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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 15:14

Le projet de téléphérique à Jérusalem - lettre à Laurent Fabius

Lettre adressée par l’AFPS le 11 mars 2013

Suite à l’information selon laquelle une entreprise française réalise à Jérusalem une étude de faisabilité pour un projet de transport par câble entre l’ancienne gare ottomane à Jérusalem-Ouest et le Mont des Oliviers à Jérusalem-Est. L’AFPS a adressé un courrier à Laurent Fabius. Ce projet participe à l’annexion de facto de Jéruslam-Est par Israël en violation du droit international. Or ce projet implique des entreprises françaises, dont l’État est actionnaire pour certaine.
Retrouver la lettre en pièce jointe.

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  • Le projet de téléphérique à Jérusalem - image de Haaretz


 

Documents à télécharger :
Le projet de téléphérique à Jérusalem - lettre AFPS à Laurent Fabius
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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 10:35

Publié par Michel El Diablo

POUTINE a-t-il tué le cacique eltsinien Boris NEMTSOV ? [Jean-Luc Mélenchon]

Le malheureux a été assassiné Place Rouge devant le Kremlin, la veille de la manifestation à laquelle il avait appelé en compagnie d’une autre grande figure de l’opposition, le raciste et antisémite Alexey Navalny. Des flots d’encens sont aussitôt montés vers le ciel, votivement offerts par tous les médias « éthiques et indépendants ». Le premier d’entre eux, « Le Monde », a pieusement recopié, sans nuance ni recul, la notice de l’ambassade des États-Unis. Il a donc repeint Nemtsov aux couleurs du martyr de la démocratie, de l’Occident et ainsi de suite. Qualité à laquelle n’accédera jamais le blogueur saoudien qui reçoit chaque semaine sa ration des mille coups de fouets qu’il doit endurer sans bénéficier de l’indignation mondialement bruyante d’Obama, de François Hollande, et les autres. Ni, bien sûr, « Le Monde », ni l’ignoble Plantu, titulaire du prix de 10 000 euros « pour la liberté de la presse » que lui ont attribué les riant fouetteurs du Qatar. Sans vergogne, « Le Monde » écrit : « Boris Nemtsov, qui avait 55 ans, n’était pas un héritier du soviétisme. C’était un authentique démocrate, un homme qui croyait en l’universalité des valeurs de liberté et de pluralisme ». Quel besoin d’en rajouter à ce point ? Ne suffit-il que cet homme ait été assassiné pour déplorer sa mort ? Non, bien sûr ! L’apologie de Nemtsov, illustrissime inconnu avant son meurtre, fonctionne comme un piège à naïf pour créer une ambiance de « Sadamisation » contre Poutine. « A-t-on encore le droit de s’opposer en Russie » me demande une journaliste qui ne connait rien ni à cette affaire ni à aucune autre concernant la Russie contemporaine. On devine le sous-entendu. Ce Nemtsov aurait été assassiné par Poutine. Sans le début d’une preuve, l’accusation est instillée. Ces gens-là n’ont aucune subtilité. Et leurs enquêtes sont rondement menées depuis le bar de la rédaction.

 

Voyons : un opposant est assassiné, Place Rouge. Il combattait Poutine, Poutine habite le Kremlin sur la place rouge ! « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! Poutine l’a tué ! » Hurrah ! Quelle perspicacité ! On ne la fait pas à un journaliste libre d’être d’accord avec l’ambassade des USA ! Que Poutine veuille rendre célèbre un inconnu à la personnalité plus que trouble, qu’il le tue devant sa porte, la veille de la manifestation d’opposants à laquelle celui-ci appelait, ne leur parait pas d’une insigne stupidité. Ni contradictoire avec l’intelligence machiavélique qu’ils prêtent à Poutine le reste du temps. Non. Pourtant, après ce mort et sa malheureuse famille, la première victime politique de cet assassinat est Vladimir Poutine. Car il a été aussitôt traîné dans la boue par toute la presse « libre, éthique et indépendante » du monde entier, dénonciatrice ardente sur ordre des armes de destruction massive de Saddam Hussein, de l’Iran et de tous les autres articles de propagande pré-machée des USA.

 

Voyons donc la biographie de cet émouvant « authentique démocrate ». Commençons par ses fréquentations les plus récentes dans le cadre de son amour pour les valeurs sans rapport avec « le soviétisme » ! Il appelait à une manifestation le 1er mars contre le gouvernement russe, ce qui est bien son droit. La manifestation a eu lieu et a été traitée moins durement que la manifestation à Sivens le jour ou Remi Fraisse s’y trouvait. Pour convoquer cette manifestation, l’ami de la liberté a joint sa signature à celle d’un autre ami du « Monde », le raciste Alexey Navalny, leader libéral-xénophobe ultra violent. Navalny a créé en 2006, avec des néonazis russes, le mouvement nationaliste des « Marches Russes ». Il est l’inventeur des slogans qui ont entraîné de nombreuses violences contre des immigrés : « la Russie aux Russes », « Arrêtons de nourrir le Caucase ! »« nettoyer la Russie ». Dans une vidéo en marge de ces marches, il qualifiait de « cafards » les habitants du Caucase : « si l'on peut tuer les cafards avec une chaussure, quand il s'agit d'êtres humains, je recommande d'utiliser une arme à feu ». Voilà pour l’ami de « l’authentique démocrate ». Et aussi pour les organisateurs de la manifestation encensée par « le Monde ». Risible dans la fabrication d’une information de convenance, le journal a aussi voulu faire croire qu’elle était organisée en réplique au meurtre. En fait, elle se préparait depuis des semaines sur les thèmes racistes habituels de ces personnages nauséabonds.   

