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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 13:48

REPRIS SUR
LE BLOG DE DIABLO

 

boycott-UE-1

http://www.m-pep.org/spip.php?article3528

ou

http://cnr-rue.fr/le-cnr-rue/#signez_les_appels

 

Personnalités et organisations appelants à l’abstention et au boycott :

 

  1. 1.      Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP), pétition :

http://www.m-pep.org/spip.php?article3528

  1. 2.      Comté national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) pétition :

http://cnr-rue.fr/le-cnr-rue/#signez_les_appels

  1. 3.      Emmanuel TODD  historien français, anthropologue, démographe, sociologue et essayiste. Ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).

http://www.marianne.net/Emmanuel-Todd-L-euro-un-veau-d-or-francais_a235517.html

  1. 4.      André BELLON, Ancien Président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2402.

  1. 5.      Une autre pétition de citoyens : Le boycott est l’arme de la démocratie directe ! :

http://nantes.indymedia.org/articles/16977

  1. 6.       POI (Parti ouvrier indépendant) :

http://parti-ouvrier-independant.fr/2014/04/08/appel-a-tous-les-travailleurs-et-citoyens-confirmons-le-rejet-de-la-politique-anti-ouvriere-de-hollande-amplifions-le-rejet-des-politiques-dausterite-de-lunion-eu/

  1. 7.      MRC (Mouvement Républicain et Citoyen de JP Chevènement)

http://www.mrc-france.org/Appel-du-MRC-a-l-abstention-C-est-un-non-republicain-de-resistance_a605.html

  1. 8.       UPF (Union du Peuple Français) mouvement gaulliste et républicain :

http://www.union-du-peuple-francais.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=80:pourquoi-nous-avons-decide-de-boycotter-leurope-&catid=37:communiques-upf&Itemid=58

  1. 9.       Comité Valmy :

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4409

  1. 10.     PRCF :

http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/decevez-pen-cnr-rue-boycottez-leuro-mascarade-du-25-mai-georges-gastaud

  1. 11.     Clubs "Penser la France" :
  1. http://www.penser-la-france.asso.fr

        12.  Action Communiste.  Sur ce blog notre déclaration.

 

 

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 13:19

pcf-interet-national

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 08:50

boycott

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 06:50

CNR-RUE-Boycott-UEa

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 06:45


Le Parlement européen ne remettra jamais en cause les traités européens qui nous pourrissent la vie !

Boycottons les élections européennes !

Lors du vote sur le Traité de Maastricht (1992), on nous avait promis avec l’euro et l’UE, l’Europe sociale, la prospérité économique, la démocratie et la paix. On nous avait affirmé que l'’UE serait un contre-poids à la puissance étatsunienne.

Aujourd’hui notre expérience nous prouve que l’UE c’est tout le contraire. Il s’agissait essentiellement de poursuivre ce qui avait été commencé avec le traité de Rome en 1957 : ce traité établissait la libre circulation des marchandises.  Il avait été conclu avec la bénédiction des Etats-Unis.  C'était le volet économique de la guerre froide.  Le Marché unique prévoyait également "l'abolition, entre les Etats membres, des obstacles à la libre circulation des personnes, des services et des capitaux".  Avec les traités ultérieurs ils sont allés de plus en plus loin pour permettre au Capital de se déployer sans entraves.

L’Europe sociale est un mensonge et une illusion.  L’euro, c’est l’effondrement du pouvoir d’achat, c’est le recul des exportations et la casse de l'industrie en France.  C’est aussi l’austérité sans fin, les attaques contre la Sécurité sociale.  Ce sont les retraites rognées, le temps de travail allongé quotidiennement, annuellement et pour la vie toute entière.  C'est moins de les services publics et l'inégalité des territoires, l'inégalité pour les soins, l'inégalité pour l'école.  C’est la mise en tutelle du budget national par les autorités européennes. L’U.E., c’est la récession, les délocalisations - et PSA vient d'en donner la preuve avec la délocalisation en Slovaquie - ;  l'UE c'est le don au Capital de tout ce qui peut faire profit.  Le secteur public, touchant aux intérêts vitaux des Français, a été ainsi bradé : Transports, énergie, poste et télécommunications, eau, santé ... L'UE, c'est la précarité, les salaires en berne, le travail partiel, le chômage.  En France, l’U.E. ce sont toutes les mesures austéritaires décidées par les gouvernements de droite, puis par Hollande-Ayrault, et enfin par Hollande-Valls-Gattaz.  50 milliards vont ainsi passer du Travail au Capital, 50 milliards pris sur les services publics et les salaires pour grossir les revenus des actionnaires de plus en plus gourmands.


L’UE, c’est la guerre.   Ç'a été la guerre en Yougoslavie.  Aujourd'hui, l’Ukraine est au bord de la guerre civile en Ukraine à cause de l'intervention de l'UE et des Etats-Unis.
L’UE, c’est la domination américaine sur les peuples européens.  L'OTAN est devenue le bras armé de l'UE et se mêle des questions européennes.  Les Etats-Unis, avec l’UE ont attisé les tensions en Ukraine, favorisé les mouvements d’extrême-droite dans le but d’isoler la Russie, qui, avec la Chine, l’Inde, le Brésil, et l’Afrique du Sud s’opposent à la domination des Etats-Unis et de leurs alliés.  Pire, le traité transatlantique, négocié dans le plus grand secret, aboutira  au contrôle de notre économie et de nos droits sociaux par les Etats-Unis et leurs multinationales.


L’UE, le Parlement européen ne sont pas démocratiques. 
Nous avions voté NON à « la concurrence libre et non faussée » du Traité constitutionnel.  Les socialistes et la droite nous l’ont imposée avec le traité de Lisbonne.  Le Parlement européen n’a rien trouvé à redire à ce déni de démocratie. Le peuple français, la classe ouvrière, les salariés ne sont pas représentés par le parlement européen.  Leur intérêt y est nié tout au contraire. Le Parlement ne change jamais une décision de la commission européenne.  Car chaque fois que le Parlement refuse une décision, il négocie ensuite un compromis.  C’est ainsi qu’il a pérennisé la directive sur le travail détaché. C’est le même principe que le « dialogue social » cher au patronat, au PS et à la droite, « dialogue » qui se finit toujours par la casse des droits des travailleurs.
L’UE, le Parlement européen sont des institutions supranationales qui agissent contre les souverainetés nationales, contre les peuples.  En réalité l’UE permet aux gouvernements de droite et socio-libéraux d’infliger aux peuples les politiques que ceux-ci ont refusé au plan national.  C'est ainsi que cela se passe en Espagne, en Grèce, au Portugal … et en France. 

Voter ne sert qu’à légitimer cette UE supranationale.


Le FN est un leurre.  C'est un parti anti-syndical, anti-communiste, anti-démocratique et raciste.  Il cherche à épargner le Capital.  C’est la roue de secours de ce dernier. Il n’appelle pas, dans sa profession de foi, à sortir de l’UE.  Il sert à légitimer le Parlement européen et à faire voter.

L’Europe démocratique,  l’Europe sociale sont des mensonges et masquent la nature de classe capitaliste de l’U.E. L’U.E., l’euro, l’O.T.A.N. ne se sont pas amendables. La participation au Parlement n’empêchera aucune politique européenne de se faire, pas plus le traité atlantique que la réforme ferroviaire.  Le Front de gauche espère-t-il avec la GUE ( gauche unie européenne) que les socialistes européens voteront contre ces mesures ?  Impossible : ils ont participé à leur rédaction. Nous rejouera-t-on la farce de l’union de la gauche au Parlement européen avec les compromis qui y sont liés ? Les décisions européennes ne se négocient pas, elles se combattent.

Nous voulons des peuples libres, débarrassés du carcan européen.  Nous voulons des peuples souverains qui décident eux-mêmes de la politique économique, sociale de leur pays.  Nous voulons  pouvoir choisir de rompre avec « la concurrence libre et non faussée » et avec le capitalisme.  Nous voulons des Nations indépendantes qui établissent entre elles des coopérations mutuellement avantageuses et qui maîtrisent leur développement économique.

L’abstention politique  signifie l’opposition à l’UE du Capital. Plus l’abstention sera forte, plus le refus de la politique austéritaire européenne sera affirmée.  Plus l’abstention sera forte, plus l’exigence de souveraineté nationale et populaire sera puissanteEt plus les salariés et la classe ouvrière retrouveront des forces pour lutter avec, en perspective, la résistance aux mesures gouvernementales  européennes, la reconquête de leur souveraineté populaire.

Action Communiste

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 06:43
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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 05:42

Lu sur le site du PRCF

Selon le Diplo, l’abstention joue contre le FN : « le FN réalise ses meilleurs résultat lors des scrutins les plus mobilisateurs »

affiche boycott l'UELe 16 avril dernier, nous analysions en détail les chiffres de l’abstention, mettant en évidence la signification très politique de la vague d’abstention aux européennes :

Le Monde Diplomatique de Mai 2014 dans un article signé par Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen (auteurs d’un livre sur l’abstention) revient également sur le sujet dans un article au titre on ne peut plus explicite : « Une autre forme d’expression politique, Ce que s’abstenir veut dire ». Même si les deux auteurs s’intéressent plutôt aux résultats des dernières municipales, il est intéressant de confronter leur réflexion à celles que nous vous soumettions, notamment vis à vis de notre campagne pour l’abstention citoyenne et le boycott militant de l’élection européenne.

Ils apportent quelques chiffres très intéressants, en tout cas bien plus que le poncif éculé et surtout faux comme nous l’avons démontré que « à chaque consultation l’abstention bat un nouveau record » qui est malheureusement une nouvelle fois véhiculée ici. Manquant au passage de révéler les spécificités de l’abstention massive aux européennes.

D’abord, l’article rappelle que c’est près de 7% de la population qui n’est pas inscrite sur les listes électorales.
Ensuite, il rappelle que l’abstention concerne un corps électoral spécifique assez différents de l’ensemble de la population.

A travers notre analyse, nous mettions en évidence l’existence d’une abstention « socle » que nous l’on peut estimer à près de 20%

Cela confirme bien un taux d’abstention nominal résultat à la fois de la difficulté pour une partie de la population de voter et également du refus de l’élection ou du désintérêt pour la chose publique. On peut ici donner l’exemple de l’abstention des 18-30 ans qui, bien souvent, sont encore inscrits dans la commune de leur parents alors qu’ils travaillent ou étudient ailleurs.

Le Monde Diplomatique revient plus en détail sur ce point, rappelant les fortes contraintes de la procédure d’inscription, qui au passage démontre que derrière le campagne de pub pour la participation, le système se préoccupe fort peu du droit de vote des précaires, intérimaires et étudiants qui sont obligés de se déplacer aux quatre coins du pays. Ils soulignent ainsi que c’est près de 15% des inscrits soit six millions d’électeurs – essentiellement parmi les plus jeunes – qui ne résident pas à l’adresse où ils sont censés voter. Ils confirment ainsi sur ce point tout à fait notre argumentation : C’est près de 40% des électeurs qui font d’ores et déjà le choix civique, démocratique, conscient et totalement politique de refuser de prendre part à la farce électorale des européennes.

S’agissant de notre campagne pour le boycott des élections européennes, nous avons déjà pu démontrer dans un texte du 7 avril dernier que l’abstention citoyenne ce n’est pas faire le jeu du FN. Bien au contraire c’est le combattre !, battant en brèche la fausse croyance que « l’abstention ferait le jeu du FN » distillé en boucle par des médias tout occupé à faire la promotion de ce troisième parti du système.

Marine Le Pen elle même, d’autant plus fine connaissance de l’opinion publique qu’elle peut s’appuyer sur la fratrie Philippot spécialiste des sondages (Florian Philippot est passé par la SOFRES, quand Damien lui est de l’IFOP…), estime ainsi que son principal ennemi est l’abstention

Ce que confirme l’article du Diplo : « Contrairement à un préjugé largement répandu, le FN réalise d’ailleurs ses meilleurs résultats lors des scrutins les plus mobilisateurs, en particulier l’élection présidentielle« .

Si Madame Le Pen ne cesse de dénoncer l’abstention c’est en effet qu’elle en a peur, car seule l’abstention, en tant qu’acte politique fort et signifiant, est en mesure de l’affaiblir. D’autant qu’aucune force de gauche, aucune, ne se présente devant les citoyens pour proposer une sortie par la voie progressiste de l’euro, de l’UE et de l’OTAN.

Le boycott c’est briser l’alternative Charybde ou Scylla, de la peste ou du choléra, c’est à dire : pour protester contre l’euro et l’UE, je n’ai qu’une solution, voter pour des fascistes ou, pour voter contre eux, je vote pour ceux qui sont pour l’euro et l’UE. L’abstention citoyenne, le boycott engagé, motivé et même révolutionnaire est le moyen de refuser les deux mâchoires du piège. Et c’est cela qui fait peur à Le Pen comme à l’UMP, au PS, à EELV ou aux sections du PGE.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 15:31

COMPRENDRE POUR INTERVENIR ET AGIR



ELECTIONS EUROPEENNES
QUELS ENJEUX ?                                   
_________________________________________


DOSSIER SPECIAL



Le 25 Mai prochain auront lieu les Elections des Députés au Parlement de l’Union Européenne.

C’est une échéance importante pour les salarié(e)s (en  activité, au chômage ou retraité(e)s) car elle va leur permettre de peser sur cette union politique, économique et monétaire qui joue de plus en plus négativement contre leurs intérêts depuis maintenant plusieurs décennies.

Le positionnement des salariés citoyens comptera pour l’avenir.

POUR QUE CHAQUE SALARIE DECIDE EN FONCTION DE SES INTERETS

Face à ces échéances, la CGT qui avait appelé au rejet de la Constitution Européenne en 2005 se doit aujourd’hui, en toute indépendance, d’apporter aux salariés son éclairage syndical, au regard de l’expérience collective et des faits, pour concourir à la réflexion du salariat. Elle ne le fera pas en appelant les salarié(e)s à voter pour telle ou telle formation politique ; pas plus qu’elle ne prônera de voter ou de s’abstenir. Le choix de tel ou tel parti, comme celui de voter ou pas relève en effet du libre arbitre de chacune et de chacun.

Mais pour contribuer à ce que ce choix se fasse en connaissance de cause, la CGT ne peut qu’inviter les salarié(e)s à tirer un bilan de la construction européenne qui, durant ces trente dernières années, n’a pas cessé d’être approfondie (Acte Unique de 1986 et libre circulation des capitaux ; Traité de Maastricht en 1992 ; mise en place de l’Euro en 2001 et Traité de Lisbonne en 2008) pour en arriver aujourd’hui à enfermer toutes les politiques des pays membres dans un cadre supranational sur lequel chaque peuple a peu de prise.
 
TOUS LES GOUVERNEMENTS ONT CONSTRUIT L’UNION EUROPEENNE

Cette construction, en France comme ailleurs en Europe, s’est faite avec le concours constant des gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ces dernières décennies. Tous, tour à tour, ont promu la construction européenne au nom du progrès social, de la paix et de la démocratie et de la solidarité entre les peuples. « L’Europe », ça devait être la solution à tous les problèmes et, pour la construire, cela méritait tous les sacrifices - d’abord des salariés, bien sûr - car tous les efforts nécessaires aujourd’hui apporteraient de formidables résultats à l’avenir… Comme les promesses tardaient à se réaliser et, qu’au contraire, la situation devenait de plus en plus difficile, on nous a affirmé que cela venait du fait qu’on était pas allé assez loin et que si, sans doute, il fallait changer certaines choses, il était nécessaire qu’il y ait toujours « plus d’Europe » !
Et bien aujourd’hui, pour celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, qui sont en colère et qui ne veulent pas être toujours plus dépossédé de leur pouvoir de décision politique, il est nécessaire de dresser le bilan de cette expérience pour déterminer une position conforme à leurs intérêts économiques, sociaux et démocratiques.

DES RESULTATS SANS APPEL : DURS POUR LE TRAVAIL ET LE SALARIAT, DOUX POUR LES POSSEDANTS AVEC DES GAINS FABULEUX POUR LES CAPITALISTES

En France comme dans tous les autres pays membres de l’Union Européenne, pour l’immense majorité des populations, les résultats sont clairs, le chômage n’a pas cessé d’augmenter ; les salaires ont stagné ; la protection sociale a régressé et le Code du Travail a pris des coups…Cela s’explique notamment par la casse industrielle (la région Centre a perdu des dizaines de milliers d’emplois productifs) et par la dégradation importante des services et entreprises publics. Et, même si la situation en France ne revêt pas encore la gravité sociale qui est aujourd’hui celle de la Grèce ou du Portugal, nous sommes engagés dans un processus d’appauvrissement massif qui nourrit, tout à la fois, le sentiment fondé que nous vivons moins bien qu’hier et la crainte que demain cela soit encore pire pour nos enfants.

Cependant, si la construction européenne a fait très mal au monde du travail et au pays, il n’en a pas été de même pour les actionnaires des grandes entreprises de l’Industrie, des Services et de la Finance. Jamais leurs dividendes n’ont atteint de tels sommets, jamais ils n’ont bénéficié de telles aides, d’autant d’argent public, jamais le champ de leurs activités n’a été -du fait des privatisations- aussi étendu. Jamais ils n’ont pu, autant à leur guise, placer leurs capitaux où bon leur semble et mettre constamment les salarié(e)s des différents pays en concurrence.

Partout c’est plus de difficultés pour un nombre toujours plus grand de Femmes et d’Hommes ; partout c’est toujours plus de richesses pour une caste sans cesse plus puissante. Partout, c’est de moins en moins de pouvoir pour les peuples ; partout, c’est de plus en plus de liberté pour les puissances économiques et financières. Et, ceci explique cela !

IL NE FAUT PAS S’EN ETONNER, L’UNION EUROPEENNE EST FAITE POUR CA

L’Union Européenne est construite sur deux principes simples que ses partisans considèrent comme indiscutables.

Son premier principe est que, seul le capital est créateur de valeur économique.

Cela signifie que seule la propriété privée de la production -c'est-à-dire le capital- est créatrice de valeur économique. Tout doit donc être fait pour lui permettre de se déployer. Le capital doit pouvoir circuler librement (pas de frontières) ; son champ d’activité doit pouvoir s’exercer dans tous les secteurs d’activités (privatisations) ; chaque Etat doit le soutenir (aides publiques et faible fiscalité pour les profits)… c’est une condition impérative pour le bien-être de tous…

Evidemment, la conséquence de cette façon de voire les choses c’est que le « travail est un coût » (qu’il faut sans cesse « baisser pour être compétitif ») ;  que ses droits sont des obstacles à une bonne mise en valeur du capital (il faut donc les réduire) ;  et que toute activité publique constitue une dépense qu’il faut diminuer si nous ne voulons pas nous ruiner et sacrifier l’avenir de nos enfants). Et, comme les Etats - privés de la maîtrise de la création monétaire- sont contraints pour financer leur activité d’emprunter auprès d’investisseurs privés, auxquels nous servons les intérêts d’une dette qui ne diminue jamais…

Même si le bien-fondé de ce principe ne tient pas debout (comment justifier que l’activité de fonctionnaires soignants dans un hôpital public constituerait une dépense et que la même activité de salariés dans une clinique privée serait au contraire productrice de valeur économique ?),  c’est sa mise en chantier que  fondent les lois essentielles de l’Union Européenne. Et c’est leur application qui est réalisée, à l’échelle de l’ensemble des pays membres de l’Union, depuis des décennies.

Son second principe est, qu’aujourd’hui, l’échelle de la nation est trop petite pour gérer l’économie et la monnaie.
 
Les promoteurs de l’Union Européenne considèrent que nous sommes entrés dans une période de « guerre économique » mondialisée et que, pour pouvoir y tenir sa place, l’échelle de la nation n’est plus adaptée car elle est trop petite Il serait donc vital de créer des grands blocs économique et monétaire qui seuls nous permettraient de survivre.

Pour ce faire, ils ont adopté (au début, à l’échelle de six pays ; aujourd’hui, pour vingt-huit ; et demain ?..) des lois qui régissent cette activité économique et monétaire et les outils pour l’animer (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Cour de Justice Européenne).

L’expérience montre que ce changement d’échelle -l’abandon du rôle de chaque nation- a une conséquence politique centrale : l’affaiblissement, pour ne pas dire la perte, du pouvoir politique de chaque peuple sur les questions économiques et monétaires qui le concernent.

