille des ministres. Contrairement aux dispositions actuelles de la constitution, ce n’est toujours pas le Gouvernement qui définirait et conduirait la politique de la nation mais le chef de l’État. Les ministres seraient évalués chaque année. Pour autant, leurs pouvoirs et surtout leurs cabinets exerceraient une autorité renforcée sur les administrations placées sous leur tutelle. Le candidat Macron jugeant le statut général des fonctionnaires « inapproprié », outre une réduction des effectifs prévue de 120 000 emplois, accentuera la dénaturation du statut par une extension du spoil syste , le recrutement accru de contractuels de droit privé sur la base de contrats négociés de gré à gré. Il s’agirait donc d’une mise en cause des principes d’égalité, d’indépendance et de responsabilité et d’une réaffirmation sévère du pouvoir hiérarchique, de l’obligation de réserve, du devoir d’obéissance.

 

  1. Un exécutif opaque et autoritaire

Emmanuel Macron ne remet pas en cause les institutions de la V° République, notamment l’élection du Président de la République au suffrage universel, ni l’usage plébiscitaire du référendum, ni de façon significative le mode de scrutin. Les conditions d’une VI° République ne sont pas réunies : pas de large consensus de récusation des institutions actuelles, pas de consensus sur les caractéristiques d’une nouvelle constitution, pas d’évènement fondateur comparable à ceux qui ont présidé à l’avènement des Républiques antérieures et de l’actuelle. Si l’ambiguïté sur ce que pourrait être la fonction présidentielle du nouveau président demeure grande, on peut déduire de ses quelques déclarations sur le sujet et de ses postures que son exercice de la fonction présidentielle, qui a pu être qualifiée de « jupitérienne », serait à la fois opaque et autoritaire, autocratique. La « dérive bonapartiste » qui a caractérisé le quinquennat de Nicolas Sarkozy risque d’être ici renforcée avec plus de méthode et, sans doute une traduction institutionnelle qui se durcira face aux conflits sociaux que la politique présidentielle ne manquera pas de provoquer. Jusqu’à quelles limites et à quelle échéance ? C’est la principale incertitude sur le danger encouru.

S’il est clair qu’on ne saurait voter pour la politique de filiation autoritaire, xénophobe et nationaliste de Marine Le Pen, le danger de la politique portée par Emmanuel Macron constitue une autre redoutable menace pour le progrès social et la démocratie.

Dimanche 7 mai 2017 je voterai Blanc.

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:13

Nous manquons donc d'inspecteurs du travail ... Nul doute que la fraude se révèlerait plus grande si les contrôles étaient plus nombreux.  Mais les contrôleurs et les inspecteurs du travail sont de moins en moins nombreux sur le terrain.  Les syndicats dénoncent une véritable saignée.

"Le ministère du travail, jugé non prioritaire, subit de plein fouet les conséquences des politiques d’austérité et des réorganisations, en administration centrale comme en services déconcentrés.

Pour exemple : entre 2009 et 2017, les effectifs de référence des DIRECCTE ont diminué de près de 20 %, passant de 9 826 à 7 983,6 (ETP rémunérés). Ce sont les contrôleurs du travail (-23%, baisse accélérée par le PTE) et les adjoints administratifs (-26%) qui servent de variable d’ajustement.

Toutes les missions sont touchées, et plus particulièrement le pôle 3E , les services emploi : (-13% entre 2008 et 2014), les SRC (-15%), les secrétariats de sections (-10%), le services d’appui (-10%) ou l’informatique (27%), sans oublier les 10% d’agents de contrôle en moins sur le terrain depuis la création des unités de contrôle en 2014." (Extrait d'un tract intersyndical publié le 18 avril 2017 sur le site de la CGT Travail Emploi Formation Professionnelle).

Les principaux motifs de fraudes sont les suivants :
 
  • Travail dissimulé (dissimulation de salarié et activité) 33 %
  • Cumul emploi / prestation 14,3 %
  • Anomalies de facturation par les professionnels de santé 13,7 %
  • Dissimulation de ressources 10,5 %
  • Fausses déclarations 10 %
  • Fraude à l’isolement 10 %
  • Autres 8,5%
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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 14:28

Quand le PCF n'est plus le PCF, il se crée un vide politique.  25 ans que ça dure.  Le temps pour le FN de chausser les souliers des batailles passées des communistes pour l'indépendance de la France.  A sa manière raciste et xénophobe.  Et en plagiant pour le social le PCF des années 60.

