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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 08:52

L’ancien représentant de la Grèce au FMI, Panagiotis Roumeliotis, a révélé lors de son audition au comité de la dette, que des journalistes grecs ont assisté à des séminaires financés par le FMI et étaient invités à présenter le FMI sous un jour favorable. Le directeur du département Communication du FMI Gerry Rice l’a démenti dans une lettre.

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 13:47

Crise grecque

Certains économistes grecs estiment que l'effet négatif du plan d'austérité grec sur la croissance pourrait être de deux points de PIB.

Certains économistes grecs estiment que l'effet négatif du plan d'austérité grec sur la croissance pourrait être de deux points de PIB. (Crédits : Reuters)

latribune.fr  |   - 

Une réunion entre les dirigeants de la Commission européenne, de l'Eurogroupe, du FMI, du Mécanisme européen de stabilité, de la BCE et avec le Premier ministre grec Alexi Tsipras doit avoir lieu mercredi à 13 heures. Les retraites, la TVA et la fiscalité des entreprises restent des points de friction.

Les créanciers de la Grèce ont rejeté les propositions d'Athènes, a annoncé ce matin à son gouvernement le Premier ministre grec Alexis Tsipras, juste avant son départ pour Bruxelles, d'après l'agence Bloomberg qui cite, anonymement, un membre du gouvernement.

D'après une source gouvernementale anonyme citée par l'AFP, a déploré "l'insistance de certaines institutions qui n'acceptent pas des mesures compensatoires". Il visait en particulier le Fonds monétaire international qui, selon Athènes, n'accepte pas certaines des propositions grecques, a indiqué à l'AFP une autre source gouvernementale.

Réunion d'urgence

De fait, une réunion d'urgence doit avoir lieu ce mercredi 24 juin, alors que la Grèce et ses créanciers sont toujours en désaccord sur certains points, ont déclaré des responsables de l'Union européenne. Les dirigeants de la Commission européenne, de l'Eurogroupe, du Fonds monétaire international (FMI), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de la Banque centrale européenne (BCE) doivent se réunir à midi (10h00 GMT) à Bruxelles pour discuter de la Grèce. Ils seront rejoints une heure plus tard par le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

"Les positions avant cette rencontre avec Tsipras restent éloignées sur de nombreux points", a dit un responsable européen informé du contenu des discussions, en citant les retraites, la TVA et la fiscalité des entreprises.

Le plan d'austérité proposé est lourd, mais pas assez?

Désormais révélé en détail par le quotidien grec Kathimerini, le plan grec a pourtant la main lourde: les mesures prévues s'élèvent sur deux ans à 8 milliards d'euros, soit 4,4 % du PIB. Le relèvement de la TVA pour 2,1 milliards d'euros, des cotisations salariales pour 1,9 milliard d'euros et des taxes sur les entreprises de 2,2 milliards d'euros conduiront inévitablement à un affaiblissement de la demande dans un pays où elle demeure très faible.

Certains économistes grecs estiment que l'effet négatif sur la croissance pourrait être de deux points de PIB et une rumeur de marché évoquait mardi 23 juin une étude de la Deutsche Bank qui évoquait un effet allant jusqu'à 3 points de PIB. Du reste, mardi, dans les rues d'Athènes, un seul mot semblait sur toutes les lèvres, celui « d'austérité », à laquelle le gouvernement se serait rallié.

>> Aller plus loin Un accord économiquement coûteux pour la Grèce

(Avec AFP et Reuters)

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 08:00

18 Juin 2015 , Rédigé par Réveil Communiste 

Libérez Alexandre Bondartchouk !

Le 18 mars 2015 à Kiev Alexandre Bondartchouk, dirigeant du Parti des Travailleurs d'Ukraine a été arrêté.

Il a siégé au parlement ukrainien au cours des troisième et quatrième législatures, et il est le rédacteur en chef du journal "la classe ouvrière", c'est un antifasciste actif et un champion de la justice sociale.

Après son arrestation, il a été inculpé d'atteinte à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, devenant à son tout un prisonnier politique.

AB a participé à la lutte contre l'OTAN, et s'élève contre la réhabilitation des soutiens ukrainiens d'Hitler, et cette activité militante est le motif principal de son arrestation.

Il est à la tête de l'Union des Travailleurs d'Ukraine, le syndicat qui se bat pour le respect des droits des travailleurs. Son arrestation confirme de manière frappante la réalité de la répression politique en Ukraine.

Contact pour contribuer au soutien des prisonniers politiques en Ukraine : mitya.dezhnev@mail.ru

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:24

Vu sur le site http://cadtm.org

Les leçons de l’Equateur pour la Grèce

12 juin par Remi Vilain

CC - Blandine Le Cain

Présent les 10 et 11 juin 2015 à Bruxelles à l’occasion du sommet entre l’Union européenne et la Communauté des États d’Amérique Latine (CELAC), le président équatorien Rafael Correa s’est exprimé au micro d’Eddy Caekelberghs au cours de l’émission Face à l’Info diffusée sur La Première.

Ce fut l’occasion pour lui d’affirmer une nouvelle fois sa position à propos de la capacité d’un État et de son gouvernement d’exercer sans entraves leur souveraineté en déclarant que « L’État doit occuper une juste place, pas ‘plus d’État’ mais ‘mieux d’État’ ».

Interrogé sur la crise européenne, il a également souligné le caractère odieux de la dette grecque.

