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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 16:24
Déclaration de la CGT au CE de Vente Marketing France (VMF) du Groupe Orange

Arcueil, le 19 décembre 2013

 

CE VMF


Déclaration préalable CGT

 

Monsieur le Président,

 

La délégation CGT du CE VMF souhaite aujourd’hui évoquer la disparition de Nelson MANDELA. Il ne s’agit pas pour nous d’exploiter l’actualité, non plus que de faire du journalisme émotionnel. Mais nous considérons que le parallèle est grand entre les luttes menées par ce grand homme et celles menées aujourd’hui par la CGT. Il nous semble que les idéaux sont les mêmes : défense de la liberté, défense des travailleurs. Car il faut bien savoir que les opprimés d’Afrique du sud étaient noirs, sans doute, mais étaient avant tout des travailleurs au service du grand capital.

 

La CGT a pris une part décisive en France au cours des années 80 dans la lutte contre le régime d’apartheid et pour la libération de MANDELA des geôles du régime.

Elle partage avec Nelson MANDELA une profonde unité de vue, au fondement de ses combats pour la liberté, l’égalité et la fraternité, pour l’établissement d’une nation arc-en-ciel sur les décombres du système ségrégationniste.

Cela doit nous donner la force de relever les défis qui honoreront sa mémoire et poursuivront son chemin.

 

Face à la disparition de cette éminente figure de l’histoire de l’humanité, la CGT se devait en effet d’être aux côtés du peuple sud-africain dans le deuil, au nom du passé qui nous lie depuis si longtemps, mais aussi au nom de l’avenir que nous ne manquerons pas d’écrire ensemble au service de l’émancipation des travailleurs.

Loin d’être érodés par le temps les liens qui unissent la CGT et la COSATU, le Congrès des Syndicats Sud Africain, sont de ceux que les années renforcent : ils on été tissés aux heures les plus sombres de l’apartheid, contre laquelle la CGT s’est élevée de façon systématique et virulente. Nous sommes fiers d’avoir pu engager la CGT dans des actions de soutien, et la délégation CGT salue tous nos militants qui, ont pris des risques pour servir nos idéaux.


Tout au long de l’apartheid, la CGT a organisé des manifestations de masse pour mobiliser les travailleurs de France sur les crimes perpétrés par le régime.

Nous avons pris une part active au boycott de l’Afrique du Sud, aux actions de blocages des importations en provenance du pays, multiplié les pressions sur les Entreprises multinationales à base française qui, malgré les sanctions de l’ONU, tentaient de développer des relations d’affaires avec le gouvernement raciste de Pretoria.


Le souvenir du 2 février 1990, jour de la libération de Nelson Mandela, reste pour tous les militants de la CGT, un moment intensément emprunt d’émotion.

Un moment qui démontre que tout devient possible, que rien ne saurait résister à la marche de la vérité et de la justice, que rien n’est plus beau qu’un peuple qui se lève, qui lutte et se libère du joug de ses oppresseurs.

Il fut un commencement bien davantage qu’un achèvement. L’histoire des 20 dernières années de la nouvelle Afrique du Sud, avec ses succès, ses espoirs et ses déceptions, l’illustre avec éclat.

Il y a, bien sûr, le souvenir de ces luttes communes.

Mais la CGT et les travailleurs de la nation arc-en-ciel sont également liés par un destin commun.

 

Dans ce monde en crise, secoué par les convulsions d’un capitalisme dévastateur, ravageant les solidarités humaines et l’environnement, notre devoir est de tracer un nouveau chemin.

 

 Il doit se fonder sur les idéaux de justice et d’égalité que portait Nelson MANDELA.

Ses mots, ses actes, sa force ont abattu le régime de l’apartheid et doivent inspirer les luttes que nous devons aujourd’hui conduire, particulièrement celles qui exigent notre engagement ici, en France, et dans notre Entreprise contre le racisme, la xénophobie et une censure opérée par l’Entreprise.

 

Malheureusement la tentation pour certains de tendre vers la pensée unique est flagrante.

 

Madiba parti, le régime de l’apartheid sévit toujours sous d’autres cieux.

« Notre liberté est incomplète sans celle des palestiniens » déclarait Nelson MANDELA en 1997.

 

A sa mort, prétextant un prix du billet d’avion trop élevé, les dirigeants israéliens ont évité de se joindre au deuil porté par le reste du monde, .prouvant qu’Israël est loin d’avoir tourné la page d’une collaboration plus que fructueuse avec l’ancien régime de l’apartheid. Un racisme d’Etat dont il reproduit toujours le modèle à l’encontre des palestiniens.

 

Seulement Orange SA est engagé dans une collaboration avec un partenaire qui viole le droit international et les Conventions de Genève en installant :

 

  •  ses antennes, ses boutiques sur des terres confisquées par l’occupation militaire et les colons.
  •  Ne paie pas les taxes dues à l'Autorité Palestinienne pour l'utilisation de ses fréquences.
  •  Profite de l'interdiction faite par l'armée israélienne aux opérateurs palestiniens d'installer leurs antennes sur leur propre territoire, ce qui oblig les Palestiniens à utiliser les opérateurs israéliens.

 

En concluant ce partenariat, Orange SA conforte et soutient la colonisation israélienne, obstacle à la création de l’Etat palestinien et à une paix conforme au droit international..

 

La délégation CGT du CE VMF demande à la Direction d’Orange SA de rompre son accord avec Partner, au nom du droit et de la paix.


En cela la délégation CGT s’indigne et prend modèle de l’exemple de Nelson MANDELA, il nous montre le chemin à suivre Madiba est parti, mais MANDELA n’est pas mort. Il est une force qui nous incite aujourd’hui à tracer une nouvelle ligne d’horizon, à pousser les barrières, à ne pas céder.

...


La délégation CGT du CE VMF


Francine HERMEN, Roseline SIMON, Martine BOUSQUET,

Armelle GILBERT, Pierre LEROUX, Eric GARDINETTI, Philippe

TAFFUS, Pascal PIRON, Eric DANGLETERRE 

  _________________________________________

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 15:56
Chasseurs de matières premières

Chasseurs de matières premières

 

Sans carburant, les autos s’arrêtent. Vous le savez, je le sais, un petit enfant le sait. Mais vous êtes-vous déjà demandé comment serait notre vie sans matières premières ? Eh bien, c’en serait carrément fini des bagnoles! Prenez le cuivre. Vous en trouvez un kilomètre et demi dans une voiture ordinaire. Et plein d’autres matières premières que nous allons chercher en Afrique.


Voici un récit dérangeant à propos d’une économie qui n’apporte pas le développement, mais qui parasite : le travail, la nature, les pays du Sud. Le consultant Ernst & Young classe « l’autodétermination » des pays détenteurs de matières premières comme le risque n° 1 pour le business.


Raf Custers se glisse dans la poussière de Layoun, remue le linge sale au Kivu et voit s’effondrer une des plus grandes mines du monde en Afrique du Sud. Avec Chasseurs de matières premières, il livre un des meilleurs exemples de journalisme d’investigation.