 

Voyons à présent le cas de Boris Nemtsov, « l’ami des libertés », « sans rapport avec le soviétisme » ? En effet, il s’agit d’un voyou politique ordinaire de la période la plus sombre du toujours titubant Boris Eltsine. Ce Nemtsov est le principal artisan des privatisations de la période 1991-1993 qui furent en fait un véritable pillage. L’homme « sans rapport avec le soviétisme » était alors nommé par Eltsine, gouverneur de Nijni-Novgorod. Il se rendit odieux à grande échelle comme ministre de l'énergie d'Eltsine. Ce sont les privatisations décidées et organisées par lui, Nemtsov, qui ont créé l'oligarchie kleptocratique russe, fléau dont ce pays met un temps fou à se débarrasser. En effet, chaque oligarque, généreux donateur, est défendu bec et ongle par la propagande des agences de l’OTAN comme des « amis de la liberté », de « l’économie de marché » et autre habillages rhétoriques de la caste dans le monde entier. D’ailleurs, l’entourage de « l’authentique démocrate» Nemtsov, a fourni un riche contingent de condamnés pour diverses malversations dans les privatisations organisé par l’homme qui « n’avait rien à voir avec le soviétisme ».

 

Libéral fanatique, ce grand esprit avait été félicité à l'époque par Margaret Thatcher lors d'une visite en Russie. Vice-premier ministre chargé de l'économie en 1997-1998, sa gestion servile à l’égard des injonctions du FMI provoqua le crash russe. Ce fut la plus terrible humiliation de la nation russe depuis l’annexion de l’ancien glacis de l’est dans l’OTAN. Voilà le bilan de monsieur Nemtsov. Cela ne justifie pas qu’on l’assassine. Mais cela devrait nous épargner d’être invités à l’admirer comme le propose grotesquement « le Monde ». Si nous avions une presse indépendante des États-Unis et du conformisme de la dictamolle libérale, personne ne s’aviserait de nous le proposer.

 

Qui a bien pu tuer Nemtsov ? Naturellement nous n’en savons rien. Si l’on exclut le crime passionnel, et que l’on reste à la politique, on peut diriger l’enquête et les soupçons du côté où il avait le plus d’ennemis. A qui profite le crime ? Certainement pas à Vladimir Poutine : cet assassinat arrive pour lui au plus mauvais moment sur le plan international et au plus mauvais endroit : devant chez lui, au Kremlin. Boris Nemtsov n'était pas une menace pour Poutine compte tenu de sa marginalisation intérieure. En Russie, les amis de l’Ukraine actuelle qui manifestent avec le drapeau de l’ennemi sont très mal vus. Surtout que pour Nemtsov, son soutien à l'Ukraine ultra-nationaliste a commencé en 2004, quand il était déjà conseiller économique du président Ioutchenko, ami d’hier du journal « Le Monde » et ennemi d’aujourd’hui, héros de la dite « révolution » orange. Il est certain que la popularité de Boris Nemtsov n'a pas grandi en Russie du fait son opposition au vote des citoyens de Crimée pour le rattachement à leur patrie russe. Il préférait une Crimée enchainée à l’Ukraine dont les habitants étaient interdits de parler leur langue par ordre des hurluberlus violents de Kiev. L’homme qui n’avait « rien à voir avec le soviétisme » était pourtant dans cette circonstance le défenseur d’une décision personnelle de Nikita Kroutchev, alors tout puissant secrétaire général du Parti Communiste de l’Union soviétique, qui décida, un soir de beuverie dit-on, de rattacher la Crimée à l’Ukraine pour afficher la force de l’attachement de l’Ukraine à la Russie. Un peu comme si un président français décidait de rattacher l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne pour montrer la force du couple franco-allemand ! Car la Crimée est russe depuis toujours, comme l’Alsace et la Lorraine sont françaises, comme l’ont prouvé les millions de morts français tués pour la libérer de l’occupation allemande. Notons, quoiqu’on en pense, qu’un Russe qui se prononce pour Kiev et pour l’intervention de « l’Occident » en Ukraine est un courageux minoritaire parmi les Russes qui vivent mal la présence de nazis au gouvernement de Kiev, l’interdiction de parler russe dans les terres russophones et s’émeuvent des quatre mille civils russophones tués dans le Donbass et du crime sadique contre les quarante syndicalistes brulés vifs ! Sachant cela, je pense que même le plus anti-Poutine et ennemi des Russes peut alors voir sous un autre œil la situation.

 

Boris Nemtsov était un opposant extrêmement confortable pour Poutine car il était caricaturalement acquis aux ennemis de la Russie. Il était donc sans aucun danger politique et parfaitement inconnu de « l’opinion occidentale » avant sa mort. Je n’en dirais pas autant des milieux de l’extrême droite Russe. Celle-ci est aspirée dans une surenchère permanente et des compétitions mortelles depuis que des « amis de l’Europe » comme l’antisémite Alexey Navalny en rajoutent sans cesse dans l’hystérie xénophobe et ultra nationaliste. Dès lors « l’authentique démocrate», multi pensionné des officines et succursales de la bien-pensance européenne et nord-américaine, ami public du gouvernement ultra anti-russe de Kiev, en pointe dans le rôle de tireur dans le dos de son pays, pourrait avoir été pour eux une cible pleine de sens. Pour ceux-là d’ailleurs, la politique de Poutine est trop équilibrée. Eux sont partisans de la confrontation directe avec l’Ukraine et les USA. C’est eux que le parti américain d’Ukraine veut encourager en les poussant à bout. Le débarquement des troupes américaines fonctionne dans ce sens. Car soyons clairs : si l’armée russe entrait en Ukraine à la suite des provocateurs nord-américaine, les forces qui tenteraient de s’y opposer seraient balayées en moins d’une semaine, parachutistes américains ou pas. 600 Américains ne sont pas davantage invincibles que des milliers d’entre eux. Ce qu’ont montré toutes les guerres perdues par les armadas nord-américaines, à Cuba, au Vietnam, en Somalie, en Afghanistan, en Irak. Les USA savent organiser des complots, des assassinats politiques, acheter des journalistes et des agents d’influence dans tous les pays. Mais militairement, ils ne peuvent vaincre que dans l’ile de la Grenade des gens désarmés, à Panama le chef des trafiquants de drogue, et d’une façon générale des gens incapables de se défendre.

