Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 15:26

FR3 Normandie

Action des opposants à la Loi Travail  ce mercredi matin (25 mai) à la gare de péage du pont de Normandie, entre Le Havre et Honfleur

  • Par Richard Plumet
  • Publié le , mis à jour le

 

Voir la video sur le site de FR3 Normandie

VIDEO : le reportage France 3 Le Havre-Baie de Seine de Eddylia Eugène-Mormim et Hervé Guiraudou

Après un blocage (dans les deux sens) de la circulation du pont de Normandie, le trafic des véhicules ayant besoin de traverser la Seine s’est reporté sur le pont de Tancarville où d’importants ralentissements étaient signalés en début de matinée.

A 9h30, les opposants à la Loi Travail ont levé leur barrage.


© Eddylia EUGENE-MORMIM / France 3 Le Havre-Baie de Seine

Partager cet article
Repost0
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 15:14

Mercredi 25 et jeudi 26 mai 2016, le trafic SNCF sera perturbé, en raison d'un nouvel appel à la grève. Quatre syndicats appellent désormais à une grève dure. Les prévisions.

Mise à jour : 25/05/2016 à 14:49 par La Rédaction sur Normandie-actu

© AFP/Archives/MIGUEL MEDINA. La gare Saint-Lazare à Paris le 26 avril 2016 lors d'une grève à la SNCF

La gare Saint-Lazare, à Paris, le 26 avril 2016, lors d'une grève à la SNCF. (© AFP/Archives/MIGUEL MEDINA)

Le trafic SNCF était perturbé mercredi 25 mai 2016, mais « moins que la semaine dernière » avec 3 TGV sur 4 et 4 RER sur 5 en circulation, en raison d’un nouvel appel à la grève de la CGT-Cheminots et SUD-Rail, a indiqué un porte-parole de la SNCF. En province, la SNCF annonce 2 TER sur 3 et 6 Intercités sur 10. Il s’agit du cinquième épisode de grève des cheminots SNCF depuis début mars pour défendre leurs conditions de travail.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:27

Publié le 23 mai 2016 sur le blog d'Action Communiste

Les salariés belges sont opprimés par les mêmes exploiteurs que le peuple français : le patronat européen et le capitalisme mondialisé

Les salariés français et belges sont sous la coupe de la même tyrannie : celle de l'Union Européenne et de sa politique en faveur de la "concurrence libre et non faussée" ...

 

Pour les salariés Belges voici aussi, une "réforme structurelle du marché du travail", connue maintenant sous le nom de "Loi Peeters".  Elle répond exactement aux recommandations de la commission européenne et à ses injonctions très libérales en faveur du tout profit et du capitalisme mondialisé et spéculatif.

Pourtant le Parti du Travail de Belgique, dont nous saluons la combativité,  ne mentionne à aucun moment la Commission européenne.

 

Retraites, code du travail, sécurité sociale, transports et énergie, santé, ils veulent tout nous prendre !

En France, en Belgique, dans tous les pays de l'UE, les peuples  sont soumis aux réformes libérales pour le tout profit, voulues par le patronat européen avec l'appui des gouvernements sociaux-démocrates et conservateurs.  Il est temps que les salariés, les ouvriers, le prolétariat moderne, renouent avec les luttes solidaires et internationalistes désignant les ennemis communs : le capitalisme mondialisé et la dictature supranationale de l'Union Européenne.  Et s'opposent ensemble aux recommandations européennes qui, entre autres, renforcent la précarité, la baisse du pouvoir d'achat, remettent en cause le droit à la retraite et à la sécurité sociale, mettent à bas les services publics ...

Les salariés des transports et de l'énergie ont eux aussi leurs revendications spécifiques communes : notamment, l'arrêt des privatisations et des investissements spéculatifs au détriment des intérêts des salariés et des usagers.

 

TAFTA, CETA, TISA, APE ... ces accords de libre échange sont négociés dans notre dos et sur notre dos par la Commission. 

Si ces traités sont signés, la Commission nous demandera pire encore que la Loi Travail !

Chacun, dans notre pays, combattons les lois imposées par nos ennemis communs et dénonçons la politique de l'Union Européenne.  Proposons d'en sortir en construisant des politiques de coopération et d'échanges équitables, avantageuses pour les peuples et non pour les multinationales.  Si nous ne le faisons pas, l'Union Européenne continuera ses méfaits année après année et ouvrira un boulevard aux partis d'extrême-droite en Europe.

 

Y.G.

Voici ci-dessous un extrait des  dernières recommandations  de Mai 2016 de la commission européenne au gouvernement belge  :

 

 

Extraits

 

Par ailleurs, la Commission recommande que la Belgique au cours de la période 2016-2017,

1. réalise un ajustement budgétaire d’au moins 0,6 % du PIB vers l'objectif budgétaire à moyen terme en 2016 et en 2017 ; utilise les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio de la dette publique ; s’accorde sur des objectifs budgétaires contraignants parmi tous les niveaux de pouvoir ; simplifie le régime fiscal et supprime les distorsions en matière de dépenses fiscales.

2. procède à la révision de la « Loi de 1996 » sur la compétitivité et l’emploi, en concertation avec les partenaires sociaux ; s’assure que les salaires puissent évoluer en ligne avec la productivité ; assure l’efficacité des politiques d’activation du marché du travail ; avance en matière de réforme de l’éducation et de la formation professionnelle, et fournisse des aides à la formation, notamment pour les personnes issues de l’immigration.