Nous sommes dirigés par des institutions sur lesquelles nous n’avons aucune prise : une Banque Centrale « indépendante » mais qui gère l’Euro en collaboration avec les banques privées et sous la tutelle des « marchés » ; une Cour de Justice qui impose la suprématie du droit européen sur chaque droit national ; et une Commission qui définit les orientations économiques, contraignant de ce fait les politiques sociales, et qui contrôle aussi la conformité de chaque budget national.

Bien entendu, aucune de ces institutions n’a jamais pris une décision à l’encontre des grands possédants… pas plus qu’elle ne l’a fait en faveur du monde du travail !

L’expérience le montre, dans ce système les peuples n’ont pas le droit à la parole. Et quand ils arrivent à la prendre, dirigeants français et européens n’en tiennent aucun compte (souvenons-nous comment fut méprisée la victoire du « non » lors du Référendum de 2005) !

Abolir la souveraineté politique de chaque peuple pour empêcher toute maîtrise publique de l’économie et de la monnaie, pour rendre impossible le financement de tout progrès social, voilà la raison d’être de l’Union Européenne !
 
Avec ces deux principes, nous sommes au cœur du mécanisme infernal que constitue l’Union Européenne : le premier, en affirmant que le capital est seul créateur de valeur économique, constitue une négation radicale de la qualité exclusive du travail comme unique créateur de richesses ; le second, en posant la nation comme dépassée, constitue une négation radicale du fondement de toute démocratie politique, la souveraineté de chaque peuple.

Depuis leurs accessions au pouvoir, les puissances économiques et financières ont compris qu’il existe une cohérence entre souveraineté politique populaire, maîtrise publique de l’économie et de la monnaie et institutions du progrès social. Parce que la dynamique de cette cohérence peut être fatale à leurs intérêts, ces puissances économiques et financières ont décidé de la briser. En ruinant toute possibilité de souveraineté politique de chaque peuple et en dévalorisant le travail, ils ont pu enfermer l’économie et la monnaie aux lois du Capital et alimenter leurs profits par une régression sociale sans précédent.
Toute l’histoire de l’Union Européenne ne constitue fondamentalement que la destruction acharnée de cette cohérence.

L’UNION EUROPEENNE VEUT FAIRE REVENIR L’HISTOIRE EN ARRIERE

Pour bien mesurer cette réalité, il faut faire un peu d’histoire car les puissants s’emploient à nous présenter les origines de cette affaire comme un conte de fées…bien loin de la réalité.

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, dans de nombreux pays, et particulièrement en France et en Italie, les peuples, forts de l’expérience de ces terribles événements ont fortement affirmé leur souveraineté politique. Ils ont imposé -pour en rester à l’essentiel et au cas de la France- une puissante maîtrise publique de l’économie et de la monnaie ; l’institution d’un système de protection sociale géré par ses bénéficiaires et des droits salariaux encadrés par le Code du Travail.
 
Ces profondes modifications économiques et sociales, conjuguée avec l’extension du système soviétique -qu’elle que soit l’opinion qu’on en ait eu- constituaient pour les puissances d’argent une menace insupportable car elles mettaient fortement en cause leur domination. Elles ont décidé de détruire en se donnant une stratégie et un outil communs pour atteindre leur objectif.
 
L’Union Européenne est une stratégie qui vise à assurer la domination du Capital.

Avec  à leur tête les grands possédants de France et d’Allemagne, ils ont décidé, sous la pression du gouvernement des Etats-Unis : leur concurrence ne prendrait plus de forme militaire. Certes, leur compétition continuerait -et elle se poursuit aujourd’hui- mais la priorité était de faire face ensemble à la montée en puissance politique des peuples, de reprendre la main sur l’économie et la monnaie, de pouvoir continuer à imposer la régression sociale.

C’est d’ailleurs dans cette stratégie -et non dans la fin des nationalismes qui n’en étaient que le déguisement- que se trouve l’origine de la fin des affrontements militaires en Europe Occidentale depuis près de soixante-dix ans. C’est la crainte de la puissance des peuples qui leur a imposé la paix. C’est pour affronter les peuples que les puissants ne se sont plus fait la guerre : ils sont passés, par nécessité, de l’affrontement militaire entre eux à la guerre contre les peuples.

Leur outil a un nom, il s’appelle intégration européenne. Sa grande efficacité, du point de vue des puissants, est qu’il permet de déconnecter l’économie et la monnaie de la souveraineté politique des peuples et donc de la maîtrise publique. L’économie et la monnaie sont régies par des lois qui établissent explicitement la souveraineté du capital : du Traité de Rome (1957) au Traité de Lisbonne (2008), en passant par l’Acte Unique européen (1986) et le Traité de Maastricht (1992), c’est ce qu’affirment tous les textes qui ont jalonné l’intégration européenne.


L’histoire de l’Union Européenne c’est la mise en chantier de cette stratégie de classe.

Pendant près de quatre décennies, les peuples ont résisté et les puissances économiques et financières ont eu du mal a imposé leur projet. Cependant, force est de constater que depuis le milieu des années 1980,  les événements se sont accélérés. Et toujours avec le même processus : des abandons de souveraineté politique des peuples (plus de pouvoirs à Bruxelles) ; des reculs de la maîtrise publique de l’économie (les vagues de privatisations) voire l’abandon de cette maîtrise publique pour la monnaie (création de l’Euro et indépendance de la Banque Centrale Européenne)…

Et c’est cette législation européenne qui rend illégale la maîtrise publique de l’économie -c'est-à-dire qui prive chaque peuple du fruit de son travail- qui a entrainé des régressions sociales insupportables pour la majorité des populations…et une richesse sans cesse accrue pour une minorité qui se gave des fruits du travail de l’immense majorité.

C’est en ce sens qu’il n’est pas exagéré d’affirmer, à la lumière de l’expérience, que l’Union Européenne veut faire tourner la roue de l’histoire en arrière. En effet, plus ça va et plus elle ressemble à un empire -qui a vocation constante à étendre son territoire- où l’aristocratie de l’argent a remplacé la noblesse de naissance et dans lequel les salariés n’auront bientôt pas plus de droits sur les richesses qu’ils produisent que les serfs d’avant la Révolution Française.

C’est assurément ce qui nous attend si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes de cette situation car la voracité des possédants est sans limite. Alors, comment résister à cette entreprise de destruction démocratique et sociale que constitue l’Union Européenne et avec quelles exigences contre-attaquer pour faire prévaloir nos droits en tant que citoyens membres d’un peuple souverain et en tant que salariés, producteurs seuls créateurs de richesses ?

Tirer les leçons de l’expérience est indispensable pour savoir à quoi nous avons à faire ; mais cela ne suffit pas. Pour nous imposer, il est aussi indispensable de résister et de passer à l’offensive. Résister aux discours des fanatiques de l’Union qui, à longueur de médias, prêtent à l’Union Européenne des valeurs qu’elle détruit et nous menacent des pires catastrophes dès que nous la mettons en cause. Passer à l’offensive, c'est-à-dire formuler ce que sont les conditions politiques et économiques nécessaires à une coopération entre les peuples d’Europe…et du reste du monde.

OSER AFFRONTER LE DISCOURS DES PARTISANS DE L’UNION EUROPEENNE

Pour commencer, ne pas perdre la guerre des mots. La question posée n’est pas celle comme on le dit souvent, sans en mesurer les conséquences, celle de « l’Europe ». Celle-ci  constitue une convention géographique qu’il n’est au pouvoir de personne de remettre en question.

Ce dont il s’agit c’est de « l’Union Européenne » qui est une construction politique, économique, monétaire et juridique. Elle a été faite et elle peut être défaite, sans que pour autant notre continent disparaisse. Un pays peut la quitter sans que la mer ne le submerge ou qu’il soit contraint pour le faire de dresser des murailles sur ces frontières. Nous avons vécu sans l’Union Européenne…et, si nous le décidons, nous pourrons le faire sans elle. Pas de panique, c’est  l’arme essentielle des promoteurs de l’intégration européenne !

Il est donc nécessaire de bien voir que remettre en question l’Union Européenne au nom de la souveraineté populaire et de la maîtrise publique de l’économie, ce n’est ni mettre en danger la paix, ni prendre le risque de la ruine économique, ni se fermer à toute coopération ou aux échanges de toutes sortes entre les peuples, ni manifester une quelconque xénophobie ou un « rejet de l’autre ».  Au contraire.

L’Union Européenne, ce n’est pas la paix, au contraire !

On nous serine : « L’Europe c’est la paix, la mettre en question ferait courir le risque du retour de la guerre ! ». Mais, depuis 1945, la paix en Europe occidentale n’a pas été le produit de la construction européenne mais, comme nous l’avons vu, le résultat d’une décision stratégique des possédants pour endiguer l’affirmation politique des peuples et faire face à une situation géopolitique issue de la Seconde Guerre Mondiale.

Hier, ce ne sont ni les nations, ni la souveraineté des peuples qui ont été à l’origine du déclenchement des guerres mais les affrontements entre des capitalistes concurrents -notamment ceux d’Allemagne et de France-. Et si ces guerres, visaient toujours à soumettre des nations et à asservir des peuples aux intérêts de puissances économiques et financières étrangères, l’exemple de la Seconde Guerre Mondiale, en France, montre que dans ces situations les classes dominantes du pays agressé ont collaboré avec les agresseurs -contre leur propre peuple-  pour trouver des compromis qui préservent leurs intérêts.

Aujourd’hui, c’est parce que, sous la houlette de l’Union Européenne, les puissances économiques et financières coalisées mettent les peuples en concurrence et abolissent la souveraineté politique de chaque peuple que se développent les tensions entre les pays appartenant à l’Union Européenne. Et on peut aussi constater que ces vingt dernières années, au fur et à mesure du renforcement de l’Union Européenne, les conflits se sont développés à son immédiate périphérie (ex Yougoslavie, Lybie, Syrie, Ukraine…), et que sa constante volonté d’expansion territoriale et son ambition de contrôler les sources d’énergies n’ont pas été étrangères au déclenchement de ces conflits.

Personne ne peut affirmer que l’Union Européenne a constitué un facteur de renforcement de la paix et de l’amitié entre les peuples, au contraire !

L’Union Européenne ce n’est pas la coopération, c’est la régression et les inégalités !

On nous rabâche : « Mettre en cause l’Union Européenne, c’est mettre en danger le développement économique et la coopération et les échanges entre les peuples ».

Si l’on considère les chiffres de la croissance, on ne peut pas dire qu’en matière de croissance économique l’Union Européenne ait un bilan flatteur. Hormis les profits des grands groupes, ce qui s’est développé, si l’on peut dire, ce sont la casse industrielle (la région Centre en sait quelque chose), les concentrations des grandes entreprises et leur main mise sur les sous traitants et les inégalités dans les échanges commerciaux entre les différents pays. D’ailleurs, de plus en plus d’économistes affirment que l’Euro constitue une cause essentielle de cette réalité. On ne peut pas dire qu’il s’agit là d’un exemple convaincant d’une coopération réussie entre les pays.

Sous prétexte d’échanges, c’est cette Union Européenne qui a surtout permis une totale liberté de circulation des capitaux. Et ce qui intéresse le Capital. Ce n’est ni le développement industriel sur chaque territoire, ni l’égalité des échanges et encore moins la coopération. Son but ce sont les profits et la concentration de la propriété.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui la majorité des grandes entreprises françaises sont aux mains de capitaux étrangers (le projet actuel de cession d’ALSTOM à GENERAL ELECTRIC ou à SIEMENS étant le dernier exemple de cette réalité)…

Toute l’histoire le montre, et près de trente ans de « libre circulation des capitaux » -le premier commandement de l’Union Européenne- le confirme : il ne peut pas exister de développement économique équilibré entre les territoires sans existence d’une maîtrise publique -forte pour l’économie et totale pour les banques et la monnaie-…et l’expérience montre aussi que cette maîtrise publique ne peut se fonder que sur un exercice vigilant de la souveraineté politique de chaque peuple.


L’Union Européenne interdit le débat politique, elle nous fait la morale !

Aujourd’hui, dès que l’on analyse l’Union Européenne comme une construction politique fondée, dans l’intérêt exclusif des puissances économiques et financières, sur la déstruction de chaque souveraineté populaire sur l’économie et la monnaie, c’est le branle bas de combat chez les partisans les plus durs de l’intégration européenne…comme chez nombre de celles et ceux qui prônent une « autre Europe ». On nous déclare : « La sortie de l’Europe et de l’Euro, c’est une hérésie économique et sociale » ; on nous assure qu’employer les termes de souveraineté populaire ou d’indépendance nationale serait faire preuve « de rejet de l’autre, de racisme, de xénophobie même ! ». Le débat n’est pas facile et la stigmatisation se substitue souvent à l’argument.

S’il est incontestable que le racisme existe -et les conséquences sociales et économiques des politiques menées au nom de l’Union Européenne n’y sont pas pour rien-, il est tout aussi incontestable que la majorité des citoyens de notre pays ne sont pas racistes, le taux des mariages mixtes -incomparablement supérieur en France que dans les autres pays de l’Union Européenne- le démontre. Alors ?

Alors, il ne faut pas tout confondre :

. Quand de plus en plus de Français éprouvent le sentiment qu’ils ne sont plus écoutés -individuellement, comme citoyen - ou collectivement, en tant que communauté politique souveraine.

. Quand ils ont le sentiment que les engagements des politiques ne sont pas tenus et que les décisions sont prises sans qu’ils soient consultés ou, pire même, contre l’avis qu’ils ont formulé.

