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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 15:50
Le gouverneur de la Banque de France et le président de la Bundesbank allemande conseillent aux peuples de renoncer encore davantage à leur souveraineté.
par Pierre Lévy

Le 8 février, le gouverneur de la Banque de France et le président de la Bundesbank allemande prenaient la plume pour une tribune commune parue simultanément dans Le Monde et dans la Süddeutsche Zeitung. En tant que membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), ils ne manquent jamais une occasion de rappeler la sacro-sainte indépendance des banquiers centraux. Ceux-ci ne doivent, selon les traités européens, ni solliciter ni accepter les remarques ou les conseils des élus nationaux. En revanche, nul texte ne leur interdit de distribuer urbi et orbi suggestions, propositions, et même consignes.

En l’espèce, ils ne s’en privent guère. Martelant d’emblée que « l’avenir de l’Europe ne peut se bâtir sur une renationalisation » mais bien plutôt sur « une monnaie solide » et des « valeurs fortes » (et même cotées, préciserait un esprit espiègle), ils mettent en garde sur la gravité des dangers : « montée du terrorisme », « afflux massif de réfugiés » et « tendances nationalistes (qui) s’exacerbent dans plusieurs Etats membres ». C’est fou comme le champ des prérogatives des banquiers centraux est vaste ! Les auteurs, qui signent pourtant ès qualité, précisent du reste que leur texte ne porte pas essentiellement sur la politique monétaire, domaine dont on croyait naïvement qu’il délimitait leur compétence institutionnelle.

Leur intervention intervient à un moment où les dirigeants européens les plus éminents ne cachent plus leur inquiétude quant à l’avenir même de l’Union européenne, confrontée à une « polycrise » de nature et d’ampleur inconnue depuis sa fondation, il y près de soixante ans.

Qu’à cela ne tienne, écrivent François Villeroy de Galhau et Jens Weidmann : il faut renforcer « trois piliers économiques » qui nous assureront enfin un avenir radieux. Le premier – qui brille par son côté aussi original qu’inattendu… – est constitué des « réformes structurelles nationales » qu’il faut « mener avec détermination ». C’est pourtant ce que font depuis quelques années les gouvernements – mais, manifestement, les banquiers estiment que ça ne va pas assez vite. Il faut donc hâter le pas, en France en particulier, pour réformer le marché du travail, le système d’éducation, et le droit fiscal, « au-delà » des mesures récentes d’allègements pour les entreprises (CICE, Pacte de responsabilité…). Comble de l’audace, les auteurs plaident également… pour un nouveau renforcement de la concurrence sur le marché des biens et des services.

Le deuxième pilier consiste en un « programme ambitieux d' »union de financement et d’investissement » ». Là, nos amis banquiers sont vraiment dans leur élément : ils plaident pour que l’« épargne abondante » soit mieux mobilisée à travers l’encouragement à l’émission d’actions par les entreprises.

Enfin, le troisième pilier n’est pas le moindre : il faut renforcer « la gouvernance de la zone euro ». Les différents Etats avaient vu leurs prérogatives notamment budgétaires drastiquement réduites à la faveur de la crise des dettes publiques (à partir de 2011), notamment par la mise en place du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), le « six-Pack », le « two-Pack », le semestre européen – autant de trouvailles européennes qui dessaisissaient déjà les gouvernements et les parlements de leur pouvoir sur leurs propres budgets nationaux.

Ca ne va pas encore assez loin, tonnent MM. Weidmann et Villeroy, qui vilipendent « l’asymétrie actuelle entre souveraineté nationale et solidarité commune ». Comprendre : il subsiste encore trop de souveraineté.

Dès lors, la solution « la plus simple » – on ne louera jamais assez le pragmatisme des banquiers – serait que « les Etats membres de la zone euro consentent à un partage de la souveraineté et des pouvoirs au niveau européen ». Comme le terme « partage » signifie bien sûr « abandon », leur proposition viserait en particulier à créer un « Trésor commun à la zone euro, conjointement avec un conseil budgétaire indépendant » – indépendant des peuples, faut-il le préciser ?

Les auteurs reprennent ainsi à leur compte ledit « rapport des cinq présidents » publié l’année dernière, piloté en particulier par Mario Draghi et Jean-Claude Juncker, dont le propos était identique, mais qui n’a pas abouti. Toujours moins de marge de liberté pour les Etats, tel est le mot d’ordre commun des élites dirigeantes.

Un tel objectif peut être atteint par une autre voie, précisent les banquiers centraux : « si les gouvernements et les parlements de la zone euro reculaient devant la dimension politique d’une véritable union, il ne resterait comme option envisageable qu’une approche fondée sur (…) des règles encore plus fortes ».

On comprend le souci de nos malheureux banquiers, qui s’affichent comme des « Européens engagés » : sans abandon total de souveraineté nationale, l’euro, qui règne sur des économies aux caractéristiques très différentes, ne peut tenir dans la durée. C’est donc d’une fuite en avant permanente qu’eux et leurs semblables se font les avocats angoissés.

D’autant plus angoissés que c’est précisément cette intégration « sans cesse plus étroite » qui provoque un rejet populaire croissant de l’UE, d’un bout à l’autre du continent. Face à cela, les « Européens engagés » continuent à ânonner le principe bien connu selon lequel : ce qui n’a pas marché avec l’Europe marchera… avec plus d’Europe.

Un principe qui est appliqué depuis des lustres avec le succès que l’on connaît… Pour combien de temps encore ?

