Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:46

Lu sur le site "ContreLaCour"

Vous trouverez sur ce site la traduction d'une partie du projet d'accord pour le traité transatlantique.  Il date de juillet 2013.  Les négociations sont tenues secrètes.  Pendant qu'au grand jour Obama menace la Russie et les opposants au nouveau pouvoir ukrainien installé par la violence politique, les négociateurs américains cherchent en catimini à imposer aux peuples européens un traité qui achèverait les contres réformes sociales en Europe et livrerait le marché européen, les salariés européens aux multinationales américaines.   Il n'est prévu de consulter ni les parlements nationaux, ni les peuples. 

 

Marché transatlantique 

 

Jeudi 27 février, le journal en ligne allemand ZEIT ONLINE a publié une version fuitée du projet de traité transatlantique.
Celle-ci, traduite ci-dessous en français, date du 2 juillet 2013, soit quelques jours avant le lancement des négociations. Pour rappel, le mandat de négociation octroyée à la Commission européenne par les ministres du commerce a été validé lors du Conseil du 14 juin 2013.

Ce projet d’accord constitue donc la base de discussion établie par la Commission européenne en lien avec les partenaires américains et les entreprises privées.

Il a donc vraisemblablement évolué au cours des trois cycles de négociations qui se sont tenus depuis juillet 2013.
Cependant, il nous offre un grand éclairage des dispositions qui pourraient figurer dans l’accord final.

Ce n’est qu’une petite partie du projet d’accord, celle relative aux services, au e-commerce et aux investissements.
De nombreux autres chapitres, très importants aussi, ne s’y trouvent pas.

Le chapitre 1 pose les grands principes et les définitions des termes clés de l’accord.

Le chapite 2 traite de la libéralisation des investissements. Il est rappelé que les services audiovisuels ne font pas partie des négociations. Le chapitre indique que les investissements américains et européens devront être traités de façon égale (sans discrimination) de part et d’autre de l’atlantique. Il est également défini le système de protection des investissements permettant aux entreprises de se prévaloir contre un traitement arbitraire, discriminant ou abusif. A cet égard, le projet indique les pistes d’indemnisation des entreprises.

Le chapitre 3 concerne la fourniture transfrontalière de services. Comme pour les investissements, il est rappelé le principe de l’ouverture et l’interdiction des clauses discriminantes.

Le chapitre 4 traite la question de la présence temporaire de personnes physiques qui iraient travailler de l’autre coté de l’Atlantique (visiteurs d’affaires, transferts intraentreprise, diplômés stagiaires, vendeurs d’affaires, fournisseurs de services contractuels et professionnels indépendants).

Cette question est poursuivie dans le chapitre 5 qui traite des qualifications préalables à l’exercice de certaines activités, qui peuvent être données aux personnes physiques ou morales. Il est également question de libération des services informatiques, des services de postes et de courrier, des réseaux de communications électroniques, des services financiers et enfin, du transport maritime international. Ces dispositions doivent notamment être étudiées sur la question spécifique et importante des « services universels« , c’est à dire des services publics.

Le chapitre 6 concerne le domaine du commerce électronique.

Enfin, le chapitre 7 énumère toutes les pistes d’exceptions qui pourraient être posées au principe de libéralisation. Il s’agit, par exemple, des mesures nécessaires à la protection de la santé, de la sécurité, la vie privée, etc. Toutes ses mesures ne doivent cependant pas constituer des restrictions déguisées ou être discriminantes.

A la fin du document, les lecteurs trouveront les principaux éléments que la Commission entend introduire dans le mécanisme de règlement des différends Etat-investisseur. Il s’agit de la question sensible des tribunaux d’arbitrage sur laquelle la Commission devrait lancer une consultation publique dans quelques jours.

 

Note : Il s’agit d’une traduction effectuée par mes soins. Elle n’est pas officielle. Il est possible que des coquilles s’y soient glissées. Merci à tous ceux qui m’aideront à l’améliorer. Vous pouvez également la consulter sur Google Drive via ce lien.
Traité transatlantique : qu'ont-ils voté ?
Le 10 décembre 2013, les parlementaires européens se sont prononcés sur les négociations en vue du Traité de libre échange UE – Canada. Les députés centristes, libéraux et socialistes ont voté pour. Seule Corinne Lepage a voté contre. Les écologistes ont voté contre. Les députés de la gauche radicale ont également voté contre, et ce, en ne respectant pas la consigne de vote du groupe GUE (vote blanc); seul Younous Omarjee a voté blanc.  Plus surprenant encore, Bruno Gollnisch a voté blanc.

Partager cet article
Repost0
6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 15:46

BRN-titre

 

 

En janvier 1991, une armada déferlait sur l’Irak. Cet Etat fut ensuite soumis à un embargo qui fit probablement un million de victimes. Avant que George Bush fils ne « termine le job » avec l’invasion de 2003. Le pays, jadis l’un des plus développés – et des plus laïcs – du monde arabe a été ramené économiquement et socialement un siècle en arrière. Le départ de l’occupant a en outre légué des affrontements intercommunautaires sans fin. Un habitant de Bagdad n’est jamais sûr de rentrer chez lui sain et sauf, tant les attentats sont monnaie courante.

 

 

Le sort d’un Kaboulien n’est guère plus enviable. Treize ans après que l’Afghanistan eut été envahi, victime expiatoire des attentats du 11-Septembre, la seule activité économique florissante est la culture de l’opium. Les Talibans sont militairement plus puissants que jamais dans un pays saccagé par la guerre. Plus à l’ouest, suite à la brillante opération lancée par MM. Sarkozy et Cameron, la Lybie est désormais livrée à la rivalité sanglante des clans et des milices. Faut-il aussi citer le cas du Soudan du sud ? La partition de l’ex-plus grande nation du continent africain, préparée de longue main par les dirigeants occidentaux et israéliens, débouche sur une guerre civile. La Syrie, enfin, illustre l’extraordinaire cynisme de ceux qui rêvent depuis trois ans de faire tomber Bachar el-Assad : le long martyr du peuple syrien ne se prolonge que grâce à l’aide ininterrompue de Washington et de ses alliés à l’opposition armée, sans même que celle-ci puisse désormais espérer une victoire militaire.

 

 

C’est du reste un paradoxe : si les stratèges impériaux réussissent sans peine à semer chaos, ruines et désolation, ils ne parviennent pas pour autant à renforcer leurs intérêts. Au contraire : c’est un pouvoir chiite, proche de l’ennemi iranien, qui trône désormais à Bagdad ; Hamid Karzaï, qui débarqua à Kaboul dans les fourgons de l’armée US, fait mine de tenir tête aujourd’hui à ses parrains ; et les arsenaux de feu le colonel Kadhafi irriguent désormais du Mali à l’Egypte. Seul, le démantèlement de la Yougoslavie fait exception. Certes, les récentes émeutes en Bosnie-Herzégovine viennent d’illustrer le désespoir de populations plongées dans la misère, privées de toute perspective, et qui se souviennent avec peine de la modeste prospérité qui régnait du temps de la République fédérale de Yougoslavie. Mais cette dernière a éclaté en morceaux assimilables par l’Union européenne, ou pour longtemps neutralisés, ce qui était bien le vœu de ses promoteurs – allemands, en l’occurrence.