Raf Custers est historien et journaliste. Chercheur au Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (GRESEA). Depuis trente ans, il effectue des reportages sur des peuples qui

prennent leur sort en mains. Co-auteur de Media-activisme. Don’t hate the media, be the media (2004)


251 pages

16 EUROS


TABLE DES MATIERES

Préface de Michel Collon 7

Avant-propos 11

Introduction. D’ici peu, les voitures tomberont en panne 15

Chapitre 1. Les monuments de l’exportation 33

Chapitre 2. Le pillage de l’or au Mali 45

Chapitre 3. Une mine comme une météorite 65

Chapitre 4. Le shopping de l’électricité 83

Chapitre 5. Notre part du boom 105

Chapitre 6. Comment on affronte le marché avec le lithium 121

Chapitre 7. Des contrats corrects 141

Chapitre 8. Un dragon chancelant 167

Chapitre 9. Parties d’échecs simultanées autour du Congo 187

Chapitre 10. De la protection au protectorat 201

Epilogue. Au peuple de jouer 217

 

Pour vous procurer ce livre, allez sur le site "Investigation"

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 15:38

662710841

 

 

Howard Zinn – Une histoire populaire des Etats-Unis
dans Analyses, International / par Serge ULESKI /

« Qu’advient-il d’un rêve suspendu ? Se dessèche-t-il  comme un raisin au soleil ? Ou suinte-t-il comme une plaie avant de disparaître ? Est-ce qu’il pue comme la viande pourrie ? Ou se couvre-t-il d’une croûte sucrée comme un bonbon acidulé ? Il tombe peut-être comme un fardeau trop lourd. Ou bien, explose-t-il ?» – Langston Hugues **

Christophe Colomb, Cortès, Pizarro, grands marins génocidaires et pilleurs…

Les Puritains (protestant de la fin du XVIe siècle au début du XVIIe siècle) : intolérance et cruauté…

Colonnes d’Indiens, longues trainées humaines déplacées d’Etat en Etat, toujours plus loin par centaines de milliers pour hâter leur mort – famines, épidémies -, traités bafoués, toutes les paroles aussitôt données sont reprises… le Président Jackson (1767 – 1845) grand propriétaire n’aura jamais assez de terre…

Plus tard, annexion du Texas, Guerre contre le Mexique de1846…

Plus tard encore, McKinley déclare la guerre à l’Espagne : « Entre nous, j’accueillerais avec plaisir n’importe quelle guerre tant il me semble que ce pays en a besoin », écrivait Théodore Roosevelt en 1897.

Après la traite et l’esclavage, Carnegie, Rockefeller, Pullman, Goldman Sachs, tous feront fortune au tournant du XXe siècle grâce au monopole, à l’intimidation de la concurrence, à des salaires les plus bas possibles et à la lutte impitoyable menée contre toute forme d’organisation des travailleurs…

Aujourd’hui, de la Maison Blanche à la Cour suprême, du Sénat, de la Chambre des Représentants aux procureurs, juges, syndicats et conseils municipaux, il n’y a pratiquement plus de cloisons étanches entre ces lieux censés œuvrer pour l’intérêt général et le bien commun dans un esprit de justice et le monde de l’entreprise dans les filières de l’armement, de la sécurité, du renseignement et de l’agroalimentaire. Ces filières entre les mains d’intérêts économiques privés financent toutes les élections américaines, la totalité de la classe politique, du local au national, des cantons aux États, des États à la Fédération ; tous dépendent de leurs financements pour leur ré-élection, Républicains comme Démocrates.

De ce contexte, c’est la notion même de « conflit d’intérêts » qui sombre corps et biens.

Zinn s’interroge à propos des Pères fondateurs des États-Unis (the Founding Fathers) qui ont signé la Déclaration d’indépendance ou la Constitution des États-Unis, et ceux qui ont participé à la Révolution américaine comme Patriots : «  Etaient-ils des hommes justes et sages cherchant à garantir un juste équilibre ? En fait, ils se souciaient peu d’équilibre, à l’exception peut-être de celui qui permettait de laisser les choses en l’état. C’est-à-dire un équilibre entre les forces dominantes de l’époque. Ils ne souhaitaient certainement pas rééquilibrer les rapports entre maîtres et esclaves, entre possédants et démunis, entre Indiens et Blancs.»

L’historien Beard au début du XXe siècle fondera son analyse générale de la Constitution sur l’étude des situations économiques et des opinions politiques des 55 hommes qui l’ont élaborée ; quatre groupes n’étaient pas représentés au sein de la convention rédactrice : les esclaves,  les domestiques sous contrat,  les femmes et les Indiens.

Zinn reprenant l’analyse de ce même historien  : « La condition sociale inférieure des Noirs,  l’exclusion des Indiens, la suprématie assurée des riches sur les pauvres  dans la nouvelle société américaine, tout cela existait déjà lorsque la Révolution débuta. Une fois les Anglais chassés, ils ont pu l’inscrire sur le papier, le consolider, le régulariser et même le légitimer dans la lettre même de la Constitution des États-Unis, élaborée lors d’une convention réunissant à Philadelphie les chefs révolutionnaires en 1787.

L’esclavage existait dans les Etats africains, et les Européens en prirent parfois prétexte pour justifier leur propre traite des esclaves. Cependant, comme le souligne Davidson dans son ouvrage The African Slave Trade, le statut des « esclaves » en Afrique était très proche de celui des « serfs » européens. Si la condition des esclaves africains était très dure, ils conservaient néanmoins certains droits que les esclaves transportés en Amérique n’avaient plus. Ils étaient à mille lieux  du bétail humain qu’on trouvait dans les cales des bateaux de la traite et sur les plantations américaines. »

C’est sous le Président Jackson (1828-1832) que se met en place le système du bipartisme américain : « Dès 1877, on pouvait voir se dessiner certaines tendances qui allaient se confirmer au cours des dernières années du siècle : les Noirs seraient contenus, les grèves chez les travailleurs blancs combattues et les élites politico-industrielles du Nord et du Sud prendraient fermement les commandes du pays pour gérer la plus importante période de développement économique de toute l’histoire de l’humanité. Tout cela se réalisa aux dépens des mains d’œuvre noire, blanche, chinoise, européenne et féminine rétribuées en fonction de la couleur, du sexe, de la nationalité et de la classe sociale. Ce brillant édifice, destiné à stabiliser l’organisation hiérarchique de l’économie du pays, institua divers niveaux d’oppression. »

Et, toujours, ce même outil pour noyer le ressentiment de classe sous un flot de slogans d’unité nationale : le patriotisme. Et comme un fait exprès, arrive alors la seconde guerre mondiale puis la victoire des « alliés » (Russie et USA).

Et votre serviteur de rajouter ce qui suit : L’Europe est morte à Yalta  à l’heure où les USA qui n’étaient au XIXe siècle que la queue de cette Europe, en prennent la tête ; dès lors, les Etats-Unis ne cesseront plus de la contrôler puis de la diriger en sous-main avec Schuman et Monnet : plan Marshall , guerre froide, Otan et parapluie nucléaire.

Depuis, l’Europe n’a pas cessé de mourir en tant que « projet civilisationnel » pour le plus grand bénéfice d’une puissance pour laquelle les Peuples ne forment qu’un seul et même marché : du temps de cerveau disponible à divertir, des ventres à remplir et des portefeuilles à vider.

Howard Zinn  rétablit la vérité à propos d’un Kennedy qui n’a jamais soutenu, sinon du bout des lèvres, la lutte pour les droits civiques de peur de s’aliéner le vote démocrate des Etats du Sud. Lorsque ce même Kennedy prit ses fonctions en 1961, il approuva un plan secret qui prévoyait diverses interventions militaires (voir les Pentagon Papers) au Vietnam et au Laos.

Carter n’a jamais cessé de financer les dictatures : Salvador, Philippines… déjà sous sa présidence, avant l’arrivée de Reagan, les pauvres subissaient de plein fouet les politiques de restrictions budgétaires entre deux réductions fiscales pour les plus riches : « Comme le souligne William Greider dans son remarquable livre Who will tell the People ? The betrayal of American Democracy… à ceux qui reprochent aux républicains ce qui s’est passé et pensent que le retour des démocrates à la Maison-Blanche restaurera une imposition équitable, il faut rappeler ce fait regrettable : le tournant de la politique fiscale a eu lieu en 1978 quand les démocrates jouissaient de tous les pouvoirs, bien avant l’accession de Reagan à la présidence.»

A propos de la réélection de Reagan : "Pour son second mandat, il fut ré-élu avec 59% des votes exprimés. En tenant compte des abstentions, il n’obtint que 29% des voix de l’électorat total des États-Unis. »

Aux élections de 1988, la victoire de Bush père avec 54% des votes exprimés ne représentait que 27% de l’électorat global.

Zinn nous rappelle à toutes fins utiles ceci : « Sous Clinton, il existait deux sources de financement possibles pour un programme audacieux de reconstruction sociale : réduire le budget militaire et taxer les riches. Clinton n’en retiendra aucune. Le budget militaire atteignit 300 milliards de dollars. L’imposition des plus riches passa de 34 à 35%. » A la fin de l’ère Clinton, l’Amérique pouvait se vanter d’avoir statistiquement la plus importante population carcérale au monde.

