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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 20:56
Peu avant 9 heures, un accord a été trouvé et adopté à l'unanimité des pays membres de l'Eurozone pour débloquer la situation en Grèce. Il permettra la mise en place d'un troisième plan d'aide
 
Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Selon les déclarations du président du Conseil européen Donald Tusk, la Grèce bénéficiera d'une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) en contrepartie de la mise en oeuvre par Athènes de réformes importantes.

«A l'unanimité, le sommet de la zone euro a trouvé un accord. Tout est prêt pour un programme du MES destiné à la Grèce avec des réformes sérieuses et un soutien financier», a déclaré Donald Tusk sur Twitter.


Si le texte soumis ne prévoit a priori pas de sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique, il risque d'être difficile à accepter en Grèce où le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras avait promis qu'il ne se laisserait pas imposer de nouveaux sacrifices.

 

Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
L'humiliation du peuple grec

Les créanciers exigent du premier ministre grec qu’il fasse adopter d’ici à mercredi une première série d’actions prioritaires, notamment sur un changement du régime de la TVA (et la hausse de cette dernière) ou sur la réforme des retraites (allongement de l’age de départ).

Lors de ce premier vote se dessineront certainement les nouveaux équilibres politiques révélés par le vote de samedi au Parlement grec. Car, si une large majorité de députés avaient alors décidé de soutenir l’effort de négociation d’Alexis Tsipras, de nombreuses défections dans son propre camp sont apparues au grand jour. Dix-sept députés du parti de la gauche radicale Syriza avaient refusé d’accorder leur soutien au premier ministre (2 non, 8 abstentions et 7 absents).

Il y a également de fortes pressions à Bruxelles pour que des changements politiques interviennent le plus rapidement possible. Alexis Tsipras doit, au minimum, opérer un remaniement ministériel pour se défaire des éléments les plus radicaux de son gouvernement. Notamment ceux issus de la plate-forme de gauche (un mouvement situé à l’aile gauche de Syriza) qui se sont désolidarisés ces derniers jours de leur premier ministre. Premiers visés, le ministre du redressement productif Panayiotis Lafazanis et le ministre de la sécurité sociale Dimitris Stratoulis, qui se sont tous deux abstenus lors du vote de samedi.

Les créanciers, inquiets qu’un gouvernement Syriza refuse d’appliquer de nouvelles mesures d’austérité, même adoptées au Parlement, veulent aller encore plus loin. Et font pression sur Alexis Tsipras pour qu’il accepte de faire entrer dans son gouvernement des ministres issus d’autres formations politiques et notamment du parti centriste To Potami.

 

Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Alexis Tsipras de nouveau au bord du gouffre

Le chef du gouvernement grec n'a plus de majorité au Parlement. C'est grâce aux partis d'opposition, le Pasok (socialiste), la Nouvelle démocratie (droite) et La Rivière (To Potami, centre) que ses dernières propositions d'économies, pourtant jugées insuffisantes par l'Eurogroupe, ont été adoptées samedi 11 juillet (251 voix sur 300). Près de 32 députés de Syriza sur 149 ont fait défection ou ont juré de le faire bientôt.

Syriza, coalition hétéroclite, est au bord d'une implosion qui était largement prévisible. Parmi les "rebelles" abstentionnistes se trouve deux ministres, dont celui de l'Energie Panagiotis Lafazanis, adversaire déclaré de l'euro. Mais on compte aussi la présidente du Parlement, Zoé Kostantopoulou, passionaria de la gauche radicale et "épine" dans le pied du Premier ministre à cause de sa grande popularité, estime Kathimerini.
Nicolas Maury
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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 09:53
Pour information.  Nous ne partageons pas toutes les positions de Jacques Sapir.  Notamment son étonnant attachement à l'Union européenne.  Puisque, comme il le dit lui-même, l'Union européenne n'est pas l'Europe. AC
L’Europe aux périls de l’Euro

Par sur Russeurope - 12 juillet 2015

La crise grecque est devenue désormais une crise de l’Union européenne. Quelle que soit son issue, les fondements mêmes de l’UE ont été durablement ébranlés. La prolongation de la réunion de l’Eurogroupe, censée se terminer samedi 11 juillet et qui a été étendu au dimanche 12, l’annulation du sommet européen des chefs d’Etats et de Gouvernements, sont des signes évidents de l’ampleur et de la profondeur de cette crise. Elle n’aura probablement pas de vainqueur, à moins que l’on en passe par les conditions posées par l’Allemagne, mais les vaincus seront nombreux. Et, au premier plan, les fanatiques de la construction européenne, les talibans de l’Euro. Car, la cause réelle, la cause évidente, de cette crise ce n’est pas le problème de l’endettement de la Grèce, mais c’est le fonctionnement de la zone Euro, qui dresse les peuples les uns contre les autres et qui ranime les pires des souvenirs de l’histoire européenne. Si l’Union européenne et l’Europe sont deux choses différentes, aujourd’hui, ce qui se joue à Bruxelles n’est plus seulement la Grèce ou l’Euro, c’est l’avenir de l’Europe et l’existence même de l’Union européenne.

 

La responsabilité de l’Euro

Il est désormais évident pour l’ensemble des observateurs que la cause profonde de cette crise est à chercher dans le fonctionnement de la zone Euro. On l’a déjà écrit à de multiples reprises dans ce carnet. Le projet de création d’une monnaie unique, sans assurer dans le même temps les conditions tant économiques qu’institutionnelles de la viabilité de cette monnaie, ne pouvait qu’entraîner un désastre. Il fallait se résoudre à une « union de transfert ». On ne l’a jamais fait. Si, dans des pays fédéraux comme l’Inde, l’Allemagne ou les Etats-Unis une même monnaie fonctionne en dépit des divergences parfois extrêmes qui existent entre les territoires composant ces pays c’est avant tout parce qu’existent des flux de transfert importants. Ceci n’a pu être mis en place au sein de la zone Euro, en raison de l’opposition de nombreux pays mais, par dessus tout, en raison de l’opposition totale de l’Allemagne.