 

 

La tonalité qui prévalait lors de la récente Conférence de Munich pour la sécuritéconfirme que l’autocritique n’est nullement à l’ordre du jour. Le président de la République fédérale d’Allemagne a plaidé pour que son pays sorte de sa réserve diplomatique et militaire. Il a ainsi fait mine de s’interroger : « est-ce que nous faisons vraiment tout ce que nous pourrions faire pour stabiliser notre voisinage(sic !) à l’Est comme en Afrique ? ». Puis a proposé sa réponse : « nous, Allemands, sommes sur la voie d’une forme de responsabilité que nous avons encore peu exercée » ; et le ministre de la Défense de rappeler la « recette à succès » testée dans les Balkans il y a vingt ans.

 

 

Mais c’est à l’égard de l’Ukraine que l’arrogance et l’ingérence s’exercent aujourd’hui sans retenue, au point que Washington et Bruxelles se disputent sur le nom des futurs gouvernants à promouvoir. Le cas de la Suisse n’est certes pas comparable ; mais comment ne pas ressentir un malaise quand un ministre luxembourgeois intime aux Helvètes l’ordre de « respecter les valeurs européennes », et que politiciens de droite comme de gauche supplient l’UE de ne pas accepter le référendum du 9 février « sans réagir » ? On se demande si certains ne rêvent pas d’un blocus de la Confédération helvétique.

 

 

 « Leurs ravages provoquent des déserts, et ils appellent cela la paix », notait l’historien romain Tacite à propos des empires. C’était il y a vingt et un siècles.

 

 

PIERRE LÉVY

 

 

source: http://www.brn-presse.fr/

Partager cet article
Repost0
5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 18:32

 

Lu sur Agoravox grâce à El Diablo.  Nous ne partageons pas toutes les conclusions de l'article, mais nous partageons cette analyse : "Mais l'OTAN, cela ne fait de secret pour personne, a toujours été le faux nez des Etats-Unis".

SÉCURITÉ EUROPÉENNE: Le danger n’est pas la RUSSIE, c’est L'OTAN.

OTAN-membres.jpg

 

Dans l'espèce de frénésie qui s'empare ces jours-ci des médias français, face aux évènements d'Ukraine, pour condamner les réactions de défense de la Russie, pourtant menacée d'encerclement, personne le souligne que le plus grand danger pour la sécurité de l'Europe ne sont pas « les chars russes », mais l'offensive menée depuis des années par l'Otan pour faire reculer l'influence de la Russie, voire la dissuader militairement.


OTAN.jpg

 

Il y a deux jours c'était le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui appelait la Russie « à la retenue » autrement dit qui la menaçait d'une réaction militaire de l'Otan. C'est le même qui écoute sans réagir les appels à intervention venant de l'actuel gouvernement occidental de l'Ukraine. C'est le même qui depuis des mois travaille à consolider, en Europe même, des bases de missiles (le BMDE ou Ballistic Missile Defence in Europe) lesquelles sont directement tournées vers la Russie pour désarmer une frappe en retour de celle-ci en cas d'agression. Ce sont, avec le soutien implicite du Secrétaire général, les plus anti-russes des membres de l'Otan, qui multiplient les intrusions, au coeur même de la Russie, par le biais d'associations et d'organisations visant à mener une véritable guerre civile interne contre les institutions.


Mais l'Otan, cela ne fait de secret pour personne, a toujours été le faux- nez européen des Etats-Unis. Ce faux nez était peut-être acceptable pour les Européens du temps où le stalinisme menaçait l' « Occident ». Aujourd'hui, cette menace, contrairement aux propos des va-t-en guerre, n 'existe plus. Cependant, pour l'Amérique du lobby militaro-diplomatique, la Russie, nous l'avons souvent écrit ici, continue à être présentée comme un danger, du fait qu'elle possède l'arme nucléaire. Les Etats-Unis voudraient être les seuls à disposer de la bombe, au service de leur entreprise pour dominer le monde. Il leur faut donc, quels que soient les risques pour l'Europe, placée en première ligne, provoquer de plus en plus la Russie dans l'espoir qu'elle finira par envoyer les chars, non seulement en Ukraine, mais dans les pays de l'Union européenne limitrophes. Alors les Etats-unis pourront anéantir militairement la Russie, prétendument en toute légitimité.


Dans l'immédiat, Obama, fort de l'appui des gouvernements européens membres de l'Otan, menace aujourd'hui la Russie de rétorsions économiques. Il invite ces gouvernements, au mépris de leur intérêt évident, à boycotter le prochain G8 devant se tenir à Sotchi et à ne plus acheter de pétrole aux Russes (?). Il fait par ailleurs tout ce qu'il peut pour pousser les membres de l'Otan à refuser le dialogue avec Moscou, à soutenir les plus extrémistes des européophiles en Ukraine et en Crimée, à refuser à tous prix une partition de l'Ukraine qui serait pourtant le seule solution pour ramener le calme dans ce pays divisé. Bien tranquille à Washington, Obama peut le faire sans risques. Ce serait moins risqué pour lui qu'affronter en Asie le nouvel ennemi que s'est donné le lobby militaro-diplomatique américain, la Chine.


Mais pourquoi les quelques voix clairvoyantes qui avaient demandé, en France comme dans d'autres pays européens, une sortie de l'Otan, ne sont-elles pas plus écoutées ? Pourquoi ces mêmes voix qui demandent, en substitution au prétendu parapluie de l'Otan, la mise en place d'une véritable force de défense européenne, pouvant permettre à l'Union de choisir ses alliées et ses adversaires en toute indépendance, sont-elles de plus en plus inaudibles ? Pourquoi en France le gouvernement socialiste ne se distingue-il aucunement des autres dans l'acceptation de la servilité ? Parce que l'Amérique ne le veut pas, et aussi parce que, dans l'Union européenne, les intérêts politiques et économiques inféodés au grand allié atlantique se sont donné pour mission, avec un esprit collaborationniste qui devrait évoquer des souvenirs dans les pays de Vichy et de Sigmaringen, de suivre en tous points ce que demande Washington.

 

 

source: AGORAVOX

Partager cet article
Repost0
4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 21:56

 

 

Depuis samedi 1er mars, les événements s’accélèrent en Ukraine. Le premier point important est le soulèvement des populations russes, russophones et minoritaires dans la partie Est du pays. Le nombre de mairie où le drapeau russe a été installé est ici significatif. Dans certains cas, à Donetsk et à Kharkov, on a assisté à des manifestations de très grandes ampleurs qui, si elles n’ont pas été ignorées par les journalistes occidentaux, n’ont pas eu droit à la même couverture médiatique que les manifestations de Kiev de ces dernières semaines. On supposera que c’est par manque de place et en raison des pénuries de papier qui sévissent dans notre beau pays que les journalistes se sont donc censurés sur ce sujet…


I. Ces manifestations tant populaires que politiques, en particulier avec le drapeau russe, dessinent la carte d’une partition possible, mais qu’il est encore dans le pouvoir des acteurs de chaque camp d’éviter. On a représenté sur cette carte la ligne de démarcation entre la zone dite « pro-russe » et la zone « pro-ukrainienne ».