Article de Pierre Lévy initialement paru sur le site de RT France.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 18:40

par ·

16 février 2016

 

Les méfaits de l’Euro ne se limitent pas à notre pays. Ils se font sentir au sein de l’Union européenne. Pourtant, cette dernière est loin d’être convertie dans son ensemble à l’Euro. Plusieurs pays, et non des moindres, tels la Grande-Bretagne, la Hongrie, la Pologne ou la Suède, ont refusé – et refusent toujours – de rejoindre la zone Euro. Force est de constater qu’ils ne s’en portent pas plus mal, loin de là. Et pourtant, l’Euro mine l’Union. La crise de l’Euro a paralysée l’UE depuis 2010, et l’a entraînée dans toujours plus d’austérité, suscitant alors une vigoureuse remise en cause de la part des électeurs. Les succès électoraux des partis eurosceptiques, que l’on qualifie de « populistes », en témoignent.

Il convient ici de rappeler que l’Union européenne se prévaut des plus hautes valeurs. De par la voix de ses dirigeants comme de ceux de ses pays membres elle affirme représenter la démocratie, la liberté et la paix. Pourtant, elle en donne concrètement une image bien différente. La démonstration en a été faite au premier semestre 2015 dans le conflit qui a opposé le gouvernement grec aux instances européennes. Non seulement, à cette occasion, a-t-elle violé ses propres valeurs à de multiples reprises, mais elle a développé une idéologie et un discours qui se trouvent à l’opposé des valeurs qu’elle prétend incarner. L’Union européenne prétend instaurer des règles communes et des solidarités entre les pays membres, et même au-delà ; les faits démentent tragiquement, et ceci de plus en plus, les idées de solidarité même en son sein. Le budget communautaire, pourtant réduit à moins de 1,25% du PIB, est appelé à se réduire encore. Dans ces conditions, comment s’étonner qu’elle soit entraînée dans la chute par un Euro dont l’influence récessive et destructrice se fait sentir depuis maintenant plus de quinze ans.

[...]  Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir "Russeurope"

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 15:44
Cet article étant fort long, nous n'en publions que des extraits et des titres.  En cliquant sur le titre ci-dessous, vous pourrez en lire l'intégralité. 

par · 15 février 2016

Notre pays avait approuvé, de très peu, lors du référendum du 20 septembre 1992 sur le traité sur l’Union européenne, dit aussi Traité de Maastricht, le principe de la monnaie unique. Cette dernière est entrée en service d’abord en 1999 (pour ce qui est des transactions bancaires), puis en janvier 2002, pour ce qui est de l’Euro fiduciaire. Cela fait donc aujourd’hui plus de 17 ans que nous vivons sous le régime de l’Euro, dont 14 années très concrètement. En fait, il faut même remonter au début des années 1990 car la volonté de « qualifier » la France pour la monnaie unique a pesé lourdement sur la politique économique et ce bien avant le 1er janvier 1999.

Il est temps aujourd’hui d’en tirer le bilan. Le discours en faveur de l’Euro prétend se fonder sur des bases scientifiques. Regardons donc ce qu’il en est. Mais, le discours officiel sur l’Euro prétend que ce dernier aurait amélioré la situation globale de la France. Vérifions donc aussi cette affirmation. Et surtout, posons nous la question des conséquences politiques de l’introduction de l’Euro sur la société française.

[...]

La « bonne nouvelle » des économistes et l’imposture

Des économistes avaient préparé, dans leurs travaux, la venue de la monnaie unique. Ils sont nombreux mais nous ne présenterons ici que les trois principales contributions, celles de Robert Mundell, de R. McKinnon et de Peter Kennen. Ces économistes, tels les trois rois mages des évangiles, sont donc venus porter la « bonne nouvelle », et leurs travaux ont eu une influence considérable sur les autres économistes, non pas tant en les convaincant de la nécessité d’une monnaie unique mais en les persuadant que la flexibilité du taux de change était désormais superflue.[...]

Fausse et vraie science

Seulement, il y avait un hic. Ces travaux étaient fondés sur des visions fausses des processus économiques. D’autres recherches, basées sur des bases de données plus complètes, aboutissaient alors à une forte réduction de l’ampleur des effets positifs de l’Union Monétaire[13].[...]

Le coût économique de l’Euro pour la France

L’Euro a joué un mauvais tour à l’économie française.[...]

Le coût social de l’Euro

Dans les 17 ans qui nous séparent de l’introduction de l’Euro nous avons vu se développer la logique d’une économie où des sommes toujours plus importantes sont accaparées par un petit nombre d’individus au détriment des conditions d’existence du plus grand nombre. L’Euro pousse l’économie réelle à réduire sans cesse ses coûts. C’est l’Euro qui conduit les agriculteurs au suicide, en les forçant à travailler à pertes. C’est l’Euro qui organise l’abandon des campagnes et des territoires dits « périphériques ».[...]

L’Euro et la crise politique

Mais, il faut ici aller plus loin et se poser la question de la compatibilité directe de l’Euro avec un système démocratique. L’Euro a imposé à la France de céder sa souveraineté monétaire à une institution non élue, la Banque Centrale Européenne.[...]

Si l’on prend donc en compte tous les aspects tant économiques, sociaux, fiscaux, mais aussi politiques, il est alors clair que l’Euro a eu, depuis maintenant près de 17 ans, un rôle extrêmement négatif. Retirant aux gouvernements le moyen d’agir, il accrédite l’idée de leur impuissance. De cela, nous n’avons visiblement pas fini de payer le prix.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 22:29

par · 13 février 2016 sur le blog Russeurope

Christophe Barret et moi-même avons écrit une lettre ouverte au dirigeant de PODEMOS, Pablo Iglesias. Nous l’avons fait parce qu’il nous semble que ce que représente PODEMOS est un enjeu, au-delà de la seule gauche espagnol, qui concerne toutes les gauches européennes, mais aussi tous les européens, et même s’ils ne sont pas de gauche, qui étouffent sous la dictature européenne. Jean-Luc Mélenchon ne dit pas autre chose dans son texte où il annonce, de fait, sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. PODEMOS, d’ailleurs, refuse la dichotomie traditionnelle entre gauche et droite et revendique clairement une démarche populiste, comme celles qui ont porté des gouvernements d’espérance en Amérique Latine.

Mais, certaines ambiguïtés demeurent dans le discours de PODEMOS. Or, venant après la capitulation de SYRIZA en juillet 2015, capitulation qui s’est suivie d’une reprise, certes contrainte et forcée, de la politique des « mémorandums » européens, de nouvelles ambiguïtés sont désormais insupportables. Elles portent en elles le risque de voir un mouvement social être conduit à l’échec alors que des solutions existent bel et bien. La position adoptée par Tsipras n’a rien changée sur le fond. La perspective du « GREXIT » est toujours d’actualité et la politique du nouveau mémorandum s’est révélée tout aussi mortifère, et toute aussi incapable de sortir la Grèce de sa crise que celle des précédant mémorandums. Les manifestations qui se multiplient ces derniers jours tant à Athènes que dans d’autres villes de Grèce en témoignent. Les menaces d’une insolvabilité de la Grèce, en mars ou en juin prochain, le confirment.

Dans l’intérêt des peuples d’Espagne, mais aussi dans celui des peuples européens, soumis à un pouvoir anti-démocratique dont la tête est tantôt soit à Francfort, soit à Bruxelles ou soit à Berlin, et que relaie, hélas, les élites politiques nationales, il faut une politique de claire rupture. Et c’est justement pour aboutir à cette clarification que la présente lettre a été écrite. Elle sera donnée en mains propres par Christophe Barret aux dirigeants de PODEMOS dans les jours qui viennent. En attendant, et pour lancer ici un débat dont l’importance et l’enjeu dépasse PODEMOS, je la publie, tant en français qu’en espagnol.

A - 011 PI

Texte français

 

Cher Pablo Iglesias,

Face à la crise multiforme qui touche l’Union Européenne, les succès électoraux de PODEMOS appellent de nombreuses initiatives. Militant des marges du monde politique, vous proposez un nouveau discours politique dont il convient aujourd’hui de méditer les points forts. Dans la bataille pour la conquête du sens commun accepté par la grande majorité de nos concitoyens, il vous est paru préférable de privilégier à la traditionnelle dichotomie gauche/droite l’opposition des peuples à leurs élites. La crise que traverse la social-démocratie semble confirmer la nécessité d’un tel aggiornamento.

Néocolonialisme, compradorisation et populisme

Candidat du groupe de la Gauche Unitaire Européenne à la présidence du Parlement Européen le 30 juin 2014, vous justifiiez vos choix politiques et stratégiques en ces termes : « la démocratie, en Europe, a été victime d’une dérive autoritaire (…) nos pays sont devenus des quasi-protectorats, de nouvelles colonies où des pouvoirs que personne n’a élus sont en train de détruire les droits sociaux et de menacer la cohésion sociale et politique de nos sociétés ».

Nous partageons ce diagnostic. Les élites politiques des pays de l’Union Européenne sont bel et bien soumises à une puissance extérieure. Ce colonialisme sans métropole représente un défi pour les démocrates. Un concept, né à une autre époque et sur un autre continent, peut nous aider à comprendre le phénomène : celui de la « compradorisation des élites ». Selon une définition aujourd’hui communément admise, une élite compradore « ou « bourgeoisie compradore ») tire sa position sociale et son statut de sa relation avec une puissance économique étrangère qui domine son territoire d’origine. Ce concept fut, naguère, du plus grand intérêt pour comprendre l’évolution de d’une Amérique latine que vous connaissez bien ! Aujourd’hui, en Europe, une nouvelle compradorisation est en œuvre, rendue possible par les institutions européennes et la puissance économique allemande.

De-même sommes-nous nombreux à faire nôtre le projet de Podemos de revivifier la démocratie. Nos prenons acte du fait que votre démarche populiste de contestation, authentiquement de gauche, se double de la volonté d’assumer les responsabilités de l’État – quand bien même ce souverainisme sans drapeau vous amène aussi à explorer les voie d’autres types de médiations selon un « processus constituant » dont il vous appartiendra, à terme, d’expliciter davantage.

De la dynamique européenne et des mouvements de contestation

La confiance dont vous témoignent aujourd’hui vos électeurs vient du fait que vous avez été, avec vos compagnons, les premiers à porter au Parlement une expression politique du mouvement des Indignés de 2011. La révolte des classes moyennes inexorablement entraînées dans un processus de paupérisation qui menace aujourd’hui de nombreuses régions du continent européen intéresse de très nombreux citoyens, bien au-delà des cercles des militants de la gauche de toujours. Un sursaut incroyable a eut lieu, il y a un an, en Grèce. Hélas, ce « Vaisseau venu de Grèce » que chantait en 1974 Lluís Llach s’est brisé sur les récifs des politiques d’austérité dressés par les institutions européennes. L’alliance de la social-démocratie avec celles du Parti Populaire européen (PPE), pour que rien ne change, peut être vue comme une réminiscence de « la Sainte Alliance des possédants » de 1848. Pour nos maîtres, le nouveau printemps de peuples n’aura pas lieu !