 

Il est important de se souvenir que la Russie est une très grande puissance militaire, dont le peuple en arme, que n’intimideront pas les bandes de pauvres diables chicanos de l’armée des USA. En tous cas ces 600 parachutistes-là ne peuvent compenser le caractère pitoyable des bandes armées ukrainiennes qui viennent d’être défaites dans l’est du pays en dépit de la sauvagerie de leurs actions. Tout repose donc à présent sur le sang froid de Vladimir Poutine et des dirigeants russes. Pas de guerre ! La patience, l’écroulement de l’économie ukrainienne, la désagrégation de ce pays qui a tant de mal à en être un, tout vient à point à qui sait attendre. La guerre est le pire qui puisse arriver à tout le monde en Europe et dans le monde. La guerre au milieu de sept centrales nucléaires dont la deuxième du monde, devant le sarcophage de Tchernobyl, la guerre serait un désastre dont l’Europe ne se relèverait pas avant des décennies. Les USA doivent rentrer chez eux et laisser les habitants de ce continent régler leurs problèmes. 

 

Jean-Luc MÉLENCHON

le 4 mars 2015

 

 

 

 

POUTINE a-t-il tué le cacique eltsinien Boris NEMTSOV ? [Jean-Luc Mélenchon]

SOURCE:

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 09:56

Lu sur les pages du réseau "Faire vivre le Pcf"

Dans son discours devant la manifestation des communistes à Moscou le 1er mars 2015 [1], Sergueï Pavlovitch Oboukhov [2] a rappelé qui était l’homme politique libéral Boris Nemtsov, assassiné la veille...

il a cité les propos que celui-ci tenait à Tchernomyrdine dans les jours tragiques d’Octobre 1993.

« Ecrasez-les, écrasez-les. Détruisez-les tous avant qu’il ne soit trop tard »

Voilà ce que l’on pouvait entendre de la bouche de cet homme politique libéral sanguinaire il y a plus de vingt ans. On peut comprendre pourquoi il était si isolé politiquement chez les russes, car représentant de cette clique d’oligarques qui ont détruit l’URSS pour se partager ses richesses et écraser les russes...

[1] manifestation dont bien sûr aucun média occidental n’a parlé !

[2] député à la Douma, membre du Présidium du Comité central du Parti communiste

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 18:32
Lu sur Russeurope
1 mars 2015
 
Il est aujourd’hui prématuré de vouloir désigner un coupable dans l’assassinat de Boris Nemtsov, mais au vu de l’émotion que cet acte odieux a provoqué, on peut néanmoins poser un certain nombre de questions. Ayant connu personnellement Nemtsov au début des années 1990, quand il fut élu maire de Nijni-Novgorod, puis l’ayant rencontré à...
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 14:38
Les nouveaux missionnaires français de l'Occident

Les nouveaux missionnaires français de l'Occident

Voici la lettre adressée hier à Laurent Fabius… vous pouvez vous en inspirer…

 

A Monsieur Laurent Fabius,

Ministre des Affaires étrangères

37 Quai d’Orsay

75351 Paris

 

Aix-en-Provence le 25 février 2015

 

 

 

 

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

 

Veuillez me permettre une suggestion dans l’intérêt de la France et de son rayonnement dans le monde. Je propose que vous nommiez en urgence Bernard Henry Levy en tant qu’Ambassadeur en Libye. Certes il pourrait également être envoyé dans le Donbass où il serait certainement accueilli avec reconnaissance et l’amitié dont cette population frustre mais au grand coeur est capable. Vous m’objecterez que la France n’a pas reconnu ces républiques autoproclamées après avoir pourtant accepté le gouvernement ukrainien issu d’un coup d’Etat et qu’il n’est donc pas question de leur envoyer un ambassadeur.

 

En ce qui concerne la Libye que la France a libéré de la dictature, il reste à parfaire le travail et nul n’est plus apte à le mener à son terme que ce grand intellectuel qui dans son célèbre ouvrage Eloge des intellectuels (Paris, 1987) a déclaré: « Je crois que la présence d’intellectuels dans une cité moderne est une clef de la démocratie. »

 

En vous remerciant pour l’attention que vous porterez à ma proposition, veuillez agréer monsieur le Ministre des Affaires étrangères mes respectueuses salutations

 

Danielle Bleitrach

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 20:33
Photo : Un char percute son égo : BHL indemne.

Le 17 février 2015, décrivant devant le Conseil de sécurité des Nations unies un pays qui pourrait devenir une menace pour l’Europe comme pour l’Afrique, le ministre libyen des affaires étrangères Mohammed Al-Dairi a appelé « à ne pas rester silencieux face au terrorisme en Libye ». Comme en écho, et évoquant le même pays lors d’une réunion de dirigeants sociaux-libéraux européens tenue à Madrid le 21 février, le Premier ministre français Manuel « 49-3 » Valls a estimé que le « djihadisme terroriste » était aux portes de l’Europe.