Graphique 1

Carte Ukraine-Russie

 

Ces manifestations, et ces installations de drapeaux russes, alors que jusqu’à maintenant (lundi soir) l’armée russe n’est présente qu’en Crimée montrent que ce ne sont pas seulement les russophones au sens strict qui ont ainsi manifesté leur défiance par rapport au pouvoir de fait en place à Kiev. Il est hautement instructif de regarder une carte du découpage linguistique de l’Ukraine qui a été établie par l’Université de Kiev.

 

Graphique 2

Répartition des langues en Ukraine (2009)

 Bh0OXb9CEAAj2va

 

Cette carte montre que, outre la présence du Russe et l’Ukrainien (ce dernier n’existant à l’état « pur » que dans la partie la plus occidentale du pays) on est en présence de nombreuses autres langues ou dialectes. C’est le cas du « Surzhik », dialecte de Russe et d’Ukrainien mais aussi du « Trasianka », dailecte de Russe et de Bielorusse. Cette diversité de l’Ukraine, qui recoupe une diversité ethnique, est le produit de l’Histoire. L’Ukraine actuelle n’est pas l’Ukraine soviétique des années 1920 et 1930. Il lui a été rattaché des territoires polonais, hongrois, roumains et slovaques en 1939 et 1940, mais aussi la Crimée, « donnée » dans le cadre de l’Union soviétique par la Russie. Par ailleurs, la frange côtière du pays (autour d’Odessa) a toujours eu une nature plus « levantine » qu’ukrainienne avec des minorités grecques et juives importantes. Cette hétérogénéité se reflète dans la pratique, héritée des temps soviétiques, de distinguer la citoyenneté et la nationalité. Il était ainsi possible de se revendiquer Russe, Grec, Bulgare ou Ruthène et de s’affirmer citoyen ukrainien.

 

II. Cela impliquait néanmoins un pacte fondateur pour l’Ukraine indépendante en 1991, celui du respect des diverses minorités, dans leurs droits culturels et religieux, mais aussi l’affirmation de la double pratique des deux langues majoritaires, le Russe et l’Ukrainien, comme langue ayant un statut légal dans le pays. Pour avoir travaillé à Kiev de 1999 à 2001, je puis témoigner que rares sont les personnes ne parlant « que » l’Ukrainien, et que l’on pouvait parfaitement se dire un ferme partisan de la souveraineté de l’Ukraine et parler de manière préférentielle le Russe. C’est ce pacte qui a été érodé de 2004 à nos jours avant que d’être brutalement rompu. Avant les événements qui ont commencé au mois de novembre 2013 on ne comptait plus que 6 écoles-lycées enseignant en Russe à Kiev, alors que ces écoles se comptaient encore par centaines en 2000, et que la population russophone se compte sur Kiev en centaines de milliers. La suppression de la loi garantissant le statut du russe comme langue officielle, suppression prise ces dernières semaines, a été, pour une large part de la population, la preuve ultime que le pouvoir issu de la place Maïdan était tombé aux mains des ultra-nationalistes. Le président du Parlement ukrainien qui exerce les pouvoirs de faits du Président a décidé ce lundi 3 mars de mettre son veto à cette loi. Il a eu entièrement raison, mais c’est probablement trop tard ; le mal est fait. C’est ce qui explique la rupture du pacte fondamental sur lequel était basée l’Ukraine. Il nous reste à voir s’il peut être réparé.

 

III. On doit prendre conscience en France de qui sont réellement les militants de « Pravogo Sektora » et du parti « Svoboda », deux organisations minoritaires mais extrêmement actives dans le mouvement de Maïdan, et qui ont pris la direction de ce mouvement au début de février. Les dirigeants de « Svoboda » dénoncent ce qu’ils appellent la « mafia judéo-russe » autour du Président Ianoukovitch et n’hésitent pas à représenter Vladimir Poutine avec une étoile de David sur le front. Les militants, ainsi que ceux du « Pravogo Sektora » ont repris à leur compte le slogan classique de l’antisémitisme en Russie, l'adaptant pour les besoins de la cause « Bats les juifs et sauve l’Ukraine ». L’historien Jean-Jacques Marie, grand spécialiste de Trotsky et que nul ne peut soupçonner de complaisance vis à vis du pouvoir russe a écrit les lignes suivantes qui m’ont été transmises par un correspondant, Michel Gandilhon, que je tiens ici à remercier :

« Malheureusement, les nationalistes ukrainiens se sont désormais joints aux staliniens pour la propager à nouveau. Et ils partagent avec eux des méthodes similaires. 
En effet, indique Marko Bojcun, le 13 novembre, la présentation de ce recueil qui devait avoir lieu à la librarie « Yé », rue Lyssenko à Kiev, et qui devait être animée par lui-même, Youri Chapoval de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, par Zakhar Popovitch et Denis Pilash du collectif « Opposition de gauche » (collectif à l’origine de l’édition de ce recueil) a été brutalement interrompue par l’irruption de plusieurs dizaines de nervis du parti d’extrême droite mal nommé « Svoboda » (« Liberté », nouveau nom du « Parti national-social d’Ukraine », fondé en 1991). Ces individus avaient déjà perturbé la présentation du recueil dans la ville de Lviv.
 Maniant la calomnie, l’amalgame et la violence avec la même agilité que les staliniens en leur temps, les « Svobodistes » réussirent à empêcher la tenue de la réunion, hurlant des slogans accusant Léon Trotsky (exclu du Parti communiste en 1927 et expulsé d’Union soviétique en 1929) d’être responsable du Golodomor (la famine en Ukraine en 1932-1933), donc de « génocide ». A la sortie, les « svobodistes » vandalisèrent la voiture d’un des orateurs prévus, Zakhar Popovitch, avant que finalement, une heure après le début des incidents, la police n’arrive.
  Je partage l’indignation du professeur Marko Bojcun, contre ces méthodes qui visent à interdire par la terreur, la diffusion de ces textes qui contribuent à rétablir la vérité historique et la réalité des positions de Léon Trotsky, longtemps bannies d’Union soviétique par la bureaucratie et ses méthodes de terreur.
 J’ajoute que le parti « Svoboda » en question est connu comme se revendiquant ouvertement de Bandera et Stetsko, auteurs d’une « proclamation d’indépendance de l’Ukraine » datée du 30 juin 1941, soit huit jours après l’agression nazie contre l’Union soviétique, déclaration qui précisait que l’état ukrainien « indépendant » allait « coopérer étroitement avec la Grande Allemagne national-socialiste, sous la direction de son chef Adolf Hitler, qui est en train de fonder un ordre nouveau en Europe et dans le monde ». « Svoboda » se revendique de la continuité de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et de l’Armée insurrectionnelle d’Ukraine (UPA) de Bandera et Statsko, dont le rôle d’auxiliaires des nazis dans l’extermination des Juifs d’Ukraine n’est plus à prouver.  Dans cette remarquable continuité, « Svoboda » a multiplié ces dernières années des déclarations et actes provocateurs antisémites, mais aussi contre la minorité hongroise d’Ukraine, et contre les Russes et la Russie (qualifiant de « mafia judéo-moscovite » l’entourage du président de la République d’Ukraine). »

Or, ce sont avec des dirigeants de ce parti, notoirement fasciste et antisémite, que les dirigeants européens, dont Mme ASHTON, responsable de la diplomatie de l’Union Européenne, ont choisi de s’afficher à Kiev. Honte à eux. Mais honte à nous aussi si nous acceptons que de telles personnes nous représentent. Il faut rappeler que « Svoboda » a fourni plusieurs ministres au gouvernement de fait en place à Kiev et que le Procureur Général d’Ukraine en est membre.

 

IV. Quelle pourrait donc être la voie d’une sortie de crise qui respecterait la souveraineté de l’Ukraine ? Pour cela, il importe avant toute chose de voir s’il est possible de reconstruire le « vivre ensemble » qui fait Nation. Cela passe par trois conditions. La première est, à l’évidence désormais, une fédéralisation de l’Ukraine et des garanties importantes quant aux droits des minorités, que ces droits soient culturels ou religieux. Cette fédéralisation devra accepter le fait que la Crimée, qui est déjà une République Autonome, jouisse d’un statut particulier. La deuxième condition est la mise au ban politique des extrémistes de « Pravogo Sektora » et de « Svoboda », leur désarmement et leur interdiction. Dans aucun pays de l’Union européenne, dans aucun pays civilisé, il n’est acceptable d’avoir des partis dont le discours et l’idéologie sont les mêmes que les Nazis. Ceci est aussi important afin de libérer l’opposition démocratique de la pression et des menaces que font peser ces extrémistes sur ses dirigeants. La troisième condition est une déclaration de neutralité de l’Ukraine pour une période de vingt ans, déclaration qui vise à rassurer la Russie quant à une possible intégration de l’Ukraine tant dans l’Otan que dans l’UE. Cette déclaration de neutralité pourrait être levée si tant la Russie que les pays de l’UE tombaient d’accord. Sur ces bases, il devient possible d’envisager des élections tant générales que Présidentielles, sous un double contrôle de l’UE et de la Russie. Ces élections permettront de faire émerger un nouveau pouvoir à la fois légitime et légal. Mais, faire émerger un pouvoir légitime et légal n’aura de sens que si on assure la stabilité de l’économie ukrainienne. Or, compte tenu de la crise que l’UE traverse, compte tenu des spécialisations économiques de l’Ukraine, cette stabilité ne peut provenir que d’une intégration économique avec la Russie. Cette intégration devrait être aussi pensée entre régions d’Ukraine et de Russie, car les complémentarités sont très importantes. C’est une réalité qu’il faut admettre ou se préparer à des vagues d’immigration à hauteur d’un pays de 46 millions d’habitants.


À ces conditions, une Ukraine souveraine et indépendante est encore possible. Mais, plus on s’enfoncera dans une logique d’affrontement insensée entre l’UE et la Russie et moins cette perspective restera possible. Car, la logique de l’affrontement aboutit inéluctablement à la partition du pays.


Partager cet article
Repost0
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 17:08

Emblem of the Ukrainian SSR.svg  

 

 

Déclaration sur les événements réactionnaires en Ukraine



 

 

 

 

 

 

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les derniers événements dramatiques en Ukraine ne constituent pas une « victoire de la démocratie » par les dits « révolutionnaires », comme les dépeignent les médias américains et européens, mais bien un processus dangereux, d'abord pour les Ukrainiens eux-mêmes.



Les forces politiques réactionnaires, les descendants idéologiques des Nazis, refont « surface » politiquement avec l'aide de l'Union européenne et des États-Unis.

Ce sont des forces qui, en plus de détruire les sièges de leurs opposants, préparent les persécutions politiques, l'interdiction de partis, surtout les communistes, et même l'adoption de législations racistes au détriment de la population russophone, comme c'est déjà le cas depuis vingt ans dans les pays baltes « européens », avec le soutien politique patent de l'Union européenne.

Les Partis communistes et ouvriers qui signent cette Déclaration commune :

 

  • Expriment leur solidarité avec les communistes d'Ukraine, surtout avec ceux qui sont descendus dans les rues afin de défendre les monuments de Lénine et autres monuments soviétiques et anti-fascistes, qui se trouvent être la « cible » du « nettoyage » idéologique de l'histoire, envisagé par les groupes armés nationalistes-fascistes ;

     

  • Dénoncent l'ingérence patente dans les affaires intérieures de l'Ukraine de la part des États-Unis et de l'Union européenne, le soutien qu'ils ont apporté et apportent aux groupes armés fascistes, appuyant leur revanchisme historique face à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, faisant de l'anti-communisme une politique officielle, tout en glorifiant les groupes fascistes, leur idéologie criminelle et leur activité, défendant la division du peuple ukrainien avec des persécutions envisagées au détriment des Ukrainiens russophones ;

     

  • Soulignent que les positions des forces opportunistes adoptent une position dangereuse, lorsqu'elles répandent l'illusion qu'il peut y avoir une « autre Union européenne », « un autre meilleur accord d'association UE/Ukraine ». L'UE, comme toute union capitaliste inter-étatique, est une alliance prédatrice qui a caractère profondément réactionnaire, elle ne peut être dans les intérêts populaires, et elle agit et continuera à agir contre les droits des travailleurs et contre les peuples ;

     

  • Font remarquer que les événements en Ukraine sont liés à l'intervention de l'UE et des États-Unis, ils sont le produit d'une féroce rivalité entre ces puissances avec la Russie pour le contrôle des marchés, des matières premières et des réseaux de transport du pays. Cependant le peuple d'Ukraine, comme tous les autres peuples d'Europe, n'ont aucun intérêt à se positionner avec une ou l'autre de ces alliances impérialistes, prédatrices ;

     

  • Les intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires d'Ukraine impliquent de ne pas se laisser « piéger » dans des dilemmes nationalistes, diviseurs, sur la base de particularismes ethniques, linguistiques, religieux et de mettre la priorité sur leurs intérêts de classe communs, de tracer la voie de la lutte de classe, pour leurs droits et pour le socialisme. Le socialisme reste plus actuel et nécessaire que jamais. C'est la perspective contre toute union capitaliste inter-étatique, afin d'ouvrir la voie à une économie et une société qui ne fonctionnent pas sur la base du profit, mais sur la base des besoins des travailleurs.

Premiers signataires :

 

1 – Parti communiste d'Albanie

2 – Tribune progressiste démocratique, Bahreïn

3 – Parti des travailleurs du Bangladesh

4 – Parti communiste du Canada

5 – Parti communiste au Danemark

6 – Parti communiste allemand

7 – Parti communiste unifié de Géorgie

8 – Parti communiste de Grèce

9 – Parti communiste jordanien

10 – Parti communiste du Mexique

11 – Parti communiste de Norvège

12 – Parti communiste de Pologne

13 – Parti communiste portugais

14 – Parti communiste de la Fédération de Russie

15 – Parti communiste ouvrier de Russie

16 – Parti communiste d'Union soviétique

17 – Nouveau Parti communiste de Yougoslavie

18 – Parti communiste de Suède

19 – Parti communiste de Turquie

20 – Union des communistes d'Ukraine

Partager cet article
Repost0
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 16:56

nazis-ukraine.jpg

 

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'instauration d'un gouvernement par la force présentée comme une victoire démocratique, la célébration de l'arrivée au pouvoir d'activistes fascisants comme celle de combattants de la liberté : même nos médias ont de la peine désormais à nous vendre la mascarade ukrainienne.