Dans un très long article publié – déjà presque en forme de bilan –, l’été dernier, dans la New Left Review, vous sembliez pourtant toujours considérer comme possible « un processus de recouvrement de la souveraineté » des peuples. En dépit de ce que nous appelons le processus de compradorisation des élites, il vous semble encore possible d’impulser des transformations du système productif et d’envisager une « reconfiguration  des institutions européennes en un sens plus démocratique », notamment avec l’établissement d’un Parlement de la zone euro[1]. Ce faisant, vous cherchez à créer un rapport de force au sein du conseil européen. C’est une stratégie courageuse, mais c’est aussi une stratégie discutable, qui peut avoir des implications graves non seulement sur PODEMOS mais de manière plus générale sur les autres mouvements de contestation européen. Chercher à créer un rapport de force dans le conseil européen implique de considérer que ce dernier aurait une quelconque légitimité. Or, le conseil n’a pas d’autre légitimité que celle de chaque pays. C’est un organisme de coordination et non de subordination. Il est vrai qu’il tend à se comporter comme un organisme de subordination ; mais faut-il l’accepter ? Faut-il se plier à la vision anti-démocratique des institutions européennes ? En faisant cela, on perd une bataille avant même de l’avoir menée.

Concrètement, construire un rapport de force implique que des mouvements anti-austérité arrivent simultanément au pouvoir dans différents pays. Force est de constater que cette perspective n’est pas crédible. Les temps électoraux et politiques restent propres à chacun des pays, parce qu’ils traduisent l’histoire et la culture politique nationale. Vous en savez quelque-chose, aujourd’hui, en Espagne. Ainsi, en s’engageant dans la direction de la construction d’un rapport de force au sein du conseil européen, PODEMOS fait un double cadeau aux partisans de l’austérité. D’une part, il fait un cadeau aux ennemis des peuples en leur reconnaissant une légitimité qu’ils n’ont pas et d’autre part il entraîne les différents mouvements dans une voie illusoire, celle qui consisterait à attendre que les élections permettent l’arrivée au pouvoir simultanée de majorité anti-austérité dans les pays de l’Union européenne.

Il nous semble donc que c’est dans une voie dangereuse, et même suicidaire, que PODEMOS s’engage.

Construire le champ de l’affrontement

La question majeure qui se pose alors est celle de la construction du champ politique de l’affrontement. Ce champ doit se construire tant en Espagne (comme dans tout autre pays) que dans l’Union européenne. Mais, dans cette construction, deux éléments vont peser lourd pour le futur.

  1. L’Europe

La question du rapport avec les institutions européennes, devenues aujourd’hui le camp retranché des partisans de l’austérité et conçue comme telle en réalité dès le départ, se pose. Nous souhaitons tous une large coordination entre les pays européens, et ceci inclut bien entendu des pays qui ne sont pas membres de l’Union européenne, comme la Suisse, la Norvège, la Russie et même ceux du Maghreb. Mais, nous devons constater que l’implacable logique du politique s’impose en ce qui concerne la nature de nos relations avec les institutions européennes. Il est ici dangereux de nourrir et d’entretenir des illusions, et nous pensons que certains points dans le programme de PODEMOS sont justement de cette nature. Il ne sert à rien de mettre en avant la sincère volonté de construire une « autre » Europe si les dirigeants européens sont d’emblée résolus au conflit.

Du moment que pour les partisans de l’austérité la venue au pouvoir d’un mouvement ou d’un parti dans l’un des pays de l’UE menace de remettre en cause pouvoir et privilèges, ils mettront en œuvre, et on l’a vu dans le cas de la Grèce au printemps 2015, tous les moyens à leur disposition, y compris des moyens illégaux et des pratiques de corruption, pour amener ce mouvement ou ce parti à résipiscence. La nature des relations entre les partisans de l’austérité et leurs adversaires constitue le couple amis / ennemis. Ce sera une lutte sans pitié ni merci. Nous serons d’emblée projetés dans la logique de l’antagonisme. Il faut donc ici poser la question du programme et de l’action de PODEMOS. Êtes-vous prêt à cet affrontement et à toutes ses conséquences ?

Cette perspective implique de définir le cercle des relations « agoniques », c’est à dire entre adversaires susceptibles de s’unir pour résister à des ennemis communs. De fait, la nature de l’affrontement avec les institutions européennes ne dépend pas de PODEMOS, comme il n’a pas dépendu de SYRIZA. Cette nature sera déterminée par l’action des dirigeants européens ; si, pour arriver à un accord, il faut deux volontés, une seule suffit pour provoquer le conflit. Mais, en imposant un cadre d’affrontements antagoniques aux partis anti-austéritaires dès qu’ils arrivent au pouvoir, les dirigeants européens peuvent permettre de faire émerger un autre cadre, celui des relations agoniques. Ce cadre, c’est celui des relations entre forces certes opposées, mais où l’affrontement avec les institutions européennes requalifie l’opposition d’un conflit entre adversaires et non plus entre ennemis. La question se pose donc à vous, comme elle se pose à toutes les forces luttant contre l’austérité en Europe : quelles sont les forces avec lesquelles vous pourriez passer des accords ou une trêve le temps de régler cet affrontement décisif ?

