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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 11:01

 

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Journée de l’Europe

La CGT appelle à porter la voix du progrès social
lors des élections du Parlement européen

En ce 9 mai, déclaré « Journée de l’Europe », la CGT rappelle que l’Europe fut bâtie, au sortir de la 2nde Guerre mondiale sur la paix et la coopération entre les peuples. Elle déplore qu’aujourd’hui, cette conception fondamentale soit battue en brèche par des gouvernements européens influencés par les objectifs de libéralisation des marchés et appelle à porter la voix du progrès social lors des élections du Parlement européen.

Dans une déclaration adoptée par sa Commission exécutive confédérale, mardi 6 mai 2014, la CGT estime en effet que les questions sociales doivent être au cœur des débats européens, notamment au moment des élections européennes, dont le 1er tour aura lieu le dimanche 25 mai prochain. Elle y appelle l’ensemble des salariés, des retraités et des privés d’emploi à se saisir de ces questions pour porter la voix d’une autre Europe sociale qui refuse leur mise en concurrence et l’opposition entre les peuples.

Pour la CGT, il ne fait aucun doute que les politiques actuellement menées tournent le dos aux objectifs progressistes et renforcent, dans tous les pays de l’Union européenne, le sentiment que c’est à cause de l’Europe que l’on vit de plus en plus mal. Ce sentiment conduit à un recul de la confiance en l’avenir et à une défiance de plus en plus forte envers les partis politiques qui gouvernent, ou prétendent le faire, pouvant se traduire par l’abstention ou le vote d’extrême droite, comme nous venons de le vivre en France.

Les institutions démocratiques sont menacées par le creusement des inégalités et il y a urgence à réorienter les politiques économiques en faveur du monde du travail.

Des alternatives responsables aux politiques d’austérité économique conduites, aujourd’hui, dans la plupart des pays d’Europe sont en effet possibles, à travers, notamment, la mise en place du Plan d’investissement proposé par la Confédération européenne des syndicats (CES) qui permettrait de créer jusqu’à 11 millions d’emplois de qualité, dans une Europe qui compte aujourd’hui 26 millions de sans-emploi.

A l’opposé d’un repli sur soi des peuples européens, c’est une Europe où chacun contribue au développement de tous, par ses propres atouts, qu’il nous faut construire, tous ensemble. Nous voulons une Europe qui soit au service des peuples et du monde du travail, de toutes les nations, qui soit une opportunité pour développer ensemble dans la paix, une économie qui garantit la création d’emplois, le progrès social et l’élévation des droits de tous les salariés, privés d’emploi et retraités.

Lire l’intégralité de la déclaration de la Commission exécutive confédérale

Montreuil, vendredi 9 mai 2014

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Les commentaires de Jean LÉVY sur son blog:

Quand la direction confédérale de la CGT fait de la politique...ce n'est pas pour appeler à la solidarité avec les mineurs du Donbass ukrainien, victimes des bandes fascistes envoyées par la junte de Kiev pour mater la population révoltée. 

NON ! C'est pour appeler à voter pour l'Union européenne, qualifiée d'"Europe sociale", pour cette Europe qui, depuis le traité de Maastricht,  impose l'austérité et le chômage à tous les peuples vivant sous sa férule, cette Europe PS-CDU sous direction allemande, mise en place par l'oligarchie financière et industrielle, et soutenue par la droite comme par la "gauche", comme par la CES collabo du patronat.

Comment ne pas réagir avec colère au communiqué de la CGT (ci-dessus)...

 

Jean LÉVY

adhérent de la CGT depuis septembre 1944, il y aura 70 ans dans quatre mois qui n'a pas pris sa carte confédérale pour faire partie d'organisation dont la direction pratique la collaboration de classe.

Va-t-on tolérer longtemps sans réagir à ce dévoiement ?

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Je ne peux que m'associer au commentaire de Jean Lévy et faire part de ma sidération dès la lecture de la première phrase du communiqué de la confédération CGT. Comment cette dernière peut faire sienne la fable de la création de "L'europe" au sortir de la deuxième guerre mondiale bâtie "sur la paix et la coopération entre les peuples", alors que tous les historiens sérieux s'accordent sur l'idée qu'il s'agissait avant tout d'assurer le règne sans fin du Capital et de "lutter contre le communisme" en empêchant la victoire du socialisme dans les pays occidentaux, notamment et France et en Italie, qui disposaient alors de partis communistes puissants.

EL DIABLO

 

La première phrase relève du révisionisme tout simplement.  Les études historiques les plus officielles sur la naissance de l'UE, alors nommée "Marché commun", si elles mettent l'accent sur la paix ( voile hypocrite jeté sur des décisions purement capitalistes ), n'oublient pas de mettre en avant la libre circulation des hommes, mais surtout des capitaux et des marchandises.  Dès le début la nature capitaliste et libérale des traités signés était très claire.  Il est étonnant que la direction de la CGT falsifie ainsi non seulement l'analyse qui fut faite alors par la CGT mais aussi les premiers textes officiels ... des européistes eux-mêmes.  Pourquoi donc cacher ce que tout le monde sait ?  Parce que la direction de la CGT veut vendre à tout prix cette UE ?

Y.G.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 22:52

ferreira 

 

 

Entretien avec le député communiste portugais au Parlement européen, Joao Ferreira (pour le quotidien Avante, organe central du PC portugais)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Q: Quelle importance prennent les prochaines élections européennes dans le contexte politique actuel ?

 

R : Elles ont une importance incontestable. Le Portugal vit une des périodes les plus noires de son histoire récente. Jamais ne fut aussi évident le rapport entre les principaux problèmes du pays et les contraintes imposées par l'intégration capitaliste européenne – point d'appui fondamental des politiques de droite, tout au long de ses 28 dernières années. Les partis qui ont alterné au gouvernement dans cette période sont les mêmes qui dans les institutions de l'UE, y compris au Parlement européen, ont soumis le Portugal, de façon répétée et croissante, à des décisions contraires à ses intérêts. Ces élections sont une opportunité non seulement de faire élire plus de députés du PCP et de ses alliés de la CDU – des députés engagés dans la défense des intérêts nationaux et la ferme défense des intérêts des travailleurs et du peuple – ce qui, déjà en soi, ne serait pas peu de chose, mais pourrait aussi donner plus de force à l'exigence de démission de ce gouvernement et de mise en échec des politiques de droite.

 

Q : Quel bilan fais-tu de ce mandat, que vous avez partagée avec la députée Ilda Figueiredo et ensuite avec Ines Zuber ?

 

R : Ce furent cinq années marquées par la violence de la réponse de l'UE à sa propre crise. Marquées en premier lieu par les plans d'austérité et le programme d'intervention UE-FMI, que nous qualifions d'authentique pacte d'agression contre le pays et son peuple, et qui fut appliqué, de façon fort similaire, aussi dans d'autres pays, avec des conséquences dévastatrices que nous connaissons bien. A part cela, ces cinq dernières années, ont eu lieu un ensemble de changements dans le cadre politique et institutionnel de l'UE qui, une fois mis en place, eurent des conséquences gravissimes pour des pays comme le Portugal, accentuant sa dépendance et son retard. C'est dans ce contexte que les députés du PCP au Parlement européen ont développé une activité intense, profondément ancrée dans la situation nationale, soutenue par plusieurs centaines d'initiatives réalisées dans tout le pays, rentrant en contact avec des secteurs très divers de la vie économique, sociale et culturelle nationale. C'est ce lien avec la réalité nationale qui a donné sens et réalité à des centaines d'interventions, rapports, résolutions, propositions d'amendement, nombreuses questions que nous avons porté au sein des institutions de l'UE. C'est un travail qui allie la dénonciation, la protestation à la proposition, capable de dessiner une voie alternative, pour le Portugal et pour l'Europe.

