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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 06:46

"Deuxième puissance maritime mondiale, la France et ses 5.500 kilomètres de façade maritime affiche un déficit commercial croissant pour les produits de la pêche et de l'aquaculture. Explications. Si le territoire tricolore ne représente que 0,43% de la surface terrestre du globe, la France possède le deuxième domaine maritime mondial. Grâce à ses 5.500 kilomètres de façade maritime et surtout à ses territoires ultra-marins, elle possède 11 millions de kilomètres carrés de domaine maritime, tout juste devancée par les États-Unis qui règnent sur 300.000 kilomètres carrés de plus !"

Lire la suite sur : Source : La Tribune

Lu sur la revue de presse de Les Crises.fr

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 14:20

Alors que la saison de la moisson bat son plein, les agriculteurs ont manifesté leur mécontentement samedi 25 juillet à Formerie. Un geste symbolique qui atteste que “cela va mal”.

En effet, ce samedi matin, une vingtaine de jeunes agriculteurs de l’ancien canton de Formerie ont relevé l’origine et le prix au kilogramme des produits laitiers et de ceux se trouvant dans le rayon boucherie, dans les supermarchés formions. À Simply Market, dans un premier temps, où ils ont accroché sur la devanture une banderole “Partagez vos marges” puis à Leader Price où les 2 tracteurs ont déversé du fumier devant l’entrée du magasin car “ici, tout n’est pas français”, lisait-on sur une nouvelle banderole.

Différence entre le prix d’achat et le prix de vente

Dans les 2 enseignes, les jeunes éleveurs ont relevé une importante différence de prix entre le prix d’achat aux agriculteurs et le prix de vente dans les enseignes. “La différence la plus significative est sur la côte de boeuf. Nous la vendons environ 3 € et elle est vendue à 17 € alors que le supermarché n’a juste qu’à l’étaler. Nous, nous devons élever l’animal pendant 3 ans et faire face à certains risques comme la maladie”, expliquaient-ils.

Même remarque pour le lait. ” Nous vendons le litre en moyenne 32 centimes.” Un prix qui n’a pas évolué depuis 20 ans mais qui ne cesse d’augmenter dans les supermarchés. En effet, ” le litre de demi-écrémé vaut en moyenne 1,40 € alors qu’ils vendent ensuite la crème”. Le prix du litre de lait entier oscille, quant à lui, de 82 centimes à 1,09€.

“Il est difficile pour nous d'envisager l’avenir”

Ces marges importantes sont dénoncées par les jeunes agriculteurs de l’Oise (JA60) ainsi que le manque de lisibilité des emballages et étiquetages. “Aujourd’hui, nous n’avons pas de salaire, juste de quoi subvenir aux coûts de production. Il est difficile, pour nous, d’envisager l’avenir, de s’installer ou même de reprendre la ferme de nos parents”, soulignaient-ils.

L’inégalité des charges salariales entre les pays européens et des normes de plus en plus pesantes étaient aussi pointées du doigt. Ceux qui avaient déjà déversé du fumier devant l’abattoir Bigard, jeudi, et qui avaient manifesté à Beauvais, vont attendre le prochain conseil d’administration, consulter les derniers accords pris et décider s’ils poursuivront ou non les actions mais ils continueront à surveiller les prix régulièrement, dans les magasins, à proximité.

“Il est important de voir aussi ce qu’il se passe près de chez soi”, expliquait le porte-parole des jeunes agriculteurs.

Pendant ce temps, d’autres personnes du monde agricole de l’ancien canton de Songeons menaient le même type d’actions à Gournay-en-Bray et à Ferrières-en-Bray.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 15:43
Le "prosommateur" : qu'est-ce que c'est ?
Lu sur le site de Rutures.
« Prosommateur ». La Commission européenne a forgé un nouveau terme dans la novlangue qu’elle affectionne. Il figure dans le communiqué publié le 15 juillet et décrivant la « nouvelle organisation du marché de l’électricité » pour l’UE, dans le cadre d’un nouveau « paquet » sur l’énergie proposé par Bruxelles. Le « prosommateur » désigne le particulier qui doit être à la fois être producteur d’énergie et consommateur, « à même d’agir comme des vendeurs et des acheteurs – avec l’appui d’entreprises innovantes leur proposant de nouveaux services fondés sur des règles de facturation et de publicité plus claires et comparables mais aussi grâce à des actions collectives permettant de faire jouer leur pouvoir de négociation considérable ». Ainsi les lois du marché s’inviteront au cœur des foyers, transformant chaque père de famille en petit « trader » d’énergie ! Un travail à temps plein… qui ne réduira toutefois pas le chômage en Europe.
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 14:07

Publié par Michel El Diablo

Plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l'appel de l'union syndicale CGTP-IN contre les politiques d'austérité du gouvernement. Patricia De Melo Moreira/AFP

Plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l'appel de l'union syndicale CGTP-IN contre les politiques d'austérité du gouvernement. Patricia De Melo Moreira/AFP

5000 manifestants anti-austérité s'étaient réunis mercredi 22 juillet 2015 devant le Parlement à Lisbonne pour réclamer la fin des politiques de rigueur et un changement de gouvernement. 

Environ 5000 manifestants ont répondu à l'appel de la confédération syndicale CGTP-IN, proche du parti communiste portugais, pour faire cesser les politiques d'austérité appliquées par le gouvernement.
 
«C'est l'heure de dire basta à ce gouvernement. Il faut emprunter une autre voie et renégocier la dette afin de dégager des ressources pour le développement du pays», a lancé Armenio Carlos, secrétaire général de la CGTP, proche du Parti communiste. La confédération appelle également le gouvernement à revoir «ses politiques antisociales et destructrices d'emplois». 

Le Portugal, en situation de défaut de paiement, avait reçu une aide internationale de 78 milliards d'euros en avril 2011. Deux mois plus tard, une coalition de centre-droit menée par l'actuel premier ministre, Pedro Passos Coelho, remporte les élections législatives. Depuis, le gouvernement a tâché  d'appliquer les contreparties réclamées par les bailleurs du Portugal, à savoir, un sévère programme de rigueur et de réformes.

En mars 2013, un demi-millions de Portugais s'étaient réunis pour protester massivement contre l'austérité. Depuis, des grèves et des manifestations sont régulièrement organisées dans les secteurs public et privé. 


Les prochaines élections législatives auront lieu en septembre et octobre 2015. L'actuel premier ministre vise un second mandat face à son rival, le secrétaire général du Parti socialiste, Antonio Costa. La confédération syndicale CGTP-IN appelle à la mobilisation des travailleurs au cours des prochains mois.
 
SOURCE:
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 14:04

Quand donc le PCF cessera-t-il de répéter "il faut faire bouger l'Europe"  et  d'accepter, de fait, les diktats de l'UE?  L'UE n'acceptera jamais de fixer des prix rémunérateurs pour les agriculteurs et de les imposer à la grande distribution et à l'industrie agro-alimentaire, .  Elle n'a pas été construite pour cela.  Dès ses débuts elle a eu pour valeur le marché libre et l'ouverture des frontières.  Laisser croire cela, c'est mentir aux agriculteurs.

La déclaration d'André Chassaigne, qui trouve que le ministre socialiste de l'Agriculture fait pour le mieux, est fatale pour les luttes.  Elle encourage à la résignation et à la fatalité.  Elle laisse le terrain libre aux tenants des orientations européennes : les lobbies de l'agroalimentaire et de la grande distribution, le gouvernement, la droite et et la FNSEA.  Il faut oser affronter l'Union Européenne !  Il faut dire aux agriculteurs que c'est à l'Union Européenne qu'il faut s'en prendre!  Et considérer que la sortie de l'euro et de l'Union Européenne doit être débattue avec tous ceux qui souffrent des politiques européennes.YG.

Sur France 3 Auvergne, une déclaration d'André Chassaigne, pour le groupe Front de gauche.

Le chef de file des députés Front de gauche, André Chassaigne, a estimé mardi qu'il faut "encadrer les marges de la distribution" pour répondre à "la situation d'étranglement" des éleveurs.

  • AFP
  • Publié le 21/07/2015 | 16:07, mis à jour le 21/07/2015
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André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme. © AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

© AFP PHOTO / BERTRAND GUAY André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme.

 

"Je ne mets pas en cause les réponses apportées par le Premier ministre, le ministre de l'Agriculture, qui, dans le cadre dont on dispose sur les questions agricoles, font pour le mieux", a déclaré le député communiste du Puy-de-Dôme devant la presse.
           
Mais, a-t-il souligné, les éleveurs sont dans "une situation d'étranglement, avec une grande colère qui peut prendre une très grande importance". Avec le "poids de la distribution, le poids des intermédiaires, au final les producteurs ne peuvent pas vivre de leur travail".
           
Qualifiant "d'ignoble" la façon dont les éleveurs doivent négocier les prix d'achat avec la grande disribution, André Chassaigne a estimé que "si elle n'est pas obligée réglementairement de faire des efforts, elle ne tient pas ses engagements", rappelant avoir déposé des propositions de loi à ce sujet, dont la dernière en 2011.
 
"On se heurte à des interdictions du droit européen qu'il faut faire bouger, mais il faut des prix planchers, qu'on appellera +indicatifs+ parce qu'on n'a pas le droit de dire prix planchers, et des mécanismes de coefficient multiplicateur, qui existent pour les fruits et légumes, qui permettent d'articuler avec le prix à la distribution", a-t-il dit.
           
"Si on n'encadre pas les marges de la distribution, on n'aura pas de solution", a insisté André Chassaigne.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 09:05

mis en ligne le 23 juillet 2015

 

Le syndicat agricole MODEF demande au gouvernement : "il faut exiger de l’UE l’exemption agricole des règles de la libre concurrence et prendre dès aujourd’hui en France des mesures législatives de fixation de prix minimum garantis pour les produits d’élevage" ...

Un voeu pieux.  Comment imaginer que l'Allemagne cédera sur une telle ligne et que Hollande obtiendra satisfaction, lui qui cède toujours aux souhaits d'A. Merkel et de ses amis socialistes allemands, depuis le traité d'austérité Sarkozy-Merkel du début de mandat jusqu'au dernier memorandum meurtrier infligé à la Grèce ?

L'expérience grecque le montre.  L'euro et l'UE, c'est l'austérité et la liberté des plus gros contre les plus petits. 

Pour les agricluteurs, c'est la disparition des exploitations familiales et la promotion des fermes usines.  Ce sont les grandes surfaces et les industries agro-alimentaires dictant leur loi et leurs prix au nom de la concurrence et de la compétitivité. 

Le moment est venu de réclamer tous ensemble la sortie de l'euro et de l'UE qui ont détruit l'économie natioanle. 

AC

MODEF : APPEL A REJOINDRE LES MANIFESTATIONS

Le plan de soutien à l’élevage français présenté le 22 juillet par le ministre de l’agriculture n’est pas à la hauteur.

Sur les 600 Millions d’Euros de mesures d’allègement de trésorerie seuls 100 millions constituent une aide réelle, le reste n’est que report d’échéances.

Les mesures dites structurelles ne règleront en rien le problème des prix à la production puisqu’elles ne concernent que l’exportation et que ce marché est en concurrence directe avec les pays tiers exportateurs où les distorsions de concurrence sont majeures. Dans le même temps où le gouvernement prône l’exportation pour régler la crise, il participe via la création de zone de libre-échange Européenne à ouvrir les frontières à l’importation de viande bovine, porcine, ovine et lait à prix cassés. Est-ce la nouvelle définition du développement durable et du bon sens paysan ?

Avec leur bon sens, les paysans réclament à cors et à cris des prix rémunérateurs. Mais cette revendication des éleveurs contrevient aux règles de la concurrence libre et non-faussée énoncées dans les traités qui fondent l’UE et votés par les gouvernements successifs.

Alors il faut exiger de l’UE l’exemption agricole des règles de la libre concurrence et prendre dès aujourd’hui en France des mesures législatives de fixation de prix minimum garantis pour les produits d’élevage assorties d’un coefficient multiplicateur entre fournisseurs et distributeurs.

Concernant les mesures d’urgence, le MODEF revendique la suppression pour 2015 des assiettes minimum de cotisations sociales des exploitants, l’exonération des cotisations volontaires obligatoires et autres taxes sur les produits d’élevage, la restructuration des dettes avec des prêts à taux 0%...

Pour faire valoir le droit à vivre de son travail, le MODEF appelle ses adhérents et l’ensemble des exploitants familiaux à rejoindre les manifestations en cours et prendre des initiatives d’actions là, dans les zones non couvertes par ces manifestations d’éleveurs.

Angoulême, le 23 juillet 2015

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 10:50
Alors que l'on n'entend sur les chaînes et les radios que les responsables de la FNSEA dont les positions fort libérales ( ils veulent davantage de "compétitivité" pour exporter encore plus ) et fort européistes sont néfastes à terme pour les petites et moyennes exploitations familiales, nous mettons en ligne une déclaration de la Confédération paysanne, relevée sur le site de cette dernière.  Nous partageons quasiment toutes ses analyses excepté ses illusions sur la possibilité que l'UE puisse réorienter la politique agricole vers un autre modèle.  L'expérience grecque invite à comprendre que toute réorientation ou remise en cause des positions pro-libérale et pro-capitaliste de l'UE se heurte au carcan des institutions européennes.  Et invite donc à en sortir pour progresser.
Confédération paysanne

Plan d'urgence pour l'élevage : De l'essence dans le moteur mais un plan en panne de solutions durables



22.07.2015 Le plan de soutien aux éleveurs surendettés, notamment les jeunes, est certes nécessaire à court terme, cependant il ne doit pas servir à maintenir un système à bout de souffle et passer sous silence que tous les éleveurs sont aujourd'hui en crise, concernés par la baisse généralisée des prix.
 

Pour résoudre durablement cette crise, il faut stopper net cette politique de libéralisation délibérée qui a poussé au surendettement et met aujourd'hui en péril des dizaines de milliers d'éleveurs. On continue à favoriser la saturation des outils de production des entreprises agroalimentaires au détriment des éleveurs et des territoires.

Par ailleurs, il est illusoire de réactiver le mirage de l'export, dont les aléas (embargo russe, contraction des débouchés chinois) sont en grande partie responsables de la crise actuelle. Cela devient carrément cynique quand Manuel Valls envisage de profiter de la faiblesse actuelle des grecs pour conquérir leurs marchés agricoles.

Et que dire enfin du silence sur les accords de libre-échange en cours de négociations avec les États-Unis et le Canada. Aucun avenir pour les paysans européens face aux méga fermes-usines nord-américaines !

Le bon sens économique et paysan appelle à s'attaquer aux causes profondes de ces crises récurrentes, notamment par la maîtrise des volumes au niveau européen et la réorientation des politiques agricoles vers un autre modèle.

Ces aides seront donc à fonds perdus, comme la Cour des comptes en fait état dans son rapport, et ne serviront qu'à financer la restructuration et le plan de licenciement de l'agriculture à taille humaine mis en place par les industries agro-alimentaires.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 15:59

Vendredi 17 Juillet 2015 à 5:00

Propos recueillis par
Pour Aurélien Bernier, auteur de "La gauche radicale et ses tabous" et de "Désobéissons à l'Union européenne", la crise grecque a montré qu'"en évacuant l’idée de rupture avec les politiques de l’UE, Syriza s'est condamné à l’impuissance." Selon lui, cet échec de Tsipras montre par ailleurs que "la stratégie du Front de gauche", qui consiste aussi à vouloir réformer les institutions européennes de l’intérieur, "n’est plus valable aujourd’hui" : "Soit il continue à s’enfermer dedans et là, si j’étais à la place de Marine Le Pen, je me frotterais les mains. Soit il y a un sursaut, et le moment s’y prête."
Nicolas Messyasz/SIPA/SIPA

Marianne : Après coup, comment analysez-vous la stratégie d’Alexis Tspiras lors des négociations avec les institutions européennes ?
Aurélien Bernier :
J’ai regardé tout ça attentivement, me gardant bien de tirer des leçons en cours de route. Maintenant que la Grèce et ses créanciers se sont mis d’accord, nous y voyons plus clair. Le référendum aurait pu permettre à Alexis Tsipras d’assumer une position plus dure vis-à-vis de l’Union européenne et, notamment, d’envisager la sortie de la zone euro. Nous nous apercevons aujourd’hui que ce n’était pas du tout l’objectif de la majorité de Syriza. Tsipras a organisé ce référendum en pensant que cela aller renforcer son poids dans les négociations. Ce qui n’a pas du tout été le cas. L’UE a tenu des positions encore plus dures qu’avant le référendum et, à partir du moment où la majorité de Syriza refusait d’envisager la sortie de la zone euro, les choses étaient pliées d’avance. Je pensais vraiment que ce référendum allait permettre à la Grèce d’aller beaucoup plus loin dans les négociations puisque le Premier ministre avait une légitimité populaire. Au contraire, ils se sont couchés au bout de quelques jours. C’est assez dramatique parce que ce pays va continuer à pâtir de l’austérité, parce que les décisions prises en Grèce devront maintenant recevoir l’aval de l’UE et, aussi, parce que les gens qui ont cru de bonne foi que Syriza pouvait faire autre chose que les autres organisations politiques pro-UE, ces gens-là, malheureusement, ont été trahis.

Pensez-vous, comme l’affirme Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des Finances grec, qu’Alexis Tsipras, en refusant l’idée même de préparer une sortie de la zone euro, a perdu un levier de négociation majeur ?
Oui, il a perdu à ce moment-là. Yanis Varoufakis a raison sur ce point. Sauf que, même avec cette menace, il est possible que Syriza se soit quand même heurté à un mur. Néanmoins, l’erreur est de ne pas avoir envisagé la rupture de la zone euro comme une solution de sortie de crise. On voit le résultat aujourd’hui. En évacuant l’idée de rupture avec les politiques de l’UE, avec les traités et tous les mécanismes qui vont avec, Syriza s'est condamné à l’impuissance.

Yanis Varoufakis a exliqué avoir travaillé à un plan B qui comportait des mesures qui auraient permis de récupérer de la souveraineté financière et monétaire, tout en évitant le « Grexit ». Etait-ce une troisième voie crédible selon vous ?
Je pense qu'effectivement cette voie-là était crédible. Mais cela revient de fait à une sortie de la zone euro. Car la solution qu’il proposait se résumait à l’introduction d’une deuxième monnaie dans le pays. La BCE aurait sûrement réagi et coupé, comme elle l’a fait à Chypre, l’approvisionnement en euros. Petit à petit, la nouvelle monnaie aurait remplacé la précédente. C’était une façon de se faire sortir de la zone euro en douceur plutôt que d’assumer directement une sortie sèche. C’est une question de stratégie politique, mais au final, le résultat aurait été le même, avec une nouvelle monnaie et une banque centrale réquisitionnée pour faire tourner la planche à billets.

Finalement, cette séquence n’est-elle pas pour vous un véritable cas d’école de cette entrave, de ce « tabou », que s’imposent les formations de la gauche radicale en refusant la rupture avec l’Union européenne ?
"Nous payons des années d’entêtement sur les questions européennes d’une gauche radicale qui n’a pas voulu aller au bout de son raisonnement"Malheureusement oui, c’est un cas d’école. La gauche radicale européenne défend une réforme des institutions de l’intérieur. Mais cette crise démontre que l’UE n’a absolument aucune intention de lâcher quoi que ce soit. Il n’y a pas de doute là dessus. Et que dans un contexte de négociation, avec ce « tabou de la rupture » présent à chaque instant, il n’y a absolument rien à attendre de bon. Je suis à la fois inquiet et en colère.
Inquiet parce que je crains que le parti qui soit le plus renforcé par cette crise ne soit celui de l’extrême droite, c’est-à-dire Aube dorée. En France, ce sera exactement la même chose avec le Front national. Car l’échec de Syriza, c’est l’échec de la position de réforme de l’intérieur que défend l’ensemble de la gauche européenne. Et, évidemment, Marine Le Pen se fera un plaisir de mettre Jean-Luc Mélenchon face à cet échec.
Je suis en colère aussi. La gauche radicale européenne aurait dû soutenir l’aile gauche de Syriza. On savait très bien qu’il y avait, au sein de Syriza, plusieurs positions : l’une dure, l’autre plus souple. Mais au lieu de ça, la gauche radicale a préféré dénoncer l’UE, l’intégrisme des négociateurs et des créanciers. Ils sont restés finalement sur leurs positions en faisant croire qu’on pouvait faire changer les choses sans rompre avec l’UE. Or, si les gauches radicales européennes avaient expliqué que la sortie était une possible voie, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nous payons des années d’entêtement sur les questions européennes d’une gauche radicale qui n’a pas voulu aller au bout de son raisonnement. Finalement, Tsipras a appliqué ce que dit le Front de gauche. Et même si la France pèse certainement plus que la Grèce dans des négociations, je ne suis pas sûr pour autant que le résultat serait différent. Alexis Tsipras a appliqué la position du Front de gauche qui est de dire : « On va batailler de l’intérieur pour faire bouger l’UE ». Malheureusement, le résultat de cette politique-là amène à la situation que vit la Grèce.

N’y a-t-il pas en France, depuis quelques mois, une évolution sur ces questions ? On a vu, lors de cette crise grecque, plusieurs responsables du Front de gauche en appeler à la défense de la souveraineté nationale de la Grèce contre la mise sous tutelle de l’UE. Ou au respect de la souveraineté populaire du peuple grec dans son choix du non au référendum. Lors du dernier congrès du Parti de gauche, une motion, inspirée par vos écrits et ceux de Frédéric Lordon, qui prônait l’« élaboration d'un programme de gouvernement dans le cas de la rupture avec l’UE et l’euro », a recueilli un très bon score… 
Je ressens cette évolution. Il y a affectivement la motion du PG qui a fait pas mal de bruit dans le microcosme. Il y a aussi une tendance au NPA qui est pour la sortie de l’euro et de l’UE. Et c’est vrai que ce débat avance, avec des gens comme Frédéric Lordon, ou moi, je l’espère en tout cas un petit peu. Mais la difficulté est que ça ne va pas assez vite au niveau des directions militantes. Or, si nous ne sommes pas clairs sur ces questions-là, il n’y a aucune chance d’être crédibles dans le champ politique.
C’était déjà le cas avant Syriza. Ce que préconise le Front de gauche (changer les choses de l’intérieur, négocier...), c’est, en un peu plus rouge, le discours sur « l’Europe sociale » du Parti socialiste. C’est le coup que nous a fait Lionel Jospin en 1997 et que nous a refait François Hollande en 2012 en début de mandat. Evidemment, je pense que si le Front de gauche était au pouvoir, il serait beaucoup plus dur, je ne remets pas en cause les intentions de ses dirigeants. Mais ce discours est, à mon avis, inaudible. Il l’était déjà avant le cas de la Grèce, il l’est d’autant plus aujourd’hui.
La prochaine fois qu’un dirigeant français de la gauche radicale dira « Nous allons négocier et obtenir gain de cause », plus personne ne pourra le croire. Aujourd’hui, avec le revers de la Grèce, ce serait totalement suicidaire de tenir ces propos. La seule position tenable est de dire que « Oui, on ira à l’affrontement, mais en sortant de l’ordre juridique et monétaire européen ». Ne pas se priver de peser sur les institutions européennes, à la seule condition d’avoir d’abord récupéré notre souveraineté monétaire et économique. Sinon, on le voit bien, il n’y a pas de négociations possibles.
Donc, la stratégie du Front de gauche, n’est plus valable aujourd’hui. Soit il continue à s’enfermer dedans et là, si j’étais à la place de Marine Le Pen, je me frotterais les mains. Car la marche vers les prochaines échéances électorales serait toute tracée et elle n’aurait plus rien à craindre de la gauche radicale. Soit il y a un sursaut, et le moment s’y prête. S’il y avait des gens qui n’avaient pas encore compris la vraie nature de l’UE, des gens optimistes — pour ne pas dire naïfs — qui pensaient qu’un pays auréolé d’une légitimité démocratique, d'un programme électoral, serait en mesure de faire plier la BCE et toutes les institutions européennes, ils en sont à coup sûr revenus. Aujourd’hui ce n’est plus possible de défendre cette position. Continuer à le faire ne serait plus de la naïveté, mais de la bêtise.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 09:19
La Belgique place le Luxembourg sur sa liste des paradis fiscaux

Par latribune.fr  |   | 

L'optimisation fiscale à grande échelle, dévoilée notamment par le scandale Luxleaks, a privé les Etats européens de milliards d'euros de recettes fiscales.

L'optimisation fiscale à grande échelle, dévoilée notamment par le scandale Luxleaks, a privé les Etats européens de milliards d'euros de recettes fiscales.

Les entreprises belges bientôt obligées de déclarer leurs transactions pour des montants supérieurs à 100.000 euros au Luxembourg ? Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt a assuré que son administration "ne pouvait faire autrement que de placer le Luxembourg sur la liste".

La Belgique est sur le point de placer son voisin, le Luxembourg, sur la liste des paradis fiscaux, obligeant les entreprises belges à déclarer leurs transactions pour des montants supérieurs à 100.000 euros dans ce pays, a rapporté jeudi le journal De Morgen. Une circulaire en ce sens doit être publiée prochainement, affirme le quotidien flamand.

"Sur la base de la situation actuelle et de considérations juridiques, mon administration ne peut faire autrement que de placer le Luxembourg sur la liste", a indiqué au journal le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt.

Il a toutefois souligné que "le Luxembourg faisait beaucoup d'efforts pour améliorer la transparence". "Mais notre pays veut suivre les directives de l'OCDE en matière de transparence. Cette mesure en est la conséquence", a-t-il ajouté.

Les Etats européens privés de milliard d'euros

La Belgique a adopté en 2010 une loi stipulant que les pays qui figurent pendant plus d'un an sur la liste des paradis fiscaux de l'OCDE doivent faire l'objet de mesures particulières, selon De Morgen.

Le Luxembourg figure sur cette liste depuis novembre 2013, soit avant que n'éclate le scandale Luxleaks. Ce scandale a révélé que des centaines de multinationales avaient passé des accords avec le fisc luxembourgeois pour minimiser leurs impôts. Ces opérations d'"optimisation fiscale" ont privé les Etats européens de milliards d'euros de recettes fiscales.

Le ministère belge des Finances, contacté par l'AFP, n'a pas souhaité commenter l'information dans l'immédiat.

(avec AFP)

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 10:29
Lu sur FR3 Région Haute-Normandie

Nouvelle journée de manifestation des éleveurs en colère ce mardi 21 juillet. Depuis 7h00, les principaux accès à Evreux sont bloqués. D’autres actions sont prévues dans la journée en Seine-Maritime.

  • Par Mathilde Riou
  • Publié le 21/07/2015 | 10:48
 

© Richard Mesnildrey

© Richard Mesnildrey

La colère des éleveurs hauts-normands ne cesse de s’intensifier. Après le blocage des abattoirs du Neubourg lundi 20 juillet, les éleveurs bloquent depuis mardi matin les principaux accès à la ville d’Evreux. Les membres de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs ont programmé un blocage sur les ponts traversant la Seine : « Les actions sont menés conjointement par la FDSEA 76 et les JA, à partir de 10h30 », annonce Cyril Cornille, animateur à la FDSEA 76. « Les accès aux ponts de Tancarville et de Normandie seront bloqués par les agriculteurs. »

A partir de 16h00, les éleveurs manifesteront à Rouen et bloqueront les accès Est et Ouest de la ville. Ils ont prévu des opérations dans les grandes surfaces pour traquer les produits frais d'origine étrangère.

A 20h00, ils se rassembleront devant la préfecture.
Sur le site de la Confédération paysanne
FRANCE

Et si on s’occupait des paysans ?



03.07.2015 La commission des comptes de l'agriculture vient de se réunir pour constater, comme tous les six mois, que le nombre de paysans diminue. Hier, le Conseil supérieur d'orientation du ministère de l'Agriculture devisait salle Sully sur les investissements dans les fermes et notre compétitivité nationale. Pendant ce temps-là, les éleveurs de porcs, de bovins viande et de vaches laitières appellent à l'aide. Et s'il y avait un lien ?
 

Les chiffres de la commission des comptes sont clairs, le prix de la grande majorité produits agricoles est en chute, et les volumes augmentent. On incite donc les paysans à compenser la baisse des prix par une augmentation de la production, donc de l'investissement, donc de l'endettement, donc du temps de travail. Et on ne gagne toujours pas plus ! Mais c'est « compétitif » selon les courbes du ministère, et tant pis si chaque jour des hommes et des femmes doivent quitter le métier.

On se rassurera en apprenant que la commission des comptes de l'agriculture va désormais travailler sur toutes les agricultures (petites fermes, diversité des territoires…) et prendre en compte l'évolution du nombre d'actifs agricoles. On se sentira soulagé de lire que l'usine des 1000 vaches devra, dans les 15 jours, être ramenée à 500. Mais doit-on pour autant s'en satisfaire quand on sait que les petites fermes sont chaque jour dénigrées et empêchées d'exister par des règlementations faites pour l'industrie alors qu'elles sont créatrices d'emploi et de dynamique des territoires ? Peut-on laisser croire que l'avenir des producteurs laitiers est aux usines de 500 vaches qui écrasent les prix et avec eux tous les éleveurs qui font leur métier avec compétence et passion et souhaitent simplement en vivre ?

Après le Conseil supérieur d'orientation d'hier, il est temps d'admettre que le seul objectif est de sauver la production, pas les producteurs. Tous ces paysans qui disparaissent chaque jour c'est une incroyable richesse qui s'efface. Soyons clairs : les agri-managers ne sauveront ni le climat, ni les territoires ruraux, ni la gastronomie, et surtout pas l'emploi !

 

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