. Et quand l’expérience ne leur donne pas tort et que, souvent, c’est au nom des « exigences » de la construction européenne que ces dénis de démocratie ont été faits.

Alors, il ne faut pas s’étonner que des millions de femmes et d’hommes de ce pays souffrent de ne pas avoir la maîtrise politique de leur vie et attribuent, à raison, la source de cette situation à l’Union Européenne et à ses promoteurs.

Les traiter de « racistes », « d’hérétiques » ou de « xénophobes » c’est, d’abord, confondre une catégorie importante de la morale -le respect de l’autre- avec une catégorie centrale de la politique -la souveraineté populaire- sans laquelle il ne peut exister de démocratie politique pleine et entière ; c’est,  ensuite, remplacer le débat démocratique, argument contre argument, par la stigmatisation et la diabolisation (il fut un temps où l’enfer était promis aux hérétiques) ; c’est, enfin, en refusant d’entendre une demande politique, préparer pour le coup, de beaux jours au racisme et à la xénophobie !


Retourner les arguments des partisans de l’intégration européenne contre eux et montrer que c’est elle qui est responsable de ce dont elle nous accuse, c’est une condition nécessaire pour qu’ait lieu le débat public qui nous permette de sortir de la régression démocratique, économique et sociale dans laquelle nous sommes enfoncés depuis trente ans.

Mais cela ne suffira pas. Pour gagner ce débat, il est indispensable de formuler et de faire partager les mesures dont l’adoption permettra de construire entre les peuples d’Europe, et plus largement entre tous les peuples, des coopérations mutuellement avantageuses et facteurs de développement et de paix.


CONJUGUER LES POINTS DE VUE DU TRAVAIL ET DE LA DEMOCRATIE, CE SONT LES SEULS  FONDEMENTS DE VERTITABLES COOPERATIONS ENTRE LES PEUPLES

A l’heure actuelle dans l’Union Européenne, tant au plan économique qu’au plan monétaire, il n’existe pas de coopération entre les peuples pour la simple raison que les peuples n’ont aucun pouvoir sur ces questions.

Sur le plan économique, du fait de la libre circulation des capitaux, tous les échanges économiques sont maîtrisés par les puissances économiques et réalisés dans la seule perspective de leur rentabilité. Les besoins des peuples, l’organisation territoriale de la production, les choix de production sont des exigences qui ne sont pas prises en compte.

Au plan monétaire, la situation est encore plus simple : l’existence de l’Euro et celle de la Banque Centrale fait que la puissance publique n‘a plus rien à dire sur cette question.

Dans ces deux domaines, les peuples n’existent plus !


Or, la condition première de la construction de coopérations, c’est l’existence des coopérateurs. La première question qui nous est posée, si nous voulons construire des coopérations, est de savoir quels sont les moyens nécessaires à l’existence de chaque coopérateur, c'est-à-dire de chaque peuple.

Contrairement à ce qu’on pense spontanément l’existence d’une coopération entre les peuples de l’Union Européenne, ne se joue pas à Bruxelles ou à Strasbourg. Dans ces « capitales de l’Union Européenne », c’est la destruction de réelles coopérations entre les peuples qui se réalise. La construction de réelles coopérations passe d’abord par la construction des coopérateurs ; c’est donc d’abord dans chaque pays que cette question est posée…Parce que c’est sur son territoire politique que chaque peuple pourra construire la réponse.

Evidemment,  dire cela ce n’est pas dire qu’il faut fermer les frontières, procéder au repli, se laisser enfermer dans une construction fédéraliste qui accentuera la mise en concurrence entre les régions avec tous les risques d’opposition entre les populations que cela induit !

Cela ne veut pas davantage signifier qu’il faut arrêter les échanges jusqu’au jour où chaque peuple sera prêt en attendant des jours meilleurs. Mais c’est bien voir que sans se placer dans cette perspective, tout ira de plus en plus mal et que toute possibilité de coopérations véritables sera inaccessible à des peuples dépourvus de toute puissance politique et économique.


En effet, si l’exercice de la souveraineté politique de chaque peuple ne peut se réaliser que dans sa nation, son territoire politique, elle doit aussi, pour être pleine et entière, se fonder sur la pleine maîtrise des richesses produites par son travail. Dimension politique, dimension démocratique et dimension anticapitaliste sont inséparables. Se donner pour objectif, comme c’est nécessaire, de restaurer la souveraineté populaire, sans assumer la nécessité anticapitaliste de sa réalisation, c’est se raconter des histoires car c’est ne pas se donner les moyens de son objectif.

Il ne peut exister de pleine souveraineté populaire sans les moyens de son exercice. En effet, une maîtrise publique importante de l’économie et du crédit et de la monnaie constitue une condition nécessaire pour pouvoir décider des grands choix de la production, des conditions de sa réalisation et d’une juste répartition des richesses créées par le travail.

Cela implique donc comme moyens, pour en rester à l’essentiel :  une forte maîtrise publique de l’économie et du système bancaire (pour maîtriser l’investissement et le crédit) ; une maîtrise publique exclusive de la production monétaire (pour sortir de l’esclavagisme de la dette qui n’est pas la nôtre) ; une augmentation massive des salaires et des moyens et du champ d’intervention de la protection sociale …bref, un ensemble de réformes qui permettent une maîtrise publique de l’économie et un statut du travail salarié qui concourent à l’exercice réel de sa citoyenneté individuelle et d’une souveraineté politique collective.

Cela implique évidemment l’abolition de la libre circulation des capitaux car, dans un monde où cette « liberté » a force de loi, tout ce qui est public (hier, les entreprises publiques ; aujourd’hui, les services publics ; et, demain, les administrations…) est condamné à tomber sous la coupe du Capital. Les décisions prises au cours des derniers jours par le Gouvernement Italien, de mettre fin au statut des fonctionnaires, ouvrent la voie pour le Gouvernement Français.

A l’inverse, se donner des objectifs sociaux de haut niveau en éludant le fait que seul l’exercice d’une souveraineté populaire nationale permettra de se donner les moyens économiques et monétaires de la réalisation de ces objectifs, c’est se raconter des histoires  et c’est entraîner celles et ceux à qui nous nous adressons dans une impasse désespérante. C’est la situation que nous vivons depuis plusieurs années.

Sur toute la planète, l’expérience montre qu’il n’y a jamais eu d’avancées anticapitalistes réelles hors du cadre de l’affirmation d’une souveraineté politique populaire nationale. Et que ce n’est qu’à partir de cette affirmation que se sont construites des solidarités plus larges Et, depuis des décennies, l’expérience montre aussi, que les appels réitérés au rassemblement européen des salariés -sans que celui-ci ne soit articulé d’abord sur une forte mobilisation nationale- sont d’une terrible inefficacité et n’ont pas empêché une seule mesure du Capital contre le travail. C’est aussi pour ces raisons que le peuple français a dit NON au CTE ( Traité de Communauté Européenne )

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser la nécessaire solidarité de classe à l’échelle internationale contre le Capital. Au contraire, c’est bien voir que pour que cette solidarité de classe se développe de façon efficace, elle a besoin de la médiation de la souveraineté politique de chaque peuple. Ce n’est qu’en s’affirmant politiquement comme citoyens, à la seule échelle politique dont ils disposent pour ce faire, celle de la nation, que les producteurs de richesses (les salariés) pourront construire leur puissance politique comme peuple et, ce faisant, construire un rassemblement efficace contre le capital. Toute autre démarche repose sur une illusion, celle de l’existence d’un « peuple européen » -voire mondial- qui ne peut pas exister, du fait de l’irréductible singularité des différentes sociétés produites par l’histoire sur notre planète.

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser les nécessaires coopérations de tous ordres entre les différents peuples de notre continent…comme du reste du monde. Au contraire, c’est définir les exigences de véritables coopérations démocratiques, pacifiques et mutuellement avantageuses pour les peuples. Se soustraire à ces exigences et décider que désormais tout doit se décider au niveau d’une organisation supranationale -comme nous le faisons aujourd’hui- voire mondiale, comme différents projets de traités le proposent, c’est condamner chaque peuple à l’impuissance politique. L’échelle politique de la puissance politique de chaque peuple c’est l’échelle de sa nation. L’échelle de l’Europe, ou celle du monde, celle de la puissance politique exclusive du Capital parce que c’est celle de ses marchés ! Doit-on s’y soumettre éternellement ?

En conséquence, pour combattre efficacement le Capital et créer les conditions de vraies coopérations entre les peuples, cela nécessite de se donner comme objectifs les moyens que s’exerce réellement la souveraineté politique de chaque peuple. Pour, là encore en rester à l’essentiel et concernant la France, il s’agit de promouvoir des institutions démocratiques et, sans doute, la suppression de l’Election Présidentielle et l’instauration d’un système intégralement proportionnel pour élire une Assemblée Nationale devant laquelle le Gouvernement rende compte.

Cela implique aussi de combattre avec détermination la politique gouvernementale d’austérité et de confiscation des pouvoirs de décisions des citoyens que porte la réforme des collectivités territoriales et de réorganisation des services de l’Etat dont l’objectif essentiel demeure la main mise par les grandes firmes multinationales sur l’ensemble des activités

Ainsi, les trois critères essentiels pour juger -du point de vue du travail, de celui de la démocratie et de celui de coopérations véritables entre les peuples- de la qualité d’un candidat lors des prochaines Elections des Députés au Parlement Européen sont finalement relativement simples :

- premier critère : quelle analyse, s’il en fait une, car peu s’y risqueront, fait-il des résultats et des causes de la situation actuelle de l’Union Européenne ?

- deuxième critère : comment, s’il aborde en tant que tel ces questions, articule-t-il la double exigence d’affirmation de souveraineté populaire et de lutte anticapitaliste ?

- troisième critère : fonde-t-il sur cette double exigence la nécessité de coopération véritable entre les peuples ?

C’est à chacune et à chacun, à partir de sa réflexion et de ses intérêts d’y réfléchir et de se déterminer.  Cependant, quel que soit le choix de chacune et de chacun ; et quel que soit le résultat de ces élections -qui ne sera pas sans signification- selon la répartition des voix entre les partis et le niveau d’abstention, une chose est certaine : il y aura nécessité pour avancer, construire des luttes massives et lucides.

Et si l’efficacité de ces luttes dépendra bien sûr de la dimension des rassemblements qu’elles construiront, elle dépendra tout autant de la façon dont elles porteront les exigences de souveraineté populaire et d’affirmation du travail contre le Capital. A ces luttes, la CGT devra apporter sa contribution pleine et entière, leur efficacité dépendra du nombre de salariés syndiqués à la CGT et de l’implication des salariés dans les luttes revendicatives.



Blois, le 6 Mai 2014


COMITE REGIONAL CGT CENTRE



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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 19:48

emmanuel-todd

Dans un entretien exclusif avec Herodote.net, l'historien Emmanuel Todd analyse l'évolution de l'Union européenne et dit son intention de ne pas aller voter le 25 mai, pour la première fois de sa vie. Un choix raisonné et, de son point de vue, civique...

Par ses travaux sur les structures familiales, Emmanuel Todd est l'un des principaux historiens de sa génération. C'est aussi un témoin engagé de son époque qui peut se flatter de n'avoir jamais été pris en défaut dans ses nombreux essais. Volontiers provocateur, il s'est attiré quelques inimitiés par ses interventions dans la presse et à la télévision mais rares sont les contradicteurs qui s'estiment assez armés pour lui faire front.

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Herodote.net : À vous lire, on peut se demander si vous avez le don de prophétie. En 1976, à 25 ans, votre coup d'essai fut un coup de maître car vous avez annoncé dans La Chute finale l'effondrement à moyen terme du système soviétique sans connaître pour autant l'URSS.


Emmanuel Todd : Je vais vous l'avouer, il n'y a rien de miraculeux là-dedans ! Je fais simplement un peu plus attention que d'autres aux chiffres qui traînent partout. Par exemple, mon intuition sur La Chute finale est venue de ce que la mortalité infantile en URSS était en train de fortement remonter. C'est un phénomène exceptionnel et j'y ai vu l'effritement du système. J'en ai conclu que le pouvoir soviétique était condamné à brève échéance.


Plus récemment, en pleine guerre froide irano-américaine, j'ai pronostiqué avec mon ami Youssef Courbage l'entrée dans la modernité de l'Iran et de plusieurs pays arabes (Le Rendez-vous des civilisations, 2007). Ce n'était pas difficile, il suffisait de regarder le nombre d'enfants par femme et le pourcentage d'étudiantes à l'université. En adoptant une rationalité familiale proche des standards occidentaux, ces peuples étaient prêts à se convertir aussi à une nouvelle rationalité démocratique et politique.


En ce qui nous concerne, c'est différent. En écrivant L'invention de l'Europe, en 1990, j'ai pris conscience de l'extrême diversité anthropologique de notre continent et j'y ai vu l'illusion de réduire l'Europe à une construction étatique. Gardons-nous de sacrifier notre diversité car elle est la clé de notre dynamisme.


Pour cette raison, bien que partisan de l'Union européenne, j'ai voté Non au traité de Maastricht qui lançait la monnaie unique et, en 1995, quand mon livre a été réédité, je me suis hasardé à écrire dans la préface : « Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L'Invention de l'Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques.
Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre dans vingt ans pourquoi une unification étatique imposée en l'absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu'une société.  »


Herodote.net : Nous y voilà ! Vous avez donc aussi voté Non au référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 ?