 

Q : Certains sont d'accord avec les justes critiques que nous avons faites à l'intégration capitaliste européenne et à ses conséquences mais ils s'interrogent sur les raisons de voter ou de soutenir ceux qui sont contre l'Union européenne

 

Le peuple portugais et le Portugal ont besoin au Parlement européen de députés qui défendent avec conviction et courage les intérêts nationaux et non des députés serviles et soumis aux dessins et projets de l'UE. Je dirais que ceux qui sont d'accord avec les critiques que nous avons émises envers l'intégration capitaliste européenne ne pourront alors adopter une autre posture que celle de soutenir et voter pour ceux qui, comme le PCP et la CDU, depuis toujours, avec cohérence et principes, ont prévu et prévenu sur les effets de cette intégration et l'ont toujours combattue, sans illusions ni ambiguïtés. Ce soutien et ce vote sont une garantie que l'on donnera plus de force à ceux, au Parlement européen, qui fixent comme objectif essentiel la défense ferme des intérêts du Portugal et des Portugais et donneront dans le même temps plus de force à la lutte pour une alternative patriotique et de gauche qui garantisse, comme aucun autre vote, la défense et la reconquête des droits et des revenus volés et ouvre la perspective de la construction d'une vie meilleure pour les travailleurs et le peuple portugais.



Q : Ce mandat (2009-2014) a été traversé par une crise du capitalisme sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, qui perdure encore. Peut-on dire que les contradictions et le caractère impérialiste de l'Union européenne s'aggravent ?



Sans nul doute. Ce processus européen ayant été un processus d'intégration capitaliste, la crise du capitalisme est, dans l'UE, une crise de l'UE elle-même, de ses fondements. Ce n'est pas un hasard si la réponse de l'UE à la crise a suivi les lignes fondamentales de réponse du système à sa crise : destruction des forces productives et aggravation de l'exploitation, en parallèle à la concentration du pouvoir politique et économique. D'autre part, elle a accentué le caractère militariste de l'UE, son affirmation comme un bloc politico-militaire au service des ambitions impérialistes des grandes puissances. Les dépenses militaires s'accroissent et, en articulation avec l'OTAN, augmente la participation dans des opérations d'ingérence et l'agression de pays souverains.



Q : L'adhésion à ce qui était alors la CEE a été un instrument de la contre-révolution. La signature des traités européens successifs a consolidé cette voie se traduisant, en pratique, en une plus grande dépendance, en un recul de souveraineté et un bond en arrière économique et social au Portugal. En ce 40 ème anniversaire de la révolution, comment se conjuguent les valeurs de la Révolution d'Avril que nous cherchons à réaliser à l'avenir dans ce pays, dans le cadre de cette UE ?



L'entrée du Portugal dans la CEE/UE a représenté globalement dès l'adhésion et jusqu'à ce jour, un assaut contre le régime démocratique né de la Révolution d'Avril et, évidemment, contre la Constitution de la République qui a consacré ses grandes conquêtes et la vision d'un pays indépendant et souverain, de progrès et de justice sociale. Les classes dominantes, mécontentes des parcelles de pouvoir perdues avec la révolution du 25 avril, y virent une opportunité en or de satisfaire leurs ambitions, arrimant le pays à l'intégration capitaliste européenne. L'approfondissement de l'intégration a représenté une escalade en ce sens. Maastricht et la constitution européenne mise en échec, ensuite resucée en Traité de Lisbonne, furent des bonds qualitatifs que nous devons souligner. De la même façon, les évolutions les plus récentes (Traité budgétaire, Gouvernance économique, Semestre européen, Pacte pour l'Euro plus) comportent des dangers croissants évidents pour la souveraineté et le régime démocratique, qui pourront contribuer à sa défiguration chronique. Le déploiement d'une politique patriotique et de gauche au Portugal et, plus généralement, le retour au projet de démocratie avancée que nous avons initié lors de la Révolution d'Avril et que le PCP développe dans son programme, rentre en conflit inévitablement avec les axes fondamentaux du processus d'intégration. C'est pour cela que nous assumons avec clarté, sans ambiguïtés, la nécessité de rupture avec ces axes. Certains que rien ni personne ne peut obliger le Portugal à renoncer au droit d'opter pour ses propres structures socio-économiques et pour son propre régime politique.



Q : Certains soutiennent que la crise qui a touché l'Union européenne est le fruit d'erreurs de nos dirigeants, que ce qu'il faut faire est fluidifier les mécanismes d'intervention de l'Union, approfondir le fédéralisme pour répondre efficacement à cette crise et à celles futures. Existe-t-il une possibilité de réformer cette Union européenne ?



Loin d'une orientation (ou désorientation) circonstancielle, fixée par des « dirigeants sans dimension européenne » ou d'autres raisons de ce genre, fréquemment invoquées, le cap suivi par l'UE découle de ses caractéristiques et de sa nature de classe. La situation actuelle met en évidence les limites de l'intégration capitaliste. Mais cela n'atténue pas la volonté de la poursuivre et l'approfondir, de la part de ceux qui en ont bénéficié. Au contraire. Dans cette phase, l'approfondissement du processus d'intégration requiert une plus grande concentration du pouvoir politique et économique au sein de l'Union européenne. Une concentration de pouvoir qui tend même à établir d'authentiques rapports de domination et de type colonial. Se révèle avec encore plus de clarté le caractère anti-démocratique du processus d'intégration et, une fois de plus, se révèlent ses limites objectives, démontrant que l'UE n'est pas réformable et que ses axes fédéralistes, néo-libéraux et militaristes sont indissociables.



Q : Les partisans des solutions fédéralistes, même ceux qui invoquent ce mythique fédéralisme de gauche, face à la critique du PCP à ce cap, nous accusent régulièrement d'isolationnisme et de nationalisme. Comment réfute-t-on ces accusations ?



Les tentatives de soumission nationale en cours dans l'UE représentent une forme d'oppression de classe qui est exercée sur les travailleurs et les peuples, au-delà d'une inquiétante et dangereuse attaque contre la démocratie. Ceux qui, tout en se prétendant à gauche, ne le perçoivent pas, ou ne veulent pas le percevoir, ne comprendront pas un élément décisif pour agir sur la réalité de notre temps, pour la transformer dans le sens du progrès social. Si l'évolution du capitalisme a conduit les classes dominantes à sacrifier les intérêts nationaux à ses intérêts de classe, alors, inversement, cela conduit à une identification croissante des intérêts des travailleurs et du peuple aux intérêts nationaux. Cela dit, nous ne défendons aucun isolationnisme ni aucune solution autarcique, qui non seulement n'est pas possible mais pas non plus désirable. Bien au contraire. L'internationalisation de l'économie, la profonde division internationale du travail, l'interdépendance et la coopération entre États et les processus d'intégration correspondent à des réalités et tendances d'évolution qui ne sont pas exclusives au capitalisme. En fonction de son orientation, de ses caractéristique et de ses objectifs, de tels processus peuvent soit servir les monopoles et les trans-nationales, ou peuvent servir les peuples. C'est un droit inaliénable de chaque peuple et de chaque pays de lutter pour la défense de ses intérêts et de ses droits. L'UE ne fut pas le premier processus d'intégration entre Etats en Europe. Ce ne sera certainement pas le dernier.

 

Q : Avec l'expérience des dernières élections, il faut admettre que le PS et le PSD (la droite) fondent leur campagne sur des questions qui n'ont rien à voir avec les problèmes réels du peuple et du pays, déviant l'attention vers des questions comme la Présidence à la Commission, par exemple. Comment peut-on estimer cette stratégie ?



