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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 22:36
Dimanche 24 Juillet 2016 sur Atlasinfo
Des centaines de Marocains ont manifesté dimanche à Rabat contre une nouvelle loi sur le relèvement de l'âge légal du départ à la retraite ( porté à 63 ans ) pour les fonctionnaires, adoptée en deuxième lecture mercredi dernier par la Chambre des Représentants.


 

Maroc: manifestation contre la réforme des régimes de retraite

Lors de ce sit-in organisé devant le Parlement, à l'appel de la Coordination nationale contre la réforme des régimes de retraite, plusieurs fonctionnaires et employés des établissements publics ont appelé au retrait "immédiat " des lois relatives à la réforme des régimes de retraite, dénonçant ''les mesures sélectives du gouvernement'' et ''l'exclusion de différents intervenants durant le processus de réforme''.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 13:56
Le Havre - Mobilisation contre la loi Travail - Meeting intersyndical 30 Août
Le Havre - Mobilisation contre la loi Travail - Meeting intersyndical 30 Août
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 14:21
CGT DECLARATION LOI TRAVAIL 49/3

Loi travail

Troisième 49.3 pour une adoption aux « forceps » !

mercredi 20 juillet 2016

Après un retour express au sénat le 19 juillet, le projet est de retour à l’assemblée pour clôturer un processus parlementaire sans débat. Sans surprise, le premier ministre vient d’annoncer le recours pour la troisième fois au 49.3.

Sondages après sondages, le rejet de cette loi régressive est massif et sans appel.

Dernier en date, le sondage Odoxa-FTI paru le 18 juillet, relève que 7 français sur 10 sont « mécontents de l’adoption définitive du projet de loi travail » et plus de la moitié d’entre eux « souhaite que les manifestations contre le texte se poursuivent ».

Dès le début le gouvernement a fait le choix de ne pas tenir compte des réelles attentes et besoins des salarié-es, et plus globalement de l’intérêt général.

Faisant fausse route dès le départ, il n’a eu de cesse de refuser le dialogue avec les organisations syndicales opposées au texte, ou encore de débattre avec les représentants élus de l’assemblée nationale.

Ce gouvernement n’a pas plus écouté celles et ceux qui se sont mobilisés, exprimés contre ce projet. Manifestations, grèves, blocages, pétitions, votations citoyennes, ont été menés et organisés de manière exemplaire, avec détermination et dans un objectif constructif.

Opposés à cette réforme régressive mais favorables à un réel projet social, un code du travail du XXIème siècle, la CGT continuera à mener cette bataille autant légitime que nécessaire.

Le gouvernement a perdu la bataille idéologique, a perdu tout crédit vis-à-vis de la population, et de surcroit à entamer les valeurs de notre République.

Notre responsabilité est bien de continuer à rassembler, à organiser, à impulser toute la force nécessaire pour en finir avec les régressions sociales et pour gagner de nouveaux droits.

C’est ce à quoi s’emploiera la CGT durant tout l’été en allant à la rencontre des salarié-e-s comme des vacancier-e-s et en proposant l’envoi au président de la République de cartes postales pour lui assurer qu’ils seront toujours mobilisés à la rentrée.

Rendez-vous le 15 septembre, pour la journée d’action interprofessionnelle décidée par l’intersyndicale.

Montreuil, le 20 juillet 2016

Déclaration de FO

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 22:15

Publié le

PAR MARC GROSCLAUDE sur La Voix du Nord

 

Leur licenciement, elles l’ont contesté jusqu’au bout, et pendant plus de cinq ans. La Cour de cassation a définitivement donné raison aux salariées licenciées en 2010 des boutiques 3 Suisses. Un arrêt qui fera date dans le droit social.

d-20131004-31Z8T7 2014-10-22 19:09:10 (2)

Il y avait encore un risque : que ces indemnités obtenues devant la justice, elles aient à les rendre à 3 Suisses, leur ancien employeur qui les a licenciées. Mais, dans son arrêt rendu le 6 juillet, la Cour de cassation a mis un point final à cinq ans de bataille et a confirmé qu’elles étaient dans leur droit en lui réclamant des comptes...

La suite ci-dessous

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:35
21/07/2016 05:36 sur La Nouvelle République ( version numérique)

 

 
Petit rassemblement amical pour maintenir le cadre unitaire, annoncer le programme des réjouissances estivales et préparer la rentrée. - Petit rassemblement amical pour maintenir le cadre unitaire, annoncer le programme des réjouissances estivales et préparer la rentrée. 

Petit rassemblement amical pour maintenir le cadre unitaire, annoncer le programme des réjouissances estivales et préparer la rentrée.

 

Ils ne s'étaient plus rassemblés depuis le 5 juillet dernier. Presque 800 mobilisés ce jour-là.

Hier soir, une heure après l'adoption définitive en dernière lecture de la loi Travail, ils ont repris le chemin de la place Anatole-France à Tours, pour réclamer non plus le retrait, mais l'abrogation de la loi El Khomri.
« Une petite action, selon Éric Sionneau, pour maintenir le cadre unitaire. » Et aussi, dans la perspective de la rentrée et la journée de mobilisation du 15 septembre, annoncer le programme de l'été.
Vendredi 12 août, distribution de tracts au festival Aucard de Tours ; une semaine plus tard le 19, re-belote au festival Cosmopolite à Artannes ; et le mercredi 31 août, meeting place Anatole-France.
En guise de devoirs de vacances, chacun a été invité à écrire une carte postale – fournie par l'intersyndicale – à François Hollande. Au recto, sur fond de plage au soleil, on pouvait lire : « Monsieur le Président de la République, je prends mes congés… On se retrouve à la rentrée. »
Au verso, chacun inscrira ce qu'il voudra. Mais attention, ce n'est pas une lettre au Père Noël.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 22:02
photo d'illustration (source: franceinfo.fr)

photo d'illustration (source: franceinfo.fr)

François Hollande se réjouit dans son émission du 14 juillet de la création de 1000 emplois chez Peugeot dus selon lui à son action pour sauver l’entreprise et à la qualité du dialogue dit social.

Chez Peugeot 5 syndicats – FO, CFE, CGC, CFTC, CFDT, GSEA- viennent de signer un accord avec la direction. La CGT n’a pas signé.

En 2013-2014 Peugeot va mal d’un point de vue capitaliste. Il perd de l’argent. Insupportable pour un gouvernement à son service qui prend- avec un capitaliste chinois- 14% du capital.

Dans le même temps, toujours pour sauver l’entreprise il est demandé par la signature d’un accord signé par certains syndicats (CFTC, FO, CGC) des « efforts » aux salariés. Blocage des salaires, augmentation du temps de travail, flexibilité en sont les principaux moyens, sans oublier les 7500 suppressions d’emplois sous forme de pré-retraite dont 2500 sont toujours en cours, délocalisation vers les pays à bas coûts de salaires

Résultat : dès 2015 Peugeot annonce 899 millions de profits, 1,5 milliard de trésorerie (cash-flow)

Vendredi 8 juillet 2016 nouvel accord signé pour trois ans.

Cette fois ci compte tenu des bons résultats obtenu le personnel, ouvriers en premier, va-t-il bénéficier des bons résultats passés alors que les ventes du premier semestre de l’année avec 1.544.200 voitures vendues dans le monde dont 1.055.900 en France et en Europe battent des records annonciateurs de confortables bénéfices ?

Jugez-en.

Sous les applaudissements du patronat et du gouvernement cinq syndicats (CFDT, FO, CFTC, CGC, GSEA syndicat maison) viennent de signer un accord qui prévoit : 1% d’augmentation de salaire par an (Le salaire du PDG est passé de 3.230.500 euros en 2015 à 5.200.000 en 2106), les ouvriers pourront travailler 8 jours de plus par an ou subir 12 jours de chômage, les équipes de nuits travailleront au même salaire que les équipes de jour, les samedis travaillés seront monnaie courante, les usines tourneront à 105% de leurs capacités !

Si Hollande se réjouit des 1000 emplois annoncés il oublie (volontairement) de dire qu’ils seront étalés sur trois ans, qu’ils ne couvriront pas les départs dit « naturels », des postes supprimés depuis 2013, que Peugeot tourne avec 5000 intérimaires, que la flexibilité et la précarité demeurent plus que jamais.

Dans cet accord où est le gagnant-gagnant, l’équilibre entre les salariés et l’entreprise, où est le partage des richesses fausse idée soutenue par tous les réformistes ? La réalité est là, sous nos yeux : le patronat ne partage jamais. Au contraire il exige toujours plus, pour plus de profit pour les actionnaires. C’est sa nature. Il est illusoire de penser qu’il en changera de lui-même.

Quel rôle pour les syndicats ?

« Cette fois nous avons signé l’accord car son équilibre est acceptable » déclare le représentant de la CFDT, tandis que celui de la CFTC se félicite du nouveau mode de calcul de l’intéressement en déclarant « Il était important d’associer d’avantage les salariés aux résultats du groupe », quant à celui de FO il est satisfait « d’avoir vu les maquettes en cartons des nouveaux véhicules ». Tristes justifications pour une signature qui va conduire à plus d’exploitation pour les salariés. Le DRH se félicite du « nouvel état d’esprit » des discussions avec ces syndicats. Quel rôle pour les syndicats la défense des intérêts des salariés ou des syndicats qui capitulent devant le patronat, qui lui servent par leurs signatures de caution pour une exploitation toujours plus féroce.

Seule la CGT a refusé cette trahison et a appelé à l’action, appel qui a été entendu dans certaines usines. C’est la seule voie pour enrayer les prétentions patronales ou gouvernementales avec la loi travail.

Pour les salariés, il n’y a pas d’autre voie que la lutte unie, contre cette politique au service du capital.

 

SOURCE :

 

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 15:01

Publié par El Diablo

La Ve République contre le MOUVEMENT OUVRIER

Le 6 juillet, Valls a donc fait passer sa réforme El Khomri en force – pour la deuxième fois – à l’Assemblée nationale. Des dirigeants «de gauche» (du PCF, des frondeurs du Parti socialiste et d’autres encore) ont alors dénoncé le recours à l’article 49-3. Ce en quoi ils ont raison. Car cet article de la Constitution de 1958 donne au président de la République le pouvoir d’écarter tout amendement,  tout débat et même tout vote pour déclarer une loi adoptée !

Pour autant, le caractère antidémocratique de la Ve République ne se limite pas au 49-3.
Lorsqu’il s’empara du pouvoir, de Gaulle définit clairement l’objectif de sa Ve République : liquider la démocratie politique. Il s’agissait, en particulier, d’en finir avec le «régime des partis» et d’intégrer à  l’État des syndicats sommés de renoncer à défendre les intérêts particuliers des travailleurs au nom d’un prétendu «intérêt général» (façade derrière laquelle se cache les intérêts très particuliers de la classe capitaliste).
Mais, de 1958 à aujourd’hui, les tentatives de mettre effectivement en place ce système corporatiste se sont toutes heurtées à la résistance des travailleurs et de leurs organisations.
Ce qui donne à ce régime son caractère bonapartiste et corporatiste, certes, mais inachevé.
L’intense lutte de classe qui a marqué ce pays depuis des mois a vu de nouvelles tentatives d’associer le mouvement ouvrier au dialogue social, à la concertation, aux tables rondes. Mais poussées par les travailleurs, les militants et les délégués, les deux confédérations issues de la vieille CGT(1) sont restées, bon an, mal an, sur le terrain du «ni amendable ni négociable, retrait!».
Le 8 juillet, la loi étant adoptée, elles en appellent à son abrogation.
Ce refus de l’intégration est d’une grande importance.
Il reste que la loi a été adoptée. Ce qui pose tous les problèmes surgis de la tactique mise en œuvre : celle des journées d’action saute-moutons opposées de fait à l’appel au blocage du pays, à la grève reconductible jusqu’au retrait (voire, demain : jusqu’à l’abrogation).
Cette discussion se relie à une autre : comment comprendre que les dirigeants des organisations qui rejettent et combattent la loi El Khomri publient des circulaires se désolant du résultat du Brexit en Grande-Bretagne, l’une d’elles martelant que «c’est au sein de l’Union européenne que nous avons besoin d’être » et demandant à «l’Union européenne (d’)urgemment mettre en œuvre un programme ambitieux contre le dumping social »(2)?
Comme si l’Union européenne n’était pas faite pour imposer le «dumping social » en y intégrant les organisations! Comme si elle n’était pas la mère de toutes les contre-réformes, y compris la réforme El Khomri !
Ce débat ne peut pas ne pas être mené. 1 600 signataires publics de l’appel «pour la rupture avec l’Union européenne, la rupture avec la Ve République, pour l’Assemblée constituante » le mettent à l’ordre du jour.
 

Editorial de la Tribune des Travailleurs du 13 juillet 2016

**********

(1) CGT et CGT-FO, et avec elles: FSU, Solidaires et des  organisations de jeunes.

(2) Espace international confédéral de la CGT, 5 juillet 2016.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:15
Sur le blog de l'UL-CGT du Havre

6 juillet 2016, lendemain des manifestations du 5 juillet

Bien que la période estivale arrive, avec des vacances bien méritées ! Pour autant, les opposants à la Loi du Travail, étaient, encore nombreux, à se mobiliser. Sur Paris, 45.000, au Havre, près de 500 au Rassemblement devant la Sous Préfecture. Et pendant ce temps là, Valls sans coup férir, nous faisait un coup de 49-3, en la jouant provocateur, LAMENTABLE, pas digne d'un premier ministre...

Pourtant, la lutte continue, tout l'été, tous les jeudis au Havre, des distributions de tracts ou actions surprises (ci-dessous)auront lieu avec un meeting de rentrée le 30 août à Franklin, pour une rentrée qui s"annonce chaude et mouvementée, ON NE LACHERA RIEN, Messieurs les traîtres de Hollande et Valls, avec vos collaborateurs du MEDEF...

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 17:04
Les Docteurs Folamour de l'Occident ... Image Boursorama

Les Docteurs Folamour de l'Occident ... Image Boursorama

19 juillet 2016

Union Européenne, la militarisation du continent

« Le document, révèle Johannes Stern, sur la nouvelle stratégie globale reconnaît le rôle joué par l’OTAN pour protéger les Etats-Unis des attaques ennemies. Il déclare néanmoins que l’Europe « doit être mieux équipée, mieux entraînée et mieux organisée afin de contribuer de manière décisive à de tels efforts collectifs et d’agir en toute autonomie le cas échéant. » Il donne un aperçu des mesures préparées dans le dos de la population européenne. Les capacités militaires doivent être améliorées dans « un effort concerté et coopératif ». On signale le fait que cela exigera une nouvelle allocation de ressources dans la phrase « Le développement et le maintien des capacités de défense requièrent à la fois des investissements et l’optimisation de l’utilisation de ressources grâce à une plus grande coopération. » Le texte montre clairement qu’il n’y a aucune limite géographique au rayon d’action potentiel d’une force militaire de l’UE. Celle-ci se réserve le droit d’intervenir non seulement dans les régions avoisinantes comme l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est, mais sur toute la planète... »

Alors l'OTAN ne leur suffirait plus !

Michel Peyret sur son blog

wsws.org


Ils rient et préparent la guerre ( Photo Le Monde)

Par Johannes Stern
6 juillet 2016

L’Union européenne a réagi au vote en faveur d'une sortie de l’UE en Grande-Bretagne et à l’intensification de la crise politique et économique en Europe qui l’a suivi en appelant à la militarisation du continent et au renforcement de ses forces de sécurité. Depuis l’annonce des résultats il y a dix jours, un certain nombre de documents de principe ont été publiés qui prônent la transformation de l’UE en une alliance militaire dotée de pouvoirs accrus de répression interne.

Au premier sommet de l’UE sans participation britannique tenu mercredi dernier à Bruxelles, les 27 chefs de gouvernement restants ont adopté un texte rédigé par la chef de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini, intitulé « Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l'UE ». L’argument central du document est que l’UE doit devenir une puissance mondiale agressive capable d’intervenir militairement et si nécessaire de mener des guerres indépendamment de l’OTAN et des Etats-Unis.

Le document sur la nouvelle stratégie globale reconnaît le rôle joué par l’OTAN pour protéger les Etats-Unis des attaques ennemies. Il déclare néanmoins que l’Europe « doit être mieux équipée, mieux entraînée et mieux organisée afin de contribuer de manière décisive à de tels efforts collectifs et d’agir en toute autonomie le cas échéant. »

Il donne un aperçu des mesures préparées dans le dos de la population européenne. Les capacités militaires doivent être améliorées dans « un effort concerté et coopératif ». On signale le fait que cela exigera une nouvelle allocation de ressources dans la phrase « Le développement et le maintien des capacités de défense requièrent à la fois des investissement et l’optimisation de l’utilisation de ressources grâce à une plus grande coopération. »

Le texte montre clairement qu’il n’y a aucune limite géographique au rayon d’action potentiel d’une force militaire de l’UE. Celle-ci se réserve le droit d’intervenir non seulement dans les régions avoisinantes comme l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est, mais sur toute la planète.

Les intérêts déclarés de l’UE comprennent « la garantie et la sécurisation des mers et des routes maritimes indispensables au commerce et à l’accès des ressources naturelles. » A cette fin, « l’UE contribuera à la sécurité maritime mondiale, s'appuyant sur sa propre expérience dans l’Océan indien et en Méditerranée et explorant les possibilités dans le Golfe de Guinée, la Mer de Chine du Sud et le Détroit de Malacca. »

Le développement du militarisme européen est avant tout le fait de Berlin. Dans une déclaration officielle publiée ces derniers jours, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a expressément remercié Mogherini « pour son engagement et sa vision dans l’élaboration de la ‘Stratégie globale’ ». Il était heureux d’y trouver « des éléments clés de la politique de paix allemande. »

L'idée maîtresse de la « politique de paix » de Steinmeier – plus précisément la politique de guerre – est bien connue. Aux côtés du président Joachim Gauck, il avait joué un rôle de premier plan dans la campagne en faveur du réarmement allemand. En 2014, à la Conférence de Munich sur la sécurité, il avait déclaré que l’Allemagne était « trop grande et trop importante » pour se contenter de « commenter la politique mondiale en simple spectatrice » et ajouté qu’elle devait être « prête à s’engager sur les questions de politique étrangère et de sécurité [c’est-à-dire militaire] plus rapidement, plus décisivement, et plus fortement. »

Cette année, le 13 juin, il a publié un article dans le magazine américain Foreign Affairs intitulé « Le nouveau rôle mondial de l’Allemagne » dans lequel il disait non seulement que l’Allemagne était une « importante puissance européenne », mais remettait également en cause le rôle dominant des Etats-Unis.

Le ministère des Affaires étrangère de Berlin se sert à présent du référendum sur le Brexit pour promouvoir les objectifs de grande puissance de l’Allemagne. Dans un article intitulé « Une Europe forte dans un monde incertain », publié par Steinmeier et son homologue français Jean-Marc Ayrault, le week-end dernier, la sortie britannique de l’UE est saluée comme l'occasion de « concentrer nos efforts communs et tenir nos engagements sur les défis qui ne peuvent être relevés que par des réponses européennes. »

Le vote du Brexit et les toutes récentes initiatives allemandes ont alarmé les hauts responsables de l’impérialisme américain. Vendredi dernier, Robert D. Kaplan, un membre influent de l’establishment américain de politique étrangère et architecte de l’invasion de l’Irak en 2003 a averti, dans une rubrique du Wall Street Journal, que « Le retour du chaos géopolitique ressemble à certains égards aux années 1930. »

Dans l'article, qui porte le titre « Comment déranger la célébration du Brexit par Poutine, » il affirme, « (…) le Brexit a mis en péril un objectif clé de la géopolitique britannique qui remonte à des centaines d’années: empêcher qu’une quelconque puissance ne domine le continent. Et pourtant l’Allemagne a actuellement le pouvoir de faire précisément cela. »

Kaplan considère que l’alliance d’après la seconde guerre mondiale entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne est menacée. « L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont certes dernièrement été alliées, » écrit-il, et « une longue liste de chanceliers allemands, depuis Konrad Adenauer, ont soutenu l’Atlantisme et la reconnaissance de la responsabilité toute particulière de l’Allemagne pour la paix et la stabilité européennes. De futurs chanceliers risquent de ne pas le faire. »

L'Allemagne, a-t-il averti, « pourrait conclure un accord séparé avec la Russie ou se replier sur soi et un nationalisme populiste… »

La préoccupation immédiate de Kaplan est que le Brexit ne sape les préparatifs américains pour une guerre avec la Russie. « Plus l’Europe se fracturera, » s'inquiète-t-il, « moins la volonté existera d’invoquer l’Article 5 de l’OTAN qui déclare qu’une attaque contre un des membres est une attaque contre tous. » Sa proposition de contre-stratégie: « La Grande-Bretagne devrait revigorer son alliance avec l'Amérique. En agissant ensemble, les deux pays sont encore en mesure de projeter leur pouvoir sur le continent européen, jusqu’aux portes de la Russie. »