De fait, depuis la fin de 2011 et l’élimination de Mouammar Kadhafi au terme de ce que l’OTAN présenta en 2012 « comme un modèle d’intervention », la « Libye libre » a quelque peu sombré dans le chaos. Partition, « somalisation », seigneurs de la guerre, clans mafieux… Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements rivaux. A la multitudes de groupes sanguinaires aux alliances changeantes – Ansar Al-Charia, Majlis Shura Shabab al-Islam, Fajr Libya (Aube de la Libye), etc. –, regroupés pour certains dans le Conseil consultatif de la jeunesse islamique (MCCI), s’est ajouté depuis peu l’Etat islamique (EI), qui s’est récemment distingué par la décapitation de vingt et un travailleurs – il est vrai égyptiens et coptes de surcroît. C’est également dans cet arsenal à ciel ouvert, qu’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) a pu faire son marché, ce qui lui a permis de porter la bonne parole entre autres au Mali. Pays d’où, depuis l’intervention française, le mouvement djihadiste Mujao s’est replié … dans le Sud libyen – tout étant dans tout et vice-versa.

Nul n’a oublié l’éblouissant rôle de la France, de son aviation et de ses forces spéciales dans cette spectaculaire démocratisation de la Libye. En stratège semi-intégral – son expérience militaire se limitant jusque-là à un service national effectué en 1978 à la « Base aérienne 117 Paris », où il appartenait au Groupe rapide d’intervention (GRI), chargé tous les matins, de 6 à 9 heures, du nettoyage des locaux – le président Nicolas Sarkozy a par chance bénéficié en 2011 de l’expérience de son ministre des affaires étrangères par interim, Bernard-Henri Lévy, un familier de la Control Room, l’état-major de la Libye libre. On n’en est malheureusement plus là…

Dans cette nouvelle terre de Jihad, devenue sans qu’on sache trop pourquoi incontrôlable et incontrôlée, toutes les chancelleries occidentales ont fermé leurs ambassades et ont lâchement abandonné le terrain – la France le 30 juillet 2014 ; les Etats-Unis treize jours plus tard, le 27, lorsque leurs quelque soixante-dix diplomates, dont l’ambassadrice Deborah Jones, ont quitté Tripoli par la route, en direction de la frontière tunisienne, escortés par quatre-vingts « marines », sous la protection de 2 F-16 survolant le parcours et de plusieurs Osprey M22 (des avions capables de se poser au sol comme des hélicoptères). Une attitude interprétée comme un signe de faiblesse, et que les djihadistes ont tournée en dérision.

Alors que les combats ne connaissent aucune trêve et que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader, multipliant le nombre des victimes au sein de la « société civile », peut-on se satisfaire d’un tel « OTAN en emporte le vent » ? La réponse est évidemment non. Paris doit donner l’exemple. Paris doit s’honorer en montrant aux Libyens qu’ils ne sont pas abandonnés aux égorgeurs. Et comment incarner mieux cet esprit de résistance qu’en rouvrant l’ambassade de France, en se tenant campés, solidaires, lucides, courageux, déterminés, comme lors de la glorieuse expédition de 2011, au milieu d’eux ?

Un nom s’impose pour une telle mission. Celui du Schwarzenegger de la philosophie : Bernard-Henri Lévy. L’homme est particulièrement doué pour traiter les questions délicates. C’est quelqu’un avec qui il faut compter. Il a le profil nécessaire à une telle fonction : s’il prône le droit d’ingérence, il croit aussi au « devoir de suivi ». Par ailleurs, bien peu bénéficient de son exceptionnelle lucidité. Qu’on se souvienne de cette pensée percutante, publiée le 3 mars 2011, dans son « Bloc-notes » du Point : « Je ne suis pas naïf, évidemment. A Benghazi comme ailleurs, j’ai passé l’âge de l’idéalisme et de l’angélisme. Et je ne vois pas Mustafa Abdeljalil, ancien ministre devenu patron du Conseil national de transition, s’imprégner, d’ici la victoire, des œuvres complètes de Tocqueville. Mais il y a les faits, tout de même ! On sait par exemple que, parmi les onze membres du Conseil dont les noms ont été rendus publics, il n’y a pas un islamiste. On sait que, parmi les vingt autres, tenus pour le moment secrets pour raison de sécurité, figurent des représentants de toutes les régions du pays et que le danger tribal a été – à dessein ? – surestimé. Et je pense enfin que, même si le Conseil n’instaure pas, du jour au lendemain, un parlementarisme churchillien, il injectera dans ce pays cassé, ravagé par la dictature, ruiné par la corruption et le gangstérisme d’Etat, un peu plus de démocratie – et que cet “un peu plus” sera, déjà, une bénédiction. » Le genre d’analyse qui distingue les Clausewitz efficaces des bateleurs de Café du commerce.

Bernard Henri Levy, avec des rebelles syriens, pour la présentation de son film "Le serment de Tobrouk", au Festival de Cannes en 2012

Bernard Henri Levy, avec des rebelles syriens, pour la présentation de son film "Le serment de Tobrouk", au Festival de Cannes en 2012

Bien sûr, le risque existe. Quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens, ont été tués le 12 septembre 2012 dans une attaque contre leur consulat à Benghazi. Le 23 avril 2013, une voiture piégée a frappé l’ambassade de France, faisant deux blessés – mais à vingt minutes près, elle aurait pu provoquer un carnage – et amenant le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius à inventer une formule particulièrement pertinente pour dénoncer non pas « une action courageuse et sympathique », mais « un attentat lâche et odieux ». Le 17 janvier 2015, des assaillants ont attaqué à l’explosif l’ambassade d’Algérie à Tripoli – trois blessés dont un policier. Jusqu’à la résidence de l’ambassadeur iranien a été visée, le 22 février, par un double attentat qu’a revendiqué la branche libyenne de l’Etat islamique (EI). Mais, enfin, quoi… Si nous cédons maintenant, il faudra céder constamment, Munich nous l’a appris.

