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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 14:22

À propos des élections anticipées

Déclaration du KKE

Le gouvernement SYRIZA-ANEL a récemment démissionné, entraînant de nouvelles élections législatives anticipées (le plus probablement le 20/09)

Comme cela est bien connu, SYRIZA a remporté les élections en janvier 2015, en trompant les travailleurs, en promettant l'abolition des lois anti-populaires qui avaient été adoptées précédemment par les gouvernements PASOK et ND après les accords (memoranda) avec les organisations impérialistes (UE, FMI, BCE).

Le KKE avait averti en temps utile que SYRIZA, un parti opportuniste « de gauche » qui a muté en parti social-démocrate, avait été choisi par la bourgeoisie pour gérer la crise et ne pouvait pas appliquer une ligne politique en faveur du peuple.

Notre parti avait exprimé sa position selon laquelle il ne peut y avoir aucune voie en faveur de la classe ouvrière et des autres couches populaires dans la route de développement capitaliste, l'UE et l'OTAN.

Comme cela a été démontré en quelques mois de gestion du capitalisme, la « gauche » SYRIZA, qui gouvernait avec le parti nationaliste « de droite » ANEL, non seulement n'a pas aboli les deux memoranda précédents et la plupart des 400 lois anti-populaires d'application des gouvernements précédents, mais les a mis en œuvre et a fait voter par le Parlement un troisième accord (memorandum) encore plus douloureux avec les puissances impérialistes. Cet accord a reçu le soutien des partis bourgeois qui l'ont voté au Parlement : la ND « de droite », le PASOK « social-démocrate », le parti « du centre » POTAMI. Cette accord massacre tous les droits qui restaient, impose de nouvelles réductions des salaires et des retraites, abolit des droits à la sécurité sociale, impose encore plus de taxes aux couches populaires, favorise la politique de privatisations, etc.

En outre, le gouvernement « de gauche patriotique » a inscrit régulièrement son action durant ces mois dans le cadre de la participation de notre pays aux unions impérialistes de l'OTAN et de l'UE, de l’ « alliance stratégique » avec les États-Unis. Il a participé à toutes les missions et manœuvres de l'OTAN, il a organisé des manœuvres même avec Israël, il a promis une nouvelle base pour les États-Unis et l'OTAN (sur l'île de Karpathos), il a voté au sein de l'UE pour l'extension et le renforcement de la guerre commerciale avec la Russie, etc.

Donc il a été démontré en pratique que le gouvernement SYRIZA-ANEL est un gouvernement anti-populaire de plus, qui avec des slogans « de gauche » a servi aussi fidèlement la bourgeoisie, l'UE et l'OTAN que les gouvernements précédents l'avaient fait. Aujourd'hui les partis de gouvernement SYRIZA-ANEL, en utilisant les mêmes arguments que ceux que ND et PASOK avaient utilisé dans le passé, défendent le nouvel accord anti-populaire comme le seul moyen de maintenir le pays dans la zone euro et l'UE, ce qu'ils présentent comme le salut du peuple. SYRIZA, tout comme les autres partis bourgeois, sème l'illusion dans la classe ouvrière et le peuple que l'UE et le capitalisme peuvent être humanisés alors que les travailleurs continuent à endurer les mesures anti-populaires.

Dans le même temps, le système politique bourgeois, afin de limiter et de contrôler tout changement radical dans la conscience du peuple qui pourrait être provoqué par la mise en lumière du rôle de SYRIZA, continue à fabriquer de nouveaux partis. Un tel parti, intitulé « Laiki Enotita » (Unité Populaire) a été créé par des députés et d'anciens ministres de SYRIZA. Ces forces, qui étaient actives en tant que « Plateforme de gauche» à l'intérieur de SYRIZA, portent une lourde responsabilité dans la déception du peuple. Ils ont participé, même en tant que ministres, à la mise en œuvre des lois anti-populaires précédentes. Ils ont participé activement à la tentative durant la période précédente de faire croire au peuple qu'il y avait une solution alternative en sa faveur à l'intérieur des murs de l'UE, et ont accepté l'accord anti-populaire signé par le gouvernement SYRIZA-ANEL avec la Troïka le 20 février, avec la proposition de 47 pages soumise par SYRIZA à l'UE etc. Maintenant que les illusions entretenues par SYRIZA ont été cabossées, ces forces font la promotion du retour à la monnaie nationale comme une solution pour le peuple, combinée avec d'autres mesures pour la gestion du système. Ils agissent comme une « protection » contre la radicalisation du peuple, en cherchant à piéger le peuple à l'intérieur du mode de développement capitaliste.

Sur l'ensemble de cette période, le KKE a constamment mis en lumière le rôle de SYRIZA et des autres partis bourgeois, lutté pour l'abolition des memoranda et de toutes les mesures anti-populaires, pour empêcher de nouvelles mesures, pour développer la lutte des travailleurs et du peuple en vue de récupérer ce qu'ils ont perdu et pour la satisfaction de leurs besoins sans perdre de vue la seule solution de rechange qui soit dans l'intérêt de la classe ouvrière et des autres couches populaires :

Le regroupement du mouvement syndical et la construction d'une alliance social-populaire entre la classe ouvrière, les agriculteurs pauvres, les travailleurs indépendants citadins, les jeunes et les femmes des familles des couches populaires en vue de renforcer la lutte antimonopoliste-anticapitaliste pour un vrai renversement, la socialisation des monopoles, le désengagement de l'UE et de l'OTAN et l'annulation unilatérale de la dette, grâce au pouvoir ouvrier-populaire.

Nous menons la lutte selon cette ligne dans le but de renforcer le KKE dans le mouvement ouvrier-populaire et au Parlement en poursuivant résolument la lutte pour les intérêts de la classe ouvrière et sa libération du joug de l'exploitation capitaliste.

24/8/2015

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 14:49

Mis en ligne par Michel El Diablo

Selon Jean-Luc Mélenchon, « la Grèce va bientôt s'effondrer ». Il craint que l'Allemagne déclenche "une crise majeure en Europe".

Selon Jean-Luc Mélenchon, l'accord trouvé entre Athènes et ses créanciers n'y changera rien, "la Grèce va bientôt s'effondrer". Pire, il craint que l'Allemagne déclenche "une crise sociale, politique et culturelle majeure en Europe".

Jean-Luc Mélenchon est de retour de vacances. Et dans la lignée de son pamphlet contre "le poison allemand" publié début mai, le responsable du Front de gauche (FG) n'a pas changé de cible : selon lui, la politique d'austérité imposée par Angela Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, mène l'Europe vers une "crise sociale, politique et culturelle majeure". C'est en tout cas ce qu'il affirme dans un billet publié dimanche 16 août sur son blog.

Pour le député européen, l'accord trouvé entre la Grèce et ses créanciers (UE, BCE, FMI) sur un 3e plan d'aide ne résout rien : "Alexis Tsipras (le Premier ministre grec, Ndlr) a cru bien faire en acceptant les humiliations dictées sous le fouet du 'gouvernement allemand de droite CDU-CSU et du PS'" mais "la Grèce va bientôt s'effondrer". Quand? "Dès que les bienfaits du prochain cocktail de tortures adopté au parlement grec lui auront été appliqués et que la récession prévue en toutes lettres dans celui-ci sera venue aggraver le mal incurable dont elle est déjà atteinte", selon lui.

