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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 10:54
Régionales : "Le prolétariat moderne a été laissé orphelin, sociologiquement et politiquement."
Sur le site de Ruptures.

Lors du second tour des élections régionales françaises, le Front national (FN) a progressé de 800 000 voix par rapport au premier tour. Avec 6,8 millions de suffrages, il dépasse légèrement le score obtenu par Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2012.

Cependant, son pourcentage impressionnant dès le premier tour (27,8% des votants) s’explique d’abord par le niveau particulièrement élevé d’abstention (50,1%). Pour le dire autrement : le FN a largement mobilisé dans un contexte où les anciens électeurs de tous les autres partis désertaient massivement les urnes. Pris ensemble, Les Républicains (LR, droite), l’UDI (« centre »), le PS, les Verts et le PCF ont rassemblé le 6 décembre un électeur inscrit sur trois. Ce total était en moyenne d’un sur deux depuis 1997.

Toutes ces formations ont, depuis cette date, dirigé ou participé à un gouvernement. Et aucun citoyen n’est désormais capable de repérer une différence entre les politiques successives menées. Plus précisément : les orientations mises en œuvre par François Hollande vont encore bien plus loin, dans l’austérité, la désindustrialisation, le démontage des services publics et de la protection sociale, que celles mises en œuvre par son prédécesseur. Fin novembre, le chiffre officiel des chômeurs a fait un bond spectaculaire.

Le président du patronat s’était engagé ardemment contre le vote FN en indiquant que « le retour à la retraite à 60 ans, la hausse des salaires, la sortie de l’euro » mèneraient le pays à la ruine. Il a été immédiatement et chaleureusement remercié par le Premier ministre « socialiste ». Même si ces mesures (en particulier la dernière) ne figurent pas clairement dans le programme du Front national, ce que les électeurs ont remarqué, c’est qu’aucun autre parti ne les défend.

Car aucun des partis « traditionnels » ne remet en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne et à la zone euro. Tous sont donc mécaniquement conduits à poursuivre une austérité sans cesse renforcée (la preuve par la Grèce), tout en répétant : si vous êtes contre l’Europe, c’est que vous êtes du côté du FN.

Des millions d’électeurs en ont tiré les conclusions – tout particulièrement dans l’électorat populaire. D’autant qu’en deux décennies, les partis de gauche sont devenus dans les faits – par leurs dirigeants et leurs adhérents – des partis de la classe moyenne supérieure ayant perdu le contact avec le monde ouvrier.

La nature a horreur du vide. Le prolétariat moderne a été laissé orphelin, sociologiquement et politiquement. Dans l’horizon « socialiste », le mariage gay a remplacé les nationalisations. Dès lors, Marine Le Pen s’est vu offrir un boulevard. Et si partis de « gauche » et de droite continuent à promouvoir à chaque scrutin « l’Union sacrée » pour « faire barrage au Front national », celui-ci poursuivra son ascension. Inexorablement.

(Article de Pierre Lévy pour le quotidien allemand junge Welt, édition du 15/12/2015)

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 15:57

Solidarité Internationale PCF

Portugal: Un ancien prêtre candidat communiste aux présidentielles

Député de l’assemblée législative de Madère, le communiste Edgar Silva défend un programme anti-austérité pour les présidentielles. ©Carlos Serra

Député de l’assemblée législative de Madère, le communiste Edgar Silva défend un programme anti-austérité pour les présidentielles. ©Carlos Serra

 

L’actuel président portugais de droite, Annibal Cavaco Silva, a fini par désigner le socialiste Antonio Costa premier ministre, le 23 novembre 2015. Il se sera efforcé jusqu’au bout de faire obstacle, malgré la Constitution, à la suite des élections législatives du 4 octobre. Costa s’appuie au Parlement sur une majorité de gauche. Les députés de 4 partis, dont le PCP, se sont accordés pour faire tomber le gouvernement de droite minoritaire.

Mais il n’y a pas d’accord de gouvernement, de participation du PCP par exemple. Les élections présidentielles du 24 janvier 2016 revêtent une importance politique accrue dans ces circonstances. Il s’agit d’en finir avec le rôle de nuisance exercé par le président actuel. Il s’agit, à gauche, de revoir les rapports de force. Le poids du PCP, relais des luttes les plus conséquentes contre la politique antisociale poursuivie depuis des années, sera déterminant, face à un PS, ultra-réformiste et pro-européen - mais contraint par la situation nationale à se gauchir - à côté d’un « Bloc de gauche » politicien, aux positions changeantes et opportunistes.

Aux présidentielles, le PCP soutient la candidature d’Edgar Silva. Celui-ci vient d’effectuer une tournée en Europe. Il était à Paris le 15 novembre puis à Genève. Le journal progressiste suisse « Gauche Hebdo » a pu l’interviewer. Nous reproduisons l’article de nos amis suisses et les remercions. Solidarité Internationale PCF.

 

 

Un ancien prêtre candidat communiste aux présidentielles

Portugal• Edgar Silva, candidat du Parti communiste portugais aux présidentielles de 2016, était de passage à Genève. Le théologien entend promouvoir les valeurs de liberté et de progrès de la révolution des œillets de 1974. GAUCHE HEBDO, 21 novembre 2015, par Joel Depommier dans la rubrique International

 

Le 10 novembre dernier, la gauche, majoritaire au parlement portugais suite aux élections du 4 octobre, et forte d’un accord entre le Parti socialiste, le Parti communiste portugais (PCP), le parti écologiste et le Bloc de gauche, a fait tomber le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho à travers une motion de censure. Pour l’heure, le président de la république, Anibal Cavaco Silva, opposé à la remise en question de la politique d’austérité de la droite qui sévit depuis 4 ans, continue de faire de la résistance, et l’ancien maire de Lisbonne, le socialiste Antonio Costa, n’a toujours pas été adoubé par l’élu conservateur. Face à ces tergiversations, les élections présidentielles de janvier 2016 prennent donc une importance particulière. Une vingtaine de candidats sont d’ores et déjà en lice. Appuyé par le Parti communiste portugais (PCP), le député de l’assemblée législative de Madère Edgar Silva sera de la partie. Agé de 53 ans, ce licencié en théologie et fondateur du MAC (mouvement d’appui à l’enfance et à une école ouverte) était de passage à Genève pour rencontrer la communauté portugaise, en faisant un petit saut par la rédaction de Gauchebdo. Nous lui avons demandé quelle était aujourd’hui la situation économique du Portugal. «La droite fait beaucoup de propagande, en prétendant que le Portugal est sorti de la crise, en remboursant le prêt de 78 milliards d’euros de la Troïka (UE, FMI, Banque européenne), mais la crise s’est amplifiée. L’endettement s’est accru pour les plus fragiles et les travailleurs ont vu leurs revenus se réduire, alors que les grandes banques et les millionnaires n’ont jamais autant gagné», explique le candidat. «La droite a fermé les services publics, l’école, les tribunaux et attaqué la protection sociale. Le ras-le-bol et le mécontentement des Portugais se sont traduits par une punition pour la droite et l’extrême droite, qui ont perdu 700’000 votes lors des législatives», explique encore cet humaniste, qui fut prêtre pendant quelques années avant de devenir professeur à l’université catholique de Funchal jusqu’en 1992.


«Nous gardons notre droit de critique sur le parti socialiste»


A l’heure actuelle, un gouvernement socialiste est en préparation, sur la base d’un accord entre partis de gauche, qui prévoit la fin du gel des retraites, la fin des coupes dans les salaires des fonctionnaires, des privatisations des transporteurs publics, de la compagnie aérienne TAP et l’augmentation du salaire minimum de 500 à 600 euros. Mais il ne s’agit en aucun cas d’un blanc-seing de la part du PCP aux socialistes.

«La motion de censure contre Pedro Passos Coelho a été le fruit d’un compromis entre quatre partis, mais il ne s’agit pas d’une coalition entre nos forces. Le projet de gouvernement est le fruit d’une initiative des socialistes. Il ne s’agit pas d’un gouvernement patriotique et de gauche comme nous le souhaiterions et nous gardons notre droit de critique. Cependant, pour l’instant nous sommes encore dans l’impasse et Anibal Cavaco Silva doit finalement respecter la constitution et nommer le nouveau gouvernement», précise le membre du PCP. Pour sa campagne, le théologien entend promouvoir les «valeurs d’Avril» de liberté et de progrès social, celles de la révolution des œillets de 1974.

 

Une campagne avec les salariés et travailleurs


Quid des rapports avec l’UE? «Le PCP défend en priorité l’indépendance du pays et sa souveraineté nationale.  Il est aussi primordial de développer une politique de coopération avec les autres peuples aux antipodes de ce qu’est actuellement l’UE», plaide Edgar Silva. Pour l’heure, le marathon électoral d’Edgar Silva, qui estime que «rien n’est décidé pour le scrutin et que c’est le peuple qui fera les élections et non les médias», atteint sa vitesse de croisière.