Le PS et le PSD ont une tâche difficile lors de ces élections. Cette tâche passe par le fait de tenter, par tous les moyens, de montrer qu'il y a des différences entre eux là où en vérité ils sont d'accord. Et de la même façon que ces trois partis étaient unis dans la signature du pacte d'agression, ils étaient également ensemble dans les projets les plus importants votés au Parlement européen, notamment ces cinq dernières années. Pour cette raison, les manœuvres de diversion ne manquent pas. Ces manœuvres qui passent même par la tentation de dissimuler ce qui est vraiment en jeu lors de ces élections. Dissimuler sa nature même lors de ces élections, en cherchant à la transformer lors de l'élection du président de la Commission européenne – ce qui n'est pas le cas, cela ne le fut jamais ni ne pouvait l'être. Ils veulent cacher que ce qui est d'élire des députés portugais au Parlement européen. Ce n'est pas un hasard. Ils veulent que l'on oublie que ce fut avec le soutien du PSD, du CDS et du PS qu'ont été approuvées des mesures profondément contradictoires avec nos intérêts nationaux. Ils veulent que l'on oublie qu'au lieu de l'indispensable re-négociation de la dette que le PCP propose depuis trois ans, ils ont choisi d'atteler le pays à un pacte d'agression, d'exploitation et de paupérisation. Ils veulent surtout mettre entre parenthèses la dure réalité qui rend infernale la vie de millions de portugais, occultant les responsabilités qu'ils ont dans la situation du pays, découlant d'années de politiques de droite défendues par les gouvernements successifs de ces partis.



Q : L'expérience a donné raison aux dénonciations du PCP sur ce qu'allait signifier l'adhésion à l'euro. Il y a des voix, des groupes qui voient dans la sortie de l'euro l'apocalypse, d'autres qui défendent l'idée d'une sortie immédiate de la monnaie unique. Le PCP a une position différente. Tu peux l'expliciter ?



L'entrée du Portugal dans la monnaie unique a contraint et fragilisé économiquement le pays. Le pays a perdu beaucoup avec l'entrée dans l'euro. Mais il peut perdre encore plus, que ce soit en y restant, ou dans un scénario de reconfiguration de la zone euro, imposé depuis l'extérieur, face aux évolutions de la crise qui, d'aucune manière, ne peuvent être mises de côté. Sortir de l'euro tout court, ce n'est pas revenir au point où nous y sommes rentrés. Et encore moins au point où nous serions si nous n'y étions pas rentrés. Si il est certain que la poursuite du cap actuel est absolument insoutenable, il est tout aussi clair que la sortie de l'euro peut être dans l'intérêt du peuple portugais ou peut, au contraire, être dans l'intérêt de ceux qui y ont gagné avec l'euro pendant toutes ces années et qui continuent à en profiter – ce sont des intérêts irrémédiablement antagonistes. Tout en nous prononçant clairement pour la dissolution de l'Union économique et monétaire, nous défendons également la mise en place d'un programme qui, articulé avec l'ensemble des pays atteints dans leur souveraineté et leur droit au développement par le maintien dans l'euro, prépare la sortie de la monnaie unique en accord avec les intérêts de ces pays et de leurs peuples. Dans un contexte où il est absolument clair qu'une chose serait une sortie de l'euro conduite par un gouvernement patriotique et de gauche, qui affirme le primat des intérêts nationaux dans les relations avec l'UE, qui protège les travailleurs et le peuple des inévitables coûts de la décision et profite pleinement des opportunités de développement qui s'ouvrent, et une autre, bien différente, serait une sortie conduite par les mêmes forces qui nous ont imposé d'innombrables, injustes et inutiles sacrifices au nom du « maintien dans l'euro ».



En pleine conscience du fait qu'il est décisif pour assurer le développement souverain et indépendant du pays, de réussir à concrétiser la lutte pour la rupture avec les politiques de droite et la construction d'une politique patriotique et de gauche, et l'affirmation claire du droit inaliénable du peuple portugais à faire prévaloir cet objectif sur quelque autre intérêt ou contrainte.



Q : Quelles sont les grandes lignes de la campagne du PCP pour les élections européennes du 25 mai ? Le combat contre l'abstention est-il une préoccupation ?



Dans ces élections, nous tous, communistes, autres militants de la CDU, nous allons être appelés à construire une campagne qui devra être simultanément de mobilisation pour le scrutin et d'explication sur la nécessité du renforcement de la CDU.



Une campagne que nous allons construire en nous ancrant dans le patrimoine militant du parti, dans notre histoire de défense intransigeante des intérêts du peuple et du pays, identifiant les raisons et l'importance du vote pour la CDU, de sa contribution pour la lutte plus générale dans la défense des droits des travailleurs et du peuple, de l'exigence d'une autre politique.



Et nous allons la construire avec la justesse et l'autorité singulières de ceux qui peuvent se présenter devant le peuple portugais avec la cohérence de leurs positions, ceux à qui l'expérience a donné et donne raison.



C'est pour cela que nous appelons tous ceux qui, touchés par les politiques de droite, luttent pour un pays plus juste et démocratique, pour qu'ils ne s'abstiennent pas. Pour qu'ils fassent également du jour du 25 mai, avec leur vote pour la CDU, un jour de lutte.



Et que, avec son vote, et non avec l'abstention, ils disent non aux partis de la « troika » nationale (les partis de droite traditionnels PSD, CDS mais aussi le PS). Qu'avec leur vote et non avec l'abstention, ils condamnent les agioteurs, les usuriers et l'oligarchie qui pompent le sang du peuple portugais. Qu'avec leur soutien et leur vote pour la CDU, ils disent oui au développement du Portugal. Qu'ils disent oui au droit des portugais à décider de leur sort.



Q : Si tu avais à présenter les raisons du soutien et du vote pour la CDU, comment les résumerais-tu ?



Se trouve entre les mains des travailleurs et du peuple portugais la construction de son propre avenir.



Dans les élections au Parlement européen, le renforcement de la CDU, de son nombre de votes, son influence et du nombre de députés, est un objectif possible et nécessaire.



Le vote pour la CDU est le seul qui puisse assurer la présence de députés au Parlement européen engagés dans les intérêts nationaux et la défense des travailleurs et du peuple.



Le vote pour la CDU est le seul cohérent et décisif pour condamner les politiques de droite du gouvernement et donner de la force à la lutte de ceux qui ne se résignent pas et luttent pour un Portugal plus juste, plus fraternel, plus démocratique et développé.



Le vote pour la CDU est le vote qui pèse pour regagner nos droits, nos salaires et nos retraites, rendre au pays les ressources qui lui ont été volées.



Un vote massif pour la CDU, ce 25 mai, pourra constituer un facteur essentiel du changement de cap dans la vie politique nationale, pour la démission du gouvernement actuel et la défaite de sa politique et pour donner de la force à une alternative politique, patriotique et de gauche.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:54

BRN-titre

Joyeux anniversaire... 

« Ce que nous devons faire, c’est faciliter les délocalisations au sein de l'Europe ». Ce programme en forme d’aveu, c’est Danuta Hubner qui l’avait dévoilé en février 2005. Cette responsable politique polonaise était à l’époque Commissaire européen à la politique régionale.

 

 

Le moins que l’on puisse dire est que ses vœux ont été exaucés. Ce 1ermai, cela fera dix ans que huit pays d’Europe centrale (plus Malte et Chypre) ont été « arrimés » à l’Union européenne. Depuis lors, pas un mois ne se passe sans que ne s’allonge la liste des usines et emplois déportés à l’Est : industrie automobile, équipementiers, électroménager, jusqu’à certaines activités informatiques… de la SNCF. Peu de branches sont épargnées. La Commission européenne entend même renforcer la libéralisation du transport routier, au moment où certains gros transporteurs français exploitent déjà des chauffeurs de l’Est à « bas coût ».

 

 

Les 330 salariés de l’usine Seita de Carquefou (Loire-Atlantique) vont certainement fêter ce dixième anniversaire : le 15 avril, ils se sont vu offrir l’annonce de la fermeture de leur site. Désormais, les Gauloises blondes seront fabriquées à Radom, en Pologne. Le groupe britannique Imperial Tobacco, à qui appartient depuis 2008 cette filiale issue de l’ex-établissement public de tabac Seita privatisé en 1995, veut supprimer 500 emplois en France (ainsi que 600 autres en Grande-Bretagne).