Restera, évidemment, à assurer la protection de la légation. On hésitera ici à préconiser l’envoi de militaires, gendarmes ou policiers. Les politiciens héroïques et les philosophes en chemise blanche de campagne leur demandent déjà beaucoup, qui les ont expédiés du Mali à l’Irak en passant par la Centrafrique, le Niger et le Tchad – sans parler du territoire national depuis les attentats du 7 janvier. Ne serait-il pas plus judicieux d’utiliser des groupes « alliés » aguerris, en transférant par exemple de Syrie en Libye, pour défendre notre ambassade, des combattants de Jabhat Al-Nosra qui, d’après Laurent Fabius, « font du bon boulot sur le terrain [1] » ? Après tout, il y aurait peut-être ou sans doute entre les uns et les autres – défenseurs et assaillants – matière à arrangement…

BHL a toujours offert sa poitrine nue aux offenses du totalitarisme. On l’a vu arpenter courageusement, photographes en bandoulière, les lignes arrière de tous les combats de notre temps. On l’imagine mal se contenter d’un morne va-et-vient entre sa villa de Saint-Paul-de-Vence, son palais de Marrakech et la place Maïdan à Kiev quand le fier drapeau tricolore ne flotte plus sur la Libye et que ses habitants, qu’il a héroïquement contribué à « libérer », se retrouvent seuls, piégés, face aux tueurs et aux drapeaux noirs. Sa place est là-bas, debout, au milieu d’eux ! Comme on peut le lire sur un média on ne peut plus objectif, son propre site Internet, « on connaît trop peu sa fidélité à lui-même et aux autres, son entêtement à défendre ce qui lui semble juste et vrai, sa façon de ne jamais “lâcher”, malgré les années, les batailles auxquelles il s’est trouvé mêlé ; cette vertu, aussi, est rare ; c’est de contraire de l’esprit du temps et de sa frivolité ; c’est Bernard-Henri Lévy [2]. »

MAURICE LEMOINE

Pour demander la nomination de Bernard-Henri Lévy au poste d’ambassadeur de France en Libye, envoyer de toute urgence un courrier (courtois et affranchi) à M. Laurent Fabius, Quai d’Orsay, Paris. Pour convaincre (s’il en était besoin) le ministre du bien fondé de votre supplique, mentionner cette citation de BHL lui-même, dans son ouvrage Eloge des intellectuels (Paris, 1987) : « Je crois que la présence d’intellectuels dans une cité moderne est une clef de la démocratie. »

[1Le Monde, 14 décembre 2012.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 21:37

Publié par Jean Lévy

 

AFP

Quatre élus français à Damas, sourires et serrements de mains avec Bachar al-Assad: l'image défie la ligne officielle de la France, qui exclut tout contact avec le président syrien, et donne de l'eau au moulin de ceux qui souhaitent reprendre langue avec le régime.

 

Faisant fi de la rupture des relations diplomatiques depuis 2012 entre Paris et la Syrie, quatre parlementaires français de la majorité socialiste et de l'opposition de droite sont depuis mardi à Damas, en "mission personnelle", "pour voir ce qui se passe, entendre, écouter", selon l'un d'entre eux, le député UMP Jacques Myard.

M. Myard, son collègue PS Gérard Bapt, ainsi deux sénateurs, l'UMP Jean-Pierre Vial et le centriste François Zocchetto, ont été reçus mercredi matin par le président Assad en personne. La veille, ils avaient été reçus par le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad et avaient dîné avec le mufti de la République, cheikh Ahmad Hassoun.

"Nous avons rencontré Bachar al-Assad pendant une bonne heure. Ça s'est très bien passé", a déclaré M. Myard par téléphone à l'AFP, tout en refusant de préciser la teneur des échanges qui ont porté, selon la télévision syrienne, sur l'état des relations franco-syriennes et la question du terrorisme.

 

LES MINISTRES PS CONTRE CETTE RENCONTRE DE PAIX

Paris, qui a fermé en mars 2012 son ambassade à Damas, a minimisé l'affaire. Cette rencontre est "une initiative personnelle" et en aucun cas une mission "officielle et diplomatique de la France", a mis au point le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

"On se doutait bien que Bachar allait leur dérouler le tapis rouge, ça profite à sa stratégie de relégitimation", a commenté pour sa part une source diplomatique.

Depuis le début de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 210.000 morts en quatre ans, la France campe sur une ligne dure, exigeant le départ du président Bachar al-Assad et répétant qu'il ne peut faire partie d'une solution politique.

Paris soutient militairement et politiquement "l'opposition modérée" en Syrie, extrêmement affaiblie et éclatée, et estime qu'une solution au conflit passe par des négociations entre les représentants de cette opposition et des éléments du régime syrien, à l'exclusion du président Assad.

Mais quatre ans de guerre sanglante, l'échec des tentatives diplomatiques, et surtout l'irruption du groupe jihadiste État islamique (EI), ont mis à mal cette stratégie.

Et les voix réclamant une reprise de contact avec Damas se font de plus en plus insistantes, dans plusieurs pays occidentaux, effrayés par le nombre de leurs ressortissants partant grossir les rangs de l'EI et susceptibles de revenir commettre des attentats sur leur propre sol.

"Nous avons malheureusement des voix en Europe qui émergent pour dire qu'après tout, Assad est un moindre mal", déplorait récemment l'universitaire et opposante Basma Kodmani, s'inquiétant que "le phénomène Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr) éclipse tout le reste de la question syrienne".