  1. L’Euro

La question de l’affrontement avec les institutions européennes nous conduit à celle de l’Euro. Ce que l’on appelle la « monnaie unique » est en réalité un mécanisme qui a bloqué les nécessaires ajustements de taux de change entre des économies dont les structures sont très différentes tout en permettant de créer un espace unifié pour la spéculation financière. C’est pourquoi l’Euro est aujourd’hui défendu essentiellement par les banquiers et la « finance ». Mais, c’est aussi pourquoi les pays de l’Europe du Sud n’ont pas eu d’autre choix que celui de s’engager dans des stratégies de dévaluations internes, une course mortifère au « moins coûtant, moins disant », dont les conséquences sont immensément plus graves que celle de réajustements des taux de change. C’est l’origine réelle des politiques d’austérité dont la logique est de conduire à une « hyper-austérité ». La concurrence se joue désormais dans le degré d’engagement dans l’hyper-austérité.

La question de l’Euro ne relève donc pas, comme vous semblez le croire, uniquement du domaine symbolique de l’hégémonie culturelle. C’est une question concrète, qui se traduit dans des centaines de milliers de licenciements, dans des millions de jeunes et de moins jeunes travailleurs privés de leur emploi, dans la baisse de tous les minima sociaux. Vous ne pourrez pas mettre en place une politique contradictoire à l’austérité sans vous attaquer à l’Euro. Ici encore, l’exemple de SYRIZA et de la Grèce, est parlant ; ayant renoncé à quitter l’Euro, même si désormais une majorité de la population serait d’accord avec une telle perspective, le gouvernement de SYRIZA a été contraint d’appliquer le même austérité que celui de Nouvelle Démocratie, et il perd aujourd’hui toute la légitimité qui découlait de son discours contre l’austérité. La stratégie qui consiste à chercher à « gagner du temps » est ici, très clairement, une stratégie perdante. À terme, vous serez, n’en doutez pas, confrontés aux mêmes choix. Quelle sera alors votre réponse ?

À l’occasion de votre passage à Paris, en septembre 2015, vous avez déclaré qu’une sortie de la zone euro n’est envisageable, d’un point de vue espagnol, qu’à la seule condition qu’un pays membre de l’Union Européenne pesant économiquement plus que l’Espagne ne l’envisage d’abord officiellement. Votre prise de position se veut respectueuses des débats qui traversent nombre des forces politiques, y compris PODEMOS – comme on a pu le constater à l’occasion de sa dernière université d’été. Dans le numéro de La New Left Review dont il a été question, vous nous rappelez que PODEMOS est aujourd’hui pensé comme un « instrument fondamental du changement politique »[2]. L’aggiornamento permanent auquel ses militants le soumettent ne saurait être possible si vous n’acceptez pas de débattre des questions et des impasses auxquelles nous devons faire face.

 

Nous vous prions de croire, cher Pablo Iglesias, en notre volonté résolue d’impulser un véritable changement tant en France, qu’en Europe.

 

Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, auteur de Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016.

Christophe Barret, historien et essayiste, auteur de Podemos. Pour une autre Europe , Paris, éditions du Cerf 2015.

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 22:58
Face à l’Union Européenne, quelle stratégie pour sortir de l’austérité ?

Le 16 janvier 2016 se tenait à Paris un ayant pour thème Face à l’Union Européenne, quelle stratégie pour sortir de l’ ? organisé par , en présence notamment de Frédéric Lordon, Marie Noel Lienneman ou Pierre Laurent. Des militants du , non invité à la tribune étaient dans la salle et ont participé au débat.

www.initiative-communiste.fr vous propose d’écouter l’intervention de Frédéric Lordon, économiste, qui n’a pas maché ses mots contre les illusions propagées par Pierre Laurent. Suivi de l’intervention de , militant du PRCF IDF.

Vu sur le site d'Initiative communiste

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 22:29

par · 9 février 2016

Dans le mouvement de baisse que l’on observe sur les principales places boursières européennes, les sociétés les plus attaquées sont les banques. Ceci n’est pas étonnant car une crise bancaire larvée est en train de se développer au sein de la zone Euro. Cette crise peut avoir des causes techniques très différentes, d’un pays à l’autre, voire d’une banque à l’autre. Mais, la simultanéité de ces crises est un signe qui ne trompe pas. De même, la réaction des autorités nationales, passant sur le ventre des règlements européens de « l’Union bancaire », est elle aussi un signe révélateur.

 

Cette crise a commencé au Portugal, et s’est ensuite propagée en Italie. Dans ce dernier pays, 4 établissements sont en grave difficulté. Le montant des mauvaises dettes (soit des impayés) dans leur bilan dépasse les 15%. Les raisons sont diverses. Pour certaines de ces banques, c’est la situation des petites et moyennes entreprises, auxquelles elles avaient prêté, qui est la cause de la montée des « mauvaises dettes ». Pour d’autres, il s’agit d’opérations hasardeuses sur les marchés financiers. Dans un cas comme dans l’autre, le problème de fond reste le même : la dépression de l’économie italienne, ou le PIB par habitant est aujourd’hui au niveau des années 2000-2001. Et l’on voit bien l’origine du problème : l’Euro.

Plus intéressant encore, la crise s’est étendue à l’Allemagne, avec les difficultés rencontrées par Deutsch Bank, dont les CDS (des assurances de crédit ou « Credit Default Swap ») ont fortement augmenté ces derniers jours. Cette hausse des CDS indique l’inquiétude des opérateurs.

Graphique 1

Evolution des CDS pour Deutsch Bank

DB CDS c

Source : Bloomberg

La direction de cette banque a multiplié depuis lundi les déclarations rassurantes sur la santé de cette banque. Mais, on sait bien que si la situation de cette banque ne posait pas de problèmes, ces déclarations ne seraient pas nécessaires. On sait aussi que, quelque soit le montant des réserves de liquidités de la banque, si les partenaires de cette dernière perdent confiance, ou ont simplement un doute, sur sa liquidité, l’interruption du crédit interbancaire sera immédiate. Rappelons qu’en 2008 la banque Bear Stearns a été mise en faillite en 24h sur un problème de ce type.

Il est clair que l’importance de Deutsch Bank est incommensurablement plus importante que celle de Bear Stearns. Deutsch Bank est ce que l’on appelle une « banque systémique ». Le gouvernement allemand ne pourra la laisser faire faillite.

 

Le problème est que dans le cas du Portugal et dans celui de l’Italie, ce sont les autorités nationales qui ont dû agir. Les sauvetages bancaires, dont on prétendait qu’ils seraient désormais réalisés par la BCE sont en réalité fait par les autorités nationales. L’Union bancaire, annoncée à cors et à cri par les européistes de tout poil ne fonctionne tout simplement pas. On risque de le voir à nouveau avec le cas de Deutsch Bank en Allemagne. La re-nationalisation des sauvetages bancaires sera un clou supplémentaire dans le cercueil de l’Euro.

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 23:01

Des agriculteurs de Normandie ont mené une opération "péage gratuit" à Dozulé (Calvados), sur l'A13, dès le milieu de la nuit, samedi 6 février 2016, et une partie de la journée.

Mise à jour : 06/02/2016 à 19:24 par La Rédaction.  Sur Normandie-actu

 

Ils refont monter la pression, dans leur bras de fer avec le gouvernement. Des agriculteurs de Normandie ont entamé, pendant la nuit du vendredi au samedi 6 février 2016, une opération péage gratuit, à Dozulé (Calvados), sur l’A13. Ils sont restés sur place jusqu’en milieu d’après-midi. D’autres actions sont déjà envisagées pour le début de semaine prochaine.
En début de soirée, vendredi 5 février, du fumier et des pneus avaient été “déposés” devant les locaux du PS, au Havre, et à Dieppe (Seine-Maritime)…

Des supermarchés de Seine-Maritime visés

Des supermarchés du pays de Bray (Gournay-en-Bray et Ferrières-en-Bray, en Seine-Maritime) ont également été « visités », samedi 6 février 2016. Les enseignes Leclerc, Aldi, et Lidl ont notamment été visées. « On veut se faire entendre. Nos revendications, ce sont le prix du lait, et l’origine et les prix de la viande », a expliqué un agriculteur à nos confrères de L’Éclaireur. « Le lait est vendu 27 centimes, et on constate que les prix les plus bas dans les grandes surfaces, sont, au minimum, de 78 centimes. En plus, ce lait vient de Belgique ». Du fumier et des pneus ont été déversés.

Des supermarchés ont été "visités" en Seine-Maritime, samedi 6 février 2016. (Photo : La Dépêche/L'Eclaireur)

Des supermarchés ont été "visités" en Seine-Maritime, samedi 6 février 2016. (Photo : La Dépêche/L'Éclaireur)

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 23:00
Une femme marche le long de boutiques fermées, en raison d'une grève générale de 24 heures à Athènes, le 4 février 2016 Deuxième photo : Le 28 janvier dernier, les agriculteurs grecs étaient déjà dans la rue pour protester contre la réforme des retraites Troisième et quatrième photos ce 4 février, ce sont les salariés Lors d’une manifestation sur la place Syntagma à Athènes des gaz lacrymogènes et des cocktails Molotov ont été lancés
Une femme marche le long de boutiques fermées, en raison d'une grève générale de 24 heures à Athènes, le 4 février 2016 Deuxième photo : Le 28 janvier dernier, les agriculteurs grecs étaient déjà dans la rue pour protester contre la réforme des retraites Troisième et quatrième photos ce 4 février, ce sont les salariés Lors d’une manifestation sur la place Syntagma à Athènes des gaz lacrymogènes et des cocktails Molotov ont été lancés
Une femme marche le long de boutiques fermées, en raison d'une grève générale de 24 heures à Athènes, le 4 février 2016 Deuxième photo : Le 28 janvier dernier, les agriculteurs grecs étaient déjà dans la rue pour protester contre la réforme des retraites Troisième et quatrième photos ce 4 février, ce sont les salariés Lors d’une manifestation sur la place Syntagma à Athènes des gaz lacrymogènes et des cocktails Molotov ont été lancés
Une femme marche le long de boutiques fermées, en raison d'une grève générale de 24 heures à Athènes, le 4 février 2016 Deuxième photo : Le 28 janvier dernier, les agriculteurs grecs étaient déjà dans la rue pour protester contre la réforme des retraites Troisième et quatrième photos ce 4 février, ce sont les salariés Lors d’une manifestation sur la place Syntagma à Athènes des gaz lacrymogènes et des cocktails Molotov ont été lancés
Une femme marche le long de boutiques fermées, en raison d'une grève générale de 24 heures à Athènes, le 4 février 2016 Deuxième photo : Le 28 janvier dernier, les agriculteurs grecs étaient déjà dans la rue pour protester contre la réforme des retraites Troisième et quatrième photos ce 4 février, ce sont les salariés Lors d’une manifestation sur la place Syntagma à Athènes des gaz lacrymogènes et des cocktails Molotov ont été lancés

Une femme marche le long de boutiques fermées, en raison d'une grève générale de 24 heures à Athènes, le 4 février 2016 Deuxième photo : Le 28 janvier dernier, les agriculteurs grecs étaient déjà dans la rue pour protester contre la réforme des retraites Troisième et quatrième photos ce 4 février, ce sont les salariés Lors d’une manifestation sur la place Syntagma à Athènes des gaz lacrymogènes et des cocktails Molotov ont été lancés

Economie - Actualité économique, conjoncture, entreprises, expansion

Athènes - "Ils ont massacré ma génération" : Dina, 32 ans, a pour la première fois jeudi fermé son magasin de lingerie pour participer à la grève générale en Grèce, contre une réforme des retraites voulue par les créanciers du pays et soutenue par Alexis Tsipras.

Un nombre record de corporations était appelé à descendre dans la rue, donnant une ampleur particulière à cette journée de protestation. Assureurs, vétérinaires, avocats ou médecins manifestaient ainsi dans les rues du pays aux côtés des fonctionnaires, des agriculteurs et de nombreux salariés du privé. 

Selon la police, 40.000 personnes défilaient à la mi-journée dans le centre d'Athènes et 14.000 à Thessalonique. 

A la mi-journée, quelques incidents, fréquents dans les manifestations en Grèce, étaient signalés entre jeunes lançant des cocktails molotov et policiers répondant à coups de gaz.

Vu sur çanempechepasnicolas, le blog de Jean Lévy.

Grèce : grève générale et manifestation record contre la réforme des retraites
 Publié Mis à jour à
 

40 000 personnes ont défilé à Athènes ce jeudi.

40 000 personnes ont défilé à Athènes ce jeudi. ©

AFP LOUISA GOULIAMAKI

40 000 personnes ont défilé à Athènes ce jeudi, où ces défilés ont donné lieu à des incidents

Les chiffres sont éloquents. 40 000 manifestants à Athènes, 14 000 à Thessalonique, le deuxième ville du pays. Portée par une grève générale, cette mobilisation est la plus massive depuis l'arrivée au pouvoir de la gauche, en janvier. Au coeur de ces cortèges une seule et même préoccupation : cette nouvelle réforme des retraites défendue par le Premier ministre Alexis Tsipras et voulue par les créanciers UE-FMI. 

Alexis Tsipras.© Photo AFP ARIS MESSINIS

Un nombre record de corporations est descendu dans la rue, au-delà des traditionnels salariés du secteur d'Etat. Assureurs, vétérinaires, avocats, agriculteurs ou médecins ont défilé aux côtés des fonctionnaires et de nombreux employés du privé.

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 05:11

Publié par Michel El Diablo

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

Comme on le sait, l’Europe sociale avance (presque) à grands pas :

Depuis 35 ans donc (en fait 60 ans, mais bon, ok, commençons avec les 1ères élections de 1979), les choses ont bien progressé, vu qu’on est passé de ça :

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

à ça :

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

Et donc, on a eu une convergence évidente au niveau du salaire minimal :

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

(j’ai rajouté quelques pays hors UE pour comparer…)

Bien entendu, des salaires qui vont de 1 à 5 dans une même zone monétaire, c’est du jamais vu, hein, cela relève de la psychiatrie lourde (simple, imaginez ce qui va se passer si vous mettez le SMIC à 300 € en Alsace… C’est sûr que le chômage va bien y baisser, mais ailleurs, ça ne va pas être rose…)

 

Mais comme il fallait aller encore plus loin dans l’Europe sociale, l’UE s’étend encore à l’Est avec le “partenariat oriental” (j’imagine que l’étape suivante c’est la partenariat grand-oriental avec l’Afghanistan, puis, enfin, le Japon):

 

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

Et nous avons donc signé un accord de libre échange avec l’Ukraine appliqué depuis le 01/01/2016…

Et donc, l’Europe sociale des salaires avance encore plus !

 

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

Donc nous voilà dans une zone de libre-échange avec des salaires de 1 à 30, (contre 1 à 8 avant l’arrivée de l’Ukraine) pas de souci. Cela semble certes totalement délirant de prime abord, mais grâce à l’UE, on en aura ainsi la preuve par l’exemple – ça manquait…

On déplorera au passage, par esprit de solidarité, la concurrence salariale déloyale que l’Ukraine réalise au détriment du Bangladesh… (mais soyons honnêtes, le salaire minimal ukrainien devrait monter vers 50 € en 2016…)

 

Voici la situation des salaires médians :

 

« L’EUROPE sociale » des SALAIRES…

(hélas Eurostat n’a pas refait d’étude depuis 2010, sujet annexe pour eux, les salaires, j’imagine… Les chiffres Chine, Turquie et Ukraine sont bien de 2015 eux)

L’Europe sociale est donc en marche – mais prévoir un délai, hein…

P.S. Comme on a étudié la semaine passée les débats des élus qui ont voté ça, n’hésitez pas à les contacter pour leur demander des explications…

 

SOURCE:

 

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 23:57
Le chômage, l’industrie et l’Euro

par · 18 janvier 2016 - Extraits - Lire l'intégralité ici -

La question du chômage est bien aujourd’hui la question essentielle. C’est elle qui motive l’annonce – bien tardive – d’un « plan d’urgence » par le Président de la République. Que l’on regarde d’un point de vue économique, et le coût du chômage tant direct qu’indirect par les opportunités qui sont perdues est un problème majeur pour l’économie française, d’un point de vue social, et les conditions de vie des chômeurs – 4,5 millions en chiffre réel quand on se base sur les 3 catégories A, B et D de la Dares – mais aussi des travailleurs pauvres dont le salaire est tiré à la baisse par l’importance du chômage sont aujourd’hui un véritable drame national, ou que l’on regarde d’un point de vue politique, et il est ici évident que le chômage déstructure notre vie politique, il est clair que la question du chômage est bien la première dans la Nation. Cette question du chômage est fondamentalement le produit d’une insuffisance de la demande solvable face à la montée des gains de productivité. Mais, elle a pris un tournant important avec l’émergence du problème de la compétitivité relative des productions françaises depuis maintenant plus de 25 ans. Elle se concentre sur le phénomène de désindustrialisation que la France connaît depuis cette époque. Même si l’emploi industriel a toujours été limité en France, il faut savoir que chaque emploi dans l’industrie « nourrit » entre 2,5 et 3 emplois dans les services qui sont associés, directement ou indirectement, à la production industrielle. C’est pourquoi cette dernière est le premier indicateur quand on veut regarder la question du chômage.

Histoire de la production industrielle en France

Si l’on regarde les chiffres de l’INSEE, on est frappé par le constat que la production industrielle, qu’il s’agisse de la production globale ou de la production manufacturière, est aujourd’hui inférieure à son niveau de 1990.

[...] De fait, la production industrielle ne retrouve son niveau de 1990 qu’en janvier 1997. Ce « mieux », certes très relatif, est dû à la mise en œuvre d’une politique volontariste d’exonération des cotisations sociales, qui équivaut à l’effet d’une dépréciation du taux de change pour les entreprises, mais qui serait à la charge de l’Etat.

[...] ces résultats ont été payés au prix fort par un alourdissement et du déficit et de la fiscalité, dans la mesure ou toute exonération des cotisations doit être compensée ; ce que les entreprises ne payent pas, il faut bien le faire payer aux ménages. Mais, le plus dramatique est bien la faiblesse de ces effets. Ils ne font que compenser les effets négatifs massifs de la mise en place de l’Euro [...] Par ailleurs, l’appréciation de l’Euro par rapport au Dollar (et aux monnaies associées au Dollar), appréciation qui se fait sentir depuis l’été 2002, constitue une autre cause de freinage de la production industrielle.

[...] La crise de 2008-2010 entraîne un effondrement de la production industrielle, et une hausse corrélative du chômage. Les politiques d’austérité qui se développent en Europe (Grèce, Espagne, Portugal et Italie) ont pour effet à la fois de diminuer la demande globale et d’accroître de manière considérable la concurrence, en particulier avec l’Italie et l’Espagne. [...] La production industrielle, après avoir connu un léger rebond fin 2009 – début 2010, stagne et décroit à nouveau.

 

Un problème de spécialisation industrielle ?

De nombreux économistes prétendent que les effets du taux de change (et de l’Euro) sont minimes en comparaison avec les effets dits « de qualité » de la production industrielle. Notons que cette explication est battue en brèche par le dernier rapport du Fond Monétaire International qui, au contraire, montre bien l’importance du taux de change dans les échanges [...]

 

On constate la très grande similitude de la trajectoire de la branche « machines et équipements » et de celles « moyens de transport » (qui inclut l’aéronautique). Seule, la sous-branche « industrie automobile » montre une certaine différence. Mais, d’une part, la production stagne depuis le début des années 2000 et d’autre part la délocalisation d’une partie des sous-ensembles de cette branche (en Slovaquie, République Tchèque, Roumanie) a permis aux producteurs de maintenir des volumes de production mais au prix de la perte d’emplois en France.

Si l’on sort du domaine de l’industrie mécanique (au sens large) les résultats des autres branches sont assez convergents avec ceux que l’on a déjà constatés.

On constate la très similitude de la trajectoire de l’industrie pharmaceutique avec la moyenne de l’industrie. Pourtant, à priori, on pourrait penser que l’industrie pharmaceutique serait l’un des points forts de l’industrie française à la fois compte tenu du savoir faire dans la recherche mais aussi d’une demande spécifique qui tend normalement à augmenter dans une population qui prend de l’âge. En fait, la seule branche qui connaît une croissance notable, et qui semble échapper aux problèmes de l’industrie est la métallurgie et produits métalliques, autrement dit une branche où les gains de productivités ont été très important mais qui est très loin d’apparaître comme une branche « nouvelle » par la nature des procès technologiques mis en œuvre.

 

Si l’argument d’un défaut de spécialisation de l’industrie française peut et doit être entendu, il est faux d’y voir la cause principale de la désindustrialisation de la France. Cette cause est et reste l’Euro, qu’il s’agisse de ses effets directs ou de celui des politiques dites « de Franc fort » qui ont été mises en œuvre pour « préparer » la France à l’Euro. La tragédie de l’industrie, et donc du chômage, en France s’inscrit dans le long terme, dans la décision consciemment prise par les gouvernements qui se sont succédés depuis la fin des années 1980, d’inscrire le pays dans une Union monétaire qui ne pouvait (et qui ne peut toujours pas) fonctionner. Ce ne sont pas des mesures ponctuelles qui seront annoncées par le Président de la République, M. François Hollande, qui pourront y changer grand chose.

 

Lire l'intégralité et les notes sur le site Russeurope

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