 

Sur place, syndicats et personnel dénoncent cette décision condamnant des sites modernes et rentables. Mais, au regard du prix du travail en Pologne, il n’y a évidemment pas photo. A Paris cependant, ni la CGT confédérale, ni ce qu’il est convenu de nommer « la gauche de la gauche », n’évoquent la responsabilité de l’UE dans ce crime social. La libre circulation des capitaux constitue pourtant le fondement de cette dernière. Un silence qui s’explique peut-être par la peur d’être taxées de « populisme ». Probablement aussi parce que cela irait à l’encontre de la doxa selon laquelle ce sont juste les « dérives » d’une Europe « trop libérale » qu’il conviendrait de corriger.

 

 

Or la franchise de Mme Hubner le rappelle cruellement : l’intégration européenne a été, dès le départ, conçue pour accroitre la liberté de manœuvre du capital. Et, logiquement, c’est également ce qui a fondé l’élargissement à l’Est, dont les conséquences catastrophiques étaient parfaitement prévisibles (cf. BRN du 29/04/2004).

 

Cet élargissement est une arme qui comporte un deuxième tranchant, symétrique aux délocalisations d’usines : l’importation de main d’œuvre à bas prix en provenance des pays de l’Est, qui permet d’exercer une pression accrue sur les rémunérations et conditions de travail dans des pays tels que la France ou l’Allemagne. C’est en particulier l’objet de la nouvelle directive concernant les « travailleurs détachés » (cf. BRN du 24/02/14), qui vient d’être approuvée par l’europarlement le 16 avril.

 

 Officiellement, celle-ci vise à « mieux protéger » ces derniers. En réalité, il s’agit de dynamiser la « libre circulation de la main d’œuvre » au sein de l’UE – une « mobilité » vantée par Bruxelles comme remède d’avenir au chômage. Pour sa part, la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Bernadette Ségol, déplore certes que le compromis « ne répond(e) pas à nos attentes », mais salue cependant « les efforts consentis par certains gouvernements pour prendre en compte nos exigences et progresser vers une Europe plus sociale ». On pense à la blague qui circulait naguère à Bruxelles : si on rétablit l’esclavage, la CES demandera à négocier le poids des chaînes…

 

 

Quant aux partisans d’une « autre Europe », il semble leur avoir échappé que la libre circulation des capitaux et la libre circulation des travailleurs sont les deux faces d’une même médaille, puisqu’ils accusent la première mais se refusent à mettre en cause la seconde. De même qu’ils n’osent remettre en question le principe même de l’élargissement.

 

Il faudra bien, pourtant, faire le bilan d’une décennie de dumping social et de désindustrialisation. Sans même évoquer la criminalité organisée en provenance des mafias de l’Est, qui a fait un bond depuis l’ouverture des frontières orientales. Il est vrai qu’entre prédation économique et crapuleuse, la distinction n’est pas toujours très nette…

 

 

VANESSA IKONOMOFF

 

SOURCE

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:44

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Voilà un sondage qui ne fera pas la une de nos médias qui tentent désespérément de susciter un intérêt pour le prochain scrutin européen du 25 mai : une large majorité des citoyens européens ne trouvent guère d'intérêt dans ces élections, simulacre de démocratie.

Les panneaux publicitaires fleurissent dans la rue, les transports, nos écrans pour tenter de nous impliquer : « Il va décider qui gouvernera l'Europe, et vous ? ». Qui y croit aujourd'hui, près de dix ans après le désaveu imposé aux « Non » hollandais, français et irlandais ?



Les peuples européens ne sont pas dupes : 62 % pas intéressés par le scrutin

 

Dans une Union européenne de plus en plus anti-démocratique, où le pouvoir est concentré entre les mains de la BCE et de la Commission – avec leur instrument privilégié l'Euro – au service des banques et des industriels, le Parlement européen sert d'alibi démocratique.

 

Mais qui peut croire que l'élection des députés européens peut permettre aux peuples européens de décider qui gouvernera de l'Europe ?

 

Les peuples ne sont pas dupes. Le sondage IPSOS, conduit entre le 1 er et le 25 avril, dans 12 pays de l'Union européenne révèle cette indifférence, qui est aussi une défiance envers cette Europe-là.

Selon ces chiffres, 62 % des citoyens de ces pays participant à l'enquête ne sont pas intéressés par ces élections – dans des pays tels que la Belgique, la Croatie, la France, la Grande-Bretagne, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, les Pays-bas, la Pologne, l'Espagne et la Suède.



Dans aucun pays, une majorité de citoyens n'est sûre de se déplacer

 

Dans aucun pays les élections européennes ne suscitent un intérêt dans la majorité de la population.

 

Ce scrutin éveille un intérêt chez 48 % des Polonais, 47 % des Français et 46 % des Italiens, descendant ensuite sous la barre des 40 % : en Hongrie (40 %), Grande-Bretagne (39 %), Irlande (38 %), Belgique et Allemagne (37 %), Espagne et Croatie (33%), Suède (32%), Pays-bas (20 %).

 

Cet intérêt faible se manifeste dans le fait que seules 35 % des personnes interrogées sont certaines d'aller voter le 25 mai prochain, tandis que si 30 % pensent pouvoir aller voter, 35 % affirment qu'ils ne se déplaceront pas dans deux semaines.

 

Hormis en Belgique – où le vote est obligatoire – dans aucun pays une majorité de citoyens n'est certaine de se déplacer pour cette échéance électorale. Les scores les plus élevés d'intention de vote se trouvent en France (44%), Pays-Bas (41%), Italie (39 %), les plus faibles en Espagne (30%), Irlande (30%), Grande-Bretagne (27%) et la Pologne (20%).



Marine Le Pen, la plus populaire des candidats à la Commission européenne … très loin devant Alexis Tsipras


Si c'est une anecdote, elle est révélatrice d'un certain état d'esprit dans l'Europe de 2014. Les enquêteurs ont demandé aux citoyens de ces 12 pays si ils connaissaient les différents candidats à la Commission européenne.


Parmi les candidats les plus célèbres au sein de l'UE : Marine Le Pen, candidate de l'extrême-droite européenne, arrive en tête. 53 % des citoyens des 12 pays européens la connaissent.

Elle arrive très loin devant le candidat socialiste européen, l'allemand Martin Schulz (40 %) et le candidat de la droite européenne, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (39%), au coude-à-coude avec José Bové, le candidat des verts européens (39%).

Enfin, le moins connu des candidats se trouve être le grec Alexis Tsipras (31%) présenté par le Parti de la gauche européenne (PGE).



Ce sondage n'apprend dans le fond rien de neuf à ceux qui ne suivent pas l' « europtimisme » béat de nos commentateurs médiatiques, du consensus politique dominant, jusqu'à certains dirigeants de partis de gauche dite radicale membres du PGE.



Même si pour la frange la plus consciente des travailleurs, il s'agira de trouver si possible le vote de dénonciation, sur des positions de gauche, de l'UE du capital, les peuples n'ont rien à attendre du scrutin du 25 mai, et ce sondage montre qu'ils n'en attendent rien.


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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:20

Lu sur le blog d'El Diablo

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Ils n’étaient pas tous d’accord, mais ils savaient tous…
Déjà, avant la signature du Traité de Rome en 1957, nos « élites » savaient ce qu’il allait advenir de la France au sein de l’Europe en construction.

J’ai retrouvé un article d’Étienne Fajon : « Marché commun contre la France » (*), paru dans L’Humanité du 14 janvier 1957. Pour mémoire, le marché commun s’étendra initialement sur six pays : « Allemagne occidentale, France, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg ».

« Il s’agit d'instaurer progressivement, au sein de ce morceau d’Europe, la libre circulation des marchandises, des capitaux et de la main-d’œuvre. Selon les promoteurs du projet, le « Marché commun » contribuerait à la prospérité de la France et au bonheur de son peuple ».

Le marché commun fait suite à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui avait été créé, en 1951, entre les six mêmes pays. « Son inspirateur, le funèbre Schuman, assurait qu'elle devait aboutir à la baisse des prix et à l’essor de notre industrie. Les résultats sont maintenant connus : hausse de l’acier et du charbon, fermeture d’une centaine de puits de mine en France, interdiction d’utiliser notre charbon selon nos besoins, dépendance aggravée de l’économie française à l'égard des monopoles allemands ».
Pour l’auteur, la création du marché commun s’inscrit dans une même logique « néfaste pour la nation, pour la classe ouvrière et pour la paix ».


