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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 octobre 2018 5 05 /10 /octobre /2018 15:00
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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 22:45
« Un peuple et son roi » ou À bas le roi, vive le peuple!

Je viens de voir le film de Schoeller. Certes, on peut lui reprocher des défauts dans l’exposé pédagogique des traits majeurs de années 1789-1793 : on peut regretter des manques, il y en, et, puisque le parti pris, d’ailleurs excellent, est très parisien, l’absence, notamment, de la référence au manifeste de Brunswick, à la Prusse donc (il est question de l’Autriche, de l’Espagne, de l’Italie, pas de la Prusse…), ou au conflit Jacobins-Gironde (évoqué par les seuls noms des protagonistes). Mais l’artiste est libre de ses partis pris, et le film, passionnant, permet de comprendre la logique de ce qui suit, c’est-à-dire la « Terreur » – en l’occurrence, des mesures de salut public au moment où la République est attaquée de toutes parts –, qui a permis à la France révolutionnaire de vaincre l’ennemi extérieur, en nourrissant le peuple combattant contre « les accapareurs » de farine affameurs.

Ce spectacle intelligent, dont les acteurs, tous remarquables, laissent éclater la satisfaction d’y avoir participé, montre comment se radicalise et se mobilise, vite et de plus en plus profondément, un peuple écrasé par la misère et la répression, voué au mépris de classe écrasant des nobles pour « les gens de peu », affiché à l’Assemblée, de plus en plus ouvertement partagé, au fil des mois, par les grands bourgeois à la Barnave, dont le discours du 15 juillet 1791 conjurant les élites sociales, les « propriétaires », de « finir la  » est heureusement mentionné. Pour le coup, alors que la catégorie du « genre » est devenue si réactionnaire et si anti-« classe », il rend un extraordinaire hommage à l’intelligence et à l’action des femmes du peuple, à la fois « patriotes » et « révolutionnaires », en nous rappelant que c’est la française qui a créé ce double concept, si pertinent sous l’Occupation comme aujourd’hui. Enfin, un des aspects les plus puissants du film consiste à montrer en quoi l’exécution du roi qui conspirait depuis 1789 avec l’Europe monarchique contre son peuple a incarné et scellé la rupture révolutionnaire : plus rien du vieux monde ne demeure sacré.

On comprend que, en face, il « les » rende malades, et parmi eux l’ordonnateur des convenances et élégances historiques Laurentin qui peine à supporter l’obligation (rarissime) d’inviter des « dissidents » à prendre la parole dans sa « Fabrique de l’ », d’ordinaire si bien huilée, et que la citation, fidèle, de textes de Robespierre, Saint-Just ou Marat fait crier au « léninisme ». Quelle belle mise en valeur par Schoeller que Marat, le meilleur d’entre tous, celui qui comprenait si bien tous les enjeux, et que la bourgeoisie diabolise depuis l’origine ! Les gens qui nous gouvernent, économiquement, politiquement et culturellement, aiment mieux les veaux nourris au lait « européen », nourriture qu’ils dispensent eux-mêmes si généreusement. Ce qui fait horreur à ces Thermidoriens, c’est l’émergence du nouveau monde, le vrai, celui où le peuple, secondé par des délégués dévoués à ses intérêts, constate que ses intérêts sont antagoniques avec ceux des grands possédants, se prend en main, et balaie le mépris qu’ont aujourd’hui conservé intact les privilégiés, et plus que tous, au sommet de l’État, la petite cohorte des inspecteurs des Finances et assimilés qui, assurés de l’impunité, aiment tant insulter le peuple français.

Franchement, tout ça donne envie de reprendre ses manuels de la Révolution de Mathiez, de Lefebvre, de Soboul.

Vive la formation des militants! Vive le cinéma progressiste!

Annie Lacroix-Riz, historienne, qui a eu l’honneur de suivre comme agrégative les cours à la Sorbonne d’Albert Soboul, grand historien, communiste et juif, révoqué en 1942 par Vichy, résistant, brillant thésard du grand Georges Lefebvre.

Source :https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/un-peuple-et-son-roi-ou-a-bas-le-roi-vive-le-peuple/

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 14:26

Déclaration du Conseil national de l’AFPS

Cette fois, la détention administrative de Salah Hamouri n’a pas été prolongée, et il est aujourd’hui sorti de sa prison après plus de 400 jours de détention sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

Enfin libre, mais après 400 jours de détention dans des conditions difficiles, 400 jours de privation de sa liberté, de toute relation avec son épouse et son jeune fils qui aura grandi sans lui. 400 jours volés à son activité professionnelle alors qu’il venait de passer son diplôme d’avocat.