En France, ces voix, d'abord limitées à des cercles pro-russes ou des associations de soutien aux chrétiens d'Orient, se sont étendues dans les milieux du renseignement, où la collaboration avec Damas en matière de lutte anti-terroriste a connu des périodes fructueuses.

"On ne peut pas travailler sur Daech et contre Daech sans passer par la Syrie, donc une nécessaire reprise de dialogue est obligatoire", a ainsi estimé mercredi sur BFMTV l'ancien patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini.

"Beaucoup de services aimeraient retourner à Damas", reconnaissait récemment un diplomate européen, soulignant que Paris et Londres étaient, au sein de l'UE, dans une position encore "extrêmement crispée" vis-à-vis de toute reprise de contact, même minimale, avec Damas.

 

MAIS FABIUS RECIDIVE...

"L'idée qu'on pourrait trouver la paix en Syrie en faisant confiance à M. Bachar al-Assad et en pensant qu'il est l'avenir de son pays est une idée que je crois fausse", a réitéré dimanche le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 22:42

Lu sur le site de l'AFPS

Publié par L’Orient le Jour avec AFP, mardi 24 février 2015

Israël a qualifié lundi de "victoire morale" la décision d’un jury américain de condamner l’Autorité palestinienne à verser des centaines de millions de dollars de dommages pour des attentats en Israël, les Palestiniens annonçant immédiatement leur intention de faire appel.

"Cela constitue avant tout une victoire morale pour l’Etat d’Israël et pour les victimes du terrorisme", a affirmé le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, après la décision du jury portant sur six attentats qui avaient fait 33 morts et 390 blessés entre 2002 et 2004. "La décision du jury américain confirme l’opinion de ceux qui savent ce qui s’est passé au début des années 2000, mais que beaucoup dans le monde n’ont pas voulu reconnaître par hypocrisie, en raison d’intérêts bien compris ou par antisémitisme", a-t-il ajouté. "Le terrorisme est une partie intégrante de la structure même de l’Autorité palestinienne", a-t-il encore accusé.

Les Palestiniens ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel. "Les charges retenues contre nous n’ont aucun fondement. De plus, le tribunal de New York ignore les précédents jugements rendus à plusieurs reprises par d’autres tribunaux américains (...) Nous ferons appel et nous savons que nous gagnerons", a affirmé dans un communiqué à l’AFP le gouvernement palestinien depuis son siège à Ramallah en Cisjordanie occupée.

Lundi, au terme d’une journée de délibération, un jury populaire new-yorkais a ordonné à l’Autorité palestinienne et à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de verser des centaines de millions de dollars de dommages et intérêts à des victimes américaines d’attentats commis en Israël entre 2002 et 2004. "Cette décision n’est que la dernière tentative en date des radicaux anti-paix en Israël d’utiliser le système légal américain pour faire avancer leurs objectifs politiques et idéologiques étriqués", accuse le communiqué du gouvernement palestinien qui évoque notamment le gel des taxes qu’Israël est tenu de reverser à l’Autorité palestinienne chaque mois mais qu’il bloque depuis début janvier en rétorsion à l’adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI).

Depuis, l’Autorité, qui tire plus de deux tiers de ses recettes propres de ces taxes collectées pour son compte par Israël ne peut plus payer ses fonctionnaires et se dit étranglée financièrement.

Washington et plusieurs responsables palestiniens ont déjà mis en garde contre un possible "effondrement" de l’Autorité si ces fonds ne venaient pas rapidement.

Le gouvernement palestinien affirme aussi que ce jugement sert "le blocage de la solution des deux Etats, l’expansion des colonies illégales sur nos terres, la poursuite des attaques et du détournement des ressources limitées de l’OLP et de l’Autorité destinées aux services vitaux pour notre peuple, et la volonté de détourner l’attention du public des inégalités et des injustices que subissent les Palestiniens au quotidien et que nous essayons de combattre dans le strict cadre légal".

Onze familles de victimes américaines avaient saisi la justice, cherchant à obtenir des milliards de dollars de réparations devant le tribunal fédéral de Manhattan. L’Autorité et l’OLP, qui sont les deux entités reconnues par la communauté internationale comme représentant les Palestiniens, qui attendent toujours leur Etat, ont été reconnues coupables de 25 chefs d’accusation.

Elles répondaient de six attentats revendiqués par les islamistes du Hamas, l’un des deux seuls partis palestiniens à ne pas appartenir à l’OLP, et par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah du président Mahmoud Abbas et principale force au sein de l’OLP.

L’avocat de l’Autorité palestinienne avait la semaine dernière affirmé qu’elles ne devaient pas être tenues pour responsables de ces attaques "folles et terribles". "Il n’y a pas de preuve concluante que les dirigeants de l’Autorité palestinienne ou de l’OLP aient été impliqués dans la préparation de certains actes de violence spécifiques ou qu’ils les aient approuvés", avait fait valoir l’avocat de la Défense Mark Rochon.

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 11:01
Reçu un communiqué de l'AFPS
Gaza : que fait la France face au scandale du blocus ?

http://www.france-palestine.org/Gaza-que-fait-la-France-face-au-scandale-du-blocus

 

AFPS, vendredi 20 février 2015

Gaza a quitté la une des médias mais survit avec une situation humanitaire catastrophique. L’aide promise pour la reconstruction n’est pas arrivée et la population survit dans la boue et le froid. 6 mois après les massacres et destructions de l’été des dizaines de milliers de personnes sont encore hébergées dans des écoles de l’UNRWA ou vivent dans des abris de fortune. Les conditions de vie sont extrêmement précaires : électricité coupée 12 à 18 heures par jour, pénurie de gaz, eau impropre à la consommation, assainissement quasi inexistant. Plusieurs bébés sont morts de froid. L’économie est à terre et le chômage atteint des chiffres vertigineux : la population ne peut survivre que par l’aide alimentaire d’urgence. C’est dans ce contexte qu’il a fallu que 6 membres d’une association humanitaire de Nice mènent une grève de la faim du 10 au 20 février pour sauver 30 tonnes d’aide d’urgence d’une valeur de 120 000 euros collectées par eux, bloquées depuis décembre dans le port d’Ashdod, qui étaient menacées d’être détruites par les autorités israéliennes.