3.renforce la capacité à innover, notamment en favorisant l’investissement en capital des connaissances; renforcer la concurrence dans le secteur des services aux entreprises comme dans celui du commerce en supprimant les restrictions d’exploitation et d’établissement. Combler les lacunes en matière d’investissement dans les infrastructures de transport et de capacité de production énergétique. 

Ci-dessous un lien vers le document de la Commission

Les recommandations de la Commission à la Belgique ( 2016-2017)

Lu sur le site du PTB ( Parti du Travail de Belgique)

Photo Solidaire, Salim Hellalet
5 raisons pour dire non à la Loi Peeters
17 Mai 2016
auteur: 

La fin de la semaine des 38 heures, des semaines hyper-flexibles ou l’intérim à vie. Voilà quelques exemples de ce qui se cache derrière le projet de réforme du marché du travail voulu par le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V). Résumé des cinq mesures principales de la loi Peeters, qui sont autant de raisons de la rejeter.

1. 100 nouvelles heures supplémentaires qui mettent fin à la semaine des 38 heures

La loi Peeters va permettre à tous les employeurs de négocier 100 nouvelles heures supplémentaires avec chacun de leurs employés. 100 heures supplémentaires par an, ça fait deux heures supplémentaires par semaine. C’est donc clairement la fin de la semaine de 38 heures, qui passera en moyenne à 40 heures. 100 heures, c’est aussi 12 journées de travail en plus par an.

Ce paquet de 100 heures constitue un tout nouveau système d’heures supplémentaires qui s’ajoute au système déjà existant. Il peut même être étendu à 360 heures si un accord sectoriel le prévoit. Il existe en dehors de toutes les conventions collectives existantes, il s’applique de manière individuelle, sans motivation, sans contrôle des syndicats et sans récupération.

Les seules limites ? La journée de travail ne peut dépasser 11 heures et la semaine 50 heures.

Cette mesure est mauvaise :

  • pour la santé des travailleurs : toutes les études montrent le risque accru d’accidents de travail dans la période d’heures supplémentaires. Sans parler de l’impact sur la santé à long terme des heures supplémentaires comme le risque de burn-out.
  • pour l’emploi : chaque fois que 19 travailleurs font 100 heures supplémentaires, c’est un chômeur en plus.
  • pour la démocratie sociale : il met complètement à l’écart la voix des travailleurs en mettant de côté les organisations syndicales.
2. Des travailleurs élastiques avec l’annualisation du temps de travail

Le temps de travail ne serait plus calculé par semaine mais bien par année (c’est l’annualisation du temps de travail). Cela signifie que vous pouvez travailler plus à certains moments et moins à d’autres, tant que vous prestez 38 heures par semaine en moyenne sur l’année, sans dépasser 9 heures par jour et 45 heures par semaine. Aujourd’hui, certains secteurs et entreprises ont un régime d’annualisation du temps de travail.

Il serait aussi possible, selon les secteurs, de faire des écarts jusqu’à 143 heures par rapport à l’horaire normal, soit 17 journées de travail, avant de devoir bénéficier d’un repos compensatoire (en plus du pot de 100 heures supplémentaires).

Cette mesure est mauvaise :

  • pour les travailleurs qui travaillent déjà dans ce système : dans les secteurs et entreprises qui connaissent déjà un régime d’annualisation du temps de travail, celui-ci a été négocié pour en atténuer les conséquences. Ici, il deviendrait la norme, et les aménagements négociés n’auraient plus de raisons d’exister.
  • pour les travailleurs qui connaîtront ce système : aujourd’hui, les travailleurs qui connaissent ces régimes en souffrent. En effet, cela peut vouloir dire travailler cinq mois avec des semaines de 45 heures, cinq mois avec des semaines de 31 heures et deux mois à 38 heures. En moyenne, vous aurez bien fait 38 heures sur l’année. Avec tous les problèmes que cela peut causer en termes de santé, de vie sociale et familiale, etc.
3. Flexibiliser encore plus les horaires des travailleuses à temps partiel

Les horaires possibles ne seront par exemple plus mentionnés dans le règlement de travail. On mettra seulement l’heure potentielle de début et celle de fin. Même chose pour les jours de la semaine.

La loi ouvre la porte à ce que les horaires ne soient communiqués que 24 heures à l’avance.

Le sursalaire des heures complémentaires (= les heures faites en plus de l’horaire fixé dans son contrat à temps partiel et en-dessous d’un horaire temps plein) sera beaucoup plus limité. Et, si c’est le travailleur qui a fait la « demande » pour des heures complémentaires, il n’aura plus droit à aucun sursalaire.

Cette mesure est mauvaise :

  • pour la vie sociale et de famille : comment s’organiser pour aller chercher les enfants à l’école, prévoir un rendez-vous chez le dentiste, s’inscrire à une activité ou faire du bénévolat, si l’on ne connaît son horaire que 24 heures à l’avance ?
  • pour les salaires : de nombreux travailleurs à temps partiel veulent pouvoir travailler plus, car leur salaire est souvent trop petit pour vivre et le temps partiel n’est pas un choix. Ils sont donc « demandeurs » de faire des heures complémentaires, ce qui ne sera plus compensé par un sursalaire. La Loi Peeters diminuera ainsi le salaire et encouragera encore plus les employeurs à embaucher à temps partiel plutôt qu’à temps plein.
  • pour les femmes particulièrement : le travail à temps partiel concerne surtout des femmes, et notamment des mères célibataires. De très nombreuses femmes seront donc appauvries et vivront l’enfer pour organiser leur vie.
4. Compte-carrière : un système à l’américaine pour casser la sécurité sociale

La Loi Peeters veut mettre en place un compte-carrière. On pourra y stocker des heures supplémentaires non payées, des congés pas pris, etc.

Cette mesure est mauvaise :

  • pour la sécurité sociale : si l’on écoute le gouvernement, le but est d’avoir un complément au chômage quand on perd ses allocations, un complément à sa pension, un complément quand on prend un crédit-temps... Et ce, au moment où on démantèle de plus en plus les mécanismes de la sécurité sociale (chômage, pensions…). Ce système détourne les travailleurs de la sécurité sociale comme outil d’assurance collective. On enferme en réalité les gens dans un système à l’américaine où chacun est responsable individuellement de construire sa propre protection sociale, sa propre assurance.
  • pour les congés des travailleurs : ce système donne aussi l’apparence d’une liberté de gestion de ses congés. Pourtant rien n’est moins vrai. La seule liberté qu’il y aura sera celle de stocker rémunération et temps. La manière de le récupérer dépendra du bon vouloir de l’employeur, avec qui il faudra négocier individuellement.
  • pour la santé des travailleurs : cela risque aussi de mettre une pression « à faire des heures », à pousser les gens à bout pour « mettre de côté pour plus tard ». Une telle pression sera rapidement nuisible à la santé.
5. L’intérim à vie

La loi Peeters c’est l’instauration d’un contrat intérimaire à durée indéterminée. Les travailleurs seraient donc liés à une agence d’intérim, et chaque entreprise pourrait directement faire appel à eux.

Cette mesure est mauvaise :

  • pour les intérimaires : le travailleur intérimaire qui signera un tel contrat sera dans une situation d’esclavage moderne. En cas de creux et pour éviter de devoir payer une inactivité coûteuse, les agences d’intérim pousseront ces travailleurs à accepter des missions qui seront peut-être très éloignées des compétences et attentes du travailleur. Il pourra difficilement refuser une mission sous peine de rupture de contrat (qui lui ferait perdre tous ses droits au chômage).
  • pour les conditions de travail des intérimaires : ce contrat serait une source de stress pour des travailleurs changeant en permanence de mission, de collègues. Une situation où il est très difficile de construire des relations sociales fortes. Et sans relations sociales, pas de protections sociales. En d’autres mots, une manière de mettre les syndicats de côté.
  • pour les salaires : ce contrat intérimaire pourrait avoir ses rémunérations propres qui pourraient être inférieures aux rémunérations des travailleurs réguliers. Il s’agirait alors d’une nouvelle forme de dumping salarial.
  • pour les contrats stables : ce système pourrait servir de cheval de Troie pour casser le contrat de travail normal. rché du travailPlus besoin de répondre à des conditions strictes ou plus besoin d’avoir l’accord des syndicats pour introduire l’intérim dans l’entreprise.
  • pour le droit de grève : ces contrats constituent une menace pour l’action sociale. Les patrons et le gouvernement réclament en effet que les intérimaires puissent travailler en cas de grève.
Pourquoi cette réforme ? « La marge bénéficiaire doit être accrue »

C’est lors du conclave budgétaire de début avril que le ministre de l’emploi Kris Peeters a fait adopter par le gouvernement une note de « réforme structurelle du marché du travail », maintenant connue sous le nom de Loi Peeters. L’objectif de la réforme est clair : « La production, le chiffre d’affaires et la marge bénéficiaire doivent être accrus, tandis que les coûts doivent être réduits ». En résumé, la réforme doit permettre d’augmenter les profits des entreprises (la marge bénéficiaire) et baisser les coûts (nous, les travailleurs).

Partager cet article
Repost0
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 09:21
Pénurie de carburants : grève illimitée votée au terminal pétrolier du Havre

L'enjeu est crucial. 40% de l'approvisionnement français en pétrole brut transite par Le Havre.

France 3

Mis à jour le

Ce 24 mai au matin, les tankers et les gaziers accostaient encore au terminal pétrolier du Havre (Seine-Maritime). Mais ces livraisons de carburant pourraient bien être interrompues. La veille, les 260 salariés du site ont voté la grève à près de 95%. "On est montés d'un cran contre un gouvernement qui n'entend rien. Il n'y a plus de démocratie", dénonce Mathias Jeanne, secrétaire CGT CIM.

Un arrêt total

La compagnie industrielle maritime est une infrastructure à double enjeu pour la France. Car la CIM est le point d'entrée de 40% des importations de pétrole brut dans le pays, avec 10 millions de mètres cubes par an. Ils alimentent notamment les raffineries de Notre-Dame de Gravenchon et Gonfreville-l'Orcher. Deux sites qui sont actuellement en grève. L'arrêt total au Havre est prévu pour 19 heures.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 08:53
Publié le 23/05/2016 á 23H15 sur Paris-Normandie.fr
 
 
Le Havre : Ken Loach soutient un documentaire sur les dockers
Tournage au Havre lors d’une des journées de mobilisation contre la loi Travail (photo Christophe Frébou).
 

Une partie de 421 au Marie-Louise, le bar hors du temps du quai de la Saône (quartier de l’Eure). Une barricade de pneus en feu pour bloquer un rond-point tenu par quelques dockers, chasubles rouges fièrement portées. La présentation en quelques plans semble virer aux clichés...

La journaliste Auberi Edler, ayant mis avec talent le pied dans la réalisation de documentaires depuis plusieurs années, trahit en réalité, et avec bonheur, son attachement à un monde découvert en 2014 à l’occasion d’un précédent tournage sur Aki Kaurismäki (réalisateur du film Le Havre, 2011). Celui des docks et de ses hommes. « Depuis, j’y suis retournée, souvent », confie-t-elle sur la page de présentation de son documentaire, mise en ligne sur le site de financement participatif kisskissbankbank.com. Aussi touchant soit-il, il reste effectivement à le financer afin de concrétiser deux années de travail. Non seulement de tournage qui se poursuivait encore ces dernières semaines, mais aussi d’échanges, de rencontres « pour apprendre à se connaître, à imaginer la confiance ».

Certains considéreront le film orienté puisqu’il donne également un coup de projecteur sur un dernier bastion du syndicalisme en France, alors que se poursuit le bras de fer entre la CGT (notamment au niveau local la très puissante fédération ports et docks) et le gouvernement autour de l’adoption de la loi El Khomri, dite loi Travail.

Un village ouvrier qui résiste

Havraises, Havrais, fils de dockers ou non, c’est donc le moment de contribuer à la réalisation d’un projet « alternatif », probablement livré aux alentours de septembre 2017, présentant un des visages de la ville du Havre à l’occasion de son 500e anniversaire. Celui d’un village ouvrier qui résiste aux forces de la transformation, architecturale et mentale.

Des mois durant, Auberi Edler suivra donc trois dockers, de génération différente, racontant leur approche de la condition ouvrière. Pas de commentaire, ni d’interviews. Juste la parole des ouvriers, de leurs épouses sur une bande originale, c’était inévitable, produite par l’icône Little Bob. Un projet ne saurait aboutir sans parrain. Celui de ce documentaire est en or. Au sens propre comme au figuré. J’ai nommé Ken Loach, tout juste entré dans le cercle des doubles récipiendaires de la Palme d’or du Festival de Cannes. Dans une vidéo, le réalisateur de Moi, Daniel Blake, connu pour l’ensemble d’une œuvre très militante, n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Je souhaite bonne chance à cette campagne (N.D.L.R. : de financement), je suis certain que le film sera très bon... J’envoie ce message de soutien à Auberi et aux dockers du Havre, à leur combat pour tirer parti des nouvelles technologies (...). Elles ne devraient pas signifier des licenciements mais de meilleures conditions de travail (...). Victoire aux dockers ! »

Christophe Frebou

https ://www.kisskissbankbank.com/fr/ projects/la-classe-ouvriere

 

 

Partager cet article
Repost0
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 17:29
Exxon Mobil

Exxon Mobil

Selon France 3 Normandie, les salariés de la raffinerie d'Exxon Mobil de Port-Jérôme, à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), près du Havre, ont voté la grève, mardi 24 mai, à l'appel des syndicats CGT et FO, contre la loi Travail.

Des salariés non-grévistes, des cadres, des salariés des bureaux, une dizaine en tout selon FR3 Normandie, ont voulu participer à la réunion pour "exprimer leur opinion" et dire « Non à la grève ». Ce qu'ils ont fait devant les caméras.

Reste que ce ne sont pas les personnels qui travaillent dans les bureaux ou les cadres qui oeuvrent à la production. Or "Nous avons 50% de grévistes parmi les personnels postés et cela va avoir un impact sur la production", a déclaré à l'AFP la CGT d'ExxonMobil, par la voix de son porte-parole, Christophe Aubert. "Couper le robinet, c'est notre 49-3 à nous"!

Le blog du syndicat CGT rapporte que les conditions sont parfois difficiles pour les salariés qui désirent se joindre au mouvement de grève car les pressions faites par la hiérarchie sur les grévistes sont nombreuses. Pour les dirigeants d'Exxon Mobil, le droit de grève n'est, semble-t-il, valable que pour les salariés non grévistes. Ceux qui veulent faire grève ont eux eu droit aux pressions de leur hiérarchie …Le syndicat salue le « formidable soutien apporté par UL de Lillebonne, Harfleur et du Havre et des entreprises du HAVRE comme TOTAL ».  Pour l'usine de Notre-Dame de Gravenchon, il est évident que l'intervention policière à Fos sur Mer a été un facteur déterminant dans la décision de la grève.

La production est à l'arrêt ou ralentie dans plusieurs secteurs. La production de carburant est fortement réduite.

Vous pouvez consulter le blog CGT de la raffinerie Exxon Mobil. L'honnêté et la rigueur du compte-rendu permettent de comprendre l'âpre combat de classe qui oppose une multinationale étasunienne ( siège social à Dallas ) et le gouvernement socialiste à des salariés qui veulent juste sauver leurs droits.

Les journalistes chiens de garde ( et chiennes de garde - soyons féministes ) ne nous ont pas habitués à une telle exactitude dans leurs reportages et débats.  Depuis aujourd'hui effectivement les chiens et les chiennes sont lâchés, sur les ondes et à la télé, contre les salariés en grève .  Comme cette interview de Pierre Laurent par Nathalie Lévy, journaliste très engagée au côté du gouvernement et qui n'a cessé de couvrir la voix de P. Laurent.  C'est que, pour une fois, il ne parlait pas d'union avec les socialistes, mais de soutien aux salariés en grève et de retrait de la loi Travail.

YG.


 

EXXON MOBIL - Sous l'oeil de la police - A quand la police dans les usines ?

EXXON MOBIL - Sous l'oeil de la police - A quand la police dans les usines ?

Partager cet article
Repost0
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 16:58

Publié par El Diablo -

Interview d’Eric SELLINI,  coordinateur CGT du groupe TOTAL : « on espère bien l’effet boule-de-neige. Il faut que tout s’arrête !»
photo d'illustration (source: communismeouvrier.wordpress.com)

photo d'illustration (source: communismeouvrier.wordpress.com)

Semaine décisive pour notre mouvement : les travailleurs et la CGT de la chimie se sont courageusement engagés.

Mais s'ils sont un point d'appui considérable pour tous, ils ne peuvent rester isolés et il y va de la reponsabilité de tous les autres secteurs d'entrer à leur tour dans la grève pour contraindre le pouvoir socialiste au recul.

Un pouvoir affaibli et discrédité!

Les manoeuvres auxquelles il se livre à propos des camionneurs montrent que ce qu'il craint par dessus tout c'est la convergence effective des luttes et le blocage économique du pays.

C'EST DONC LE MOMENT D'Y ALLER !

 

Interview d’Eric Sellini,coordinateur CGT du groupe TOTAL

Les plus grosses raffineries de l’Hexagone sont en phase d’arrêt. La question, dit Eric Sellini, coordinateur CGT du groupe TOTAL, ce n’est pas « la pénurie. On sait ce que nous ressortent les médias à longueur de journée ». La question, c’est comment gagner, et la grève des raffineries pourrait bien être « cet appel d’air pour que tout le monde se lance dans la bataille ».

Répression versus barrages et piquets

Le gouvernement a pourtant mis ses menaces à exécution en ordonnant le déblocage de plusieurs dépôts de carburants, près de Rennes, Rouen et à Lorient. « C’est inquiétant, reconnaît Sellini. Mais pour les dépôts, c’est plus facile de casser les barrages quand à l’intérieur les gars ne sont pas en grève, dit Sellini, S’ils entraient dans le mouvement, ce serait différent. Sur le gros dépôt de Dunkerque, l’ancienne raffinerie des Flandres, qui a fermé en 2010, nos camarades ont arrêté le travail, et plus une goutte de produit ne rentre dans le pays par ce biais-là. C’est le cas également à Clermont. A Valenciennes, c’est des copains de l’UL qui tiennent les barrages, de l’extérieur ».

Le discours de Bernard Cazeneuve, à l’Intérieur, et d’Alain Vidalies, aux Transports, fait sourire Sellini. « Le gouvernement veut éviter l’emballement. C’est pour cela qu’ils se veulent rassurants sur la question du carburant. La question c’est combien de temps va durer cette stratégie. L’avantage, pour eux, c’est que la Zone Sud du pays n’est pas à l’arrêt, au niveau hydrocarbures. Ils disposent tout un système de pipelines qui pourrait faire remonter des produits vers le Nord, mais c’est très compliqué. Et après, une fois que c’est sur les dépôts, il faut pouvoir charger les camions, et ça c’est une autre affaire. C’est pour cela qu’ils sont en panique ».

Faire donner la gendarmerie contre les raffineurs ? « Ils ne se frotteront pas à nous. Les installations sont arrêtées ou en passe de s’arrêter à Donges, près de Saint-Nazaire, à Grandpuits, à Feyzin, à Marseille ou sur la raffinerie de Normandie. Quand les installations sont à l’arrêt, il n’y a pas grand-chose à faire, tant ça met de temps à être relancé. A moins qu’ils n’ordonnent de débloquer les stocks, mais il faudrait encore trouver des non-grévistes pour ouvrir les vannes. Ou qu’ils s’assoient sur le droit de grève ».

La réquisition, comme en 2010 ? Sellini n’y croit pas non plus, « bien qu’avec ce gouvernement, on va de surprises en mauvaises surprises. Mais en 2010 la tentative de réquisition avait été retoquée par l’Organisation Internationale du Travail, qui avait condamné la France. Je ne crois pas qu’ils essayent. Mais s’il doit y avoir de nouveaux coups de force, ce sera en direction des dépôts, plus petits, avec des salariés qui sont isolés, souvent. Et ils vont tenter là où il y a juste des barrages ».

« Les gars tiennent le coup »

Sellini sait que la bataille sera dure, « on est rentré dans la phase aigüe du conflit ». Mais qu’on ne lui avance pas l’argument selon lequel les raffineurs seraient irresponsables. « Pour les services publics, s’il faut débloquer des stocks pour les hôpitaux, bien sûr qu’on le fera. Mais c’est tout. C’est le gouvernement qui prend le pays à la gorge ».

Le moral est bon, dans les raffineries, « les gars sont déterminés. On a des salariés qui d’habitude ne font pas grève sur des problématiques internes à l’entreprise, mais qui là, sont dans le conflit. En décembre 2015, on avait envisagé un mouvement sur les salaires, mais ça n’avait pas pris. Ce coup-ci, en mai 2016, c’est complètement différent, avec la Loi Travail. Quand les salariés sentent que c’est leur vie qui est en danger, leur vie sociale, leur vie familiale, ça change tout ».

Mais si l’état d’esprit est à la lutte, « on ne va pas tenir si on est isolés », reconnaît Sellini, préoccupé, rappelant la façon dont le mouvement, en 2010, a abouti à une impasse. « Si on se retourne, la semaine prochaine, et qu’on voit qu’on est tout seul, ça va être compliqué. C’est super de voir sur les piquets des copains territoriaux ou des postiers qui viennent nous appuyer, mais l’enjeu, c’est que toutes les boites cessent le travail ».

L’exemple du Havre ou de Saint-Nazaire est parlant pour Sellini. « Au niveau interpro, au niveau de l’Intersyndicale, là-bas, ça marche bien. Le fait que les dockers soient de la partie, ça donne du baume au cœur, ça change la donne. Les copains tiennent bon. Mais si on prend Grandpuits, par exemple, il faut que les gars se sentent entourés. Il faut que la semaine prochaine ils sentent que le mouvement de grève prend, sur le département, sur toute la région parisienne en réalité. Dans les grandes entreprises et dans les administrations ».

Quel calendrier de lutte ?

Que dire, du coup, de l’appel de l’Intersyndicale à une nouvelle journée de grève le 26 mai et la suivante le 14 juin ? « Un rendez-vous hebdomadaire, ça ne me choque pas, dit Sellini. A condition que ce ne soit pas juste l’occasion de faire une belle manif et après tout le monde rentre chez soi, précise-t-il. Un rendez-vous hebdomadaire, ça doit permettre, après, de continuer à travailler dans les boites, à convaincre les collègues, et les mettre en grève. En revanche, sur la date du 14 juin, alors là, pour le coup, je dois avouer que je suis perplexe sur le timing ».

« J’ai l’impression d’être revenu en 2010, reconnaît Sellini, sceptique. En 2010, on avait des rendez-vous hebdomadaires. Dans ce cas-là, il faut que ce soit des points d’orgue dans la mobilisation, pour repartir de plus belle. Mais une grève trois semaines après, à l’époque, c’est ce qui avait permis de siffler la fin de la partie. Ce que je n’entends pas, sauf du côté de la CGT, c’est qu’il faut faire monter la sauce dans toutes les entreprises, qu’il faut y aller. C’est pourtant bien ça, la solution. Après le 26, il faudra qu’on fasse le bilan, chez les raffineurs, notamment. C’est là qu’on verra combien de monde on a réussi à entraîner dans la bataille, si ça monte. Mais je suis sûr que ça peut monter ! »

 

SOURCES:

Interview d’Eric SELLINI,  coordinateur CGT du groupe TOTAL : « on espère bien l’effet boule-de-neige. Il faut que tout s’arrête !»
Interview d’Eric SELLINI,  coordinateur CGT du groupe TOTAL : « on espère bien l’effet boule-de-neige. Il faut que tout s’arrête !»
Partager cet article
Repost0
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 16:54

Réplique à l'intervention policière à Fos-sur-Mer : Toutes les raffineries en grève, selon la CGT.

Publié le par FSC

Toutes les raffineries en grève,  selon la CGT.
Toutes les raffineries en grève,  selon la CGT.
Toutes les raffineries en grève,  selon la CGT.
Toutes les raffineries en grève,  selon la CGT.

En réplique à l'intervention policière à Fos-sur-Mer...

 

Toutes les raffineries en grève selon la CGT. La raffinerie de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) est devenue, mardi, la dernière des huits raffineries françaises à voter le mouvement, en réaction à l'intervention des forces de l'ordre à Fos-sur-Mer. Plusieurs dépôts de carburant sont également touchés.

 Intervention tendue à Fos-sur-Mer. Quelques centaines de militants CGT bloquaient depuis la nuit de dimanche à lundi les accès au site. Ils ont opposé "une résistance importante" et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, selon une source policière. D'après la CGT, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau et chargé "sans sommation".

 La grève s'étend au port du Havre. Le personnel des terminaux pétroliers du port du Havre, qui assure 40% des importations françaises de carburant, a voté la grève lundi soir. Une grève qui s'ajouterait aux blocages qui, à des degrès divers, affectent l'activité de six raffineries, outre Fos-sur-Mer, et plusieurs dépôts de carburant.

Partager cet article
Repost0
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 16:15
Solidarité avec le militant CGT de Renault Cléon menacé de licenciement !
Partager cet article
Repost0
23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 15:47
lundi 23 mai 2016 sur Rouge-Midi - Extraits - Lire l'intégralité sur http://rougemidi.fr/spip.php?article9214
 

 

En France, le gouvernement contre les prud’hommes

Seules instances où les juges sont aussi ouvriers ou informaticiens, et ont donc une expérience de l’entreprise, les conseils de prud’hommes sont menacés.
Après avoir supprimé l’élection des conseillers, M. François Hollande veut désormais plafonner le montant des amendes pour les délits patronaux, réduire les recours, faire payer les plaignants et remplacer les juges par des magistrats professionnels.

En audience de référé — une procédure d’urgence parfois rebaptisée « cour des miracles » —, Mme Fatoumata M. (1) est venue réclamer 452 euros, son dû pour trois mois de travail en tant qu’auxiliaire de vie. Elle est seule, mais elle s’accroche face aux deux juges qui l’écoutent. Son employeur est absent ; il a demandé par courrier le renvoi de l’affaire à une autre date, il est malade… Celui de M. Tewfik Z., présent, lui, assure qu’il lui a payé son salaire de nettoyeur de cuve, mais il n’a aucun document pour le prouver.

En audience de jugement qui suit la tentative de conciliation, voici M. Jean K. Directeur d’une usine rentable grâce à la vente d’un produit de grande qualité et à l’augmentation de la productivité dans un climat social serein, il a pourtant été licencié. Il présente des lettres de soutien de tous les salariés et des syndicats de l’usine, à commencer par la Confédération générale du travail (CGT). Il se voit reprocher de ne pas appliquer un management rigoriste en matière de « dégraissage » du personnel, tel que celui mis en œuvre dans d’autres pays par la multinationale propriétaire de l’usine. S’il gagne et obtient des dédommagements, il n’en est pas moins écarté de son poste et privé d’emploi. Quant à son usine…

Toute personne ou entreprise qui s’estime lésée peut se présenter devant le conseil des prud’hommes, sans payer de droits. Elle peut venir avec ou sans avocat, seule ou avec un salarié de son entreprise, un représentant d’une organisation de salariés ou d’employeurs, son conjoint légal ou de fait. Les cas traités — 187 651 en 2014 — sont majoritairement des licenciements « pour motif personnel », soit pour « faute lourde », soit pour « insuffisance professionnelle ». Le salarié conteste l’appréciation portée sur la qualité de son travail et son licenciement subséquent. L’employeur expose les raisons qui justifient sa décision. Les juges délibèrent en évaluant « la réalité et le sérieux » de la faute ou de l’insuffisance. Le conseil est formé d’un nombre égal de juges employeurs et salariés ; ce paritarisme garantit l’impartialité et l’équilibre des points de vue.

Les seuls juges élus

Après la réforme de la carte judiciaire, en 2008, le tiers des conseils de prud’hommes a été supprimé, et dans des zones surchargées comme Bobigny, Nanterre ou Paris, aucun n’a été créé. La plupart manquent de locaux adaptés, de papier, d’ordinateurs, de connexions à Internet. La réduction du personnel fonctionnaire, celui des greffes et des secrétariats, allonge les délais de résolution des procès. La diminution des heures de présence remboursées au conseiller prud’hommes pour lui permettre de s’absenter de son travail restreint le temps passé au conseil et les échanges d’expériences entre juges.

De plus, les délais de prescription ont été réduits, limitant les possibilités de recours : depuis la loi dite « de sécurisation de l’emploi », votée en juin 2013, ils sont de deux ans pour les plaintes relatives à l’exécution ou à la rupture du contrat de travail, et de trois ans pour les réclamations de salaire. Cela empêche qu’une affaire puisse servir de référence : le temps qu’elle soit jugée, le délai de saisine de salariés dans le même cas est dépassé.

En 2014, il fallait en moyenne près de quatorze mois pour résoudre une affaire. Le manque de moyens n’y est pas pour rien. De plus, certains avocats jouent la montre en demandant le renvoi ; étant donné l’encombrement des tribunaux, le plaignant en prend alors pour quelques mois dans le meilleur des cas et, dans le pire, pour plusieurs années. Cette demande n’a pas toujours le même fondement. Pour l’avocat du salarié, elle est souvent motivée par un problème de constitution de la preuve. Pour celui de l’employeur, il s’agit d’éloigner une éventuelle condamnation et de provisionner la dépense qu’elle occasionnera. Toutefois, avant de dénoncer une lenteur excessive, comme le font de nombreux commentateurs, il faut comparer : onze mois de délai, en moyenne, devant le tribunal correctionnel, vingt et un mois devant le tribunal pour enfants, et plus de cinq ans devant les assises…

Si les conseils de prud’hommes sont tant décriés, c’est parce qu’ils sont des lieux de démocratie, les seules instances françaises où les juges sont élus (par départements), ce qui leur confère une légitimité forte. Ils élisent les instances dirigeantes du conseil. Les représentants des travailleurs se présentent sur des listes syndicales soumises au vote des salariés et des demandeurs d’emploi, y compris étrangers (communautaires et non communautaires) ; ceux du patronat sont élus par le collège des employeurs, des associés en nom collectif et des cadres dirigeants d’entreprise. Les juges bénéficient au sein de leur syndicat d’une formation solide — quasiment la dernière école ouvrière.

C’est tout cela que patronat et gouvernement veulent remettre en question. Elus en 2008, les juges devaient être renouvelés en 2013. Leur mandat a été prolongé de deux ans une première fois, puis une seconde, avant que la majorité de gauche au Parlement ne supprime carrément ce scrutin (loi du 18 décembre 2014). Motifs ? La faible participation au vote (25,4% en 2008 ; 63% en 1979) et le coût de son organisation. Les juges actuels seront donc restés à leur poste neuf ans, et ceux qui l’ont quitté — qu’ils soient décédés ou qu’ils se soient découragés — n’ont pas tous été remplacés, ce qui augmente la charge de travail des autres. En 2017, les juges seront désignés selon la représentativité des syndicats à l’échelle nationale ; les privés d’emploi n’auront plus voix au chapitre.

Magistrats non professionnels, certes, mais « professionnels magistrats », selon l’expression du juge Albert Delattre, les 14 616 juges prud’homaux sont appelés à concilier ou à examiner des litiges résultant de l’exécution du contrat de travail de droit privé. Ils peuvent exercer le métier de cariste, d’informaticien ou de conducteur de train, être ouvriers en usine ou militants syndicaux de base. Contrairement à ce que l’on peut croire, la condamnation d’une entreprise est décidée avec l’accord d’au moins un juge du collège employeur, voire deux. Soixante et onze pour cent des affaires aboutissent à un jugement en faveur du salarié, jugement le plus souvent confirmé en appel, avec parfois une condamnation aggravée de l’employeur. Une « machine à perdre », estiment d’éminents membres du Mouvement des entreprises de France (Medef).

Quand ils siègent en dehors de leurs heures de travail salarié (2), les juges touchent une indemnité (7,10 euros brut) inférieure au smic horaire (9,67 euros). Si travail il y a, il est sous-payé, et même souvent gratuit. En outre, selon l’avocate Rachel Spire (3), l’activité syndicale n’est pas sans risque : plus de dix mille représentants de salariés sont licenciés chaque année. Parmi eux, des juges prud’homaux, qui, bien que protégés par la loi, subissent les mêmes discriminations.

A priori, il ne s’agit pourtant pas d’une activité militante. Un juge prud’homal doit prêter serment et juger « au nom du peuple français ». Il n’est subordonné ni à un employeur ni à une organisation, ce qui garantit son indépendance. Il n’en a pas moins des obligations : siéger dans les audiences où il est appelé, garder le secret des délibérations et ne recevoir de consignes de quiconque, sauf à commettre un délit de mandat impératif. Pour tenter de le circonscrire, la loi Macron du 6 août 2015 a ajouté un article au code du travail : « Les conseillers prud’hommes (…) s’abstiennent, notamment, de tout acte ou comportement public incompatible avec leurs fonctions. » Or les juges sont souvent titulaires d’autres mandats syndicaux, qui les amènent à discourir et à organiser des ripostes salariales au sein de leur entreprise. Qui définira l’« incompatibilité » de leurs actes avec leurs fonctions ? L’article précise encore : « Leur est interdite toute action concertée de nature à arrêter ou à entraver le fonctionnement des juridictions lorsque le renvoi de l’examen d’un dossier risquerait d’entraîner des conséquences irrémédiables ou manifestement excessives pour les droits d’une partie. » Une restriction explicite du droit de grève des juges…

« Réformer », « désengorger », « alléger », « revivifier la négociation collective », « créer de l’emploi », proposer un contrat de travail « agile »… Le vocabulaire utilisé pour justifier l’instauration du travail sans droits est invariablement positif. Les décrets de la loi Macron, eux, sont plus directs. Par exemple, les conclusions (documents où sont exposées les plaidoiries, échangés avant l’audience) et les pièces (preuves écrites d’événements ou d’appréciations, notamment les bilans économiques de l’entreprise) devraient désormais être déposées dès la saisine du conseil, ce qui obligerait la personne à se faire assister. Or, dans bien des litiges, le coût d’un avocat dépasse le montant que l’on peut espérer obtenir.

Dans l’état actuel des choses, le conseil de prud’hommes apparaît comme une transposition de la scène du travail : les juges salariés se confrontent aux juges employeurs, en un dialogue permanent de personnes connaissant bien l’entreprise. Un lieu exemplaire, selon le sociologue Laurent Willemez (4), qui considère la juridiction prud’homale comme le résultat de la pluralité d’interactions, de négociations : « Les conseillers doivent prendre acte de la double contrainte dans laquelle ils sont pris : juger en juristes et, dans le même temps, juger en syndicalistes. » C’est ainsi que des décisions innovantes des conseils influent sur la création de jurisprudences.

Dans certains cas, le juge va s’appuyer sur les décisions d’autres juridictions, comme les tribunaux des affaires de la Sécurité sociale qui ont constaté la responsabilité de l’employeur dans un suicide au travail. Il examinera les avis des médecins du travail (salariés protégés), de l’inspection du travail, des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), des comités d’entreprise. Toutefois, la tendance est à la diminution du nombre de salariés protégés pouvant s’impliquer dans la défense des droits collectifs. Les possibilités d’apporter des preuves s’amenuisent avec la réduction des effectifs, les instances syndicales et les CHSCT pouvant désormais être fusionnés dans les entreprises de moins de trois cents salariés et perdant ainsi leur pouvoir de réaliser des expertises indépendantes. La mise en cause devant l’ordre des médecins de ceux qui établissent des attestations pour les procès prud’homaux, l’externalisation de la médecine du travail vers des officines y contribuent également.

Triomphe du raisonnement managérial

Le Dr Dominique Huez, médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon et représentant syndical CGT, est ainsi poursuivi par la société Orys, sous-traitante d’Electricité de France (EDF), et par l’ordre des médecins d’Indre-et-Loire pour avoir remis à un salarié un certificat attestant un syndrome post-traumatique, conséquence d’une « maltraitance professionnelle ». La chambre disciplinaire régionale de l’ordre lui a notifié un avertissement pour avoir « méconnu ses obligations déontologiques ».

Le recours aux prud’hommes devient d’autant plus difficile que les employeurs ont obtenu de nombreuses dérogations au droit en organisant une hyperflexibilité. On voit des universités imposer pendant des années un statut d’autoentrepreneur à des enseignants au lieu de leur assurer un contrat de travail pérenne. Des journalistes ou des postiers ont accumulé jusqu’à cinq cents ou six cents contrats. Dans l’audiovisuel, le découpage en confettis des entités économiques, les contrats à durée déterminée d’usage (CDDU) permettent des emplois d’un jour ou deux. Lorsque le salarié exprime son souhait de passer en contrat à durée indéterminée (CDI), les engagements se tarissent.

Avec la réforme de la justice prud’homale, la place laissée à la confrontation entre salariés et employeurs se réduira, les seconds n’étant plus tenus d’être présents à l’audience et pouvant se faire représenter par des professionnels. Dans cette logique de judiciarisation, les avocats évalueront en toute « confraternité » la qualité du travail, régleront les litiges. Le raisonnement managérial dominant deviendra la seule mesure de la qualité du travail, à travers la notion d’« objectifs » — outil de contrôle du salarié — et l’évaluation de la suffisance ou de l’insuffisance professionnelle, comme si toute chose était mesurable. De quelle façon attribuer une note à l’ouvrier qui estime l’efficacité du process en écoutant le bruit de la machine ou en humant l’odeur de la pâte de biscuit ?

De plus, sur quelles lois les juges pourront-ils s’appuyer ? Jusqu’à présent, la hiérarchie des normes suppose que, « lorsque deux normes sont applicables à une même relation de travail, il faut, en principe, retenir la plus favorable aux salariés ». Dans sa réforme du code du travail (5), le gouvernement, en accord avec le Medef, veut inverser ce principe en permettant l’application de dispositions conventionnelles moins favorables que celles des lois en vigueur. Quel niveau de négociation retiendront les conseils de prud’hommes ?

En écartant le juge élu des litiges du travail, en professionnalisant cette institution biséculaire, voire en la privatisant, le pouvoir en change les finalités et tarit le dernier accès populaire au droit.

Hélène-Yvonne Meynaud Mars 2016

Transmis par Linsay

 

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents