Politique. La délibération sur l’ouverture des commerces le dimanche crée d’étranges rapprochements : Chabert et Bertheuil, Pennelle et Moreau...
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«C’est bien c’est la démocratie, les lignes bougent, ça permet certains rapprochements », note ironique Stéphane Martot sur quelque sujet débattu lors du conseil municipal lundi soir. Il ignorait à ce moment-ci de la séance que sa petite pique allait prendre une étrange résonance. En l’espace d’une seule délibération - sur l’ouverture des commerces le dimanche - la géométrie politique locale est passée d’Euclide à Riemann. Explications.
La droite vote avec le PS, pas les écologistes ni le PC
Préambule, il s’agissait d’entériner les cinq dimanches d’ouverture en 2016. Le délai étant trop court pour mener à bien la concertation sur la possibilité de les ouvrir davantage. La loi Macron permet de les étendre jusqu’à 12, et c’est au conseil municipal de décider. Autant dire que le débat n’a pas vraiment porté sur la délibération en elle-même mais plutôt sur les principes sur lesquels reposent la loi...
Les échanges commencent avec Didier Chartier (PC) qui rappelle assez justement aux socialistes ici présents qu’ils avaient voté le 19 décembre 2008 une motion contre l’extension du travail le dimanche. L’élu communiste renouvellera deux fois sa demande d’éclaircissement. « Nous avons des engagements, des valeurs. On a le droit d’en changer mais il faut le dire. » Silence du PS local. Le seul à s’exprimer chez les socialistes est l’adjoint au commerce, Bruno Bertheuil, qui se retranche derrière une attitude ouverte à la concertation. « Nous aurons toute l’année 2016 pour consulter tout le monde. » Une démarche soutenue par l’UDI Patrick Chabert. « Pour une fois nous sommes d’accord. »
Ce qui n’est pas du tout le cas des écologistes. Stéphane Martot revendiquant pour les personnes « le droit de ne rien faire, de faire du sport, d’aller au musée, de se reposer (...) » et le besoin de ne pas céder « à la pression consumériste ». Son collègue d’EELV, Cyrille Moreau, ajoute que de toute façon, « ce seront les grandes surfaces qui en bénéficieront. Nous, nous défendons le commerce de proximité. » Estocade même pas mouchetée à destination des centristes qui se présentent volontiers comme les chevaliers blancs du petit commerce, derniers remparts contre l’impéritie des socialistes. De fait, pour l’instant à Rouen, seule la direction des Docks 76 et de Saint-Sever s’est montrée intéressée, les indépendants étant en grande majorité contre l’extension des dimanches.
En tout cas, Guillaume Pennelle est « parfaitement d’accord » avec Cyrille Moreau. « On ne peut pas défendre en même temps le commerce de proximité et l’ouverture le dimanche. M. Macron et M. Chabert fonctionnent ensemble, c’est l’ultralibéralisme. Un moment, faut dire stop. » Le FN vote quand même pour, « pour débattre ». Droite, centre et socialistes aussi. Les écologistes s’abstiennent et les communistes votent contre. Une mère truie n’y retrouverait plus ses petits.
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