Hégémonie Allemande et désindustrialisation de la France

Le marché commun « est une association économique entre pays capitalistes, c’est-à-dire qu’elle est soumise aux lois de la concurrence et du triomphe des plus forts. Or, dans l'Europe des Six, c’est l’Allemagne occidentale qui dispose de loin du potentiel le plus élevé ». Il est évident que, dans un contexte de désarmement douanier et sans dispositif compensateur suffisant pour les autres membres, tout pays qui aborde un regroupement régional en position de leader verra inéluctablement son leadership s’accroitre au fil du temps.

Étienne Fajon argumente en ce sens : « Dès 1955, elle [l’Allemagne occidentale] produisait deux fois plus de charbon, d'acier et d’électricité que la France. Sa production chimique est le triple de la nôtre. Ses réserves d'or, infiniment supérieures, lui confèrent d'immenses possibilités d'investissement de capitaux. La domination du « Marché commun » par les monopoles allemands serait donc certaine et rapide. Elle aurait pour conséquence l'arrêt de nombre de nos entreprises. Elle préparerait en fin de compte la désindustrialisation de la France et l’hégémonie du capitalisme allemand dont Hitler et Pétain avaient fait leur programme. Notre patrie perdrait ainsi, tout en se ruinant, les bases économiques de son indépendance nationale ».


Nivellement par le bas des conditions sociales pour une exploitation maximale

« Le projet comporte l’unification progressive des charges sociales entre les six pays. C’est là une menace très grave pour les travailleurs français ». Grâce aux luttes, les conquêtes sociales du Front populaire et de la Libération ont généré des conditions sociales pour les salariés, plus favorables en France qu’ailleurs. 

« Il est vrai qu'on fait miroiter aux travailleurs la promesse d'une unification par en haut. En réalité, la recherche du profit maximum par les trusts des six pays et le déchaînement de la concurrence entre eux conduiraient nos capitalistes, particulièrement menacés par leurs rivaux allemands, non seulement à s'attaquer à des « charges » sociales qu'ils ont toujours dénoncées, mais à renforcer leur opposition à toutes les revendications ouvrières. Et l’offensive des exploiteurs serait favorisée par la présence sur le « Marchécommun » d’une armée permanente de chômeurs, déjà importante en Italie et en Allemagne, grossie demain par la mort des usines françaises les moins bien armées pour résister ».


Oui à la coopération européenne… Non à une Europe « croupion »

Étienne Fajon s’oppose, « pour l’avenir de la France, dans l’intérêt des travailleurs et de la paix, à une Europe-croupion qui aurait l’impérialisme américain comme suzerain », avec, à sa tête, les allemands, « vassaux préférés de l’impérialisme américain ».

Malgré tout, l’auteur se dit « partisan convaincu de l'amitié entre la France et l'Allemagne. Mais cette amitié passe par l'entente et la solidarité avec le peuple allemand, avec les sociaux-démocrates et les communistes d'Allemagne occidentale, avec les puissants syndicats ouvriers, avec la République démocratique allemande. Elle ne passe pas par l'assujettissement de la France aux magnats de la Ruhr et aux anciens nazis dont Adenauer est le porte-parole ».

Il poursuit : « nous voulons de tout cœur la coopération économique de l’Europe, mais de toute l'Europe, des pays capitalistes et des pays socialistes, dans le respect de l’indépendance de chacun et dans l’intérêt de tous ».

Ils n’étaient pas tous d’accord, mais ils savaient tous !!!

Un détour par l’histoire de la construction de l’Europe révèle qu’ils savaient tous ce qui allait advenir. Ceux qui dénonçaient l’Europe du Capital n’ont pas été entendus, leur discours a été mis en sourdine par ceux qui défendaient les intérêts de leurs sponsors assoiffés de profits.

La construction de l’Europe s’est faite, chez nous, grâce à l’action des élites « complices » au service de l’impérialisme états-unien, quelle que soit leur étiquette politique officielle. Cette construction a progressivement détruit la France en la ramenant à l’état de sous-développement.

Renverser la tendance implique la « restructuration » des élites « complices » car, pour paraphraser André Gunder Frank, l’ennemi immédiat du redressement de la France est, tactiquement l’oligarchie (les pseudos élites) elle-même, bien que stratégiquement, l’ennemi principal soit, indéniablement, l’impérialisme américain et son relais allemand. 

En cette période d’élections européennes, il est important de se remémorer quelques leçons de l’Histoire.

(*) Légende: Le 14 janvier 1957, Étienne Fajon, député communiste de la Seine et membre du bureau politique du Parti communiste français (PCF), dénonce dans le quotidien L'Humanité les dangers que fait peser le Marché commun sur la France.

Source: L’Humanité. Organe Central du Parti Communiste Français. 14.01.1957, n° 3846. Paris: L'Humanité.

Copyright: (c) L'Humanité

André Gunder Frank, Lumpen bourgeoisie et lumpen développement, op. cit. p. 135. 
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 17:03

Source AFP 

 

Pour Schröder, l’UE est la principale responsable de la crise en Ukraine


L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder estime que l’Union Européenne est la principale responsable de la crise ukrainienne, en ayant obligé Kiev à choisir entre un avenir avec l’UE ou avec la Russie, dans le journal Welt am Sonntag, dimanche.
« L’erreur fondamentale vient de la politique de l’UE en faveur d’un traité d’association » que Bruxelles voulait signer avec l’Ukraine, a jugé Gerhard Schröder, ami de longue date du président russe Vladimir Poutine. « L’UE a ignoré le fait que l’Ukraine est un pays profondément divisé culturellement. Depuis toujours, les gens du sud et de l’est du pays sont plutôt tournés vers la Russie et ceux de l’ouest plutôt vers l’UE », a-t-il rappelé. « On pouvait parler d’un traité d’association, mais il aurait fallu le faire avec la Russie dans le même temps ».
Tout en assurant par ailleurs que « des erreurs ont été commises de toutes parts », Gerhard Schröder ne condamne pas le rattachement de la Crimée à la Russie, à la suite d’un référendum jugé illégal par la communauté international.
« Le rattachement de la Crimée est contesté sur le plan du droit international, mais c’est maintenant une réalité. La Crimée a décidé par référendum qu’elle voulait être une région russe. Et cela a été appliqué », a-t-il relevé.
Gerhard Schröder a également relativisé l’influence de Moscou sur les séparatistes pro-russes ukrainiens. « L’idée qu’il suffirait que le président russe ou le chef du gouvernement ou qui que ce soit d’autre n’aurait qu’à dire +basta+ pour que tout rentre dans l’ordre n’est certainement pas réaliste », a-t-il commenté.
Dans l’interview, Gerhard Schröder est également revenu sur la fête organisée pour ses 70 ans à Saint-Petersbourg, et à laquelle a participé le président russe, ce qui lui avait valu de vives critiques en Allemagne. L’accolade chaleureuse entre les deux hommes à l’arrivée du président russe avait été particulièrement commentée en Allemagne.
«  Depuis que je connais Vladimir Poutine, depuis plus de 14 ans, on se salue ainsi. Je ne vais pas changer cela, pas même dans les périodes difficiles », a rétorqué Gerhard Schröder.
Il a aussi rejeté les critiques de ceux qui le jugent de parti pris parce qu’il préside le groupe d’actionnaires de Nord Stream. Ce groupe, fondé pour la construction d’un gazoduc transportant du gaz russe vers l’Europe via la Baltique et donc en évitant l’Ukraine, est détenu à 51% par Gazprom, contrôlé par l’État russe.
« Nord Stream est une entreprise européenne, dont le siège est en Suisse » et dont sont également actionnaire les groupes allemands Eon et BASF, ainsi que Gaz de France, a rappelé M. Schröder.