Arrivé au pouvoir en janvier 2007, Rafael Correa n’avait d’ailleurs pas hésité à constituer dès le mois de juillet une Commission d’audit intégral de la dette de l’Équateur (CAIC) |1| . Composée de plusieurs experts dont le CADTM faisait partie, la CAIC avait permis d’une part d’économiser quelque 7 milliards de dollar |2| et d’autre part de consacrer une proportion beaucoup plus importante de son budget à l’éducation et à la santé plutôt qu’au remboursement de la dette |3|.

Le président de l’Équateur se dit inquiet à propos de la Grèce actuellement enlisée dans des négociations avec ses créanciers qui semblent inextricables. Une situation qui lui rappelle celle dans laquelle se trouvait son pays au début des années 2000 lorsqu’il était sous le joug des deux grandes Institutions financières internationales que sont la Banque mondiale et le FMI. Après les échecs répétés de ces dernières à redresser la situation économique du pays, Rafael Correa avait alors tout bonnement expulsé le représentant permanent de la Banque mondiale en 2007 |4|.

Si la Grèce et Alexis Tsipras n’ont pas évoqué une démarche similaire dans un avenir proche, Rafael Correa a néanmoins tenu à insister sur le caractère odieux de la dette grecque. En effet, depuis que la Grèce s’est vu imposer des politiques d’austérité par les représentants de la Troïka, son PIB a diminué de 25%, alors qu’en parallèle sa dette n’a fait qu’augmenter, constituant à l’heure actuelle plus de 175% de son PIB |5|. Au nom de la dette, d’énormes coupes dans les dépenses publiques ont mené à un taux de chômage record et à une pauvreté quasi généralisée, violant ainsi les droits fondamentaux de la population : la dette peut donc être considérée comme odieuse.

A ce titre, en avril 2015 la Présidente du Parlement grec Zoé Kostantopoulou a lancé une démarche similaire à celle de l’administration Correa en 2007, à savoir une Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque |6| à laquelle le CADTM apporte également son aide. Les premiers résultats de cette commission d’audit sont attendus pour le 18 juin prochain, date à partir de laquelle la Grèce pourrait modifier son rapport de force avec ses créanciers et définir un avenir porteur d’espoir pour le peuple grec et l’ensemble des pays subissant à l’heure actuelle des politiques d’austérité.

Pour écouter l’interview complète de Rafael Correa : http://www.rtbf.be/info/monde/detail_rafael-correa-president-de-l-equateur-le-capital-au-service-du-citoyen?id=9004482

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 15:35

Lu sur Michel El Diablo

UKRAINE: Le Parti communiste d'Ukraine, le Parti socialiste progressiste d'Ukraine et l’Union des forces de gauche s’unissent dans une « OPPOSITION de GAUCHE »
UKRAINE: Le Parti communiste d'Ukraine, le Parti socialiste progressiste d'Ukraine et l’Union des forces de gauche s’unissent dans une « OPPOSITION de GAUCHE »

Le 12 juin 2015 à l'initiative du Parti communiste d'Ukraine, s'est tenue à Kiev une Assemblée constituante d'une union des des partis politiques de gauche et de centre-gauche nommée "opposition de gauche". Des représentants de cinq partis politiques et treize associations ont participé à la création de cette alliance - Traduction Nicolas Maury

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Les responsables politiques et associatifs présents à la réunion ont décidé de créer une union pan-ukrainienne des partis de centre-gauche et de gauche nommée "opposition de gauche". 

Les participants à la réunion ont approuvé le texte de l'association publique, le Manifeste ukrainien de "l'opposition de gauche" qui déclare porter ses efforts pour sauver l'Ukraine, pour protéger le peuple, pour la paix, la prospérité et la sécurité. 

Parmi les priorités de l'association nouvellement créée - une cessation immédiate des effusions de sang dans l'Est, un règlement pacifique du conflit armé sur la base avec la stricte application des accords de Minsk et de la décentralisation politique du pays. 

Pour surmonter la crise qui sévit en Ukraine, "l'opposition de gauche" insiste sur la mise en place d'une modèle de développement socio-économique intégré, basé sur les principes de la justice sociale et la démocratie. "L'opposition de gauche" veut le retour à la propriété étatique des biens et entreprises stratégiques volés par les oligarques, créer de nouveaux emplois, restaurer un système moderne de soins médicaux gratuits, même pour l'éducation. 

Les participants ont également déclarés qu'ils allaient défendre conjointement le statut de non-alignés (neutre) aussi bien en politique intérieure et étrangère conformément aux principes de la Déclaration de souveraineté de l'Etat de l'Ukraine. 

L'objectif est l'unité de l'Ukraine et la fin de la discorde mise en place par le régime des oligarques nationalistes, "l'opposition de gauche " fera de la langue russe la seconde langue officielle et s'opposera à la réécriture de la vérité historique, à l'humiliation du travail désintéressé du peuple soviétique pendant la Grande Guerre patriotique, nous mettrons fin à la réhabilitation et glorification des collaborateurs des occupants nazis. 

L'Assemblée constituante est dirigée par un Conseil de coordination et Co-présidé par Petro Symonenko (KPU), Natalia Vitrenko ( Parti socialiste progressiste d'Ukraine), Georgy Kryuchkov (KPU), Rudolf Povarnitsyna (Union des forces de gauche) et Valeriy Soldatenko (KPU). 

Compte tenu de la terreur et de la répression politique en Ukraine, les membres de l'assemblée constituante de "l'opposition de gauche" ont cet engagement. 

http://www.kpu.ua/ru/81671/vidbulysja_ustanovchi_zbory_vseukrajinskogo_gromadskogo_objednannja_liva_opozytsija

 

SOURCE:

Ukraine : Les formations politiques de gauche s'unissent pour former une "opposition de gauche"

http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Ukraine-Les-formations-politiques-de-gau

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 14:57

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

Les Etats-Unis pourraient entreposer des armes lourdes, y compris des chars, et stationner jusqu'à 5 000 hommes, dans plusieurs pays baltes et d'Europe de l'Est.

Les Etats-Unis pourraient renforcer leur présence militaire dans plusieurs pays baltes et d’Europe de l’Est pour contrer une éventuelle agression russe, en envoyant des armes lourdes, y compris des chars, et jusqu’à 5 000 hommes supplémentaires, affirme, samedi 13 juin, le New York Times.

Si la proposition du Pentagone est acceptée par l’exécutif américain, les Etats-Unis entreposeront pour la première fois des armes lourdes dans ces pays qui ont récemment adhéré à l’OTAN et qui, avant la chute du mur de Berlin, appartenaient à la sphère d’influence de l’Union soviétique, affirme le quotidien qui cite des sources américaines et alliées anonymes.

Inquiétudes autour de la réaction de la Russie

Il s’agit de rassurer les pays baltes et d’autres pays d’Europe de l’Est qui sont très inquiets depuis l’annexion de la Crimée et les combats en Ukraine, où des séparatistes prorusses contestent l’autorité de Kiev dans l’est du pays. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d’armer les séparatistes et d’avoir déployé des troupes régulières pour les aider.

Selon le New York Times, la proposition doit encore recevoir l’aval du secrétaire américain à la défense, Ashton Carter, et de la Maison Blanche. Le quotidien souligne que certains alliés de l’OTAN s’inquiètent de la réaction de la Russie. Un porte-parole du Pentagone cité par le quotidien souligne qu’aucune décision n’a encore été prise. Les responsables qui ont parlé au quotidien estiment que le Pentagone devrait avoir le feu vert avant une réunion des ministres de la défense de l’OTAN, ce mois-ci à Bruxelles.

[...] Lire la suite ici

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 14:27

Les combattants du bataillon Azov © Alexander Maksimenko Source: RIA NOVOSTI
Les combattants du bataillon Azov
 

Un sergent du bataillon Azov a avoué au quotidien américain USA Today qu’il ne tarissait pas d’éloges pour l’idéologie nazie. Un porte-parole du bataillon assure que c’est un «choix personnel» pour moins d’un cinquième de l’unité.

Le quotidien américain USA Today a consacré un reportage au bataillon Azov déployé dans la ville de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine. Nombre de militaires de cette unité financée par l’oligarque ukrainien Igor Kolomoïsky s’y expriment.

Un sergent instructeur qui se fait appeler Alex a déclaré au journal qu’il était partisan d’un leadership autoritaire du pouvoir ukrainien dans le style nazi, mais qu’il ne partageait pas le génocide des Juifs par les nazis, pour autant que les minorités «ne demandent pas de privilèges spéciaux».

Alex a insisté sur le fait qu’après la fin de la guerre, lui et d’autres militaires du bataillon Azov rentreraient à  pour renverser le gouvernement corrompu et pour nationaliser les biens des riches oligarques.

[...]  Lire la suite ici.

Et voici le lienvers le site et l'article de USA Today

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 08:04

Reçu par courriel.

 

CONSEQUENCE DU MONDE MULTIPOLAIRE EN MARCHE :

Nigéria, Niger, Cameroun et Tchad, une alliance panafricaine contre Boko Haram!

par DIAGNE Fodé Roland

CONSEQUENCE DU MONDE MULTIPOLAIRE EN MARCHE :

Nigéria, Niger, Cameroun et Tchad, une alliance panafricaine contre Boko Haram!

par DIAGNE Fodé Roland

Malgré ses menaces médiatisées Boko Haram n'a pas pu empêcher la tenue des élections qui ont débouché sur une alternance démocratique au Nigéria. L'enlèvement de centaines de filles "converties et mariées de force" avait été l'occasion d'un "Twitt et photo" de Michèle Obama et une campagne médiatique mondiale appelant à une mobilisation internationale contre Boko Haram.

Beaucoup s'attendaient donc, comme on l'a vu au Mali, à un appel au secours qui allait voir déferler Africom (USA) suivi de Barkhane (France) sur les sols Nigérian et Camerounais. Mais à la surprise générale à la place de "l'aide US et de l'UE contre le terrorisme", c'est plutôt à une alliance militaire panafricaine de fait entre le Nigéria, le Cameroun, le Niger et le Tchad que l'on assiste contre Boko Haram.

Pourquoi la servilité françafricaine habituelle semble n'avoir pas fonctionné? Comment comprendre que USA et France aient été ici, pour le moment, diplomatiquement éconduits ? Est-ce l'influence grandissante de Mugabé, actuel président de l'Union Africaine (UA), sur les chefs d'états françafricains, eurafricains et usafricains ?

 

Ou est-ce la peur de l'exemple du chaos libyen ?

Après avoir renvoyé l'Afghanistan, puis l'Irak "à l'âge de pierre" selon l'expression de G. Bush, l'occupation militaire de ces pays avait précédé l'installation de pouvoirs fantoches. Puis l'agression coloniale de l'OTAN/Françafric et l'assassinat de Kadhafi ont livré la Libye aux hordes surarmées de Al-Qaïda et/ou Daesh qui se sont ensuite répandues sur les pays africains. Boko Haram, Mujao, Ansardine, des mouvements armés "jihadistes", et bien avant, Shebab, LRA de Kony, sévissent ainsi du Sahel-Sahara à l'Afrique de l'est.

Cette déstabilisation militarisée des pays africains s'est développée à partir de la destruction consciente de la Libye comme le révèle Hama Ag Mahmoud, un des ténors du MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad) qui l'a quitté avec fracas en décembre 2012, peu avant le déclenchement de l’opération Serval au Mali : " - La France aurait donc poussé le MNLA à occuper les villes du Nord du Mali ? - Oui tout à fait. La France a demandé au MNLA de l’aider à faire déserter tous les combattants de l’Azawad qui étaient dans l’armée libyenne, pendant la guerre de Libye. Ensuite de bloquer le recrutement des libyens dans l’Azawad et dans l’Aïr au Niger. Et en contrepartie, elle nous avait donné son feu vert pour l’indépendance de l’Azawad. C’est l’accord qui a été conclu avant la guerre entre le MNLA et la France. Et immédiatement la guerre gagnée par le MNLA, la France a changé complètement de politique. Elle a mis tout son dispositif diplomatique contre le MNLA. Alors conclusion, l’objectif de la France était tout simplement d’affaiblir le gouvernement malien et je peux vous assurer que ce n’était pas pour donner raison au MNLA" (Interview, Le Courrier du Sahara, en date du 17 janvier 15 cité par Gri Gri international du 28/02/15).

La Libye a été donc ainsi livrée aux chefs de guerre financés par les théocraties des pétrodollars et armés par les marchands d'armes US et de l'UE dans le but de créer un foyer à partir duquel propager partout en Afrique le cancer "jihadistes". La Libye est devenue pour l'Afrique ce qu'a été et continue d'être l'Afghanistan pour toute l'Asie. Ce foyer de subversion a produit et métastasé pour devenir Daesh, Front Al Nosra, Al Qaïda en Syrie puis en Irak, Boko Haram au Nigéria et Ansardine-Mujao-MNLA au Mali. Ces mercenaires "jihadistes" séparatistes se taillent des territoires dénommés "califat" comme on l'a vu dans le nord du Mali, puis comme on le voit en Syrie et en Irak et se livrent à toute sorte de trafics de pétrole, drogue, etc. Dès qu'ils se sentent suffisamment forts, ils développent parfois leur propre agenda différent de celui de leurs maîtres financeurs et entrent ainsi en opposition à ceux-ci.

A chaque déstabilisation d'un pays africain, les impérialistes US, de l'UE et Français se pointent pour "porter secours dans leur grande et désintéressée" magnanimité aux "incapables africains" comme on l'a vu au Mali avec l'opération Serval puis en Centrafrique avec Sangaris avant que ce stratagème ne mute en "Barkhane" (dunes qui se déplacent dans le désert au gré des vents), nom que s'est donné la mouvante occupation militaire française du Sahel-Sahara du Mali en Centrafrique.

Force est donc de constater que les bourgeoisies au pouvoir au Nigéria, au Cameroun, au Niger et au Tchad ont évité, pour l'instant, de faire appel aux "sauveurs" US/UE en forgeant peu à peu une alliance militaire panafricaine contre la menace de chaos et de "califat" que constitue Boko Haram.

Peut-être ont-elles lu les révélations suivantes : "De même, j'affirme sans détour que Daesh et Al-Qaïda ont été créé par la CIA et sont les résultats directs de la politique américaine. Les 'Afghans-Arabes' étaient le noyau d'Al Qaïda, ils ont été levés, formés, soutenus et appuyés par les services secrets américains. Nous sommes les témoins de cela. Aujourd'hui, la CIA n'est plus capable de contrôler ce qu'elle a créé. Le soutien américain aux moudjahidines arabes en Afghanistan est bien connu. Les services secrets américains ont soutenu les 'afghans arabes' pour contrer les Soviétiques dans ce pays. A cette époque, la relation entre le soudan et les Etats-Unis était bonne, nous étions donc au courant de cela"(Omar El-Béchir, 54 Etats, hors série).

C'est ce que confirme Hillary Clinton quand elle proclame "nous, Etats-Unis, avons créé Al Qaïda" avec l'intention de refaire exactement "l'opération Ben Laden " des années 78 à 80 dont Zbigniew Brzezinski conseiller des présidents US a pu dire: "cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette?" (cité par Michel Collon dans 'Je suis ou je ne suis pas Charlie ?).

Ou encore ces propos de James Baker : " Il n'y a pas de pays musulman plus intégriste que l'Arabie Saoudite (...) et pourtant c'est à la fois un ami et un pays important pour les Etats-Unis. (...) Nous ne devons nous opposer à l'intégrisme que dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l'exigent"(cité par Michel Collon, idem).