Pour l'ancien candidat à l'élection présidentielle, "l'Europe allemande est impossible. Même Romano Prodi le déclare dans une tribune parue dans 'Le Monde'". Dans cette tribune, l'ancien président de la Commission européenne (1999-2004) affirme que les conditions fixées à la Grèce pour son sauvetage "ont été imposées de la pire manière qui soit". Selon l'ancien patron de l'UE, "on a transformé un petit problème en un énorme problème. Si on avait fait preuve de bonne volonté dans un contexte de solidarité qui prévalait autrefois, tout aurait été plus facile". Et l'ancien président du Conseil italien d'ajouter : "La confiance qui doit être à la base des relations entre les pays européens a été anéantie. Nous avons évité le pire, mais nous avons créé le mal".

"Une époque est finie en Europe", poursuit sur son blog Jean-Luc Mélenchon. "Il faut maintenant prendre la mesure de ce qui s'avance. La politique d'austérité est en réalité une politique de dévaluation salariale pour augmenter la compétitivité des produits sur le marché international". Selon lui, la solution est ailleurs : elle se trouve dans "une dévaluation progressive mais ferme de l'euro et une inflation qui permette d'absorber les dettes souveraines et surtout privées. Mais cela percute les intérêts fondamentaux des rentiers allemands qui font la loi en Europe!", affirme-t-il.

Dans ce billet de blog, Jean-Mélenchon s'inquiète également des "turbulences" liées à la dévaluation de la monnaie chinoise : "Les chinois dévaluent leur monnaie sous cotée pour rendre leur salaires compétitifs ! Bref les Chinois jouent aux Allemands... Les Allemands vont déguster", explique-t-il. "Car leurs 'chères grosses bagnoles' vont couter là-bas bien plus cher et les machines-outils seront bien moins remplacées si la production baisse. Résultat les Chinois font aux Allemands ce que l’Allemagne fait à l’Europe tout entière. La pagaille générale est garantie. Un terrible coup de froid sur le moteur absurde de la croissance mondiale sans fin se dessine à horizon rapproché. L’Europe va trinquer. La Grèce va couler", conclut-il.

 

Le blog de Jean-Luc Mélenchon:

Coup d'oeil de retour

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/08/16/coup-doeil-de-retour/

 

Dans un post du 22 Août JL Mélenchon, sur son blog, reprend son interview au journal Sud-Ouest.  Voici ce qu'il répond à une question sur la Grèce.

"Sud Ouest. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé hier soir sa démission et des élections anticipées (1). Faut-il s'en inquiéter ?

Jean-Luc Mélenchon. On vote, c'est bien. La voix du peuple est toujours la solution aux problèmes d'un pays. Mais encore faut-il respecter ses décisions. Les Grecs ont voté non au plan européen, et Tsipras l'a pourtant signé. J'espère que la gauche de Syriza aura un beau succès. Cela confirmerait le non du référendum. Tout cela montre que la situation est très volatile en Europe. Tout peut arriver."

Le blog de JL Mélenchon, http://www.jean-luc-melenchon.fr

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 21:41

Par sur le blog Russeurope· 18 août 2015

La crise que connait la filière de l’élevage en France n’est que l’un des aspects d’une crise plus générale qui touche non seulement une partie de l’agriculture mais aussi les entreprises de taille moyenne qui leurs sont liées. Si cette crise a des dimensions spécifiquement « agricoles », elle traduit aussi les problèmes que provoque l’Euro et l’Union européenne dans l’économie française.

 

La crise de la filière porcine

Cette crise est en passe de devenir emblématique car elle rassemble à la fois des éléments très spécifiques de la culture rurale française et des éléments de compétition internationale (essentiellement avec l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark). Les causes immédiates de cette crise sont en réalité multiples : il y a les « contre-sanctions » prises par la Russie en réponse aux sanctions prises contre des entreprises russes par les pays de l’Union européenne, une stagnation de la consommation de la viande de porc en France, mais aussi des problèmes spécifiques de compétitivité des fermes françaises. Ces problèmes méritent que l’on s’y arrête.

Les exploitations françaises ne sont pas rentables aux prix pratiqués par l‘Allemagne, le Danemark et l’Espagne pour plusieurs raisons. Il y a tout d’abord un problème général de la filière porcine, qui provient en partie de la taille des exploitations mais aussi (et surtout) du recours systématique dans la filière allemande aux « travailleurs détachés » qui sont payés (en salaires directs comme indirects) bien au-dessous des standards français. Vient ensuit, justement, le problème de la taille des fermes, mais cette dernière est en partie contrainte par la législation, législation qui a été prise en raison de la pollution que provoquent les exploitation porcines. Le lisier de porc est l’une des causes majeures de la pollution aux nitrates et de ses conséquences (le développement des algues vertes sur les côtes bretonnes). La législation contraint donc l’exploitant à aligner le nombre de bêtes de son exploitation à une superficie sur laquelle il peut épandre le lisier. La législation française n’est cependant pas la plus contraignante. La législation danoise est elle aussi très stricte. Une autre raison de la taille « modérée » des exploitations française est l’argument de la « qualité de vie » des animaux. Mais ici, si dans certaines exploitations les animaux sont bien élevés en plein air, dans d’autres, les conditions ne semblent pas très différentes de celles des « fermes-usines » qui existent en Allemagne et en Espagne.

Nous considèrerons le cas du Danemark comme spécifique. L’agriculture danoise s’est spécialisée dans la filière porcine depuis la fin du XIXème siècle, et elle exporte massivement sa production (vers la Grande-Bretagne mais aussi de nombreux autres pays). Les conditions d’efficacité de cette agriculture sont reconnues et les normes au moins aussi sévère qu’en France. Il est certain que les agriculteurs français auraient à apprendre de leurs confrères danois. Mais, ce n’est pas le Danemark qui est la cause de la crise en France. La concurrence allemande et espagnole est beaucoup plus sensible. Elle se concentre sur une question de coût.

 

Bigard-Socopa, Cooperl et les contradictions du gouvernement français

La crise de la filière française a pris une dimension nouvelle quand deux des principaux transformateurs français, la société Bigard-Socopa et la société Cooperl ont décidé de boycotter le marché de Plérin, dont les cours servent de référence. Le gouvernement français, qui est confronté à cette crise larvée de la filière depuis de nombreux mois avait décidé, en accord avec els autres intervenants, de faire remonter les prix de 1,25 euro le kg vers 1,40 le kg. Or, les deux sociétés qui ont rompu cet accord prétendent qu’elles ne peuvent être compétitives à ce prix, quand le porc allemand se vend entre 1,18 euros et 1,23 euros le kg. Le retrait de ces deux sociétés du marché a provoqué sa fermeture et mis en péril de nombreuses exploitations. La réouverture de ce marché qui s’est faite ce mardi 18 août s’est traduite par une chute des cours et une part importante de la production qui est invendue[1].

On notera ici une contradiction dans la politique gouvernementale. Le Ministre de l’agriculture appelle à une « concertation » pour faire monter les prix. Techniquement, c’est un accord de cartel, qui est interdit par la législation européenne. Cet accord implique que les principaux acteurs soient d’accord. Si deux acteurs, représentant 30% du marché font défaut, il ne pourra être tenu. Mais, les moyens du gouvernement de contraindre les acteurs d’acheter du porc à 1,40 euros le kg, quand ils peuvent se fournir en Allemagne à 1,23 euros le kg en moyenne, sont très limités. D’où les tergiversations de Le Foll, qui sait bien que s’il utilise des moyens contraignants il se fera censurer par Bruxelles. La différence de prix de 14% (ce qui économiquement est une différence importante) s’explique largement non seulement par la taille des exploitations allemandes (et espagnoles) mais aussi par l’utilisation d’une main d’œuvre à très bon marché, ce qui équivaut à un dumping social déguisé. A ce niveau, il n’y a pas de solutions. Si le gouvernement prend des mesures coercitives, il se met en contradiction avec les règles de l’Union européenne. S’il laisse la « loi du marché » jouer, cette « loi » va nécessairement avantager des systèmes productifs qui ne sont pas nécessairement plus performant que le système français, mais qui bénéficient soit de l’accès à une main d’œuvre à bas coût, soit de normes moins contraignantes, soit parfois des deux.

 

La faute à l’Euro ?

Imaginons maintenant que les pays de la zone Euro aient conservés leurs monnaies nationales. L’écart entre le Deutschemark et le Franc serait d’environ 20% à 25%. Cela signifie que si le porc était acheté en France à 1,40 francs le porc allemand vaudrait 1,48 francs toutes choses étant égales par ailleurs. Même en admettant que le prix des aliments soit plus important, il y aurait une quasi-parité du fait du décalage des taux de changes entre le porc allemand et le porc français.

On pourrait aussi imaginer que, dans le cadre de l’Euro, on applique exactement les mêmes règles, tant sociales qu’environnementales, en France et en Allemagne. C’est ce qui se passerait si nous ne formions qu’un seul pays. Mais, on sait bien que l’Allemagne n’est pas prête à transiger sur sa législation sociale ni même sur un certain nombre de normes environnementales. Dans ces conditions, la « loi du marché » ne peut que produire les désordres auxquels on assiste. Car soit la concurrence est dite « libre » et elle est faussée par des distorsions de réglementation mais aussi de situations entre les pays, soit elle est dite « non faussée » et dans ce cas elle n’est pas libre et inclut des mécanismes compensatoires pour corriger justement ces distorsions. Mais, l’idée d’une « concurrence libre et non faussée » est une contradiction dans les termes. Or, c’est bien sur cette notion que repose largement le « marché unique » européen.

Ce que l’on a démontré avec le porc vaut aussi pour la viande de bœuf, la volaille, et pour le lait. Dans la mesure ou une activité agricole est de plus en plus intégrée dans une filière de transformation les différences de réglementation, de situation aussi, vont avoir un effet de plus en plus important sur le coût final du produit. On dira que c’est ce qui s’est produit en France même quand les marchés régionaux ont été mis en concurrence les uns avec les autres avec le chemin de fer. C’est indiscutablement vrai. Mais, des mécanismes de compensation ont été mis au point, qu’il s’agisse de subventions à la transformation des exploitations (et il est vrai que l’on ne cultive plus de blé en montagne alors que c’était encore le cas au XIXème siècle) ou de mécanismes de soutien au cours des matières premières, comme l’Office Interprofessionnel des Céréales (ex-Office National Interprofessionnel du blé[2]) mis en place sous le gouvernement du Front Populaire.

 

Un discours contradictoire

En attendant, il est clair que le gouvernement tient un discours profondément contradictoire. D’un côté, il appelle à « consommer français », ce qui est très exactement le discours du Front National sur ce point. De l’autre, il ne se donne pas les moyens, en particulier en matière de réglementation quant à l’étiquetage des produits pour que les français puissent connaître de matière sure et sans risque la provenance réelle des produits qu’ils consomment. Il ne le fait pas car il est engagé dans une logique de négociations, que ce soit dans le cadre de l’UE ou dans le cadre de traités hors-UE (comme le fameux TAFTA avec les Etats-Unis), qui impliquent au contraire qu’i y ait une banalisation de l’origine réelle des produits.

Ce discours contradictoire ne pourra plus être tenu très longtemps. Entre la logique du « grand marché », qui implique une standardisation des produits au détriment des conditions de production de ces derniers et une logique plus maîtrisée des activités agro-alimentaires, il faudra choisir. On peut penser que le choix du gouvernement est fait en réalité, et ce choix va à l’opposé tant des intérêts des producteurs que de ceux des consommateurs. De ce point de vue, le rôle de l’Euro est indiscutable car il organise une fausse homogénéité (par le prix) et permet la mise en concurrence de produits qui sont en réalité issu de conditions de production très largement différentes. Derrière, et dessous, la crise de l’agriculture et des filières animales, nous retrouvons bien le rôle très pervers de l’Euro.

[1] http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/08/18/porc-la-cotation-reprend-mais-le-malaise-persiste_4728923_3234.html

[2] Loi du 15 août 1936, et décrets d’application du 26 août 1936. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000301350&categorieLien=id Voit aussi : http://www.lafranceagricole.fr/archive/article/la-naissance-de-l-office-du-ble-FA31521017958.html

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 14:16
6 août 2015
Grèce – 5 août : Protestation massive devant le ministère du travail à l’appel du PAME

6 août 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF

Le mouvement syndical communiste PAME (Front militant de tous les travailleurs) a tenu un rassemblement de protestation massif devant le ministère du travail ce mercredi 5 août en réponse au gouvernement grec, à l’Union européenne et au grand capital qui détruisent la vie des travailleurs.

Les déclarations faites à la délégation du PAME par le ministre du travail constituent une provocation à l’égard de tous les travailleurs. Le ministre du gouvernement SYRIZA a déclaré ouvertement que « tout est en discussion ». Tous les droits des travailleurs, les retraites, les droits syndicaux : tout est remis en question.

Il a affirmé clairement qu’il soutient l’élévation de l’âge de départ à la retraite !

Il a affirmé clairement qu’il réviserait les droits syndicaux !

Il a affirmé clairement son intention de revenir sur le droit de grève.

Il a montré qu’il y allait avoir une surenchère dans l’attaque contre ce qui reste des droits des travailleurs, alors que, dans le même temps, il demande l’appui des organisations syndicales pour faire passer le nouveau mémorandum !

Ça, c’est un gouvernement de « gauche » ! Ce gouvernement qui impose les mesures les plus brutales contre les travailleurs et qui veut leur faire dresser leur propre potence !

Ne pas attendre ! Pas un pas en arrière ! Alerte !

Le PAME a dénoncé l’attaque impitoyable des grandes firmes qui ont transformé les lieux de travail en ateliers de misère, à coup de licenciements, de coupes dans les salaires, de travailleurs non payés. Le PAME a déclaré que les syndicats de classe ne rentreront pas dans les tentatives de promouvoir la collaboration de classe, avec le « dialogue social » etc.