Personne ne devrait sous-estimer la signification historique et politique de telles déclarations. Cent ans après le bain de sang de la bataille de la Somme et 75 ans après le lancement par l’Allemagne de la guerre d’anéantissement contre l’Union soviétique, les contradictions du capitalisme surgissent de nouveau, menaçant de déclencher une nouvelle guerre mondiale entre grandes puissances, qui éclipserait toutes les horreurs de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

La classe ouvrière doit mettre en avant sa propre stratégie pour contrer les efforts entrepris par les puissances impérialistes pour essayer de sauver l’ordre capitaliste par la guerre. Comme l’a souligné le Comité International de la Quatrième Internationale dans sa déclaration « Le socialisme et la lutte contre la guerre »: la stratégie anti-guerre de la classe ouvrière doit être développée « comme la négation de la géopolitique impérialiste des Etats-nations, » en se basant sur sa stratégie de l’unification et de la mobilisation de ses forces sur le plan international afin de résoudre la « crise mondiale par la révolution sociale. »

(Article original paru le 5 juillet 2016)

Posté par Michel Peyret à 04:57

Pour plus d'infos, une tribune parue dans Le Monde

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 16:54

Les temps de déraison (et de lutte)

 

mis à jour le : 6 Juillet, 2016

Le projet de loi El Khomry de réforme libérale du droit du travail aura eu le mérite de susciter la mobilisation admirable de centaines de milliers de citoyens français, salariés, étudiants, jeunes et vieux, contre le démantèlement organisé des droits sociaux et l’organisation de la précarité, selon les voeux du MEDEF. Et il est juste que cette colère sociale s’exprime contre Hollande et Valls, qui en sont les premiers auteurs, même s’ils n’étaient, en le faisant, que les serviteurs dévoués de la bourgeoisie française, et du capitalisme transnational. la majorité des Français a soutenu, tous les sondages le disent, ce mouvement social habité par des clivages de classes, alors même que certains parmi eux s’abstiennent aux élections, ou votent pour divers partis de droite. Cela ne signifie pas que tout soit clair dans l'opinion, tant le poids des médias est fort dans la société actuelle, manipulant les faits et les concepts : à preuve, les insultes déversées sur la CGT et Martinez depuis qu’ils animent la lutte sociale, et les discours de tous les « experts » et « communicants » préposés à l’image et à la parole pour affirmer la « modernité des réformes » , et la « ringardise » de ceux qui s’y opposent. Au XXIème siècle plus encore qu’aux précédents, « les idées dominantes sont celles de la classe dominante ».

La réponse rationnelle aux méfaits du capitalisme national et transnational actuel est évidemment la lutte collective et organisée, pour une société basée sur l’appropriation collective des richesses : ce fut, dès leur origine, l’objectif des communistes, et les luttes syndicales y contribuent depuis la Charte d’Amiens, sur la base des luttes de classes. Mais ce chemin est rude quand il doit se frayer une voie dans un bain idéologique dominé par cette religion du Capital qu'on qualifie souvent d'" ultralibéralisme". Notre décennie est dévorée par le déferlement de l’irrationnel, de l’émotion au lieu de la raison concrète, de l’individualisme au détriment du collectif. Ce basculement des esprits prend des formes diverses, plus ou moins néfastes: toutes nous éloignent des solutions, qui passent exclusivement par la lutte des classes.

Les plus anodines de ces postures irrationnelles que cultivent nos médias sont le déferlement de l’émotion, qui se traduit en « marches blanches » compassionnelles, à l’occasion d’un crime pédophile ; en rassemblements « On est Charlie, on est Paris, on est la police ", à l’occasion d’attentats intégristes, mêlant dans une unanimité manipulée les victimes et les racistes, réfutant la moindre analyse du massacre au profit de manipulations sécuritaires et politiciennes ; l’émotion compassionnelle n’a jamais arrêté le crime, pas plus que la charité n’a éradiqué l’inégalité sociale.

A un niveau plus dangereux, nos médias grossissent par la dérision ces phénomènes bien réels que sont l’opportunisme, la corruption et le carriérisme de nos politiciens, pour en arriver à répandre l’idée simpliste « ils se valent tous », et l’apolitisme : d’ores et déjà, la moitié des citoyens français et une grande partie des travailleurs vomissent la politique et le suffrage universel. Cet apolitisme désarmant imprègne même une partie des salariés et étudiants engagés dans les luttes actuelles. Le but est bien de détourner le rejet des conséquences du capitalisme vers des voies de garage sans danger, vers des ectoplasmes informels qui peuvent être manipulés par des bobos-fricotins de la contestation des Beaux Quartiers parisiens, par le biais des « réseaux sociaux » où l’indignation et l'invective remplacent trop souvent l’analyse. Les quelques milliers de jeunes ou moins jeunes qui ont participé aux « Nuits debout », étaient sincèrement révoltés par la société actuelle. Mais ces rassemblements délibérément hétéroclites, volontiers rétifs à tout parti ou syndicat organisé, privilégiant la réaction individuelle sur l’action collective, peuvent déboucher sur des ectoplasmes politiciens sans programme, fort peu subversifs: le plus bel exemple en est le mouvement « Cinque Stelle » italien qui, après quelques années de succès électoraux ne sait plus où se situer entre la gauche et la droite extrême. Même si cela lui vaut quelques récents succès aux élections municipales, sur quoi déboucheront ils? La France et ses mouvements populaires n’ont rien à gagner à suivre ce chemin.

Plus dangereux comme dérivatif au mécontentement social, le discours « moderniste » et individualiste d’un Macron, fier de ses costars et de sa « réussite » qu’il juge méritée, plein de mépris pour les « perdants », chômeurs et pauvres, qui selon lui, le méritent. On ne sait si son parti « en marche » aura le succès que certain lui promettent. Mais ne nous y trompons pas : cette foi religieuse en l’inégalité sociale, et la « loi du marché », directement importée des USA, ne fait pas seulement fureur parmi les « cadres dynamiques » fraichement sortis des écoles de commerce privées. Libération nous expliquait récemment que l’ubérisation du transport collectif était « la » solution pour les jeunes chômeurs fils d’immigrés des banlieues...

Mais le plus virulent des dérivatifs actuels est la xénophobie d’inspiration raciste, qui fait du Musulman, de l’Arabe, de l’émigré ou accessoirement du Juif ou du Roumain, le bouc émissaire de tous les maux causés par le capitalisme. Cette dérive xénophobe est certainement la plus répandue aujourd’hui en France, comme dans les autres pays d’Europe, et elle est d’autant plus dangereuse qu’elle sert de marchepied vers le pouvoir politique aux partis d’extrême droite comme le FN, qui cachent leur volonté d’éradiquer la lutte de classes sous un verbiage démagogique. Mais leur raison première est d’assurer par la force étatique la pérennité des inégalités sociales. Ils sont de la grande famille des ultra-conservateurs fascisants: le maire pro-FN de Béziers, Ménard, cherche à les rassembler sous le nom « Osons la droite », et les Marine et Marion Le Pen font de même avec leur compère Philippot, sous d'autres formes. Le vote des travailleurs d'Angleterre en faveur de la sortie de l'Union Europeenne est largement justifié par sa nature d'instrument du capitalisme transnational contre les droits des salariés, mais cette décision positive porte aussi en ellemême le risque de dérive xénophobe, que nous devrons juguler.

La seule réponse efficace à toutes ces dérives irrationnelles est le mouvement social de masse, parce qu’il rassemble dans la lutte organisée sur la base de leurs intérêts de classe, les exploités de toute condition, contre les privilégiés et leurs serviteurs, sans dispersion des énergies populaires dans des combats douteux perdus d'avance. Mr Gattaz du MEDEF ne s’y est pas trompé, qui a éprouvé le besoin d’en rajouter sur Mr Valls et son masque mussolinien, en qualifiant les grévistes et leurs dirigeants reconnus de terroristes et preneurs d’otages.

En 1943 aussi, vichystes et nazis traitaient les Résistants de terroristes, avant de les fusiller. Ils étaient cependant l’avenir de la Nation française et de ses libertés, comme en 2016, les travailleurs en lutte pour leurs droits.

francis arzalier

sur Collectif Communiste Polex

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