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 10:09
Communiqué de Jean-Luc Laurent,
Président du MRC et député du Val-de-Marne

Le Mouvement Républicain et Citoyen ne présentera pas de candidats aux élections européennes et appelle les citoyens à les boycotter en s’abstenant de voter le 25 mai. Les questions européennes sont fondamentales, comme l’ont montré les deux campagnes référendaires de 1992 et 2005 pour lesquelles nous avons répondu présents et activement participé avec Jean-Pierre Chevènement. En 2012, les parlementaires du MRC se sont opposés au traité européen « TSCG » pour signifier leur opposition à cette Europe de la régression, de l’austérité budgétaire et du carcan monétaire que constitue la monnaie unique. 

Tous les cinq ans revient ce scrutin dérisoire pour l’élection des députés français au Parlement Européen. Tous les cinq ans revient la même campagne de communication pour « vendre » aux citoyens ce Parlement sans peuple. Cette année, c’est le simulacre de débat européen entre les eurocrates interchangeables Schulz et Juncker qui doit déplacer les foules… 

En France, cette élection est devenue totalement incompréhensible depuis la suppression de la circonscription unique nationale en 2004 au profit d’inter-régions ne correspondant à rien. L’an dernier, les députés du Mouvement Républicain et Citoyen ont proposé d’en finir avec ce mode de scrutin mais les grands partis, qui utilisent ce scrutin comme une opération de ressources humaines, ont refusé ce choix de bon sens.


Notre appel au boycott est un « non » républicain de résistance. Le MRC a deux convictions: il est impératif de réorienter radicalement la construction européenne mais cela ne se passera pas au Parlement européen. Le passage d’un euro monnaie-unique à un euro monnaie commune ne se fera pas au Parlement mais au Conseil. C’est la responsabilité du Président de la République de comprendre la crise de la construction européenne et de proposer des solutions à la hauteur des enjeux. 

Le fédéralisme européen est mort comme idée, il survit malheureusement dans des institutions, coercitive comme la monnaie unique ou dérisoire comme le Parlement européen. Pour les cinq années qui viennent, le Mouvement Républicain et Citoyen a beaucoup d'idées mais pas de candidats, des propositions mais pas de listes. Nous ne serons pas muets au cours des trois prochaines semaines et ferons campagne avec ces propositions. 

Nous appelons tous les citoyens à consacrer ce dimanche 25 mai à leurs proches et aux activités qui leur sont chères. 
Le 2 mai 2014
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 17:00

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 07:26

Marché transatlantiqueDepuis plusieurs mois, je suis attentivement les « négociations transatlantiques », c’est à dire les négociations visant à l’établissement d’un accord de libre échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne. De part la taille du marché qui en découlera, ces négociations passionnent et inquiètent.

Pourtant, d’autres négociations toutes aussi importantes sont en cours d’achèvement sans que les médias ne s’y intéressent vraiment. Depuis cinq ans, la Commission européenne négocie avec le Canada un accord de libre échange.

Cet article vise à faire le point sur l’historique des négociations, ses principaux enjeux, l’avis des parties prenantes européennes et le calendrier d’aboutissement.

Historique

Le 18 octobre 2013, l’UE et le Canada sont parvenus à un accord sur les éléments essentiels de l’accord. La signature de l’accord par Monsieur Barroso, Président de la Commission européenne, et Monsieur Harper, Premier ministre canadien, a mis en lumière ces négociations méconnues.

Ce Traité est dénommé « Accord économique et commercial global » (AECG) ou, en anglais, Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA).

L’ accord de renforcement du commerce et de l’investissement

La volonté d’ouvrir les échanges entre le Canada et l’Union européenne ne date pas d’hier. Lors du Sommet Canada-UE du 18 mars 2004, les dirigeants ont adopté un cadre pour un nouvel accord de renforcement du commerce et de l’investissement (ARCI ou TIEA pour Trade and Investment Enhancement Agreemetent).

L’ARCI visait à aller au-delà des questions traditionnelles d’accès aux marchés, pour comprendre des domaines comme la facilitation du commerce et des investissements, la concurrence, la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, les services financiers, le commerce électronique, etc.

Des progrès notables ont été réalisés sur l’ARCI jusqu’en 2006, année où le Canada et l’UE ont décidé ensemble d’interrompre les négociations pour se lancer dans un accord plus vaste et ambitieux.

L’accord économique et commercial global

Les négociations de l’AECG ont été lancées lors du Sommet UE-Canada du 6 mai 2009 à Prague suite à la publication en octobre 2008 d’une étude conjointe (Commission européenne, gouvernement canadien) sur les bénéfices à attendre de la conclusion d’un accord (1).
L’étude gagnerait surement à être réactualisée mais, à l’époque, elle concluait sur des gains d’environ 11 milliards d’euros pour l’UE et une augmentation de 24 % des exportations vers le Canada.

Lors du Sommet du 17 octobre 2008, les dirigeants de l’Union européenne (UE) et du Canada ont convenu de « définir le périmètre d’un accord économique approfondi et d’établir les points critiques pour son aboutissement » .
Le Groupe mixte chargé de définir le périmètre d’un éventuel accord économique approfondi s’est réuni trois fois, le 20 novembre, le 3 décembre 2008 et du 21 au 23 janvier 2009, et a discuté en profondeur des questions et sujets qui en feraient partie.
En mars 2009, deux mois avant le début des négociations, les deux parties se sont entendues sur un rapport conjoint « sur l’établissement de la portée de l’accord économique approfondi » .

Depuis 2009, treize cycles de négociations se sont tenus, le dernier en octobre 2012 à Bruxelles.

Le 12 février dernier, le gouvernement canadien a organisé une rencontre avec plus de 20 ambassadeurs de pays membres de l’Union européenne (UE) au Canada afin de célébrer la signature de l’accord.

En attendant l’accord …

Sur le site de la Commission européenne, on apprend que les relations commerciales actuelles avec le Canada sont guidées par un accord-cadre de coopération commerciale et économique en vigueur depuis 1976. L’UE et le Canada se réunissent chaque année au sein de sommets bilatéraux et au sein du Comité mixte de coopération pour examiner une série de questions relatives à l’UE-Canada relations économiques et commerciales.

Au fil des ans, un certain nombre d’accords bilatéraux supplémentaires visant à faciliter les échanges commerciaux UE-Canada ont été conclus.
En 1997, un accord a été signé afin de favoriser une coopération plus étroite entre l’UE et les administrateurs des douanes canadiennes.
L’Accord vétérinaire de 1999 vise à améliorer les échanges bilatéraux dans les animaux vivants et de produits animaux.
Les accords les plus récents sont l’accord des vins et spiritueux (2003), l’accord sur la sécurité de l’aviation civile (2009) et l’accord de transport aérien global (2009).

Les principaux enjeux et points de discorde

Il existe très peu d’informations disponibles sur le site de la Commission européenne concernant les domaines visés par les négociations ni l’état d’avancement de ces dernières. Seule une communication datée du jour de la signature du projet d’accord, en octobre 2013, nous donne les principales dispositions de l’accord.

En revanche, un site canadien, consacré à la publicité de cet accord, nous communique des informations (en français) beaucoup plus exhaustives.

L’accord UE-Canada entend supprimer plus de 99% des droits de douane entre les deux entités et créer de nouvelles possibilités d’accès aux marchés dans le commerce des services, en particulier les services financiers, les télécommunications, l’énergie et les transports. Pour la première fois, tous les niveaux de gouvernement canadiens vont ouvrir leurs marchés publics aux fournisseurs européens. L’accord entend également encourager l’échange de main-d’œuvre.
Aussi, comme dans les négociations en cours avec les Etats-Unis, la culture a été exclue de l’accord.

L’agriculture

L’agriculture est un autre secteur qui est susceptible d’être impacté par les accords de libre-échange, principalement parce que nos partenaires sont intéressés par notre marché. Le Canada est, par exemple, très offensif dans ce domaine. Il faudra bien trouver des compromis, car, si ce pays ne trouve pas son intérêt dans un accord, celui-ci ne sera pas signé. À nous de déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
Karel de Gucht, 16 janvier 2014

Dans le communiqué de presse du ministère du commerce extérieur relatif à la signature du projet d’accord, la ministre Nicole Bricq exprimait sa préoccupation quant aux conséquences de cet accord sur les filières de viandes.

La Commission indique, qu’en ce qui concerne les produits jugés sensibles (les produits laitiers pour le Canada; le bœuf, le porc et le maïs doux pour l’UE), il a été convenu qu’un nouvel accès au marché, représentant respectivement 1 % et 1,9 % supplémentaires de lignes tarifaires, sera accordé sous la forme de contingents tarifaires.
Concrètement, environ 45000 tonnes de bœuf canadien pourront être exportées vers l’UE. Au total, les exportations de bœuf canadien à destination de l’Europe seront ainsi multipliées par plus de quatre pour atteindre 65 000 tonnes.
Parallèlement, les exportations de porc canadien seront elles aussi stimulées : de 6 000 tonnes actuellement, le quota annuel sera augmenté à près de 80 000 tonnes.
En échange, le Canada a accepté de doubler le quota de fromages européens admis sans droits tarifaires. Ces importations passeront ainsi de 20 000 tonnes par an à 37 000 tonnes (2).

Concernant les produits agricoles préparés (PAP), notamment les vins et spiritueux, très exportés par l’UE, tous les droits seront éliminés.

De même, la plupart des droits dans le domaine de la pêche seront éliminés dès l’entrée en vigueur de l’accord.

La protection des investissementsMarché transatlantique

La Commission a négocié des dispositions visant à protéger les investisseurs européens au Canada, afin de leur garantir l’absence de discrimination, un traitement juste et équitable et une indemnisation appropriée en cas d’expropriation.

Pour garantir ces éléments, l’accord prévoit un mécanisme de règlement des différends entre État et investisseurs, plus couramment connu sous le nom de « tribunal d’arbitrage » .

Ce mécanisme doit être utilisé en dernier ressort si les parties ne parviennent pas à résoudre les désaccords relatifs à l’interprétation et à la mise en œuvre des dispositions de l’accord. Dans ces conditions, les parties peuvent demander la mise sur pied d’une instance d’arbitrage composée d’experts juridiques indépendants.

Sur son site, la Commission européenne indique que « les dispositions en matière de protection de l’investissement préservent totalement le droit des parties de réglementer et de mettre en œuvre les objectifs de leur politique publique » .

Pour garantir cela, la Commission européenne indique qu’une définition précise du principe de traitement juste et équitable devrait être établie, afin d’assurer des orientations claires pour les tribunaux et éviter ainsi toute interprétation trop large du droit.
Euractiv nous apprend cependant que l’établissement d’une liste « exhaustive » pour définir le principe de traitement juste et équitable a été abandonné.

Beaucoup de voix s’élèvent contre l’instauration d’un tel mécanisme, jugeant qu’il pourrait conduire les entreprises privées à porter plainte abusivement contre les Etats. Dans les négociations en cours avec les Etats-Unis, les Etats européens semblent de moins en moins enclins au maintien de ce mécanisme (en l’ayant cependant prévu dans le mandat de négociations). Une consultation publique est en cours. Cette levée de bouclier pourrait toucher l’Accord avec le Canada.

En tout cas, le maintien de telles dispositions dans l’AECG rendraient les débats relatifs au TTIP/TAFTA tout à fait inutiles, tant les liens entre les Etats-Unis et le Canada sont étroits.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire la note de la Commission européenne à ce sujet ainsi que l’article consacré aux tribunaux d’arbitrage et publié sur ce blog.

Les droits de propriété intellectuelle

La question des droits de propriété intellectuelle est, avec celle des tribunaux d’arbitrage et de l’agriculture, un point clé des négociations. Beaucoup s’inquiètent de retrouver dans l’accord avec le Canada des dispositions refusées dans le cadre d’ACTA.
En juillet 2012, quelques jours après le rejet d’ACTA par le Parlement européen, Michel Geist, un professeur de droit canadien, a révélé sur son blog une version de l’accord EU-Canada datant de février 2012 reprenant des pans entiers du traité ACTA.
En aout, dans une réponse à une question parlementaire, Karel de Gucht, commissaire européen en charge du commerce, explique que les passages litigieux de l’accord relatifs aux droits de propriété intellectuelle seraient révisés pour tenir compte du vote du Parlement européen.
En décembre dernier, le projet de Traité relatif à la propriété intellectuelle a fuité. Vous pouvez le retrouver sur le site de la Quadrature du Net.

Concernant les indications géographiques, l’accord est sensé assurer une meilleure protection des « produits agricoles phares » , par exemple le Roquefort, qui pourront désormais être commercialisés sous leur dénomination au Canada, ce qui n’était pas le cas pendant plus de 20 ans.

Sur le site du Canada, on apprend cependant que la protection pourrait être moins importante que prévue :
- certaines indications géographiques de l’UE pourront continuer à être utilisées sur le marché canadien, dans les deux langues officielles (français et anglais), et ce, peu importe l’origine du produit (exemple : parmesan);
- d’autres pourront être continuer à être utilisées pour autant qu’ils soient accompagnés d’expressions comme « sorte », « type », « style », « imitation » ou autre expression similaire (exemple : feta, gorgonzola et munster);
- d’autres encore pourront être utilisés sans mention de l’origine traditionnelle (exemple: « brie de Meaux » sera protégé, mais le terme brie pourra être utilisé seul);
- le Canada n’a pas accepté de protéger le terme français « noix de Grenoble » .

L’avis des eurodéputés

Malgré les quelques réserves du Parlement européen relatives à ACTA, le principe d’un accord de libre échange entre l’UE et le Canada a toujours été soutenu.

Le 8 juin 2011 (3), les eurodéputés ont approuvé une résolution relative aux relations commerciales entre les deux parties. Si le Parlement « se félicite des avancées réalisées dans les négociations sur l’accord économique et commercial global et encourage la Commission à poursuivre les consultations » , plusieurs réserves sont néanmoins apportées :
- la nécessité de voir l’accord respecté par les provinces canadiennes,
- le souhait d’un « mécanisme de règlement des litiges potentiels entre les investisseurs et l’État [qui] n’entrave pas la future législation dans certains domaines d’action sensibles, comme la législation relative à l’environnement » , notamment les OGM
- une préoccupation sur l’impact environnemental de l’extraction de sable bitumineux
- l’appel à la Commission de rester ferme « quant à la position de l’Union sur l’interdiction des produits dérivés du phoque » .

Le 10 décembre 2013, dernier vote à ce sujet (3), 509 parlementaires ont voté en faveur des négociations, seulement 111 députés se sont opposés à la résolution (et 39 votes blancs). Parmi les eurodéputés français, les centristes, libéraux et socialistes ont voté pour. Seule Corinne Lepage a voté contre. Les écologistes ont voté contre. Les députés de la gauche radicale ont également voté contre, et ce, en ne respectant pas la consigne de vote du groupe GUE (vote blanc); seul Younous Omarjee a voté blanc. Plus surprenant encore, Bruno Gollnisch a voté blanc.

Cette fois-ci, la résolution est beaucoup moins réservée, appelant « l’ensemble des parties prenantes à parapher et à signer l’accord de partenariat stratégique et l’accord commercial et économique global dans les meilleurs délais et à souligner leur complémentarité » .

Côté français

A l’Assemblée nationale, les députés français semblent s’emparer très timidement du sujet.

En décembre 2012, Marc Le Fur interrogeait le gouvernement sur les exportations de bœuf canadien à destination de l’Union européenne.
Trois mois plus tard, Monsieur Le Fur interrogeait de nouveau ministère de l’agriculture sur les conséquences des accords de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne pour la filière viti-vinicole française.
Plus récemment, la députée marseillaise Sylvie Andrieux s’inquiétait de la possibilité de réserver une part des marchés publics de l’UE aux petites, moyennes et très petites entreprises européennes si l’accord UE-Canada était approuvé. Aucune réponse n’a encore été apportée par le gouvernement.

