"Dans ce genre, il y a donc eu lieu un de ces événements auquel le PCF à la dérive finit par s’habituer : 150 personnalités ont signé un appel de la gauche y compris Jadot qui avec Cohn Bendit est l’illustration de la corruption d’une fausse radicalité, on y trouve Pierre Laurent, Ian Brossat… Sans même parler du fond, quel mépris de l’adhérent, du militant communiste et quelle opération destinée à imposer la gauche plurielle face aux tentatives de l’actuel secrétaire du PCF, Fabien Roussel d’avoir une candidature aux présidentielles et de tenter d’avoir un parti communiste."
Commentaire : Parue dans l'Obs, la Tribune intitulée « Au cœur de la crise, construisons l’avenir » espère relancer ainsi une énième gauche plurielle ...
Les signataires veulent "éviter le pire, préparer l’avenir" et "une société résiliente" ... "La crise, disent-ils, confirme l’urgence radicale des grandes transitions. De cette impérieuse nécessité, faisons naître une espérance". Ouf ! Ils ne parlent ni de révolution, ni d'expropriation capitaliste, ni de changer le système. Ils fustigent "le capitalisme financier", comme, il y a peu, le candidat F. Hollande qui déclarait : "Mon ennemi, c'est la finance" ... C'est devenu à la mode.
Ils critiquent même l'UE : la changer pour mieux la garder ! Ils ne critiquent pas le capitalisme mondialisé imposé par l'UE aux Etats, mais une Europe devenue "un marché livré aux excès du libre-échange, renonçant à protéger son économie". Certes ils préconisent de stopper la "signature des traités qui amplifient cet abandon" et de réviser ceux existants. Le plus simple aurait été pourtant d'abandonner cette UE, responsable de tant de désastres sociaux et environnementaux. Pour cela ils réclament au contraire plus d'Europe et "une politique monétaire européenne à la hauteur du risque actuel". Audacieux, ils envisagent de mettre fin au pacte budgétaire, déjà fortement touché par la crise.
Ils invitent les partis, syndicats, associations à une " convention du monde commun" pour préparer "une alternative démocratique, écologique et sociale". Vu le côté indigeste de la dite tribune, on va s'amuser ...
Ce qu'ils ont en commun ? La peur des mouvements sociaux, la peur que se développent des contestations, des révoltes, des revendications qui aillent beaucoup plus loin que cet aménagement du capitalisme et de l'UE qu'ils promeuvent, la peur que ça bouge et que ça change vraiment. Alors ils proposent une dernière version d'un "changement" à la sauce social-démocrate.
Merci, nous avons déjà donné.
Yvette Genestal
Ci-dessous, vous pouvez, si vous ne craignez pas de bailler d'ennui, consulter le texte de la Tribune intitulée " Au coeur de la crise, construisons l'avenir" et cosignée par une belle brochette, comprenant entre autres, Pierre Laurent et Ian Brossat, Yannick Jadot et Cécile Duflot, Corinne Lepage et Edouard Martin, et cerises sur le gâteau, des rescapés de la rue Solférino, Olivier Faure et Najat-Vallaud Belkacem. Enfin, l'ineffable Raphaël Glucksmann. Thomas Piketty vient apporter son image d'économiste de "gauche" à l'ensemble. Nul doute que son expérience au côté de Ségolène Royal en 2007, complété par son soutien à François Hollande en 2012 auront guidé son engagement de 2020.