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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 18:00

Le nouveau BRN est arrivé.

 

 

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 16:20
L’illusion d’une Commission européenne « de gauche »

Avec Le Monde diplomatique en español

 

On comprend que, dans la perspective des élections au Parlement européen de mai 2014, les partis socialistes et sociaux-démocrates cherchent par tous les moyens à se dissocier des politiques européennes, tant ces politiques – qu’ils ont approuvées – sont impopulaires. Pour faire diversion et ne pas avoir à assumer ce boulet, ils entendent mener une campagne commune à l’échelle des 28 Etats membres sur un objectif – celui de la « réorientation » de l’Union européenne (UE) – et sur un moyen de l’obtenir : disposer d’une majorité au Parlement européen et faire accéder l’un des leurs à la présidence de la Commission européenne en remplacement de José Manuel Barroso. Pour ce poste, ils ont choisi un candidat que les socialistes français présentent, sans rire, comme « le meilleur d’entre nous »  : Martin Schulz, dirigeant du SPD allemand et actuel président du Parlement européen [1].


Cette démarche a toutes les apparences du bon sens : même si les élections au Parlement de Strasbourg sont en réalité une juxtaposition d’élections nationales, elles débouchent sur la constitution de groupes parlementaires qui, eux, ne sont pas nationaux, mais politiques, en l’occurrence, pour la social-démocratie, le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates(S&D). Un facteur donne un rôle accru à la représentation parlementaire dans la désignation du président de la Commission : l’article 17 du traité de Lisbonne stipulant que, pour faire ce choix, les chefs d’Etat ou de gouvernement (le Conseil européen) « doivent tenir compte du résultat des élections au Parlement européen ». Par ailleurs, et la nuance est importante, aux termes du traité, le Parlement va maintenant « élire » le président de la Commission, alors que, auparavant, il devait se contenter d’« approuver » le choix du Conseil européen.


Quand on regarde les choses de plus près, on voit bien que ce qui semble être une clarification des enjeux pour les électeurs n’est qu’une pure illusion. La social-démocratie prétend « politiser » la Commission, ce qui revient à dire que ce n’était pas le cas jusqu’à présent, et que « Bruxelles » était seulement une structure « neutre » ou « technique », composée d’ « experts » uniquement soucieux de l’intérêt général européen… Un aveu de taille, bien qu’implicite : le contenu ultralibéral des traités européens successifs, que la Commission met en œuvre avec zèle dans ses propositions, ne serait pas « politique » ; il serait aussi naturel que le cycle des saisons et ne saurait donc être mis en débat. C’est pourquoi, dans la véritable machine à libéraliser qu’est le collège bruxellois, les 28 commissaires issus aussi bien de partis conservateurs que de partis de la gauche dite " de gouvernement" font parfaitement bon ménage. Tout comme le SPD et la CDU/CSU dans le gouvernement allemand de « grande coalition » sur lequel les trois formations concernées viennent de se mettre d’accord.


On voit mal comment un président se réclamant de la gauche pourrait changer quoi que ce soit à une configuration dans laquelle il aurait d’ailleurs toutes chances d’être minoritaire puisque ce sont les gouvernements qui choisissent les commissaires en fonction de leurs propres orientations : des gouvernements de droite – les plus nombreux actuellement – désigneront logiquement des commissaires de droite !

Et même si – miracle hautement improbable – Martin Schulz était élu président de la Commission, et qu’il dispose d’une majorité politique dans le collège des commissaires, il serait institutionnellement tenu de faire appliquer le traité de Lisbonne. C’est-à-dire une feuille de route interdisant toute entorse aux dogmes libéraux. Sauf nouveau traité approuvé à l’unanimité des Etats membres de l’UE, aucune « réorientation » des politiques européennes n’est possible de l’intérieur. Et l’on ne sache pas que M. Schulz et ses amis social-démocrates, notamment ceux du Parti socialiste français, soient disposés à renier un traité qu’ils ont majoritairement voté…

Dans ces conditions, tenter, comme l’a fait François Hollande dans sa campagne présidentielle, de faire croire aux électeurs que l’UE peut être « réorientée » pour devenir autre chose que ce qu’elle est actuellement relève d’une navrante naïveté ou de la mystification.


On peut s’étonner à cet égard du suivisme du Parti de la gauche européenne (PGE) qui rassemble les partis de la gauche radicale, et dont les élus au Parlement européen siègent dans groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche Verte nordique (GUE/NGL). En désignant Alexis Tsipras, dirigeant de la coalition grecque Syriza, comme son candidat à la présidence de la Commission, le PGE a voulu faire un choix emblématique et mettre en accusation la troïka Commission/Banque centrale européenne/FMI qui est en train de détruire, entre autres, la Grèce et le Portugal. Fort bien. Mais il ne semble pas avoir mesuré que, ce faisant, il se coulait dans le moule de la social-démocratie et contribuait à la légitimation des mêmes fausses promesses qu’elle.


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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 00:08

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 00:02
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Jean Duret, directeur du Centre d'études économiques de la Confédération générale du travail (CGT) et membre du Conseil économique français, a écrit sur l'Europe avant la signature du Traité de Rome, en 1956 - 1957.

1) La domination de l'Allemagne sur l'Europe

L'enjeu est énorme : le Marché commun conduit infailliblement, à plus ou moins brève échéance, à la disparition des souverainetés nationales, à la création d'un super-État européen, réduisant à sa plus simple expression tout ce qui pourrait subsister d'individuel, de politiquement et économiquement indépendant chez les membres de la Communauté. Ce super-État sera dominé par le pôle d'activité économique le plus puissant : la Ruhr; par la puissance la plus énergique et la plus dynamique : l'Allemagne de l'Ouest. [...] Pour la France, la réalisation du Marché commun c'est l'acceptation de l'hégémonie allemande. Son industrie ne pouvant lutter contre la concurrence d'outre-Rhin tombera sous la coupe des konzerns de la Ruhr.


2) Mise en concurrence des salariés au plus grand profit des "cartels"

La réalisation du Marché commun se ferait à la fois sous l'égide de l'intensification de la concurrence et sous le signe du renforcement et de la prolifération des cartels internationaux. [...] « Il faut que notre production soit concurrentielle. » Ce slogan servira à freiner le mouvement revendicatif dans les pays à rémunération plus basse et à exercer une pression sur les salaires globaux réels des pays ou des régions plus favorisés. Le monde du travail sera soumis à une triple pression : celle de la concurrence entre prix de revient, celle de l'armée de réserve du travail (la masse des chômeurs de l'ensemble de la Communauté pouvant plus facilement être dirigée vers les points stratégiques), enfin celle des capitaux migrateurs qui déserteront les régions où le prolétariat est combatif et les conquêtes sociales appréciables pour s'investir dans les régions où l'exploitation des travailleurs sera plus facile et les surprofits assurés. En toutes circonstances, cette triple pression sur les conditions de la classe ouvrière constitue un danger redoutable.



3) Le règne de la finance

Dans leur offensive contre la classe ouvrière, les classes possédantes disposeront encore d'un puissant atout : la libre circulation des capitaux. On ne manquera pas de souligner, qu'après tout, les détenteurs de capitaux sont libres de le placer là où les garanties de sécurité et de rentabilité sont les plus grandes. Les capitaux auront tendance à déserter les régions et les pays où la classe ouvrière fera preuve de combativité, où les salaires seront relativement élevés, où certaines lois sociales seront susceptibles de gêner une exploitation trop éhontée, pour émigrer vers les régions de la Communauté où les conditions pour la réalisation des surprofits leur paraîtront meilleures.


4) La monnaie unique (l'Euro)


Certains économistes estiment que le Marché commun conduit inéluctablement à la monnaie commune. Pour les uns, c'est la conséquence du fonctionnement du marché commun, pour d'autres, « une condition préalable». « Un haut fonctionnaire, financier international », signant « XXX » écrit dans « France-Observateur » : « L'instauration d'un marché commun implique, il faut qu'on le sache », un abandon peut-être graduel, mais en définitive complet, de la souveraineté monétaire. Privés de cette souveraineté, les États participants n'auront guère plus de pouvoirs - en matière économique - que nos autorités départementales actuelles. Au demeurant, la voie du marché commun ne sera pas facilement réversible. Tout ralentissement du progrès dans cette voie risque de susciter les ressentiments extérieurs et les dissensions internes.... ».

 



5) L'Europe "vassale" des Etats-Unis

« La réalisation du marché commun permettra de discuter sur un pied d'égalité avec les autres grands espaces économiques (États-Unis, URSS). Elle permettra aux pays de l'Europe continentale, se trouvant sous la tutelle des États-Unis, de retrouver toute leur indépendance » - affirmations purement démagogiques car dès le premier moment, dès ce premier pas, le Marché commun aura besoin de la tolérance, de la protection, de l'aide financière des États-Unis. En poussant à la création du Marché commun, les dirigeants américains poursuivent des objectifs dont ils ne se laisseront point détourner. Ils veulent amalgamer les six États du Vieux Continent, conférer la direction économique et politique à l'Allemagne, braquer ce bloc contre les pays de l'Europe de l'Est et le « danger communiste de l'intérieur». Ils veulent favoriser les investissements directs des capitaux privés américains qui pourraient se placer dans les régions les plus favorables et disposeraient ainsi d'un immense marché. Ils n'ont nullement l'intention de jouer aux apprentis sorciers, de permettre aux États européens de se libérer de l'emprise du dollar, de se créer eux-mêmes des concurrents ou des rivaux.


5) L'austérité

D'un oeil distrait, on lit dans les journaux que la situation tragique de l'économie française nécessite des sacrifices. Les classes possédantes acceptent ce principe allègrement, à condition que sacrifices et privations ne soient pas pour eux mais pour le voisin. La victime toute désignée de l'opération est la classe ouvrière. Quand on parle d'austérité et de privations, on sous-entend que c'est surtout à elle que sera appliquée cette maxime. [...] L'austérité, en principe, devrait être obligatoire pour tout le monde, mais il suffit d'analyser les moyens dont on veut se servir pour comprendre qu'elle est surtout à l'usage des classes laborieuses. Nous n'avons pas entendu jusqu'ici les économistes officiels prôner l'introduction des taxes de luxe massives grevant le prix des articles dont la consommation demeure l'apanage des couches privilégiées. Une augmentation du prix de l'essence frappera bien plus durement les consommateurs à revenu relativement modeste que les couches riches. Il en sera de même pour l'ensemble des impôts indirects...

Pour conclure : Le gouvernement socialiste accomplit une besogne qu'un gouvernement bourgeois n'aurait jamais osé entreprendre.

Source
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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 23:52

Lu sur le site du Comité Valmy:

 

SG-BNP-Paribas


Les représentants de l’Union européenne ont décidé de mettre à contribution les épargnants à partir de 2016.

 

Après la ponction des épargnants chypriotes cette année et l’idée émise par le FMI d’une supertaxe de 10% sur le patrimoine, l’Europe vient d’entériner la participation des déposants au renflouement des banques en cas de crise grave. L’accord, scellé mercredi 11 décembre, est passé relativement inaperçu, alors qu’il pourrait être d’une importance capitale pour les épargnants.

 

Les Européens se sont mis d’accord sur une loi prévoyant des règles de renflouement interne des banques, ou "bail-in", afin d’éviter de faire participer les Etats au sauvetage des établissements financiers.

"Grand pas franchi ce soir : accord #BRRD pour 28", a écrit sur son compte twitter le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, en référence à la directive sur le sauvetage des banques. "Contribuables ne seront plus premiers à payer pour erreurs des banques", a-t-il ajouté.

"C’est un pas fondamental vers la réalisation de l’union bancaire", a assuré Michel Barnier dans un communiqué.

 

Des représentants du Parlement européen, du Conseil qui représente les Etats, et de la Commission européenne se sont mis d’accord au cours d’un "trilogue" sur ce texte, qui s’appliquera aux 28 Etats membres.

Cette nouvelle directive s’articulera avec le Mécanisme unique européen de résolution des banques, qui fait toujours l’objet de difficiles négociations au niveau des ministres, et destiné lui à la seule zone euro. Les ministres des Finances doivent se retrouver mercredi prochain pour tenter de finaliser un accord sur ce sujet.

 

Dépôts garantis jusqu’à 100.000 euros

Selon la directive, lorsqu’une banque sera en difficulté, les autorités nationales pourront intervenir pour l’empêcher de sombrer. De source européenne, on a indiqué qu’une "recapitalisation préventive et des instruments publics de stabilisation" étaient prévus "sous de strictes conditions".

 

Voir la suite sur Challenges.fr 

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 23:46

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Pour répondre aux exigences de la Commission européenne et ramener le déficit public à 1,2 % du PIB en 2017, le Premier ministre s’est engagé à réaliser 50 milliards d’euros d’économies d’ici cette date. 15 milliards sont d’ores et déjà prévus au budget 2014 voté à l’Assemblée ce jeudi, dont 3 milliards au titre de la MAP (modernisation de l’action publique), qui a succédé à la RGPP (révision générale des politiques publiques) du gouvernement précédent.

 

Ce mercredi 18 décembre 2013, le Premier ministre présidait donc le CIMAP (Comité interministériel de la MAP), qui a fixé l’objectif de 5 à 7 milliards d’économies annuelles à l’horizon 2017.

De multiples mesures sont prévues dans de nombreux domaines. La propagande électorale ne serait plus envoyée par la poste, mais mise en ligne sur internet. Les établissements culturels devraient assurer leur autonomie financière en accroissant leur recours au mécénat.

 

La santé et les communes sont particulièrement concernées. La prescription de médicaments génériques et le recours à la chirurgie ambulatoire (sans hospitalisation de nuit) seraient développés. Les communes et intercommunalités seraient encouragées à mutualiser leurs services et leurs personnels. Le troisième volet de « l’acte III » de la décentralisation (article 39), qui doit être adopté en 2014 prévoit d’ailleurs de faire varier les dotations aux intercommunalités en fonction d’un coefficient de mutualisation.

 

Le gouvernement entend associer les représentants du personnel à l’application de ces mesures dans le cadre d’un « dialogue social adapté ».