400 jours emblématiques de la situation des prisonniers politiques palestiniens, condamnés dans des conditions arbitraires ou subissant le scandale de la détention administrative.

Avec tous les militants et les élus qui ont œuvré pour sa libération, nous nous réjouissons de la libération de Salah Hamouri, tout en observant que ces 13 mois de détention auront été un affront pour notre pays, et le symbole de l’injustice subie par les 6000 prisonniers politiques palestiniens actuels, dont 300 enfants et 400 détenus en détention administrative, et toutes celles et ceux qui ont été antérieurement emprisonnés.

Il est urgent maintenant que sa famille puisse être réunie pour vivre à Jérusalem, comme c’est leur demande parfaitement légitime. Nous demandons au gouvernement français de tout faire pour que cette demande puisse être satisfaite. Salah doit pouvoir aussi voyager librement, et nous nous ferons une joie de le recevoir en France.

Le Conseil national de l’AFPS

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 23:46

par Pierre Rimbert  

Source : Le Monde diplomatique

Un spectre hante Jean-Jacques Bourdin : « J’ai vu l’émergence en Allemagne — ça m’interroge, d’ailleurs — de cette extrême gauche anti-immigrés ! », s’exclame le journaliste le 4 septembre 2018 sur RMC. Ce jour-là, à Berlin, Mme Sahra Wagenknecht, députée de Die Linke (La Gauche), accompagnée de personnalités issues des Verts et du Parti social-démocrate, présente à la presse Aufstehen (Debout). Inspiré de La France insoumise, ce mouvement espère mobiliser les déçus de la politique et réunir une coalition majoritaire « pour le désarmement et la paix, pour de meilleurs salaires, de meilleures retraites, une fiscalité plus juste et plus de sécurité ; pour plus d’investissements publics dans la formation et les infrastructures », selon l’appel fondateur (1).

Mais, comme Bourdin, la presse française raconte une tout autre histoire : « Allemagne : un mouvement de gauche s’empare du créneau antimigrants » (Agence France-Presse, 4 septembre) ; « Allemagne, une gauche antimigrants émerge » (Le Monde, 4 septembre) ; « Debout, le nouveau parti allemand, se veut de gauche et antimigrants » (RT, 4 septembre) ; « création d’une force de gauche antimigrants en Allemagne » (France Inter, 5 septembre) ; « Allemagne : naissance d’un nouveau mouvement de gauche anti-immigration » (Les Échos, 5 septembre) ; « Vers une nouvelle gauche antimigrants en Europe ? » (La Vie, 6 septembre) ; « Aufstehen, un mouvement de gauche hostile à l’immigration » (Le Figaro, 8-9 septembre) ; « une dirigeante d’extrême gauche crée un parti antimigrants » ; (L’Obs, 13 septembre) ; « un mouvement antimigrants » (Politis, 13 septembre), etc.

Problème : le texte fondateur d’Aufstehen ne contient pas la moindre considération hostile aux migrants. Si les auteurs tiennent pour « irresponsable la manière dont le gouvernement de Mme Merkel traite les défis de l’immigration », ils appellent à « garantir le droit d’asile pour les réfugiés ». Et, surtout, ils parlent d’autre chose. De « renationalisations », de « démocratie directe », d’écologie. La question migratoire ? « Ce n’est pas notre sujet central », a insisté Mme Wagenknecht lors de la conférence de presse du 4 septembre. « Notre approche commune consiste à remettre les questions sociales à l’ordre du jour. »

 [...]

La suite ici :https://www.monde-diplomatique.fr/2018/10/RIMBERT/59118.

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 23:36

Jacques Sapir

Emmanuel Macron a prononcé un discours le 25 septembre 2018 qui se voulait important et programmatique à la tribune de l’Assemblé générale des Nations-Unies (1). Il a martelé, au propre comme au figuré, qu’il ne se « résolvait pas » à la déconstruction du Droit international.

Macron à l'ONU

On ne pourrait être que d'accord avec lui s'il ne procédait avec une myopie confondante à la lecture de cette déconstruction et si la France elle-même n'y avait participé. Que dire, en effet, de la fourniture d'armes et de munitions à la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite qui mène une guerre parfaitement illégale et terriblement meurtrière au Yémen? Pour tout dire, il y a une immense hypocrisie dans les propos tenus par Emmanuel Macron.

L'exemple du Kosovo

Il faut rappeler ici que le droit international fut mis à mal par la décision unilatérale des pays de l'OTAN de reconnaître l'indépendance du Kosovo, une indépendance obtenue avec l'aide militaire de ces pays engagée sous des prétextes fallacieux. L'intervention extérieure, faites en violation du principe de souveraineté au nom du « principe humanitaire », a abouti à valider une démarche ethno-nationaliste. Par ailleurs, l'indépendance du Kosovo réalisée avant que la réconciliation intercommunautaire ait eu lieu, détruit les fondements du « principe humanitaire », celui-là même qui fut invoqué pour l'intervention de l'OTAN en 1999. Elle valide son propre contraire, la primauté de la force sur le droit, de l'ethnicisme et des politiques de ségrégation sur la construction de véritables communautés nationales.

On le voit, la déconstruction du droit international a des antécédents anciens. Et, cette pratique de non-respect du droit international fut inaugurée par une administration démocrate, celle du Président Clinton. Elle fut naturellement poursuivie par l'administration républicaine de George W. Bush qui lui succéda. [...]

La suite ici :https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201809291038287408-discours-macron-nations-unies/

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 23:28

Initiative Communiste présente ici une traduction (avec l’autorisation de l’auteure) d’un article paru dans les colonnes du célèbre journal de nos camarades britanniques le Morning Star le 23 septembre 2018. Sarah Woolley – représentante du syndicat des boulangers, des travailleurs de l’alimentation et des industries connexes et active dans la défense de l’environnement – y témoigne de l’état d’esprit et de la combativité de la classe ouvrière britannique, comme de sa vigilance face aux contradictions du Parti Travailliste qui tient son congrès cette semaine à Liverpool.

La suite ici sur le site "Initiative communiste" :https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/lue-nous-la-quittons-en-mars-arreter-de-nous-embeter-avec-ca/

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 23:09

(VIDEO)  26 sept. 2018

Image reprise sur le site de RT

Régulièrement accusé d'antisémitisme pour son attachement à une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien, conformément aux accords d'Oslo, Jeremy Corbyn reste droit dans ses bottes. Au pouvoir, il reconnaîtrait un Etat palestinien.

Le leader de la gauche britannique, Jeremy Corbyn, a clôturé le congrès annuel du Parti travailliste ce 26 septembre 2018 par une déclaration pour le moins clivante. Dans le cas où les travaillistes gagneraient les prochaines élections législatives, dont la date n'est pas fixée, le nouveau gouvernement reconnaîtrait immédiatement un Etat palestinien.«Nous ne nous sommes rapprochés ni de la justice ni de la paix et la tragédie palestinienne se poursuit», a-t-il estimé, déplorant qu'un quart de siècle après, les accords d'Oslo de 1993 n'avaient abouti à aucun résultat tangible. «Afin de matérialiser la solution à deux Etats, nous reconnaîtrons un Etat palestinien dès que nous serons au pouvoir», a-t-il asséné au cours de son discours de clôture, déclenchant des applaudissements.[...]

La suite de l'article et la vidéo ici :https://francais.rt.com/international/54199-nous-reconnaitrons-etat-palestinien-promet-jeremy-corbyn

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 23:02
Par Keith Jones
28 septembre 2018

Le président américain Donald Trump a profité de sa deuxième journée de présence très médiatisée à l’ONU mercredi pour amplifier les menaces de guerre lancées par Washington contre l’Iran et pour intimider des pays du monde entier.

Lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations Unies supposément consacrée à la prévention de la prolifération des armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive, Trump a mis le monde en garde: les États-Unis – agissant en violation flagrante de l’accord sur le nucléaire signé avec Téhéran en 2015 par les les États-Unis, les quatre autres membres permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne avec le soutien de l’ONU – lanceront la prochaine salve de leur guerre économique contre l’Iran dans un peu plus d’un mois. À partir du 5 novembre, les États-Unis imposeront un embargo total sur les exportations de pétrole iranien, sa principale source de financement budgétaire, et mettront à l’écart la banque centrale iranienne du système bancaire mondial dominé par les États-Unis, paralysant ainsi le reste de son commerce extérieur.

Les entreprises et les pays qui ne respectent pas ces sanctions «plus sévères que jamais» auront à faire face à de «graves conséquences», a affirmé Trump. Il s’agit d’amendes, d’exclusion du marché américain et d’autres «sanctions secondaires».

Les sanctions américaines contre l’Iran sont à la fois illégales et un acte de guerre. Elles visent à jeter à terre l’économie iranienne et à appauvrir son peuple afin de forcer le régime nationaliste bourgeois d’Iran à se soumettre aux diktats américains ou à le provoquer à mener une attaque militaire.[...]

Source et suite ici :https://www.wsws.org/fr/articles/2018/09/28/iran-s28.html

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 22:42

Nous publions en avant-première les bonnes feuilles relatives à l’affaire Audin dans l’ouvrage d’Alain Ruscio, "Les Communistes et l’Algérie. Des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962", à paraître aux Éditions La Découverte en février 2019. Ce chapitre retrace utilement les réactions et les mobilisations en France, où Pierre Vidal-Naquet a joué un rôle important, dans les mois et les années qui suivirent l’assassinat du jeune mathématicien membre du parti communiste algérien par les parachutistes français.

L’affaire Audin dans l’Histoire, par Alain Ruscio

Maurice Audin était membre du Parti communiste algérien depuis 1950 — il avait alors dix-huit ans. Mathématicien brillant, assistant à la faculté d’Alger, il s’apprêtait à soutenir une thèse et à devenir ainsi un des plus jeunes docteurs ès sciences de France. Son directeur, René de Possel, témoigna de la qualité exceptionnelle des travaux de celui qui était un des espoirs de la recherche française [1]. Après l’interdiction du PCA en septembre 1955, ses dirigeants avaient estimé qu’Audin, qui n’avait pas de responsabilités politiques de premier plan et n’était pas forcément fiché, serait plus utile dans un travail discret que dans la lutte armée. Il hébergea des militants traqués, stocka de la documentation, etc. Il participa également à des activités dangereuses, comme par exemple l’exfiltration vers les pays socialistes du secrétaire général Larbi Bouhali en septembre 1956 : ce fut en quelque sorte une affaire de famille, Maurice Audin ayant assuré la logistique avec sa sœur Charlie et son beau-frère Christian Buono.

L’affaire Audin, l’« affaire de la France »

L’engrenage se met en place le 9 juin 1957. Le docteur Georges Hadjadj, membre du PCA, est arrêté. Torturé, il résiste durant trois jours, mais craque devant la menace de torturer sa femme : il finit, le 11 dans la soirée, par dire qu’il a soigné Paul Caballero, un dirigeant communiste de premier plan, au domicile de la famille Audin.[...]

La suite ci-dessous

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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 22:54
Les FARC, entre espoir et Histoire
Photo : Combattante des FARC-EP, Front 36, Antioquia (Colombie), 2016 / Loïc Ramirez

Après avoir déposé les armes et signé un accord de paix avec Bogota, la guérilla des FARC-EP est devenue un parti politique légal. Ses membres subissent désormais une vague d’assassinats qui rappelle la tragique expérience de démobilisation des années 80.

Le dicton dit que l’Histoire se répète ; sans doute que c’est ce que craignent le plus les membres des FARC. En 1984, la plus importante des guérillas de Colombie signait un cessez-le-feu avec le gouvernement de M.Belisario Betancur. Née en 1964, l’organisation insurgée des FARC-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple) touchait du doigt la possibilité de participer à la vie politique du pays sans faire usage des fusils. Cette trêve donna naissance à l’Union Patriotique, un parti politique légal désigné comme le réceptacle où devaient atterrir les combattants. De peu, il faillit être leur cercueil. Reconvertis en figures publiques de la politique locale et nationale, les anciens guérilleros étaient devenus des cibles plus faciles à atteindre que lorsqu’ils vivaient dans les forêts. Avec eux, l’ensemble des militants et militantes qui les avaient rejoints dans l’UP, communistes pour la plupart. Au début, il eut un camarade tué. Puis deux, trois, cinq, dix, cent… Sans s’arrêter, la cruelle addition de morts et disparus asphyxia toutes les forces de la gauche colombienne. L’État-major de la guérilla rappela ses troupes dès 1987, concluant que toute tentative pacifique de prise de pouvoir était vouée au suicide. Entre 1985 et 2002, entre 3.000 et 5.000 victimes endeuillèrent l’Union Patriotique. Du simple sympathisant jusqu’au candidat aux élections présidentielles, tous furent la cible d’une répression orchestrée par les cercles les plus réactionnaires de l’État en collaboration avec les forces armées et des groupes paramilitaires. « Ils n’ont pas réussi à détruire le parti politiquement, alors ils l’ont fait physiquement » sentence Fernando lorsqu’il se rappelle de cette période [1]. Communiste, l’homme était membre de l’Union Patriotique dans le département du Meta (centre du pays). « Nous étions un groupe de 36 militants dans notre groupe, 3 ont survécu » assure-t-il. Souriant, le ventre bedonnant et la cinquantaine visiblement entamée, Fernando ne ressemble pas à un miraculé. Pourtant, c’est l’option de rejoindre la guérilla au milieu des années 80 qui lui a permis d’échapper aux tueries et de pouvoir raconter ses souvenirs aujourd’hui.

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