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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 17:32
Relevons le défi de l’existence du PCF pour le combat révolutionnaire du 21éme siècle !
, par  lepcf.fr
 
 

Ces élections régionales laissent un goût amer. Le Parti socialiste et la droite se partagent des régions dans lesquelles le Front National obtient un nombre croissant d’élus.

Certes ce dernier ne dirigera aucune région. Mais cela ne saurait occulter que le piège FN a bien fonctionné. Le Front National obtient en effet sur l’ensemble du territoire un nombre de suffrages jamais atteint. Ce vote est évidemment renforcé par la politique désespérante du gouvernement Hollande et par la main de fer de L’Union européenne qui étrangle les peuples.Election après élection le vote FN augmente, stimulé par la contre performance d’un front républicain qui loin de le contenir, à long terme fait son jeux en accréditant l’idée du tous pourri.

Le FN est sciemment entretenu par François Hollande et Cambadélis, comme par Sarkozy et consorts à droite, qui espèrent ainsi gagner les élections présidentielles pour que rien ne change, c’est à dire pour que tout continue de s’aggraver pour les peuples en France, dans l’Union européenne et dans le monde.

Loin de bousculer la vie politique, comme le croient certains électeurs qui se fourvoient, le vote FN contribue à maintenir le pouvoir des représentants du capital et à bloquer toute perspective de changement, c’est ainsi qu’il faut comprendre le soutien déguisé de Gattaz à Marine Le Pen .

Ses scores, comme ceux des « Républicains », traduisent la droitisation de la vie politique et de la société française, sa présence renforcée dans les assemblées régionales va favoriser des décisions toujours plus dures contre le monde du travail et les services publics .

En PACA et Nord/Pas de Calais /Picardie, la décision de retrait unilatérale du PS conduit à que la droite et son extrême dirigent seuls deux des plus importantes régions de France.

Au final, l’objectif est atteint. Ces grandes régions, faites pour satisfaire le capital et détruire les nations au profit de l’Union européenne, se mettent en place dans des conditions particulièrement défavorables au peuple, alors que l’État d’Urgence pèse sur les mobilisations nécessaires.

La manipulation du suffrage universel atteint un sommet, comment s’étonner du dégoût croissant de nombreux citoyens de la vie politique qui se traduit dans une abstention qui reste un fait dominant de la situation ?

En l’absence d’une ligne et d’un projet politique à la hauteur des attentes du monde du travail ,

le PCF essuie une défaite électorale. Nous ne conservons des élus que dans 5 régions sur 13. Dans 6 régions, nos listes n’ont pas atteint la barre des 5%, dans deux régions la décision de retrait du PS nous a contraint à jeter l’éponge.

Le PCF, comme force nationale sur l’ensemble du territoire, subit un nouvel affaiblissement.Nos accord au second tour avec les socialistes nous permettent de sauver quelques élus. Mais ils nous enfoncent en même temps dans une impasse politique. car prétendre combattre la droite et l’extrême droite en s’alliant avec un PS qui fait et fera une politique au service du capital est source d’ambiguité et de discrédit.

Les élus communistes ne doivent pas se fourvoyer dans des exécutifs qui accompagneront la politique gouvernementale et les objectifs de Bruxelles, se fondre et se confondre dans des oppositions dominées par le PS. Il y a un espace pour travailler à la résistance, aux projets alternatifs, aux luttes que nos élus doivent occuper en travaillant sur le terrain avec les communistes, les forces syndicales et citoyennes.

La direction du PCF est bien obligée de reconnaître l’échec . Encore faut-il en rechercher les causes et les solutions. Depuis le refus d’une candidature communiste en 2012 jusqu’à l’écrasement de la Grèce cet été, en passant par les pertes des municipales en 2014, les appels à un débat sans tabou n’ont pas manqué relayés par de nombreux communistes. Quelle est la nature du vote FN, comment le combattre au-delà d’une posture morale ? Comment expliquer dès les législatives de 2012, le recul électoral du PCF et du Front de gauche ? Quelles conséquences d’alliances à géométrie variable aux municipales de 2014 et à ces dernières régionales. ? Pourquoi une telle absence de bataille et visibilité nationale, sur l’affichage comme sur le fond des propositions ? Allons nous en finir avec des stratégies mortifères limitées à une vision électoraliste et institutionnelle de la vie politique ? Enfin, quand allons nous reconnaître l’échec de notre ralliement au PGE et à l’Europe sociale, quand il nous faudrait au contraire combattre frontalement la forteresse européenne pour la faire tomber, regagner notre souveraineté nationale et populaire et travailler à de nouvelles coopérations et solidarités, en Europe et dans le monde.

Ces questions doivent s’ouvrir dans le parti sans que les réponses soient figées à l’avance et en laissant aux communistes le temps nécessaire pour en débattre.

Les accords de sommet et nouvelles combinaisons politiques ne sont pas à l’ordre du jour. Pour rassembler, pour reconstruire une gauche de combat il faut exister et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette exigence est la première question pour le PCF.

Dans des conditions difficiles et diverses, des communistes agissent pour reconstruire dans les entreprises et les quartiers les organisations communistes de base, indispensables à l’action, la solidarité et l’éducation populaire, des communistes travaillent à reconstruire une pensée communiste utile pour résister, agir et transformer la société.

Les points d’appui existent pour faire vivre et renforcer le PCF de résistance et de combat dont nous avons besoin.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 14:49

Reçu par courriel

 
Par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).
 
Le 15 décembre 2015.
 
Les citoyens qui attendaient des responsables politiques de tous bords qu’ils montrent qu’ils avaient compris le message envoyé par les électeurs auront été déçus. Tout reste comme avant après le deuxième tour des élections régionales : la même langue de bois, les mêmes promesses, les mêmes renoncements. Deux journaux, ce matin, résument bien dans leur Une l’état d’esprit du moment. Aujourd’hui en France s’exclame ainsi « Politiques, avez-vous entendu les Français ? », alors que Le Monde parle d’un « Sursis républicain ». Le Premier ministre Manuel Valls, expert en manipulations et diversions, sait qu’il doit parler de l’emploi, du chômage, de la précarité, car depuis plus de trente ans, c’est le problème principal que les Français veulent voir réglé au plus vite. Mais pour Monsieur Valls, il ne s’agit que de parler, une fois de plus, de ces problèmes cruciaux, pas de les résoudre. Il s’agit pour lui et le gouvernement de donner l’impression qu’il s’attaque vraiment aux problèmes de la majorité de la population : il « promet une réponse sur l’emploi », pour reprendre la Une des Échos.
 
Malheureusement il ne se passera rien. Car pour mettre un terme au chômage il ne s’agit pas de prendre des « mesures » comme toutes celles qui ont échoué ces dernières décennies, mais bien au contraire d’opérer un changement structurel complet. Dans le secteur non-marchand (fonctions publiques d’État, territoriale, hospitalière, associations, certains services publics…) il faut instaurer le droit opposable à l’emploi, l’État doit être l’employeur en dernier ressort, tout le monde doit pouvoir travailler. Dans le secteur marchand (entreprises industrielles et de services, petites et grandes), il faut une politique macroéconomique décidée par l’État, favorable à une activité économique utile à la population. Il faut aussi réindustrialiser notre pays, notamment par une politique de production nationale en substitution aux importations, ce qui nécessite des mesures protectionnistes.
 
Il ne se passera rien de tout cela, car pour résoudre le problème du chômage et de la précarité, en profondeur et durablement, il faut démondialiser, c’est-à-dire abandonner les politiques néolibérales, et notamment sortir de l’Union européenne et de l’euro, ce que ne veut pas le nouveau bloc de gauche organisé autour du PS et intégrant EELV et la gauche « radicale ». Le Parti socialiste a limité la déroute électorale, qu’il méritait pourtant, grâce au Front national d’un côté, à EELV et au Front de gauche d’un autre côté. En divisant la droite par la fabrication d’une extrême-droite chargée de faire peur et de réveiller les électeurs dormants, le PS attend beaucoup du FN pour la présidentielle de 2017, en particulier que Madame Le Pen soit qualifiée au 2e tour face à Monsieur Hollande. Quant à EELV, au Parti communiste français et à Monsieur Mélenchon, leur seule utilité est désormais de servir de force d’appoint au PS en échange de quelques postes ou subsides.
 
Pour supprimer chômage et précarité, voilà les transformations structurelles qu’il faudrait prendre, à débattre !
 

 


POUR DÉBATTRE DE CES QUESTIONS sur le forum internet, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/Apres-sa-defaite-electorale-le-gouvernement-ne-veut-toujours-pas-changer-de

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 09:41
Arrêt de la production de Total au Havre
Sur Ouest France

La CGT a lancé un appel à la grève, mercredi. Hier, la direction de la raffinerie a décidé la mise à l'arrêt de la production.

La direction de la plateforme Total Normandie, à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre, a ordonné hier la mise à l'arrêt de ses unités de raffinage. Cette décision fait suite « à un mouvement social, qui ne permet plus d'assurer une exploitation normale de la raffinerie. L'arrêt devrait durer deux à trois jours », indique la direction de Total à Normandie-actu.

Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), le syndicat CGT du groupe Total a lancé un appel à la grève nationale de 24 h, mercredi. « La direction, après vingt-quatre heures de grève, a proposé une augmentation de 1 % des salaires pour les cadres et de 1,2 % pour les ouvriers et les employés. Cela a été accepté par les syndicats CFDT et CFE-CGE. À la plateforme Normandie, la pilule est difficile à passer au vu du résultat opérationnel du site », explique Thierry Defresne, secrétaire général CGT de la raffinerie Total Normandie, où le mouvement s'est poursuivi hier. Les grévistes réclament une augmentation collective de 70 € par salarié et une prime de 2 500 € nets.

En 2015, la plateforme aurait enregistré un résultat de 400 millions d'euros, et un chiffre d'affaires de cinq milliards d'euros en 2014. « Ce résultat est le fruit de l'implication de tous les salariés. Il ne s'agit pas de traiter les résultats de chaque site, mais les salariés grévistes ont estimé que la direction locale n'a pas voulu reconnaître leur performance collective », écrivent deux délégués syndicaux, Gilles Costils et Emmanuel Real, dans un courrier à la direction. Ils demandent une rencontre, « dans les plus brefs délais », avec leur direction.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 23:17
Elisabeth Studer sur le blog Finance

Encore un bon point, voire un très bon point pour la Chine ! Alors que Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a indiqué dans la soirée du vendredi 13 novembre 2015 que le yuan remplissait les conditions requises pour rejoindre le panier des monnaies de référence de l’institution, la Banque nationale suisse (BNS) vient de confirmer le lancement, intervenu en début de semaine dernière de l’échange direct entre yuan et le franc sur la plateforme officielle chinoise d’échange de devises.

«  La constitution d’une paire CNY/CHF et d’un cours afférant doit contribuer à réduire les frais de conversion supportés par les opérateurs sur les marchés », indique ainsi l’établissement financier dans un communiqué. Précisons que les autorités chinoises avaient quant à elles annoncé la nouvelle dès lundi 9 novembre.

Selon la BNS, l’échange direct « facilitera et favorisera » l’utilisation du yuan « dans les opérations transfrontières entre les entreprises et les établissements financiers ». La Banque estime par ailleurs que cette décision constitue un pas important dans le renforcement des relations entre la Chine et la Suisse.

Rappelons qu’en 2014, la BNS et son homologue chinoise, la People’s Bank of China, avaient signé un accord de swap bilatéral, lequel avait été suivi par un memorandum of understanding en janvier 2015, conditions indispensables à l’établissement de ce marché.

En termes concrets, le franc suisse et le yuan pourront désormais être échangés de façon directe, et non plus convertis en passant par l’intermédiaire du dollar ou d’autres devises. Un cours de référence sera publié chaque jour après consultation des acteurs de marché, indiquait dès la semaine dernière lundi l’opérateur du China Foreign Exchange Trade System (CFETS).

Reste que les autorités chinoises continuent d’encadrer étroitement la convertibilité du yuan. Ce dernier ne peut fluctuer face au franc qu’au sein d’une fourchette de 5% de part et d’autre d’un taux-pivot déterminé quotidiennement. Rappelons qu’en ce qui concerne le dollar, cette fourchette de fluctuation est de 2%.

La banque HSBC pourrait bien quant à elle devenir le premier teneur de marché (market maker) dans les échanges CNY/CHF. Le groupe britannique a en effet indiqué avoir reçu le feu vert des autorités pour la négociation directe de la paire CNY/CHF sur le marché interbancaire des devises, confirmant ainsi sa position d’acteur clé de l’internationalisation de la devise chinoise.

Soulignant la rapide internationalisation du renminbi (autre nom donné au yuan chinois), Ryan Song, responsable du marché chinois chez HSBC a déclaré que « le renminbi est en passe de devenir une devise globale, pleinement convertible ».

L’an dernier, la Chine avait déjà autorisé les transactions directes entre le yuan et la livre britannique, puis entre le yuan et l’euro. Pékin permet également depuis de nombreux mois une conversion directe entre le renminbi et le dollar américain et, depuis quelques années, avec le yen japonais, les dollars australien et néo-zélandais.

Précisons enfin que la Chine figure parmi les principaux partenaires commerciaux de la Suisse. Selon l’Administration fédérale des douanes, les exportations de la Chine vers la Suisse entre janvier et septembre 2015 s’élèvent à 8,87 mrd CHF. Dans la même période, la Suisse a exporté vers la Chine 6,37 mrd CHF de biens et services, notamment dans le secteur de l’horlogerie  et des produits pharmaceutiques.
Sources : AWP, ats

Elisabeth Studer – 15 novembre 2015 – www.leblogfinance.com

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 17:21

Publié par Michel El Diablo

photo d'illustration

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Le traité de libre-échange Tafta serait une aubaine pour la croissance et l’emploi, promet la Commission européenne. Ce n’est pas ce que pensent nombre de dirigeants de petites et moyennes entreprises en Europe, notamment en Allemagne et en Belgique. Ils se rendent comptent que les mirobolantes promesses de croissance et d’exportations profiteront principalement aux multinationales. La plupart des PME européennes et leurs salariés en pâtiraient. En Allemagne, en Autriche, et en Belgique, des groupements de PME se mobilisent carrément contre le Tafta.

« Nous savons que les petites entreprises et les territoires dans lesquels elles opèrent ont des chances d’être parmi les plus grands gagnants de cette accord. » La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, met tout en œuvre pour convaincre les petites et moyennes entreprises européennes des bienfaits du traité transatlantique de libre-échange Tafta (TTIP en anglais) [1]. Ce traité est en cours de négociation entre la Commission européenne et Washington.

La suite en lien ci-dessous:

 

De plus en plus de patrons de PME européennes deviennent hostiles au traité de libre-échange Tafta

De plus en plus de patrons de PME européennes deviennent hostiles au traité de libre-échange Tafta

Le traité de libre-échange Tafta serait une aubaine pour la croissance et l'emploi, promet la Commission européenne. Ce n'est pas ce que pensent nombre de dirigeants de petites et moyennes ...

http://www.bastamag.net/Ces-PME-de-plus-en-plus-sceptiques-face-au-traite-transatlantique

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:55

Par · 4 novembre 2015

Un document de travail, co-écrit par 4 économistes du Fond Monétaire International[1], dont Daniel Leigh qui avait déjà été le co-auteur du document de travail avec Olivier Blanchard sur la valeur réelle du multiplicateur budgétaire[2], vient jeter un nouveau regard sur les conséquences d’une dépréciation de la monnaie sur les exportations. Très clairement, ces auteurs montrent que le taux de change a une importance considérable sur le commerce international, et qu’une forte dépréciation peut avoir des effets bénéfiques. Les résultats de ce papier confirment les calculs qui avaient servis de base à la rédaction de la note de la Fondation ResPublica, Les Scenarii d’une dissolution de l’Euro[3].

Rappelez moi quelle était la question ?

Depuis les années 1990, des doutes s’étaient fait jour parmi certains économistes sur l’efficacité réelle de dépréciations monétaires pour relancer les exportations d’une économie. Ces doutes étaient issus des conséquences de l’accord monétaire du Plazza (en 1985) qui avait conduit à une forte baisse du Dollar et une hausse importante du Yen. Or, ces mouvements monétaires n’avaient pas induits de changements spectaculaires dans les balances commerciales. Certains économistes en avaient déduit que l’élasticité des exportations (et des importations) au prix des produits était en réalité faible dans l’économie moderne, et que le commerce international se jouait essentiellement sur la qualité des produits. Le fait qu’un économiste ait formulé cette hypothèse dans les années 1950[4] était alors perçu comme la vérification théorique d’un fait validé empiriquement. Mais, on manquait sérieusement de recul et certaines des conclusions apparaissent aujourd’hui comme hâtives.

Cet argument fut néanmoins largement utilisé dans les années 1990 pour « justifier » l’adoption de la monnaie unique en Europe. Quand des économistes soulignaient que l’Euro fonctionnerait comme un système de change fixe sans possibilité d’ajustement entre les pays de la zone, et que l’on ne pourrait plus corriger des déséquilibres de balance commerciale, on leur répondait que, dans la mesure ou le balance commerciale dépendait essentiellement de la qualité des produits, un ajustement par le taux de change n’aurait pas eu d’effets. Cependant, depuis quelques années cette idée est assez largement remise en doute[5].

Impact du taux de change sur les flux commerciaux

L’impact de dépréciation ou d’appréciation du taux de change sur les flux commerciaux et les balances commerciales était cependant connu pour plusieurs pays. La rapidité du « rebond » de la Russie en 1999 et 2000 à la suite d’une dévaluation massive était l’un des principaux arguments allant dans le sens d’un effet positif d’une dépréciation de la monnaie. Les économistes du FMI que l’on a cité en introduction ont réalisé une étude assez systématique sur une cinquantaine de pays et ont retenu 58 « cas » de dépréciations[6]. Ils ne trouvent aucun signe de « déconnexion » entre les flux du commerce international et les taux de change, bien au contraire. L’étude montre qu’en standardisant les résultats, on obtient en moyenne pour une dépréciation du taux de change de 10% un gain de 1,5% du PIB pour le solde de la balance commerciale. Mais, le plus intéressant est la dispersion des résultats obtenus.

Graphique 1

A - exports et taux de changeGR

Source : Daniel Leigh, Weicheng Lian, Marcos Poplawski-Ribeiro, Viktor Tsyrennikov, « Exchange rates still matter for trade », op.cit..