En effet l'on peut tous constater que jusque dans les années 80 et 90 la majorité des Etats nés des indépendances dans le monde Arabe et Africain se proclamait, même quand il n'était pas d'orientation anti-impérialiste, laïc, nationaliste, panarabe, panègre ou panafricain. Ces Etats postcoloniaux avaient en général obtenu l'indépendance formelle à partir de mobilisations de masses ou parfois de luttes armées dans lesquelles les courants féodaux religieux et/ou ethnicistes étaient quasi absents parce que trop souvent alliés des colonisateurs.

Il apparaît de plus en plus clairement que "l'intérêt national" des USA flanqués de l'UE est aujourd'hui de réactiver les courants religieux dans les pays Arabes et en Afrique en utilisant ses vassaux des théocraties des pétrodollars et les "califats jihadistes" pour détruire les Etats postcoloniaux, le panarabisme et le panafricanisme. Même si cela n'est pas encore très visible, c'est la même fonction et le même objectif qui seront assignés aux courants évangélistes qui pullulent dans les pays à majorité chrétienne.

L'exemple de la Centrafrique est ici significatif. Là cohabitent musulmans et chrétiens et la déstabilisation a débouché sur un affrontement entre "séléka musulmans" et "anti-balakat chrétiens". Une ligne de partage se dessine du Nigéria, Cameroun, Tchad, Centrafrique jusqu’à l'est du continent où de tels affrontements peuvent être suscités pour désintégrer les Etats postcoloniaux nés de la première phase des luttes anticoloniales pour les indépendances entre 1945 et 1960.

Il faut absolument défendre l'unité nationale laïque et démocratique contre les projets d'émiettements des Etats multinationaux parce que les "ethnies" sont en réalité des nationalités à l'époque des Nations en devenir en Afrique. Cette défense des Etats multinationaux nés de la balkanisation coloniale doit s'inscrire dans une perspective panafricaine fondée sur le principe de "l'union libre des peuples libres d'Afrique" lancé par le communiste Malien Tiémokho Garang Kouyaté au milieu des années 30.

 

Ou est ce la diversification des partenaires économiques ?

A partir des années 80, les bourgeosies africaines compradores, c'est-à-dire serviles aux impérialistes, ont fortement libéralisé et privatisé les économies sous la houlette des plans d'ajustement structurel du Fond Monétaire International (FMI), de la Banque Mondiale et de l'OMC. Libéralisation et privatisation ont bénéficié aux Multinationales impérialistes, mais aussi à une couche "d'opérateurs économiques" locaux surtout dans l'import-export ainsi intégrés dans la "mondialisation" des affaires. Les délocalisations des entreprises à faible composition organique du capital, c'est-à-dire utilisant une main d'oeuvre nombreuse, vers les pays d'Asie et du Moyen-Orient ont favorisé la diversification des sources d'approvisionnements en marchandises des "hommes et femmes d'affaires" des pays africains confinés dans le rôle de "nègres sous traitants".

L'arrivée des nouveaux investisseurs en quête de matières premières que sont les "pays émergents", notamment les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), prolonge et renforce cette diversification des relations économiques au plan étatique et parfois même stratégique. Ainsi on remarquera que le Nigéria premier producteur africain de pétrole, mais aussi le Tchad et le Cameroun tous les deux producteurs de pétrole s'ouvrent de plus en plus aux investisseurs notamment chinois et russes. Il en est de même au Niger avec la fin progressive du monopole exclusif de l'exploitation de l'uranium détenu par la firme française AREVA au profit de la Chine.

Ce développement des échanges économiques avec les "pays émergents", en particulier avec la Chine agace les impérialistes US et de l'UE habitués à agir en pays conquis en Afrique. Même si on peut observer que certaines entreprises monopolistes françaises, par exemple, envisagent par réalisme des associations ou de devenir des sous traitants pour ou avec les entreprises chinoises qui sont majoritairement d'Etat.

Ainsi la Chine et dans son sillage les pays des BRICS brisent de fait le quasi monopole colonial des entreprises multinationales des impérialistes US, de l'UE et de la France en Afrique. Voilà pourquoi Peter Pham, qui conseille les départements d’état et de la défense étatsuniens, explique que l’AFRICOM, commandement militaire US basé à Stuttgart en Allemagne, a pour "but de protéger les accès en hydrocarbures et autres ressources stratégiques dont l’Afrique est riche, une tâche qui incluait de s’assurer contre la vulnérabilité de ces richesses naturelles et de s’assurer qu’aucune tierce partie comme la Chine, L’inde, le Japon ou la Russie, ne puissent obtenir un monopole ou des traitements de faveur”( cité dans mondialisation.ca).

Cette farouche recherche d'une terre africaine pour accueillir AFRICOM est nécessité, voyez vous, par le fait que "ces ressources et richesses naturelles font de l’Afrique une cible facile pour les attentions de la République Populaire de Chine, dont la dynamique économique… a une soif quasi insatiable de pétrole et de besoins pour d’autres ressources naturelles. La Chine importe à l’heure actuelle approximativement 2,6 millions de barils de pétrole brut par jour, environ la moitié de cette consommation, de l’ordre de 765 000 barils par jour, environ un tiers de ses importations, proviennent de ses sources africaines, spécialement du Soudan, de l’Angola et du Congo (Brazzaville). Est-ce étonnant donc par conséquent qu’aucune région du monde autre que l’Afrique ne rivalise avec l’intérêt stratégique de la Chine ces dernières années… De manière intentionnelle ou non, beaucoup d’analystes attendent que l’Afrique, spécifiquement les états du long de sa très riche côte occidentale, va devenir le théâtre d’une concurrence stratégique entre les Etats-Unis et sa seule réelle concurrence à l’échelle globale, la Chine, alors que les deux pays cherchent à étendre leur influence et sécuriser l’accès aux ressources”(idem). Il faut donc semer le chaos en Afrique pour bloquer le développement des pays "émergents" en les empêchant d'accéder aux matières premières dont ils ont besoin pour se développer.