Le PAME appelle les organisations syndicales à mobiliser, à prendre des initiatives pour informer et organiser la classe ouvrière, à préparer les travailleurs à la riposte militante, combative, décisive au nouveau mémorandum-boucherie qui arrive.

Source: PAME

 
 
 
 
 
 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 08:11

 

5 août 2015

Situation en Grèce et Union européenne: position de Parti communiste espagnol

16 juillet 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF. Nous publions ce texte bien que le PCE soit membre, comme la direction du PCF, du Parti de la gauche européenne – PGE, avec le regroupement Izquierda unida. Outre l’intérêt de sa réflexion sur le fond, sur la situation en Grèce et ses répercussions politiques en Europe, ce texte exprime un rejet sous de nouvelles formes de l’UE dans le sens d’une rupture avec les politiques du capital qui mérite l’attention. Il tranche avec les positions du mouvement mouvementiste à la mode « Podemos » et son appui inconditionnel sur le plan antisocial accepté par ses frères Syriza et Tsipras en Grèce. Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, apôtre du dépassement de la forme parti, vient d’ailleurs de se livrer à des attaques profondément anticommunistes contre le PCE. D’une certaine façon, tout se tient.

 

L'actuelle Union européenne est, en ce moment, l'expression politique et institutionnelle la plus élevée de la constitution d'un bloc impérialiste spécifiquement européen.

Le Parti communiste d'Espagne a maintenu et maintient le principe du respect de l'autonomie d'action des organisations progressistes, ouvrières et de gauche des autres pays du monde et la compréhension de l'existence de différences d'analyse. Pour autant, le lien est clair entre les processus enclenchés en Grèce et en Espagne au cours des dernières années et les souffrances des peuples des deux pays sujets à des attaques similaires des grandes puissances capitalistes. Par conséquent, il est nécessaire, à partir des événements de ces derniers jours, d’émettre une série de considérations sur le résultat du processus de négociation entre la Grèce et l'Union européenne (sans oublier la participation du FMI) sur la question de la dette publique grecque et sur la mise en œuvre d'un ensemble complémentaire de mesures économiques dans le pays.

Les événements de ces dernières semaines permettent de confirmer, de façon absolument claire, la nature de l'UE : comme nous l’avons défini à notre XIXe congrès, l'Union européenne actuelle est, en ce moment, l'expression politique et institutionnelle le plus élevée de la constitution d'un bloc impérialiste spécifiquement européen. Les objectifs et le fonctionnement de l'UE sont conçus au service d'un pouvoir oligarchique d’origine financière, centré géographiquement sur l’Europe centrale, mais qui, en réalité, englobe également l'ensemble des capitalistes des autres pays de l'UE (y compris, bien sûr, d’Espagne).

Au cœur du projet d'intégration régionale européen se retrouvent, actuellement, trois aspects: l’accélération de la mise en œuvre de la solution néolibérale à la crise capitaliste dans tous les pays de l'UE, assurant l’écrasement de toute résistance, qu’elle provienne des pouvoirs économiques locaux ou des couches populaires; l’accentuation de la prédominance du noyau sur les peuples européens (principalement sur ceux de la périphérie géographique, mais aussi sur les autres); et, enfin, l’application d’une stratégie de confrontation politique et économique à l’encontre le reste du monde, en particulier à l’encontre des pays émergents, ce qui se traduit en particulier par le renforcement de l'alliance avec les États-Unis à travers le TTIP. Pour sa signification interne et mondiale, vu son urgence, la lutte contre l’Accord transatlantique doit être aussi une de nos priorités, liée à l'analyse des événements qui se déroulent en Grèce et (de façon pour l’instant moins aiguë) dans d'autres pays de l'Union.

S’il y avait quelques doutes quant à la position de l'UE, les faits, surtout ces dernières années, aussi bien dans sa propre périphérie à l’ouest et au sud (Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Portugal) que dans sa sphère d'influence en construction à l'est (Ukraine) finit de les lever: le caractère soi-disant bienveillant des institutions de l'Union est devenue une force implacable au service des intérêts du noyau capitaliste, ruinant les populations, tordant les aspirations démocratiques et déstabilisant, économiquement et politiquement, tout pays dans lequel elles voient une résistance. Ainsi, l'Union européenne, et les puissances régionales qui la suivent, se caractérisent par l'application d'une politique implacable de domination. Sa révèle le mensonge de la rhétorique sur l'intégration européenne équitable, présentée comme la marque de fabrique du processus « de construction européenne ».

Ainsi, le 13 juillet, le gouvernement grec a accepté, sous la forte pression de l'Allemagne et de la France, de la Commission européenne et de l'Eurogroupe, un pacte léonin, après une lutte dure de quelque six mois. La menace d'expulsion de la Grèce de la zone euro a été l'arme de chantage utilisée pour obtenir une capitulation. Celle-ci va entraîner sans aucun doute des conséquences difficiles pour la Grèce, niant, à la racine, l'idée d'une Europe unie et pacifique, solidaire et égalitaire, pour laquelle la majorité sociale du continent a lutté pendant de nombreuses décennies.

L'accord attaque à nouveau l'économie et le peuple grecs, avec la poursuite des politiques d’austérité et la renonciation en conséquence à la souveraineté de l’Etat. Il en est ainsi, même si, comme l’a indiqué le gouvernement grec, reste envisagée, avec cet accord, la possibilité d'empêcher temporairement l’asphyxie ou l'effondrement financier, d'une restructuration ultérieure de la dette ou du maintien des lois adoptées concernant les employés du secteur public. Et encore, de façon terriblement paradoxale, le fait est qu’avec l'application de l’accord dans sa teneur réelle, la dette grecque devrait augmenter, la situation économique du pays continuer de se détériorer. De même, le discours officiel sur la «sauvegarde» de l'euro (qu’a tenu, entre autres, le ministre Guindos) est également clairement fallacieux, étant donné la possibilité que la situation extrême de la Grèce se reproduise dans d'autres pays du sud de l’Europe.

Nous considérons que la mise en œuvre du paquet de mesures économiques convenu en Grèce (qui n’est rien d’autre que la poursuite et l'approfondissement du processus subi par le peuple grec depuis 2010) amènera des conséquences économiques, politiques et sociales profondément négatives pour ce pays. Les réformes des retraites (avec l’horizon du déficit zéro) et des conventions collectives, convenues avec l'UE, ainsi que la hausse de la TVA (pour ne citer que certaines des mesures les plus importantes) visent directement à l'achèvement du processus de sortie, par la voie antisociale, de la crise en Grèce (également au bénéfice des puissances capitalistes grecs), garantissant la soumission des travailleurs au capital, avec une pleine efficience des mesures de pression économique (dirigées, encore une fois, contre les salaires).

De même, les dommages causés au reste de souveraineté économique de la Grèce auront des conséquences décisives, à la lumière du paquet de mesures contenues dans l’accord, en raison du programme imposé de privatisations massives qui placera les secteurs fondamentaux de l’économie du pays (transport, télécommunications, énergie, services bancaires, etc.) encore aux mains du public, sous la propriété des grands groupes capitalistes de l'UE. Il ne faut pas sous-estimer cette question parce qu’un secteur public, efficace et développé, est l'une des clés fondamentales pour faire avancer une politique de transformation un tant soit peu significative. Egalement, dans cette même stratégie « prédatrice » de l'UE, la déréglementation et « l 'ouverture » des marchés à l'étranger cherchent à accélérer le processus de concentration et de centralisation du capital. La réalisation de toutes ces mesures revient, tout bonnement, à transformer définitivement la Grèce dans une semi-colonie économique de l'UE.


De même, on ne peut que constater la position du gouvernement du Parti populaire, Rajoy en tête, de collaboration avec la stratégie et les interventions de l'UE en Grèce, suivant une corrélation étroite avec la politique d’écrasement des acquis sociaux de la classe ouvrière en Espagne. Cette position du gouvernement espagnol, laquais du gouvernement d'Angela Merkel, doit être sanctionnée par les citoyens de notre pays dans les rues et dans les urnes. En acceptant de se rendre complice de la nouvelle tentative de détruire la Grèce, d’attaquer la démocratie et d’écraser un peuple, qui est déjà dans une situation sociale terrible, il montre sa véritable position politique et morale.

Le principe fondamental du moment est qu’il est, tout simplement, impossible de «gérer» le paquet de mesures farouchement néolibérales signé avec l'Union européenne. La cohérence, totale et détaillée de ce paquet (non seulement parce que cela est exigé par les institutions de l'Union, mais de par sa nature même) rend directement impossible de limiter, même un peu, sa portée. Il n’est pas davantage réaliste de compter parvenir à une nouvelle "croissance" économique en Grèce grâce à l'arrivée présumée de nouveaux investissements étrangers, tout en restant dans le cadre de l’application de ce paquet de mesures. Cela est non seulement improbable mais, même dans ce cas, la nouvelle activité économique aurait lieu dans des conditions répondant aux intérêts des investisseurs étrangers, sur la base d’une plus grande exploitation des travailleurs, et non aux besoins du peuple grec. Et il est encore moins vrai de prétendre que la sortie du pays de la zone euro, même s’il elle a lieu soudainement, serait le prélude à une véritable apocalypse économique et sociale, sans pour autant que cela ignorer le scénario extrêmement complexe dans son développement qui s’ouvrirait. La mise en œuvre du paquet de mesures ne peut que perpétuer le caractère périphérique et dépendant de l'économie de la Grèce par rapport au noyau capitaliste de l'UE.

La «gestion» de la barbarie néolibérale a été le but de la social-démocratie européenne dans un passé récent, avec un développement incohérent depuis le début et un échec retentissant dans son résultat final. Cela a contribué à juste titre à son déclin politique aujourd'hui et à sa position de plus en plus subordonnée dans l’alliance avec les forces conservatrices et libérales au sein de l'UE. Le développement de la crise en Grèce amène à assimiler une leçon essentielle: on ne résiste au pouvoir de l'Union européenne qu’en reprenant une véritable souveraineté populaire, ce qui passe par le contrôle public sur les leviers économiques de base (notamment les mécanismes capables de contrer les actions de guerre financière contre le pays). De même, on ne peut pas assimiler le maintien dans l'Union économique et monétaire ou dans l'Union européenne elle-même à un principe dogmatique, sans l’associer à la sauvegarde des droits, des intérêts et des besoins vitaux de la population.

Enfin, nous ne devons pas tomber dans le piège d'accepter implicitement que le rejet de l'ensemble des mesures convenues (impliquant le rejet des paquets de mesures précédents) représenterait un appui aux intérêts des différentes puissances capitalistes nationales. En effet, dans les pays du sud de l'Europe, il est plus que nécessaire de mettre en chantier une politique de profonde transformation économique, politique et sociale. Le contenu de ces changements n'a rien à voir avec la rhétorique des «réformes» tel qu’elle est acceptée comme monnaie courante dans une grande partie de l'UE, mais avec des réalisations au service de la majorité de la société européenne. Ainsi, l'engagement du PCE porte, en conformité avec les résolutions et les thèses de son XIXéme congrès, comme un programme urgent de mesures économiques et politiques en Espagne, contre l'euro, contre les politiques d'ajustement et le projet néolibéral en Europe, sur les points suivants :


1. Réaliser un audit de la dette avec la constitution de mécanismes opérationnels permettant la participation de la société.

2. Rejeter le paiement de la dette illégitime, et rejeter en même temps qu’un déficit soit généré pour le financement des services publics et des politiques de protection sociale.

3. Sur cette décision souveraine de non-paiement de la dette illégitime, initier un processus de renégociation de la dette, sur la base du rejet du pacte d'austérité européen, avec l’objectif d'éviter que le paiement de la dette amène une aggravation de conditions de vie et de travail des couches populaires et des travailleurs.

4. S’opposer à l'intervention de notre pays dans le camp des puissances économiques européennes et rejeter tout «mémorandum», même imposé par un prétendu «gouvernement de salut national" ou un «gouvernement technocratique».

5. Promouvoir la création d'un bloc régional des pays débiteurs pour générer une convergence de forces contre les créanciers financiers.


Cela conduit à la nécessité de progresser vers une large alliance européenne pour faire face, de façon unie, à une Union européenne dont le sens est devenu clair. Les fortes mobilisations qui se sont développées dans de nombreuses parties de l'Europe, mobilisations inédites depuis de nombreuses années, auxquelles de nombreuses personnes ont participé, ont démontré que cet état d’esprit progressait, non seulement par solidarité, mais contre le danger pour son propre pays.

Devant cette situation, le PCE ne peut pas se contenter de contempler l'admirable exemple des peuples d’Amérique latine qui élaborent un modèle d'intégration régionale, solidaire, sur une architecture institutionnelle horizontale, basé sur l'unité populaire, l'élan de processus constituants et la restauration de la souveraineté populaire, contre les oligarchies locales, la stratégie néolibérale et la puissance impérialiste.

L’heure est venue aussi pour les peuples de toute l’Europe d’être à leur tour bâtisseurs de l'avenir. Ce processus avancera rapidement dans le continent avec le renforcement des liens de solidarité, en particulier (mais pas seulement) au sud. Nul doute que le chemin est difficile et, bien sûr, incertain. Toutefois, la certitude est qu’il se trouve parmi les peuples, face au nouvel ordre de Bruxelles, et qu’il doit servir à dissiper les doutes et à commencer à avancer.