 

« Maintenant, le règne des banquiers va commencer ». On n'est pas en 1848 mais en 2014, en Ukraine. Derrière la mascarade d'une « insurrection populaire » animée par les groupuscules fascistes, manipulée depuis Berlin, Washington, la réalité d'un gouvernement qui n'a rien de révolutionnaire.

Le nouveau Premier ministre est le banquier Arseni Iasteniouk. Favori des États-Unis, il connaît bien le régime ukrainien pour y avoir occupé tous les postes-clés : président du Parlement, Ministre des Affaires étrangères, Minçistre de l'Economie, président de la Banque centrale. Il y a appliqué alors avec zèle une ligne pro-européenne et de soumissions aux diktats du FMI.

Dans les postes-clés ont été installés des leaders pro-européens, du parti de Timoschenko, très proche de l'Allemagne et de l'UE dans un gouvernement composé essentiellement de bureaucrates, de trafiquants, de banquiers et de voyous fascistes, certains cumulards.

Un mélange hétéroclite mais cohérent : des banquiers prêts à obéir au FMI, de « businessmen » nés de la chute de l'URSS formés aux Etats-unis, des « ministres professionnels » pro-européens, trempés dans les scandales de corruption, proches des clans oligarques. Regardons cela en détail.

 

Aux affaires étrangères, des bureaucrates pro-européens

 

Aux Affaires étrangères, Andei Dechitsia, diplomate de formation, pro-européen, il a travaillé notamment dans les institutions internationales. La dernière en date, l'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne !

A l'intégration européenne, Boris Tarasiuk, un politicien professionnel, il a déjà servi comme ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements différents de 1992 à 2007. Pro-européen, atlantiste, il a déjà été ambassadeur au Bénélux, représentant de l'Ukraine à l'OTAN.  Il est également le fondateur de l'Institut pour la coopération euro-atlantique (IEAC), une fondation qui milite activement pour l'adhésion de l'Ukraine à la fois à l'UE et à l'OTAN.

A la politique régionale, Volodimir Groysman, jeune loup, maire de Vinnitsa. Cet ancien membre du « Parti des régions » de Ioutchenko a fait fortune dans l'agro-business et l'immobilier, c'est aussi un ami de l'oligarque de Vinnitsa pro-européen et pro-américain Petro Poroshenko. Grosyman est par ailleurs réputé pour être proche du gouvernement polonais.

 

A l'économie, des banquiers proches des « oligarques »

 

A l'économie, Pavlo Cheremeta, la vitrine officielle, cet économiste de propagande formé aux Etats-unis est le fondateur de la première « business school » à Kiev, il est à la tête d'un réseau d'universités, écoles de commerces en Europe centrale et orientale diffusant l'idéologie libérale, tout comme la « Kiev school of economics » dont il était le président jusqu'en février 2014. 

Aux finances, Oleksander Chlapak, le vrai homme fort. Successivement vice-président de PrivatBank – la 1 ère banque privée du pays – vice-président de la Banque centrale d'Ukraine et enfin président du Trésor national ukrainien, tout en ayant servi entre-temps comme Ministre de l'économie et de l'intégration européenne !  Chlapak est connu pour être le représentant de l'oligarque Kolomoysky, la deuxième fortune du pays, à la tête d'un conglomérat réunissant banques (PrivatBank), métallurgie, pétrole, médias, finance.

A l'énergie, Youri Prodan, a déjà été ministre sous Ioutchenko au même poste. Il est connu pour avoir travaillé à la création du « Marché national de l'énergie », censé réguler le marché national de l'énergie, en fait aboutissant à un partage du gâteau entre groupes oligarchiques et à une corruption généralisée. Prodan est également très proche du groupe du millardaire Igor Kolomoisky. 

A la justice, Pavlo Petrenko, spécialiste du consulting privé en droit, il a été pendant plusieurs années Conseiller général de la Caisse des bons du trésor ukrainienne, une des premières banques du pays.

Enfin à l'Intérieur, le businessmen véreux Arsen Avakov, fondateur d'une banque commerciale et d'un fonds d'investissement, condamné pour prise illégale de terres, abus de pouvoir, il est sur la liste internationale d'Interpol. Un bon garant du respect du droit et de l'ordre juste !

 

Des fascistes aux postes-clés … jusqu'au numéro 2 du régime !

 

Le vice-premier ministre, numéro 2 derrière Iasteniouk, est Alexander Sytch. Membre du parti fasciste « Svoboda ». Il est connu pour ses interventions virulentes au Parlement, sa croisade « anti-avortement », son anti-communisme fervent (sa région Ivano-Frankisvk a fait interdire le PC). 

La présidence du Conseil de sécurité nationale, organe suprême pour la défense et l'intérieur, est confiée à Andrei Parubiy, fondateur du Parti national-social (inspiré du NSDAP de Hitler, oui !) ancêtre de Svoboda, dont il fut le leader.  Dans sa jeunesse para-militaire, il a dirigé les forces d'auto-défense à Maidan, aujourd'hui il se dit membre de l' « opposition modérée » (sic).

Dans un autre poste majeur, le Bureau du Procureur général, on retrouve un membre de Svoboda, Oleg Makhnitsky. Le procureur général dispose du pouvoir suprême sur le plan judiciaire, pouvant notramment lever l'immunité parlementaire pour faire inculper tout élu.

Le ministère de l'Agriculture est confié à Olexandr Myrni, autre membre de « Svoboda ». Ce millionnaire fasciste a fait fortune dans … l'agro-alimentaire. Les grands groupes allemands, polonais, américains qui lorgnent sur le « grenier » ukrainien peuvent être rassurés !

Enfin, le ministère de l'écologie va aussi à un membre du parti « Svoboda », Andrei Mokhnyk. Lui qui n'y connaît rien à l'écologie est aussi un farouche opposant des énergies renouvelables.  Cela va peut-être décevoir – comme le notent les médias ukrainiens – les multi-nationales qui avaient signé des accords pour ce type d'énergie, mais cela va rassurer par contre les multi-nationales du gaz, de l'électricité, du pétrole qui peuvent être les mêmes.

A l'Education, Sergei Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le « Trident », organisation se revendiquant des groupes collaborateurs pendant la dernière guerre.

Aux Sports, le voyou Dimitri Bulatov, héros des indignés à crânes crasés pour avoir organisé la logistique sur la place Maidan, est aussi connu pour ses liens très étroits avec le groupe ultra-fasciste « Secteur Droit ». 

On pourrait aussi ajouter une égérie du mouvement, la journaliste anti-corruption Tatiana Tchornovol à la tête du Bureau anti-corruption qui fut responsable à la communcation de l'UNA-UNSO, groupe néo-nazi se revendiquant du nationalisme ukrainien collaborant avec les nazis, maintenant des relations très proches avec le parti néo-nazi NDP.

 

A noter que si les deux principaux dirigeants des partis d'extrême-droite ne sont pas au gouvernement, ce n'est pas parce qu'on les a exclus mais … parce qu'ils ont refusé les postes, préférant se préserver pour les prochaines élections.

 

Ainsi, le chef de Svoboda, Oleg Tyahnybok s'est vu proposer le poste de vice-premier ministre. Celui du parti néo-nazi « Secteur droit », Dmitri Yarosh a refusé le poste de vice-secrétaire du Conseil de sécurité national, attendant mieux peut-être.

 

Et des bouffons (corrompus) à la pelle, partout !

 

On pourrait continuer la liste des membres du gouvernement, même les miettes lancées aux « manifestants » n'ont pas convaincu même les plus fanatiques ou crédules des dits « indignés de Maidan ».

On peut penser à Olga Bogomolets aux Affaires humanitaires.

Cette millionnaire formée aux Etats-unis a fait fortune dans la création après 1991 de cliniques laser, d'instituts privés de dermatologie et de cosmétologie. Elle investit depuis sa fortune dans des institutions philanthropiques … avant tout destinés à glorifier la nation ukrainienne éternelle, bien ancrée à l'ouest.

Aux affaires sociales, Lioudmila Denisova, elle aussi déjà ministre du même poste pendant trois ans, elle a déjà été dénoncée par plusieurs ONG pour abus de pouvoir, népotisme et détournement de fonds. Une belle figure morale !

On pourrait continuer, pour rire, avec l'acteur raté Yevhen Nischchuk à la Culture, le recteur d'université servile Sergei Kvit à l'Education, ou le docteur formé aux Etats-unis et en Allemagne, Oleg Musiy à la Santé : tous ont suscité au mieux les réticences, au pire la désapprobation générale même des étudiants, milieux culturels et de santé pro-européens !

 

 

Arrêtons le massacre, arrêtons la mascarade. L'Union européenne – en soutenant ce coup d'Etat et ce gouvernement fantoche – a enterré la démocratie, montré l'hypocrisie de son discours, précipité le risque de guerre avec la Russie : que l'on sache enfin à qui nos dirigeants veulent confier le sort d'un des plus grands pays d'Europe.

Partager cet article
Repost0
26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 14:19

Le PS n'a de cesse de dénoncer l'extrême-droite en France.  Que ne fait-il de même pour les groupes fascistes d'Ukraine ? Ces derniers sont déjà passés à l'acte contre les communistes ukrainiens qui sont soumis à la terreur de rue dans l'Ouest du pays.  Cela n'embarrasse pas Fabius et les représentants de l'UE qui ont dialogué avec leurs représentants à Kiev.  L'extrême-droite, quand elle est pro-européenne, devient fréquentable, voire admirable, pour nos dirigeants européens et les médias dominants.

Le Parti communiste d'Ukraine bientôt interdit ?

Le projet de loi est déposé au Parlement, solidarité avec nos camarades !

Communist Party of Ukraine logo




Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Nos camarades ukrainiens subissent des attaques sans précédent depuis plusieurs semaines. La dernière en date, la proposition déposée au Parlement du député de l' « opposition » européiste, Oleg Lyashko, d'interdire le Parti communiste d'Ukraine.



Ce 23 février, un pas de plus a été franchi dans la chasse aux sorcières anti-communistes. Le projet de loi n° 4201, enregistré à la Rada (parlement ukrainien), propose l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine.



Un Parti déjà dans la semi-clandestinité à l'ouest, maintenant le projet est porté au niveau national !



Ces dernières semaines, les communistes ont tout connu.

 

Les démolitions de monument en hommage à Lénine, à la lutte anti-fasciste de l'Armée rouge ; les interdictions dans plusieurs régions ; les attaques contre les sièges locaux et le siège national ; enfin, attaque armée contre le lieu présumé de résidence du secrétaire du Parti, heureusement erroné.

 

Cette fois, la proposition votée officiellement dans trois régions d'Ukraine sous contrôle de forces pro-européennes 'radicales', fascisantes, de fait une réalité dans tout l'Ouest du pays, où les communistes sont soumis à la terreur de rue, cette proposition est avancée au niveau national.

 

Son instigateur, M.Oleg Lyashko, est connu pour son populisme à tout crin, son européisme assumé qu'il a conduit à être en première ligne des manifestations pro-européennes, son désir d'exister, y compris dans des provocations parlementaires finissant en bagarre générale.



Interdire le Parti communiste : une preuve de conformité avec l'Union européenne ?



Officiellement, il fait partie d'un petit parti, le « Parti radical » dont il est le seul député. Toutefois, il avait déjà été élu député en 2006 pour le « bloc Timochenko » … bien qu'il en avait été exclu pour « collaboration avec la majorité (pro-Yanoukovitch!) ».

 

Une vraie girouette politique, dont la boussole reste l'adhésion à l'Union européenne, la collusion avec les différents clans oligarques, camouflés derrière une rhétorique populiste !

 

Le seul parti avec lequel il n'a pas flirté, c'est le Parti communiste. Lyashko s'était notamment fait connaître pour en être venu au poings en 2011 avec le député communiste Adam Martynuk, après que Lyasko a insulté le parlementaire.

 

Si dans l'immédiat, cette proposition risque de ne pas être acceptée, elle brise un tabou. Aucun des partis en compétition ces dernières semaines, liés à un clan oligarchique, à un bloc de puissance, n'a exprimé sa solidarité avec le Parti communiste face à ce déni de démocratie.

 

L'interdiction du Parti communiste est déjà une réalité dans plusieurs pays d'Europe – Lituanie, Lettonie, Hongrie –, d'autres mesures du même type ayant déjà été entreprise ailleurs, comme en Pologne ou en République tchèque.



Un Parti qui dérange : la vraie « opposition » de masse aux régimes des oligarques



Le secrétaire-général du KPU, Petro Simonenko, a posé une position ferme de refus de l'intimidation fascisante :

 

« On ne va pas se laisser intimider, cette proposition montrent qu'ils ne veulent pas entendre des opinions différentes, comprendre que l'Ukraine est diverse ».

« En 1991, ils ont interdit le Parti communiste. Après l'interdiction, le pays a été détruit, l'Ukraine a perdu presque toute souveraineté politique. Et maintenant ils essaient de le refaire, parce que nous disons la vérité. Le Parti communiste a un programme clair, donc ils essaient de l'éjecter de la scène politique ».

 

Ce programme politique, le KPU l'a réaffirmé ces derniers jours : il ne participera pas au gouvernement et sera le premier, et seul, parti d'opposition à cette « union sacrée », trêve entre clans oligarques dans leur lutte pour se partager le gâteau.

 

Un parti d'opposition constructifpour le maintien de l'unité et l'intégrité de l'Ukraine, la défense des intérêts nationaux de l'Ukraine, assimilés à ceux des travailleurs ukrainiens.

 

Mais un parti d'opposition inflexiblequi demande dès maintenant le retrait des réformes libérales précédents de Yanoukovitch – notamment dans la santé, sur les retraites – ; le refus de tout agenda décidé par l'Union européenne, la Russie ou le FMI ; enfin, une enquête sur les actes de violence, violation de lois, brutalités non-nécessaires commis par les divers camps ces dernières semaines.