Pourtant, les Hautes Parties Contractantes aux Conventions de Genève ont, avec la participation et le vote favorable de la France, solennellement rappelé le 17 décembre dernier « l’obligation première de la Puissance occupante d’assurer l’approvisionnement adéquat de la population du territoire occupé, et que lorsqu’elle n’est pas en mesure de le faire, elle a l’obligation d’autoriser et de faciliter les actions de secours ». Et que tous les Etats engagés par ces conventions « doivent permettre le libre passage de secours humanitaires et garantir leur protection ». La responsabilité de la France, comme de tous les pays engagés par les Conventions de Genève, est donc directement engagée.

De même la résolution 1860 du Conseil de sécurité adoptée en janvier 2009, votée par la France et à laquelle les Etats-Unis n’avaient pas osé mettre leur véto demandait déjà que « l’aide humanitaire, y compris les vivres, le carburant et les traitements médicaux, puisse être distribuée sans entrave dans tout Gaza ». Elle soulignait « la nécessité de faire en sorte que les biens et les personnes puissent emprunter régulièrement et durablement les points de passage de Gaza » et se félicitait « des initiatives visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires et autres mécanismes permettant un acheminement ininterrompu de l’aide humanitaire ». Cette résolution est alors restée lettre morte et n’a pas mis fin à l’opération « Plomb durci ». Son application et la levée du blocus auraient seules pu empêcher les nouvelles agressions de novembre 2012 et de l’été 2014. Elle nécessitait une intervention ferme des pays signataires de la résolution et de l’UE qui s’est contentée d’un rôle de bailleur de fonds sans jamais formuler d’exigences politiques. Persévérer dans cette attitude de démission face à une situation qu’on sait illégale et dramatique ne peut mener qu’à une nouvelle catastrophe et à cette « quatrième guerre » appelée de ses vœux par le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman.

Il est de la responsabilité de la France d’agir sans délai pour que soit imposée la levée d’un blocus mortifère. Cela passe par l’exigence de l’ouverture des points de passage, la reconstruction et l’ouverture du port de Gaza, la reconstruction de Gaza en demandant des comptes au gouvernement israélien qui porte la responsabilité des destructions.

Il n’est tout simplement plus possible de laisser ainsi 1,8 million de Palestiniens de Gaza à la merci des forces d’occupation israéliennes qui en organisent le blocus et l’asphyxie.

Le Bureau national

 

Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79
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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 10:49

 

Les hauts fonctionnaires de l'hôtel Sébroko juraient, il y a trois ans, la main sur le cœur, qu'ils disposaient d'éléments inattaquables contre le président Gbagbo, notamment à propos du prétendu bombardement du « marché d'Abobo » par les FDS. Aujourd'hui qu'il est question de remettre ces « preuves » à Fatou Bensouda, elles disparaissent de la circulation. Et si les hauts fonctionnaires avaient tout simplement menti à l'opinion internationale ? Explications.

Désormais aux abonnés absents, et pourtant ! Durant toute la guerre postélectorale, l’ONUCI, résolument rangée aux côtés du camp Ouattara, et le soutenant à la fois politiquement, médiatiquement et militairement, a fait un certain nombre de déclarations et émis des accusations claires contre le président Gbagbo et les Forces de défense et de sécurité. L’ONUCI a prétendu disposer de preuves matérielles accablantes contre celui qu’elle voulait voir tomber.

C’est tout naturellement que les observateurs s’attendaient à voir ces éléments dans le dossier de la procureure Fatou Bensouda, d’autant plus que la Cour pénale internationale (CPI) est une émanation de l’ONU, et particulièrement du Conseil de sécurité, à qui le statut de Rome donne quasiment le statut de « grand patron ».

Au final, quasiment aucun élément solide provenant de l’ONUCI ne figure dans le dossier de Fatou Bensouda, qui a pourtant été remanié après avoir été retoqué par les juges de la Chambre préliminaire I pour preuves insuffisantes. « Concernant l’ONUCI, [le procureur] n’aura semble-t-il interrogé pendant ses trois ans d’enquête que trois fonctionnaires de rang subalterne. Toujours concernant l’ONUCI, ses contingents étaient sur le terrain, ses représentants participaient aux manœuvres diplomatiques lancées dès avant les élections et les rapports, certainement très intéressants, que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies transmettait régulièrement à New York auraient permis, si le Procureur les avait présentés, de mieux comprendre la réalité », s’étonne Maître Emmanuel Altit.

 

Grand enfumage

Les représentants de la Maison de Verre à Abidjan n’ont-ils pas été sollicités ? Impossible. N’ont-ils pas voulu donner certains des éléments dont ils disposent ? Peut-être. Ont-ils, par le passé, procédé à un « grand enfumage » et proclamé avoir des preuves qui n’existaient pas pour mieux obtenir des résolutions de plus en plus musclées et faire tomber Gbagbo ? Certaines archives qu’il est aujourd’hui bon d’exhumer accréditent cette thèse.