Le remplacement du système colonial par le système néocolonial grâce aux massacres coloniaux de masses et aux assassinats systématiques des leaders indépendatistes radicaux de la première phase de libération nationale entre 1945 et 1960 ont engendré ce que l'on appelle la françafric, l'eurafric et l'usafric. Il s'agit de mécanismes mafieux corrupteurs qui lient les Multinationales et les politiques des Etats impérialistes (France, UE, USA) aux élites régnantes dans les Etats africains pour maintenir l'Afrique et ses peuples dans les griffes spoliatrices de la dépendance au profit des Multinationales françaises, européennes et étatsuniennes.

Durant "la guerre froide", c'est à dire la lutte entre le camp capitaliste et le camp socialiste, ce système de dépendance néocoloniale faisait des élites régnantes en Afrique des vassaux du camp capitaliste contre l'URSS, contre le camp socialiste. Parfois certains de ces serviteurs apatrides utilisaient la contradiction entre les deux camps pour faire chanter leurs maîtres impérialistes. Mais globalement les Houphouêt, Senghor, Ahidjo, Bongo, Eyadema, Mobutu, Bokassa, pour ne citer que les plus illustres d'entre-eux, obéissaient servilement au point même de prôner le "dialogue" avec l'apartheid sud-africain, de lier des relations diplomatiques avec l'Etat sioniste colonialiste d'Israël et de soutenir les mouvements pro-coloniaux contre les indépendantistes radicaux comme le MPLA, le FRELIMO, le PAIGC, la SWAPO, l'ANC dans les guerres de libération nationale contre le colonialisme fasciste portugais ou l'apartheid Sud Africain.

Ce système semi-colonial sous sa forme initiale ne suffit plus à assurer la pérennité de la vassalisation prédatrice de l'Afrique. Il faut doubler cela d'une stratégie du chaos prétexte à une présence militaire accrue US et de l'UE considérée comme seul gage de la mainmise sur les matières premières africaines pour en empêcher l'accès direct aux BRICS. A cet effet l'usafric poursuit sa quête d'installer l'AFRICOM sur le continent, il en est de même du renforcement de la présence des armées de l'eurafric et de la françafric au nom de la "lutte contre le terrorisme". C'est la tactique bien connue du pyromane pompier qui s'affuble ici des troupes qui rappellent les "tirailleurs" qui ont été les mercenaires de la conquête de l'empire colonial d'Afrque sous la direction d'officiers Français.

 

Une fissure dans la soumission qui doit s'approfondir

Bien entendu la françafric continue de se manifester sous la forme de la honteuse et dangereuse décision d'envoyer 2100 soldats sénégalais soutenir l'agression militaire saoudienne au Yémen, ce qui est à mettre en relation avec les achats par les Emirs d'avions rafales du complexe militaro industriel de l'impérialisme français. L'eurafric se manifeste sous la forme de l'imposition de la signature de l'Accord de Partenariat économique (APE) spoliateur qui va accroître la dépendance des Etats africains.

Mais comment ne pas apprécier que l'axe du refus des bourgeoisies africaines semble remonter progressivement du Zimbabwe, de l'Erythrée, Mozambique, Namibie, Angola, RDC et Afrique du Sud vers le Nigéria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Cette résistance des bourgeoisies africaines reste hésitante, faible, mais elle commence à s'exprimer publiquement et avec une certaine force par la voie de Mugabe. Confrontées à la stratégie US et de l'UE alliés aux fantoches des Monarchies théocratiques qui menacent de plus en plus les Etats qu'elles dirigent, les bourgeoisies africaines pour des raisons de survie semblent chercher des voies pour échapper aux pièges de la duplicité de l'impérialisme occidental dont l'objectif est résumé ainsi : "Actuellement, les Etats-Unis ne rencontrent aucun rival mondial. La grande stratégie de l'Amérique doit viser à préserver et étendre cette position avantageuse aussi longtemps que possible (...) Préserver cette situation stratégique désirable dans laquelle les Etats-Unis se trouvent maintenant exige des capacités militaires prédominantes au niveau mondial"( Zbigniew Brzezinski cité par Michel Collon).

La supériorité militaire plus la vassalisation des théocraties féodales monarchistes pétrolières qui financent des groupes de fanatiques religieux ou ethniques contre le communisme hier et contre les Etats post coloniaux aujourd'hui pour pérenniser le plus longtemps possible la domination unilatérale des USA et de l'UE sur le monde. Telle est la ligne directrice de la stratégie US flanquée de l'UE, d'Israël et des Monarchies des pétrodollars.

En plus de la Chine, la Russie est particulièrement visée comme le déclare Graham E. Fuller, ex-directeur adjoint de la CIA lorsqu'il dit à propos de la Tchétchénie notamment que "la politique pour guider l'évolution de l'islam et les aider contre nos adversaires a fonctionné merveilleusement bien en Afghanistan contre l'armée rouge. Les mêmes doctrines peuvent encore être utilisées pour déstabiliser ce qui reste de la puissance russe" (tiré de 'Et si Poutine dit la vérité, on fait quoi?' Le Grand Soir).

Cette stratégie qui se déroule devant nous en Afrique, au Moyen-Orient et en Ukraine fait objectivement apparaître deux camps opposés dans ce monde : le camp de la guerre avec les USA, l'UE, les Emirats féodaux et les groupes "jihadistes" et le camp de la paix avec les pays antilibéraux et anti-impérialistes d'Amérique du Sud dont le noyau est l'Alliance Bolivarienne (ALBA), l'Iran, le Hezbollah, la résistance palestinienne et les BRICS, etc.

Cette dichotomie et contradiction à l'échelle mondiale qui se fraye difficilement un chemin en Afrique prend consciemment ou inconsciemment la forme d'une alliance militaire africaine pour vaincre les "progénitures jihadistes" des pétrodollars et de l'impérialisme US et de l'UE.

En Amérique du Sud les bourgeoisies compradores se sont aussi longtemps couchées devant la suprématie US en faisant de leurs pays "l'arrière cour". C'est le cas des bourgeoisies africaines, surtout celles de l'ex-empire colonial français. Que trois des quatre pays que sont le Nigéria, le Cameroun, le Niger et le Tchad soient des ex-colonies de l'impérialisme français est aussi un signe important des processus de distanciation en cours vis à vis des impérialistes de la part de fractions des bourgeoisies nationales qui se sentent menacées. Les critiques qui montent du sud jusqu'au nord, de l'est jusqu'à l'ouest de l'Afrique, surtout depuis l'assassinat de l'Etat libyen et le foyer "jihadiste" ainsi créé en terre africaine de Libye, illustrent une méfiance de plus en plus grande de certaines élites bourgeoises africaines prêtes à ouvrir leur marché et la coopération économique, politique et culturelle avec les "concurrents" de leurs maîtres impérialistes US et de l'UE.

Les forces ouvrières et populaires opposées aux bourgeoisies semi-coloniales ont tout intérêt à analyser et comprendre les facteurs essentiels et objectifs qui déterminent des évolutions progressives ou régressives dans les comportements des classes sociales au pouvoir dans nos pays. Faire ce travail, c'est œuvrer à frayer la voie, comme en Amérique du Sud, aux alternatives antilibérales et anti-impérialistes qui marqueront la seconde phase actuelle de décolonisation.

L'objectif immédiat est et reste la mobilisation populaire pour le démantèlement des bases militaires étrangères et le retrait des armées US, de l'UE et Françaises d'Afrique.

Juin 2015

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 13:46

Publié : 8 juin 2015 | Auteur : Lu sur Les dossiers du BIP

Le communiqué du 16 Avril du parti communiste grec est passé assez inaperçu et méritait d’être traduit. Nous y joignons le texte anglais du discours inaugural de ces manœuvres prononcé par le ministre grec de la défense Panos Kamennos en présence de Madame l’ambassadeur d’Israël.

Le Ministère de la défense grec a été donné par Syriza a son allié le parti politique de droite ANEL.

Ce discours montre une forte implication du gouvernement grec dans les politiques militaires officielles des Etats-Unis : lutte contre « le califat » (par ailleurs soutenu en sous-main par les mêmes), exercice militaire commun prévu avec l’Egypte pur ce mois de juin, relations étroites avec les voisins OTAN de la Mer Noire : Bulgarie et Roumanie, et enfin coopération militaire nouvelle (rémunérée ?) avec Abu Dhabi.

Au sujet de des relations entre l’Egypte et Israël la fausse (?) naïveté du Ministre est totale puisqu’il annonce la délimitation prochaine de la frontière entre les ZEE (zones économique exclusives pour l’exploitation des richesses sous marines) de ces deux pays, ignorant qu’Israël, Etat expansionniste, a pour principe politique intangible de ne jamais délimiter ses frontières qu’elles soient terrestres, maritimes ou aériennes.

Lire ici l'article complet avec la déclaration du KKE et l'allocution des ministre grec des affaires étrangères.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 22:23

Lu sur www.france-palestine.org

 

Orange est associé à la compagnie israélienne de télécommunications Partner, qui opère dans les Territoires palestiniens occupés. Se disant « prêt à abandonner » ces liens, le PDG du groupe français a dû faire marche arrière sous les pressions du gouvernement israélien et de Laurent Fabius, qui oublie les engagements constants de la France.

René Backmann, Médiapart, mardi 9 juin 2015

 

« Les liaisons dangereuses d’Orange dans le Territoire palestinien occupé » : c’est le titre d’un rapport publié au début du mois dernier par cinq ONG et deux syndicats (il est à lire ici). Dans ce document de cinquante pages, ces organisations [1] révélaient que le groupe de télécommunications français Orange, dont l’État détient 25,05 % des parts, était lié avec l’entreprise israélienne Partner qui possède 208 antennes et installations diverses dans des colonies israéliennes de Cisjordanie, illégales au regard du droit international.

Partner a construit des antennes sur des terres palestiniennes confisquées, expliquaient les auteurs du rapport, offre ses services aux colons et à l’armée et contribue à assurer la viabilité économique et le maintien des colonies au détriment des Palestiniens. Par sa présence, constatait le document, Partner contribue aussi à perpétuer une situation considérée comme illégale par la communauté internationale. Le tout en violation du droit international et des droits humains.