Beaucoup de ceux qui écrivent en faveur de l’Euro se lamentent alors sur ce qu’ils appellent « l’égoïsme allemand »[1]. Ils ne prennent jamais la peine de chercher à mesurer ce que coûterait à l’Allemagne le financement de ces flux de transfert. Le calcul a été présenté dans ce carnet[2]. Il se montait alors autour de 260 milliards d’euros par an, sur une période de dix ans, et ce uniquement pour aider les 4 pays du « Sud » de la zone que sont l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce. Sur cette somme, on peut penser qu’environ 85% à 90% serait fourni par l’Allemagne. On aboutit alors à un prélèvement sur la richesse produite en Allemagne compris entre 8% et 9% du PIB. Une autre source estimait même ce prélèvement à 12%[3]. Il est clair qu’imposer un tel prélèvement à l’Allemagne détruirait son économie. La question donc n’est pas que l’Allemagne ne veuille pas (ce qui est un autre problème) mais avant tout qu’elle ne peut pas supporter de tels prélèvements.

Confrontés à l’impossibilité de mettre en place une union de transfert, les gouvernement de la zone Euro ont cru trouver leur salut dans une combinaison de cures d’austérité dont les effets récessifs ont fragilisé les économies européennes, et de politique monétaire relativement expansionniste, telle qu’elle a été menée par la Banque Centrale Européenne. Mais, cette politique monétaire, si elle a permis de faire baisser les taux d’intérêts n’a pas résolu le problème. C’est comme de vouloir soigner une pneumonie avec de l’aspirine. L’aspirine fait un effet bénéfique en permettant à la fièvre de baisser, ce que fit la politique de la BCE à partir de septembre 2012, mais elle ne soigne pas.

Dès lors, l’Euro a entraîné les économies des pays membres de la zone dans une logique de divergence de plus en plus forte. Cette logique a conduit à des plans d’austérité de plus en plus violent, qui exaspèrent les populations et qui dressent celles des pays ayant moins de problèmes contre celles des pays souffrant le plus. Loin d’être un facteur d’unité et de solidarité, l’Euro entraîne le déchaînement des égoïsmes des uns et des autres et la montée des tensions politiques au sein de l’Union européenne. L’Euro, de par son existence même est bien la source de la crise dont les péripéties bruxelloises de cette fin-de-semaine sont l’illustration.

 

La responsabilité des politiques

Si la responsabilité première de cette crise incombe à l’Euro, et au système institutionnel que l’on a construit pour le faire perdurer, cela ne vaut pas non-lieu pour le personnel politique. Au contraire ; leur comportement a tendu à exacerber cette crise en provoquant une perte massive de confiance des peuples de l’Union européenne dans cette dite union.

Il est de bon ton de se déchaîner à présent contre Mme Merkel et M. Schäuble. Leur responsabilité est immédiatement engagée. Le plan présenté par M. Schäuble ce samedi 11 juillet, et qui prévoit soit l’expulsion de la Grèce soit la mise en gage d’une partie du patrimoine industriel de ce pays, est parfaitement scandaleux. Ces deux dirigeants se comportent comme des petites frappes cherchant à terroriser le quartier. Mais, il faut ici dire qu’ils ne sont sans doute pas les pires. De plus, il faut reconnaître à M. Schäuble une certaine cohérence dans sa position.

Parmi ceux dont les responsabilités sont certainement plus importantes il faut citer le président de l’Eurogroupe, M. Dijsselbloem. Ce triste personnage a ainsi exercé des menaces et un véritable chantage sur le ministre grec des finances, M. Yanis Varoufakis. Ce dernier l’a décrit de manière très explicite[4]. Il montre que ces détestables pratiques ne sont pas le produit de la crise (ce qui sans les justifier le moins du moins du monde pourrait les expliquer) mais ont commencé dès les premières réunions datant du mois de février 2015. Ces pratiques, ainsi que celles de M. Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, témoignent d’un esprit profondément anti-démocratique qui règne dans les instances de l’Union européenne. Les pratiques de ces dirigeants, et avant eux de personnes comme M. Barroso, ont largement contribué à la perte de crédibilité des peuples dans ces institutions. En novembre 2012, un sondage réalisé sur l’ensemble des pays européens montrait que le pourcentage de personnes disant ne pas faire confiance dans l’Union européenne était de 42% en Pologne, de 53% en Italie, de 56% en France, de 59% en Allemagne et de 72% en Espagne[5].

Mais, les bons apôtres de la construction européenne, comme M. François Hollande, ne peuvent – eux non plus – espérer sortir indemne de cette crise. Leur responsabilité est en réalité tout autant engagée que celle des autres politiciens. Si M. Hollande avait été fidèle à ses engagements de la campane présidentielle du printemps 2012, il aurait affronté immédiatement et directement la chancelière allemande. Au lieu de cela, il a accepté d’entrer dans la logique austéritaire qu’elle proposait et il a cédé, en tout ou partie, à ce qu’elle exigeait. Il est alors logique que Mme Merkel se soit sentie confortée dans ses choix et les ait poussés jusqu’au bout de leur absurde et funeste logique concernant la Grèce. M. Hollande cherche depuis quelques jours à faire entendre une musique différente. Mais, il n’est que trop visible que l’homme est déjà en campagne pour sa réélection. Sur le fond, il est un bon représentant de ces fanatiques de la construction européenne, de ces « eurobéats », dont l’attitude va aboutir à faire éclater l’Union européenne.

 

Il faut agir

Au point où nous sommes dans cette crise, il faut prendre ses responsabilités. Ce qui est en jeu n’est pas seulement le sort de 11 millions de personnes, ce qui est déjà beaucoup. C’est en réalité le sort des 510 millions d’habitants de l’Union européenne qui est aujourd’hui jeté dans la balance. Derrière le sort de la Grèce, que l’on laisse seule pour gérer un flux de réfugiés de 1000 personnes/jour, c’est la réalité de l’Union européenne qui est en jeu.

Il faut aujourd’hui admettre que l’Euro n’est pas viable dans le cadre actuel, et que changer de cadre, passer au « fédéralisme » comme l’invoquent certains, est impossible. Dès lors, il faut en tirer les conséquences et procéder à un démontage coordonné de la zone Euro. Réfléchissons-y bien ; ce démontage, s’il est réalisé de manière coordonnée, sera un acte d’union. Il n’y a aucune honte à reconnaître que les conditions nécessaires n’ayant pas été remplies, la monnaie unique ne peut être viable. Il n’y a aucune honte à cela, sauf à faire de l’euro un fétiche, une nouvelle idole, une religion. Et c’est bien ce qui est inquiétant. Pour de nombreux dirigeants dans les pays de l’union européenne l’Euro n’est pas un instrument, c’est une religion, avec ses grands prêtres et ses excommunications. Car, l’alternative à cela, c’est le « Grexit », soit en réalité l’expulsion de la Grèce hors de la zone Euro, acte inouï de violence, mais dont tout le monde comprendra qu’il n’est que le début d’un processus. Une fois la Grèce mise dehors, les regards se porteront sur le prochain, puis sur le suivant. On aboutira, alors, à une lente implosion de la zone Euro, dans un vacarme de récriminations et d’accusations réciproques, dont l’Eurogroupe du samedi 11 aura été une timide annonciation. L’Union européenne, il faut le savoir, ne résistera pas à cela. Elle pourrait certainement résister au démontage coordonné, sous le contrôle du Conseil européen, et avec la participation des institutions européennes. Mais, il en ira tout autrement si on s’abandonne à la facilité et si l’on laisse la zone Euro se déliter à la suite d’une expulsion de la Grèce.

Aujourd’hui, le temps presse. Les dirigeants de l’Union européenne peuvent faire le choix salvateur d’une solution coordonnée. S’ils reconnaissent que la zone Euro n’est pas viable, tout est possible. Si, par contre, ils s’enferrent, que ce soit par idéologie ou par intérêt de court terme, dans des tentatives désespérées pour tenter de faire survivre cette zone Euro, en y sacrifiant un pays, puis un second, puis un troisième, ils mettront en marche la machine infernale de l’explosion de l’Union européenne, et ils porteront devant l’Histoire la responsabilité de futures affrontements intereuropéens. L’Union européenne peut périr, ou se transformer. L’important est de sauver l’esprit européen, un esprit de fraternité et de solidarité. C’est cela que menace désormais l’existence de l’Euro.

[1] Voir Michel Aglietta, Zone Euro : éclatement ou fédération, Michalon, Paris, 2012.

[2] Voir Sapir J., « Le coût du fédéralisme dans la zone Euro », note publiée sur le carnet RussEurope, 10 novembre 2012, http://russeurope.hypotheses.org/453

[3] Patrick Artus, « La solidarité avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie fondamentale de l’Allemagne : rester compétitive au niveau mondial ? La réponse est oui », NATIXIS, Flash-Économie, n°508, 17 juillet 2012.

[4] VAROUFAKIS: POURQUOI L’Allemagne REFUSE D’ALLÉGER LA DETTE DE LA GRÈCE, http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/120715/varoufakis-pourquoi-lallemagne-refuse-dalleger-la-dette-de-la-grece

[5] Sondage EUROBAROMETER


 
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 16:39
Référendum grec, 5 juillet 2015

Todd : « On assiste à la 3e autodestruction de l’Europe sous direction allemande »

 

Dans un entretien accordé le 10 juillet 2015 au quotidien de Bruxelles Le Soir, l'historien et anthropologue Emmanuel Todd dénonce avec une rare violence la réponse autoritaire et suicidaire de Berlin et Bruxelles à la crise grecque...

Extraits de l'entretien d'Emmanuel Todd (Le Soir, 10 juillet 2015) :

Ce qui me frappe, c’est que l’Europe à laquelle on a affaire n’est plus celle d’avant : c’est une Europe contrôlée par l’Allemagne et par ses satellites baltes, polonais, etc. L’Europe est devenue un système hiérarchique, autoritaire, « austéritaire », sous direction allemande. Tsipras est probablement en train de polariser cette Europe du nord contre l’Europe du sud.

Tout le discours des socialistes français, jusqu’à très récemment, consistait à dire : « On va faire une autre Europe, une Europe de gauche. Et grâce à nos excellents rapports avec la social-démocratie allemande, il va se passer autre chose »… Je leur répondais : « Non, ça va être pire avec eux ! » Les sociodémocrates sont implantés dans les zones protestantes en Allemagne. Ils sont encore plus au nord, encore plus opposés aux « cathos rigolards » du sud…

Ce qui ressort, ce n’est donc pas du tout une opposition gauche-droite, c’est une opposition culturelle aussi ancienne que l’Europe. Je suis sûr que si le fantôme de Fernand Braudel (grand historien français : 1902-1985) ressortait de la tombe, il dirait que nous voyons de nouveau apparaître les limites de l’Empire romain. Les pays vraiment influencés par l’universalisme romain sont instinctivement du côté d’une Europe raisonnable, c’est-à-dire d’une Europe dont la sensibilité n’est pas autoritaire et masochiste, qui a compris que les plans d’austérité sont autodestructeurs, suicidaires. Et puis en face, il y a une Europe plutôt centrée sur le monde luthérien – commun aux deux tiers de l’Allemagne, à deux pays baltes sur trois, aux pays scandinaves – en y rajoutant le satellite polonais – la Pologne est catholique mais n’a jamais appartenu à l’empire romain. C’est donc quelque chose d’extraordinairement profond qui ressort.

La France renouera-t-elle avec Vichy ?

La France est double. Il y a la vieille France maurrassienne reconvertie en France socialiste, décentralisatrice, européiste et germanophile, qui bloque le système. Mais il est clair que les deux tiers de la France profonde sont du côté de l’Europe du sud.

Pour Hollande, c’est la minute de vérité. S’il laisse tomber les Grecs, il part dans l’Histoire du côté des socialistes qui ont voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Si les Grecs sont massacrés d’une façon ou d’une autre avec la complicité et la collaboration de la France, alors on saura que c’est la France de Pétain qui est au pouvoir.

Ce qu’on a vu depuis 2011, c’est l’incroyable obstination des élites européennes – et notamment des élites françaises néovichystes (laissez « néovichystes » !) : mélange de catholiques zombies, de banquiers et de hauts fonctionnaires méprisants – à faire durer ce système qui ne marche pas. L’euro est le trou noir de l’économie mondiale. L’Europe s’est obstinée dans une attitude d’échec économique incroyable qui évoque en fait un élément de folie

Le tragique réel de la situation, c’est que l’Europe est un continent qui, au XXe siècle, de façon cyclique, se suicide sous direction allemande. Il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la deuxième guerre mondiale. Là, le continent est beaucoup plus riche, beaucoup plus paisible, démilitarisé, âgé, arthritique. Dans ce contexte ralenti, comme au ralenti, on est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande (...).

Propos recueillis par WILLIAM BOURTON

Publié ou mis à jour le : 2015-07-11 13:30:4

Lu sur Herodote.net

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 22:59

Par · 9 juillet 2015

Nous serons fixés dimanche 12 juillet sur le sort réservé à la Grèce. Mais, il est possible de faire quelques remarques sur la situation actuelle, et en particulier sur sa « dramatisation », dont aujourd’hui les médias, en France comme Grèce, jouent largement. Cette dramatisation obéit à un rôle politique évident, alors que Jean-Claude Juncker a, une nouvelle fois, reçu à Bruxelles les responsables de deux partis d’opposition (Nouvelle Démocratie et To Potami), montrant ainsi le peu de cas qu’il faisait de la démocratie, alors que ces deux partis ont été vaincus lors du référendum du 5 juillet. Les autorités européennes jouent de cette dramatisation pour tenter de regagner le terrain qu’elles ont perdu à la suite de la massive victoire du « non » au référendum. Mais, cette dramatisation pourrait aussi servir à justifier une « capitulation » du gouvernement Tsipras, capitulation qui cependant le mettrait en difficulté devant l’ampleur du succès obtenu par le « non » au référendum. Il est clair que si le gouvernement grec acceptait en fin de compte l’inacceptable, soit les conditions léonines mises par l’Eurogroupe, et l’on comprend les raisons qui pourraient le pousser à le faire sans pour autant les accepter, il aurait quelques difficultés à faire ratifier cet accord devant le Parlement grec, sans le soutien de l’opposition. Disons le, cette capitulation, même présentée comme un « moindre mal » devant la paralysie qui gagne chaque jour un peu plus l’économie grecque, serait une capitulation devant les oligarchies européennes et grecques.

Pourtant, il y a bien une alternative à la capitulation, mais cette alternative aujourd’hui doit prendre des formes radicales.

 

La crise bancaire grecque

La crise bancaire grecque est largement le produit de l’action de la Banque Centrale Européenne qui a dans un premier temps limité son soutien puis dans un deuxième temps commencé à déprécier les collatéraux offert par les banques commerciales grecques. Cette crise est moins liée au contrôle des capitaux qu’à la raréfaction des liquidités dans l’économie grecque. Or, une économie moderne ne peut fonctionner sans liquidités. De fait, la Grèce se trouve dans la situation d’une entreprise solvable (elle réalise un excédent primaire) mais illiquide.

La solution face à cette déstabilisation programmée de l’économie et de la société grecque par l’institution monétaire chargée d’assurer la stabilité monétaire peut prendre deux formes. La première, qui est la plus radicale, consisterait en une réquisition de la Bank of Greece (la Banque Centrale). Cette solution permettrait de libérer les réserves de billets détenues tant à la Banque Centrale que sous le contrôle de la Banque Centrale dans les banques commerciales. La seconde solution passe par l’émission par le Ministère des finances de reconnaissance de dette qui seraient acceptées comme des titres de paiement par l’ensemble des administrations publiques. Que ce doit dans la première ou dans la seconde solution, la Grèce resterait formellement dans la zone Euro. Les reconnaissances de dette mises en circulation seraient bien entendu libellées en Euro.

Mais, il faut aussi comprendre que ces solutions rapprocheraient un peu plus la Grèce de la sortie de l’Euro. Si elle opère une réquisition, la BCE pourra prétendre que les traités ont été violés. Ils l’ont été, en réalité, du fait de l’action même de la BCE, ce qui est aujourd’hui clairement établi. Il ne faut cependant avoir aucun doute que, tant à la BCE qu’à l’Eurogroupe, on estimerait que ceci correspondrait à une rupture totale. Si la Grèce met en circulation des reconnaissances de dette, ces dernières subiront une décote, qui pourrait être d’autant plus importante qu’il n’y aurait nulle Banque Centrale pour en garantir la valeur. Dès lors, on ne manquerait pas de considérer ces « euros » émis par le Ministère des finances comme une deuxième monnaie, et la décote aurait valeur de préfiguration de celle d’une drachme que l’on ne manquerait pas, assez rapidement, de rétablir. En réalité, on peut douter que ces reconnaissances de dette soient réellement représentatives d’une nouvelle monnaie, adossée sur une véritable Banque Centrale. Quand on regarde la balance commerciale et la balance courante de la Grèce, on voit que si le pays devait retrouver sa monnaie, la dépréciation serait limitée par rapport à l’Euro, entre -20% et -25%. Mais, la dépréciation des reconnaissances de dette pourrait, quant à elle, atteindre -50% en raison de la limitation et des spécificités de la circulation à partir du Ministère des finances.

En fait, vouloir régler une crise de liquidité sans un contrôle sur la Banque Centrale est non seulement une ineptie mais encore une ineptie dangereuse. Quitte à devoir sortir de l’Euro, il vaut beaucoup mieux le faire de manière directe. C’est pourquoi, en réalité, la seule solution viable face à la déstabilisation actuelle et à la crise de liquidité n’est pas l’émission de reconnaissances de dette mais bien la réquisition de la Banque Centrale, mais aussi, très probablement, des principales banques commerciales. Ici, on voit que la solution en apparence la plus radicale constitue la solution la plus raisonnable. C’est l’une des caractéristiques des situations de crise.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras devra se décider vite, et certainement d’ici le lundi 13 juillet.

 

Une sortie de l’Euro

On l’a dit, cette réquisition serait probablement le prétexte pour les autorités européennes pour acter l’expulsion hors de la zone Euro de la Grèce. Pour autant, ces autorités auraient un gros problème à régler. En effet, le gouvernement grec devrait affirmer sa volonté de faire un défaut total sur sa dette, au cas où il serait expulsé de la zone Euro. De toutes les manières, un défaut est nécessaire. La dette grecque, depuis 2010, a été essentiellement émise en droit « non grec ». C’est une différence fondamentale avec la situation de pays comme la France et l’Italie. La lex monetae ne pourrait alors pas s’appliquer. Il faudrait donc nécessairement procéder à un défaut sur au-moins 50% de la dette. Mais, si le défaut devait s’avérer total (ou atteindre à la fin des fins 80% de la valeur nominale de la dette), les conséquences pour les créditeurs ne seraient pas négligeables, surtout si on ajoute à ce défaut le poids des dettes dans le système de la BCE et les comptes Target2.