La première d’entre elles est un communiqué produit par l’ONUCI le 17 mars 2011, jour du prétendu bombardement du marché Siaka Koné d’Abobo. Un communiqué affirmant ceci : « L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a dépêché jeudi après-midi, une patrouille robuste accompagnée d’experts des droits l’homme pour s’enquérir de la situation à Abobo où il avait été fait état de tirs à l’arme lourde sur le marché local. L’équipe sur place a pu observer que des forces armées du camp du président Gbagbo ont tiré au moins six projectiles sur le marché et ses environs causant la mort de 25 à 30 personnes et faisant entre 40 et 60 blessés. L’ONUCI exprime son indignation devant de telles atrocités contre des civils innocents. Les auteurs de ces exactions, qui constituent des violations flagrantes des droits de l’homme, ne sauraient rester impunis. L’ONUCI se réserve le droit de prendre les mesures appropriées pour prévenir, à l’avenir, de tels actes inacceptables, conformément à son mandat de protection des populations civiles ».

Le lendemain, l’ONUCI récidive et écrit : « L’examen par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) des projectiles tirés jeudi après-midi au marché d’Abobo et dans ses environs lui permet de confirmer qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 81 mm. Les forces de sécurité du camp du Président Gbagbo ont tiré les obus à partir d’un camp militaire faisant une centaine de victimes (tués et blessés confondus). Un tel acte contre des civils pourrait constituer un crime contre l’humanité. L’ONUCI réitère qu’elle se réserve le droit de prendre des mesures appropriées en vue d’assurer la protection des civils, conformément à son mandat ».

 

Où sont passés les rapports des experts ?

Trois ans plus tard, le président Gbagbo se trouve à la CPI. Mais ni le rapport des experts des droits de l’homme prétendument envoyés, ni les photos qu’ils ont pu prendre, ni l’étude balistique qui avait soi-disant conclu que des obus de mortiers de 81 mm avaient été tirés, ni les projectiles en eux-mêmes, ne se trouvent dans le dossier de Fatou Bensouda. L’ONUCI serait-elle « pro-Gbagbo » ? Ces éléments mystérieux se trouvent-ils, comme la boîte noire de l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, dans le tiroir d’un bureau de la Maison de Verre ? Ou alors n’existent-ils tout simplement pas ? On est en face d’un véritable scandale international !

Ce qui en rajoute à la confusion – ou à la comédie de mauvais goût -, c’est que la procureure Fatou Bensouda et les « experts » désormais invisibles de l’ONUCI ne sont même pas d’accord sur la nature des obus qui seraient tombés sur le marché d’Abobo. Si ce que l’on déduit des interrogatoires de Fatou Bensouda est qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 120 mm, les « expertises » d’il y a trois ans évoquaient des obus de mortiers de 81 mm. Il y a un hic ! D’autant plus que selon la déposition à la CPI de l’ancien ministre de la Défense Alain Dogou et celle d’un témoin dont l’identité a été « expurgée », il n’y avait pas d’obus de mortiers de 81 mm au camp commando d’Abobo ! Pour se donner de la contenance, Fatou Bensouda a fait appel à un expert non inscrit sur la liste officielle des experts de la CPI, et qui se contente, dans ses conclusions suite à une analyse de probables impacts de projectiles (plus de deux ans plus tard en effet) qu’il est « possible » ou « probable » que la thèse avancée par la procureure soit vraie. Aucune affirmation, aucune certitude scientifique ! La rétention d’informations – ou le refus de Bensouda de solliciter des informations qui pourraient contredire sa thèse et mettre la pression sur ses amis du camp Ouattara – ne s’arrête pas là. Les rapports de l’ONUCI ne sont livrés qu’au compte-gouttes. Les très importants rapports du « call center » qui centralisait les appels au secours (et qui auraient pu constituer une photographie assez intéressante des mouvements de panique et des accusations émises par les populations) ne figurent pas dans le dossier.

 

La France n’a pas donné de preuve contre Gbagbo à Fatou Bensouda

En novembre 2013, le périodique La Lettre du Continent écrivait que Fatou Bensouda, procureure auprès de la CPI, « aurait, entre autres, approché le ministre français de la Défense pour muscler son dossier » et faire rendre gorge à Gbagbo. Les documents qui viennent d’être rendus publics par la CPI indiquent en tout cas qu’elle n’a rien obtenu de concluant dans cette quête. « Concernant les Autorités françaises, rien ne semble avoir été fait. Un tel manque est d’autant plus stupéfiant que les forces françaises étaient présentes le long de la zone de confiance délimitant le Nord – sous contrôle rebelle –, du Sud – sous contrôle gouvernemental – et à Abidjan 19, qu’elles semblent avoir joué un rôle important dans l’organisation et la mise en œuvre de l’offensive rebelle vers le Sud en mars 2011, que ce sont les forces françaises qui ont réduit les points de défense des forces gouvernementales à Abidjan, que l’assaut de la résidence présidentielle a été lancé par les commandos français, etc. Pendant toute la crise postélectorale, les diplomates français étaient à la manœuvre pour soutenir Alassane Ouattara et convaincre les représentants de la communauté internationale d’abandonner le Président Gbagbo. Dans ces conditions, il est incompréhensible que le Procureur n’ait pas demandé aux autorités françaises les informations dont elles disposent qui auraient permis d’éclairer les Juges et de révéler la vérité sur ces évènements. (…) Le Procureur a tellement craint de montrer le rôle des Autorités françaises qu’il s’est interdit de leur demander des informations, pourtant essentielles, dont elles seules disposent. Passer sous silence le rôle des autorités françaises dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire et lors de la crise post-électorale, c’est exactement comme passer sous silence le rôle de la Chine et des Etats-Unis lors de la guerre de Corée », fait ainsi remarquer Maître Emmanuel Altit, avocat de la Défense, dans ses observations.

Source : Le Nouveau Courrier

Lu sur Investig'action

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