En fait, on constate que si dans 9 des 58 (15,6%) cas retenus, le gain est de moins de 1%, dans 16 cas sur 58 (27,6%), il est supérieur à 2%. Deux facteurs exercent une forte influence sur les résultats et conditionnent des gains supérieurs à la moyenne, d’une part l’existence (ou non) d’une demande intérieure déprimée et d’autre part l’existence d’un système financier en bon état[7].

L’internationalisation des « chaînes de valeur » a bien un effet modérateur sur ces gains[8]. Mais, le développement de ces chaînes de valeur est très progressif dans le temps et ne peut venir contrarier les effets positifs d’une forte dépréciation du taux de change[9].

Implications

Ces résultats ont des implications importantes dans le débat actuel sur l’Euro. D’une part ils valident les ordres de grandeurs auxquels nous étions parvenus avec C. Durand et P. Murer dans les calculs préparatoires à la brochure de 2013. C’est un point important. Même ceux qui reconnaissaient le bien fondé de notre raisonnement avaient parfois des doutes sur les ordres de grandeurs, que ce soit sur les flux commerciaux, la croissance ou le chômage, de notre travail. Or, nos résultats sont validés par une étude systématique des économies développées. Ainsi, dans le cas d’une variation du taux de change de 30% vis-à-vis de l’Allemagne (10% par dépréciation du Franc retrouvé et 20% par appréciation de la devise allemande), on aboutit à un gain potentiel de 4,5% du PIB au minimum (si l’Allemagne était notre seul partenaire), ce qui, compte tenu de la part de l’Allemagne dans notre commerce extérieur nous donne un gain réel de plus de 2%. C’étaient bien les valeurs que nous avions retenues. L’idée d’une croissance de 4% à 6% suivant les choix de politique budgétaire est donc aussi validée, et avec elle l’hypothèse d’une très forte réduction du chômage avec tous ses effets induits, comme le retour à l’équilibre des comptes sociaux.

D’autre part, les conditions de ces gains suggèrent que l’effet positif d’une dépréciation de la monnaie à la suite d’une sortie de l’Euro serait très important pour des pays dont la consommation intérieure est fortement déprimée comme la Grèce, mais aussi l’Espagne, le Portugal et l’Italie. En fait, quand on combine l’effet d’une forte dépréciation du taux de change relatif et les effets potentiels de politiques budgétaires redevenant expansionnistes[10] car libérées du carcan du TSCG et différents accords signés dans le cadre de la zone Euro, on peut penser que la dissolution ou la désagrégation de la zone Euro aurait des effets très positifs sur les économies des pays de l’Europe du Sud.

 

L’étude de ces quatre économistes du FMI vient donc confirmer, et en un sens valider, les études réalisées en France et ailleurs qui démontrent la dimension extrêmement négative de l’Euro. Cette étude confirme aussi qu’une sortie de l’Euro serait massivement positive pour l’économie française et pour celle des pays de l’Europe du Sud. La conclusion de ce constat s’impose d’elle-même.

 

[1] Daniel Leigh, Weicheng Lian, Marcos Poplawski-Ribeiro, Viktor Tsyrennikov, « Exchange rates still matter for trade », document posté sur le site du CEPR le 30 octobre 2015, http://www.voxeu.org/article/exchange-rates-still-matter-trade#.Vjhy77aVWtw.twitter

[2] Texte qui montrait le caractère suicidaire des politiques d’austérité menées dans la zone Euro, O. Blanchard et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C., 2013

[3] Sapir J., Les scénarii de dissolution de l’Euro, (avec P. Murer et C. Durand) Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013

[4] Machlup, F, “Elasticity Pessimism in International Trade.” In Economia Internazionale. Vol. 3, (Février 1950), pp. 118-141.

[5] Artus P., « Comment maintenir des changes fixes (ou une Union Monétaire) entre des pays ? », Flash-Économie, Natixis, Paris, n°209, 20 mars 2012

[6] Leigh, D, W Lian, M Poplawski-Ribeiro et V Tsyrennikov (2015), “Exchange rates and trade flows: disconnected?”, Chapitre 3 in World Economic Outlook, IMF, Octobre 2015.

[7] « among economies experiencing currency depreciation, the rise in exports is greatest for those with slack in the domestic economy and with financial systems operating normally » in Daniel Leigh, Weicheng Lian, Marcos Poplawski-Ribeiro, Viktor Tsyrennikov, « Exchange rates still matter for trade », op.cit..

[8] Ahmed, S, M Appendino, and M Ruta, “Depreciations without Exports? Global Value Chains and the Exchange Rate Elasticity of Exports,” World Bank Policy Research Working Paper7390, World Bank, Washington DC, 2015.

[9] Voir Johnson, R C, and G Noguera, “Fragmentation and Trade in Value Added over Four Decades.” NBER Working Paper n°18186, Harvard, NBER, 2012 et Duval, R, K Cheng, K Hwa Oh, R Saraf, and D Seneviratne, “Trade Integration and Business Cycle Synchronization: A Reappraisal with Focus on Asia,” IMF Working Paper n° 14/52, International Monetary Fund, Washington DC, 2014.

[10] Via le « multiplicateur budgétaire » estimé de 1,7 à 2,3 dans l’étude d’Olivier Blanchard et David Leigh , « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C., 2013, op.cit.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:48
Commentaires : les communistes rouennais commenceraient-ils à comprendre ?  Est-ce durable ?  Est-ce la proximité des élections régionales ?  Encore un effort ! Le PS n'est plus un parti de gauche.  L'Union de la gauche n'est plus.  Il faut en tirer les conclusions. Y.G.
Publié le 10/11/2015 á 21H31 sur paris-normandie.fr.  Extrait.

 

Politique. La délibération sur l’ouverture des commerces le dimanche crée d’étranges rapprochements : Chabert et Bertheuil, Pennelle et Moreau...

Commentaires : nous laissons à Paris-Normandie la responsabilité de ces commentaires politiciens.

Le conseil municipal de Rouen cul par-dessus tête
Guillaume Pennelle, tantôt doux en pourfendeur de l’ultra-libéralisme, tantôt dur en pasionaria de la tolérance zéro (photo Stéphanie Péron)

 

«C’est bien c’est la démocratie, les lignes bougent, ça permet certains rapprochements », note ironique Stéphane Martot sur quelque sujet débattu lors du conseil municipal lundi soir. Il ignorait à ce moment-ci de la séance que sa petite pique allait prendre une étrange résonance. En l’espace d’une seule délibération - sur l’ouverture des commerces le dimanche - la géométrie politique locale est passée d’Euclide à Riemann. Explications.

La droite vote avec le PS, pas les écologistes ni le PC

Préambule, il s’agissait d’entériner les cinq dimanches d’ouverture en 2016. Le délai étant trop court pour mener à bien la concertation sur la possibilité de les ouvrir davantage. La loi Macron permet de les étendre jusqu’à 12, et c’est au conseil municipal de décider. Autant dire que le débat n’a pas vraiment porté sur la délibération en elle-même mais plutôt sur les principes sur lesquels reposent la loi...

Les échanges commencent avec Didier Chartier (PC) qui rappelle assez justement aux socialistes ici présents qu’ils avaient voté le 19 décembre 2008 une motion contre l’extension du travail le dimanche. L’élu communiste renouvellera deux fois sa demande d’éclaircissement. « Nous avons des engagements, des valeurs. On a le droit d’en changer mais il faut le dire. » Silence du PS local. Le seul à s’exprimer chez les socialistes est l’adjoint au commerce, Bruno Bertheuil, qui se retranche derrière une attitude ouverte à la concertation. « Nous aurons toute l’année 2016 pour consulter tout le monde. » Une démarche soutenue par l’UDI Patrick Chabert. « Pour une fois nous sommes d’accord. »

Ce qui n’est pas du tout le cas des écologistes. Stéphane Martot revendiquant pour les personnes « le droit de ne rien faire, de faire du sport, d’aller au musée, de se reposer (...) » et le besoin de ne pas céder « à la pression consumériste ». Son collègue d’EELV, Cyrille Moreau, ajoute que de toute façon, « ce seront les grandes surfaces qui en bénéficieront. Nous, nous défendons le commerce de proximité. » Estocade même pas mouchetée à destination des centristes qui se présentent volontiers comme les chevaliers blancs du petit commerce, derniers remparts contre l’impéritie des socialistes. De fait, pour l’instant à Rouen, seule la direction des Docks 76 et de Saint-Sever s’est montrée intéressée, les indépendants étant en grande majorité contre l’extension des dimanches.

En tout cas, Guillaume Pennelle est « parfaitement d’accord » avec Cyrille Moreau. « On ne peut pas défendre en même temps le commerce de proximité et l’ouverture le dimanche. M. Macron et M. Chabert fonctionnent ensemble, c’est l’ultralibéralisme. Un moment, faut dire stop. » Le FN vote quand même pour, « pour débattre ». Droite, centre et socialistes aussi. Les écologistes s’abstiennent et les communistes votent contre. Une mère truie n’y retrouverait plus ses petits.

[...]

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 17:42

Paris - Marché du travail, précarité, inflexion des dépenses de santé et de la fécondité: les répercussions sociales de la crise en Europe ont particulièrement touché les pays du Sud et l'Irlande, selon une étude de l'Insee publiée mercredi.

L'impact de la crise qui a débuté en 2008 a été le plus fort au Portugal, en Grèce, en Espagne, Italie et Irlande. L'Allemagne, le Luxembourg et l'Autriche ont été peu ou pas affectés. La France, le Royaume-Uni et les pays du Nord se trouvent dans une situation intermédiaire, résume l'Insee dans l'édition 2015 de son "Portrait social de la France" incluant des comparaisons européennes. 

Les 15 pays d'Europe étudiés (UE15) ont quasiment tous été confrontés à une montée du chômage. 

Après avoir globalement reculé jusqu'en 2008, le taux de chômage s'est nettement accru dans l'UE15 jusqu'en 2013 (+3,9 points), notamment chez les jeunes (+7,3).  

C'est en Grèce (+19 points) et en Espagne (+13) que le chômage a le plus progressé. La France, avec une hausse de 2,9 points, affiche un taux inférieur à la moyenne européenne. Le chômage a cependant diminué en 2014 (-0,6 point, à 10,5%) dans l'UE15, sur fond de reprise modérée de l'activité, souligne l'Insee. 

Pour l'ensemble de ces 15 pays, le taux d'emploi des 15-64 ans a lui baissé en moyenne de 1,5 point. Il se redresse légèrement en 2014 (+0,6). Le taux d'emploi des hommes, majoritaires dans l'industrie et la construction, a perdu 3,4 points. Celui des femmes a gagné 0,4 point. 

Du côté des seniors, le taux d'emploi a continué d'augmenter, à un rythme annuel moyen de + 1,1 point, en lien avec le recul de l'âge de départ à la retraite dans la plupart des pays. Seuls ceux du Sud, en dehors de l'Italie, ont vu le taux d'emploi des 55-64 ans diminuer. 

Les travailleurs économiquement précaires ont subi une forte exposition à la pauvreté dans les pays du Sud: au Portugal, par exemple, 43% d'entre eux sont pauvres contre 30% en France. 

Quant aux dépenses de santé par habitant, elles ont ralenti depuis 2008, voire diminué (-26% par exemple en Grèce), sauf en France et en Allemagne, engagées plus tôt que leurs partenaires dans un processus de maîtrise des dépenses d'assurance maladie.  

A l'exception de l'Allemagne et de la Suède, le taux de renoncement aux soins a augmenté entre 2010 et 2013, particulièrement en Grèce, Italie, Irlande et Portugal. 

Enfin, le nombre d'enfants par femme a chuté de 0,18 en Grèce, en Espagne et au Portugal, en lien avec la hausse du chômage entre 2008 et 2013. La fécondité en France est devenue en 2013 la plus élevée d'Europe avec près de 2 enfants par femme.  

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 18:00

Reçu par courriel

Extraits de la déclaration du KKE à la 17éme conférence des Partis Communistes et Ouvriers

 

Cela fait 7 ans que la Grèce traverse une crise économique profonde, qui a pour cause le capitalisme lui-même et non la façon dont les partis politiques le gèrent. Durant toute cette période  bien des partis politiques ont exercé le pouvoir: les libéraux, les sociaux-démocrates et "la gauche" mais à chaque fois les résultats ont été douloureux pour le peuple et profitables pour les grandes sociétés.

Depuis 2008, en Grèce,  pays de 11 millions d'habitants,  le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 25% et le taux de chômage a dépassé les 25% (...)
Flexibilité, absence de couverture sociale, travail gratuit sont  en train de se généraliser. On coupe toujours plus dans les pensions et on retarde le  départ à la retraite. Pour une bonne part la santé et l'éducation  sont confiées au secteur privé qui en tire d'énormes profits. 36% de la population vit sous le seuil (officiel) de pauvreté et, si on y ajoute ceux qui vivent des maigres aides sociales, on atteint 52% de la population. Dans le même temps les sociétés grecques cotées en bourse ont annoncé une augmentation de 291% de leurs bénéfices au premier semestre 2015. (...)

Durant les 7 derniers mois, le gouvernement  SYRIZA-ANEL a mis en application le troisième mémorandum  signé avec les institutions impérialistes. Il impose notamment de nouvelles et terribles mesures antisociales ainsi que le maintien de toutes celles qui avaient été prises précédemment.

Aux élections législatives du 20 septembre, des travailleurs et des forces populaires, qui avaient ces dernières années   combattu cette politique  antisociale et les précédents mémorandums les ont cette fois-ci  soutenus, pensant  que leur application serait plus "intelligente" et plus "douce" que par le passé.
Par ailleurs, une large fraction de la population a choisi de s'abstenir; ce phénomène  traduit un mécontentement envers le système politique bourgeois, un sentiment d'indignation et de désillusion  d'une partie des travailleurs et des jeunes ainsi que de la passivité  vis-à-vis de cette politique antipopulaire. (..) 
Les illusions créées par SYRIZA et ses alliés nationalistes de l'ANEL ont  largement contribué  à cette situation. 
Dans ce contexte de recul généralisé du mouvement populaire et  dans cette crise grave de l'économie capitaliste, le KKE a obtenu  5,55% des voix (contre 5,47% aux législatives précédentes) et a gardé ses 15 députés.

Le vote des  mesures antisociales par  SYRIZA-ANAEL légitime la position des autres  partis bourgeois: ND, PASOK, POTAMI qui les  ont toujours promues et soutenues.  Elle légitime aussi leur obstination à affirmer qu'il n'y a pas d'alternative à la politique d'austérité des monopoles.
Autre point négatif: les criminels nazis du GOLDEN DAWN ont maintenant une influence électorale confirmée et le grand capital fait la promotion de ce parti (...)

Dans la période à venir, le KKE continuera à mener la bataille sur les problèmes graves que rencontrent  les travailleurs et les couches populaires, il le fera de toutes ses forces de façon à ce que la contre-attaque du peuple s'organise sur des bases antimonopolistes et anticapitalistes  

 

Source site du KKE
Traduction libre de l'anglais par Enver

 

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IMAGES DE RESISTANCE

Fête de la jeunesse communiste grecque


De milliers de jeunes ont participé aux manifestations de la 41ème Fête de la KNE et de Odigitis (8-10 octobre) au parc “Tritsi”, à Athènes. La fête du KNE  est devenue le plus important événement politique et culturel du pays.

Si vous ne recevez pas cette vidéo c'est ici ---> https://youtu.be/fj1MS33xcoI?t=2
 
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 15:55

Lu sur UL CGT Dieppe Impôts

13 juil. 2015

Crédit d’Impôt Recherche: y a-t-il quelque chose à cacher ?
La CGT dénonce l’enterrement du rapport de la commission d’enquête du Sénat et demande à ce que toute la lumière soit faite sur l’utilisation du CIR et son impact pour la recherche.

Communiqué de la CGT

Le Sénat a lancé en décembre 2014 une mission d’enquête sur le Crédit Impôt Recherche. De nombreuses auditions ont été réalisées, notamment celle de la CGT.

Le rapport a été rédigé, mais le Sénat a décidé de ne pas le publier.
  • > Pourtant, chaque année, ce sont 6 milliards d’euros, soit un quart du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche qui sont consacrés au Crédit Impôt Recherche.
  • > Pourtant, de nombreux rapports, et notamment un de la Cour des Comptes, ont déjà pointé l’inefficacité du dispositif.
Alors que le montant du Crédit Impôt Recherche est passé de 930 millions en 2004 à 6 Milliards aujourd’hui, les citoyens ont le droit de savoir ce que financent leurs impôts.

Est-ce parce que le Président de la République a annoncé une sanctuarisation du dispositif qu’il est désormais impossible de l’évaluer ?

Le débat démocratique doit pouvoir avoir lieu sur le Crédit Impôt Recherche, en particulier sur les aspects suivants :

  • > pourquoi le dispositif est-il capté par les grands groupes au service de stratégies d’optimisation fiscale ? En 2012, 23 grands groupes ont bénéficié du quart du CIR.
  • > pourquoi ce dispositif, sans ciblage ni contreparties, ne bénéficie-t-il ni à l’emploi des docteurs, ni à l’effort de recherche ?
    • >> Sanofi a, par exemple, bénéficié de près de 150 millions d’euros par an au titre du CIR tout en supprimant des centaines de postes de chercheurs.
    • >> Le secteur bancaire utilise le CIR pour financer des recherches qui accentuent la financiarisation de l’économie (trading haute fréquence…).
  • > Dans le même temps, la recherche publique vit une véritable cure d’austérité. Les budgets récurrents des organismes sont fortement contraints. La précarité atteint 30 à 60% dans les laboratoires de recherche. Jamais le nombre de postes de recherche ouverts au recrutement n’a été aussi faible. C’est la recherche française qu’on dépouille. C’est toute une génération de jeunes chercheurs qui est sacrifiée.
Sans recherche publique, pas d’avancée du front des connaissances donc de creuset pour l’innovation, pas d’expertise indépendante sur les enjeux énergétiques, les questions de santé, ou encore le fonctionnement de nos sociétés. …

La France prend donc un retard important dans de nombreux secteurs et remet en cause son avenir. C’est ce que l’Académie des Sciences vient de souligner dans une très récente communication.

Il y a urgence à changer de politique : à titre d’exemple, une baisse de 5 à 10% du CIR représente 5 000 postes de titulaires.

La CGT dénonce l’enterrement du rapport de la commission d’enquête du Sénat et demande à ce que toute la lumière soit faite sur l’utilisation du CIR et son impact pour la recherche.

A Montreuil, le 9 juillet 2015

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