Madrid, 16 juillet 2015

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 22:00
 

Par Ballast – 27 juillet 2015

Résumons à très grands traits. Le 25 janvier 2015, Syriza remporte les élections législatives grecques sur un programme de rupture ; le 5 juillet, c’est un tonitruant « OXI », à 61 %, qui envoie les petits barons de l’ordre européen dans les cordes ; le lendemain, Yánis Varoufákis, ministre des Finances grec, est poussé vers la sortie ; le lundi 13 juillet, le tout-venant apprend que les dix-huit heures de bataille psychologique, à la fameuse « table des négociations », ont eu raison des espoirs mis dans le gouvernement grec : capitulation en rase campagne, entend-on. La couleuvre de l’austérité avalée contre un hypothétique rééchelonnement de la dette. « J’assume la responsabilité d’un texte auquel je ne crois pas », affirme Tsipras à la télévision publique grecque. Mercredi, le comité central de Syriza rejette l’accord et dénonce « un coup d’État contre toute notion de démocratie et de souveraineté populaire ». Les ministères démissionnaires partent en claquant la porte, le texte passe avec les voix de la droite et de la social-démocratie grecques, les grèves générales repartent et la place Syntagma s’enflamme. « Trahison » ; la messe est dite. Pour Stathis Kouvélakis, philosophe francophone, membre du Comité central de Syriza et figure de la Plateforme de gauche, l’équation s’avère toutefois plus complexe, si l’on tient à prendre toute la mesure de ces récents événements. Entretien pour y voir plus clair et, surtout, organiser la riposte.

Vous émettez des réserves quant à la critique de Tsipras en termes de « trahison », qui revient pourtant fréquemment dans les gauches radicales européennes depuis l’accord du 12 juillet. Pourquoi la considérez-vous comme inefficace ?

Je ne nie pas que le terme de « trahison » soit adéquat pour traduire une perception spontanée de l’expérience Syriza. Il est évident que les 62 % qui ont voté « non » au référendum et les millions de gens qui ont cru en Syriza se sentent trahis. Néanmoins, je nie la pertinence analytique de la catégorie de trahison car elle repose sur l’idée d’une intention consciente : consciemment, le gouvernement Tsipras aurait fait le contraire de ce qu’il s’était engagé à faire. Je pense que cette catégorie obscurcit la réalité de la séquence en cours, qui consiste dans la faillite d’une stratégie politique bien précise. Et quand une stratégie fait faillite, les acteurs qui en étaient les porteurs se retrouvent uniquement face à de mauvais choix ou, autrement dit, à une absence de choix. Et c’est très exactement ce qui s’est passé avec Tsipras et le cercle dirigeant du gouvernement. Ils ont cru possible de parvenir à un compromis acceptable en jouant cette carte de la négociation – qui combinait une adaptation réaliste et une fermeté quant à des lignes rouges, dans le but d’obtenir un « compromis honorable ».

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 21:45
Syriza, l’Euro et les opinions des grecs

Par sur le blog Russeurope  · 5 août 2015

Un sondage qui vient d’être réalisé en Grèce par BridgingEurope.net sur la période du 22 au 24 juillet 2015, présente des résultats intéressants, qui témoignent d’un changement d’attitude au sein de la population grecque[1]. Le désenchantement vis-à-vis de Syriza apparaît nettement, mais sans que cela change – pour l’instant – les pronostics pour des élections législatives anticipées, qui auront très probablement lieu cet automne. Le changement le plus spectaculaire porte sur l’Euro. L’écart entre le nombre de grecs désireux de garder l’Euro et ceux désireux de la quitter apparaît bien plus faible que ce qu’annonçaient les sondages de début juillet. Par ailleurs, une majorité absolue des personnes interrogées pense que la Grèce va sortir de l’Euro. Et cela qu’ils approuvent ou désapprouvent cette option.

Il convient d’être prudent quant à ces résultats. Les sondages en Grèce sont assez peu fiables. Celui-ci, cependant, a été fait par un organisme étranger. Il utilise la méthode des appels téléphoniques. Or, cette méthode tend à minorer la part des plus démunis dans le sondage et à décaler l’échantillon, ne serait-ce que de quelques points, vers les classes moyennes, dont on sait qu’elles sont très opposées à une sortie de la Grèce de l’Euro. On peut donc raisonnablement penser que l’écart est encore plus faible que ce qui est indiqué dans ce sondage.

 

Une « trahison » de la part de SYRIZA

Les premières questions portent sur l’appréciation de la politique de Syriza. La politique actuelle du gouvernement est rejetée, ou considérée comme insatisfaisante, par 77% des personnes interrogées. Mais, ce qui est véritablement important, ce sont les raisons pour lesquelles cette politique est rejetée :

Tableau 1

Pensez-vous que Syriza aitabandonné son programme

électoral ?

  Pensez vous que le gouvernement grec ait capitulé devant ses créanciers  
Oui 83% Oui 76%
Non 9% Non 9%
Ne sait pas/ne se prononce pas 8% Ne sait pas/ne se prononce pas 15%

On ne trouve que 9% des personnes interrogées qui ont répondu « non » à ces deux questions. Plus de trois grecs sur quatre estiment que le gouvernement a bien « capitulé » devant les exigences des créanciers. Le ressenti de la population grecque, si on doit suivre ce sondage, est bien celui d’une trahison.

Pourtant, et ce point est important, la rupture au sein de Syriza provoquée par le diktat du 13 juillet n’est pas ressentie comme une bonne chose.

Tableau 2

Pensez vous que la rupture au sein de Syriza soit un bon ou mauvais développement

Ensemble   Electeurs de Syriza  
Bon 31% Bon 16%
Mauvais 58% Mauvais 79%
Ne sait pas/ne se prononce pas 11% Ne sait pas/ne se prononce pas 5%

Ces chiffres montrent que, d’une certaine manière, la population grecque reste attachée à un gouvernement de Syriza. Compte tenu du système électoral grec, qui a été bien intériorisé par la population, une division de Syriza risque de ramener la droite (Nouvelle Démocratie ou le parti To Potami « La Rivière ») au pouvoir. En effet, les élections sont à la proportionnelle, mais le parti arrivé en tête obtient une majoration de 50 sièges. Le risque évident est que, dans le cas d’une division, Syriza arrive en seconde position derrière la Nouvelle Démocratie (qui comme le disent de nombreux grecs est un double mensonge car n’étant ni nouveau ni démocratique). Or, de cela, non seulement les électeurs de Syriza ne veulent pas, mais il semble bien que l’ensemble de la population, lassée de l’alternance entre deux formations, le PASOK (socialiste) et la Nouvelle Démocratie, également népotistes et corrompues, ne le souhaitent pas non plus. Ce résultat est confirmé par les intentions de votes suivantes :

Tableau 3

Intention de vote en cas d’élections anticipées

Syriza 33,2%
Nouvelle Démocratie 18,6%
To Potami (La Rivière) 6,4%
Aube Dorée 5,9%
KKE (Parti communiste de Grèce) 5,2%
Grecs Indépendant (ANEL) 4,1%
PASOK 3,0%
Divers 4,2%
Ne se prononcent pas 19,4%

Ces résultats sont extrêmement intéressants. En premier lieu, ils montrent que le bloc des électeurs de Syriza est toujours fortement majoritaire. Ensuite, les partis pro-européens traditionnels restent très faibles. Le bloc Nouvelle Démocratie – To Potami – PASOK ne ferait que 28% des suffrages. On ne voit aucune montée, suite à la déception enregistrée avec Syriza, des partis représentants la position traditionnelle d’acceptation des conditions de la Troïka. Ce bloc des trois partis, qui représentait « l’espoir » des institutions européennes, reste très faible dans les intentions de vote. De même, les partis représentants une oppositions radicale, que ce soit Aube Dorée pour l’extrême droite ou la KKE pour l’extrême gauche, ne progressent pas. Enfin, et ce point est important, il y a une hausse forte de la catégorie « ne se prononcent pas ». Or, il n’est pas impossible que, au sein de cette catégorie, on ait soit des électeurs « ex-Syriza » qui attendent pour se prononcer de voir apparaître un nouveau parti à la gauche de Syriza, soit que l’on ait aussi des électeurs qui n’osent pas avouer aux sondeurs qu’ils ont fait le choix d’Aube Dorée. Il semble bien que l’augmentation importante de cette catégorie reflète un réel problème au sein des électeurs grecs.

 

L’Euro, un sujet qui fâcherait moins

Un autre enseignement de ce sondage est l’évolution des représentations liées à l’Euro. Tout d’abord, il convient de relever l’extrême scepticisme des grecs au sujet de l’accord signé le 13 juillet.

Tableau 4

Pensez vous qu’un accord de « bail-out » aboutisse à une amélioration des conditions sociales et économiques de la Grèce ?

Ensemble   Electeurs de Syriza  
Oui 8% Oui 7%
Non 73% Non 82%
Ne sait pas/ne se prononce pas 19% Ne sait pas/ne se prononce pas 11%

Ce qui est frappant, ici, c’est la relative unanimité des réponses. Massivement, les personnes sondées ne pensent pas que les conditions économiques et sociales de la Grèce seront améliorées par un accord avec les créanciers. Visiblement, l’accord du 13 juillet est bien perçu pour ce qu’il est : une capitulation qui n’entraînera aucune amélioration de la situation. La perspective d’une sortie de l’Euro est désormais vue comme inévitable, et le pourcentage séparant les avis favorables et opposés à cette sortie se réduit. On était à près de 75% d’opinions opposées à une sortie de l’Euro à la fin juin.

Tableau 5

Dans les circonstances présentes préférez-vous rester ou sortir de l’Euro   Pensez vous qu’un GREXIT ait été évité  
Rester 41% Oui 32%
Sortir 36% Non 58%
Ne sait pas/ne se prononce pas 23% Ne sait pas/ne se prononce pas 10%

En un sens, la seconde question est même plus importante que la première. Si la population « croit » en une sortie de l’Euro (le Grexit), elle se comportera comme si cette sortie devait survenir, en particulier du point de vue de son comportement face au système bancaire. Dans ces conditions, une sortie risque fort d’être inévitable. C’est le phénomène connu sous le non d’anticipation « auto-réalisatrice ». Le fait que 58% de la population pense qu’une sortie est inévitable va peser considérablement sur les comportements économiques et financiers des ménages et des entreprises. Mais, il faut aussi noter que le nombre de personnes sondées qui préfère rester dans l’Euro semble s’être profondément effondré depuis moins d’un mois. Il n’y a plus aujourd’hui que 41% des personnes sondées à vouloir rester dans l’Euro, face à 36% de personnes considérant qu’il serait préférable que la Grèce sorte. La marge de 5% entre les deux positions est très faible et, vraisemblablement correspond à la marge d’erreur d’un sondage réalisé par téléphone.

On assiste donc bien à un véritable retournement de l’opinion sur ce point.

 

 

 

[1] Ce sondage peut être téléchargé à l’adresse suivante : http://www.bridgingeurope.net/uploads/8/1/7/1/8171506/be_nationwide_poll_july2015.pdf

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 09:33

Par sur le blog Russeurope · 3 août 2015

Le fameux plan « B » de Yanis Varoufakis n’a pas cessé de faire parler de lui. Le 16 juillet 2015, soit le lendemain du vote au Parlement grec de l’accord signé le 13 juillet, et on rappelle que Varoufakis avait voté contre cet accord, il a donné un téléconférence à l’OMFIF ou Official Monetary and Financial Institutions Forum[1]. Il s’agit en fait d’une conversation de 25 minutes avec deux responsables de l’OMFIF, David Marsh, le directeur exécutif de l’OMFIF et Norman Lamont. Cette conversation téléphonique a été installée sur le site web de l’OMFIF le 27 juillet 2015 et la transcription écrite a été installée sur le site le 28 juillet 2015, avec l’accord de Yanis Varoufakis. Cette transcription précise le statut de ce plan « B ». Quel que soient les points de divergences avec Yanis Varoufakis, il est important de l’écouter, et de le lire. On verra d’ailleurs que s’il est, en principe, pour l’Euro il est arrivé à la conclusion, qui est partagée par ses collaborateurs, qu’une sortie de l’Euro était envisageable.

 

Le but du plan « B »

Yanis Varoufakis commence par dire : «Je dois admettre que nous n’avions pas de mandat pour sortir la Grèce de l’Euro. Ce pour quoi nous avions un mandat était pour négocier un arrangement avec l’Eurogroupe la Banque Centrale Européenne qui rende la position de la Grèce viable dans le cadre de la zone Euro. Le mandat allait cependant un peu plus loin – au moins dans mon estimation. Je pense que le peuple grec nous avait autorisé à poursuivre cette négociations avec énergie et vigoureusement au point de dire que si nous ne pouvions avoir un accord viable nous devrions considérer une sortie (de la zone Euro) ». C’est une position très claire, et entièrement cohérente avec la logique des négociations menées depuis plusieurs mois. Varoufakis dit bien que le mandat, en tant que tel, ne portait pas sur une sortie de l’Euro, ce qui était explicite depuis la campagne électorale de janvier 2015 mais que, et en particulier à la suite du referendum du 5 juillet, implicitement, ce mandat s’étendait à une sortie si aucun accord viable pour la Grèce, autrement dit respecter le programme sur lequel Syriza avait gagné les élections n’était pas possible. L’accord que la Grèce a été contrainte d’accepter n’est pas viable. Varoufakis insiste sur ce point à de nombreuses reprises. Et, il laisse entendre que, effectivement, son choix aurait alors été plutôt une sortie de la zone Euro. Pourtant, il ne s’en cache pas les difficultés. Il ajoute ainsi peu après : « Le problème est que, quand vous êtes à l’intérieur d’une Union Monétaire, il est toujours très dur de créer le type de dialogue public, qui est nécessaire afin de préparer les gens pour ce qui arrive, pour un processus de désengagement de cette union monétaire tout en ne précipitant pas en même temps un effondrement ». On peut comprendre cette phrase comme la reconnaissance du fait que Syriza a fait une erreur stratégique en n’ouvrant pas un dialogue public, il vaudrait d’ailleurs mieux dire un débat, sur cette question très en amont. Peut-être cela aurait-il renforcé la position de négociation du gouvernement grec.

 

Les raisons de sa non application

Sur le plan « B », il est très précis. Il dit : « Le travail (de mise au point du plan « B ») était plus ou moins achevé, nous avions un plan B, mais la difficulté venait du passage des 5 personnes qui l’avaient planifié aux 1000 personnes qui auraient eu à le mettre en œuvre. Et pour cela je devais recevoir un autre autorisation qui n’est jamais venue ». Ce passage est très important. Il montre qu’il y avait bien une alternative, mais que cette alternative fut rejetée pour des raisons politiques et non pour des raisons de faisabilité. Alexis Tsipras, celui qui aurait dû donner la dernière autorisation, ne le fit pas. On peut comprendre les raisons politiques de ce geste. Mais, ce geste fut le produit d’une raison politique, la volonté de rester quoi qu’il en coûte dans la zone Euro, et non d’une raison technique. De ce point de vue, cela éclaire la position de ceux qui en France prétendent que le choix d’Alexis Tsipras était dicté par la nécessité, comme par exemple Pierre Laurent dans son entretien à Marianne du 25 juillet[2]. C’est une tout autre histoire que fournit Varoufakis. Elle dément complètement la thèse de Laurent, ce que l’on pouvait discerner dans les nombreux articles de presse qui ont été publiés du 14 au 24 juillet[3]. Et, cela éclaire aussi le mensonge qu’a proféré Laurent dans cet entretien à Marianne quand il prétend, contre toute évidence, qu’il n’y avait pas d’autre choix possible.

Varoufakis alors ajoute une phrase, celle qui a « fuité » et qui lui a été beaucoup reproché, mais dont le sens devient alors très clair dans le contexte de la conversation téléphonique qu’il a avec ses correspondants de l’OMFIF : «C’était très bien développé et je pense que cela aurait fait une très grande différence, car très vite nous aurions pu l’étendre (le système de paiements parallèle) en utilisant des applications sur des Smartphones et il serait devenu une fonction du système parallèle. Et, bien entendu, ceci aurait été en Euro mais aurait pu en un coup de chapeau être converti en nouvelle Drachme ». Varoufakis explique ainsi en quoi le plan « B », qui impliquait un système assez sophistiqué mais en réalité assez simple de système parallèle de paiements, aurait permis, s’il l’avait fallu – et il faut bien insister sur cela – un basculement hors de l’Euro. Ce basculement n’était pas prémédité, mais il devenait possible si le gouvernement grec en prenait la décision. Là encore, nous pouvons constater que cette décision était politique et non technique. Ici encore, le mensonge de tous ceux qui, en France, continuent de prétendre qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’accepter l’accord du 13 juillet est clairement dévoilé.

 

La France dans le viseur de l’Allemagne

Mais, il y a une autre chose importante dans cette conversation entre Yanis Varoufakis et les deux responsables de l’OMFIF. Parlant de ce que voulait le Ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, il fait une référence très précise à la France : « Et il (i.e. Schäuble) me dit explicitement qu’un GREXIT, une sortie de la Grèce, aller lui donner assez de pouvoir de négociation, avec suffisamment de pouvoir terreur, dans le but d’imposer à la France ce à quoi Paris résistait. Et de quoi était-il question ? Du transfert du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles ». Autrement dit, le plan mis en place par Schäuble ne visait pas prioritairement la Grèce, mais avait comme objectif, à travers la Grèce, d’aboutir à une capitulation totale de la France qui devrait, et devra sans doute, accepter le transfert de la totalité de son pouvoir de décision budgétaire à une instance étrangère. Autrement dit, c’est bien la mise en tutelle de la France que visait Schäuble à travers sa position sur la Grèce. Il faut en avoir conscience.

C’est pourquoi les mensonges, que ce soit ceux de François Hollande sur un « gouvernement » de la zone Euro ou ceux de Pierre Laurent, justifiant l’accord léonin, le diktat, auquel Tsipras a consenti, prennent ici une autre dimension. Ils deviennent des actes de connivences dans un transfert décisif de souveraineté vers une puissance étrangère, un transfert sur lequel le peuple français ne sera, et c’est l’évidence, jamais consulté. Il y a un mot par lequel on appelle tout cela…

 

 

[1] http://www.omfif.org/media/1122791/omfif-telephone-conversation-between-yanis-varoufakis-norman-lamont-and-david-marsh-16-july-2015.pdf

[2] http://www.marianne.net/pierre-laurent-sortie-zone-euro-n-empeche-pas-pression-marches-100235637.html

[3] En particulier l’interview de James Galbraith, qui a travaillé avec Varoufakis (http://www.socialeurope.eu/2015/07/syriza-was-in-a-lose-lose-situation/ ) ou encore celui de Daniel Munevar, un autre des collaborateurs de Varoufakis (http://www.socialeurope.eu/2015/07/why-ive-changed-my-mind-about-grexit/ ).

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 13:33
Vu sur Libération

Varoufastyle.

En pleine fringale médiatique (il a également publié un texte dans le Monde diplomatique de ce mois), l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (photo AFP) publie sur son blog, en anglais, l'intégralité d'une interview qu'il a donnée au quotidien espagnol El Pais. Comme toujours avec lui, c'est passionnant, mais on ne peut pas tout résumer. Voici quelques extraits :

«Il n'est pas facile pour un architecte de bâtir un bâtiment solide, mais il est facile de construire un bâtiment qui va s'effondrer [...] [Le troisième plan d'aide, actuellement discuté à Athènes] est prévu pour échouer, car reconnaissons-le : Wolfgang Schaüble [le ministre allemand des Finances] n'a pas envie d'un accord qui fonctionne.»

«Le plan de Schaüble est de mettre la troïka partout : à Madrid, mais surtout à... Paris ! Paris, c'est le gros lot. C'est la destination finale de la troïka. Le Grexit est utilisé pour créer la peur nécessaire pour forcer Paris, Rome et Madrid à acquiescer.»

«En 1967, il y avait les tanks [des colonels]. En 2015, il y avait les banques.»

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 13:12

"Entre 2007 et aujourd’hui, les économies de la Finlande et de la Hollande, deux pays cotés triple A par la majorité des grandes agences de notation, ont crû moins rapidement que celle de l’Islande, alors que ce pays est tombé en faillite en 2008, note Matt O'Brien du Washington Post. Dans les deux cas, c’est l’euro qui est le coupable, affirme-t-il, même si le scénario n’était pas le même dans les deux pays. […] Dans une telle situation, un pays devrait pouvoir dévaluer sa monnaie pour regagner de la compétitivité et attaquer de nouveaux marchés. Mais cela n’a pas été possible pour la Finlande, membre de la zone €uro. Le pays a donc subi une dévaluation interne : au lieu de dévaluer sa monnaie, il a réduit le niveau de ses salaires. Le résultat a été la récession la plus longue de mémoire d’homme en Finlande, plus longue encore que celle des années nonante, observe le journaliste. Et les règles de rigueur budgétaires de la zone €uro, qui ont contraint les autorités à Helsinki de réduire les dépenses de l’État, n’ont rien arrangé. […] Selon O'Brien, c’est la possibilité de dévaluer la couronne islandaise qui a fait toute la différence, permettant au pays de restaurer sa compétitivité. Avec l’€uro, c’est le contraire. Les pays ne peuvent déprécier leur monnaie, réduire leur taux d’intérêt, ou dépenser plus en cas de crise, et du coup, ils sont condamnés à y rester plongés. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est baisser le niveau des salaires et des dépenses publiques. « En d’autres termes, la camisole de force de l’€uro transforme les problèmes ordinaires en problèmes extraordinaires (Finlande), et les problèmes extraordinaires en problèmes historiques (Grèce). Et cela se produit, que l’on suive ses règles, ou non », conclut le journaliste."

Source : Express.be

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