A ma connaissance, un seul rapport d’information a été établi par l’Assemblée nationale. Il a été commandé en 2009 à Annick Girardin, alors députée de Saint Pierre et Miquelon, et déposé en mars 2011.

Ce rapport alertait sur des négociations qui s’inscrivent « sur fond de nombreux contentieux portés à l’OMC : viande aux hormones de croissance, OGM, indications géographiques, produits dérivés du phoque » . Il donnerait naissance, selon Madame Girardin, à « un accord serait plutôt favorable pour le Canada et neutre pour l’Union européenne » de par « la différence de taille entre les deux économies » .

La Commission européenne a trop tendance à accumuler des concessions sur l’agriculture en vue d’obtenir un meilleur accès au marché des pays tiers pour les produits industriels et les services, l’agriculture servant ainsi de « variable d’ajustement » .

La députée s’inquiétait également du risque que par l’accord « le Canada constitue une porte d’entrée sur l’Europe des produits américains ou mexicains » .

Enfin, elle mettait en avant que « la Commission européenne n’informe pas de façon adéquate le Parlement européen » et que « les intérêts des pays et territoires d’outre mer ne sont pas pris en compte lors des négociations commerciales » , notamment sur Saint-Pierre et Miquelon dont elle est la députée.

Le 16 janvier dernier, Karel de Gucht, commissaire européen en charge du commerce, a été auditionné par la Commission en charge des affaires européennes de l’Assemblée nationale.
Ce fut l’occasion pour les députés de l’interroger sur les négociations. Cependant, peu de réponses précises ont été apportées.
Pour l’anecdote, lorsque Christophe Caresche, député socialiste l’interroge sur les conséquences sur les produits français, de meilleure qualité, le commissaire lui répond que « la question n’est pas là » . L’important c’est « la compétitivité » .

Le calendrier à venir

La question est désormais de savoir sous quel délai l’accord sera porté à la ratification.

Comme je j’expliquais pour l’accord avec les Etats-Unis, les Parlements nationaux ne seront vraisemblablement pas consultés, l’accord ne comprenant que des dispositions découlant de compétences de l’UE.
Sa ratification se fera selon la procédure législative ordinaire : adoption conjointe par le Parlement européen et le Conseil de l’UE (composé des 28 ministres du commerce extérieur).

Coté canadien, le gouvernement fédéral est pleinement responsable de la mise en ouvre et du respect des traités internationaux. Cependant, certaines obligations relevant de la compétence des provinces et des territoires (notamment l’ouverture des marchés publics), ces derniers semblent avoir été bien impliqués dans les négociations afin d’éviter des oppositions lors de la mise en œuvre de l’accord.

De fait, « les provinces et territoires canadiens [ont joué] un rôle davantage proactif que les États membres de l’UE lors des présentes négociations visant à conclure un AECG entre le Canada et l’UE » (4).

Malgré la signature de l’accord à l’automne dernier, la ratification ne semble pas être à l’ordre du jour. L’audition de Karel de Gucht à l’Assemblée nationale, ci-dessus évoquée, a indiqué des européens étaient « très proches de la conclusion d’un accord de libre échange avec le Canada » mais continuait à parler des négociations au présent et indiquait que des compromis devaient encore être trouvés.

Au Parlement européen, les députés n’ont toujours pas reçu le texte final de l’accord. Certains sujets dont le fameux règlement des différends investisseurs – État sont encore en cours de négociation.

Il faudra vraisemblablement attendre le second semestre 2014 pour y voir plus clair.

Merci d’avance à tous ceux qui publient/relaient mes articles. Merci cependant de sélectionner un extrait et de mettre le lien vers l’article original! Magali

Les chapitres « propriété intellectuelle », « coopération réglementaire », « protection des investissements » et « investissement » ont fuité. Ils sont disponibles, en anglais, sur le site de la Quadrature du Net.

(1) Évaluation des couts et des avantages d’un partenariat économique plus étroit entre l’Union européenne et le Canada
(2) Source: L’Actualite.com
(3) Ce sont là les deux seuls votes du Parlement européen que j’ai trouvé sur le sujet.

(4) Source : Parlement canadien

 

Je m’appelle Magali Pernin. 
Je suis juriste en droit public, diplômée de l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence.
Gouvernance économique européenne et institutions

Ayant beaucoup travaillé sur les questions européennes, je vous fais part au sein de ce blog de mes analyses concernant les réformes institutionnelles, économiques et commerciales de l’Union Européenne. Spécialisée dans les questions de gouvernance économique, j’ai contribué à faire connaitre en France les différentes réformes telles que le Six-Pack et le Two-Pack par exemple.

Marché Transatlantique et Libre Echange

Je travaille également beaucoup sur la négociation transatlantique qui est en cours en vue d’obtenir un grand marché transatlantique dans les prochaines années, ainsi que sur les questions de libre échange plus généralement.

Je tiens un journal Scoop it qui rassemble les articles ayant trait aux négociations transatlantiques. Vous pouvez vous y abonner et recevoir par mail cette veille en cliquant ici.

 

 

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 07:44

frederic-Lordon1

Frédéric Lordon était l‘invité de Patrick Cohen le 17 avril 2014 à 8h20. L’économiste est directeur de recherche au CNRS, auteur notamment de La malfaçon - Monnaie européenne et souveraineté démocratique (Les liens qui libèrent, mars 2014)

 

Dans cet ouvrage, Frédéric Lordon avance plusieurs scénarii possibles de sortie de l’euro pour rompre avec « les politiques d’austérité. »

 

Le verrou  allemand   

 

Avec Patrick Cohen, il est d’abord revenu sur les origines de la vision très stricte de l’Allemagne quand au respect des principes des traités européens. Une rigueur qui vient de la  « grande déflation »  des années 20 estime Frédéric Lordon. Les Allemands choisissent alors une politique d’austérité qui mènera les Nazis au pouvoir.

 

Depuis, les Allemands considèrent selon Frédéric Lordon que « l’orthodoxie monétaire devait recevoir un caractère sacro-saint […]  sur ces principes l’Allemagne ne transigera jamais ».  Il n’y a pas de volonté de domination allemande dans l’Union dit Frédéric Lordon mais une hégémonie allemande » pour ces raisons historiques. « L’ordre monétaire européen, est le décalque de l’ordre institutionnel allemand »

 

C’est pour ces raisons que le verrou a été poussé par l’Allemagne estime Frédéric Lordon, les Allemands ne transigeront jamais à moyen terme et donc « tous les projets de reconstruction de l’Union monétaire européenne qui font l’impasse sur cette question sont nuls et non avenus. »

 

La crise responsable de la dette

 

La crise de 2007/2008 est responsable du surplus de dettes. « Cette crise qui a entrainé une contraction du crédit et une récession a été d’une violence inouïe » reprend Frédéric Lordon, C’est la récession qui fait exploser les déficits et s’accumuler les dettes. »

 

Les politiques d’austérité nationales et européennes sont un « désastre », « le pire », ajoute l’économiste, c’est que les institutions européennes, le FMI, la Banque Mondiale « persistent dans leurs erreurs »

 

Faut-il effacer 624 milliards d’euros de dettes françaises ?

 

Frédéric Lordon préconise d’effacer les 624 milliards d’euros de dettes dans le scénario le plus extrême. Un scénario plus modéré avancé par l’économiste serait « de refaire intégralement le cadre institutionnel et les orientations qui gouvernent la conduite des politiques économiques nationales et européennes »

 

Le défaut de paiement de la dette pourrait dans ce cas être « un levier » dit Frédéric Lordon, « une instrumentalisation politique du défaut qui conduirait à mettre par terre l’intégralité  du système bancaire comme la crise des subprimes mais pour faire cette fois tout ce qu’on n’a pas fait en 2009. »  

 

« Le sauvetage des banques était une nécessité et un scandale car il n’a été assorti d’aucune contrepartie » conclut Frédéric Lordon.  

 

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