 

source: POI

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 23:28

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce qui se passe en Italie ne peut qu’attirer notre attention. Un mouvement parallèle aux « bonnets rouges », dans un contexte analogue, enraciné dans une même exaspération collective, une même récupération patronale, une même faillite des organisations de classe.



De quoi les « Forconi » sont-ils le nom ? Un mouvement de classe, peut-être mais de quelle classe. Une vague anti-système « spontanée » mais pourtant si bien organisée. Une impulsion de masse à la caractérisation difficile : entre jacquerie et poujadisme, populisme a-politique et proto-fascisme.

Derrière les étiquettes simplistes, il convient de revenir sur la base (et la direction) de classe du mouvement, les intérêts qu’il sert et la place qu’il occupe dans le système.

 

La base de classe du mouvement des « Forconi »  : un mouvement de la petite-bourgeoisie désemparée

 

La base de classe du mouvement s’ancre dans une petite-bourgeoisie traditionnelle, écrasée par la crise, engagée dans une « révolte anti-fiscale »  : chauffeurs routiers, petits commerçants et artisans, agriculteurs et éleveurs.

Une fronde aux accents de jacquerie et de poujadisme à l’italienne, avec la même explosion de colère confuse contre le pouvoir central, l’Etat, les taxes, les « politiques ».

Anti-parti, anti-politique, anti-Etat, c’est le triptyque du mouvement basé sur un rejet populiste de la transformation sociale par l'organisation  : « tutti a casa » (Qu’ils s’en aillent tous), « non ce le facciamo piu » (on nous la fait plus) sont les slogans qui reviennent dans le mouvement.

 

Une « révolte » qui a pris aussi progressivement un caractère de plus en plus anti-européen mais nationaliste, la référence omniprésente à la « nation », aux « trois couleurs » gomme tout antagonisme de classe, sert d’alternative vague aux affiliations partisanes ou idéologiques.

Ce mouvement est parti début 2012 en Sicile d’une série de blocages routiers organisés par les chauffeurs routiers, suivis par les agriculteurs, avant de s’étendre à la fin de cette année à toute l’Italie, à partir d’une manifestation nationale le 9 décembre.

A Naples, Turin, Milan, Parme, Bari, du nord au sud, toute l’Italie a été touchée par la vague des « Forconi». Les cortèges urbains ont été remplis de jeunes chômeurs, de marchands ambulants, mais aussi d'étudiants de jeunes travailleurs – souvent infiltrés par des groupes d'extrême-droite comme « CasaPound » ou « Forza nuova », présents parmi les jeunes des quartiers populaires.

C’est par cette alliance entre une petite-bourgeoisie rurale en déclin mais fortement organisée, et d’un lumpen prolétariat urbain agité mais sans direction claire que les « Forconi » ont pris forme.

 

Il serait par ailleurs naïf de penser que le mouvement est né « spontanément ». Tant dans les villes, avec les centres sociaux, les groupes de supporters ultra que dans les campagnes, avec les puissants syndicats catégoriels, le mouvement est fortement encadré et organisé.

 

Qui est derrière le mouvement  ?

Les mains des franges les plus réactionnaires du patronat

 

Pour comprendre le mouvement des « Forconi », il faut saisir ceux qui en sont à l’origine, l’encadrent et l’instrumentalisent. Ce sont des organisations incarnées par des personnages pas du tout « a-politiques », avançant leurs intérêts dans la confusion générale.

 

D’abord, ce sont des syndicats (patronaux) catégoriels – proche de la droite extrême. Loin de souhaiter un affrontement général, il s’agit de faire du lobbying et du chantage auprès de l’Etat pour obtenir des « allégements de charge  », des avantages fiscaux

C’était la perspective des syndicats de chauffeurs routiers et agriculteurs siciliens  : obtenir une baisse des taxes sur les carburants (tout en bénéficiant des subventions publiques  !). Sur la satisfaction de cette revendication, les chauffeurs routiers ont déjà arrêté le mouvement.

Les leaders syndicaux n’ont rien de neutre. Du côté des routiers, Salvatore Bella, leader d’AITRAS (Association italienne des transporteurs siciliens) est un ancien de Forza Italia, le parti de Berlusconi, le « Mouvement autonome des transporteurs » se revendique de … l’Aube dorée grecque  !

 

Parmi les syndicats agricoles, les liens avec les mouvements d'extrême-droite sont étroits.

Azione Rurale est l'héritière de la branche « agricole » de l’ex-parti fasciste Alleanza Nazionale  ; les « COBAS du lait » sont réputés pour leurs liens avec la Ligue du nord, tandis que la Ligue pour la terre est l’émanation du groupuscule néo-fasciste, « Force nouvelle » (FN). Tout un programme.

 

Ensuite, ce sont des leaders «  autonomistes » et pro-européens qui pilotent le mouvement. Si la base reprend des slogans anti-européens, nationaux, les directions sont tentées par la révolte autonomiste, quasi-féodale, intégrée à une « Europe des régions ».

En premier lieu la « troika » dirigeante  : le propriétaire agricole latin Danilo Calvani (venu à Rome rencontrer les manifestants en jaguar!), l'artisan-menuisier vénitien Luca Chiavegato et le gros agriculteur sicilien Mariano Ferro.

Ainsi, le leader du mouvement au Nord, Luca Chiavegato est un militant indépendantiste vénitien, européiste, fondateur du mouvement LIFE (les Libres entrepreneurs fédéralistes européistes !) dont le drapeau reprend le drapeau de la Vénétie et celui de l'Union européenne.

En Sicile, tant Salvatore Bello que la figure du mouvement, Mariano Ferro, sont des cadres de la branche sicilienne (« le Parti des Siciliens ») du « Mouvement pour les autonomies » (MPA), qui a fait une percée spectaculaire aux dernières élections régionales, avec 10 % de voix.

Le « Parti des siciliens », dont Ferro et Bello sont des représentants, est un partenaire historique de la « Ligue du nord », désormais un allié du Parti des libertés de Berlusconi – son fondateur a été condamné dernièrement à 10 ans d'inéligibilité pour liens avec la Mafia, ce qui soulève des questions sur les véritables instigateurs du mouvement des Fourches.

Il suffit de voir le programme des « Forconi » en 2012 pour comprendre son orientation politique  : baisse de la charge fiscale sur les entreprises, rétablir des formes de protectionnisme pour soutenir la compétitivité des firmes italiennes. Un programme clairement des petits et moyens patrons.

 

Le «  fascisme des origines  » ? Un parallèle troublant quoique limité

 

A-t-on affaire à un mouvement proto-fasciste  ? Nombre sont ceux qui appellent au loup – à des finalités politiciennes –, la réalité est à la fois troublante de parallèles historiques, mais elle incite objectivement à la prudence face à de tels rapprochements.

 

Le rejet viscéral de la politique, des partis, syndicats, la seule référence à la nation (les cris « Italia, Italia »), tout comme l’indifférence (le « me ne frego » des fascistes, je m’en fous, proche de celui des Forconi), la haine, la destruction (l’ « anti-tout ») ont formé le terreau du fascisme en Italie.