Cet ouvrage de Howard Zinn de plus de huit cents page rédigé en 1980, ré-édité et complété à plusieurs reprises depuis, se fonde sur le point de vue de ceux que l’Histoire interroge rarement, confrontant les mythes à la réalité des conditions d’existence des classes et des populations qui suèrent sang et eaux et qui habitent ce vaste pays qui n’a jamais cessé de se chercher un destin ; un empire orphelin, privé de civilisation (dans le sens de… « entente spirituelle unanime entre les hommes » - Elie Faure), aujourd’hui… gigantesque outil à la fois d’innovation et de destruction seulement capable d’exporter le chaos : chaos financier en Europe ; chaos guerrier partout ailleurs..

Pour son seul bénéfice, gains à courte vue.
Lu sur http://www.oulala.info


Howard Zinn – Une histoire populaire des Etats-Unis

Howard Zinn – Une histoire populaire des Etats-Unis

15 décembre 2013 at 21 h 06 min

« Qu’advient-il d’un rêve suspendu ? Se dessèche-t-il  comme un raisin au soleil ? Ou suinte-t-il comme une plaie avant de disparaître ? Est-ce qu’il pue comme...

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« Qu’advient-il d’un rêve suspendu ? Se dessèche-t-il  comme un raisin au soleil ? Ou suinte-t-il comme une plaie avant de disparaître ? Est-ce qu’il pue comme la viande pourrie ? Ou se couvre-t-il d’une croûte sucrée comme un bonbon acidulé ? Il tombe peut-être comme un fardeau trop lourd. Ou bien, explose-t-il ? » – Langston Hugues **

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Christophe Colomb, Cortès, Pizarro, grands marins génocidaires et pilleurs…

Les Puritains (protestant de la fin du XVIe siècle au début du XVIIe siècle) : intolérance et cruauté…

Colonnes d’Indiens, longues trainées humaines déplacées d’Etat en Etat, toujours plus loin par centaines de milliers pour hâter leur mort – famines, épidémies -, traités bafoués, toutes les paroles aussitôt données sont reprises… le Président Jackson (1767 – 1845) grand propriétaire n’aura jamais assez de terre…

Plus tard, annexion du Texas, Guerre contre le Mexique de1846…

Plus tard encore, McKinley déclare la guerre à l’Espagne : « Entre nous, j’accueillerais avec plaisir n’importe quelle guerre tant il me semble que ce pays en a besoin », écrivait Théodore Roosevelt en 1897.

Après la traite et l’esclavage, Carnegie, Rockefeller, Pullman, Goldman Sachs, tous feront fortune au tournant du XXe siècle grâce au monopole, à l’intimidation de la concurrence, à des salaires les plus bas possibles et à la lutte impitoyable menée contre toute forme d’organisation des travailleurs…

Aujourd’hui, de la Maison Blanche à la Cour suprême, du Sénat, de la Chambre des Représentants aux procureurs, juges, syndicats et conseils municipaux, il n’y a pratiquement plus de cloisons étanches entre ces lieux censés œuvrer pour l’intérêt général et le bien commun dans un esprit de justice et le monde de l’entreprise dans les filières de l’armement, de la sécurité, du renseignement et de l’agroalimentaire. Ces filières entre les mains d’intérêts économiques privés financent toutes les élections américaines, la totalité de la classe politique, du local au national, des cantons aux États, des États à la Fédération ; tous dépendent de leurs financements pour leur ré-élection, Républicains comme Démocrates.

De ce contexte, c’est la notion même de « conflit d’intérêts » qui sombre corps et biens.

Zinn s’interroge à propos des Pères fondateurs des États-Unis (the Founding Fathers) qui ont signé la Déclaration d’indépendance ou la Constitution des États-Unis, et ceux qui ont participé à la Révolution américaine comme Patriots : «  Etaient-ils des hommes justes et sages cherchant à garantir un juste équilibre ? En fait, ils se souciaient peu d’équilibre, à l’exception peut-être de celui qui permettait de laisser les choses en l’état. C’est-à-dire un équilibre entre les forces dominantes de l’époque. Ils ne souhaitaient certainement pas rééquilibrer les rapports entre maîtres et esclaves, entre possédants et démunis, entre Indiens et Blancs. »

L’historien Beard au début du XXe siècle fondera son analyse générale de la Constitution sur l’étude des situations économiques et des opinions politiques des 55 hommes qui l’ont élaborée ; quatre groupes n’étaient pas représentés au sein de la convention rédactrice : les esclaves,  les domestiques sous contrat,  les femmes et les Indiens.

Zinn reprenant l’analyse de ce même historien  : « La condition sociale inférieure des Noirs,  l’exclusion des Indiens, la suprématie assurée des riches sur les pauvres  dans la nouvelle société américaine, tout cela existait déjà lorsque la Révolution débuta. Une fois les Anglais chassés, ils ont pu l’inscrire sur le papier, le consolider, le régulariser et même le légitimer dans la lettre même de la Constitution des États-Unis, élaborée lors d’une convention réunissant à Philadelphie les chefs révolutionnaires en 1787.

L’esclavage existait dans les Etats africains, et les Européens en prirent parfois prétexte pour justifier leur propre traite des esclaves. Cependant, comme le souligne Davidson dans son ouvrage The African Slave Trade, le statut des « esclaves » en Afrique était très proche de celui des « serfs » européens. Si la condition des esclaves africains était très dure, ils conservaient néanmoins certains droits que les esclaves transportés en Amérique n’avaient plus. Ils étaient à mille lieux  du bétail humain qu’on trouvait dans les cales des bateaux de la traite et sur les plantations américaines. »

 C’est sous le Président Jackson (1828-1832) que se met en place le système du bipartisme américain : « Dès 1877, on pouvait voir se dessiner certaines tendances qui allaient se confirmer au cours des dernières années du siècle : les Noirs seraient contenus, les grèves chez les travailleurs blancs combattues et les élites politico-industrielles du Nord et du Sud prendraient fermement les commandes du pays pour gérer la plus importante période de développement économique de toute l’histoire de l’humanité. Tout cela se réalisa aux dépens des mains d’œuvre noire, blanche, chinoise, européenne et féminine rétribuées en fonction de la couleur, du sexe, de la nationalité et de la classe sociale. Ce brillant édifice, destiné à stabiliser l’organisation hiérarchique de l’économie du pays, institua divers niveaux d’oppression. »

Et, toujours, ce même outil pour noyer le ressentiment de classe sous un flot de slogans d’unité nationale : le patriotisme. Et comme un fait exprès, arrive alors la seconde guerre mondiale puis la victoire des « alliés » (Russie et USA).

Et votre serviteur de rajouter ce qui suit : L’Europe est morte à Yalta  à l’heure où les USA qui n’étaient au XIXe siècle que la queue de cette Europe, en prennent la tête ; dès lors, les Etats-Unis ne cesseront plus de la contrôler puis de la diriger en sous-main avec Schuman et Monnet : plan Marshall , guerre froide, Otan et parapluie nucléaire.

Depuis, l’Europe n’a pas cessé de mourir en tant que « projet civilisationnel » pour le plus grand bénéfice d’une puissance pour laquelle les Peuples ne forment qu’un seul et même marché : du temps de cerveau disponible à divertir, des ventres à remplir et des portefeuilles à vider.

 Howard Zinn  rétablit la vérité à propos d’un Kennedy qui n’a jamais soutenu, sinon du bout des lèvres, la lutte pour les droits civiques de peur de s’aliéner le vote démocrate des Etats du Sud. Lorsque ce même Kennedy prit ses fonctions en 1961, il approuva un plan secret qui prévoyait diverses interventions militaires (voir les Pentagon Papers) au Vietnam et au Laos.

Carter n’a jamais cessé de financer les dictatures : Salvador, Philippines… déjà sous sa présidence, avant l’arrivée de Reagan, les pauvres subissaient de plein fouet les politiques de restrictions budgétaires entre deux réductions fiscales pour les plus riches : « Comme le souligne William Greider dans son remarquable livre Who will tell the People ? The betrayal of American Democracy… à ceux qui reprochent aux républicains ce qui s’est passé et pensent que le retour des démocrates à la Maison-Blanche restaurera une imposition équitable, il faut rappeler ce fait regrettable : le tournant de la politique fiscale a eu lieu en 1978 quand les démocrates jouissaient de tous les pouvoirs, bien avant l’accession de Reagan à la présidence

A propos de la réélection de Reagan : »Pour son second mandat, il fut ré-élu avec 59% des votes exprimés. En tenant compte des abstentions, il n’obtint que 29% des voix de l’électorat total des États-Unis. »

Aux élections de 1988, la victoire de Bush père avec 54% des votes exprimés ne représentait que 27% de l’électorat global.

Zinn nous rappelle à toutes fins utiles ceci : « Sous Clinton, il existait deux sources de financement possibles pour un programme audacieux de reconstruction sociale : réduire le budget militaire et taxer les riches. Clinton n’en retiendra aucune. Le budget militaire atteignit 300 milliards de 330px-Howard_Zinn.jpgdollars. L’imposition des plus riches passa de 34 à 35%. » A la fin de l’ère Clinton, l’Amérique pouvait se vanter d’avoir statistiquement la plus importante population carcérale au monde.

Cet ouvrage de Howard Zinn de plus de huit cents page rédigé en 1980, ré-édité et complété à plusieurs reprises depuis, se fonde sur le point de vue de ceux que l’Histoire interroge rarement, confrontant les mythes à la réalité des conditions d’existence des classes et des populations qui suèrent sang et eaux et qui habitent ce vaste pays qui n’a jamais cessé de se chercher un destin ; un empire orphelin, privé de civilisation (dans le sens de « entente spirituelle unanime entre les hommes » - Elie Faure), aujourd’hui… gigantesque outil à la fois d’innovation et de destruction seulement capable d’exporter le chaos : chaos financier en Europe ; chaos guerrier partout ailleurs..

Pour son seul bénéfice, gains à courte vue.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 15:15

 

Nous reprenons les critiques de quelques livres proposés sur la Toile par nos amis.  Pour les fêtes ?
Contes rebelles, récits du sous‐commandant Marcos
par  Jean-Paul Le Marec

Depuis mon voyage au Chiapas en décembre 2011, je m’intéresse à l’expérience zapatiste dont vous n’entendez peu parler dans les médias. Par exemple, le 21 décembre 2012, 40.000 Zapatistes ont occupé en silence 5 villes du Chiapas dans l’indifférence totale des médias français. Vingt ans ont passé depuis leur soulèvement armé du 1er janvier 1994 et les Zapatistes sont toujours là !

Le sous-commandant Marcos, figure emblématique de la révolution zapatiste, a écrit de nombreux contes, à la fois poétiques et politiques. Le collectif "Grains de sable" a décidé de traduire ces textes en français et de les éditer sous forme d’un livre-CD avec les voix de John Berger, Carmen Castillo, Manu Chao, Serge Pey, Daniel Pennac... Je vous propose d’acheter dès maintenant ce livre-CD en utilisant le bulletin de souscription en PJ.

Je vous invite également à participer aux nombreux évènements (films, débats, lectures, musique, manifestation...) qui se dérouleront pendant la "Semaine zapatiste" du 11 au 18 janvier pour fêter les 20 ans de la Révolution zapatiste (consulter le programme complet sur le site www.cspcl.ouvaton.org).

Contes rebelles

Récits du sous‐commandant Marcos

Un livre CD pour fêter les 20 ans du soulèvement zapatiste du 1er janvier 1994.

• 12 contes et récits • 20 photographies couleurs des communautés zapatistes • un CD contenant les textes du livre lus par John Berger, Bonga, Carmen Castillo, Manu Chao, D’ de Kabal, Jolie Môme, Denis Lavant, Les Ogres de Barback, Daniel Pennac, Serge Pey, Tamérantong.

Ce livre, coordonné par le collectif « Grains de sable », est une réalisation solidaire dont les bénéfices seront versés aux communautés zapatistes.

Vingt ans après le 1er janvier 1994, les zapatistes sont toujours là. Entre‐temps, ils ont construit une autre réalité sociale et une démocratie radicale d’autogouvernement. Mais l’histoire du zapatisme, c’est aussi la profusion des histoires que le sous‐commandant Marcos ne cesse de raconter : celles du vieil Antonio – porte‐parole d’un imaginaire indien déconcertant –, du scarabée Durito – infime insecte se prenant pour Don Quichotte –, ou encore de ces enfants intrépides qui infligent défaite sur défaite au stratège de l’EZLN. Ces contes nous invitent à écouter la parole de ceux que l’on n’écoute pas. Ils sont portés jusqu’à nous par la personnalité et la voix de 12 lecteurs et lectrices, pour intensifier le plaisir de les savourer, enrichir notre propre imaginaire et interroger nos principes de vie.


MERCI POUR VOTRE SOUTIEN

En souscrivant avant le 31 janvier 2014, vous bénéficiez d’un tarif préférentiel de 12 euros TTC (+ frais d’expédition) au lieu de 19 euros TTC/exemplaire (prix à compter du 1er avril 2014).

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 23:10
Au Vénézuéla, le peuple légifère contre Monsanto

Le parlement vénézuélien, selon les médias internationaux, ne serait qu’un “parlement godillot” soumis à un président “qui renforce son pouvoir”. Nihil novi sub sole : les agents occidentaux traitaient déjà Bolivar, il y a deux siècles, de fou assoiffé de pouvoir, comme ils l’ont fait avec Chavez ou avec Maduro aujourd’hui. Pour les Vénézuéliens, élire une majorité de députés de gauche offre pourtant certains avantages : telle la loi du travail anti-néo-libérale – fruit de 19.000 propositions citoyennes  (1), un programme écosocialiste et participatif pour 2013-2019, discuté et approuvé dans tout le pays (2), ou l’augmentation de 40 % du budget social 2014 (3). Mais la démocratie va plus loin : les colonnes néo-classiques et le dôme de pâtissier du vieux Congrès de la République tremblent depuis que le “peuple législateur” use de son droit à faire, défaire, refaire des lois. C’est le cas de la Loi des Semences.


T.D., Caracas, 20 décembre 2013.

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L’histoire est bien connue : le capitalisme planétaire a décidé que chaque semence doit avoir un “propriétaire” et que les semences autochtones du petit paysan qui tente de refuser les pesticides et ces OGM dont il n’a nul besoin, deviendraient illégales dans le pays qui légifèrerait en faveur des grands groupe privés.

Exemples de cette tragédie : en Inde, Monsanto a poussé 284.000 paysans au suicide (4). Syngenta est l’entreprise qui possède le plus de brevets OGM, imposant aux paysans l’usage de semences qui produisent de la nourriture mais ne produisent plus de semences, pour obliger le producteur à en racheter.

Dès 2003, le président Chavez refusa l’introduction des OGM au Venezuela (5). Le 21 octobre 2013 de nombreux militants se sont concentrés face à l’Assemblée Nationale pour manifester leur opposition au projet de loi qui devait être discuté le lendemain. Dans son préambule, ce texte affirme son caractère anti-OGM et anti-brevet (6). On parle d’une réglementation des semences “dans une perspective agro-écologique”. Il s’agit de remplacer avec cette loi l’ancien texte en vigueur depuis octobre 2002, que le député bolivarien Ureña critique pour son “ambiguité” au sujet des brevets et des OGM. Pour le pouvoir populaire, tout va bien jusqu’ici. Enfin, apparemment..

L’article 7 dit en effet : “On accepte comme valeurs de la présente Loi (…) la reconnaissance de la création intellectuelle et le droit à la propriété intellectuelle en matière de développement de nouvelles variétés de semences et de cultures”. C’est là où le bât blesse pour le mouvement social. Le fameux “droit à la propriété intellectuelle” ressemble à un copyright discret, à la reconnaissance non-dite d’un brevet. Un individu pourrait demander un micro-crédit à l’État pour produire sa “création intellectuelle”, s’endetter, se voir condamné à la monoculture à moyenne et garde échelle. Besoin de vous faire un dessin ? Pour qui veut se rafraîchir la mémoire, le documentaire “Le monde selon Monsanto” est vivement conseillé (7).

D’où un débat entre les députés José Ureña, Víctor Bocaranda (militant du Mouvement Populaire Révolutionaire Argimiro Gabaldón) et Ana Felicién (du Mouvement Venezuela libre d’OGMs) le 23 octobre lors du programme matinal de la Radio du Sud à propos de  la pureté et la privatisation des semences paysannes, de leur légitimité aux yeux de la loi, des taxes à payer pour valider et certifier des semences, de la bureaucratisation qui affecte la circulation des semences parmi les paysans.

La demande principale fut d’activer la charte du “peuple législateurqui a déjà servi à élaborer la loi du travail, pour rediscuter la loi en profondeur et, le cas échéant, refondre tout le texte, préambule y compris. Le député Ureña a dû accepter le débat politique au plan national, dans la rue et dans les zones rurales, comme le garantit sa proposition de loi.

Le lendemain une réunion a eu lieu, à huis-clos, entre les porte-paroles du Mouvement Venezuela Libre d’OGMs, la seconde vice-présidente de l’Assemblée Nationale Blanca Eekhout et d’autres députés. Avec un résultat important : le député Ureña, principal rédacteur de la proposition de loi, a accepté de participer à la discussion et à la formulation d’une nouvelle loi avec les divers collectifs de lutte. Cette assemblée s’est tenue les lundi 28 et mardi 29 octobre à Monte Carmelo (Sanare, État de Lara) durant la IIème Rencontre Nationale des Gardiens de Semences.


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Affiche appelant les citoyen(ne)s au "Débat populaire constituant pour une nouvelle Loi des semences construite d’en-bas" (Venezuela, décembre 2013)

Un peu d’Histoire…

De 1940 à 1970 s’est produit au Venezuela un exode massif de paysans vers les villes. Conséquence de la mono-production pétrolière initiée par le dictateur Juan Vicente Gómez, instrument des grandes compagnies états-uniennes du début du vingtième siècle. Le paysan, privé d’assistance, affamé, trompé, opta pour s’exiler de sa terre. Ainsi sont nées les “barriadas”, les grandes ceintures de pauvreté urbaine. Les dictatures et les pactes “démocratiques” qui suivirent lancèrent la “modernisation” : un capitalisme pré-industriel et le terrible “latifundio” (grande propriété terrienne) avec ses travailleurs-esclaves.

C’est cette histoire qui a fait du Venezuela un importateur d’aliments du marché mundial, avec subventions de la consommation par les excédents du pétrole. A partir de 2000, avec l’élection de Hugo Chávez à la Présidence de la République, l’agriculture a été relancée sous tous ses versants (“conucos” – petites unités productives traditionnelles, potagers, cultures sous filets, sous serre, à grandes échelle, agriculture urbaine). Il fut alors prouvé que le “conuco”, dans ce siècle de tragédie, fut le seul mode de production capable de résister (dispersé, en coulisses), ce qui en fait la meilleure forme actuelle de produire des aliments. Vint ensuite l’appel à produire des aliments par et pour le peuple (avec des résultats indéniables – même si elle fut, pour beaucoup – mal mise en oeuvre ) de la Grande Mission AgroVenezuela pour conquérir enfin la souveraineté alimentaire. En avril 2003, pendant la IIème Rencontre de Solidarité avec la Révolution Bolivarienne, le président Chavez a interdit de semer des OGMs (un NON clair, qui ne se transforma pas en loi mais qui fut réitéré au moins trois fois en dix ans par le dirigeant) avant de demander plusieurs fois à ses ministres de mettre de l’ordre dans le dossier des brevets de l’agro-business.


"Vénézuéla libre d'OGMs". L'affiche rappelle que Hugo Chavez a interdit, dès 2003, l'introduction d'OGM au Venezuela.

"Vénézuéla libre d’OGMs". L’affiche rappelle que Hugo Chavez a interdit dès 2003 l’introduction d’OGM au Venezuela.


Le lundi 28 octobre, quand s’est ouverte l’assemblée pour débattre et alimenter (ou dévorer) la proposition de la nouvelle Loi des semences, le froid des montagnes de Sanare défiait la volonté des mouvements paysans et populaires actifs à Monte Carmelo. Le village s’était rempli de militants disposés à défendre leur idéal corps et âme. On a même entendu : “il faut marcher comme on parle”. Les députés Ureña et Acurero, ont écouté avec attention et ont débattu. On a décidé de former quatre tables de travail.

Avons-nous vraiment besoin d’une loi pour nos semences ? La loi, c’est nous !” dit un paysan de la vieille garde. “Il faut comprendre que nous vivons une guerre, et dans cette guerre nous devons nous battre sur tous les fronts : de ce que nous mangeons à ce que nous voulons vivre en tant que peuple” précise une militante de la vérité. “Au Venezuela on importe des OGM, il y a cette institution abominable appelée Agropatria, mais personne ne dit rien” lance une agro-écologiste. Dans la réunion du groupe 3, après plusieurs heures de débat, Polilla, un paysan de plus de cinquante ans, frappe sur la table et fait rire : “Si j’en juge par ce que j’ai lu récemment nous sommes au Venezuela un peu plus de 300.000 paysans pour alimenter 28 millions de gourmand(e)s. Nous sommes à bout de forces, compère !”.

La déclaration adoptée l’an dernier lors de la première rencontre des gardiens de semences (octobre 2012) sert de base lors de la plenière nocturne pour rédiger la nouvelle mouture de la loi (oui, on a décidé de tout reprendre à zéro). En voici la conclusion : “Toutes les mains pour semer, toutes les semailles pour l’école et pour les bouches, impulsons et défendons le droit de semer et de récolter une société nouvelle, où les semences les plus importantes sont nos enfants, véritable vivier de la patrie. Nous savons qu’avec la semence on déterre l’histoire d’Abya Yala (nom indigène de notre Amérique), territoire vivant qui nous réunit en une spirale sans frontières !”

Au détour de la nuit, Walterio Lanz, de sa voix éteinte mais ferme, appelle à la réflexion : “Ne commercialisons pas la semence”. Le 29 octobre 2013, jour national de la semence paysanne, à Monte Carmelo, c’est un modèle agraire qui est remis en cause, celui que les puissants de la planète veulent imposer. Et pas depuis un simple discours, depuis la démagogie ou une idéologie, mais depuis le corps de la graine. C’est ainsi que le “peuple législateur” assume son rôle, dans la révolution. Depuis les assemblées se poursuivent, organisées dans tout le pays pour discuter et faire des propositions en vue de rédiger la nouvelle loi (8).

 

À l’Université Simón Rodríguez (Noyau Simón de Mucuchíes) sur les hauteurs des Andes (état de Mérida) (9), à l’Institut Agro-écologique Latino-américain “Paulo Freire” né d’un accord entre Chavez et le Mouvement des paysans Sans Terre du Brésil (État de Barinas) (10),  à l’Université Bolivarienne (Siège de Caracas) (11) ou encore à l’École Agro-écologique Indio Rangel (État d’Aragua) où les 16 et 17 décembre 2013 se sont rassemblées plus de 200 personnes parmi lesquelles des fonctionnaires publics des organismes concernés, des organisations paysannes et des militants sociaux (12).


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Auteur : Ernesto Cazal, Ciudad Caracas

Traduction de l’espagnol : Thierry Deronne

Notes :

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/20/comment-faire-une-loi-au-venezuela/


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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 16:25

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Au terme d’une année critique pour la révolution bolivarienne, après la mort de Chavez et les tentatives de déstabilisation de la droite réactionnaire, le peuple vénézuélien a réaffirmé sa confiance dans le processus révolutionnaire.

 

La campagne des élections du 8 décembre a été marquée par une atmosphère d’âpre lutte de classes, neuf mois après la mort d’Hugo Chavez, plaçant le processus bolivarien au croisement entre approfondissement de la révolution et coup d’Etat réactionnaire.

 D’un côté, la droite a choisi pour la déstabilisation ouverte, une « guerre économique » par la spéculation sur les produits de base, fomentant pénuries et inflation. De l’autre, le gouvernement révolutionnaire a dû opter pour la radicalisation, frappant les spéculateurs.

La participation élevée pour le continent (59 %) révèle une lutte qui traverse l’ensemble de la société. La victoire nette, après celle étriquée des présidentielles, manifeste un pacte de confiance renouvelé entre les forces révolutionnaires et le peuple vénézuélien.

 

Une victoire nette du camp révolutionnaire

 

Stricto sensu, le bloc révolutionnaire mené par le PSUV obtient 49 % contre 42 % pour la MUD (Alliance de l’unité démocratique), avec une différence de 800 000 voix.

En comptant les divers candidats indépendants et leurs affiliations, le différentiel serait de 54 à 46 % en faveur du le « Grand pôle patriotique » (GPP) réunissant les forces révolutionnaires qui obtiendrait les ¾ des mairies du pays – 250 sur les 330 en jeu – bien que l’opposition conserve Caracas et Maracaibo, les deux principales villes du pays.

 

Le Parti communiste : ses 9 neuf premières mairies pour un allié important de la révolution

 

Dans le « Grand pôle patriotique », loin derrière le PSUV de Chavez et Maduro, un parti se détache : le Parti communiste vénézuélien (PCV) qui s’impose de plus en plus comme le principal allié du PSUV, et comme la troisième force politique du pays.

Le PCV a obtenu 1,6 % des voix soit 170 000 votes, un score conforme à ceux obtenus lors des derniers scrutins (1,4 % aux législatives de 2010, 1,8 % aux présidentielles de 2013), mais surtout il conquiert ses premières municipalités.

Neuf mairies au total, dont sept en alliance avec le PSUV : Ortiz, Miranda, Uribante, Manapiare (en Amazonie), Girardot et deux villes moyennes importantes :

Simon Bolivar et ses 50 000 habitants conquise par Adriano Pereira, sympathisant du parti ainsi qu’Ezequiel Zamora, 100 000 habitants, remportés par Raul Brazon dans l’Etat de Monagas.

 

Pourquoi des candidatures indépendantes (et victorieuses) du Parti dans plusieurs Etats ?

 

Deux autres mairies ont, elles, été conquises en dehors du cadre du « Grand pôle patriotique » dans des candidatures de rassemblement populaire menées par le Parti, dans l’Etat de Portuguesa : Carlos Molina à Ospino (40 000 habitants), et Armando Rivas à San Genaro.

 A Ospino, le candidat du Parti communiste a devancé avec 40,75 % le candidat du PSUV, qui n’obtient que 36 % des voix, tandis qu’à San Genaro, le candidat du parti obtient la majorité avec 54 % des voix, contre 39 % pour le responsable du parti présidentiel.

 

Pourquoi des candidats communistes se sont présentés sur des listes alternatives dans certains Etats, comme à Portuguesa ?

Car le Parti communiste garde son indépendance politique, son esprit critique et a refusé  – dans des Etats où les maires, gouverneurs ne respectent pas leur engagement révolutionnaire – d’investir certains candidats manifestement corrompus ou du côté du patronat local.

 

Laissons la parole au secrétaire-général du PCV, Oscar Figuera, c’était en août dernier :

« Si nous arrivons à la conclusion qu’un candidat est corrompu, nous ne le soutiendrons pas. Que ce soit clair, si nous constatons qu’il y a des éléments contraires à l’éthique révolutionnaire, nous agirons en conséquence ».

Il ajoutait alors : « nous avons un engagement, par rapport à notre histoire, notre vision du monde, de la société ; notre engagement éthique avec la classe ouvrière, les travailleurs et, en sens, avec le projet politique porté par le Président Hugo Chavez, et aujourd’hui Nicolas Maduro : non seulement l’efficacité et la participation du peuple, mais aussi la lutte frontale contre la corruption. »

Après avoir jugé « négativement » 68 candidats officiels, proposé le renvoie de ces candidats, il annonce que le Parti soutiendra au moins 16 candidatures alternatives le 30 septembre :

« Ce qu’on ne verra pas, ce qui ne se passera pas, c’est qu’on retire nos candidatures pour soutenir un corrompu. Le peuple vénézuélien sait que quand le Parti communiste prend une décision, il s’y tient. On ne cèdera ni sous le chantage, ni sous les intimidations ».

 

Le Parti communiste plus que jamais dans le « Grand pôle patriotique »

 

Cela n’a pas empêché les dirigeants du PCV, après l’annonce des résultats, d’annoncer leur intention de poursuivre l’alliance du « Grand pôle patriotique » – « plus actuelle que jamais » pour le PCV – en vue de le radicalisation de la révolution – « consolider les acquis pour avancer dans son approfondissement », selon les termes d’Oscar Figuera. 

Les dirigeants du Parti communiste ont insisté sur l’importance du « Plan pour la patrie » 2013-2019 dévoilé par le Président Maduro, conçu comme les lignes directrices pour la transition du Venezuela vers le socialisme.

 C’est cette même position, à la fois d’indépendance de classe et de soutien sans failles au processus révolutionnaire, qui avait conduit le PCV à refuser sa dissolution dans le PSUV de Chavez en 2005. Ce choix apparaît désormais bien judicieux.

 

Avec un Parti communiste renforcé, unitaire mais affirmé dans son identité révolutionnaire, c’est le processus bolivarien qui sort renforcé dans son chemin difficile vers une société alternative : le socialisme.


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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 16:13
Dimanche 8 décembre.
Progrès du camp bolivarien
Voter au Vénézuéla
Thierry DERONNE
Photo : Militants bolivariens attendant les résultats électoraux, quelque part au Vénézuéla, le 8 décembre 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le progrès des bolivariens aux municipales de décembre 2013 est d’autant plus intéressant que certains médias et politologues réduisaient la révolution au “messianisme” de Chavez ou annonçaient la division interne de ses partisans après sa mort.

Ce dimanche 8 décembre 2013 plus de 19 millions de vénézuélien(ne)s étaient appelé(e)s à choisir 337 maires (dont deux métropolitains) et 2.435 conseillers municipaux. C’est le dix-neuvième scrutin en 14 ans de révolution. Les observateurs internationaux – comme les délégués des Conseils Nationals Electoraux de l’Équateur ou du Salvador – ont rendu compte d’un processus normal, paisible.


La droite voulait faire de ces élections municipales un vote-sanction contre la gestion de Nicolas Maduro, comme point culminant d’une guerre économique lancée par le secteur privé (1). Elle a perdu son pari. Le premier bulletin officiel du Centre National Electoral, sur base de 97,52 % des résultats transmis, indiquent que le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) s’est renforcé comme la première force politique du pays en obtenant environ 210 des 337 mairies. L’opposition de droite (MUD, Mesa de Unidad Opositora) remporte environ 50 mairies, dont quelques grandes villes comme Valencia, San Cristobal ou Maracaibo. A Caracas, le leader de la droite Antonio Ledezma bat de quelques décimales le candidat chaviste Ernesto Villegas pour le poste de “maire métropolitain” tandis que le candidat chaviste Jorge Rodriguez obtient la “Alcaldía Mayor”, la mairie stratégique de Caracas.


Le PSUV obtient environ 49 % (5.111.386 votes) face aux 42 % de la coalition de droite (4.435.097 votes). Avec ces 700.000 votes d’avance sur la droite, le camp bolivarien progresse nettement par rapport au score plus serré des présidentielles d’avril 2013 (remportées par Nicolas Maduro avec une avance de 300.000 votes sur le concurrent de la droite). Ce progrès est d’autant plus intéressant que certains médias et politologues réduisaient la révolution bolivarienne au “messianisme” de Chavez ou annonçaient la division interne de ses partisans après sa mort. Le parti communiste, allié du PSUV, réalise un faible score : 1,6 %.

La population ne s’est donc pas laissée entraîner dans la spirale du chaos voulue par l’opposition qui a joué sur toutes les touches, des paniques médiatiques aux sabotages électriques. La majorité des maires et des conseillers élus appliqueront le “Plan Patria 2013-2019”, programme écosocialiste, socialiste et participatif. (2)

Le taux de participation – près de 59 % – est normal pour ce type de scrutin traditionnellement moins suivi que les législatives ou les présidentielles. Par comparaison, les dernières élections municipales au Costa Rica n’ont attiré que 20 % des électeurs. Mais au Venezuela ce taux reste encore trop faible. Il est temps que s’installe l’idée que les édiles locaux sont les premiers partenaires du pouvoir citoyen qui émerge à travers les conseils communaux et les communes.


De 1958 à 1997, en 40 ans d’interminable pacte entre la social-démocratie et la démocratie-chrétienne, n’ont eu lieu que 15 scrutins dans un contexte de populisme et d’exclusion sociale et électorale : beaucoup de citoyens analphabètes, ou privés de cartes d’identité, ne pouvaient voter. C’était l’ère des forces de sécurité répressives, rempart d’une élite pétrolière vivant à Miami et Paris pendant que sur place les jeunes des secteurs populaires fuyaient le recrutement forcé et que les étudiants révoltés et de nombreux opposants politiques subissaient les balles, la torture, les disparitions.


Aujourd’hui, au Venezuela, on ne vote plus pour de fausses alternatives (comme le PS ou l’UMP en France, les démocrates et les républicains aux Etats-Unis ou le PSOE et le PP en Espagne). Deux modèles de société s’opposent dans les urnes. Voter ne signifie pas non plus délivrer un blanc-seing ou poser un acte religieux. C’est parce que la révolution bolivarienne a rompu avec les pratiques répressives et populistes des régimes antérieurs que ses partisans ne se privent plus de critiquer au grand jour, librement et avec raison, tout ce qui entre en contradiction avec les promesses révolutionnaires. Leur parole, ils le savent, sera entendue a terme : c’est ainsi qu’avance depuis quatorze ans cette transition, marquée par mille et une contradictions, d’un capitalisme encore dominant à un modèle écosocialiste, participatif et souverain. Le Parti socialiste unifié est le seul parti politique qui a dénoncé et expulsé des maires de ses propres files pour faits de corruption. Sa capacité à purifier ses rangs lors de la lutte sans complaisance annoncée pour 2014 par le président Maduro, sera la clef de sa survie politique.


Les critiques des médias occidentaux comme Le Monde ou El País, sont d’une autre nature. Elles émanent de grands groupes médiatiques qui justifient depuis trente ans la privatisation de la vie. Tout ce qui échappe à ce modèle doit être la cible d’une propagande préventive, pour couper court à toute identification, à toute idée qu’un autre monde est possible. Une simple suivi permet de mesurer l’inanité de ce système : ainsi, lors de la création du Parti socialiste Uni du Venezuela, ces médias annoncèrent l’avènement d’un “parti unique”. On compte aujourd’hui une quarantaine de partis politiques qui vont de l’extrême gauche à l’extrême droite, et l’opposition fait 80 % d’audience médiatique…


Ces 19 scrutins en 14 ans ont tous été validés par les observateurs internationaux. “Excès de démocratie” pour l’ex-président Lula. Le meilleur système électoral du monde selon Jimmy Carter qui en a observé 98 sur la planète. L’ONG indépendante LatinoBarometro soutenue entre autres par le BID (Banque Inter-Américaine de Développement), le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), l’OEA (Organisation des États Américains), l’états-unien Office of Research et les agences de coopération des gouvernements suédois, norvégiens et canadiens, a établi dans son rapport 2013 que le Venezuela bat tous les records de confiance citoyenne dans la démocratie pour toute l’Amérique Latine (87 %) suivi de l’Équateur (62 %) et du Mexique (21 %). (3)


Il y a quelques mois Noam Chomsky, Greg Grandin, Michael Moore, Oliver Stone et une douzaine d’experts états-uniens ont demandé au New York Times d’enquêter sur sa désinformation quotidienne qui fait du Venezuela, en dépit des faits, un système autoritaire. (4)

Pour l’ONG Latinobarometro : “le Venezuela est le pays où on observe la plus grande différence entre ce que pensent ses citoyens de leur démocratie et l’image qui circule dans la communauté internationale”.


T. D., Caracas, 9 décembre 2013.

Notes

(1) Lire http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/07/le-venezuela-en-2014-ca...

(2) Lire http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/07/le-venezuela-en-2014-ca...

(3) Lire http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/11/13/confiance-des-citoyens-...

(4) Lire http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/15/noam-chomsky-greg-grand...

* http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/09/voter-au-venezuela/
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:41

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Paru le 7 Décembre 2013

 

 

Communiqué du Parti communiste sud-africain (SACP)

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit dernière, des millions de personnes en Afrique du sud, dont la majorité de la classe ouvrière et des pauvres, et les milliards d’êtres humains qui peuplent la planète, ont perdu un vrai révolutionnaire, le Président Nelson Rolihlahla Mandela, « Tata Madiba ».

 

Le Parti communiste sud-africain (SACP) s’associe aux sud-africains, comme aux autres peuples du monde, en exprimant ses plus sincères condoléances à Mme Graca Machel et à toute la famille de Mandela pour la perte de celui que le Président Zuma a justement présenté comme le plus grand des enfants d’Afrique du sud, le Camarade Mandela.

 

Nous souhaiterions également profiter de cette occasion pour exprimer notre solidarité avec l’African national Congress (ANC), une organisation qui l’a engendré et qu’il a servie remarquablement, tout comme l’ensemble de ses collègues et camarades dans notre mouvement de libération.

 

Comme le disait Madiba : « ce ne sont pas les rois et les généraux qui font l’histoire mais les masses, les peuples, les travailleurs, les paysans ».

 

La disparition du Camarade Mandela marque la fin de la vie d’un des plus grands révolutionnaires du 20 ème siècle, qui a combattu pour la liberté et contre toutes les formes d’oppression, à la fois dans son pays et à l’échelle mondiale.

 

Dans le cadre ces masses qui dont l’histoire, la contribution du Camarade Mandela à la lutte pour la liberté s’est située, et forgée, dans l’appartenance et la direction collective de notre mouvement de libération national, mené par l’ANC – car il n’était pas un élément isolé.

 

Dans le Camarade Mandela, nous avions un soldat brave et courageux, un patriote et un internationaliste qui, si on peut emprunter le mot du Che Guevara, « était un véritable révolutionnaire guidé par des grands sentiments d’amour » pour son peuple, un trait extraordinaire de tous les authentiques révolutionnaires populaires.

 

Au moment de son arrestation en août 1962, Nelson Mandela n’était pas seulement un membre du Parti communiste sud-africain alors clandestin, mais il était aussi un membre de notre Comité central.

 

Pour nous, communistes sud-africains, le Camarade Mandela symbolisera toujours la contribution monumentale du SACP à notre lutte de libération. La contribution des communistes dans la lutte pour la liberté des sud-africains ne connaît que peu d’équivalent dans l’histoire de notre pays.

 

Après sa libération en 1990, le Camarade Madiba devint un grand et proche ami des communistes, jusqu’à son dernier souffle.

 

La leçon importante que nous devons apprendre de Mandela et de sa génération de dirigeants, c’était leur engagement à une unité reposant sur des principes dans chacune des formations de notre Alliance [NdT : alliance tri-partite contre l’apartheid entre l’ANC, le Parti communiste et le syndicat de classe COSATU], tout comme à l’unité de notre Alliance dans son ensemble, et celle de l’ensemble du mouvement  démocratique de masse.

 

Sa génération a lutté pour construire et cimenter l’unité de notre Alliance, et nous devons donc honorer la mémoire du Camarade Madiba en préservant l’unité de notre alliance.

 

Que l’on rappelle à ceux qui ne comprennent pas combien de sang a été versé pour maintenir l’unité de notre Alliance qu’ils ne doivent pas trainer dans la boue l’héritage et la mémoire de personnes de la trempe de Madiba, jouant négligemment avec l’unité de notre Alliance.

 

Le SACP a soutenu l’entreprise de réconciliation nationale de Madiba. Mais la réconciliation nationale pour lui n’a jamais signifié éviter de traiter les inégalités de classe, sociales dans notre société, comme certains aimeraient à nous le faire croire aujourd’hui.

 

Pour Madiba, la réconciliation nationale était une plate-forme pour poursuivre l’objectif de construction d’une société sud-africaine plus égalitaire, libérée du fléau du racisme, du patriarcat et des inégalités criantes.

 

Et une véritable réconciliation nationale ne sera jamais achevée dans une société encore caractérisée par des inégalités qui vont en se creusant et par l’exploitation capitaliste.

 

En hommage à ce grand combattant, le SACP va intensifier la lutte contre toutes les formes d’inégalité, y compris en intensifiant la lutte pour le socialisme, seule solution politique et économique aux problèmes que rencontre l’humanité.

 

Pour le SACP, la disparition de Madiba doit donner à tous ces Sud-africains qui n’avaient pas adhéré à une Afrique du sud démocratique, et qui toujours d’une façon ou d’autre rêvent de la période de domination blanche, une seconde chance de se faire à une Afrique du sud démocratique fondée sur le principe de la règle de la majorité.

 

Nous appelons tous les sud-africains à s’inspirer de son exemple de désintéressement, de sacrifice, d’engagement et de services rendus à son peuple.

 

 

Comme le SACP le dit : Hamba kahle Mkhonto ! (repose en paix, combattant de la libération).

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:36

 

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Le 7 décembre 2013

 

Le site internet WikiLeaks a divulgué  samedi 7 décembre 2013 un article publié en 1990 par le journal étatsunien The New York Times, qui révélait alors la participation de la CIA dans l’arrestation du leader sud africain Nelson mandela.

 

Mandela qui est mort hier à 95 ans à Johannesburg, a été la cible de l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA),le site a piblié les archives dans lesquelles est décrite la manière dont un haut gradé de cette agence a notifié la nouvelle de l’arrestation de Mandela en août 1962.

 

Selon ce texte, au moyen d’un agent infiltré dans l’ANC au Congrès National Africain, l’agence a aidé les services sud-africains de Renseignement à arrêter Mandela.

 

Un exfonctionnaire sud-africain, Gerard Ludi, a raconté qu’un responsable de la CIA est entrée dans son bureau et il lui a dit qu’ils avaient livré Mandela au département de Sécurité de l’Afrique du Sud.

 

"Nous leur avons donné tous les détails ycompris les vêtements qu’il porterait, à l’heure et au lieu où il serait (Mandela)", ont-il, déclaré à Ludi.

 

Le 5 août 1962, après un déjeuner clandestin avec d’autres activistes dans Durban, Mandela, qui à l’époque était habillé en chauffeur, a été reconnu et arrêté, et libéré 27 ans après, en février 1990, grâce à la pression internationale.

 

La mort du premier président noir de l’Afrique du Sud, Prix Nobel la Paix (1993) et un héros des luttes antiapartheid a provoqué une vague de solidarité parmi les gouvernements, dans les peuples, les secteurs intellectuels et civils du monde entier.

 

Radio del Sur traduit par Danielle Bleitrach pour Histoire et société

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 13:32

Charles Hoareau a écrit le texte que nous reproduisons ci-dessous dans Rouge Midi.  Merci à lui.   A l'heure où tous les hypocrites, de François Hollande à Marine Le Pen, larmoient sur "l'apôtre de la non-violence", il était utile de rappeler que Nelson Mandela fonda la branche armée de l'ANC et que les communistes en France impulsèrent, souvent bien seuls, une lutte de masse pour obtenir sa libération.  Ainsi, dans notre département, en 1989, une camarade d'Action Communiste, alors élue du PCF,  a vu François Zimmeray, nouveau maire socialiste,  donner l'ordre d'arracher la banderole "Libérez Mandela" apposée sur le fronton de la mairie.  Ce fut le premier acte politique du maire socialiste de Petit-QuevillyIl venait de remporter les élections contre la liste menée par le maire communiste. 

 

 

"Il y a des matins où il est difficile d’écrire…

 

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Il est mort en paix à un âge quasi inespéré vu les souffrances que lui a infligées l’apartheid.
Son peuple et les siens, du moins les images que l’on nous renvoie, semblent plus dans la célébration sereine que dans la douleur, et pourtant cela n’empêche pas les yeux de s’embuer irrésistiblement depuis que la nouvelle est connue.

Inlassablement la presse et les « grands » de ce monde parlent de « l’icône mondiale de la réconciliation et du pardon » : signe qu’ils se situent peut-être inconsciemment dans le camp de celles et ceux qui ont des choses à se faire pardonner et qu’ils sont reconnaissants à Madiba de l’avoir fait ?


Les mêmes qui parlent aussi de Mandela comme « apôtre de la non-violence » alors qu’il avait déclaré « On ne peut détourner l’attaque d’une bête sauvage les mains nues. »  [1] et fondé en 1961 la branche armée de l’ANC suite à son constat que la stratégie non-violente suivie jusqu’alors ne menait à aucun succès. Oubli ou peur que des hommes et des femmes de notre temps que le combat de Mandela inspire ne recourent à la violence pour combattre les injustices d’aujourd’hui ?

Les résistants, terroristes d’hier, deviennent héros quand leur combat se fait victoire.

Celles et ceux qui, bien avant Le Pen à qui ils font semblant de faire la leçon aujourd’hui, traitaient Mandela et l’ANC de terroristes s’unissent dans l’hommage aux combattants de tous les pays pour la justice et l’égalité. Qui se souvient ce matin de Pierre André Albertini, ce français mis en prison pour avoir soutenu le combat de l’ANC et pour lequel, les communistes bien seuls (à part quelques exceptions notables) menèrent bataille pour sa libération ?

Qui se souvient qu’il fut arrêté en 1962 grâce à des informations fournies par la CIA au régime de Pretoria ?

Qui se souvient le refus d’accorder en 1989 le prix Nobel de la paix à un Nelson encore en prison ce qui aurait accéléré sa libération [2]


Je fais partie, et c’est une chance, de celles et ceux pour qui Mandela évoque les années de lutte contre l’apartheid que nous menions comme nous pouvions dans des pays aux chefs d’état hostiles à l’ANC et soutiens affirmés au régime raciste de Pretoria, de la France aux Etats-Unis en passant par l’Angleterre et Israël. Celles et ceux qui ont boycotté les oranges outspan, distribué des milliers de tracts, ont fait signer des milliers de pétitions, ont acheté le pin’s en métal doré à l’effigie du plus vieux prisonnier du monde (avant que ce titre peu envié ne lui soit ravi par George Ibrahim Abdallah qui croupit au mépris de toute justice dans les geôles françaises), ont participé à des meetings, à des marches, à des rassemblements, celles et ceux qui étaient non seulement profondément émus le jour de la libération de Madiba mais regardaient ces images inoubliables comme un moment qui leur appartenait un tout petit peu, fourmis que nous étions dans ce combat que nous gagnions avec les habitants de la fourmilière du monde.


C’est la force de ces souvenirs, de ces combats, de ces émotions, de tous ces 21 mars en mémoire du massacre de Sharpeville et de ce racisme que d’aucuns s’acharnent à vouloir sans cesse faire revivre pour perpétuer leurs intérêts de classe, l’apartheid qui sévit à nouveau, dans un autre pays, Israël, bénéficiant des mêmes soutiens que ceux de l’Afrique du Sud raciste, le long calvaire de George Ibrahim Abdallah que nous arriverons bien un jour à faire cesser, c’est tout cela qui embue nos yeux ce matin.

Rouge midi n’avait pas préparé de Une spéciale comme un vautour médiatique attend la mort de sa proie pour diffuser ses mots choisis. C’est juste notre émotion que nous écrivons aujourd’hui en espérant que vienne ce « jour d’épaule nue où les gens s’aimeront »


« J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Nelson Mandela, procès de 1964.


En médaillon sculpture érigée en son hommage
Afrique du Sud


[1] Dans son livre Un long chemin vers la liberté. Dans le même ouvrage il écrit « Un combattant de la liberté apprend de façon brutale que c’est l’oppresseur qui définit la nature de la lutte, et il ne reste souvent à l’opprimé d’autre recours que d’utiliser les méthodes qui reflètent celles de l’oppresseur. » (p. 203)

[2] lui préférant cette année-là le14ème dalaï lama dont chacun peut juger l’action pacifiste…"

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