Emmanuel Todd : Eh bien, pas du tout ! Quand la monnaie unique est arrivée, j'ai voulu faire preuve d'optimisme en bon citoyen européen et j'ai voté Oui au référendum. Mais la réalité nous a tous rattrapés...


Cela dit, j'ai été scandalisé par le viol du suffrage universel qu'a représenté le passage en force du traité constitutionnel sous le nom de Traité de Lisbonne. J'y vois un tournant historique avec le basculement dans une forme de post-démocratie. L'oligarchie s'assoit sur le suffrage universel... comme en Afghanistan où l'on affecte de prendre au sérieux des scrutins dont on sait pertinemment qu'ils sont massivement truqués. Nos parlementaires sont certes mieux élus mais ils n'ont pas plus de respect pour leurs électeurs et n'ont rien à faire de leur avis. Quand la révolte des Bonnets rouges a éclaté en Bretagne, les élus locaux n'ont rien vu venir et ils ont choisi de détourner les yeux ou de condamner les manifestants. Les discours sur la « fracture sociale » ou le « monde de la finance » ne servent que le temps d'une campagne. Rien à voir par exemple avec les débuts de la IIIe République en France.


Ce fossé entre les élus et les électeurs est bien plus grand encore au Parlement européen en raison du scrutin de liste à la proportionnelle, qui fait qu'on ne choisit pas une personne mais une étiquette, et plus encore parce que ce Parlement ne sert à rien !


Herodote.net : Le Parlement européen ne sert à rien ? Vous exagérez ?


Emmanuel Todd : Pas du tout. Voyez donc. Qu'il s'agisse de la crise financière ou des enjeux géopolitiques en Ukraine ou en Afrique, c'est au Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement, à la Banque Centrale Européenne et à la Commission européenne que se prennent toutes les décisions. Et c'est la Commission européenne qui détient le droit d'initiative alors que, dans toute véritable démocratie, il revient au Parlement.

Nous avons affaire à un « Parlement Potemkine », un vernis démocratique pour un système qui ne l'est pas. En toute confidence, les députés eux-mêmes ne se font pas beaucoup d'illusions. En réunion autour d'un verre avec d'anciens députés, ceux-ci ne m'ont parlé que de la maison qu'ils avaient pu acheter grâce à leurs indemnités !


Je constate que la Nation demeure le seul lieu au sein duquel nous pouvons faire valoir nos opinions par le vote. Et c'est le seul lieu où nos votes peuvent encore peser sur les choix de société.


Participer aux élections européennes n'a pas plus de sens pour moi que de voter aux États-Unis... quoique, si l'on me permettait d'échanger mon droit de vote au Parlement de Strasbourg contre un droit de vote aux présidentielles américaines, je choisirai ce dernier car, par son pouvoir de décision, le président américain a plus d'influence sur ma vie que les députés européens !


En conséquence, j'ai choisi de ne pas aller voter le dimanche 25 mai. Je ne veux pas apporter ma caution à une institution non démocratique et proprement illégitime.


Herodote.net : Comment ? Mais s'abstenir, ce n'est pas un comportement civique ! Et ce n'est pas comme ça que vous ferez bouger les choses ! Au moins, vous pourriez choisir de voter avec un bulletin blanc.


Emmanuel ToddVoter blanc, c'est signifier que l'on croit en ce système et qu'il suffirait de changer le personnel pour l'améliorer et le démocratiser. Mais c'est une illusion. Même Le Monde, porte-parole des européistes, l'admet : tout ce qu'on peut attendre des élections, c'est de passer d'une orientation de centre droit à une orientation de centre gauche ! Que l'on vote ou non, cela ne changera rien au fonctionnement des institutions européennes, de la BCE comme de la Commission. Celles-ci continueront de tourner au-dessus nos têtes en ignorant le Parlement, ses députés et ses électeurs, de quelque parti qu'ils soient.


Ces institutions n'empêchent d'ailleurs pas les nations et les égoïsmes nationaux de s'exprimer. Quand le britannique BAE et le franco-allemand EADS ont voulu se rapprocher pour créer un géant européen de l'aéronautique, Angela Merkel y a mis son veto pour préserver les emplois allemands... En géopolitique, c'est encore plus net : chaque gouvernement agit selon ses intérêts en habillant ceux-ci d'une vague résolution européenne. La France agit seule en Afrique tandis que l'Allemagne mène la danse en Russie. Ce n'est pas un hasard si quatre des sept observateurs européens retenus en otage en Ukraine étaient Allemands.

S'abstenir, c'est signifier que l'on n'est pas dupe de la mascarade. C'est dénoncer l'européisme béat des partis classiques. C'est aussi dénoncer le Front National en mettant en évidence son appartenance au système. L'abstention massive aux élections européennes, si elle se vérifie, aura une conséquence pour le moins positive : elle témoignera de ce que la nation demeure le seul échelon démocratique au sein duquel peuvent s'affirmer les solidarités.


Propos recueillis par André Larané pour Herodote.net, le 12 mai 2014
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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 22:12

jacquessapir

Jacques Sapir

le 16 mai 2014

Le « roman de l’Euro » présenté le jeudi 15 mai 2014 au soir a été l’occasion d’une scandaleuse soirée de propagande sur France-2 ! Non que l’on ne puisse parler ni même défendre l’Euro sur cette chaîne, comme sur les autres d’ailleurs. Mais le déséquilibre de l’émission, réalisée à grands frais par le service public et la malhonnêteté de l’argumentation ont passé les bornes.

 

On a bien été en présence d’un exercice de « Funkpropaganda ». L’histoire de l’Euro nous a donc été présentée comme un « roman ». Mais pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, il s’agit d’un véritable cauchemar. Il faut signaler que les réalisateurs n’avaient pris aucun risque.

 

Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si il faut saluer le courage d’un Philippe Villin, droit dans ses bottes et dans ses convictions face à ses adversaires et toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l’ignorance sur le nombre important d’économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd’hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l’efficacité de l’Euro[1].

 

Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d’économistes européens ou américains. Le téléspectateur sera donc laissé dans l’ignorance qu’il existe une association d’économistes réputés combattant l’Euro, le European Solidarity Manifesto[2]. Il ne saura donc pas que la ESF-liste des membres inclut non seulement des économistes de premier plan, mais aussi des professionnels réputés et des responsables ou ancien responsables des Banques Centrales. Il ne saura pas, non plus, que plusieurs journalistes économiques de premier plan, dont le rédacteur en chef adjoint de l’Expansion[3], ont pris position très nettement pour une sortie de l’Euro dans un livre récent[4]. De « débat » donc, il n’y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, dans la télévision publique mais aussi dans la France en général. Et l’on ne peut qu’être frappé du décalage de la situation entre notre pays et l’Italie ou l’Allemagne, pour ne pas parler de la Grande Bretagne ou des Etats-Unis. Une réflexion poussée sur l’état de la démocratie dans notre pays s’imposera pour la suite.

LIRE LA SUITE ICI sur le site RussEurope

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