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  • Stéphane Richard, PDG d’Orange

En conclusion de leur document, les organisations signataires recommandaient donc à Orange d’« exiger de Partner de ne pas opérer dans les colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé pour éviter de contribuer au maintien d’une situation jugée illégale par la communauté internationale » et, en cas d’échec, d’« interrompre sa relation d’affaires avec Partner et d’émettre une déclaration publique par laquelle l’entreprise marque clairement sa volonté d’éviter de contribuer à la viabilité économique et au maintien des colonies israéliennes ».

Orange avait d’abord répondu en assurant qu’il n’était pas « opérateur en Israël », et qu’il ne détenait aucune action ou droit de vote de Partner. Le contrat existant permettant à Partner d’utiliser « la marque et l’image d’Orange en échange d’une redevance », avait expliqué l’entreprise française, avait été « signé par le propriétaire de l’époque et transmis à France Télécom en 2000 lors de l’acquisition de la marque ». Ce qui ressemblait fort à un dégagement en touche.

Mercredi dernier, changement de stratégie d’Orange. En visite au Caire, le PDG Stéphane Richard indique être « prêt à abandonner demain matin » les liens avec Partner « sans exposer Orange à des risques énormes » sur le plan légal ou financier. Le lendemain, confirmation : Orange annonce par un communiqué sa décision de cesser « à terme » sa relation avec Partner, tout en précisant que cette décision « n’a aucune motivation politique et relève d’une volonté d’avoir la maîtrise totale de sa marque ». Rappelant qu’il est lié à Partner par un accord expirant en 2025, Orange ajoute qu’il respectera « strictement les accords existants ».

En Israël, où la campagne internationale « boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS) est considérée comme une menace diplomatique majeure, la décision d’Orange est reçue – et traitée – comme une agression.

« Je dois avouer avoir été surprise par ces informations, qui ne me semblent pas raisonnables pour une entreprise de la taille d’Orange, réplique dans une lettre à Stéphane Richard la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Hotovely. Je suis confiante dans le fait que ces informations ne reflètent pas les intentions de votre compagnie. Et vous prie donc de clarifier cette question le plus vite possible. » « J’appelle le gouvernement français à rejeter publiquement les déclarations et les agissements malheureux d’une compagnie dont il est en partie propriétaire », exige de son côté le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, manifestement furieux. Il accuse Orange de participer à un « drame absurde », celui dans lequel une démocratie « respectueuse des droits de l’homme », exposée aux « menaces sécuritaires », est confrontée « aux condamnations systématiques et aux tentatives de boycott. On ne pardonnera pas ce drame absurde… ».

Est-ce le poids de cette menace ? Le lendemain, Laurent Fabius déclare que la France est « fermement opposée au boycott d’Israël ». Puis l’entourage de François Hollande affirme à l’AFP que « la France n’est pas dans une action sur le boycott qui puisse avoir la moindre ambiguïté. Un industriel a le droit de choisir ses partenaires en Israël. Orange veut continuer à travailler. C’est à Orange et à Orange seul de déterminer avec qui ». Comprenne qui pourra.

Entretemps, Stéphane Richard a rectifié sa stratégie. Ou son discours. « Orange est présent en Israël pour y rester », déclare le PDG, qui affirme « regretter sincèrement » la « controverse » née de ses propos et proclame : « Nous aimons Israël. »

En d’autres termes, une fois de plus, le gouvernement israélien a réussi l’un de ses tours de passe-passe diplomatiques favoris : transformer une mesure étrangère – en l’occurrence un projet de mesure – parfaitement licite, contre sa politique de colonisation illégale, en une agression contre Israël. C’est-à-dire faire surgir le mot boycott lorsqu’il s’agit, comme ici, d’agir conformément au droit international en cessant de soutenir l’occupation. Qu’il ait été assisté dans cette besogne par le ministre français des affaires étrangères est consternant.

Peut-être faut-il rappeler que sur l’occupation des territoires palestiniens par Israël, la position officielle de la France est pourtant assez claire. Comme l’ONU et l’Union européenne, elle ne « reconnaît pas la souveraineté d’Israël » sur ces territoires et « ne les considère pas comme faisant partie intégrante du territoire d’Israël ». Au cours de sa première visite présidentielle dans les territoires occupés en novembre 2013, François Hollande avait d’ailleurs rappelé « l’illégalité de la colonisation » et demandé son « arrêt total et définitif ».

Quant au ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, sa signature figure, avec celles de quinze autres ministres des affaires étrangères européens, au bas d’une lettre adressée le 13 avril 2015 à Federica Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères. Dans cette lettre, il est rappelé que « l’expansion des colonies israéliennes illégales dans les Territoires palestiniens occupés, et autres territoires occupés depuis 1967, menace la perspective d’un accord de paix juste et définitif ». Cette lettre avait pour but de rappeler à Mme Mogherini que les directives de juillet 2013 sur l’identification des produits des colonies « doivent être appliquées, conformément à la politique constante de l’UE qui vise à la préservation de la solution à deux États ».

[1] Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Ligue des droits de l’homme (LDH), Al-Haq (défense des droits de l’homme en Palestine), Association France-Palestine Solidarité (AFPS), CGT, Union syndicale « Solidaires ».

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