Déjà, les manifestations dans le nord de l’Italie ont dégénéré en assauts contre les centres de travail de la CGIL au nord du pays, plusieurs librairies se sont retrouvés attaquées, leurs livres incendiés.

 

Le mot d’ordre des « forconi »  : « arrêtons l’Italie » ne doit passer ni par une grève générale ni par le syndicat, mais plutôt dans la collaboration avec les forces de l’ordre, comme ce fut constaté en divers lieux, comme l’appelle de ses vœux un Beppe Grillo.

 Un des leaders du mouvement, Danilo Calvani, a même souhaité la mise en place d’un « gouvernement militaire de transition » à la place du gouvernement en place. Certains avaient appelé à une « marche sur Rome » le 11 décembre, finalement annulée.

 

Tout comme la récupération de thèmes sociaux, voire traditionnellement accolés aux organisations de classe, est typique du fascisme des origines : la critique de l’Europe du grand patronat, la défense de l’emploi industriel, le parti des « petits  » contre les « gros ». 

Le parallèle est troublant jusque dans le choix du symbole. Le fascisme avait repris le « fascio », ce fagot de bois devenu le symbole des syndicats agricoles siciliens début du XX ème siècle, tout comme le mouvement a pris la « forca  », la fourche, typique des jacqueries.

Le parallèle fasciste trouve une résonance dans la faillite de la classe politique italienne, discréditée et impuissante à trouver une « solution normale », à la merci des apprentis sorciers Berlusconi et Grillo, prêts à saborder la « démocratie bourgeoise » pour des aventures populistes incertaines.

 

Toutefois, le parallèle rencontre aussi des limites.

Le mouvement n’a pas encore de centre organisé, il ne rencontre pas une force antagoniste révolutionnaire – contre laquelle le fascisme constitue nécessairement une réaction – enfin, le mouvement est lui-même tiraillé par des contradictions internes.

 

 

La faillite de la « gauche » : protester contre les protestations plutôt que mener des manifestations sur des positions de classe  

 

La responsabilité de la « gauche » italienne dans ce mouvement de colère périlleux est lourde. Les jeux politiciens détestables se multiplient, s’entremêlent, quitte à jeter par-dessus-bord ce qu’il reste de la démocratie italienne.

 

Le PD (Parti démocrate) n’hésite pas à gonfler le mouvement pour pouvoir ensuite se présenter comme un rempart face aux « Forconi » et Grillo  : une gauche « responsable », européiste, libérale face à un mouvement populiste, anti-européen, nationaliste et fascisant.

Même son de cloche du côté de l’aile libérale du Parti des Libertés (PdL), chez un Angelino Alfano ou chez les deux derniers présidents du conseil centristes Mario Monti ou Enrico Letta, soudant l’ « Union sacrée » bourgeoise contre le populisme, peut-être demain avec Matteo Renzi à sa tête, le jeune loup du PD, un ultra-libéral à faire passer Berlusconi pour un modéré  !

 

Mais c’est surtout du côté de ce qu’il reste du mouvement de classe, des organisations révolutionnaires que la faillite est totale.

Les héritiers du PCI – le PdCI et Refondation communiste – sont incapables d’impulser un mouvement social de classe de cette ampleur. Refondation et d’autres lorgnent déjà vers la constitution d’un « Parti de gauche » à l’italienne, nouvelle combinaison politicienne.

 

Du côté du syndicat, la dérive est encore plus tragique.

La CGIL, syndicat de classe historique, a signé un texte commun en octobre dernier avec le patronat (Confindustria) et les syndicats de collaboration (CISL, UIL) réclamant … la baisse du coût du travail par des allégements fiscaux  !

C’est pour masquer cette collaboration ouverte, l’absence totale de mouvement social – si ce n’est la grève du 18 novembre lancée par les syndicats de base de l’USB, notamment dans les transports – que la CGIL tente désormais de se faire entendre dans l’opposition au populisme des « forconi ».

La CGIL, si discrète face à la boucherie patronale, a été prompte à dénoncer légitimement les actes violents de certains manifestants contre les sièges du syndicat, à mettre en garde contre les «  solutions autoritaires  ».

 

Les « Forconi » (tout comme Grillo dans un créneau analogue) jouent ainsi un rôle plaisant pour le système  :

ils permettent de renforcer l' « Union sacrée » contre le fascisme montant ; de faire monter une opposition assimilée à la réaction, et canalisée dans une impasse ; enfin surtout de dévoyer des positions sur l'Union européenne, la fiscalité, le rejet du consensus dominant.



Le mouvement des «  Forconi  » ne se laisse pas facilement analyser, seul l'histoire nous dira de quoi il était porteur. Néanmoins, comme en France, il est révélateur autant des potentialités de la colère populaire que des risques qu'ils portent, ils révèlent surtout le pire que peut receler la liquidation des organisations de classe, révolutionnaires.


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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 10:52

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 17 décembre 2013.


Le 3 octobre 2013, un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé que la Sécurité sociale française est illégale au regard du droit européen [1] ! Aux naïfs qui fantasment une « Europe sociale », ce jugement sonne la fin de la rêverie : la mort programmée de la Sécurité sociale est proche.


Le programme du Conseil national de la Résistance (CNR), mis en œuvre à la Libération en 1945, a sanctuarisé l’économie de la Santé en la plaçant – comme l’Éducation et la Culture – en dehors de la sphère marchande. C’est de cette volonté qu’est née la Sécurité sociale française, une forme d’assurance socialisée basée sur la solidarité.

Depuis cette époque, banquiers et assurances n’ont eu de cesse de tenter de la briser, car son existence les empêche de développer le vaste marché de la santé auquel ils rêvent. Leurs complices actifs sont les partisans du libéralisme (UMP, PS, EELV, FN, MoDem). Leurs leviers d’action sont l’Union européenne et l’euro. Depuis une vingtaine d’années, la violence de leurs attaques a été grandissante ; attaques menées concomitamment sur trois fronts :

−* sur le front idéologique ; −* sur le front de la gestion ; −* sur le front de la législation et du droit.

Des campagnes de désinformation et de manipulation sont régulièrement menées à travers les grands médias – qui presque tous sont aux mains des classes dirigeantes - pour culpabiliser les usagers. Les Français se soigneraient trop et il y aurait d’innombrables abus expliquant le « déficit » de la Sécurité sociale ; celle-ci irait donc à la catastrophe sur le plan financier.

Au prétexte de « boucher le trou de la Sécu », la logique progressiste qui fondait cette dernière à la Libération (« chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ») est méthodiquement détricotée : ticket modérateur, franchises médicales, autorisation des dépassements d’honoraires, « déremboursement » des médicaments, hausse régulière du forfait hospitalier, forfait sur les transports sanitaires, etc. Il s’agit – nous dit-on - de « responsabiliser » les malades en leur faisant mettre la main à la poche.

Mais comment « responsabiliser  » un cancéreux ou un dialysé, par exemple ? Cette logique inhumaine conduit une part croissante de la population à renoncer aux soins, faute de moyens, sans que jamais n’en soit évalué le coût pour la société.