Depuis le lancement de sa campagne en octobre, le candidat a déjà rencontré des paysans dans les localités de Coimbra et Viseu, présenté les lignes de sa campagne au syndicat de la Confédération générale du travail du Portugal (CGTP-IN), rencontré le corps des pompiers d’Algueirão, la Confédération portugaise des micros, petites et moyennes entreprises (CPMPME) ou le Mouvement démocratique des femmes. On l’a même vu dans le métro de Lisbonne dénoncer les privatisations des transports. Bref, avec le peuple encore et toujours.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:42

Lu sur 50-50 Magazine

Ce que la Grèce fait aux femmes

En 2010, la Grèce apparaissait aux yeux des Européen-ne-s comme la source de tous les malheurs de cette économie de la dette qui régit l’économie mondiale. La Grèce était coupable d’avoir laissé exploser sa dette publique, là était bien le discours dominant. La sentence fut la mise sous tutelle de la Grèce par la Troïka organisme non élu et créé de toute pièce pour orchestrer les politiques d’austérité. Les femmes ont été les premières victimes des mesures d’austérité.

Les plans de restructuration ou mémoranda n’ont eu de cesse de démanteler la structure sociale de la société grecque, prenant pour cibles les services publics, le système de santé, l’environnement, les régimes de retraites, et prônant une privatisation sans merci de tous les secteurs de la société et même de ses lieux publics.

Les violentes mesures d’austérité ont fait de nombreuses victimes; les femmes ont été les premières précarisées par les baisses et suppressions de prestations sociales. De fait, elles sont fortement utilisatrices des services publics liés à l’emploi et à la famille mais aussi à leur santé sexuelle et reproductive. Les salaires des femmes en Grèce comme ailleurs sont systématiquement inférieurs à ceux des hommes, aussi lorsque les salaires baissent d’environ 40 % les conséquences pour les femmes sont énormes.

En matière de santé, Sofia Tzitzikou, vice-présidente de l’UNICEF grec et pharmacienne, a repris du service à la tête de l’un des 12 dispensaires d’Athènes. Elle témoigne de l’horreur du démantèlement du système de santé: impossibilité d’accoucher dans un hôpital public, appauvrissement extrême des femmes et de leurs enfants avec une augmentation des cas de malnutrition, une population toujours plus nombreuse qui n’a plus accès aux soins de base. La crise sanitaire remonte jusqu’aux centres d’accueil des migrant-e-s.

Fortes de l’expérience des femmes du Sud qui avaient fait face aux plans d’ajustement structurels, Sonia Mitralias et Voula Taki avaient compris qu’il fallait créer des espaces où les femmes pourraient se regrouper et partager leurs expériences et souffrances. Nous avons rendu visite à la maison de la solidarité des femmes de Thessaloniki. Qu’elles aient perdu leur travail, l’électricité, leur maison et même parfois le goût de vivre, elles sont maintenant plus fortes grâce à cette maison d’où elles organisent de nombreuses actions. Leur maitre mot : Solidarité.

Les mouvements de résistance ont aussi été portés par des artistes comme Nena Venetsanou qui a toujours lié son art à son engagement. Elle défend l’indépendance de l’art dans un moment où les politiques oublient la place civilisatrice de la culture.

L’élection de Syriza en janvier dernier avait redonné espoir à une société grecque abattue même si beaucoup avaient remarqué que le nouveau gouvernement était un gouvernement d’union masculine. Une partie de l’espoir des femmes qui s’étaient mobilisées pour cette élection reposait sur une femme d’exception, Zoe Konstantopoulou, élue présidente du parlement hellénique avec une large majorité des voix. Entre janvier 2015 et octobre 2015, elle a symbolisé un changement d’approche, invitant des femmes au Parlement comme les femmes de ménage du ministère des Finances. Elle a aussi défendu la notion d’Etat de droit en luttant contre la corruption, et combattu les oukases de la Troïka en mandatant l’audit de la dette grecque grâce à la commission pour la dette grecque.

Ces femmes témoignent que l’espoir de voir refleurir des valeurs démocratiques, qui incluraient les femmes et les hommes, existe encore. Elles portent haut et fort la puissance de la solidarité dont nous avons tout-e-s tant besoin.

Marie-Hélène Le Ny et Brigitte Marti 50-50 magazine

Troïka:  Banque Centrale Européenne, Commission Européenne et Fonds Monétaire International

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 14:53
mercredi 25 novembre 2015 

Lu sur le site de Reuters

ATHENES, 25 novembre (Reuters) - Le principal syndicat grec du secteur privé, GSEE, a lancé mercredi un appel à la grève le 3 décembre, le deuxième en moins d'un mois, pour protester contre un projet de réforme du système des retraites.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras a fait adopter une loi relevant l'âge de départ à la retraite, augmentant le montant des contributions à l'assurance santé et supprimant la plupart des régimes de préretraite.

Il prévoit également de fusionner une série de fonds de pension en une seule entité et de réduire le montant des retraites complémentaires.

Le GSEE et son homologue Adedy, qui représente le secteur public, ont fait défiler le 12 novembre des milliers de personnes contre les mesures d'austérité.

Cette première grève générale en un an dans les secteurs public et privé était le plus gros défi lancé au gouvernement d'Alexis Tsipras depuis qu'il a remporté les élections législatives anticipées de septembre en promettant d'atténuer l'impact d'années de récession et d'austérité. (Karolina Tagaris,; Nicolas Delame pour le service français)

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 16:07

- Reuters 

La Finlande cherche à sortir de trois ans de récession
Le chômage et la dette augmentent, la population vieillit
La marge de manoeuvre du gouvernement est étroite

par Jussi Rosendahl et Anna Ercanbrack

HELSINKI, 12 novembre (Reuters) - La Finlande, qui fut l'un des pays européens les plus critiques à l'encontre de la Grèce durant la crise de la dette, se retrouve aujourd'hui confrontée à de graves difficultés économiques qui ont conduit son ministre des Finances à la qualifier de nouvel "homme malade de l'Europe".

Longtemps considéré comme l'un des bons élèves de la zone euro, le pays tente désormais de sortir de trois ans de récession.  Les tentatives du Premier ministre Juha Sipila pour réduire les congés et les salaires ont provoqué d'importantes manifestations et des mouvements de grève. Une ambitieuse réforme des dépenses de santé a par ailleurs exposé les divergences au sein du gouvernement de coalition, qui a failli éclater la semaine dernière.

Certains parlementaires de la mouvance du chef du gouvernement sont allés jusqu'à demander un débat sur la sortie du pays de la zone euro afin qu'il puisse dévaluer sa monnaie pour relancer les exportations.

La marge de manoeuvre de Juha Sipila est étroite. Il doit convaincre tous les partenaires d'une coalition hétéroclite de la nécessité d'imposer des réformes structurelles pour relancer la croissance tout en ménageant les syndicats pour éviter de nouvelles grèves.::Le chômage et la dette publique augmentent dans un pays freiné par un coût du travail élevé, le déclin de son emblème Nokia dans le domaine de la téléphonie et la récession en Russie, l'un de ses principaux marchés à l'export.

En y ajoutant le vieillissement de la population, la Finlande, qui a déjà perdu son "triple A", vit son ralentissement économique le plus marqué depuis la Seconde Guerre mondiale et se prépare à des lendemains difficiles.

 

LA NOUVELLE GRÈCE ?

Le Premier ministre, qui a prévenu que la Finlande pourrait connaître un sort similaire à celui de la Grèce, vise 10 milliards d'euros d'économies d'ici à 2030, dont quatre milliards d'ici à 2019.  Pour y parvenir, son gouvernement, en place depuis cinq mois, se prépare à bouleverser la protection sociale, la gouvernance régionale et le marché du travail pour relancer l'emploi et les exportations.  Les appels de Juha Sipila à un "esprit commun de la réforme" ont toutefois du mal à se faire entendre, comme en témoigne le tollé provoqué par ses propositions de réduire les congés des fonctionnaires et les primes au travail dominical.

Une manifestation de 30.000 personnes dans les rues d'Helsinki en septembre et des grèves qui ont bloqué les chemins de fer, les ports et les moulins à papier l'ont contraint à renoncer à ces mesures.

Avec un taux de chômage proche de 10%, de nombreux Finlandais regrettent les temps d'avant l'euro, quand les dévaluations de la monnaie nationale permettaient de relancer les exportations.

La plupart des Finlandais continuent cependant à soutenir l'euro. Ils sont 64% à se prononcer pour le maintien du pays dans l'union monétaire, selon un sondage réalisé la semaine dernière par la Commission européenne.

(Patrick Vignal pour le service français)

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:55

Par · 4 novembre 2015

Un document de travail, co-écrit par 4 économistes du Fond Monétaire International[1], dont Daniel Leigh qui avait déjà été le co-auteur du document de travail avec Olivier Blanchard sur la valeur réelle du multiplicateur budgétaire[2], vient jeter un nouveau regard sur les conséquences d’une dépréciation de la monnaie sur les exportations. Très clairement, ces auteurs montrent que le taux de change a une importance considérable sur le commerce international, et qu’une forte dépréciation peut avoir des effets bénéfiques. Les résultats de ce papier confirment les calculs qui avaient servis de base à la rédaction de la note de la Fondation ResPublica, Les Scenarii d’une dissolution de l’Euro[3].

Rappelez moi quelle était la question ?

Depuis les années 1990, des doutes s’étaient fait jour parmi certains économistes sur l’efficacité réelle de dépréciations monétaires pour relancer les exportations d’une économie. Ces doutes étaient issus des conséquences de l’accord monétaire du Plazza (en 1985) qui avait conduit à une forte baisse du Dollar et une hausse importante du Yen. Or, ces mouvements monétaires n’avaient pas induits de changements spectaculaires dans les balances commerciales. Certains économistes en avaient déduit que l’élasticité des exportations (et des importations) au prix des produits était en réalité faible dans l’économie moderne, et que le commerce international se jouait essentiellement sur la qualité des produits. Le fait qu’un économiste ait formulé cette hypothèse dans les années 1950[4] était alors perçu comme la vérification théorique d’un fait validé empiriquement. Mais, on manquait sérieusement de recul et certaines des conclusions apparaissent aujourd’hui comme hâtives.

Cet argument fut néanmoins largement utilisé dans les années 1990 pour « justifier » l’adoption de la monnaie unique en Europe. Quand des économistes soulignaient que l’Euro fonctionnerait comme un système de change fixe sans possibilité d’ajustement entre les pays de la zone, et que l’on ne pourrait plus corriger des déséquilibres de balance commerciale, on leur répondait que, dans la mesure ou le balance commerciale dépendait essentiellement de la qualité des produits, un ajustement par le taux de change n’aurait pas eu d’effets. Cependant, depuis quelques années cette idée est assez largement remise en doute[5].

Impact du taux de change sur les flux commerciaux

L’impact de dépréciation ou d’appréciation du taux de change sur les flux commerciaux et les balances commerciales était cependant connu pour plusieurs pays. La rapidité du « rebond » de la Russie en 1999 et 2000 à la suite d’une dévaluation massive était l’un des principaux arguments allant dans le sens d’un effet positif d’une dépréciation de la monnaie. Les économistes du FMI que l’on a cité en introduction ont réalisé une étude assez systématique sur une cinquantaine de pays et ont retenu 58 « cas » de dépréciations[6]. Ils ne trouvent aucun signe de « déconnexion » entre les flux du commerce international et les taux de change, bien au contraire. L’étude montre qu’en standardisant les résultats, on obtient en moyenne pour une dépréciation du taux de change de 10% un gain de 1,5% du PIB pour le solde de la balance commerciale. Mais, le plus intéressant est la dispersion des résultats obtenus.

Graphique 1

A - exports et taux de changeGR

Source : Daniel Leigh, Weicheng Lian, Marcos Poplawski-Ribeiro, Viktor Tsyrennikov, « Exchange rates still matter for trade », op.cit..

En fait, on constate que si dans 9 des 58 (15,6%) cas retenus, le gain est de moins de 1%, dans 16 cas sur 58 (27,6%), il est supérieur à 2%. Deux facteurs exercent une forte influence sur les résultats et conditionnent des gains supérieurs à la moyenne, d’une part l’existence (ou non) d’une demande intérieure déprimée et d’autre part l’existence d’un système financier en bon état[7].

L’internationalisation des « chaînes de valeur » a bien un effet modérateur sur ces gains[8]. Mais, le développement de ces chaînes de valeur est très progressif dans le temps et ne peut venir contrarier les effets positifs d’une forte dépréciation du taux de change[9].

Implications

Ces résultats ont des implications importantes dans le débat actuel sur l’Euro. D’une part ils valident les ordres de grandeurs auxquels nous étions parvenus avec C. Durand et P. Murer dans les calculs préparatoires à la brochure de 2013. C’est un point important. Même ceux qui reconnaissaient le bien fondé de notre raisonnement avaient parfois des doutes sur les ordres de grandeurs, que ce soit sur les flux commerciaux, la croissance ou le chômage, de notre travail. Or, nos résultats sont validés par une étude systématique des économies développées. Ainsi, dans le cas d’une variation du taux de change de 30% vis-à-vis de l’Allemagne (10% par dépréciation du Franc retrouvé et 20% par appréciation de la devise allemande), on aboutit à un gain potentiel de 4,5% du PIB au minimum (si l’Allemagne était notre seul partenaire), ce qui, compte tenu de la part de l’Allemagne dans notre commerce extérieur nous donne un gain réel de plus de 2%. C’étaient bien les valeurs que nous avions retenues. L’idée d’une croissance de 4% à 6% suivant les choix de politique budgétaire est donc aussi validée, et avec elle l’hypothèse d’une très forte réduction du chômage avec tous ses effets induits, comme le retour à l’équilibre des comptes sociaux.

D’autre part, les conditions de ces gains suggèrent que l’effet positif d’une dépréciation de la monnaie à la suite d’une sortie de l’Euro serait très important pour des pays dont la consommation intérieure est fortement déprimée comme la Grèce, mais aussi l’Espagne, le Portugal et l’Italie. En fait, quand on combine l’effet d’une forte dépréciation du taux de change relatif et les effets potentiels de politiques budgétaires redevenant expansionnistes[10] car libérées du carcan du TSCG et différents accords signés dans le cadre de la zone Euro, on peut penser que la dissolution ou la désagrégation de la zone Euro aurait des effets très positifs sur les économies des pays de l’Europe du Sud.

 

L’étude de ces quatre économistes du FMI vient donc confirmer, et en un sens valider, les études réalisées en France et ailleurs qui démontrent la dimension extrêmement négative de l’Euro. Cette étude confirme aussi qu’une sortie de l’Euro serait massivement positive pour l’économie française et pour celle des pays de l’Europe du Sud. La conclusion de ce constat s’impose d’elle-même.

 

[1] Daniel Leigh, Weicheng Lian, Marcos Poplawski-Ribeiro, Viktor Tsyrennikov, « Exchange rates still matter for trade », document posté sur le site du CEPR le 30 octobre 2015, http://www.voxeu.org/article/exchange-rates-still-matter-trade#.Vjhy77aVWtw.twitter

[2] Texte qui montrait le caractère suicidaire des politiques d’austérité menées dans la zone Euro, O. Blanchard et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C., 2013

[3] Sapir J., Les scénarii de dissolution de l’Euro, (avec P. Murer et C. Durand) Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013

[4] Machlup, F, “Elasticity Pessimism in International Trade.” In Economia Internazionale. Vol. 3, (Février 1950), pp. 118-141.

[5] Artus P., « Comment maintenir des changes fixes (ou une Union Monétaire) entre des pays ? », Flash-Économie, Natixis, Paris, n°209, 20 mars 2012

[6] Leigh, D, W Lian, M Poplawski-Ribeiro et V Tsyrennikov (2015), “Exchange rates and trade flows: disconnected?”, Chapitre 3 in World Economic Outlook, IMF, Octobre 2015.

[7] « among economies experiencing currency depreciation, the rise in exports is greatest for those with slack in the domestic economy and with financial systems operating normally » in Daniel Leigh, Weicheng Lian, Marcos Poplawski-Ribeiro, Viktor Tsyrennikov, « Exchange rates still matter for trade », op.cit..

[8] Ahmed, S, M Appendino, and M Ruta, “Depreciations without Exports? Global Value Chains and the Exchange Rate Elasticity of Exports,” World Bank Policy Research Working Paper7390, World Bank, Washington DC, 2015.

[9] Voir Johnson, R C, and G Noguera, “Fragmentation and Trade in Value Added over Four Decades.” NBER Working Paper n°18186, Harvard, NBER, 2012 et Duval, R, K Cheng, K Hwa Oh, R Saraf, and D Seneviratne, “Trade Integration and Business Cycle Synchronization: A Reappraisal with Focus on Asia,” IMF Working Paper n° 14/52, International Monetary Fund, Washington DC, 2014.

[10] Via le « multiplicateur budgétaire » estimé de 1,7 à 2,3 dans l’étude d’Olivier Blanchard et David Leigh , « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C., 2013, op.cit.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:29

Grève générale en Grèce contre la poursuite des mesures d’austérité

Jeudi 12 Novembre 2015 sur le blog de Nicolas Maury

Le gouvernement d’Alexis Tsipras voit s’accroître la pression alors qu’un appel à la grève générale a été lancé dans le pays fatigué par l’austérité avec laquelle le Premier ministre avait promis de rompre
Les employés du secteur public tout comme ceux du privé se mettent en grève ce jeudi, paralysant toutes les activités du pays. Les écoles, les hôpitaux, les banques, les transports et d’autres services encore seront fermés pendant 24 heures en signe de protestation contre les nouvelles coupes budgétaires et hausse d’impôts introduites par le gouvernement à la demande des créanciers.
«L’hiver sera explosif et cela ne sera que le début», a mis en garde Grigoris Kalomoiris, un des leaders du syndicat de fonctionnaires Adedy. «Alors que le salaire moyen a été diminué de 30%, quand les salaires étaient déjà à un niveau inacceptable, alors que le système de sécurité sociale risque de s’effondrer, nous ne pouvons pas rester immobiles», a déclaré le responsable, cité par The Guardian.
Son syndicat accuse le gouvernement d’hypocrisie, affirmant que Syriza «a renoncé à toutes ses promesses». Même si la Grèce ne fait pas face à un défaut ou à une sortie de la zone euro comme cet été, la crise est loin d’être terminée, a dit Grigoris Kalomoiris au quotidien britannique.

https://francais.rt.com/international/10133-greve-generale-grece-austerite
 
Nicolas Maury
Grèce: Tsipras essuie sa première grève générale

Près de 20.000 personnes défilaient jeudi à la mi-journée à Athènes. Le mouvement lancé par les syndicats vise à protester notamment contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites.

Des membres du PAME, proche du parti communiste défilaient à Athènes lors de la grève générale (c) Petros Giannakouris/AP/SIPADes membres du PAME, proche du parti communiste défilaient à Athènes lors de la grève générale (c) Petros Giannakouris/AP/SIPA
 

Le gouvernement de gauche radicale du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, essuyait jeudi 12 novembre sa première grève générale, émaillée de quelques incidents, alors que les créanciers sont en ville pour discuter du versement de 2 milliards d'euros au pays.

Pas loin de 20.000 personnes défilaient dans Athènes à la mi-journée. [...]

Le mouvement, lancé pour 24 heures par les syndicats du pays, vise à protester notamment contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites à venir et paralysait vendredi les administrations, les transports, y compris les vols intérieurs, annulés par dizaines.

"Nous luttons contre des mesures gouvernementales qui perpétuent des relations sociales dignes du Moyen Age", assurait le principal syndicat du privé GSEE.

"Poche de résistance"

Les hôpitaux pour leur part n'assuraient que les urgences, les musées et sites archéologiques étaient fermés et les journalistes étaient en grève également.

A Athènes, le premier à défiler était le PAME, proche du parti communiste (KKE). Le cortège rassemblait environ 10.000 personnes selon la police.

"Chaque secteur d'activité doit devenir une poche de résistance", a lancé le secrétaire général du Parti communiste, Dimitris Koutsoubas.

Venait ensuite la manifestation des syndicats, GSEE et Adedy (public), forte de plus de 2.000 personnes, précédée d'un cercueil portant la mention "auto-entrepreneurs, techniciens, artisans".

Puis un autre cortège rassemblant 4.000 personnes à l'appel des partis et mouvements de gauche suivait, dont étaient issus apparemment les jeunes gens incontrôlés.

Dans une des manifestations, les participants tenaient au bout d'une ficelle des ballons de baudruche sur lesquels on pouvait lire: "Ta logia tou Alexis", "les paroles d'Alexis" Tsipras.

Troisième cure d'austérité

Beaucoup de Grecs ont été dépités en effet du demi-tour effectué par le jeune dirigeant de gauche radicale ( qui avait finalement accepté  un troisième plan d'austérité ) [...]  Or, la grève générale se déroule précisément pendant une inspection à Athènes de représentants des créanciers du pays, Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Fonds européen de stabilité financière.

[...] il reste des points de friction, qui retardent le calendrier du versement d'une tranche de deux milliards d'euros.  Le blocage concerne en particulier les saisies immobilières, au sujet desquelles Athènes est partisan de clémence, et le traitement des créances douteuses, qui plombent actuellement le bilan des banques du pays.

La grève soutenue par Syriza

Le ministre de l'Economie, Georges Stathakis, s'est cependant montré confiant mercredi, déclarant "croire que tous ces problèmes seront résolus d'ici samedi".

Le gouvernement compte aussi réduire le montant des retraites dépassant les 1.500 euros par mois.

[...]

Or la grève générale est soutenue par Syriza contre "les politiques anti-sociales, d'un néo-libéralisme extrême" menées par le gouvernement... Syriza. Un paradoxe très commenté sur les réseaux sociaux. "Je suis un peu perdu, là... On défile avec Alexis pour renverser Tsipras, ou avec Tsipras pour renverser Alexis?", se demandait un utilisateur de Twitter.

[...]

(Avec AFP)

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 17:42

Paris - Marché du travail, précarité, inflexion des dépenses de santé et de la fécondité: les répercussions sociales de la crise en Europe ont particulièrement touché les pays du Sud et l'Irlande, selon une étude de l'Insee publiée mercredi.

L'impact de la crise qui a débuté en 2008 a été le plus fort au Portugal, en Grèce, en Espagne, Italie et Irlande. L'Allemagne, le Luxembourg et l'Autriche ont été peu ou pas affectés. La France, le Royaume-Uni et les pays du Nord se trouvent dans une situation intermédiaire, résume l'Insee dans l'édition 2015 de son "Portrait social de la France" incluant des comparaisons européennes. 

Les 15 pays d'Europe étudiés (UE15) ont quasiment tous été confrontés à une montée du chômage. 

Après avoir globalement reculé jusqu'en 2008, le taux de chômage s'est nettement accru dans l'UE15 jusqu'en 2013 (+3,9 points), notamment chez les jeunes (+7,3).  

C'est en Grèce (+19 points) et en Espagne (+13) que le chômage a le plus progressé. La France, avec une hausse de 2,9 points, affiche un taux inférieur à la moyenne européenne. Le chômage a cependant diminué en 2014 (-0,6 point, à 10,5%) dans l'UE15, sur fond de reprise modérée de l'activité, souligne l'Insee. 

Pour l'ensemble de ces 15 pays, le taux d'emploi des 15-64 ans a lui baissé en moyenne de 1,5 point. Il se redresse légèrement en 2014 (+0,6). Le taux d'emploi des hommes, majoritaires dans l'industrie et la construction, a perdu 3,4 points. Celui des femmes a gagné 0,4 point. 

Du côté des seniors, le taux d'emploi a continué d'augmenter, à un rythme annuel moyen de + 1,1 point, en lien avec le recul de l'âge de départ à la retraite dans la plupart des pays. Seuls ceux du Sud, en dehors de l'Italie, ont vu le taux d'emploi des 55-64 ans diminuer. 

Les travailleurs économiquement précaires ont subi une forte exposition à la pauvreté dans les pays du Sud: au Portugal, par exemple, 43% d'entre eux sont pauvres contre 30% en France. 

Quant aux dépenses de santé par habitant, elles ont ralenti depuis 2008, voire diminué (-26% par exemple en Grèce), sauf en France et en Allemagne, engagées plus tôt que leurs partenaires dans un processus de maîtrise des dépenses d'assurance maladie.  

A l'exception de l'Allemagne et de la Suède, le taux de renoncement aux soins a augmenté entre 2010 et 2013, particulièrement en Grèce, Italie, Irlande et Portugal. 

Enfin, le nombre d'enfants par femme a chuté de 0,18 en Grèce, en Espagne et au Portugal, en lien avec la hausse du chômage entre 2008 et 2013. La fécondité en France est devenue en 2013 la plus élevée d'Europe avec près de 2 enfants par femme.  

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 18:08
Grèce : le mois de novembre s'annonce agité pour Alexis Tsipras
Publié le 03/11/2015  sur Solidarité internationale

I Télé, 3 novembre 2015 :

Le mois de novembre s’annonce agité pour le gouvernement d’Alexis Tsipras. Alors que les créanciers et François Hollande étaient à Athènes il y a dix jours pour valider le programme de réformes, la population grecque redescend dans la rue pour protester contre ces nouvelles mesures d’austérité.

Les étudiants en première ligne

Lundi 2 novembre, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à défiler dans toute la Grèce. Dans une dizaine de villes, les étudiants ont manifesté contre les mesures prises par le gouvernement d’Alexis Tsipras, qui devraient porter un coup à l’éducation publique.

 

A Athènes, la fin de la manifestation a été marquée par des affrontements entre plusieurs groupes et les forces de l’ordre devant le Parlement. Jets de pierres, cocktails molotov et gaz lacrymogènes, des images que l’on n’avait pas vu depuis longtemps dans la capitale grecque.

L’ensemble de la société reprend la lutte

D’autres secteurs de la société reprennent les manifestations en ce mois de novembre, alors que les luttes sociales s’étaient calmées depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza en janvier 2015.

A l’appel de la Fédération Grecque des Marins, les bateaux restent amarrés aux ports depuis lundi et ce jusqu’à mardi soir, qu’ils transportent des passagers ou des marchandises. Ils seront suivis par les employés des métros athéniens mardi en fin journée, interrompant le trafic à partir de 21h.

Mercredi 4 novembre, ce sont les employés des mairies qui occuperont les bâtiments municipaux une partie de la matinée, de 10h à 13h.

Une grève générale est prévue pour le 12 novembre à l’appel des principaux syndicats publics et privés du pays, ADEDY et GSEE, et une manifestation est également programmée le 22 novembre.

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 18:01
Grèce : Les 15 000 marins grecs ont entamé une grève lundi 2 novembre

RFI, 3 novembre 2015 :

En Grèce, quasiment aucun navire ne lèvera l’ancre ce mardi. Les 15 000 marins grecs ont entamé une grève lundi 2 novembre. Ils protestent contre le projet de réforme demandé par les créanciers du pays sur leur système de retraites et la libéralisation de leur profession, notamment avec la privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique. Lundi, la fédération panhellénique des marins a rencontré le ministre de la Marine au Pirée, sans succès.

Dans le port du Pirée, les ferries sont sagement alignés le long des quais. Ils ne bougeront pas avant mercredi soir. Nikos Lemonis est un ancien marin. Agé de 71 ans, il est venu manifester contre les coupes dans sa retraite : « Nous ne voulons pas de ça, nous avons travaillé en mer, nous avons gagné notre argent et ces voleurs d’hommes politiques du Pasok ou de la Nouvelle démocratie et aujourd’hui Syriza, coupent dans nos retraites. » Ainsi, il a aujourd’hui peur que sa retraite passe en-dessous de la barre des 1 000 euros par mois, alors que sa femme en vit aussi.

 

Les marins se disent déterminés. Mais pour Antonis Dalakogiorgos, le président du syndicat national de la marine marchande, les marges de manœuvre semblent réduites : « Encore une fois, nous avons pu constater que le gouvernement est engagé, et donc malheureusement soumis à ses engagements pour le mémorandum, qu’il suit, applique et met en œuvre. »

 

 
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