 

Encours de dette par pays, en milliards d’euros

  Total bilatéral + FESF + MES Eurosystème (incluant Target2) Total
Allemagne 63,5 31,1 94,6
France 47,9 24,4 72,3
Italie 42,0 21,3 63,3
Espagne 28,3 15,3 43,6
Pays-Bas 13,5 6,9 20,4
Belgique 8,1 4,3 12,4
Autriche 6,7 3,4 10,1
Finlande 4,4 2,2 6,6
Slovaquie 1,9 1,3 3,2
Portugal 1,8 3,2 5,0
Slovénie 0,9 0,6 1,5
Irlande 0,8 2,0 2,8
Estonie 0,5 0,3 0,8
Malte 0,3 0,1 0,4
Chypre 0,2 0,3 0,5
Total 220,8 116,7 337,5

Sources : BCE et Eurostat

 

La Grèce serait alors en bonne position pour négocier des conditions qui feraient de cette expulsion une sortie négociée (certes « ex post » et non « ex ante »). Ceci mettrait la Grèce dans de bonnes conditions pour retrouver une forte croissance. Elle pourrait utiliser une partie de l’excédent primaire pour faire les investissements dont elle a besoin d’urgence. De plus, avec une dépréciation de -20% à -25%, la Grèce redeviendrait extrêmement attractive pour les capitaux étrangers, que ce soit dans l’industrie (avec la réparation navale), l’agriculture ou le tourisme.

Il y a, à l’évidence, une vie hors de l’Euro, et une vie après un défaut. L’important est de savoir l’organiser au plus vite. Ce que la Grèce ne peut supporter par contre c’est la poursuite d’une situation sans issue, aggravée aujourd’hui par une crise complète des liquidités organisée par la BCE.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:36
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:29

Notre camarade Danièle Trannoy nous livre ces réflexions politiques et appelle de ses voeux un texte commun..

Le capitalisme a besoin de « faire sauter » les Etats-Nations : UE-Euro, Grèce, , Régionales ….. : pour les communistes, garder le cap de la souveraineté nationale et populaire.

Communistes, nous n’entendons pas entretenir d’illusions. Dire que la « lutte contre l’austérité » passe obligatoirement « par rester dans l’UE et l’Euro » (*), est une erreur politique grave au risque de se condamner à l’esclavage !

Le bras de fer contre le peuple grec et sa libre détermination nous interpellent sans nous étonner. Les médias se déchainent comme ils le firent contre le NON en 2005. Au nom de l’intérêt collectif européen, le pouvoir supranational de l’UE serait inexorable et qu’il serait vain de s’y opposer dans le cadre « rétrograde » des vieux Etats-Nations. Exit, les élus du peuple…. Leurs volontés se transforment en leurs contraires...

Les diktats imposés à la Grèce interdiraient toute expression démocratique plaçant les peuples dans une totale soumission au capitalisme puisqu’il vaudrait mieux y rester que de sortir de l’UE et de sa monnaie unique.

Le capitalisme est à un nouveau stade, pour avancer, il lui faut faire sauter les barrières des Etats, des peuples et de ses représentants….. La pleine souveraineté des peuples est dangereusement mise en cause.

La France a, contre la volonté de son peuple (référendum 2005), perdu la maitrise de sa monnaie, confié le crédit à la finance, livré ses entreprises et ses territoires à la loi du marché, abandonné ses travailleurs « à la concurrence libre et non faussée ». Elle s’est mise sous le joug des institutions européennes, elle a lié son armée à l’OTAN, et elle est maintenant sommée d’en finir avec ce qu’il reste de son modèle social.
Le Capital et la finance ont pris le pouvoir. Les institutions internationales et les états ne sont plus que les antichambres des intérêts des puissances d’argent. Les gouvernements à leur service conduisent des politiques d’austérité de plus en plus sévères qui mettent les peuples à genoux sans rien régler de la situation. Elles ont mis les partis politiques dominants à leurs bottes. Après la droite et l’extrême droite, le parti socialiste confirme et amplifie son passage corps et âme dans le camp du Capital. (1)

Peut-on sortir de ce carcan ? La chape de plomb de « l’Europe sociale » ou rien d’autre », est un frein en France, pour les salariés, les citoyens ne leur permettant pas d’avancer des perspectives de réappropriation de la souveraineté, de ruptures avec l’engrenage des offensives du capitalisme, d’ouvrir un projet pour la France, l’Europe, le monde et de véritables solidarités.

Les enjeux des élections régionales (décembre 2015) :

Le PS et son gouvernement veulent aller vite pour exécuter les volontés du Medef.

Le pacte pour les régionales lancé par le PCF (2) est très faible sur le plan politique et ne défendra pas les citoyens. Au mieux, il pourrait être « socialo-compatible » !
Au contraire, les analyses de l’anecr, font percevoir la gravité des modifications faites à l’insu des populations (3) et (4).

1/ Intégration européenne et nouveaux « landers » pour avancer vers une Europe fédérale :

Le contexte de ces élections régionales, après le bouleversement des communes, des départements et des départements, c’est l’éclatement de l’Etat-Nation, des lois républicaines.

Les communistes se doivent quel que soit leur position de porter le débat chez les communistes mais aussi dans la population.

En effet, il faut mesurer la gravité des bouleversements. Avec la loi Notre (qui sera votée en juillet) : « La région est seule compétente pour décider des interventions économiques dans son territoire. Elle détient le monopole des aides directes aux entreprises. Elle dispose d’un schéma régional prescriptif de développement économique, d’innovation et d’internationalisation.
Des prérogatives essentielles dans les domaines de l’emploi, l’aménagement, l’enseignement (supérieur et la recherche), de traiter directement avec des Etats :
Les régions deviennent donc des mini-états, pouvant traiter avec d’autres états … passer par Bruxelles sans demander l’intervention de l’Etat.
C’est la mise en place du fédéralisme européen.
C’est la porte ouverte au Tafta…. La soumission totale aux USA

Ne peut-on pas craindre une stratégie du « chaos », une offensive de l’impérialisme américain qui porte en France et en Europe, la destruction des sociétés et des Etats ? N’est-ce pas la porte ouverte au « fascisme mou » ? N’est-ce pas laisser la voie au FN qui s’approprie pour la dévoyer la souveraineté populaire ?

2/ Une attaque sans précédent contre l’ensemble des services publics : Des régions seront riches, d’autres pauvres : c’est la fin de la République et de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire national français.

Prétendre défendre les services publics alors qu’ils sont directement menacés par les directives européennes sous l’impulsion de l’OCDE et du FMI, est une très grave renoncement à assurer la pérennité de l’Etat-Nation. On le voit déjà avec la mise en place des métropoles et les déstructurations des statuts. Pour accroitre les profits du capital et mettre en concurrence les travailleurs, tous les textes sont en élaboration ou déjà votés :
- concernant l’éclatement du code du travail (ANI, Macron… ) permettront des rémunérations en fonction de la concurrence
- Transports : fin de la SNCF et du statut des cheminots
- Enseignement supérieur : les diplômes n’auront plus de caractère national….
- Recherche (ouverture au mécénat et pilotage par l’industrie : donc casse du CNRS et recherche universitaire…)
- Fonction publique et services publics « à la française » : mis à la casse
- Impôts, ressources : perte de l’égalité entre les citoyens.
- Etc……

Avec la diminution des ressources des collectivités dont les régions feront les frais, la voie est ouverte aux privatisations et aux fermetures de services.

De grandes interrogations traversent l’opinion des citoyens et des salariés :
62 % des électeurs de 2005, revoteraient aujourd’hui « NON » à l’UE
Seulement 8 % des ouvriers votent pour le parti communiste
60-80 % des couches populaires s’abstiennent, y compris l’électorat communiste
Les luttes sociales ne trouvent pas de débouchés, ni relais, ni coordination.

Peut-on bercer l’opinion de slogans PCF-PGE « Europe sociale » ? Des expressions récurrentes et évolutives sur le thème de la Nation parcourent le « Refonder l’Europe » (1) et les déclarations de dirigeants. « … une union des nations et des peuples souverains et associés… » ; Puis, « …. la création d’un nouvel espace.. » ; Récemment, le PCF dit … « … s’engager pour une construction régionale de nations et de peuples souverains, libres et associés, au plan régional… pour le progrès social. » (Communiqué suite au congrès du PGE, le 16.12.2013.

Deux exemples d’interrogation : Deux interventions ont surgi lors d’un dernier CN et qui résument, à mon avis, les deux points occultés du débat UE et projet :
je cite :
- « Qu’est-il possible de faire dans l’UE aujourd’hui ? Notre projet européen empêche notre projet pour la France…. C’est une question maltraitée depuis longtemps….. « 
- Un autre camarade…. « … on ne retrouve pas dans le texte du projet l’affirmation du changement de système, du communisme, un projet sur le temps long avec une dimension nationale, européenne, mondiale… « 

Sans citer d’autres interventions toutes aussi importantes, mais non publiées, nous pensons que ces questionnements traversent les communistes dans et hors PCF et qu’ils ne sont pas travaillés et mis en débat dans le peuple et les salariés en lutte et notamment par les communistes dans leur parti.

Non, vraiment, nous n’entendons pas entretenir d’illusions qu’il n’y a pas d’autre solution que rester dans l’UE et l’Euro ».

(1) Déclaration Réseau FVRPCF : conférence nationale octobre 2014
(2) Elections régionales : http://www.pcf.fr/71824
(3) Anecr : intervention de Ch. Marziani : http://www.elunet.org/spip.php?article86712
(4) Anecr : intervention de D. Adenot : http://www.elunet.org/spip.php?article86711

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:00

Illusions européennes !

 

publié le : 7 Juillet, 2015

On ne peut qu’être exaspéré par la servilité avec laquelle les journalistes et publicitaires, propriétaires exclusifs du discours à nos télévisions, épousent la moindre inflexion dictée par l’idéologie du capitalisme « européen » actuel. Ainsi, ces références à tout instant au « modèle allemand », à « l’exemple allemand », à « la technicité » et au sérieux allemands, comme aux plus beaux jours des propagandistes collabos de 1942.

C’est pourquoi il est rafraîchissant de constater que, de temps en temps, certains artistes font preuve de plus de lucidité que la majorité de leurs contemporains politiciens ou hommes de pouvoir. Ainsi, Gunther Grass, le futur prix Nobel allemand de littérature, qui était pourtant social-démocrate affirmé, et fort loin de toute sympathie communiste. En 1990, lors de « l’unification » des deux Allemagnes, ou plutôt lors de l’absorption (« l’anschluss ») de la RDA socialiste par la RFA, il n’a cessé de dénoncer cette conquête économique et politique par le capitalisme occidental, au mépris des intérêts et des illusions des salariés de l’Est, « couillonnés ». Mais ses propos vont plus loin, sont prémonitoires et curieusement actuels, vingt-cinq ans après, quand il décrit « la nouvelle outrecuidance » (allemande), « nous sommes le moteur de l’Europe », « nous sommes le trésorier de l’UE », « nous devons trouver notre rôle de grande puissance », (reste encore non dit : « maintenant nous avons enfin gagné la première et la deuxième guerre mondiale »). « Ici, au Portugal, on ne peut pas ne pas voir clairement quelle force dévastatrice émane de l’UE, c'est-à-dire de la centrale de Bruxelles. Des sommes astronomiques sont déversées pour construire des routes. Cela s’appelle « aide structurelle », mais cela cisaille des structures issues d’une évolution naturelle, cela détruit une agriculture qui n’existe de toute façon qu’à la marge, cela rejette encore plus loin à la marge, par rapport aux normes de l’UE, la pays et les gens, cela fait passer ce boom immobilier improductif pour de l’économie florissante, cela chasse les produits portugais (remplacés par des produits espagnols ), et cela pourrait enseigner aux lointains Polonais ce qui les attend, dès que l’Europe de l’Ouest, sous forme de l’UE, s’emparera de leur faiblesse » (D’une Allemagne à l’autre, journal, 22/10/1990).

Remplacez le nom de Portugal, où Gunther Grass résidait alors, par ceux de la Grèce, l’Espagne, la France : le réquisitoire est sans appel contre l’Union européenne, incarnation du capitalisme transnational, dirigé en Europe par celui d’Allemagne, est très réaliste pour la génération écoulée, avec le grand frère de Wall Street en arrière plan.

Mais la sortie de ce carcan (UE, euro, OTAN et leur logique capitaliste) ne se fera pas sans de puissants mouvements populaires. Il reste encore à les construire, en France, en Espagne, en Grèce ou ailleurs, débarrassés des billevesées illusoires sur une « autre Europe  sociale », « de gauche », qui entretiennent la passivité des exploités, et font un boulevard aux xénophobes d’extrême droite.

Francis Arzalier

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 13:47

Grèce : un non retentissant !

 

publié le : 9 Juillet, 2015

J'aurais aimé voir la tête des Merkel, Lagarde, Moscovici et consorts avec la mâchoire décrochée comme un tiroir caisse ouvert, à l'annonce des résultats de ce référendum. Ils auront pourtant tout fait avec la BCE, la bourgeoisie et les médias grecs, la commission européenne et tous les moyens dont ils disposent pour obtenir un oui qui leur aurait permis de finir le travail d'écrasement bien commencé et d'éloigner le danger de contamination contestataire en Europe au moins un temps. Il faut rendre hommage à la classe ouvrière, aux salariés, aux petits paysans pressurés jusqu'à la moelle des os, d'avoir eu ce sourage. Incontestablement ce vote est marqué par l'appartenance de classe : si les quartiers bobos d'Athènes ont voté oui à 80%, les quartiers populaires ont eux voté non à 80%. Réponse du berger à la bergère.

Ceci étant rien n'est réglé, tout est encore possible. En témoigne la déclaration commune des partis SYRIZA, ANEL, ND, POTAMI et PASOK interprétant le résultat du référendum comme une adhésion à l’euro et à l’Union Européenne. Les négociations qui ont reprises quelles qu'en soit l'issue ne peuvent que déboucher sur de nouvelles souffrances.

Tout dépendra de la capacité du peuple grec à poursuivre dans la voie du non, à en finir avec les illusions européennes. Le meilleur soutien que nous pouvons lui apporter c'est de développer les luttes dans notre pays contre l'austérité, pour la sortie de l'union europénne, de l'euro et de l'OTAN et pour le socialisme !

Jean-Louis Bertrand

Dans "Parlons clair", le journal en ligne du Collectif communiste polex

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 13:21
Grèce et austérité : Déclaration de l'UD-CGT de Seine-Maritime
Grèce et austérité : Déclaration de l'UD-CGT de Seine-Maritime
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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 22:27

Par sur le blog Russeurope· 7 juillet 2015

euro-373008_640La nouvelle réunion de l’Eurogroupe que s’est tenue aujourd’hui, mardi 7 juillet, a été marquée par un sommet d’hypocrisies publiques. Ces hypocrisies ont marqué la réunion le lundi 6 juillet en fin de journée de Mme Merkel et de François Hollande à l’Elysée. La France et l’Allemagne ont appelé, par la bouche de François Hollande, la Grèce à soumettre une liste de « propositions sérieuses, crédibles, pour que (sa) volonté de rester dans la zone euro puisse se traduire »[1]. La Chancelière allemande a, en ce qui la concerne, dit attendre « maintenant des propositions tout à fait précises du Premier ministre grec »[2]. Mais, une hypocrisie peut en cacher une autre. Les discours des acteurs camouflent – plutôt mal aujourd’hui – le fait que sans une solidarité importante entre les pays membres, une Union monétaire comme l’Euro est condamnée à périr.

L’hypocrisie des demandes de réformes

Il est stupéfiant, et consternant de mauvaise foi, de voir des acteurs aux responsabilités si éminentes que Mme Merkel et François Hollande, continuer à demander des « réformes » à Alexis Tsipras. Ce dernier, dès son élection le 25 janvier dernier, a dit toute la nécessité de mener de profondes réformes en Grèce. De fait son gouvernement, unissant la gauche de Syriza et la droite souverainiste de l’ANEL (les « Grecs Indépendants »), est certainement le gouvernement le mieux placé pour conduire un important programme de réforme et de modernisation en Grèce. Ce gouvernement n’est pas lié par les relations clientélistes, les pratiques de collusion et de corruption qui étaient si développées au point d’en devenir emblématiques que ce soit avec le gouvernement de Papandréou (les « socialistes » du PASOK) ou avec le gouvernement de droite de Samaras (la « Nouvelle Démocratie »). De fait, le gouvernement issu des élections du 25 janvier a proposé un renforcement du système fiscal, transférant une partie de la charge sur les plus riches et supprimant de nombreuses niches et exemptions fiscales, et il a aussi proposé des réformes importantes touchant tous les sujets sensibles, y compris le régime des retraites. Mais Alexis Tsipras a aussi dit que pour que la Grèce puisse continuer à faire ses efforts, efforts qui – rappelons-le – lui ont permis de dégager un solde budgétaire primaire (autrement dit avant remboursement de la dette), soit un excédent budgétaire, elle devait retrouver confiance en son avenir. Cela passe par la croissance. Or, et ceci est attesté de nombreux côtés, que ce soit par des économistes plutôt classés à gauche (comme Krugman[3], Stiglitz[4] ou Piketty) ou par des institutions internationales classées à droite comme le FMI[5], la dette de la Grèce n’est pas supportable. Elle enfonce chaque jour un peu plus le pays dans l’abîme de la dépression. Les réformes que le gouvernement grec est disposé à faire sont liées, et il ne peut en être autrement, à une restructuration profonde de la dette de la Grèce, sans doute sur le modèle de ce qui avait été consenti à l’Allemagne en 1953.

Dès lors, demander des réformes « sérieuses et crédibles » comme l’ont fait et la Chancelière allemande et le Président français n’a aucun sens. Ces propositions ont été faites il y a des semaines. Certaines, en particulier les mesures fiscales frappant les plus riches, ont même été trouvées « excessives » par l’Eurogroupe. En réalité, en refusant de voir le point de blocage réel, la question de la restructuration de la dette de la Grèce, Mme Merkel et M. Hollande adressent une fin de non-recevoir au gouvernement grec. Mais, et c’est là le plus répugnant dans cette crise, une fin de non-recevoir enrobée de paroles doucereuses, dégoulinantes de « bienveillance », de déclarations d’amitié, de proclamation de la volonté de garder la Grèce dans la zone Euro. C’est de l’hypocrisie à l’état pur.

L’hypocrisie de la Banque Centrale Européenne (BCE)

La BCE s’est jointe à ce concours d’hypocrisie et de mauvaise foi. Rappelons ici les faits : elle maintient certes le programme d’aide à la liquidité d’urgence (dit « ELA ») pour les banques grecs MAIS elle en limite le plafond, ce qui organise DE FAIT une pénurie croissante de liquidités en Grèce. Si la BCE s’était tenue à ses règles et à se charte, elle aurait dû suspendre l’ELA dès le samedi 27 juin. Mais, les règles ont été tant et tant tordues depuis 2012, que ce soit à propose de l’OMT (Outright Monetary Transactions) ou des TLTRO, qu’elles n’ont plus grand sens. Ou, plus précisément, on ne les invoque que quand on doit prendre une décision politique un peu gênante. Hypocrisie donc, encore et toujours.

Donc, si la BCE avait suspendu l’ELA le 27 juin, on aurait pu crier à l’ingérence dans un problème politique grec, le référendum. Mais, en maintenant l’ELA tout en en conservant le plafond au niveau fixé le 26 juin, la BCE a contraint les banques grecques à la fermeture et a limité l’accès des Grecs, tant ménages qu’entreprises, à la liquidité. Elle a, de plus, mis des limites strictes au mécanisme automatique de transfert au sein de la zone Euro (ce que l’on appelle le compte Target2). Le résultat a été une ingérence massive dans la vie politique grecque. Cette ingérence n’a pas donné le résultat escompté, et les Grecs ont rejeté le projet d’accord qui leur était soumis par une majorité de 61% de « Non ». Alors, la BCE a décidé le 6 juillet de commencer à appliquer une décote sur les collatéraux à ses prêts que lui ont fournis les banques commerciales grecques. De fait, la BCE est en train d’expulser la Grèce hors de la zone Euro[6]. Ici encore, on va se réfugier derrière les « règles » de la BCE et sa charte. Mais on peut remarquer que l’on n’avait pas eu ses scrupules sur bien d’autres sujets. L’application des règles apparaît comme bien élastique, et soumise – en réalité – au bon vouloir politique d’un organisme qui n’est soumis lui-même à aucun contrôle politique. Nouvelle démonstration de l’immense hypocrisie de M. Draghi et de ses confrères.

Une monnaie unique sans solidarité ?

Mais la situation de la Grèce soulève un autre problème. Peut-on continuer à faire fonctionner la « zone Euro », ou pour l’appeler de son nom l’Union Economique et Monétaire, sans organiser en son sein d’importants flux de transferts ? Quand la Californie se trouva, lors de la crise financière de 2007-2009, en défaut de paiement, elle ne sortit pas de la zone Dollar parce qu’elle bénéficia d’importants flux de transferts en provenance du budget fédéral des Etats-Unis. Or, aujourd’hui, non seulement les flux de transferts sont très limités en Europe (où le budget de l’UE est plafonné à 1,23% du PIB) mais ils se heurtent à l’opposition de plus en plus forte de nombreux pays, et en premier lieu l’Allemagne.

Il ne s’agit pas, ici, de faire un quelconque reproche à ce sujet à l’Allemagne. Etablir un fédéralisme budgétaire au sein de la zone Euro prélèverait de 8% à 12% du PIB de l’Allemagne tous les ans, selon les méthodes de calcul. L’économie allemande n’y résisterait pas. La question n’est donc pas de savoir si l’Allemagne veut une politique de transferts, une fois qu’il est constaté qu’elle ne peut pas en payer le prix. Mais, il faut alors en tirer les conséquences quant à la zone Euro. Et l’on voit bien que la zone Euro ne peut survivre sans un mécanisme assurant des transferts importants en son sein. Cela, les différentes autorités de notre pays comme de nos voisins, le savent pertinemment.

Dès lors, s’obstiner de réunion de l’Eurogroupe en Conseils européens à tenter de faire vivre une zone monétaire sans accepter d’en payer le prix est une folie dangereuse. Prétendre que la stabilité de cette dite zone serait mise en cause par un pays, aujourd’hui la Grèce et qui sait demain, peut être l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, relève à nouveau de la plus immense hypocrisie.

 

L’enfoncement des gouvernements européens dans une hypocrisie aux formes multiples mais dont le résultat est chaque jour plus évident renvoie aussi fondamentalement à un manque de courage. Manque de courage de Mme Merkel qui n’ose pas dire à son peuple qu’il lui faudra payer pour avoir l’Euro, ou que l’Euro ne sera plus[7]. Manque de courage de François Hollande, qui n’a pas voulu affronter de face Angela Merkel et lui dire que, faute de consentir à l’Union de transferts (et on en comprend parfaitement les raisons) la zone Euro ne pouvait être maintenue. Manque de courage de M Rajoy, qui a longtemps lié le sort de l’Espagne à celui de l’Allemagne et qui n’a pris que tardivement conscience qu’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro le mettrait, lui, désormais en première ligne. Manque de courage de M. Renzi, le fringant Premier ministre italien qui a commis les mêmes fautes que son homologue espagnol alors que la logique et la raison lui commandaient de soutenir la Grèce.

Manque de courage de tous, qui feront sans doute de la Grèce un bouc émissaire, une victime expiatoire, pour une situation qui est de la responsabilité de tous en réalité et pour se refuser à voir la réalité tant qu’il en est encore temps. Et si cela n’est pas une immense et incommensurable hypocrisie, alors les mots n’ont plus de sens.

[1] http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/hollande-et-merkel-affichent-une-position-commune-sur-la-grece-1052927#UpICzy8xld0pGTT3.99

[2] http://www.rfi.fr/europe/20150706-francois-hollande-angela-merkel-affichent-leur-unite-grece/

[3] Krugman P., « Europe’s Many Economic Disasters », New York Times, 3 juillet 2015, http://www.nytimes.com/2015/07/03/opinion/paul-krugman-europes-many-disasters.html

[4] Stiglitz J, « Europe’s attack on Greek democracy », le 29 juin 2015, http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-referendum-troika-eurozone-by-joseph-e–stiglitz-2015-06

[5] The Guardian, « IMF says Greece needs extra €60bn in funds and debt relief », 2 juillet 2015, http://www.theguardian.com/business/2015/jul/02/imf-greece-needs-extra-50bn-euros?CMP=share_btn_tw

[6] Sandbu M., « Free Lunch: ECB, enemy of the euro? », Financial Times, 6 juillet 2015, http://www.ft.com/intl/cms/s/3/bbf26c42-23bb-11e5-bd83-71cb60e8f08c.html

[7] Voir Godin R., Grèce : Pourquoi Angela Merkel refuse de parler de la dette grecque, La Tribune, 7 juillet 2015, http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-angela-merkel-refuse-de-parler-de-la-dette-grecque-490094.html

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