 

On comprend mieux, qu'avec un tel programme, le Parti communiste se soit fait beaucoup d'ennemis en Ukraine dans les clans dirigeants … mais aussi beaucoup d'amis, au sein du peuple, des travailleurs de ce pays.

 

Seul parti à défendre l'unité et l'indépendance nationale, les intérêts des travailleurs, le KPU a survécu à la tentative de Yanoukitch de « plumer la volaille communiste » – cet électorat ouvrier de l'est du pays, russophone – feignant de récupérer certaines positions du parti.

 

Il avait fait le tour de force de passer en 2012 de 5,3 à 13,4 % des voix, doublant son nombre de voix (de 1,3 à 2,6 millions de voix), devenant la première force d'opposition à la « lutte de clans » entre oligarques pro-russes et pro-européens.

 

Les avertissements que nous faisons monter ces derniers mois nous montrent que nous ne sommes pas des Cassandre, la menace est bien réelle en Ukraine. Il est temps maintenant de faire monter la solidarité avec nos camarades ukrainiens : le fascisme ne passera pas !

Partager cet article
Repost0
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:17

melenchon-copie-1

 

Invité au micro de RTL le 24 février 2014, le co-président du Parti de Gauche affirme que des "groupes nazis" font partie des opposants au régime ukrainien.

 

"On joue avec le feu et on a allumé l'incendie". L'intervention européenne en Ukraine déplaît fortement à Jean-Luc Mélenchon, qui craint que l'on reproduise dans ce pays les mêmes erreurs qu'en Syrie "où nous avons fait l'apologie d'épouvantables islamistes". Le co-président du Parti de Gauche prévient : "N'idéalisons pas les opposants parce que l'on n'aimerait pas les Russes".

 

Selon lui, "des groupes nazis" font partie des manifestants et des "actions anti-juifs" auraient été menées dans Kiev. "Un rabbin a demandé aux juifs de quitter Kiev", raconte-t-il. "Ces manifestations ont été armées et financées par des gens qui n'ont rien à voir avec l'euro-béatitude", estime-t-il.

 

La venue de Laurent Fabius en Ukraine ne traduit, selon lui, que la volonté des États-Unis d'"enfermer la Russie" en faisant entrer "l'Ukraine dans l'OTAN". L'eurodéputé s'offusque également de l'attitude des dirigeants européens vis-à-vis du renversement du gouvernement ukrainien. "Toute l'Europe applaudit donc ça veut dire que nous sommes d'accord pour renverser par des putschs des gouvernements élus (...) Dans combien de pays trouverons-nous ça normal ?"

*****

"Il y a des groupes nazis au sein des opposants"

Jean-Luc Mélenchon

*****

"Toute l'Europe applaudit donc ça veut dire que nous sommes d'accord pour renverser par des putschs des gouvernements élus"

Jean-Luc Mélenchon


source

Partager cet article
Repost0
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:12

Petro-Simonenko-PCUkraine.jpg

 

Chers camarades communistes,

Je vous écris pendant l’un des moments les plus dramatiques de l’histoire de notre pays. Pendant les événements tragiques des trois derniers mois, du sang a coulé, et il y a eu des morts. L’intégrité territoriale de l’Ukraine est menacée, son existence en tant qu’Etat souverain, indépendant et uni aussi.

 

Ces événements ont un caractère ambigu. La participation d’un grand nombre de personnes reflète le profond mécontentement dans la société à l’encontre de la politique de M. Ianoukovitch et de son régime, ils ont montré leur incapacité à gouverner le pays, a tromper le peuple, a violer toutes leurs promesses pré-électorales et ils ont abandonné leurs postes au moment le plus difficile.

 

L’impudeur avec laquelle c’est enrichi le clan formé autour de Ianoukovitch, appelé "la famille", montre l’importance des détournements contre la plupart de leurs partisans et de leurs électeurs.

 

Mais les protestations massives n’ont pas acquis un caractère de confrontation de classe. Cette lutte sanglante est celle d’un affrontement entre les deux groupes de la même catégorie d’exploitants, la bourgeoisie oligarchique, c’est le groupe prêt qui a rejoint les forces pro-occidentales, les nationalistes, la droite qui ont triomphé. Ces forces ont habilement utilisé le mécontentement du peuple et avec leur aide ont mené un coup d’état.

 

 

Dans le même temps, l’Occident a ouvertement, sans ménagement, interféré dans les affaires intérieures de notre pays, en soutenant l’action des forces de droite, ils visent à une transformation profonde de la situation géopolitique de Europe dans le monde, ils veulent détruire les liens vieux de plusieurs siècles entres les peuples russes, ukrainiens et des peuples frères de l’ex-Union soviétique. Ils veulent faire de l’Ukraine un protectorat des États-Unis, de l’UE, de l’OTAN, du FMI et des multinationales, économiques, culturelles et spirituelles.

 

Les groupes d’ultras, dirigés par des forces ouvertement néo-nazis, ont émergé avec l’agrément du régime Ianoukovitch, et les héritiers idéologiques d’Hitler accompagnés par un nouveau régime mènent une résurgence de l’hystérie anti-communiste, qui se manifeste dans la destruction massive monuments à Lénine, aux héros de la Grande guerre patriotique, par attaques criminelles contre nos sièges à Kiev et dans d’autres villes du pays, ils appliquent une terreur morale et physique contre les communistes et tentent d’interdire les activités du Parti communiste par des agressions importantes.

 

 

Tout cela montre très clairement que les forces qui ont pris le pouvoir peuvent recourir à illégalité, et mener des représailles, non seulement contre les chefs du parti, mais contre la base communiste.

 

Soyez prêts pour cela.

Dans la situation actuelle, la tâche la plus importante est de maintenir la structure du parti, ses couleurs, être vigilant et ne pas répondre aux provocations.

 

 

Il est essentiel d’utiliser chaque occasion pour expliquer aux travailleurs le sens réel du coup d’État, les dangers, les conséquences qui en résulteront pour les gens ordinaires: Une aggravation de la situation économique, la hausse dramatique du chômage, les salaires impayés et la hausse des prix et des tarifs, la débauche et le crime, l’appauvrissement de la population.

 

La direction du parti, notre groupe parlementaire à la Rada, fera tout son possible, dans ces conditions difficiles, pour défendre les intérêts des travailleurs, la préservation du parti et pour la défense l’unité du pays.

 

Chers camarades,

Avec cette situation nouvelle, chacun de nous doit relever de nouveaux et difficiles défis. Rejoignez nos rangs, il faut multiplier les efforts pour promouvoir la lutte pour une juste cause, celle du socialisme.

 

 

Traduction Nicolas Maury

source: 

http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Message-de-Petro-Simonenko-aux-adherents-du-Parti-Communiste-d-Ukraine_a7482.html

 

Partager cet article
Repost0
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 14:53

Nous publions une analyse parue sur le Solidarité internationale en Octobre 2012, à propos des législatives en Ukraine et des progrès du KPU, aujourd'hui interdit dans certaines régions d'Ukraine.

 

cp ukr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Après la Russie et la République tchèque, c'est désormais en Ukraine que les communistes réalisent une progression historique, s'imposant après les élections législatives du 28 octobre comme la troisième force du pays, après le décompte de 85% des bulletins.



Le duel entre les deux partis représentant les deux fractions de la classe dominante ukrainienne a bien eu lieu.