La « couverture médicale universelle » (CMU) créée en 1999 par un gouvernement « socialiste » vise quant à elle à légitimer le recul de l’accès aux soins pour ceux qui sont un peu plus pauvres que les moins pauvres. Selon un principe qui a davantage à voir avec la charité qu’avec l’esprit universel de la Sécurité sociale, les personnes qui ont accès à la CMU sont un peu moins impactés que les autres usagés par les diverses taxations énumérées plus haut. La CMU est le moyen utilisé pour diviser la population : ceux qui sont juste au-dessus des critères d’accès à la CMU accusent les autres de profiter du système.

« Déficit » : le vocabulaire employé en dit long. En réalité on parle de déficit pour une entreprise car elle doit faire des gains. Par ailleurs, lorsqu’on parle de trésorerie, on doit parler des dépenses ET des recettes, ce que ne font jamais les « boucheurs de trou de la Sécu ».

Un salarié moyen dépense entre 18% et 20% de son salaire indirectement en cotisation-santé. Les revenus du capital sont bien moins soumis à cotisation que les revenus du travail. Philippe Seguin, un gaulliste, reconnaissait que si les « stock-options » étaient mises à contribution comme le sont les salaires, elles rapporteraient 3,5 milliards d’euros à la Sécurité sociale (mais il faut supprimer les stock-options !). En l’état actuel des choses, les « comptes de la Sécu » reposent donc pour l’essentiel sur les salariés. Or, comble de l’injustice, en l’espace de 25 ans, plus de 9% du PIB est passé du travail au capital par la pression exercée sur les salaires.

On le voit bien, la Sécu ne souffre pas de « déficit » mais d’un manque de recettes. Un manque qui est du :

  • aux exonérations de cotisations sociales qui sont faites aux grandes entreprises au prétexte de leur permettre de créer des emplois – avec le résultat pitoyable que l’on sait ;
  • à la dette patronale impayée aux caisses de la Sécurité sociale depuis des décennies - qui représente des milliards d’euros ;
  • à la dette que l’État a contractée vis-à-vis de la Sécurité sociale - qui représente des milliards d’euros ;
  • à la pression exercée sur les salaires par le chantage au chômage ;
  • au chômage lui-même - dont le taux est trente fois plus élevé que lors de la création de la Sécu.

On comprend aisément que jamais les « franchises médicales » et autres « déremboursement  » ne compenseront un tel manque de recettes. Mais tel n’est pas le but recherché. En réalité, ces mesures visent à démontrer que bien qu’on lui injecte de l’argent, le système par solidarité « ne marche pas » et qu’il serait plus efficace et moins coûteux de passer au privé.

Cette « démonstration » coûte de plus en plus cher aux cotisants, dans le même temps que la qualité du service public de la santé, soumis aux politiques d’austérité, se dégrade. Il n’est donc pas surprenant que ceux qui en ont les moyens se tournent vers le secteur privé de la santé et consentent à payer une assurance-maladie pour couvrir les soins qu’ils reçoivent. Cette partie de la population perçoit donc de moins en moins l’intérêt pour elle de continuer à cotiser à la Sécurité sociale. Si la loi lui permettait de ne plus le faire, ça serait la fin de la Sécu, car elle ne peut pas se passer de 10 ou 20% de ses cotisants.

Or cette permission, l’Union européenne vient de leur accorder, à l’issue de la bataille juridique qui s’est déroulée en marge de la scène médiatique.

En signant le traité de Maastricht en 1992, François Mitterrand a abrogé le « monopole » de la Sécurité sociale, c’est-à-dire l’obligation pour tous de cotiser. Cependant, en 1996, la Cour de cassation, organe judiciaire suprême au niveau national, s’est opposée à l’application de la primauté du droit communautaire sur le droit national en termes de protection sociale. La Cour européenne avait répondu en 1999 par un arrêt condamnant la France « pour avoir manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des directives de 1992 », et par celui du 25 mai 2000 définissant les régimes français de Sécurité sociale comme des régimes professionnels, donc soumis à concurrence. En 2005, une directive européenne portant sur les pratiques commerciales a été transposée dans le droit français sous le nom de loi Chatel II, faisant du droit communautaire un droit français à part entière.

Dernier épisode en date, l’arrêt du 3 octobre 2013 de la Cour de justice de l’Union européenne qui a condamné - au nom de la directive de 2005 - une caisse d’assurance-maladie du régime allemand de sécurité sociale pour « pratiques commerciales déloyales vis-à-vis des consommateurs ». Un nouvel épisode du principe de « concurrence libre et non-faussée » inscrit dans le traité de Lisbonne, honteusement ratifié en 2007 par le Congrès français contre l’avis du peuple exprimé par référendum le 29 mai 2005.

Cette affaire pourrait sembler éloignée de la problématique française. Comme la Sécurité sociale française, cette caisse allemande est un organisme de droit public ne poursuivant aucun but lucratif, mais un objectif exclusivement social. C’est ce jugement qui va faire jurisprudence, car les décisions de la Cour européenne concernent par définition tous les États de l’Union.

Le jugement de la CJUE éclaire donc d’une lumière crue la situation de la Sécurité sociale française vis-à-vis du droit européen. Dans toute l’Union européenne, les caisses sociales faisant de l’assurance sont donc considérées comme des entreprises soumises à concurrence et relèvent du droit privé. Les caisses sociales faisant de l’assurance sont considérées comme des entreprises et leurs affiliés comme des consommateurs.

Dans un communiqué daté du 29 octobre 2013 [2], la Direction de la Sécurité sociale prétend que l’arrêt du 3 octobre 2013 « ne change rien à l’obligation de cotiser auprès de la Sécurité sociale française ». Communiqué qui ne cite malheureusement jamais la loi Chatel II, loi pourtant majeure dans le droit français importé du droit européen.

La bataille juridique n’est donc pas terminée. Mais ce jugement fragilise plus que jamais le statut de la Sécu. Lorsqu’une entreprise privée ou un lobby de « défenseurs des consommateurs » portera plainte contre la Sécurité sociale française pour « concurrence ou publicité déloyale », le jugement de la CJUE ne pourra pas être différent de celui du 3 octobre 2013.

Pour combattre le système libéral européen et ainsi défendre la Sécurité sociale, il faut avoir à l’esprit que le système social français, dans son ensemble, est triplement victime de l’Union européenne :

  • il est victime du libre-échange qu’organisent les traités européens. Ces derniers suppriment toutes les barrières douanières et instaurent la « libre » circulation des marchandises et des capitaux entre les pays de l’Union. Ils mettent donc en concurrence les salaires, le droit du travail et les lois sociales des travailleurs français avec ceux - plus avantageux pour le patronat - des salariés d’autres pays.
  • il est victime des institutions européennes qui le harcèlent juridiquement. Outre la Sécu, les services publics tombent juridiquement sous le coup de la directive « Services » qui ne reconnaît pas les services publics français et les assimile à des entreprises de droit privé.
  • il est victime de l’euro, pour la survie duquel sont menées des politiques d’austérité budgétaire qui le ruinent, comme elles ruinent les peuples de la zone euro et détruisent les nations.

Le système américain du chacun pour soi, négation même du système social, et qui laisse des millions d’individus crever sans assistance, doit-il faire référence au détriment du système français par solidarité ?

Lors de l’Université d’automne du M’PEP qui s’est tenue début novembre 2013, Léon Landini, Résistant, membre des Francs-tireurs et partisans, rappelait que les hommes qui se sont battus pour chasser l’occupant durant la Seconde Guerre mondiale l’ont également fait pour que vive le programme du CNR, un programme porteur d’espoir pour l’émancipation humaine et pour que viennent des jours heureux.

Les financiers, les affairistes et les membres de la classe sociale dominante tentent donc à travers l’Union européenne de reprendre ce que le Front populaire, la Résistance, la Libération et les luttes victorieuses des travailleurs leur ont arraché au prix du sang et des larmes au cours du XXème siècle. Ils progressent, pas-à-pas, lentement mais sûrement depuis quarante ans, masqués derrière un projet de prétendue « Union européenne », qui n’est que l’union de leurs intérêts contre ceux des travailleurs.


Pour sauver la Sécurité sociale, il faut que la France sorte de l’Union européenne. Réclamer plus de justice sociale pour que vive le système social français, comme le fait depuis toujours le monde syndical et politique de gauche ne suffit plus. Il faut d’abord remettre des barrières douanières au niveau national – ce qu’interdisent les traités européens – pour mettre à bas le libre-échange. Libre-échange dans le cadre duquel toute mesure de justice sociale se traduit fatalement par un exode du capital et des entreprises. Un chantage auquel la France n’a que trop cédé jusqu’à maintenant.


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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 23:09

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces 14 et 15 décembre avait lieu le 4 ème Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) à Madrid sous le thème « Refonder l'Europe  ». Beaucoup de confusion sur ce «  parti européen  », beaucoup de raccourcis, un éclairage communiste est nécessaire.

 

 

 

« Change Europe », c'est le mot d'ordre choisi en anglais pour ce 4 ème congrès du PGE. « Change l'Europe  » (ou «  bouge l'Europe  »), l'optique est de réformer, réorienter cette Union européenne. Le mot d'ordre équivoque de « refondation » était aussi omniprésent.

 

Le PGE, un parti européen minoritaire chez les communistes et la gauche d'alternative

 

Tout d'abord, qu'est-ce que le PGE ? Ou qu'est-ce qu'il n'est pas. Il n'est pas un « front » réunissant toutes les organisations communistes, ou au-delà de la gauche radicale. Loin de là.

 

Dès sa fondation, en 2004, plusieurs partis communistes influents ont refusé d'y adhérer  : les PC portugais (PCP), grec (KKE), tchèque (KSCM), chypriote (AKEL), italien (PdCI). D'autres ne l'ont pas rejoint : allemand, luxembourgeois, hongrois, slovaque, ou le Parti du travail de Belgique.

Même des partis de la « gauche radicale  » nordique refusent d’adhérer au PGE, pour garder leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.

 

Le PGE représente ainsi seulement des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal et des formations en rupture avec l’héritage communiste  : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie – tous de la sinistre tradition euro-communiste – Die Linke en Allemagne.

Rappelons que le PGE n'est pas synonyme du groupe parlementaire européen GUE/NGL. Le PGE est un parti politique européen, financé par la Commission européenne pour « faire la promotion de l'idée et de l'intégration européenne ». Comme le PSE ou le PPE.

Sur les 34 députés qui forment le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), seuls 16 font partie du PGE dont la moitié de Die Linke.

 

Le programme du PGE : ré-orienter la construction européenne, humaniser le capitalisme

 

Si on écoute Tsipras, « l'Europe est à un carrefour  : soit on stagne et on recule, soit on va de l'avant, avec la Gauche européenne ». Le PGE serait la force de régénérescence d'une UE à bout de souffle, proposant ses services pour relever le drapeau de la « belle » idée européenne foulée aux pieds.

Si on suit les points relevés par Pierre Laurent, issus du document politique, le PGE propose six axes, beaucoup de belles idées, « humanistes », trans-classistes, souvent floues, mais aussi des propositions concrètes toutes axées sur le monde de la finance. 

Si on en reste aux propositions concrètes, on peut les résumer sous les phrases suivantes, présentes dans le document  : « transformer les outils existants en outils de coopération au service des peuples », « mettre l'économie ( = le capitalisme) au service de l'humain »

 

  • L'harmonisation des salaires, vers un salaire minimum européen – qui peut croire que le salaire minimum roumain ou grec sera aligné sur le SMIC français  ? C'est soit une utopie vaine, soit une proposition dangereuse pour baisser les salaires des pays les plus avancés.

  • « Refonder l'Euro pour le mettre au service des besoins des peuples  » – rien de moins que proposer de faire de l'Euro, monnaie du capital, une monnaie au service des travailleurs. C'est comme vouloir qu'un requin se transforme en colombe, par un coup de baguette !

  • « Une stratégie commune à travers des politiques budgétaires alternatives basées sur des budgets suffisants » – une phrase ambiguë mais qui suppose une intégration budgétaire accrue, via la contrainte monétaire, une augmentation du budget européen, et un dessaisissement des peuples  : en somme, un TSCG de gauche  !Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes. " Sauf qu'à ce positionner en désertion, de fait, de la défense de la nation et de sa nécessaire souveraineté Pierre Laurent devient un des carburants de cette montée du nationalisme. Il est un des alliés objectif du FN. Toute force de gauche qui déserte le terrain de la souverainté nationale alimente le " ventre fécond d'où est sortie la bête immonde ". En diabolisant les communistes qui ne partage pas sa fuite en avant européiste il ne faudra pas qu'il se plaigne d'être à son tour diabolisé.

  • «  Réorienter la BCE, son rôle, ses missions, son statut  » – un projet aussi utopique que ré-orienter le FMI : comment les peuples pourraient transformer cet outil dont la raison d'être est de fixer une politique au service du grand capital. Surtout que le projet du PGE est modeste : prévoir des missions de croissance (comme pour la FED américaine), lui attribuer un rôle de préteur en dernier ressort. Du keynésianisme très modéré !

  • « Changer les critères d'utilisation de l'argent par les banques et les grands groupes » – en somme, la BCE conditionnerait ses crédits en fonction de critères sociaux, écologiques, tout comme les Etats pénaliseraient ou récompenseraient les entreprises selon leur politique. Il y a un bon capitalisme (productif, responsable) et un mauvais (financier, immoral), et le PGE est prêt à récompenser le capital responsable par peut-être des exonérations fiscales, des subventions, du crédit facile. Cela passerait, dans la lignée du projet de pétition européenne lancé il y a deux ans par la constitution d'un « fonds européen pour le développement social et écologique ». Le PGE vient de ré-inventer le FEDER et le FSE !

  • « Créer une banque publique européenne, ainsi que des pôles publics bancaires nationaux pour changer les critères de fonctionnement de l'économie réelle  » - on voit ici ce que le PGE entend par «  développement des services publics  », d'un côté des grandes institutions publiques européennes (ici bancaires), de l'autre des pôles publics nationaux … en concurrence avec des pôles privés : surtout pas de monopoles publics nationaux. L'objectif de cette banque serait « de ne pas servir la spéculation mais à créer des emplois, financer l'économie réelle », encore une opposition simpliste et fallacieuse entre capitalisme productif et capitalisme financier ;

  • enfin, l' « allègement de la dette  » - avec des mesures d'abolition d'une part de la dette, de révision des échéances et conditions de remboursement. Une mesure de bon sens … pour le capital bancaire européen si il veut obtenir remboursement … et s'il veut étendre le supplice de la dette sur plusieurs décennies (on peut repenser au sort de l'Allemagne dans les années 1920, ou après 1945, Tsipras aime à faire référence aux accords de Londres signés avec la RFA … face au péril communiste et dans les intérêts du capital allemand et européen)  ;

 

On pourrait, sur le plan politique, sourire sur les propositions de « démocratisation de l'Union européenne », proposant de donner plus de pouvoir au Parlement européen, et de se saisir de l'outil de la « pétition européenne » … dont la Commission a refusé d'enregistrer celle du PGE (pour un « fonds européen social et responsable »), pour mieux la jeter à la poubelle, sic !

 

Il est frappant de remarquer que toutes ces propositions – ré-orientation de la BCE, refondation de l'Euro, allégement de la dette, critères de sélectivité du crédit, fonds social européen – ont été reprises telle quelle dans toutes les feuilles de route de congrès ou de convention des partis du PGE : Syriza, Die Linke, PCF-Front de gauche, PCE-Izquierda Unida, Refondation communiste.

 

Mais qu'y-a-t-il de commun à toutes ces propositions  ? 1) Elle propose des réformes modérées du système capitaliste, pour l' « humaniser  », tout au plus une régulation de son volet financier  ; 2) Elles s'articulent toutes à l'échelon européen, supposant plus d'intégration européenne.

 

Plus d'Europe, ré-orienter les mécanismes financiers prédateurs de cette UE … pour sauver l'Europe, et relancer l'économie capitaliste !

 

Sortir de l'Euro ou sauver l'Euro  ? Le PGE à la rescousse de l'Europe du capital

 

C'est la question centrale. Ni Tsipras, ni Laurent n'ont pu l'occulter. Il est frappant de voir l'évolution du constat du PGE entre le dernier congrès de 2010 et celui-ci. Le PGE ne peut plus défendre le mythe des fondements justes de l'UE, supposément dévoyés depuis 2008.

 

Désormais, le PGE découvre que l'Euro a été « une monnaie au service du grand capital  », Pierre Laurent réalise soudain que « les fondements de la construction européenne sont en cause  », que «  la crise a révélé les tares fondamentales de la construction européenne  ».

Toutefois, sur l'Euro, Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes.

 

On peut rappeler que plusieurs partis communistes – comme le PC portugais, grec, chypriote, luxembourgeois – remettent désormais directement en cause l'Euro, envisageant d'en sortir. Que même des personnalités, plutôt dans l'optique du PGE, comme Julio Anguita en Espagne ou Oskar Lafontaine en Allemagne se sont prononcés contre la monnaie unique dernièrement.

 

Tsipras est plus direct, tout son discours est orienté autour de la « refondation de l'Euro  », suivant la ligne qu'il a défendu ses derniers mois  : « Non à l'austérité, oui à l'Euro ».

Tsipras constate que cette « union monétaire divise les Etats-membres, les sociétés, augmente le chômage, la pauvreté et les inégalités  ». Pour lui, elle doit être « soit refondée, soit dissoute », cette « refondation signifiant changement », un « changement pour l'Europe qui est désormais une question existentielle ». Sauver l'Euro pour sauver l'Europe, c'est l'idée de Tsipras !

Tsipras martèle ses propositions, en filigrane, sur l' « union monétaire  »  : l'Euro doit porter une responsabilité sociale (sic), la BCE doit être renforcée comme banque centrale.

 

Loin de porter frontalement l'exigence de rupture avec la « Troika  » (BCE-UE-FMI), Tsipras et le PGE portent l'objectif de « réforme  », « ré-orientation », en premier lieu de l'outil qui permet à la «  Troika  » d'imposer ses politiques, l'Euro.

 

Le PGE et Tsipras se proposent finalement de collaborer avec les dirigeants de l'UE, espérant obtenir de la négociation un « allègement du fardeau austéritaire  ».

 

Refonder l'Europe : une utopie irréaliste dangereuse, un projet réaliste réformiste

 

« Refonder l'Europe », le choix des termes n'est pas anodin. Tsipras évacue la subtilité : «  refondation = changement/réforme  ». En réalité, si la dimension de «  refondation » porte cette idée réformiste, elle recèle d'autres potentialités, y ajoutant une dimension idéaliste, utopique.

 

En effet, le PGE, pour la première fois, doit admettre que les fondements de la construction européenne sont viciés. Il le fait à reculons.  Ainsi, hors Lisbonne aucune remise en cause des Traités – ni Rome, ni Maastricht – n'est actée, tout comme aucune remise en cause de l'Euro.

Si les fondements sont orientés dans une mauvaise direction, celle du capital financier, il faut donc poser de nouvelles fondations, refonder cette construction européenne.

 

Mais sur quelles bases cette Europe doit être « refondée » : l' « humain » pour le PGE. Une idée abstraite détachée des classes concrètes, de leurs contradictions et de leur lutte.

Dans des sociétés dominées par le capital et ses représentants, vouloir re-batir une Europe humaine (ou même du travail) est une utopie. La réaliser serait déjà supposer que des gouvernements alternatifs de gauche seraient déjà présents dans toute l'Europe … ce qui de fait dissoudrait cette Europe-là, rendant l'Union européenne caduque.

Dans le rapport de force actuel, c'est un rêve. Celui que caressait naguère les romantiques puis les trotskistes sur les « États-Unis d'Europe », justement dénoncés par Lénine.

Pour Lénine, ils étaient irréalisables à moins de réaliser le socialisme partout (donc de le rendre caduc), étroitement limités à l'Europe (pourquoi pas « Etats-unis du monde », car il s'agit d'une construction d'un bloc impérialiste), enfin justifiant l'union des cartels capitalistes européens.

 

Un rêve idéaliste qui permet de justifier des compromis réalistes. Tsipras a raison « refondation = réforme », la seule perspective réalisable, c'est la re-négociation de cette Europe, un allègement de la dette pour sauver l'Europe du capital.

Ainsi Pierre Laurent, une fois sorti du « monde des étoiles » revient sur terre, tout en marchant sur la tête :

« Aujourd'hui, l'Europe est dans une impasse de civilisation. Les dirigeants européens, enfermés dans leurs dogmes n'ont pas de vision d'avenir pour l'Europe. Ils sont en train de tuer l'idée d'une Europe de coopérations et de solidarité ».

 

Qui doit sauver « l'idée » européenne : « nous, PGE, avons à prendre à charge l'avenir de l'Europe »

 

Le programme d'action du PGE  : une OPA sur le mouvement communiste et la gauche d'alternative

 

Quelles lignes d'action pour le PGE, dans les mois à venir ? On eut attendu d'une organisation de « gauche radicale » une attention aux luttes concrètes contre les politiques d'austérité, une réflexion sur les conditions du passage à une société alternative. Rien de tout cela.

 

Du côté du « mouvement social », le PGE délègue au mouvement syndical regroupé dans la CES, cette organisation européenne regroupant 85 syndicats – démocrates-chrétiennes, sociaux-démocrates, libéraux pour l'essentiel – et destiné à promouvoir le « dialogue social européen » dans une « Europe de paix et de stabilité ».

Bernadette Ségol, secrétaire de la CES – une française qui n'a jamais milité dans un syndicat français – et Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire des Commissions ouvrières (CC.OO) espagnoles et président de la CES, étaient au congrès du PGE à Madrid.

Le dirigeant espagnol – qui freine le mouvement en Espagne – n'a pas eu un mot pour les luttes, il a insisté sur les « réformes » à mettre en place à l'échelle européenne : un plan de relance européen financé par une Taxe Tobin, des euro-obligations et mécanismes de solidarité européens.

 

Le PGE a également les yeux tournés vers les prochaines élections européennes de 2014. Il ne cherche rien de moins qu'à faire une OPA sur la gauche d'alternative, à en finir avec un mouvement communiste indépendant, sur des positions de classe.

Premièrement, par la candidature d'Alexis Tsipras, chef de SYRIZA, à la Commission européenne. Cette idée a créé des remous à gauche, même au sein du PGE. Sa candidature n'a été votée qu'à moins de 80 % des délégués présents à Madrid !

Elle pose plus d'un problème. De une, elle donne une légitimité à une institution anti-démocratique, la Commission, dans une élection sans enjeu. De deux, le PGE s'arroge le droit de présenter une candidature au nom de la « gauche d'alternative » qui ne se reconnaît pas dans le PGE et son choix.

Enfin, de trois, la mutation de SYRIZA de plus en plus nette en PASOK 2.0, en social-démocratie de substitution avec l'afflux massif de transfuges du Parti socialiste, la transformation en « parti unique », éliminant toute voix dissonante de gauche interne, centrée autour d'une personnalité et d'une ligne institutionnelle, pro-européenne et de gestion, pose problème.

Tout comme la personnalité de Tsipras qui a passé les douze derniers mois à rencontrer les dirigeants de l'UE, de la BCE, du FMI, de l’État allemand pour les rassurer : « Je ne suis pas dangereux », aime-t-il à leur répéter, je suis là « pour sauver l'Euro, l'Europe ».

Tsipras n'hésite pas à récupérer des références très lointaines par rapport à la tradition communiste« New Deal », « plan Marshall », « accords de Londres de 1953 », un mélange de keynésianisme régulateur, de réformisme assumé et de projets impérialistes manifestes !

En mars 2012, il avait même envoyé une lettre à Mario Draghi, Hermann van Rompuy et José Manuel Barroso pour se poser comme recours non seulement pour restaurer la stabilité en Grèce mais aussi dans toute l'Europe. Drôle de fossoyeur de l'UE que celui qui s'en veut le sauveur.

 

Parmi les autres initiatives que propose le PGE, la constitution d'un « forum européen des alternatives » à l'automne 2014, visant les forces politiques, sociales et syndicats qui ne sont pas membres du PGE, selon le schéma essoufflé des « forums sociaux », qui à l'origine voulaient de façon louable échapper à toute récupération politicienne.

Le but est clairement de faire main basse sur toute une frange de l'opposition de gauche au système, susceptible d'échapper à l'influence des institutions de l'Union européenne du capital.


Seule campagne de lutte, le refus du « grand marché trans-atlantique » en 2014. Il est évident que ce projet de libre-échange USA-Canada-Europe est porteur de périls – notamment pour la libéralisation-privatisation des services publics, pour la défense de notre agriculture, notre industrie.

Toutefois, cette campagne est non sans arrières pensées. Car elle oppose implicitement une « bonne Europe » indépendante, à une « mauvaise Europe » sous influence américaine. Non à l'Europe américaine, ce serait oui à l'Europe tout court !

Plus pernicieux, elle omet que l'UE va utiliser l'accord de libre-échange trans-atlantique comme un cheval de troie pour pousser un processus de libéralisation-privatisation, de casse de l'appareil productif qu'elle a déjà largement entamé, achevé parfois dans de nombreux secteurs par ses outils propres : directives de libéralisation, politique agricole commune, CECA.

 

 

Maité Mola, représentante d'Izquierda Unida, et Pierre Laurent ont conclu dans les mêmes termes : « le congrès du PGE, c'est le congrès du futur de l'Europe ». Le PGE se veut sauveur de l'Europe du capital, aux communistes de construire le mouvement pour l'enterrer !

 

Commentaire d'Action Communiste : Il est urgent que les militants du PCF sortent du bourbier européen.  Nous partageons l'avis des communistes qui s'expriment sur le blog "Pcf Bassin d'Arcachon".  Ils commentent la position du PGE ainsi :


Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes. " Sauf qu'à se positionner en désertion, de fait, de la défense de la nation et de sa nécessaire souveraineté Pierre Laurent devient un des carburants de cette montée du nationalisme. Il est un des alliés objectif du FN. Toute force de gauche qui déserte le terrain de la souverainté nationale alimente le " ventre fécond d'où est sortie la bête immonde ". En diabolisant les communistes qui ne partagent pas sa fuite en avant européiste il ne faudra pas qu'il se plaigne d'être à son tour diabolisé.

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 16:21

cartePCF2013

 

Lu sur le site: http://www.pcfbassin.fr/ 

 

Parti de la Gauche Européenne, financement par l’Europe,

conditions à remplir.

 

 

Aux fins du présent règlement, on entend par :

 

1) «parti politique»: une association de citoyens: — qui poursuit des objectifs politiques, et — qui est reconnue par, ou établie en conformité avec, l'ordre juridique d'au moins un État membre;

 

2) «alliance de partis politiques»: une coopération structurée entre deux partis politiques au moins;

 

3) «parti politique au niveau européen»: un parti politique ou une alliance de partis politiques qui remplit les conditions visées à l'article 3.

 

 

Article 3 Conditions


Un parti politique au niveau européen remplit les conditions suivantes:


 

a) avoir la personnalité juridique dans l'État membre où il a son siège;

 

 

b) être représenté, dans au moins un quart des États membres, par des membres du Parlement européen ou dans les parlements nationaux ou régionaux ou dans les assemblées régionales, ou avoir réuni, dans au moins un quart des États membres, au moins trois pour cent des votes exprimés dans chacun de ces États membres lors des dernières élections au Parlement européen;

 

 

c) respecter, notamment dans son programme et par son action, les principes sur lesquels l'Union européenne est fondée, à savoir les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l'État de droit ;


 

d) avoir participé aux élections au Parlement européen ou en avoir exprimé l'intention. »

 

 

Commentaires :

Et une des libertés fondamentales pour l’Europe est la liberté d’entreprendre avec son corollaire la concurrence « libre et non faussée ».

Le PGE adhère donc, de fait, à ces postulats, "les principes sur lesquels l'Union européenne est fondée" et donc à ses traités. 


Source

 

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