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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 15:08

Au moment où les dirigeants européens s'humilient en accueillant Obama, venu les sermonner et leur dicter la conduite à tenir à propos de l'Ukraine, nous éditons cet article de Solidarité internationale déjà ancien.  Les Etats-Unis, l'OTAN, et l'UE, c'est la guerre.

Les États-Unis restent de loin la première menace pour la paix mondiale, selon un sondage mené dans 65 pays

obama-war-hope.jpg 

 

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

« D'après vous, quel pays représente la plus grande menace pour la paix mondiale ? », c'était une des questions posées par l'institut de sondage américain Gallup dans 65 pays, la réponse est éclairante : l'impérialisme américain arrive de loin en tête, l’État israélien suit de près.

 

Près d'une personne interrogée sur quatre (24 %) interrogée dans le monde pense que les Etats-unis constituent la plus grande menace pour la paix mondiale. Les autres pays arrivent loin derrière : Pakistan (8 %), Chine (6%) puis Israel (5%).

 

Les États-Unis, seul pays perçu universellement comme une menace pour la paix mondiale

 

1210-Menace-Paix-Monde-1.jpgCe qui est frappant, c'est que les États-Unis sont les seuls à être perçus universellement comme une menace pour la paix, arrivant en première place dans 39 pays sur 62 comptabilisés.

 

Cette crainte atteint des taux record dans les pays qui ont connu de près l'impérialisme américain au XX ème siècle et ses ravages : en Russie (54 %), Chine (49 %), Bosnie (49 %), Argentine (46 %), Grèce (45 %), Serbie (45 %), Pakistan (44 %) ou Mexique (37 %).

 

Ce qui est aussi frappant, c'est le fait qu'il arrive en première place dans des pays pourtant sous hégémonie américaine, subissant sa propagande impériale : c'est le cas en Australie, Autriche, Finlande, Allemagne, Irlande, Lettonie, Portugal, Suisse, Suède, Turquie et même au Royaume-Uni.

 

Aux États-Unis même, la puissance américaine est perçue comme le troisième plus grand danger pour la paix mondiale, juste derrière l'Iran et l'Afghanistan naturellement.

 

Israël, deuxième menace la plus souvent citée pour la paix mondiale

 

Le deuxième pays le plus fréquemment évoqué comme menace pour la paix mondiale est Israël, même si la réponse est concentrée dans les pays arabes. Israël est ainsi cité à cinq reprises en première place : au Bangladesh, en Irak, au Liban, au Maroc et en Tunisie.

 

En ce qui concerne les autres pays cités, ils sont généralement liés à des conflits locaux ou régionaux : c'est le Pakistan (pour l'Afghanistan, l'Inde), la Chine (pour le Vietnam, le Japon), la Russie (pour la Pologne, la Géorgie) ou la Corée du nord (pour la Corée du sud).

 

En France, la propagande médiatique fonctionne à plein : la Syrie et l'Iran, une menace pour la paix ?

 

Et pour ce qui est de la France, les résultats sont aussi éclairants qu'inquiétants.

 

D'une part, la France est un des rares pays à identifier un État qui n'est ni une super-puissance conflictuelle, ni un Etat frontalier menaçant comme principal péril pour la paix. Au contraire, elle est un de ces pays qui s'identifie le plus à la propagande impériale sur l' « Axe du mal ».

 

En effet, on retrouve dans certains États en situation particulièrement subalternes par rapport à l'impérialisme américain ce type d'identification à une menace suprême : l'Afghanistan (pour l'Italie), l'Iran (Etats-unis, Canada, Roumanie) et la Syrie (Bulgarie, Fidji, France ou Belgique).

 

Ainsi les Français identifient la Syrie comme première menace (13%), ex-aequo avec l'Iran (13 %) et enfin la Corée du nord (5%) en troisième position. Les Etats-unis n'arrivent qu'en septième place avec … 2,5 % des interrogés qui abondent en ce sens.

 

Aucun autre pays de l'OTAN n'atteint des taux aussi bas de dénonciation de l'impérialisme américain, Pologne exceptée. Aucun autre pays ne livre le tiercé de l' « Axe du Mal » avec une telle précision. C'est dire le travail de propagande réalisé ces derniers mois par nos médias « libres ».

 

Même aux Etats-unis, dont la population est souvent raillée comme inculte, les Etats-unis sont identifiés comme troisième menace à la paix mondiale, avec près de 13 % des interrogés.

 

Pourquoi la France n'est pas dans le top 10 des pays les plus menaçants ? Les limites du sondage

 

On aurait pu s'étonner par ailleurs que la France n'entre pas dans le Top 10 des États les plus menaçants avec les quatre guerres lancées ces trois dernières années : Côte d'Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique (on pourrait ajouter Syrie).

 

On peut l'expliquer partiellement par la réputation de notre pays comme rempart contre l'impérialisme américain, en train de s'étioler. Elle s'explique surtout par le mode de calcul choisi par l'institut de sondage américain, montrant bien ses limites.

 

Dans les 65 pays sélectionnés, une sur-représentation de l'Europe ou de l'Amérique mais surtout une absence quasi-totale des pays d'Afrique sub-saharienne (avec la seule présence du Kenya!).

 

Le sondage évacue quasi intégralement les anciennes colonies françaises, notamment en Afrique, premières victimes de l'impérialisme néo-colonial français, encore aujourd'hui.

 

En tout cas malgré ses limites, ce sondage montre que notre combat, celui du XX ème siècle et celui du XXI ème siècle, contre l'impérialisme, en premier lieu américain mais pas seulement, n'est pas du passé, il est celui qui correspond aux attentes des peuples de notre planète !

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 23:37

Pyotr-Simonenko-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

A Zaporija, une ville industrielle de l'est de l'Ukraine de 800 000 habitants, le leader des communistes ukrainiens, Petro Simonenko, a tenu une conférence de presse le 11 mars dernier. Il y a rappelé la position du Parti communiste face aux derniers événements de la vie politique du pays et il a expliqué quelle pourrait être une issue à la crise.

 

Petro Simonenko a dit que les événements actuels en Ukraine n'est que le résultat de l'enchaînement de ce qui s'est passé depuis trois mois, avant tout de ce contre quoi les communistes avaient bien mis en garde :

 

        Maidan est le produit de la lutte entre le clan « blanc-bleu » (NdT : couleurs du Parti des régions de Ianoukovitch) et celui « orange » pour le trône de président. Cette lutte s'est accompagnée de massacres et d'homicides.

          Ensuite, Maidan est aussi le produit du refus de prendre en compte la position du Parti communiste, qui avait pourtant été explicitée à la fin de l'année dernière. Celle de la nécessité de décider démocratiquement de toutes les questions fondamentales pour la société par un référendum.

 

Le Parti communiste veut sauver l'Ukraine comme État un et indivisible.

 

Actuellement, les problèmes de l'Ukraine ne se décident pas en Ukraine, ils se discutent et se résolvent au-delà de ses frontières, en Amérique, en Occident et en Russie.

 

Dans le pays sévissent les bandes armées illégales. Ces bandes mettent tout à sac, volent, incendient, occupent les bâtiments des administrations ainsi que des entreprises, privées comme publiques.

 

Tout cela se produit dans l'ensemble du pays. Cette situation est dangereuse pour l'Ukraine.

 

Les forces de police et l'armée sont paralysées. L'Ukraine a connu une féroce censure, même si à Maidan on parle de liberté d'expression et de démocratie. Le Parti communiste, avec ses arguments, ont été bannis des médias. Une campagne farouchement anti-communiste est mise en avant.

 

Aujourd'hui, un clan d'oligarques a pris le pouvoir et remplacé le clan précédent. La prise du pouvoir s'accompagnera une nouvelle fois d'une redistribution du patrimoine public vers les oligarques. Les oligarques dévorent l'Ukraine. En Ukraine, une dictature national-fasciste s'impose, soutenue par le capital oligarchique.

 

Parmi les problèmes pratiques qui doivent être résolus immédiatement au parlement, les communistes proposent :

 

  • annuler la réforme des retraites et de la santé ;

  • introduire un moratoire sur l'augmentation des prix et des tarifs ;

  • introduire une pénalité de 0,5 % pour tout jour de retard de paiement des salaires ;

  • respecter pleinement les dispositions légales de défense des vétérans d'Afghanistan, des victimes de Tchernobyl, des « enfants de la guerre » (NdT : la génération de ceux nés pendant la Seconde guerre mondiale et les années suivantes) et des autres groupes socialement vulnérables ;

  • enfin la restitution à l'Ukraine des fonds de l'ex-Sberbank (Caisse d'épargne) soviétique.

Toutes ces mesures permettraient de défendre les droits de nos citoyens.

 

A propos de l'organisation du développement extérieur de l'Ukraine, le député communiste Alexander Zoubchevski, en donnant l'exemple de Zaporija a montré de façon convaincante tous les dégâts potentiels que pourrait faire l'association avec l'UE.

 

Dans la phase actuelle, dans la région de Zaporija, seules deux entreprises fonctionnent bien : « Zaporijstal » et « Motor Sich » (NdT : respectivement une aciérie et une fabrique des moteurs pour avions, où sont employés plus de 40 000 personnes), et elles travaillent bien grâce aux relations économiques avec la Russie et les autres pays de la CEI.

 

Dans le cas où l'Ukraine s'orienterait vers l'occident, ces entreprises fermeraient leurs portes. Car en Occident, notre production n'a aucun intérêt. Alors, le chômage ne ferait qu'augmenter, et les nouveaux prêts du FMI ne déboucheraient que sur une paupérisation ultérieure de la population.


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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 22:01
Ceci est à relire quand Obama vient à Bruxelles pour dicter ses politiques étrangère et économique à la Commission européenne et à l'UE.  Les Etats-Unis sont un danger pour l'Europe et les Européens.  Sortons de l'OTAN et de cette UE inféodée aux USA depuis le plan Marshall.  Sortons de près de 70 ans de soumission! Go Home America!

us go homeAffiche du PCF vers 1950

Le Grand Marché Transatlantique (GMT) et les municipalités
Raoul Marc JENNAR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui suit est tiré du mandat conféré par les 28 gouvernements de l’UE à la Commission européenne pour négocier avec les USA un grand marché transatlantique. Pour le texte complet du mandat, voir mon livre « Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe. » Perpignan, Cap Bear Editions, 2014.

 

Dès l’article 4 du mandat, il est précisé :


« 4. Les obligations de l’Accord engageront tous les niveaux de gouvernement. »

Ce qui signifie, si l’Accord est adopté dans les termes du mandat européen de négociation, qu’il s’appliquera non seulement aux Etats de l’UE, mais également à toutes les composantes de ces Etats : en France, les Régions, les Départements, les Communes ; en Belgique, les Communautés, les Régions, les Provinces, les Communes ; en Allemagne, les Lander et les Communes, …

Les réglementations prises au niveau municipal sont directement visée par ce projet dès lors qu’elles produisent des normes considérées par les firmes privées comme des « obstacles inutiles à la concurrence » ou « plus rigoureuses qu’il est nécessaire ».


Ce principe est rappelé avec plus de précisions encore dans d’autres articles du mandat :


a) l’article 23, qui traite de la libéralisation (supprimer toutes les législations et réglementations restrictives) et de la protection (supprimer toute forme de taxation ou de contraintes sur les bénéfices) des investissements et qui enlève aux juridictions officielles au profit d’instances privées d’arbitrage le pouvoir de trancher un différend entre firmes privées et pouvoirs publics lorsqu’une firme privée estime qu’une législation ou une réglementation va à l’encontre de la libéralisation et de la protection des investissements, précise que « Toutes les autorités et entités infranationales (comme les États ou les municipalités) devraient se conformer efficacement aux dispositions du chapitre de protection des investissements du présent Accord. »

Ceci signifie qu’une réglementation municipale pourra être attaquée devant un groupe d’arbitrage privé si elle est perçue par un investisseur américain comme une limitation à son « droit d’investir ce qu’il veut, où il veut, quand il veut, comme il veut et d’en retirer le bénéfice qu’il veut » (définition de l’investissement par les lobbies US).


b) les Communes sont aussi visées par l’article 24 relatif aux marchés publics

24. L’Accord devra viser à compléter avec la plus grande ambition, en complément du résultat des négociations sur l’Accord sur les marchés publics, en ce qui concerne la couverture (les entités de passation des marchés publics, les secteurs, les seuils et les contrats de services, en ce compris en particulier dans la construction publique). L’Accord visera à accroître l’accès mutuel aux marchés publics à tous les niveaux administratifs (national, régional et local), et dans le secteur des services publics, couvrant les opérations pertinentes d’entreprises opérant dans ce domaine et assurant un traitement non moins favorable que celui accordé aux fournisseurs établis localement. L’Accord doit également inclure des règles et disciplines pour surmonter les obstacles ayant un impact négatif sur les marchés publics de chacun, y compris les exigences de localisation et les exigences de production locale, (…) et celles qui s’appliquent aux procédures d’appel d’offres, aux spécifications techniques, aux procédures de recours et aux exclusions existantes, y compris pour les petites et moyennes entreprises, en vue d’accroître l’accès au marché, et chaque fois que c’est approprié, de rationaliser, de simplifier et d’améliorer la transparence des procédures.

On le constate, tous les aspects d’un appel d’offre sont visés. Des exigences de localisation (ex : exiger qu’un fournisseur d’un service comme l’approvisionnement des cantines scolaires soit localisé sur le territoire de la Commune et qu’il s’approvisionne chez des producteurs locaux) seront considérées comme ayant « un impact négatif » sur les marchés publics. L’accès des marchés publics locaux sera ouvert aux entreprises et firmes américaines au détriment des entreprises et firmes d’Europe ou de France, et à fortiori de la commune ou de la région. Les traités européens ont bien préparé le terrain de ce point de vue puisque des exigences de localisation ne peuvent déjà plus être imposées à des entreprises européennes.

 

c) Enfin, l’article 45 étend à l’ensemble des dispositions de l’Accord le mécanisme prévu à l’article 23 dans le seul domaine de l’investissement (ainsi qu’à l’article 32 en ce qui concerne les normes sociales et environnementales) :

« 45. Règlement des différends

L’Accord comprendra un mécanisme de règlement des différends approprié, ce qui fera en sorte que les Parties respectent les règles convenues. L’Accord devrait inclure des dispositions pour le règlement le plus indiqué des problèmes, comme un mécanisme de médiation flexible. »

Ce qui signifie que toute espère de norme – sociale, sanitaire, alimentaire, environnementale ou technique - adoptée par une municipalité, dès lors qu’elle contrarie une firme privée, pourra être attaquée devant un mécanisme d’arbitrage privé.

Il faut rappeler que le gouvernement PS approuve et soutient le mandat de négociation et que le Président PS de la République a même souhaité, lors de sa récente visite à Washington, que les négociations soient accélérées. Avec les coupes sombres décidées par ce gouvernement qui vont affecter encore plus le financement des collectivités locales, le grand marché transatlantique constitue une autre menace grave pour nos municipalités : celle de les mettre sous la coupe des firmes américaines qui feront la loi dans nos communes.


A dix jours des élections municipales, voter pour des candidats se réclamant du PS ou alliés à celui-ci, c’est voter pour la colonisation de nos villes et de nos villages par les firmes américaines, c’est voter pour la disparition de notre artisanat, de nos petits viticulteurs, de nos petits agriculteurs, de nos petites et moyennes entreprises qui vont être broyés par les géants américains. Pensons-y le 23 mars. Et souvenons-nous que l’UMP soutient aussi ce projet et que le FN a voté contre une résolution proposant de faire de la Région PACA une « zone hors GMT ».


Raoul Marc JENNAR, le 13 mars 2014.

»» http://www.jennar.fr/++cs_INTERRO++p=3450
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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 10:07
Contre la politique de misère imposée par la "troïka"

instrument de l'Union européenne

et mise en musique par le gouvernement espagnol

Une foule immense manifeste en Espagne

 

  • Photo d'illustration

    LePoint.fr/Source AFP - Photo d'illustration

 

Certains ont traversé l'Espagne, parcouru à pied des centaines de kilomètres pour dénoncer "l'urgence sociale". Agitant des drapeaux de toutes les régions du pays, une immense foule a envahi le centre de Madrid samedi pour le plus grand défilé organisé depuis ceux de 2012. "Debout, debout, nous allons lutter !" : ils sont au moins des dizaines de milliers à hurler, chanter et dénoncer dans ces "marches de la liberté" un taux de chômage supérieur à 26 % et la politique d'austérité suivie depuis deux ans par le gouvernement de droite.

"Ras-le-bol, ras-le-c..." sont sur toutes les lèvres. Tous ont le sentiment d'une grande injustice, de payer le marasme économique dans lequel est enfoncé leur pays, les énormes déficits publics et le sauvetage bancaire européen de plus de 40 milliards en 2012 tandis que, selon eux, les responsables de l'explosion de la bulle immobilière, de la corruption et des abus bancaires qui ont ruiné les petits épargnants continuent de s'enrichir.

"Le peuple se réveille. C'est fini la fête"

Des manifestants lors d'une "marche pour la dignité" à Madrid, le 22 mars 2014, Gérard Julien AFP

 

Comme un symbole, un gigantesque doigt d'honneur surgit de l'immense foule qui a envahi le centre de Madrid. "Le peuple se réveille. C'est fini la fête", assure une pancarte accrochée au doigt. "Les responsables politiques ont transformé la politique en un commerce pour leurs intérêts", proclame une autre pancarte orange surmontée des visages de membres du gouvernement de Mariano Rajoy. "Ils ont profité des citoyens, nous ont escroqués : les banquiers, les politiques, Urdangarin (l'époux de la fille du roi inculpé de détournement de fonds, Inaki Urdangarin) et ils sont toujours en liberté. Mais qu'au moins, ils nous rendent l'argent", dénonce Justina Santamarta, une surveillante d'hôpital de Madrid.

Au total, huit colonnes ont convergé vers la gare d'Atocha, à l'appel de multiples organisations sociales, groupes de la mouvance des "indignés" ou collectifs professionnels. Une mobilisation rappelant les grands défilés qui avaient marqué la poussée de fièvre sociale, retombée depuis, qui a agité l'Espagne en 2011 et 2012. Les autorités régionales ont d'ailleurs mobilisé quelque 1 700 policiers pour assurer la sécurité, craignant des incidents en raison de la présence attendue de groupes antisystème.

 

20minutes.fr- Des manifestants avec le drapeau de la République, lors d'une "marche pour la dignité" à Madrid, le 22 mars 2014

Certains ont marché près d'un mois

Certains manifestants ont marché pendant près d'un mois, depuis l'Andalousie, dans le sud de l'Espagne, la Catalogne, dans l'est, les Asturies, dans le nord-ouest, ou l'Estrémadure, dans l'ouest. "Nous voulons du travail. Nous ne pouvons pas accepter que des millions de personnes au chômage doivent retourner chez leurs parents", lance Jorge Balbas, un chômeur de 24 ans de Burgos, dans le nord de l'Espagne, rappelant que plus d'un jeune actif espagnol sur deux est au chômage et que nombre d'entre eux partent à l'étranger.

"Ni chômage, ni exil, ni précarité. Des marches, des marches, des marches pour la dignité", hurlent dans une sono des jeunes, nombreux dans la manifestation, juchés sur une camionnette à ciel ouvert, pendant que d'autres ont allumé des fumigènes.

L'austérité pointée du doigt

L'austérité sans précédent appliquée par le gouvernement conservateur depuis son arrivée fin 2011 pour réduire les déficits publics et la dette de l'Espagne a donné lieu à deux grèves générales en 2012, avec des centaines de milliers de personnes dans la rue. La mobilisation s'est ensuite essoufflée, dans un pays qui connaît la récession, un chômage record et un plan d'économies de 150 milliards d'euros sur trois ans annoncé en 2012.

Pourtant, s'ils ne descendent pas dans la rue, les Espagnols ont montré dans les sondages leur rejet de la politique d'austérité, nombre d'entre eux ne voyant toujours pas les effets de la reprise annoncée. "En 2014, nous sommes face à une situation extrêmement difficile, une situation limite, d'urgence sociale, qui exige une réponse collective et massive des salariés, des citoyens et du peuple", affirment les organisateurs dans leur manifeste. "Qu'ils nous rendent l'argent que nous ont volé les politiciens et les banquiers", lançait Trini Reina, une Andalouse de 48 ans venue de Séville dans une colonne de huit autocars. "J'ai un emprunt immobilier que je ne peux plus rembourser depuis sept mois. Ce système est en faillite et nous le payons très cher".

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 16:47

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 14:53
La révolution d’Ukraine, et après? Les enjeux du référendum

Jean Geronimo,

Humanité, 15 mars


Par Jean Geronimo, Spécialiste des questions économiques et géostratégiques russes. Université Pierre Mendès France, Grenoble II. A l'heure d'un risque d'embrasement de l'Est ukrainien, sonnant comme un cri de révolte et d'incompréhension face à une évolution politique en partie impulsée de l'Etranger, la maladresse de l'ingérence occidentale risque de coûter très cher au peuple de Kiev.


La méconnaissance des bureaucraties occidentales de la réalité ukrainienne, historiquement imbriquée à l'histoire russe, éclate aujourd'hui comme une évidence. Surfant sur l'élan initial des protestations de rue, contre « un autocrate corrompu, aux soldes de Moscou », les opposants politiques les plus divers et extrêmes ont réussi leur coup d'Etat, recouvert du vernis légitime de «révolution ».

C'est cette légitimité kiévienne qui est remise en cause par l'autre partie du peuple ukrainien, jusqu'à présent curieusement oubliée par la pensée unique relayée par les médias, et qui constate, impuissante, l’arrivée de nostalgiques du nazisme aux responsabilités gouvernementales. Un rêve déçu mais, surtout, un retour en eaux troubles, vers un passé que l'on croyait à jamais révolu.

Peut-on parler de manipulations ?


Entre soft power et manipulations, voyage en eaux troubles

Après les fausses « révolutions colorées » d'inspiration libérale, frappant dans les années 2000 la périphérie post-soviétique et plaçant des dirigeants pro-américains à la tête des Etats géorgien, ukrainien et kirghize, la « révolte de Kiev » apparaît au final comme un sous-produit d'un modèle déjà expérimenté et prolongé, récemment, au Moyen Orient, principalement en Libye et en Syrie. A la base de ce modèle « révolutionnaire», se trouve une stratégie de désinformation permettant la justification du processus politique conduisant au renversement d'un régime hostile (ici, celui de Ianoukovitch) et, surtout, à l’arrivée de dirigeants politiquement corrects (ici, pro-européens). Depuis la « croisade » américaine de 2003 en Irak, ce scenario s'inscrit dans une redoutable permanence : G.W. Bush lui-même, n'avait-il pas alors reconnu, que la première guerre à gagner était « celle de l'information » ? Comme une inquiétante inertie.

La seconde « révolution de Sébastopol », haut lieu historique et symbole politique de la vieille Russie, tout en visant à contrebalancer la première « révolution de Kiev » dénonce, de manière implicite, cette utilisation inconsciente par l'Occident du soft power issu de l'information. Subordonnée à la réalisation d'un objectif politique précis, centré sur l’élimination du président légitime, cette stratégie communicationnelle de la coalition anti-Ianoukovitch a été patiemment construite, indépendamment de ses coûts. Or, au regard de leur ampleur et de leur impact déstabilisateur sur la région, ces coûts semblent irréversibles.

Tendanciellement, un des coûts collatéraux de cette stratégie a été de réveiller les mouvements radicaux, extrémistes et néofascistes, teintés d'un vernis nationaliste. A terme, au-delà d'un redécoupage géopolitique de l'Ukraine selon l'ancien clivage Est/Ouest, catalysé par la volonté d’indépendance de la

Crimée – dans le prolongement d’une jurisprudence initiée par l’indépendance du Kosovo en 2008 –, c’est bien l’extension de l’axe OTAN-USA via l’UE, contre les intérêts russes, qui se joue.
Au cœur de l’Echiquier eurasien, cette extension de l'axe euro-atlantique sanctionnerait, de manière définitive, sa victoire de la Guerre froide.


 

 

 

Le réveil révolutionnaire de la Crimée, contre l'illégitimité

kiévienne

 

 

 

Dans la mesure où la « révolution de Kiev » n'est pas représentative de la majorité du peuple ukrainien, la révolte de l'Est ukrainien et en particulier, de la Crimée, n'est qu'un juste retour des choses. La majorité silencieuse, trop longtemps passive, a laissé aller à son terme l'étrange révolution libérale, verrouillée par les élites occidentales mais infiltrée par des éléments extrémistes. Ces derniers semblent avoir provoqué consciemment les terribles massacres – avec l’aide de snipers pour accélérer les événements –, en tirant sur les forces de police et de sécurité, dès lors, condamnées à riposter. Face à l'inflexion nationaliste et anti-russe de la nouvelle ligne « révolutionnaire », la peur gagne désormais le camp des minorités ethniques. Le réveil de la société civile ukrainienne, après un véritable coup d'Etat programmé, n'en est que plus brutal. Le soleil se lève, aussi, à l'Est.

Lors des émeutes de Kiev du 18 février 2014, un étendard de la division SS Galicie a été fièrement brandi par les manifestants. Cet acte abject, condamné par Moscou, n'a guère été dénoncé par l'Union européenne et ses démocrates dirigeants. Une telle évolution s'inscrit dans une tendance plus globale à réécrire l'histoire et à glorifier le nazisme dans certaines régions européennes, orientales et baltes – récemment en Estonie (où d'ailleurs, les russes ethniques sont définis comme « non-citoyens » !). Une autre tendance parallèle – observée en Bulgarie, le 24 février 2014 –, est de souiller les monuments élevés à la mémoire des soldats soviétiques morts pour stopper la progression de la barbarie nazie et donc, pour notre Europe libre. Les leçons de l'histoire n'ont-elles pas suffi ? Et, en définitive, pourquoi de telles informations sont-elles occultées par nos médias ?

Aujourd’hui, avec l'appui de Moscou, l'Est pro-russe conteste la légitimité de la nouvelle direction politique ukrainienne. Et cela, d'autant plus qu'avec le soutien occidental, cette dernière a surfé et, en partie, instrumentalisé les « tendances nationalistes et néofascistes » dénoncées, le 26 février 2014, par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. A l'origine de cette rupture politique, sanctionnée par la destitution du président Ianoukovitch, il y a un double « malentendu », minutieusement construit par des forces intérieures et extérieures à l'Ukraine, solidarité libérale internationale oblige.

A la suite de cette crise de légitimité politique, générée par l'irresponsable attitude occidentale, est apparue une menace majeure : un risque de partition de l'Ukraine – dont la sécession de la république autonome de Crimée –, réactivant une forme de conflictualité bipolaire Est versus Ouest. Retour vers le passé.


Un coup d'Etat, issu d'un double « malentendu » adroitement construit

Dans un premier temps, initiée le 21 novembre 2013 et focalisée contre l'inflexion pro-russe de la politique ukrainienne, la protestation populaire pro-européenne de Maïdan est issue d'une désinformation évidente. En effet, l'idée d'un rejet de l'Europe, à travers celui de l'accord de libre-échange, n'a jamais été une réalité. Comme je l'ai déjà souligné, le Président Ianoukovitch voulait simplement réviser les conditions trop drastiques de l'accord, pour mieux prendre en compte la spécificité de l'économie ukrainienne et ses liens denses avec la Russie structurés sous le soviétisme, via la division planifiée du travail socialiste. L'Europe bureaucratique avait-elle les moyens intellectuels de le comprendre ? L'application stricto sensu de cet accord aurait conduit à l'affaissement économique et social de l'Ukraine, associant à la fois tournant ultralibéral vers le tout marché et abandon des derniers acquis sociaux de l'Etat-providence communiste. Une sorte de chaos programmé, « à la grecque », sous bienveillance du FMI.

Dans un second temps, le 22 février 2014, le renversement du président Ianoukovitch est venu, suite à la violation de l'accord conclu la veille entre ce dernier et l'opposition, via les intermédiations américaine, européenne et russe. La montée en puissance de la violence « révolutionnaire » de la rue, le lendemain de cet accord, explique la regrettable tuerie, volontairement provoquée à l'origine par des extrémistes armés – dont des snipers très expérimentés. Pourquoi une telle offensive, le lendemain d'un succès diplomatique et, surtout, pourquoi ne pas l'avoir dénoncé ?

A priori, pour pouvoir accéder au pouvoir, certains éléments de l'opposition n'avaient aucun intérêt au maintien du nouvel accord et, pour cette raison, ont créé les conditions lui retirant toute légitimité – via la construction du point critique, obligeant le pouvoir à la répression –. Implacable logique.


L'Ukraine, au cœur d'une lutte d'influence sur le continent eurasien

L’enjeu implicite de la « révolution d’Ukraine » est le contrôle par l'axe euro-atlantique d’un espace stratégique, sur les plans politique et énergétique. Cette dimension stratégique du pays est renforcée par sa position intermédiaire (« pivot »), entre l'Europe et la Russie – sans oublier la base russe de Sébastopol, permettant un accès aux mers chaudes.

A terme, c’est donc l’extension des zones d’influence qui se joue, entre les puissances russe et américaine. Cette configuration géopolitique replace l'Europe – et, naturellement, l'Ukraine – au centre du jeu, c’est à dire au cœur de la partie d'échecs conduite sur le vaste continent eurasien, entre les deux anciennes superpuissances de la Guerre froide. C'est ce que Zbigniew Brzezinski, conseiller inaltérable des derniers présidents américains, depuis la fin des années 70, appelle le « Grand échiquier ».

Dans cette optique, la « révolution d'Ukraine » alimente la stratégie de reflux de la puissance russe, initiée par le bloc occidental – via l'axe OTAN-USA –, depuis l'implosion de l'Union soviétique en décembre 1991. A terme, il s'agit de réduire la puissance russe et de l'affaiblir sur sa ceinture périphérique, en vue de renforcer l'Europe « démocratique » et, dans le même temps, dissuader toute velléité de « retour impérial » de l'ancienne puissance communiste. Cette obsession de la politique étrangère américaine, qui considère l'Ukraine comme le cœur de cette reconstruction impériale, est traduite par l'analyse fondatrice de Z. Brzezinski.

Dans son fameux livre de 1997 « Le Grand échiquier », ce dernier conclut notamment qu' « (…) aucune restauration impériale, qu'elle s'appuie sur la CEI ou sur un quelconque projet eurasien, n'est possible sans l'Ukraine. ». Une conclusion très claire, en prise avec l'actualité.


Le contrôle d'un « nœud géostratégique », pour contenir le retour russe

Au sens de Brzezinski, l'Ukraine est un pivot géopolitique, c'est à dire un Etat dont le pouvoir géopolitique est fondamentalement lié à sa capacité de nuisance sur des acteurs majeurs (régionaux et internationaux). Ainsi, selon ce dernier : « La notion de pivots géopolitiques désigne les Etats dont l’importance tient moins à leur puissance réelle et à leur motivation qu’à leur situation géographique sensible et à leur vulnérabilité potentielle, laquelle influe sur le comportement des acteurs géostratégiques ». Pour Brzezinski, dont l'analyse est considérée comme le vecteur de la politique extérieure américaine, le contrôle de l'Ukraine est donc une nécessité stratégique.

Dans la mesure où l'Ukraine se trouve à un carrefour stratégique sur la base de la trajectoire des tubes énergétiques et des grands axes politiques du continent eurasien, elle devient pour moi, une sorte de « super pivot » : un nœud géostratégique. Ce statut stratégique de l'Ukraine est renforcé par le fait qu'elle est potentiellement ciblée, d'une part, par l'extension programmée de l'OTAN aux ex-républiques soviétiques (en violation des promesses de 1989 faites à Gorbatchev) et, d'autre part, par l'implantation future du bouclier anti-missiles américain (déjà envisagée par l'administration de G.W. Bush). En effet, à partir du moment où l'Ukraine adhère à l'OTAN, rien ne s'opposera plus à l'extension du bouclier ABM à cette dernière et donc, aux portes de la Russie – d'autant plus si l'administration républicaine revient au pouvoir.
Or, comme vient de le rappeler le président Poutine, en aucun cas la Russie ne pourra accepter à ses frontières, la présence d'un système anti-missiles neutralisant, en partie, sa puissance nucléaire stratégique.

 

Le futur statut européen de la Russie, donc de l'OTAN, en question

Ainsi, l'Ukraine se retrouve au cœur d'une lutte bipolaire pour son contrôle, qui déterminera, dans une large mesure, l'avenir du continent eurasien et par suite, selon Brzezinski, l'évolution géopolitique du nouvel ordre mondial.
Ce faisant, à travers cette lutte, c'est l'extension et le rôle de l'Europe politique qui se joue et, en son sein, le statut de la Russie post-soviétique. Mais, par ricochet, c'est aussi la fonction de l'axe OTAN-USA dans la future structure politico-sécuritaire européenne qui est en jeu. Ce qui, dans ses grandes lignes, peut expliquer – et justifier – la stratégie américaine en Ukraine, tout comme le projet de Z. Brzezinski d’une structure de sécurité transeurasienne intégrant Kiev, verrouillée par Washington et marginalisant la Russie.

De ce point de vue, l'idée d'une Guerre tiède développée et conceptualisée dans mon livre, semble de plus en plus crédible (1). N'en déplaise au messianisme auto-proclamé des sirènes du néo-libéralisme, trop vite convaincues d'une « fin de l'histoire » sanctionnant la fin des idéologies. Sous l'impulsion d'une Russie revancharde, aspirant à l'ordre multipolaire et contrebalançant l'hégémonie américaine, l'idéologie est de retour. Affirmer le contraire, à l'heure où V. Poutine menace le régime illégitime de Kiev – rallié à l'idéologie néo-libérale – d'une intervention armée, pour protéger ses ressortissants et défendre ses intérêts nationaux, relèverait d'une pure ineptie intellectuelle.

Aujourd’hui, il s’agit bien d’un conflit entre deux visions du monde antagonistes, renforcé par le désir de Moscou d'apparaître comme une alternative au néo-libéralisme et de s’opposer à l’unilatéralisme américain, systématisé depuis la disparition du contrepoids géopolitique soviétique – c’est en ce sens, que la disparition de l’URSS a été « la plus grande catastrophe géopolitique du 20° siècle ». Cette méfiance russe semble justifiée par la présence, au sein de la nouvelle équipe gouvernementale kiévienne, de dirigeants prônant une politique ultralibérale, anti-étatique et d’intégration à la zone euro-atlantique impliquant, à terme, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Une telle option exclurait toute intégration de Kiev à l’Union douanière, pierre angulaire du projet eurasien porté par V. Poutine – d’où, l’incompréhension russe.


Maïdan, une pièce stratégique sur l’Echiquier eurasien

Au-delà de cette opposition idéologique, la soif d’indépendance de la Crimée, encouragée par Moscou, traduit son envie de s’émanciper de la tutelle kiévienne sous domination américaine et aiguillée par un ultranationalisme fondé, en partie, sur une idéologie néo-fasciste, raciste et excluante. Elle relève, aussi, d’une volonté russe d’affirmer son droit de regard dans sa proche périphérie, dans la continuité du soviétisme. D’autant plus que le précédent kosovar, encouragé et légalisé par l’axe euro-atlantique rend légitime, de facto, la démarche politique du peuple de Crimée et en cela, le soutien de Moscou. L’enjeu sous-jacent étant, via le référendum, le rattachement de la Crimée à la Russie.

L’Etranger « très proche » est une ligne rouge à ne pas franchir, pour une révolution manipulée par le surpuissant bloc otanien hérité de la Guerre froide et en constante expansion, donc à visée géopolitique évidente. Par son ingérence illégale et dangereuse sur le plan politique, l’Europe a poussé la « révolution » kiévienne à franchir cette ligne et, en cela, elle est directement responsable du retour de la question de Crimée.

Maïdan, au joli vernis révolutionnaire de couleur orange, n’est qu’une pièce stratégique sur l’Echiquier eurasien.

La révolution d’Ukraine, et après ?

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 22:18
Référendum en Crimée
16 mars 2014

Les résultats du référendum ont confirmé la volonté d’une majorité de la population de la Crimée de rejoindre la Russie. Ils ont aussi confirmé l’incapacité des dirigeants, qu’ils soient français ou de l’UE et des Etats-Unis, de saisir la nature de ce vote. On rappelle donc dans le texte qui suit quelques points d’importance.

  1. 1. La Crimée fut attribuée administrativement de la Russie à l’Ukraine dans le cadre de l’URSS en 1954. Ceci ne fit l’objet d’aucun vote des populations concernées. Lors de la dissolution de l’URSS en 1991, il fut admis que la Crimée resterait dans l’Ukraine, moyennant la reconnaissance de son statut de république autonome et le respect de la constitution.
  2. 2. Il y a eu, à la suite du 21 février 2014, une interruption de l’ordre constitutionnel en Ukraine. Ceci est reconnu par les pays occidentaux qui qualifient le gouvernement de « révolutionnaire ». Ceci découle surtout du fait que nulle autorité qualifiée (la Cour Constitutionnelle étant dissoute par le nouveau pouvoir) n’a constaté la vacance du pouvoir. Le nouveau gouvernement est d’ailleurs loin de représenter tous les Ukrainiens, comme on aurait pu s’y attendre logiquement. C’est donc une autorité de fait.
  3. 3. À la suite de cela, les autorités de la République Autonome de Crimée ont considéré que cela créait une nouvelle situation, dans laquelle les droits de la Crimée n’étaient plus garantis, et ont décidé la tenu du référendum du 16 mars. Leur décision est donc une réaction à la rupture de l’ordre constitutionnel à Kiev. Elle n’est ni légale ni illégale dans la mesure où cet ordre constitutionnel n’existe plus. Qualifier le référendum d’illégal du point de vue de la loi ukrainienne est donc une profonde sottise et montre de la part des dirigeants qui utilisent cet argument une incompréhension totale des principes du Droit.
  4. 4. Du point de vue du Droit international, deux principes s’opposent, l’intangibilité des frontières et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si les pays qui aujourd’hui s’opposent au référendum avaient fait pression pour que le gouvernement de Kiev remette son pouvoir à un gouvernement de concorde nationale, réunissant toutes les parties en présence, ils auraient eu quelques droits à faire valoir le principe de l’intangibilité. Mais, ayant choisi de reconnaître unilatéralement un gouvernement ne représentant qu’une partie de la population, ils ne peuvent plus user de cet argument sans contrevenir directement au second argument, celui sur le droit des peuples. L’argument d’une illégalité du point de vue du droit international tombe alors de lui-même en raison de la carence des pays soulevant cet argument à faire valoir la nécessité d’un gouvernement de concorde nationale en Ukraine qui seul, avec une assemblée constituante, aurait été en mesure d’offrir une issue légale à cette crise.
  5. 5. Dans ces conditions, la seule position possible était de demander la présence d’observateurs officiels pour ce référendum. Cela ne semble pas avoir été fait. Les observateurs (députés du Parlement Européen) présents le sont donc en leur nom personnel. Ils disent ne rien avoir vu de scandaleux. Cela laisse cependant planer un doute sur les conditions de tenue du scrutin, mais ce doute provenant de l’attitude même des pays occidentaux, il doit profiter aux autorités de la République Autonome de Crimée. Ce vote, dans les faits, semble s’être tenu dans les conditions habituelles pour l’Ukraine.
    6. On notera dans le cas de la France que les dirigeants qui aujourd’hui contestent le référendum en Ukraine sont ceux qui n’ont pas voulu reconnaître le résultat du référendum de 2005 et l’ont remplacé par un traité (le Traité de Lisbonne) qui ne fut pas présenté au peuple. Ces mêmes dirigeants on accepté le référendum séparant Mayotte des Comores et rattachant cette île à la France. Ces deux faits soulignent que la légitimité de la position de ces dirigeants sur la question du référendum de Crimée pourrait être facilement mise en doute.
  6. 7. Il convient maintenant de regarder l’avenir. Il ne fait guère de doute que la Russie reconnaîtra le référendum, même si – en théorie – elle peut toujours refuser l’adhésion de la Crimée. Le problème qui va être posé dans les semaines qui viennent est celui des provinces de l’Est de l’Ukraine ou des incidents mortels se multiplient. Toute tentative d’imposer une solution par la force risque de conduire à la guerre civile. Il est donc urgent que toutes les parties prenantes à cette crise, et ceci vaut pour les pays européens comme pour la Russie, exercent une pression conjointe sur les autorités de Kiev pour qu’elles constituent un gouvernement de concorde nationale réunissant tous les partis, pour qu’elles désarment les groupes extrémistes et qu’elles mettent sur pied les élections à une assemblée constituante. La signature de tout accord international par ce gouvernement ne saurait engager que lui-même. L’Union Européenne irait contre le droit si elle signait avec lui un quelconque traité.

 

Les résultats du référendum.

Russe depuis 1774, la Crimée vote oui à la Russie

Les habitants ont choisi entre l’adhésion de la Crimée à la Russie et l'autonomie renforcée au sein de l'Ukraine. 80% d’habitants de la Crimée, ayant le droit de vote, ont participé au référendum.  A l'heure où nous écrivons ces lignes les résultats ne sont pas définitifs.  Selon les estimatons plus de 95 % des votants ont choisi le rattachement à la Russie.

 

 


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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 10:18
La crise ukrainienne point par point
Par Bernard Frederick
1) Les origines de la crise en Ukraine ?

On a fait en Occident des manifestations qui ont débuté à Kiev, en novembre 2013, une riposte à l’annonce par le président Ianoukovitch de son refus de signer l’Accord d’association proposé par l’Union européenne. En fait, comme l’indique l’économiste et spécialiste du monde russe Jacques Sapir, la base du mouvement de contestation « était une révolte contre la corruption bien plus qu’une volonté d’adhésion à l’Union européenne » [1]. Révolte qui court depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991.

Aucun des gouvernements qui se sont succédé depuis – que ce soit celui des pro-européens, Ioulia Timochenko en tête, de 2005 à 2010, que ce soit celui de Ianoukovitch – n’a réussi à juguler la crise sociale et économique. Tout au contraire, chacun s’est évertué à suivre les « recommandations » du FMI, de la Banque mondiale et de la Commission européenne : privatisations, déréglementations, liquidation des services publics, austérité. L’Ukraine est d’ailleurs à ce jour le second débiteur du FMI dans le monde.

De 1991 à 2012, la production d’électricité a chuté de 35 %, celle de certains produits sidérurgiques de plus de moitié. En 2012, la production de tracteurs ne représentait qu’environ 5 % de ce qu’elle était en 1990, dans un pays où un tiers de la population vit en milieu rural et détient 20 % des sols de terre noire de la planète. L’Ukraine comptait 16 grandes usines de machines-outils qui produisaient 37 000 unités en 1990, seuls trois d’entre elles tentent, aujourd’hui, de fonctionner tant bien que mal, produisant à peine 40 machines par an. Les privatisations ont touché plus de 50 000 entreprises et 45 % d’entre elles sont depuis fermées.

L’économiste Natalia Vitrenko, présidente du Parti progressiste socialiste d’Ukraine, était de passage à Paris, il y a quelques jours. Lors d’une conférence, elle affirmait : « L’Ukraine était auparavant l’un des premiers pays en matière de PIB par habitant, nous étions 11 % au-dessus du PIB mondial moyen par tête. Mais notre PIB a chuté d’un tiers et dès 2012 il n’était plus que de deux tiers de ce qu’il était en 1989. Nous sommes aujourd’hui 40 % en dessous du PIB mondial moyen par tête, en dessous de la Namibie ». Pour Natalia Vitrenko, « Ce que l’Ukraine a gagné au cours de ces années, c’est de la dette extérieure. Nous avons maintenant une dette extérieure qui équivaut au double de nos réserves monétaires en or. Notre dette extérieure brute s’approche des 80 % du PIB. La pire des choses est que cet effondrement a appauvri la population. Le salaire minimum en Ukraine est de 118 euros par mois ; la retraite minimum est de 86 euros par mois ».

Cette situation touche presque autant l’Ouest du pays, plutôt agraire, que l’Est industriel. La détresse sociale est d’autant mal vécue que tous les gouvernements ont usé des recettes néolibérales et tous ont été marqués par une gigantesque et scandaleuse corruption.

Dans ces conditions, l’association à l’Union européenne pouvait apparaître à beaucoup, tant à l’Est qu’à l’Ouest, comme un espoir. Aussi les ukrainiens sont-ils descendus en nombre manifester à Kiev comme à Kharkov, à Lviv comme à Donetsk.

Cependant, dans la nuit du 29 au 30 novembre 2013, les forces de l’ordre donnèrent l’assaut à la place de l’Indépendance à Kiev – le Maïdan – où les manifestants s’étaient rassemblés. La répression fut violente et disproportionnée. Parallèlement, des groupes néonazis, pour l’essentiel venus de l’Ouest du pays, notamment de Galicie, s’installèrent à Kiev et constituèrent un soi-disant « service d’ordre » sur le Maïdan. Ils agressèrent la police. Ce fut l’escalade. La propagande de ces groupes, dont ceux affiliés au parti d’extrême droite Svoboda (Liberté) qui dispose, au plan national, d’une assise électorale de 10 % mais de plus de 30 % à l’Ouest, ou celle des fascistes de Pravy Sektor (Secteur droit), encore plus violents, domine depuis tous les discours. Social et éthique à l’origine, le mouvement a ainsi pris un caractère nationaliste, antirusse, voire antisémite. Ainsi, Dmitri Iaroch, le chef de Pravy Sektor, ne cesse-t-il pas de dénoncer « la mafia judéo moscovite ».

2) Ce que proposait l’Union européenne

Le « partenariat oriental » proposé par l’UE avait été initié en décembre 2008 par Carl Bildt et Radek Sikorski, les ministres des Affaires étrangères suédois et polonais, à la veille de l’affrontement militaire géorgien avec la Russie en Ossétie du sud. Cette initiative concerne six anciennes républiques soviétiques : trois dans le Caucase (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) et trois dans la partie orientale de l’Europe centrale (Biélorussie, Moldavie et Ukraine). L’idée n’est pas d’en faire des membres à part entière de l’UE, mais de les attirer dans son giron par de prétendus Accords d’association (AA), fondés sur un libre-échange complet et approfondi (Deep and comprehensive Free Trade Agreement). À cause de son importance géopolitique, l’Ukraine est la cible privilégiée.

Le projet d’Accord d’association avec l’UE envisageait donc de placer Kiev sous la tutelle d’agences supranationales (le Conseil d’association et le Comité sur le commerce) se plaçant au-dessus de la Constitution et des lois du pays, en tant qu’autorités décisionnelles. Selon Natalia Vitrenko, comme selon plusieurs spécialistes, « La mise en œuvre de l’Accord d’association avec l’UE aurait conduit indiscutablement à la destruction de l’économie du pays, de son industrie, de son agriculture, de ses services et de son secteur scientifique ». De plus, l’UE exigeait de l’Ukraine qu’elle s’inscrive dans la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), ce qui signifiait une rupture totale avec la Russie que Bruxelles voulait voir symbolisée par l’expulsion de la flotte russe de ses bases de Crimée et, sans doute, leur mise à disposition de l’OTAN dans un futur proche. L’UE et les États-unis se sont installés en Ukraine dès 1991, par le biais de dizaines d’ONG. Les cercles de l’immigration ukrainienne au Canada et aux USA (souvent les héritiers d’anciens combattants des troupes nationalistes alliées à l’Allemagne nazie, récupérés par les services occidentaux en 1945 et recyclés comme agents antisoviétiques) ont été mis à contribution pour envoyer sur place des « instructeurs ». La « révolution orange » (204-2005) - elle-même produit de « l’aide » occidentale - s’étant enlisée dans le marais néolibéral et ses protagonistes ayant perdu les élections de 2010 et 2012, les occidentaux sont repartis à la charge. Objectif : pour les Américains, affaiblir la Russie, empêcher Vladimir Poutine de réaliser son projet d’association eurasiatique d’anciennes républiques de l’URSS et continuer l’encerclement du pays par l’OTAN. Pour les Européens, essentiellement pour les Allemands qui ont toujours rêvé de ces confins, il s’agit d’organiser le pillage de l’Ukraine et de s’y ouvrir des marchés sans concurrence intérieure.

Les principaux partis libéraux - Batkivshchyna (Patrie) de Ioulia Timochenko et du nouveau Premier ministre, Arseni Iatseniouk, et l’UdAR (Coup de poing – sic !) de Vitali Klitschko – ont pu être créés grâce aux Américains (Timochenko) ou aux Allemands (Klitchko). Quant à Svoboda (Liberté), son chef néofasciste Oleg Tianybok a non seulement été, lui aussi, généreusement arrosé par les Occidentaux, mais il a eu le droit, comme les autres, à de solides poignées de mains de la part de Catherine Ashton, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, du sénateur John Mc Cain, de bien d’autres, y compris … Laurent Fabius. Celui-ci, qui a tant souffert par le passé d’allusions antisémites, ne sait-il pas qui est ce Tianybok ? Il est vrai que notre ministre des Affaires étrangères s’est empressé, comme ses collègues allemands ou polonais, de saluer le nouveau gouvernement « démocratique » de Kiev que les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont qualifié de « clé pour la sécurité euro-atlantique »... Là encore, Laurent Fabius en connaît-il la composition ? Outre les libéraux connus, font partie de ce gouvernement : Oleksandr Sich (Svoboda), vice-premier ministre ; Ihor Chvaika et Andriy Mokhnik, respectivement ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie (Svoboda) ; Serhiy Kvit, ministre de l’Education (ancien membre du groupe néonazi Trizub ) ; Andriy Parubiy, chef du Conseil national de défense et de sécurité (commandant du contingent d’« autodéfense » du Maïdan) ; Dmitro Iarosh, adjoint de Parubiy (Pravy Sektor, milice néonazie) ; le nouveau Procureur général, Oleg Makhnitsky (Svoboda).

Ce que le dirigeant de l’extrême droite autrichienne, Heider, n’avait pu obtenir à l’entrée au gouvernement de son parti en 2000, les néonazis ukrainiens l’ont obtenu : être reconnus par l’Europe. Pour Heider, la Waffen-SS était une « partie de l’armée allemande à laquelle il faut rendre honneur ». À l’ouest de l’Ukraine, les nationalistes élèvent des monuments à la gloire de la division SS « Galicie ». Avec le fric des européens et des américains ?

3) Quel a été le rôle des ultra-nationalistes ?

Depuis 1991, avec le soutien ou le silence des autorités qui se sont succédées à Kiev et avec l’aide des Occidentaux, on assiste à la réhabilitation de ceux qui ont collaboré avec les nazis : l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et sa branche armée (UPA – Armée insurrectionnelle ukrainienne). Des monuments leur sont dédiés, des cérémonies commémoratives ont lieu, avec drapeaux d’époque, uniformes nazis, etc. Stepan Bandera, le principal chef de l’OUN a été fait « héros » national par les amis de Ioulia Timochenko (future candidate à la présidentielle ?) avant que Ianoukovitch revienne sur cette décision. Depuis novembre, on a vu partout fleurir des portraits de ce Bandera (condamné par contumace en 1944 et exécuté à la fin des années cinquante en RFA par un officier du KGB). Armées, grâce au pillage de postes de police et de casernes, constituées en groupes de choc, les troupes nationalistes venues de l’Ouest du pays, ont réussi à faire basculer des manifestations pacifiques de « pro-européens », et surtout de gens déboussolés, en émeutes sanglantes, ouvrant ainsi un cycle provocations-répressions dont l’aboutissement provisoire a été le coup d’État des 22 et 23 février.

Ces mêmes groupes ont commis à l’Ouest toutes sortes d’exactions contre des églises orthodoxes et des synagogues. Les intimidations et humiliations à l’égard de fonctionnaires ou de dirigeants politiques (le Premier secrétaire du Comité de la ville de Lviv du Parti communiste d’Ukraine, Rostislav Vasilko, a été torturé et se trouve hospitalisé) n’ont cessé, et ne cessent encore, de se multiplier.

La situation est telle que la presse israélienne s’est fait écho de l’appel d’un des grands rabbins d’Ukraine, Moshe Reuven Asman, dans lequel il exhorte les Juifs à quitter la capitale Kiev, à la suite de l’agression sur deux étudiants de la Yeshiva Chabad dans la ville le mois dernier : « J’ai dit à ma communauté de sortir de la ville et si possible de l’Etat … il y a beaucoup de mises en garde sur des attaques prévues contre des institutions juives » [2].

La collaboration avec les nazis des nationalistes ukrainiens, dont se réclament aujourd’hui Svoboda et les autres, a commencé dans les années trente. L’ouest du pays était alors sous administration polonaise depuis 1920, après avoir fait partie intégrante de l’Empire austro-hongrois jusqu’en 1918. Les membres de l’OUN et de l’UPA étaient formés par les SA d’Ernst Röhm en Allemagne. En 1938, au lac de Chiem, près de Berlin-Tegel, et à Quenzgut au bord du lac Quenz, près de Brandebourg, sont créés, par l’Abwehr, le service de renseignement de la Wehrmacht, des centres d’entraînement, en vue de la création d’une cinquième colonne en Pologne et en Union soviétique. Des émigrants politiques ukrainiens y sont instruits.

En mars 1940, avec l’aide de l’Abwehr, la direction de l’OUN organise des groupes de sabotage et d’intoxication des populations à Lviv et en Volhynie soviétiques. D’autres groupes de saboteurs opèrent en Biélorussie et Ukraine. En 1941, l’OUN et son dirigeant, Stepan Bandera, sont fin prêts à participer à l’agression du Reich contre l’URSS. En uniforme de l’Armée rouge, ils commettent nombre d’assassinats ciblés contre les officiers du NKVD [3], cherchent à désorganiser la circulation et à dynamiter des objectifs stratégiques.

En juin – juillet et août 1941, quelque fois avant même l’arrivée des Allemands, comme à Lviv, les nationalistes de l’OUN massacrent sauvagement les Juifs à tel point que les nazis eux-mêmes, effrayés par le côté anarchique de ce début de génocide, interdisent les opérations séparées des nationalistes et en font des supplétifs des Einsatzgruppen. La police ukrainienne alliée des nazis comptera jusqu’à 250 000 hommes. Des milliers d’autres serviront comme gardiens dans les camps d’Auschwitz, Treblinka et Belzec. L’OUN participe activement à l’exécution de prisonniers de guerre soviétiques, notamment des commissaires politiques, à la chasse aux communistes. Elle sera un précieux secours pour les nazis dans la guerre contre les partisans.

Mais pressé de proclamer un État ukrainien indépendant, Bandera déçoit les Allemands qui l’envoient en résidence surveillée en Allemagne, d’où il continue cependant à diriger ses troupes. Il reviendra en grâce en 1943, après le désastre de Stalingrad.

En mars de cette même année, est constituée la division SS « Galicie ». Elle comptera 26 000 hommes mais 80 000 se portèrent volontaires ! Les SS ukrainiens, non contents de se battre contre leurs frères qui servaient dans l’Armée rouge, appuyèrent en 1944 la garde fasciste slovaque contre les partisans après l’échec du soulèvement du 29 août 1942.

A la fin de la guerre, l’OUN et l’UPA, dans laquelle seront reversé les effectifs rescapés de la SS « Galicie » continuèrent de semer la terreur, jusque dans les années cinquante à l’ouest de l’Ukraine désormais soviétique. Bandera, pour sa part, fut recruté par les Services secrets britanniques [4]. Puis, en 1956, Bandera intégra les services de renseignements de RFA, la BND, alors dirigée par le général Reinhardt Gehlen, le chef des services de renseignement militaire pour le front oriental pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des retrouvailles en somme. Un rapport du MI-6 de 1954 fait l’éloge de Bandera en tant qu’« agent professionnel muni d’une expérience terroriste et de notions impitoyables concernant les règles du jeu ».

Après ça, Svoboda peut dormir tranquille !

Les Occidentaux savent tout cela. Ils n’en ont cure. Et les médias ? Rien chez nous ou presque. C’est un peu mieux en Grande-Bretagne : sous le titre : « Des nervis d’extrême-droite détournent l’insurrection pour la liberté en Ukraine », le Time Magazine du 28 janvier faisait un gros plan sur le groupuscule Spilna Sprava (« Cause commune », dont les initiales en ukrainien sont « SS »),qui fait partie de la nébuleuse du Maïdan. Le lendemain, le Guardian titrait : « En Ukraine, les fascistes, les oligarques et l’élargissement occidental sont au cœur de la crise », avec en sous-titre : « L’histoire qu’on nous raconte sur les manifestations paralysant Kiev n’a qu’un lointain rapport avec la réalité »… Seumas Milne, un des journalistes du titre, précisait : « Vous n’auriez jamais pu apprendre par la grande presse que des nationalistes d’extrême-droite et des fascistes sont au cœur des protestations et des attaques contre les bâtiments officiels. Un des trois principaux partis d’opposition menant la campagne est le parti antisémite de la droite dure, Svoboda, dont le dirigeant Oleh Tyahnybok affirme que l’Ukraine est contrôlée par une "mafia judéo-moscovite". Svoboda, actuellement au pouvoir dans la ville de Lviv, a dirigé au début du mois une marche aux flambeaux de 15 000 personnes à la mémoire du dirigeant fasciste ukrainien Stepan Bandera, dont les troupes ont combattu avec les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale et ont participé au massacre des Juifs ».

Alors, en France, on s’y met ?

4) Il n’y aura pas de guerre entre la Russie et l’Ukraine

L’Ukraine est le berceau de la Rus’ auquel appartiennent les deux peuples ainsi que les Biélorusses. Russie et Ukraine sont « mariées » depuis plus de 3 siècles. Tous ces peuples ont traversé les pires épreuves ensemble, qu’il s’agisse de la guerre civile, de la « Grande guerre patriotique » - dont les monuments aux morts sont saccagés aujourd’hui même à Kiev – ou encore des effets du stalinisme. Les armées russe et ukrainienne n’en faisait qu’une il y a vingt ans et la Marine de la mer Noire n’a été partagée qu’il y a 17 ans.

Mis à part les nationalistes de l’Ukraine occidentale, personne ni en Ukraine ni en Russie ne souhaite, ni n’acceptera, une guerre fratricide. La « menace » russe n’existe pas. En revanche, en se donnant le droit de protéger ses ressortissants et la population russophone de l’Est en cas d’agression, Moscou ne fait que ce que ferait n’importe quel Etat confronté à une même situation. La France ne protège pas ses ressortissants en Afrique, par exemple ? Et l’Amérique !?

Alors pourquoi tous ces bruits de bottes ?

La « menace » d’intervention russe fournit l’occasion aux groupes fascistes armés de renforcer numériquement et matériellement leurs troupes et d’accroître leur pression sur la coalition au pouvoir. Celle-ci profite de la situation pour accroître ses exigences vis-à-vis de l’UE et des États-unis, forcer son entrée dans l’OTAN, obtenir un soutien financier conséquent. Les Russes, de leur côté, se présentent comme maîtres du jeu après avoir essuyé un échec avec la destitution de Ianoukovitch. Ils profitent du danger – qui peut être réel – qui plane sur les russophones d’Ukraine pour développer une politique de force qui reçoit en retour le soutien des populations russophones à l’Est et au Sud du pays. Ils constituent un rapport de forces en vue des négociations à venir avec les Occidentaux.

Ceux-ci cherchaient non pas à « libérer » l’Ukraine, mais à déstabiliser la Russie. Manquant totalement de discernement et de connaissance du terrain et bien que prévenus (par des journalistes et des spécialistes) des risques d’implosion de l’Ukraine, ils sont allés jusqu’au bout et ont fait chuter Ianoukovitch, se retrouvent de fait devant une partition du pays (ce qui ne gêne pas les Américains mais est inacceptable par les Européens). Du coup, ils ont offert à Vladimir Poutine l’occasion primo de reprendre la main, secundo de s’installer sans doute définitivement en Crimée, tertio d’accroître l’influence russe à l’Est et au Sud de l’Ukraine.

5) La Crimée

La Crimée, conquise sur les Ottomans, était russe depuis 180 ans quand Khrouchtchev l’a « donnée », en 1954, à la République socialiste soviétique d’Ukraine, dont il était originaire et longtemps le principal dirigeant. Ce changement de cadre administratif ne changeait pas grand-chose, à l’époque puisqu’il avait lieu au sein de l’Union soviétique qui assurait la continuité territoriale. À titre de comparaison, cette même année 1954, la Corse n’était française que depuis 185 ans et la Savoie d’aujourd’hui ne l’est que depuis 154 ans quand la Crimée est « ukrainienne » depuis 60 ans.

Sa population est russe et russophone à près de 90%. Elle n’a jamais vraiment accepté son rattachement à l’Ukraine.

La principale base militaire et navale russe sur la mer Noire se trouve à Sébastopol en Crimée. Un accord prévoit que le bail concédé par l’Ukraine doit se poursuivre jusqu’en 2042. La coalition libérale-fasciste n’a pas caché sa volonté d’abroger cet accord. Le projet d’Accord d’Association entre l’Europe et l’Ukraine présenté par Bruxelles fait de l’évacuation de la marine russe de Crimée un point nodal.

On peut considérer – c’est l’avis de plusieurs spécialistes et même, en privé, celui de diplomates occidentaux – que la Russie demeurera en Crimée quelque soit le statut qu’adoptera celle-ci. Le 6 mars, le parlement de la région a demandé à une écrasante majorité le rattachement de celle-ci à la Fédération de Russie en tant que « sujet ». Un référendum doit avoir lieu le 16 mars. Son issue ne fait guère de doute. Les Occidentaux vont crier au scandale, à l’annexion, à l’Anschluss. Pourtant, il y a une jurisprudence européenne : le Kosovo. Ils ont bombardé la Serbie pour que ce morceau de son territoire, berceau de son histoire, accède à l’indépendance, sous prétexte qu’il était peuplé en majorité par des Albanais.

6) Y a –t-il un risque de démembrement de l’Ukraine ?

Les élections présidentielle (2010) et législatives (2012) ont permis de mesurer « combien la politique ukrainienne était marquée par une division entre des populations russes (et russophones) regroupées à l’Est du pays et des population ukrainnophones, dont une partie habite les régions qui, avant 1914, étaient soit dans l’empire Austro-Hongrois soit étaient en Pologne. L’Ukraine est un pays neuf, dont l’existence est fragilisée par ces divisions » (Jacques Sapir, article cité plus haut).

En effet, c’était bien la réalité, avant le coup d’État des 22 et 23 février. Au lendemain de celui-ci, cependant, les nouvelles autorités, dont la légalité est pour le moins contestable, ont abrogé la loi sur les langues qui donnait au russe le statut de langue régionale là où il était parlé par au moins 10% de la population.

Après les slogans antirusses, la démolition des monuments aux morts de la guerre de 41-45, le renversement de statues de Lénine, les appels à une sorte d’épuration ethnique, c’en était trop. À l’Est et au Sud (Odessa), des manifestations, parfois violentes, se multiplient. Le drapeau russe est hissé sur des bâtiments publics et ici et là, les gouverneurs nommés par Kiev sont conspués voire remplacés.

C’est la même chose à l’Ouest, mais là, ce sont les nationalistes qui sont à la manœuvre. Le résultat est cependant le même : le pouvoir central – existe-t-il autrement que pour les Occidentaux, - n’a plus les moyens d’intervenir, de se faire respecter et de faire respecter la loi. À cela près que les nationalistes, comme on l’a vu, siègent au gouvernement. Sans déposer les armes ! Sans renoncer à leur « prise de guerre » à l’Ouest à Lviv, en Galicie ; en Volhynie ; à Revné (Rovno), à Ternopil…On voit mal ces groupes lâcher prise.

Reste le centre du pays et Kiev. La capitale est sous le contrôle des groupes armés dont le chef, on l’a vu, est, aujourd’hui, responsable des forces de sécurité. C’est un peu comme si, en 1968, de Gaulle avait nommé Cohn-Bendit ministre de l’Intérieur ou préfet de police. La population russophone vit dans l’angoisse et s’abstient de tout mouvement – au moins pour le moment. Mais au-delà de Maïdan et du périmètre des ministères et du parlement, que pense-t-on ? Qu’espère-t-on ? La coalition libérale-fasciste peut s’estimer majoritaire, mais elle ne contrôle presque rien. Les groupes armés la tiennent en otage.

Conclusion : on parlait avant les événements de deux Ukraine – ukrainisante et russophone -, grâce aux Occidentaux, il y a au moins quatre aujourd’hui : l’Ouest nationaliste ; l’Est pro-russe ; la Crimée ; les régions centrales, indécises qui basculeront d’un côté ou de l’autre en fonction de la politique économique et sociale qui sera suivie comme ce fut le cas en 2004-2005, avec « la révolution orange » et en 2010-2012 avec l’élection de Ianoukovitch et le succès de son parti aux législatives.

7) Quelles solutions pour sortir de la crise ?

Compte tenu de la situation, des négociations directes entre Moscou et Kiev semblent impossibles. Néanmoins, il se peut que des rencontres aient lieu entre certaines personnalités ukrainiennes et le gouvernement russe. Avec Ioulia Timochenko, par exemple, que les Russes connaissent bien et qui sait, quand il le faut, « faire de la politique ». C’est cependant très incertain.

L’issue dépend surtout de négociations entre Occidentaux et Russes. Celles-ci auront une dimension économique essentielle tant il y a aujourd’hui d’interdépendances entre la Russie, l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis. C’est également pourquoi la menace de « sanctions » brandie par les Occidentaux est parfaitement ridicule : suppression des visas ? Tout un pan de l’économie française en ferait les frais, à commencer par le secteur du luxe, suivi du tourisme (40 000 Russes cet hiver à Courchevel !), celui de l’immobilier, notamment sur la Côte d’Azur.

L’Union russe de l’industrie touristique (RST) a fait ses comptes. Elle rappelle qu’en 2013, « les pays de l’UE ont accueilli près de 19 millions de Russes, dont 7,7 millions de touristes. En Espagne [dont le chef du gouvernement suggère de refuser les visas aux Russes NDLR], l’afflux de touristes russes se développe à un rythme beaucoup plus rapide que l’afflux de touristes en provenance de tout autre pays » [5]. Selon la Direction des statistiques de Russie, plus d’un million de Russes y ont passé leurs vacances l’année dernière. « Si en 2013, l’ensemble des flux touristiques en Espagne a augmenté de 5,6 %, le flux de touristes russes a accusé une hausse de près de 32 % ». Selon la même source, en Grèce, le nombre de Russes a augmenté de 70 % en 2013, dépassant un million de personnes. Ce pays n’aurait-il pas besoin de touristes ?

Selon le ministère espagnol du Tourisme, cité par l’agence de presse russe RIA-Novosti, les Russes laissent dans ce pays des sommes de 47 % plus importantes que les touristes des autres pays. « Un touriste russe dépense en moyenne en Espagne 159 euros par jour contre 108 euros dépensés en moyenne par les touristes des autres pays. En 2012, les touristes russes ont rapporté à l’économie espagnole 1,8 milliard d’euros de bénéfices » [6].Il en va de même de l’Italie où ils ont dépensé 1,2 milliard d’euros en 2013.

Quant à la France, la société spécialisée Atout France estime à un million le nombre de touristes russes qui sont attendus cette année. « Une clientèle stratégique », explique-t-elle en rappelant que « le nombre de touristes russes voyageant à l’étranger devrait augmenter de 7 % à 16 % par an dans les prochaines années » [7].

Tout cela n’a pas un petit côté « pacte de compétitivité » ?

Alors sanctions ou pas sanctions ? Si les Européens décident de sanctions, ils risquent fort l’effet boomerang. La Russie détient quelques clés du point de vue économique et, surtout, énergétique et cela pourrait bien faire du dégât. D’autant que, comme le dit le dicton populaire, « qui va à la chasse perd sa place ». Dans le cadre de la mondialisation, ça ne pardonne pas.

Il y a, pour sortir de la crise, selon nous, au minimum 4 points incontournables.

La Russie, Vladimir Poutine l’a déclaré le 4 mars, ne croit pas en l’avenir de Ianoukovitch. Elle n’exigera donc pas son retour, mais, en revanche, elle tient à l’application de l’accord signé le 21 février entre le président et l’opposition, en présence des ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais et du représentant russe : élection présidentielle anticipée, amendement de la Constitution, gouvernement d’unité nationale. Même si Kiev a déjà pris certaines dispositions en ce sens, elles restent illégales, la lettre de la Constitution actuelle n’ayant pas été suivie. Ce point est peut-être négociable.

La mise à l’écart des fascistes de Svoboda et autres groupes factieux et leur désarmement. Celui-ci pourrait s’accompagner du désarmement parallèle des milices pro-russes à l’Est et au Sud. Ce point ne devrait logiquement pas poser de problèmes ni côté russe ni côté occidental, à moins que le soutien aux fascistes ne soit définitivement acté par l’Occident !

Quelle que soit la forme que cela prendra, la question de la Crimée est, on l’a vu, tranchée. Le référendum du 16 mars pourrait représenter, pour l’Occident s’il fait preuve de bonne volonté, un cadre acceptable, démocratique, pour reconnaître le nouveau statut de la Crimée. Des facilités pourraient être laissées à la Marine ukrainienne en échange de la continuité des approvisionnements d’énergie. Sinon, il se passera pour la Crimée ce qui s’est passé pour l’Ossétie du sud et l’Abkhazie : on oubliera. De toute façon les Occidentaux n’y peuvent rien. Quant aux Russes, encore une fois, ils n’ont pas digéré l’affaire du Kosovo…

Compte tenu de la partition de facto du pays, l’Ukraine devrait évoluer vers un statut de Fédération, reconnaissant une autonomie, notamment culturelle, linguistique et religieuse, aux différentes régions. De même, un retour à la reconnaissance du russe comme langue régionale (mais aussi du roumain au sud-ouest, du hongrois et du polonais) s’impose.

Contrairement à ce que l’on laisse accroire en Europe, la balle n’est pas du côté russe, dans cette affaire, mais bien du côté occidental. Que le Kremlin ne reconnaisse pas un gouvernement issu d’un putsch reste son affaire – les Européens n’avaient pas, fort justement, reconnu les putschistes de Moscou en 1991. Les relations entre l’Ukraine et la Russie demeurent de leur ressort. Le peuple de la Crimée a, comme tous les peuples, droit à l’autodétermination.

La « realpolitik » voudrait qu’une fois pour toutes, on accepte le fait que la Fédération de Russie ait hérité de l’Empire Tsariste et de l’URSS des relations particulières avec de nouveaux États qui, il y a 23 ans, faisaient encore parti du même espace commun, dont les économies demeurent agrégées et où la communauté des peuples a souvent débouché sur une communauté de vie pour des millions d’hommes et de femmes.

 

Bernard Frederick est journaliste, ancien correspondant permanent de l’Humanité à Moscou.

Notes :

[1] Mediapart 2 mars 2014.

[2] Ma’ariv du 21 février 2014.

[3] Service de renseignements soviétiques ancêtre du KGB.

[4] Cf Stephen Dorrill, M16 : Inside the Covert World of Her Majesty’s Secret Intelligence Service, Simon and Schuster, 2002.

[5] Ria-Novosti, le 6 mars 2014.

[6] Idem

[7] http://www.tourhebdo.com/ 14 janvier 2013.

 

Lu sur le blog "La faute à Diderot"

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 09:56

Europe : un OGM autorisé contre la majorité des pays et contre le parlement

Par    

Un nouvel OGM, le maïs TC1507 du groupe américain Pionner, va être autorisé à la culture dans l’UE malgré :

  • l’opposition de 19 pays sur les 28 pays de l’Union Européenne France comprise ;
  • le rejet de la demande d’autorisation par le Parlement européen par 385 voix contre 201 et 35 abstentions.
 L’opposition de 19 pays sur les 28 pays…


 

 

 

5 pays sur 28 ont voté pour : Espagne, Royaume-Uni, Suède, Finlande et Estonie. Mais l’abstention de l’Allemagne, de la Belgique, du Portugal et de la République Tchèque ont manqué pour atteindre la majorité.

Un beau rêve en danger par la faute d'une idéologie mortifère !

… mais s’abstenir équivaut à voter pour.

 

L’opposition du parlement Européen

Le rejet de la demande d’autorisation par le Parlement européen par 385 voix contre 201 et 35 abstentions.

 

Les États pourront néanmoins interdire la culture du TC1507 en adoptant la clause de sauvegarde, ce qui avait été fait  en 2008 pour interdire sa culture en France, en Autriche, en Hongrie, en Grèce, en Roumanie, en Bulgarie et au Luxembourg.

A quelques semaines des européennes, donner cette autorisation sera extrêmement périlleux pour l’image de l’UE et de ses institutions“, a averti le ministre français Thierry Repentin. “C’est la pire des décisions au pire des moments“, a renchéri son homologue hongroise.

 Bravo les gars ! Avec des pieds nickelés comme cela, l’extrême droite n’aura bientôt plus besoin de faire campagne.

 Sources : Sudouest.fr, humanite.fr/environnement/

Crédit photos: international.ij-poitou-charentes.org, sboisse.free.fr/, pbs.twimg.com: thierry-repentin

Lu sur Voie Militante Voie Militante

 

Commentaire d'Action communiste : que fera le président français ?  Fera-t-il entendre la voix de la France, ou renoncera-t-il, une fois de plus, à assumer des choix autonomes et souverains ?

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 14:28
Une solution raisonnable pour l’Ukraine

 

En réaction à ma dernière note[1], La Crimée et le Droit, Steve Ohana[2] m’a posé la question de savoir qu’est-ce qu’un gouvernement ukrainien « raisonnable » devrait faire pour éviter l’explosion du pays. Je le rappelle, je considère qu’une telle explosion serait la pire des solutions tant pour les pays européens que pour la Russie[3]. Écrivant cela, je suis pleinement conscient que les acteurs politiques évoluent dans un monde de représentations qui peut diverger assez largement des réalités. Ce n’est donc pas parce qu’une solution apparaît « rationnellement » correspondre aux intérêts qu’elle sera adoptée. Pourtant, je persiste à croire qu’il est de l’intérêt du pouvoir en Ukraine d’aboutir à une situation qui soit acceptable par tous et qui préserve une Ukraine unie et indépendante. Énonçons donc les conditions minimales :


(1)  Le gouvernement de Kiev doit absolument se séparer immédiatement de tous les éléments extrémistes, organiser un désarmement complet et une dissolution des milices. Il doit accepter de collaborer avec une commission d’enquête internationale indépendante (qui pourrait être constituée sous l’égide de l’OSCE ou des Nations Unies) pour faire toute la lumière sur l’origine réelle des tirs des snipers qui ont fait tant de victimes place Maïdan.

(2)  Il doit convoquer une conférence nationale de réconciliation avec toutes les parties en présence pour refonder le pacte national qui a été mis à mal par les événements depuis le 21 février. De cette conférence devra sortir un processus électoral qui soit accepté par tous, tant pour le Parlement que pour le Président.

(3)  Symétriquement, il doit demander à toutes les autorités de déclarer un moratoire sur les référendums sur le rattachement à la Russie. En tout état de cause ces référendums ne devraient avoir lieu que si cette conférence échoue. Il s’engage aussi, pour le temps de la conférence sur le pacte national à ne pas introduire de nouveaux éléments des forces armées en Crimée.

(4)  Il doit alors s’interdire de modifier les traités existants ou de signer de nouveaux traités. Ceci ne pourra être fait, en tout état de cause, que par les autorités issues des nouvelles élections. Il pourrait même faire une déclaration d’intention renonçant solennellement à demander l’admission de l’Ukraine dans l’OTAN pour autant que les pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies s’engagent à garantir l’indépendance du pays.

 

Telles sont les conditions minimales pour geler la situation et avoir quelques chances de la voir évoluer de manière favorable. Il est cependant clair qu’un volet économique important devrait accompagner ces décisions, car la situation de l’Ukraine est réellement dramatique aujourd’hui. Ce volet n’est pas, en partie, du ressort des autorités de Kiev. On peut néanmoins donner quelques précisions à son sujet. Il impliquera :

(a)   Dans l’immédiat un accord entre les pays européens et la Russie pour éviter à l’Ukraine un défaut de paiement et lui permettre de faire face à ses engagements immédiats.

(b)  Dans le moyen terme, des réformes doivent être mises en place, mais l’Ukraine devra développer son intégration avec l’économie russe, ce qu’elle fait en réalité depuis la Révolution Orange (et oui…l’économie a ses lois que l’on ignore à ses dépens), car seule cette intégration est en mesure de fournir à l’Ukraine la croissance dont elle a besoin.

 

Je ne sais si ces conditions sont réalisables, mais en tout état de cause elles devraient former la base du discours de la diplomatie française, quitte à offrir à M. BHL de longues vacances aux îles Kerguelen.


[1] Sapir J., « La Crimée et le Droit », RussEurope, posté le 7 mars 2014, URL : http://russeurope.hypotheses.org/2062

[2] Sur Twitter @ohanasteve

[3] Sapir J., « Sauvegarder l’unité de l’Ukraine », RussEurope, posté le 3 mars 2014, URL : http:// http://russeurope.hypotheses.org/2045  

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