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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 10:37

par Pierre Lévy

Juillet 2015, référendum en Grèce sur l’austérité européenne : le Non l’emporte à 61,3%. Décembre 2015, référendum au Danemark sur l’intégration judiciaire et policière européenne : le Non l’emporte à 53,1%. Avril 2016, référendum aux Pays-Bas sur les liens entre l’Union européenne et l’Ukraine : le Non l’emporte à 61,1%. En moins d’un an, quelle que soit la question posée, quel que soit le pays, les électeurs signifient un refus déterminé face au « toujours plus d’Europe ».

Retour en arrière. 9 décembre 2015 : le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est en déplacement aux Pays-Bas. Il saisit alors l’occasion pour avertir les citoyens de ce pays : s’ils votaient Non au référendum portant sur le traité d’association entre l’UE et l’Ukraine, cela entraînerait une grave « crise continentale ». [...]

Lire la suite ci-dessous.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 21:46

par · 8 avril 2016

Le rejet lors du référendum qui s’est tenu le mercredi 6 avril en Hollande, de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine constitue à la fois une victoire de la démocratie et illustre la difficulté de l’Union européenne à respecter les règles élémentaires de la démocratie. Ce référendum signe aussi la crise d’une stratégie politique interne, celle qui cherchait à construire l’Union européenne en contournant les peuples, mais aussi une stratégie externe, celle qui faisait de la Russie un « ennemi ». Cette double crise stratégique va peser sur les développements futurs de l’UE.

Lire la suite en cliquant sur le lien ci-dessous.

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 15:47
Au fronton de l’histoire : le camion d’armes d’Henri Maillot
lundi 4 avril 2016
par  Alger republicain

 

Le 5 avril 1956, La Dépêche Quotidienne, organe de la grosse colonisation, ouvre sa « Une » sur une information sensationnelle : « Dans l’après-midi d’hier, mystérieuse disparition d’un important chargement d’armes dans la forêt de Baïnem ».

Le camion capturé contenait 123 mitraillettes, 140 revolvers, 57 fusils, un lot de grenades et divers uniformes. De quoi armer plusieurs commandos. On apprend que l’homme qui a mené l’opération est l’aspirant Henri Maillot, réserviste de la classe 28, rappelé au 57e bataillon des Tirailleurs algériens.

Militant du Parti communiste algérien (PCA) clandestin, Henri Maillot pensa, dès son affectation en octobre 1955 à la caserne de Miliana (ouest d’Alger), à subtiliser des armes à l’armée d’occupation au profit de la résistance armée et de l’Armée de Libération nationale (ALN).

A la fin du mois de décembre 1955, lors d’une permission à Alger, il se confia à son camarade de parti, William Sportisse, qui venait rendre visite à ses parents avant de rejoindre Constantine. La direction du PCA clandestin, informée, donna son accord sans tarder.

L’opération militaire, supervisée par Bachir Hadj Ali, secrétaire du PCA clandestin et coordonnateur des Combattants de la libération (branche militaire du PCA, créée au mois de juin 1955), connut son épilogue le mercredi 4 avril 1956 vers midi. Sorti de la caserne à sept heures du matin, le camion Ford avait pris la route d’Alger avec à son bord Henri Maillot chef du convoi.

Après un arrêt de deux heures à l’Arsenal (ERM) de Belcourt où fut déchargée une partie des armes, le camion fut détourné vers la forêt de Baïnem, à l’ouest d’Alger, où, embusqué dans les broussailles,un commando des Combattants de la libération (CDL), composé de Jean Farrugia, Joseph Grau et Clément Oculi, attendait.

L’opération de transbordement fut rapide.
Pour des raisons de sécurité, la remise du lot d’armes destiné à l’ALN se déroula en plusieurs étapes.

L’acheminement des armes vers les maquis fut assuré par les Combattants de la libération des zones d’Alger et de Blida. La réception d’un premier lot par la direction d’Alger du FLN intervint quelques jours après le détournement du camion, selon le témoignage de Mokhtar Bouchafa, adjoint du commandant de l’ALN de la région d’Alger, Amar Ouamrane, futur colonel de laWilaya IV. Une partie des armes de guerre, transportées à Blida par Jean Farrugia dans le camion de Belkacem Bouguerra, fut remise au groupe Guerrab-Saâdoun-Maillot-Laban, des Combattants de la Libération, en route vers le maquis de l’Ouarsenis.

La fourniture d’armes de guerre à l’ALN fut comme une réponse au souci exprimé par Abane Ramdane dans son courrier, envoyé le 15 mars 1956, à la délégation extérieure du FLN installée au Caire : « … Si les communistes veulent nous fournir des armes, souligne-t-il dans sa missive, il est dans nos intentions d’accepter le Parti communiste algérien en tant que parti au sein du FLN, si les communistes sont en mesure de nous armer … ».

C’est dans ce contexte que la première rencontre eut lieu, les premiers jours de mai 1956 par un après-midi printanier, dans le cabinet dentaire de Mokrane Bouchouchi, place Bugeaud (Place Emir Abdelkader), face au siège du 19e Corps d’armée, au cœur d’Alger, entre Abane Ramdane et Bachir Hadj Ali, assistés respectivement de Benyoucef Benkhedda et de Sadek Hadjerès. Cette rencontre au sommet avait été arrangée par Lakhdar Rebbah, l’homme de confiance de Abane.

Evoquant cette rencontre FLN-PCA, l’officier de l’ALN devenu historien, Mohamed Téguia, écrit dans son livre-témoignage, L’Algérie en guerre : « Elle fut l’objet de félicitations de Abane qui rendit hommage aux communistes… (Il) fit connaître son projet de promouvoir l’aspirant Maillot comme lieutenant, en l’affectant en Kabylie. »

Les discussions aboutirent, au mois de juin 1956, à la signature des accords FLN-PCA.
« Maintenant, il n’existe qu’une seule armée contrôlée par le FLN », déclare le PCA clandestin. L’intégration « en bloc » des Combattants de la libération dans les maquis de la Wilaya IV (l’Arbaâ, Palestro (Lakhdaria), Ténès, Cherchell, Zaccar, Chlef et autres lieux de combat) fut supervisée par Amar Ouamrane.

Dans un communiqué signé de lui et adressé aux agences et organes de presse, Henri Maillot donna la signification de son geste :
« L’écrivain français Jules Roy, colonel d’aviation, écrivait il y a quelques mois :

« Si j’étais musulman, je serais du côté des ‘‘fellagas’’ ». Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Le peuple algérien longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples … Il ne s’agit pas d’un combat racial, mais d’une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race … En livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur, j’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés. »

Henri Maillot tomba au champ d’honneur, à l’âge de 28 ans, dans la matinée du 5 juin 1956, dans le djebel Derraga (rive gauche du Chéliff), mitraillé dans le dos par les soldats français. Maurice Laban, Belkacem Hannoun et Djillali Moussaoui sont morts à ses côtés,les armes à la main. Abdelkader Zelkaoui, capturé la veille, avait été froidement assassiné.

En ce mois d’avril 1956, la guerre pour l’indépendance est à son vingtième mois. Le camion d’armes capturé par Henri Maillot entre dans la légende. La date du 4 avril 1956 s’inscrit au fronton de l’histoire.  

.
 
Mohamed Rebah

Chercheur en histoire. Auteur

N.B. La signature des accords FLN-PCA est intervenue quelques semaines avant la tenue du Congrès de La Soummam (20 août 1956).

.

A l’occasion du soixantenaire du décès d’Henri Maillot, nous avons jugé utile de republier cet article qui a déjà été publié dans Alger rpéublicain, le 04 avril 2011 : article consultable ici


Eléments bibliographiques :

- Site Socialgérie (l’Opération Maillot)

- Belhocine H. - Le Courrier Alger-Le Caire 1954-1956, Casbah éditions, Alger 2000. (Page 164).

- Téguia M - L’Algérie en guerre, éditions OPU, Alger, (pages 201 à 210).

- Alleg H. - La Guerre d’Algérie, éditions Temps Actuels, Paris, 1981, (tome 2, pages 188 à 194 : Le Front dirige la lutte).

- Bouregaâ L .- Assassinat d’une révolution (paragraphe sur la fourniture des armes au maquis de Ouled Slama), éditions Bouchène (en langue arabe), Alger, 1989.

- Témoignage de Mustapha Saâdoun, vieux dirigeant du PCA, sur son intégration dans l’ALN (début juillet 1956), au maquis de Cherchell où il fut le premier commissaire politique (in mon ouvrage Des Chemins et des Hommes) et le témoignage d’Ahmed Ghebalou - H’mimed dans la collection Mémoria.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 15:16

Le commissaire letton Valdis Dombrovskis s'est donc félicité de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.  Mais qui a su cette intervention parmi les manifestants ?  Bizarrement aucun syndicat ne s'est élevé avec force contre cette ingérence dans les affaires intérieures françaises.  C'est pourtant le moment de le faire !

 


 

La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

Par : Aline Robert | EurActiv.fr

1 avr. 2016

Manifestation contre la loi El Khomri, le 31 mars à Paris

 

Le commissaire en charge de l’euro et du dialogue social se félicite de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.

De passage à Paris, jeudi 31 mars, pour participer à une rencontre de l’OCDE, déjeuner avec Emmanuel Macron et dîner avec Michel Sapin, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a eu du mal à honorer ses engagements dans les temps. La faute aux grèves des transports et autres manifestations contre la réforme du travail de la loi El Khomri.

Un sujet qui lui tient justement à cœur, alors que la France est toujours sous le coup d’une procédure pour déficit excessif.  La loi El Khomri « est une initiative qui est destinée à répondre aux rigidités du marché du travail, et qui devrait relancer l’emploi » s’est réjoui le commissaire face à quelques journalistes. Le commissaire letton qui partage la responsabilité des affaires économiques avec le Français Pierre Moscovici, est connu pour ses positions libérales.

Lors des remarques transmises à la France, début mars, sur l’économie française, la Commission européenne a consacré une dizaine de pages de son pensum annuel au marché du travail, qui représente selon elle le principal problème de l’économie française.

En ce jour de manifestation, le commissaire s’est toutefois montré magnanime. « Nous surveillons avec attention le débat politique, et nous comprenons qu’il faille trouver le bon équilibre pour ce texte » a indiqué le commissaire, faisant référence à des mesures déjà retirées du projet de loi concernant notamment les négociations syndicales.

Mais il est clair que la loi est une réponse aux demandes de Bruxelles, dans la droite ligne de son analyse de l’économie française. Le manque de création d’emploi et la faible croissance sont, selon les experts de l’exécutif européen, liés aux rigidités structurelles de l’économie de l’Hexagone, et notamment aux difficultés de licencier des salariés, et non pas à d’autres facteurs comme un manque d’investissement ou l’évolution vers une économie de service peu créatrice d’emplois.

« Il y a 10 % de chômage depuis trop longtemps en France, il est donc important de s’engager dans des réformes rapidement » a indiqué le commissaire, en soulignant la croissance de 1,3 % seulement attendue pour 2016 en France, un niveau nettement inférieur à la fois à celui de la zone euro et celui de l’Europe à 28, qui frôleront dans les deux cas les 2 % de progression de leur activité économique.

Cette analyse n’est pas partagée par tous ; à gauche notamment, l’économiste Thomas Piketty rappelle dans son blog que le chômage en France était inférieur à 7 % avant la crise financière de 2008, et que la mauvaise gestion de la crise et le manque de politique de relance sont les principales causes du chômage.

Une réduction du déficit plus conjoncturel que structurel

Le commissaire a aussi insisté sur la réduction du déficit en cours, saluant des chiffres meilleurs que prévu : la France semble prête à respecter son objectif de déficit pour 2016, soit 3,4 % du PIB.

Ce qui serait une première depuis de longues années.

 

Cette relative modération du déficit est toutefois « plus lié à des critères conjoncturels que structurels » regrette le commissaire letton, qui s’inquiète par ailleurs d’autres mesures qui vont en sens inverse de la réduction du déficit. La faiblesse des taux d’intérêt a en effet réduit les charges de la dette, mais d’autres éléments viendront grever l’équilibre budgétaire, comme le fait que l’État ait renoncé à toucher le dividende d’EDF en cash pour se contenter d’actions, ou encore la hausse des salaires des fonctionnaires annoncée pour juillet prochain. Deux éléments qui alourdiront mathématiquement les frais de fonctionnement de l’État.

Des circonstances exceptionnelles après les attentats

Reconnaissant l’impact négatif sur l’activité économique des attentats subis par la France en novembre dernier puis par la Belgique, l’élu letton a rappelé que le Pacte de stabilité prévoyait une certaine souplesse en cas de circonstances exceptionnelles, dont les attentats faisaient bien sûr partie selon lui, au même titre que la crise des réfugiés qui a déjà été prise en compte dans l’évaluation des budgets 2015 et 2016. Les coûts supplémentaires induits par l’accueil des réfugiés ne sont donc pas comptabilisés dans le calcul des ratios. Les principales dépenses ont néanmoins été faites par l’Allemagne, qui n’a aucun problème de dette publique.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:59

Une mine d'information sur les méfaits de la politique européenne et les sales coups de la commission et du conseil européens.  De quoi alimenter les tracts ety la réflexion.

Ruptures n°8 est paru

Le n°8 de Ruptures est paru le 24 mars.

L’éditorial évoque la loi du silence dès lors que les responsabilités de l’Union européenne sont en jeu. Il en va ainsi du projet de loi El Khomri, des recommandations édictées par Bruxelles, mais aussi du référendum qui se tient le 6 avril aux Pays-Bas.

La page 2 est consacrée au projet de démontage du code du travail, qui provoque une mobilisation des salariés, étudiants et lycéens : l’analyse de l’historique et des dispositions du texte montre qu’il suit pas à pas les « recommandations » de Bruxelles.

La page 3 rend compte du Conseil européen des 17 et 18 mars. Angela Merkel a réussi à imposer à ses pairs le plan censé résoudre la crise migratoire, qu’elle a discrètement négocié avec Ankara.

La page 4 analyse les récentes élections en Irlande et en Slovaquie. Les deux pays sont peu comparables, mais les scrutins ont en commun d’avoir exprimé un rejet des politiques de l’UE, et d’avoir provoqué un émiettement du paysage électoral.

Pour ne pas manquer cette édition, abonnez-vous vite, si ce n’est déjà fait…

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:53

Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. »

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 14:13
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 22:32
Bientôt Ruptures 8 dans votre boîte à lettres

Le n°8 de Ruptures vient d’être bouclé. Il devrait parvenir vendredi aux abonnés.

L’éditorial évoquera la loi du silence dès lors que les responsabilités de l’Union européenne sont en jeu. Il en va ainsi du projet de loi El Khomri, des recommandations édictées par Bruxelles, mais aussi du référendum qui se tient le 6 avril aux Pays-Bas.

La page 2 sera consacrée au projet de démontage du code du travail, qui provoque une mobilisation des salariés, étudiants et lycéens : l’analyse de l’historique et des dispositions du texte montre qu’il suit pas à pas les « recommandations » de Bruxelles.

La page 3 rendra compte du Conseil européen des 17 et 18 mars. Angela Merkel a réussi à imposer à ses pairs le plan censé résoudre la crise migratoire, qu’elle a discrètement négocié avec Ankara.

La page 4 analysera les récentes élections en Irlande et en Slovaquie. Les deux pays sont peu comparables, mais les scrutins ont en commun d’avoir exprimé un rejet des politiques de l’UE, et d’avoir provoqué un émiettement du paysage électoral.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:35

entretien réalisé par Sophie Wahnich

Lu sur le site AntiK

Entretien avec le fantôme de Maximilien Robespierre

Depuis les attentats du 13 novembre 2015, le mot « guerre » est redevenu prononçable dans l’espace public. Pensez-vous que ce soit une bonne ou une mauvaise chose ?

Je suis adepte d’un langage de vérité, et il est difficile de cacher plus longtemps cet état de fait. La France fait effectivement la guerre à quantité d’organisations islamiques djihadistes, partout elle envoie des soldats, mais aussi des tueurs ou des drones pour accomplir des assassinats ciblés qui ne sont désormais inconnus que de ceux qui ne veulent pas savoir. Depuis ma condition de fantôme, je l’observe depuis un moment. On pourrait dire qu’enfin les Français prennent conscience qu’une guerre se mène en leur nom.

Cette méconnaissance vient à mon sens des institutions de votre Ve République. Elles donnent au président ce que nous, révolutionnaires français, avions réussi dès 1790 à ravir au roi. Ainsi le droit d’examiner si les motifs d’une guerre sont justes ne devait pas être attribué au roi/président/chef de l’exécutif mais à la nation souveraine. Je vous rappelle notre décret du 22 mai 1790 qui était loin d’être parfait mais affirmait malgré tout comme articles constitutionnels que « le droit de la paix et de la guerre appartient à la nation. La guerre ne pourra être décidée que par un décret de l’Assemblée nationale ; « Dans le cas d’hostilités imminentes ou commencées, d’un allié à soutenir, d’un droit à conserver par la force des armes, le roi sera tenu d’en donner sans aucun délai la notification au corps législatif et d’en faire connaître les causes et les motifs. » Et, ce qui me paraît le plus important, « sur cette notification, si le corps législatif juge que les hostilités commencées sont une agression coupable de la part des ministres, ou de quelque autre agent du pouvoir exécutif, l’auteur de cette agression sera poursuivi comme coupable de lèse-nation ; l’Assemblée nationale déclarant à cet effet que la nation française renonce à entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conquêtes, et qu’elle n’emploiera jamais sa force contre la liberté d’aucun peuple. » [1]

« Nous avions inventé un vrai contrôle du droit de paix et de guerre, pour ne pas laisser le pouvoir exécutif décider seul, et ainsi obliger à débattre de ces questions. »

[...]

Lire la suite ici.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 16:01
samedi 12 mars 2016
par  ANC, Rouge Vif Méditerranée

 

 

Contrairement à ce que l’on entend dans les médias, le débat sur le projet de loi sur le code du travail n’est pas une nouvelle version de la querelle entre les anciens et les modernes, les anciens qui ne voudraient rien toucher au texte actuel et les modernes qui voudraient le faire évoluer pour le bien de tous. Non seulement les organisations révolutionnaires ne sont pas par principe opposées à des réformes mais le code du travail d’aujourd’hui n’est rien d’autre que ce que des décennies de lutte ont permis d’obtenir réforme après réforme. Sans lutte il n’y aurait eu ni réduction de la durée du travail ni même sa codification, ni repos hebdomadaire, ni congés payés, ni salaire minimum, ni instauration d’un revenu de remplacement pour les chômeurs, toutes mesures que portent l’actuel code et les conventions collectives. Pour être clairs disons-le tout net : pour nous le code du travail actuel, s’il est au-dessus de ce qui se pratique dans nombre de pays, n’est pas assez protecteur, ne permet pas le progrès économique, ni ne pose la question de la démocratie sociale et économique et encore moins celle de la propriété collective. Depuis que le capitalisme existe le mouvement ouvrier est demandeur et agit pour des réformes allant dans ce sens.

Une réforme pour obéir à Bruxelles et au grand patronat

Au lieu de cela, le gouvernement, parce qu’il obéit aux règles de l’UE, va exactement dans le sens inverse de ce qu’il faudrait faire et c’est bien pour cela que nous demandons son retrait pur et simple. Concrètement, et ne pas le dire est mentir aux monde du travail, pour son projet le gouvernement s’est appuyé (a obéi ?) sur la recommandation du 14 juillet 2015 du conseil européen (sur proposition de la commission ...) à la France. Ci-dessous quelques morceaux choisis de ces recommandations :
« Le coût du salaire minimum reste élevé […] Le salaire minimum devrait évoluer d’une manière plus propice à la compétitivité [...] »
« La France devrait prendre des mesures résolues pour supprimer les seuils réglementaires prévus par le droit du travail [...] »
Selon Bruxelles « Réviser le cadre juridique régissant les contrats de travail pourrait aider à réduire la segmentation. Les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche par des accords d’entreprises. Cela limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins."
(…)"Les branches et les entreprises ont la possibilité de déterminer de façon souple, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, à quelles conditions il y a lieu de déroger à la durée légale du travail de 35 heures par semaine, [...] »
« Très peu d’entreprises ont fait usage des nouveaux dispositifs permettant un assouplissement des conditions de travail dans le cadre d’accords d’entreprise. Ce dispositif devrait être revu afin de donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique. "
(…)"Des mesures structurelles sont nécessaires pour garantir la soutenabilité du système. En particulier, les conditions d’éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés par les partenaires sociaux chargés de la gestion du système. "

"Fait à Bruxelles le 14 juillet 2015
Par le Conseil
Le président
P. Gramegna"
 [1]
Outre le fait qu’il est inacceptable qu’une commission entende dicter ses lois aux peuples, un gouvernement progressiste pourrait aisément faire remarquer à la commission que la montée du chômage en France accompagne la casse, réforme après réforme, du code du travail.

Que les soutiens de la loi El Khomri, (les partisans du licencier plus pour embaucher plus !) nous citent un seul exemple de remise en cause d’un conquis social qui a créé des emplois ?
Qu’ils nous disent quelle mesure de soutien aux profits du grand patronat (car il s’agit de cela et uniquement de cela) a créé un emploi ?
Pour la dernière en date, le pacte de responsabilité, l’homme au pin’s, Pierre GATTAZ avait fait mieux que son père qui en son temps avait promis 400 000 emplois qui ne sont jamais venus. Le fils lui, en a promis 1 million : et le chômage n’a cessé de grimper….
De même nous pouvons faire remarquer à la commission, ou aux naïfs que s’il y a un problème de compétitivité il est dans leurs mesures.

En effet d’un point de vue économique, les mesures de casse du droit social sont inefficaces. Si nous étions les seuls à attaquer le droit social pour que les emplois à bas prix se multiplient, en face ils pourraient défendre leur logique cynique, mais ce n’est pas le cas. Tous les pays européens, et en premier ceux de la zone euro, y passent. Nous ne devenons pas plus compétitifs sur le plan des salaires que l’Espagne ou la Grèce qui abaissent aussi les salaires. Et si nous voulons « rattraper » la Pologne alors disons le tout net : il faut diviser les salaires par 2 ou 3 ! Et comme en plus nous sommes dans le libre échange imposé, qu’il n’y a aucune mesure pour protéger les productions de France, ces mesures de casse du droit du travail c’est l’efficacité économique nulle garantie !
C’est cette logique mise en oeuvre avec la monnaie unique qui fait que nous sommes dans la zone de plus faible croissance au monde depuis le lancement de l’euro et que depuis 1998 l’Union Européenne a perdu au total 22 points de croissance cumulée face aux Etats-Unis. Et ce n’est pas nous qui le disons mais la Tribune ! [2]
Nous avons déjà eu l’occasion de le dire ici : si le code du travail est obèse [3] alors oui à des réformes audacieuses et novatrices qu’en plus nous appelons de nos voeux depuis tant d’années. Sans attendre voici 10 propositions portant sur 4 des 8 livres du code du travail. Mesures qui pour la plupart reprennent des revendications ou même des dispositions qui ont été mises en place en 45 ou dans les luttes qui ont suivi.

10 propositions à mettre en place immédiatement.
Livre I : relations individuelles de travail
1 Le CDI redevient la règle, les CDD constituent l’exception et ne peuvent être renouvelés qu’une fois. Pour toute embauche de CDD les IRP [
4] doivent préalablement donner leur accord. En cas de désaccord de celles-ci c’est l’inspection du travail, sous réserve des recours habituels, qui tranche pour ou contre le recours aux contrats temporaires.

2 Droit de recours suspensif devant le conseil de prud’hommes pour tout salarié contre qui est engagé une procédure de licenciement. [
5]
Livre II Relations collectives de travail

3 Si l’employeur veut licencier pour cause économique, il doit au préalable obtenir l’accord des IRP ou, en leur absence, des organisations syndicales du territoire. En cas de litige c’est l’inspection du travail qui seule peut autoriser la mise en place de la procédure et cette décision est susceptible d’appel devant les tribunaux compétents. En cas de licenciement pour cause économique une procédure de reclassement sous contrôle des IRP est obligatoirement mise en place

4. En cas de cessation d’activité ou de délocalisation, les salariés qui le désirent peuvent reprendre l’activité et cette reprise est encadrée par la loi. [
6] L’état s’engage à favoriser cette reprise afin de rendre les salariés propriétaires de l’entreprise. Cela nous aurait évité 4 ans de lutte à Fralib…

5 Un accord collectif, qu’il s’agisse d’un accord d’entreprise, d’un accord de branche ou d’une convention collective, ne peut être remis en cause par la seule volonté d’un des signataires. [
7].

Livre III Durée du travail, salaire et revenu.

6 La durée hebdomadaire du travail est abaissée sans perte de salaire à 32h en 5 jours. Les heures supplémentaires sont calculées hebdomadairement et les majorations versées en conséquence. Le travail du dimanche et jours fériés est limité aux exceptions (services publics, santé, culture, loisirs, sécurité, transports…) et sa rémunération doit donner lieu à majoration.

7 Nul ne peut être embauché à un salaire inférieur au SMIC. L’évolution de ce dernier, comme celle de l’ensemble des salaires, suit l’évolution des prix. Pour ce faire une échelle mobile des salaires et instaurée et son mode de calcul discuté avec les organisations syndicales.

8 Tout salarié privé d’emploi a droit, sans limitation de durée, à un salaire de remplacement égal à 90% de son salaire brut antérieur ou à une allocation égale au SMIC.

Livre VIII Contrôle de l’application de la réglementation du travail.

9 Les IRP sont renouvelées tous les 2 ans. Les DUP sont supprimées et CE et DP sont des institutions distinctes. Elles ont voix délibérative. Pour les PME des délégués de site [
8] sont instaurés.

10 Les pouvoirs et moyens de l’inspection du travail sont étendus et majorés afin qu’elles puissent intervenir en amont des décisions patronales et en aval pour sanctionner tout manquement à la loi.

Voilà une réforme que nous approuverions et il y a fort à parier que les partisans de l’immobilisme seraient dans les rangs du MEDEF et de ses valets.
Ce n’est pas encore l’appropriation collective des moyens de production et d’échange mais bon ça va dans le bon sens…Vous ne trouvez pas ?

Dans l’histoire récente aucune société ne s’est développée économiquement sans s’appuyer sur le progrès social. A contrario, les congés payés de 1936 tout comme
l’augmentation des salaires de 1968 ont créé de l’emploi et de l’activité économique.

Si Macron et consorts se disent économistes qu’ils s’appuient sur ce constat et en tirent les leçons que le peuple réclame en refusant ce nouveau retour en arrière que ce gouvernement voudrait nous imposer.

Quant au débat sur les solutions à mettre en oeuvre, il appartient aux salarié-e-s, aux chômeurs et retraité-e-s de s’en emparer. Cet éditorial même modestement, entend y contribuer.

 

[1] Ci-dessous le lien vers le texte intégral des recommandations du conseil européen à la France. /ob_628fc5_csr2015-council-france-fr.pdf

[4] Institutions représentatives du Personnel

[5] Aujourd’hui la loi ne permet pas d’empêcher les licenciements, sauf pour les délégués du personnel et ne peut ordonner la réintégration de salariés que dans des cas très précis et limités : femmes enceintes, salarié-e-s en accident du travail et quelques autres rares cas.

[6] On peut prendre appui pour ce faire par exemple sur la loi votée en Argentine et qui a permis à 10 000 salarié-e-s de devenir propriétaires de leur entreprise.

[7] Aujourd’hui, sauf si cet accord est étendu par décret, un employeur peut remettre en cause un accord collectif et les acquis gagnés à cette occasion

[8] Leur mise en place prévue par les lois Auroux de 1982 n’a jamais eu lieu

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