Heureusement que JL Mélenchon a su mettre dans sa campagne des présidentielles une opposition tenace à l'UE, à la mondialisation capitaliste, pour la paix.  Insuffisant ?  Certes.  Mais ceux qui, à gauche,  se sont battus depuis des dizaines d'années, souvent seuls, contre les politiques européennes ne sont plus isolés.  Le vent a changé.  Il souffle majoritairement contre la commission de Bruxelles.  Et ce n'est pas grâce au PCF. 

Et ça continue.  Pierre Laurent appelle à voter Macron sans retenue.  C'était déjà très tardivement que le PS fut dénoncé.  Avant ça les élus communistes voulaient "faire réussir la gauche" ... Et c'est très timidement que le PCF s'est mis à critiquer l'Union Européenne.  Que représente-t-il après ça ?  Encore un peu.  Chez les salariés.  Dans certaines municipalités dirigées par un maire communiste de terrain.  Les militants communistes, malgré la politique désastreuse de leur parti et souvent en s'en désolant, continuent à essayer de le faire vivre.  Les camarades qui tentent de le faire revenir à une politique de classe, sans compromission, et à une politique d'indépendance nationale et de rapports fraternels, égalitaires, avec les autres peuples sont toujours minoritaires.

C'est dans ce contexte qu'il faut replacer les débats sur les candidatures aux législatives.  Bien sûr les Insoumis sont tentés de fondre sur les bastions communistes où ils ont fait de bons scores.  Ils arguent de leurs scores à la présidentielle.  Mais il serait cocasse que les insoumis exigent des militants communistes, très attachés à leur parti quoiqu'il soit, une soumission totale.  En Seine-Maritime les communistes ont décidé depuis longtemps de soutenir JL Mélenchon.  Pas forcément tout son programme.  Si on veut battre les politiques de droite sous toutes leurs formes, il faudra bien accepter de ne pas se battre les uns contre les autres.  Sinon, les salariés perdront la bataille des législatives, mais aussi les bénéfices idéologiques des résultats des présidentielles.  Et les batailles électorales, les batailles menées dans l'hémicycle peuvent aussi être des luttes de classes, si l'on s'en donne les moyens.

Les salariés, les militants politiques et syndicalistes à gauche ne pardonneraient pas un échec et un recul sur le rassemblement contre les politiques européennes et patronales, pour la paix.  Un rassemblement, pas une tractation de couloir.

Yvette Genestal

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 22:17

Tribune de François Ruffin parue dans Le Monde et reprise sur Médiapart

Lettre ouverte à un Président déjà haï [par François Ruffin]

« Il y a, dans la classe intermédiaire, chez moi, chez d’autres, encore un peu la volonté de “faire barrage”, mais qui s’amenuise de jour en jour, au fil de vos déclarations, de votre rigidité. Mais en dessous, dans les classes populaires, c’est un carnage », affirme le journaliste et réalisateur, François Ruffin, dans une tribune du Monde : « Lettre ouverte à un président déjà haï ».
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Tribune, publiée le 4 mai sur lemonde.fr (accès restreint) par François Ruffin, journaliste fondateur et rédacteur en chef du journal « Fakir » (ICI), réalisateur du film documentaire « Merci Patron ! » (ICI), animateur de Nuit Debout, à présent candidat de rassemblement à gauche du PS (le Parti communiste, Europe Écologie – Les Verts, France insoumise et Ensemble) dans la première circonscription de la Somme (Amiens – Flixecourt – Abbeville). 

 

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« Monsieur Macron, je regarde votre débat, ce soir, devant ma télé, avec Marine Le Pen qui vous attaque bille en tête, vous, « le candidat de la mondialisation, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous », et vous hochez la tête avec un sourire. Ça vous glisse dessus. Je vais tenter de faire mieux.

D’habitude, je joue les petits rigolos, je débarque avec des cartes d’Amiens, des chèques géants, des autocollants, des tee-shirts, bref, mon personnage. Aujourd’hui, je voudrais vous parler avec gravité. Vraiment, car l’heure me semble grave : vous êtes détesté d’emblée, avant même d’avoir mis un pied à l’Elysée.

Lundi 1er mai, au matin, j’étais à la braderie du quartier Saint-Maurice, à Amiens, l’après-midi à celle de Longueau, distribuant mon tract de candidat, j’ai discuté avec des centaines de personnes, et ça se respire dans l’air : vous êtes haï. Ça m’a frappé, vraiment, impressionné, stupéfait : vous êtes haï. C’était pareil la veille au circuit moto-cross de Flixecourt, à l’intuition, comme ça, dans les discussions : vous êtes haï. Ça confirme mon sentiment, lors de mes échanges quotidiens chez les Whirlpool : vous êtes haï. Vous êtes haï par « les sans-droits, les oubliés, les sans-grade » que vous citez dans votre discours, singeant un peu Jean-Luc Mélenchon. Vous êtes haï, tant ils ressentent en vous, et à raison, l’élite arrogante (je ne vais pas retracer votre CV ici).

Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale. Vous n’entendez pas le grondement : votre heure, houleuse, sur le parking des Whirlpool, n’était qu’un avant-goût. C’est un fossé de classe qui, face à vous, se creuse. L’oligarchie vous appuie, parfait, les classes supérieures suivent.

Il y a, dans la classe intermédiaire, chez moi, chez d’autres, encore un peu la volonté de « faire barrage », mais qui s’amenuise de jour en jour, au fil de vos déclarations, de votre rigidité. Mais en dessous, dans les classes populaires, c’est un carnage. Les plus progressistes vont faire l’effort de s’abstenir, et ce sera un effort, tant l’envie les taraude de saisir l’autre bulletin, juste pour ne plus vous voir. Et les autres, évidemment, le saisiront, l’autre bulletin, avec conviction, avec rage.

Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Et c’est dans cette ambiance électrique que, sans concession, vous prétendez « simplifier le code du travail par ordonnances ». C’est dangereux. Comme si, le 7 mai, les électeurs vous donnaient mandat pour ça.

Dimanche 30 avril, sur France Inter, une électrice de Benoît Hamon regrettait votre « début de campagne catastrophique », votre « discours indigent », votre « dîner à La Rotonde », votre manque d’« aise avec les ouvriers ». Nicolas Demorand la questionna : « Et vous allez voter au deuxième tour, Chantal ? » « Plus c’est catastrophique, plus je vais y aller, parce que j’ai vraiment peur de l’autre », lui répondit l’auditrice en un fulgurant paradoxe.

A cet énoncé, que répliqua votre porte-parole, l’économiste Philippe Aghion ? Il recourut bien sûr à la tragique Histoire : Shoah, négationnistes, Zyklon B, Auschwitz, maréchal Pétain. En deux phrases, il esquissa toute l’horreur du nazisme. Et de sommer Chantal : « Ne pas mettre un vote, s’abstenir, c’est en fait voter Mme Le Pen. Il faut que vous soyez bien consciente de ça. » Contre ça, oui, qui ne voterait pas ?

Mais de ce rejet du pire, vous tirez un blanc-seing. Votre économiste parlait, le 30 avril, comme un missionnaire du FMI : « Réduire la dépense publique », « les coupes d’abord dans le social », « sur l’assurance-maladie », « la tarification à l’acte », « l’assurance-chômage », « les collectivités locales ». Tout y passait.

Et d’insister sur le traitement de choc : « C’est très important, le calendrier, il faut aller très vite. Il faut miser sur le capital politique de l’élection pour démarrer les grandes réformes dès le début, dès le début. Quand on veut vraiment aller vite sur ces choses-là, je crois que l’ordonnance s’impose. Je vois la France maintenant, un peu un parallèle avec l’après-guerre, je crois que nous sommes à un moment semblable à la reconstruction de 1945. » Rien que ça : la comparaison avec une France à genoux, qui a servi de champ de bataille, qui n’avait plus de ponts, plus d’acier, plus d’énergie, bref, ruinée, alors que le CAC 40 vient, cette année, de verser des « dividendes record » aux actionnaires.

Mais de quel « capital politique » parlez-vous ? La moitié, apparemment, de vos électeurs au premier tour ont glissé votre bulletin dans l’urne moins par adhésion à votre programme que pour le « vote utile ». Et pour le second, si vous obtenez la majorité, ce sera en souvenir d’Auschwitz et du « point de détail ». Des millions de Français ne se déplaceront pas, qui ne veulent pas choisir entre « la peste et le choléra », qui vous sont d’ores et déjà hostiles.

C’est sur cette base rikiki, sur cette légitimité fragile que vous comptez mener vos régressions à marche forcée ? Que ça passe ou ça casse ? Vous êtes haï, monsieur Macron, et je suis inquiet pour mon pays, moins pour ce dimanche soir que pour plus tard, pour dans cinq ans ou avant : que ça bascule vraiment, que la « fracture sociale » ne tourne au déchirement. Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. A bon entendeur. »

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/francois-ruffin-lettre-ouverte-a-un-futur-president-deja-hai_5122151_3232.html

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 21:55
UL CGT d'ELBEUF - Exposition "Les Docks assassinés - L'affaire Jules Durand " - Conférence débat Vendredi 5 Mai - 18 heures 30
UL CGT d'ELBEUF - Exposition "Les Docks assassinés - L'affaire Jules Durand " - Conférence débat Vendredi 5 Mai - 18 heures 30
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 19:19

Cet article est reposté depuis Ça n'empêche pas Nicolas.

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