 

D'un côté, le « Parti des régions » de Viktor Yanukovitch, représentant l'aile pro-russe et une base électorale orientale trans-classiste mais plutôt populaire, sort vainqueur avec 31,9% des voix.

Il devance le « Parti de la Patrie » de Yulia Timoschenko, pro-occidental, dont le programme libéral représente pour l'essentiel les intérêts des couches moyennes occidentales de l'Ouest et des grandes villes. Un bloc occidental qui obtient 24,1% des voix.


La surprise est venue de la troisième force qui arbitrera ce duel. Défiant tous les sondages, le Parti communiste d'Ukraine (KPU) obtient 14% des voix, réalisant son meilleur score depuis plus de dix ans.

Dans un contexte de crise, la personnalisation extrême mais aussi le flou idéologique et le vide programmatique des deux grands blocs a laissé un espace aux communistes. Ils sont apparus à beaucoup comme la seule alternative au consensus libéral dominant et au jeu des grandes puissances dont l'Ukraine est captive.

Le KPU devance ainsi le parti qui était annoncé comme la « troisième force », le parti de droite UDAR, fondé par le boxeur Vitali Klitschko sur une base pro-européenne, libérale-conservatrice, compatible avec le bloc de Timoschenko. Le parti de Klitschko obtient 13,5% des voix.



Les communistes mettent surtout à distance le parti d'extrême-droite fascisant « Svoboda » (Liberté), alors que la complaisance médiatique avec les 'nationalistes' de Svoboda avait conduit à forger l'idée d'un duel entre communistes et néo-fascistes. Svoboda obtient tout de même 9,5% des voix.

Les communistes ukrainiens ont analysé avec beaucoup d'inquiétude cette percée : « C'est un choc. Le néo-fascisme est aux portes de l'Ukraine », a déclaré le député communiste Piotr Tsybenko. Le secrétaire-général du KPU Piotr Simonenko a rappelé que « ce sont de grands groupes qui financent Svoboda. N'oublions pas que c'est en période de crise, avec le soutien du grand capital, qu'Hitler a accédé au pouvoir dans les années 1930 ».



Les communistes triplent leurs scores avec un ancrage à l'Est et une progression à l'Ouest



Le résultat des communistes constitue une percée spectaculaire par rapport aux scrutins précédents. En 2007, les communistes ukrainiens n'avaient obtenu que 5,39% des voix tandis que Piotr Simonenko était tombé 3,5% des voix aux dernières présidentielles de 2010.

Déjouant le discours dominant sur l'inexorable déclin des communistes ukrainiens, le KPU obtient son meilleur score depuis 2002, ralliant sur le programme des communistes plus de 2,5 millions d'électeurs.


L'analyse de la carte électorale du Parti révèle un ancrage du vote communiste traditionnel, celui des ouvriers et des retraités des couches populaires du l'Est du pays : Donetsk (18,8%), Kharkov (20,8%), Zaporozhje (21,1%), Luhansk (24,9%) ; mais aussi du Sud rouge : Odessa (18,1%), la Crimée (19,5%), Kherson (23,1%) le maximum étant atteint à Sebastopol (29,4%).

La faiblesse relative des communistes chez les jeunes, les autres couches salariés et dans l'Ouest du pays est toujours réelle, mais elle est compensée par une nette progression, en particulier dans les régions de l'Ouest et du Centre. Ainsi, le KPU passe à Vinnitsa de 5 à 9%, à Zhitomir de 5,8 à 13,7%, à Poltava de 6,5 à 13,5% ou encore de 3 à 7% à Kiev.

 

 

« Les régions occidentales de l'Ukraine sont confrontées à de nouveaux problèmes. Chaque famille a un enfant travaillant à l'étranger, les enfants sont dans la rue au lieu d'aller à l’école, le chômage et les bas salaires touchent tout le monde », explique le secrétaire-général du KPU.

« Les travailleurs n'hésitent plus, même à l'Ouest, à dire qu'il vivait mieux sous le régime soviétique. Quant aux jeunes, ils sont de moins sous l'emprise des dogmes et des mythes nationalistes », ajoute Petro Simonenko.



Le succès du Parti communiste s'explique par la large diffusion et la réception positive du « Programme anti-crise » du KPU, tranchant avec le consensus ultra-libéral dominant la vie politique du pays.

 

Parmi les propositions mises en avant : le retrait de la réforme des retraites, la nationalisation des grandes entreprises ou encore un plafond pour les prix des services publics de base.



Les communistes dénoncent les fraudes et marquent leur indépendance politique



L'analyse du scrutin réalisée par les directions nationales et locales du KPU ne se limite pas à une auto-congrulation. Au contraire, c'est la colère qui l'emporte devant les fraudes massives auquel le gouvernement a eu recours.

« Il y a toutes les raisons d'affirmer que ces élections législatives n'étaient ni démocratiques, ni justes » et la conséquence « de la fraude et de la manipulation éleccotrale, c'est que le grand capital sera sur-représenté au Parlement », a déclaré après le scrutin le secrétaire-général du Parti.



La liste des cas de fraudes déclarés s'allonge d'heure en heure : achat des votes à Odessa, « tour de manège » (transport des électeurs en car pour voter plusieurs fois) à Zhitomir, pannes inopinées de courant à Donetsk pendant le décompte des voix, caméras de surveillance laissant des angles morts aux dépouilleurs ou encore les « âmes mortes » (le vote de personnes décédées présentes encore sur les listes) à Vinnitsa

Le pouvoir a eu recours à toute la panoplie des fraudes et manipulations pour emporter le scrutin. Des pratiques dénoncées haut et fort par le KPU :



« Nous ne pouvons que reconnaître ces violations, et exiger qu'elles soient condamnées (…) Le Parti communiste ne peut pas se taire devant de tels faits », a déclaré le député Sergey Gordenko.

Mais si le KPU a exprimé sa colère vis-à-vis des méthodes du gouvernement, relayé la lassitude du peuple vis-à-vis de tels procédés récurrents depuis une vingtaine d'années, la question des alliances est restée ouverte après le scrutin.

Le KPU a d'ores et déjà exclu l'éventualité d'une alliance avec les partis d' « opposition » de droite : UDAR, bloc Timoschenko, Svoboda : « nous ne conclurons aucune alliance avec l'opposition », a précisé Igor Alexeev, responsable élections du KPU.



Le Parti communiste n'a à l'heure actuelle pas exprimé son souhait de nouer une alliance gouvernementale avec le « Parti des régions » de Janukovitch, il a par contre exprimé son désir de rester une force politique indépendante :

« Nous traiterons chaque projet de loi au cas par cas. Seul le temps nous prouvera quelles sont les dispositions des différentes forces politiques par rapport à la défense des droits et libertés de nos concitoyens. Le Parti communiste agira au Parlement comme une force indépendante. Il n'y a pas d'autre choix », a ainsi clarifié Petro Simonenko.



En tout cas, en Ukraine, comme en République tchèque, en Russie, ou encore en Lettonie et en Moldavie, vingt après la contre-révolution capitaliste en Europe de l'Est, les communistes qui ont fait le choix de le rester n'ont jamais été aussi populaires.

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents