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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 15:52

La dépense militaire revient à la guerre froide

L'art de la guerre
Dépenses militaires

Tandis que la stratégie USA/OTAN, avec la crise ukrainienne, provoque un affrontement Ouest-Est qui ramène l’Europe à une situation, par certains aspects, analogue à celle de la guerre froide, les données publiées hier par le Sipri confirment que la dépense militaire mondiale (calculée net d’inflation pour la comparaison dans le temps) est revenue aux niveaux de la guerre froide : après avoir chuté entre 1991 et 1998, elle est remontée à un niveau supérieur à celui de la dernière période de l’affrontement Ouest-Est. Les données, concernant 2013, montrent qu’on dépense dans le monde, dans un objectif militaire, 3,3 millions de dollars par minute, 198 millions de dollars par heure, quasiment 4,8 milliards de dollars par jour. Ce qui équivaut à 1747 milliards de dollars en une année.


La dépense militaire mondiale est en réalité encore plus élevée que celle calculée par le Sipri quand il fait la somme des budgets de la défense des différents pays : il s’y ajoute en fait diverses dépenses de caractère militaire, incluses dans d’autres chapitres des budgets d’Etats. Aux Etats-Unis, la dépense pour les armes nucléaires (23 milliards de dollars annuels) est inscrite non pas au Département de la défense,  mais à celui du Département de l’Energie ; celle des militaires à la retraite (environ 170 milliards annuels), à celui du Département des retraités ; les dépenses pour les aides militaires et économiques à des alliés stratégiquement importants (environ 50 milliards annuels) sont inscrites aux budgets du Département d’Etat et de quelques autres. Dans le budget fédéral 97 milliards annuels sont alloués pour un « fonds unifié de la Défense, du Département d’Etat et de l’Usaid » destiné aux opérations ultramarines (Overseas contingency operations). 40 autres milliards annuels sont dépensés pour la « sécurité  de la patrie ». Et il y a enfin la dépense secrète des services secrets, dont l’unique chiffre « non-classifié » (1,6 milliards annuels) n’est que la pointe de l’iceberg. En ajoutant ceux-ci et les autres postes de dépense au budget officiel du Pentagone (640 milliards en 2013), la dépense militaire étasunienne grimpe à quasiment 1000 milliards de dollars annuels. Ce qui signifie qu’environ un dollar sur quatre, dans le budget fédéral, est dépensé dans un objectif militaire.

Si l’on ne s’en tenait même qu’au chiffre de 640 milliards de dollars fourni par le Sipri, les Etats-Unis restent nettement en tête dans le classement des 15 pays ayant la plus grosse dépense militaire du monde. Suivent à distance, comme en 2012, la Chine et la Russie avec une dépense estimée respectivement à 188 et 88 milliards de dollars en 2013. L’ordre change par contre notablement dans la partie restante du classement. L’Arabie Saoudite passe, par rapport à 2012, du septième au quatrième rang. Suivent la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne (qui avance du neuvième au septième rang), le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, l’Italie (avec une dépense estimée à 32,7 milliards de dollars en 2013), le Brésil, l’Australie, la Turquie, les Emirats Arabes Unis. Ces 15 pays totalisent 80% de la dépense militaire mondiale.

Les données du Sipri mettent en évidence de fortes augmentations dans les budgets militaires de divers autres pays, surtout ceux où les Etats-Unis exercent leur influence. En Europe orientale, le budget militaire de l’Ukraine a grossi de 16% par rapport à 2012. En Afrique, le Ghana a augmenté en une année son budget de 129%, l’Angola de 36%, le Congo (Rép. dém.) de 34%. Au Moyen-Orient, les budgets militaires en Irak et au Bahreïn ont augmenté d’environ 27%. En Asie, celui de l’Afghanistan a grossi de 77% par rapport à 2012, celui des Philippines de 17%. En Amérique du Sud, les budgets militaires du Paraguay et du Honduras ont augmenté en une année respectivement de 33% et 22%.

La dépense militaire alimente une nouvelle course aux armements qui, conduite par les plus grandes puissances occidentales, a un effet de traction à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas que des F-35, sur lesquels se concentre aujourd’hui l’attention des médias, mais de plusieurs autres systèmes d’arme tout aussi coûteux mais peu connus. Il y a six mois a été lancé aux Etats-Unis le super porte-avions Gerald Ford (premier d’une série), le navire de guerre le plus coûteux jamais construit : 14 milliards de dollars. Grâce à de nouvelles catapultes, ses 75 avions (dont le coût doit être ajouté à celui du navire) pourront effectuer 25% d’attaques de plus que ceux actuellement embarqués sur les actuels porte-avions Nimitz. Et le 4 juillet prochain sera lancé en Angleterre le super porte-avions HMS Queen Elizabeth de 65 000t. ( le triple de l’actuelle classe Invincible), auquel fera suite une unité jumelle, pour une dépense de 12 milliards de dollars, plus celle des avions embarqués : les F-35, qui pourront être amenés du hangar sur le pont d’envol en 60 secondes. Ces porte-avions, annonce la Royal Navy, pourront ainsi « depuis la mer projeter la puissance aérienne à tout moment et dans tous les endroits du monde où ce sera nécessaire ».

L’empire frappe encore.

Manlio Dinucci

 

 

Edition de mardi 15 avril 2014 de il manifesto

https://www.google.fr/url?q=http://ilmanifesto.it/spesa-militare-numeri-da-guerra-fredda

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Apostille de la traductrice :

Le lecteur curieux rapportera les chiffres de la dépense 2013 de chacun des 15 premiers pays du classement établi par le Sipri (même sans les corrections indiquées par l’auteur) à leur nombre d’habitants ; pour comparer par exemple la dépense militaire par tête entre la Chine (1, 347 milliards d’habitants environ) et l’Arabie Saoudite (presque 30 millions), ou le Bahreïn (1,231 millions officiels, après les massacres des manifestations de leur « printemps » 2011).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population

La logique voudrait qu’on compare ensuite la dépense militaire par habitant aux dépenses annoncées pour l’éducation, la santé, bref tous les postes entrant dans ce qu’on appelle l’indice de développement humain. Y compris celui des « dictatures » comme Cuba et la Syrie, malgré les embargos qui y sévissent, par les soins du premier de la classe, depuis respectivement une cinquantaine et plus d’une dizaine d’années.

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 13:25

Lu grâce à "çanempechepasnicolas"

 link  L'"Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire" "agit, notamment par une demande de référendum, en faveur d’un désarmement nucléaire, biologique et chimique, intégral, universel et contrôlé, dans le cadre d’un véritable système de sécurité internationale".


La tension monte en Mer Noire, où la France a envoyé trois navires de guerre


Mise en ligne le : 14 avril 2014
 

Tandis que les États-Unis et d’autres alliés de l’OTAN déploient leurs navires en Méditerranée orientale dans le cadre de l’opération "Active Endeavor" (Effort actif), la Russie déploie ou rapatrie certains des siens en Mer Noire. La Turquie, quant à elle, y poursuit des manœuvres navales impliquant sept frégates, une corvette, deux sous-marins et quelques autres navires.

La France n’est pas en reste. Elle ne se contente pas de participer à Active Endeavor, elle pousse ses pions vers les côtes d’Ukraine et de Russie. Trois navires : deux de plus que les États-Unis.

Comme du temps de Napoléon III

Les Français l’ignorent, mais depuis une quinzaine de jours, la marine de guerre française se manifeste activement en Mer Noire. Selon plusieurs sources (turques, russes, ukrainiennes, roumaine...), dont le site turc "Bosphorus Naval News" de Cem Devrim Yaylal, qui relève systématiquement les passages de navires de guerre à travers le Bosphore.

 

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L’Alizé passe les Dardanelles

Fin mars (le 26 ou le 28 selon les sources), la frégate Alizé, "bâtiment de soutien de plongée", y pénètre pour participer officiellement à un exercice naval conjoint au large de Varna (Bulgarie).

 

 

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La frégate Alizé

L’Alizé est un bâtiment de 60 mètres de long et 1500 tonnes. Avec un équipage de 18 hommes, il peut embarquer jusqu’à 230 passagers. Il est équipé pour assurer toutes sortes de missions de plongée, dont le renseignement à l’étranger et le support de plongeurs de combat. On ignore où est la frégate actuellement, mais on ne l’a pas vue ressortir de Mer Noire et le Courrier de Russie vient d’affirmer qu’elle y est encore.

 

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Le Dupuy de Lôme passe Istanboul, 10 avril 2014

Le 10 avril, dans le sillage du destroyer américain USS Donald Cook, le navire de renseignement Dupuy de Lôme franchit les Dardanelles et pénètre à son tour en Mer Noire.

Cf. La France envoie un navire-espion en Mer Noire, les Etats-Unis un destroyer lance-missiles

 

 

 

 

Au même moment, le Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement BCR Var (A608), pétrolier ravitailleur de la classe Durance, fait escale à Marmaris (Sud-Ouest de la Turquie, Méditerranée orientale). Outre sa mission de soutien logistique aux autres navires, le Var peut embarquer un état major amiral de 70 personnes.

Et de trois !

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La frégate Dupleix

Aujourd’hui 14 avril, c’est la frégate anti-sous marine Dupleix qui est attendue en Mer Noire, pour y rester jusqu’en mai.

Le ministère de la défense, qui à notre connaissance n’a encore publié aucun communiqué sur son envoi ni sur celui d’autres navires français en Mer Noire, décrit ainsi ses missions :

 

 

• Conçues à l’origine pour assurer prioritairement la défense anti-sous-marine d’un groupe aéronaval, les frégates de lutte anti-sous-marine (FASM) ont vu récemment leurs capacités d’action au-dessus de la surface fortement renforcées.

• La mise un place de senseurs optroniques, d’armes puissantes et de mise en œuvre très rapide permet désormais à la FASM, non seulement d’identifier avec certitude la menace avant de la traiter, afin d’éviter toute méprise, mais aussi de conserver la plus grande retenue possible avant l’engagement, dans le but de ne pas élever le niveau de la crise.

• Bâtiment de combat moderne et performant, la FASM constitue un outil militaire puissant, capable d’intervenir, seul ou au sein d’une force interarmées nationale ou multinationale, en tout point des mers où la France a décidé d’agir pour maintenir ou restaurer la paix.

 

Silence en France, bruits de bottes ailleurs

A Paris, les grandes manœuvres de la marine française, soigneusement passées sous silence par le gouvernement, sont ignorées de la presse, des médias, et par suite, de l’opinion publique ou, si l’on préfère, du peuple français.

Ce n’est le cas ni à Moscou, ni à Kiev.

A Moscou, les Izvestia consacrent un édito du 14 avril à l’arrivée du Dupleix en Mer Noire.

A Kiev, Vesti, dans son journal en ligne de langue russe, en fait autant. La Deutsche Welle, radio allemande à destination de l’étranger, en parle dans son édition en langue ukrainienne. Ainsi, Russes et Ukrainiens, russophones ou non, sont mieux informés que les Français de ce que fait la France.

Dans le contexte de tension actuel, chaque "geste" militaire, même s’il relève peut-être de la "gesticulation diplomatique" et n’enfreint pas la loi internationale, peut provoquer un accrochage. Un incident naval en Mer Noire pourrait fort bien survenir et dégénérer en conflit armé. Autrement dit, en guerre. On espère que ce ne sera pas le cas. Mais si cela devait être, une fois de plus les Français seraient mis devant le fait accompli.

Ils le sont d’ores et déjà du fait du silence gouvernemental et médiatique, qui entretient citoyens et parlementaires dans l’ignorance de ce que fait leur marine nationale, sous pavillon français et au nom du peuple français.

C’est ce qu’on appelle une démocratie bien tempérée.


Jean-Marie Matagne, ACDN wwww.acdn.net

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 09:24
 

 

Nous n'allons pas réaliser une nécrographie de Gabriel Garcia Marquez. Celui qui fut un des plus grands écrivains latino-américains du XX ème siècle, récompensé du Nobel de littérature, a produit une oeuvre poncutée par quelques titres connus de tous – de « Cent ans de solitude » à « l'Amour au temps du choléra ».

 

Il serait futile de résumer en quelques mots une œuvre que l'on a placé sous le signe du « réalisme magique », où les charmes projetés de l'exotisme, du fantastique ont fait oublier en Europe combien Garcia Marquez avait l'ambition de relater d'abord cette réalité latino-américaine, dans la richesse de son syncrétisme culturel comme dans le tragique de ses violences originelles.

 

Ici, nous nous concentrerons sur un aspect négligé dans la presse dominante, son engagement politique auprès des processus révolutionnaires, d'émancipation latino-américains : en premier lieu la révolution cubaine, et la relation spéciale entretenue avec Fidel Castro.

Une amitié forte, pour deux hommes qui ont marqué à leur façon l'histoire du XX ème siècle, deux grands révolutionnaires dans leurs champs respectifs.

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

(Article originellement paru dans le journal mexicain « La Jornada »)

 

 

Ami intime de Fidel Castro, Gabriel Garcia Marquez était « un homme qui avait une bonté d'enfant et un talent cosmique » selon le leader de la révolution cubaine qui l'a évoqué comme « un homme de demain, que nous remercions d'avoir vécu cette vie pour nous la raconter ».

 

Les deux hommes – le cubain n'est plus âgé que de sept mois – se connurent dans les premiers jours de la révolution, en janvier 1959, quand Gabo (le surnom de Gabriel Garcia Marquez) arriva sur l'île comme journaliste pour couvrir l'arrivée au pouvoir des guérilleros « barbus » que commandait Castro.

S'ensuivirent des décennies d'amitié, avec quelques désaccords entre deux hommes qui aimaient se lancer mutuellement les épithètes de « démesurés », et d' « exagérés ».

Critique des dictatures et des régimes autoritaires de droite d'Amérique latine, Garcia Marquez resta toujours fidèle à cette amitié avec Fidel Castro, y compris au risque d'être critiqué, à de multiples reprises.

« Notre amitié fut le fruit d'une relation cultivée pendant toute ces années où le nombre de conversations, toujours agréables pour moi, se chiffre par centaines », rappelle Castro en 2008 alors qu'il reçoit Gabo et son épouse Mercedes, deux années après la crise de santé qui l'a conduit à abandonner le pouvoir en 2006.

Garcia Marquez, qui restera très longtemps à son domicile à La Havane, a participé en 1959 à la fondation de l'agence cubaine Prensa Latina et en 1986 à la création de la Fondation du nouveau cinéma latino-américain et de l'Ecole internationale de cinéma de San Antonio de los Baños, à 30 km au sud-ouest de la Havane, qui a formé des générations de cinéastes.

 

Des visites nocturnes

 

Gabo, qui recevait dans son foyer de la Havane des visites nocturnes fréquentes de Fidel, soulignait à son tour sa « dévotion pour les mots, son pouvoir de séduction ». « Quand il était fatigué de parler, il se détendait en parlant », écrivait-il sur le leader cubain.

Une de ces nuits, racontait l'écrivain colombien en 1988, il lui demanda ce qu'il aurait aimé le plus faire au monde : « Me poser dans un coin », lui répondit immédiatement Fidel.

Leur histoire commune a pu avoir commencé en Colombie en avril 1948 : le lendemain de l'assassinat de l'homme politique de gauche Jorge Eliecer Gaitan, Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez, tous deux âgés de 21 ans, participèrent à la révolte qui est entrée dans l'histoire sous le nom de « El Bogotazo ».

« Aucun n'avait d'informations sur l'autre. Personne ne nous connaissait, et nous-mêmes, nous ne nous connaissions pas », rappelle Castro dans un article publié en 2002 à l'occasion du lancement du livre « Vivir para contarla » du Prix nobel de littérature.

 

Toujours un fidèle défenseur de la révolution cubaine, Garcia Marquez fit office d'émissaire spécial du leader cubain auprès du président nord-américain Bill Clinton.

En 1994, il participa à la solution de la crise qui culmina en un accord migratoire entre La Havane et Washington.

En 1997, Gabo porta à Bill Clinton – qui lui avait dit que Cent ans de solitude était son roman préféré – un message de Fidel Castro où il proposait aux Etats-unis une coopération dans la lutte contre le terrorisme.

 

La coopération cubano-américaine fut éphémère. Washington réagit en incarcérant les combattants anti-terroristes cubains en septembre 1998 qui mettait en garde depuis la Floride sur les plans, attentats criminels qu'organisaient les extrémistes de Miami.



Les amis de Gabo



Gabriel Garcia Marquez fut l'ami d'écrivains tels que Mario Vargas Llosa, Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Julio Cortázar et Pablo Neruda, également du réalisateur espagnol Luis Buñuel.

 

 

Mais aucune amitié ne l'a marqué autant que celle qu'il a cultivé pendant un demi-siècle avec Fidel Castro. Ils étaient si proches que, dit-on, Garcia Marquez envoyait les brouillons de ses romans à Fidel pour qu'il les lise avant de les publier.

 

« Je suis un ami de Fidel et je ne suis pas un ennemi de la révolution. Voilà tout », avait dit à une occasion Garcia Marquez, selon ce que rapporte le livre « Gabo et Fidel ».

Sa santé commença à faiblir en 1999, quand il fut traité d'un cancer lymphatique. En 2012, ses proches expliquèrent qu'il avait des problèmes de mémoire et qu'il avait cessé d'écrire.

Garcia Marquez fut hospitalisé fin mars à cause d'une infection pulmonaire. Et quand on le déclara guéri la semaine passée, les médecins l'avertirent que sa santé restait fragile.

Marié depuis plus que cinquante cinq ans avec Mercedes Barcha, García Márquez avait deux enfants. L'aîné, Rodrigo, a réalisé plusieurs films à Hollywood, comme Nine Lives et Albert Nobbs.

 

 

Ces dernières années, il était revenu de temps en temps en Colombie, bien que ce soit pour se réfugier dans sa résidence, dans la ville coloniale de Cartagena de Indias.

Gabo apparut pour la dernière fois en public à la porte de sa maison de Mexico le 6 mars, le jour de son 87 ème anniversaire. Il ne dit même pas un mot, il ne laissa qu'un sourire las aux journalistes qui lui chantèrent las Mañanitas, cette chanson d'anniversaire typiquement mexicaine. Sur le revers de sa veste, il portait une rose jaune.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 15:28

Après les différentes informations sur les propos guerriers de I.Timochenko, nous publions ces deux articles, uniquement empruntés à la presse consensuelle nationale.  De quoi réfléchir.  Nous sommes passés, sans que l'Occident s'en offusque, du règne d'une oligarchie à une autre... Et très inquiétant, les propos guerriers de la dame.  On attend que Fabius et Dame Ashton condamnent.  En attendant elle se présente aux présidentielles contre un autre oligarque milliardaire.  Ceux qui se sont soulevés contre la corruption du précédent régime apprécieront.

Pendant ce temps les mouvements d'extrême-droite sont en embuscade. Le fasciste Dmitri Iaroch, chef de "Pravyi Sektor" créé au début du mouvement de Maïdan, annonce sa candidature à l'élection présidentielle du 25 mai. "Pravyi Sektor" est connu pour ses parades militaires, ses coups de main contre les forces de police, les monuments et bâtiments officiels et dès le 1er décembre l'occupation de la Maison des syndicats.

Le parti "Svoboda"a plusieurs longueurs d'avance sur "Pravyi Sektor".  Plus ancien que le précédent, c'est un parti d'extrême-droite qui cultive l'anticommunisme et l'antisémitisme. Il est représenté au gouvernement.  C'est un de ceux qui avait mis le feu aux poudres en réclamant et en obtenant l'abrogation par le parlement ukrainien de la loi sur les bases de la politique linguistique d'Etat, qui accordait au russe le statut de langue régionale. Sa rupture récente avec le FN n'est pas idéologique, mais due au soutien du FN au référendum en Crimée. Le 18 mars, l'un de ses députés, Igor Mirochnitchenko, avec plusieurs collègues, s'est signalé en menaçant physiquement le directeur de la première chaîne publique, exigeant sa démission écrite. Svoboda aussi se prépare pour les présidentielles.

Le Parti communiste ukrainien présente  Petro Simoneko, son premier secrétaire.  Face aux oligarques et aux fascistes, il aura une tâche difficile. ( sources : El Diablo, çanempechepasnicolas, LeMonde.fr, Le Figaro.fr ...).

 

Publié sur Le Point.fr le 27 02 2014

 

Dès 1997, la justice suisse est alertée par d'étranges mouvements de fonds diligentés par Ioulia Timochenko, la future égérie de la révolution Orange.

 

Ioula Timochenko place de l'Indépendance le 22 février 2014. Ioula Timochenko place de l'Indépendance le 22 février 2014. © Efrem Lukatsky / Sipa

 

 

Diplômée d'économie de la faculté de Dnipropetrovsk (la troisième ville d'Ukraine), Ioulia Timochenko n'a pas mis longtemps à assimiler toutes les subtilités de la finance internationale. Un an après l'indépendance du pays, elle crée à Chypre, le 8 octobre 1992, la société Somolli Enterprises, qui va rapidement accueillir 140 millions de dollars.

La manne provient de United Energy Systems of Ukraine, une compagnie justement dirigée par Ioulia Timochenko qui achète du gaz à la Russie et le distribue dans la région de Dnipropetrovsk. Elle a été placée à ce poste stratégique par Pavel Lazarenko, ministre de l'Énergie, puis Premier ministre de l'Ukraine en 1996-1997. "Dans les demandes d'entraide judiciaire envoyées dès mars 1997 par Kiev à Berne, elle est même présentée comme sa maîtresse", se souvient un magistrat suisse.

Arrêtée avec un passeport panaméen

Ioulia Timochenko, la trentaine, est alors brune, sans ses tresses typiques. "Elle a été relookée depuis par des conseillers occidentaux, sans doute des Américains, pour jouer les paysannes ukrainiennes", constate Emilia Nazarenko, correspondante à Genève du quotidien ukrainien Den. Avant de devenir l'égérie de la révolution Orange, Ioulia Timochenko penchait davantage pour le grand voisin russe.

Quant à Pavel Lazarenko, soupçonné de détournements de fonds, il préfère prendre la fuite. En décembre 1998, il est arrêté à Bâle (Suisse) en possession d'un passeport... panaméen. Le juge d'instruction genevois Laurent Kasper-Ansermet, en charge du dossier, est contraint de jouer au Petit Poucet pour tenter de localiser les fonds détournés. L'argent part de Chypre vers quatre cantons suisses, Fribourg, Genève, Vaud et Zurich.

9 ans de prison pour blanchiment

L'un des comptes bancaires concernés a été utilisé pour plus de 2 500 opérations ! Les millions se dispersent ensuite en direction de la Pologne, des États-Unis et de la petite île d'Antigua, dans les Caraïbes. Finalement, Pavel Lazarenko devient en 2000 le premier homme politique condamné en Suisse pour "blanchiment" ! Arrêté ensuite aux États-Unis, l'ancien Premier ministre écope de 9 ans de prison en 2006 en Californie, également pour "blanchiment". Au départ, Ioulia Timochenko apparaît dans la procédure américaine comme "co-conspiratrice", mais, fort curieusement, elle est ensuite blanchie.

Il est vrai qu'entre-temps en Ukraine, à la tête du Bloc Ioulia Timochenko - une coalition de partis de centre droit -, elle est devenue l'égérie de la révolution Orange, considérée comme pro-occidentale. Les Occidentaux vont se mobiliser quand le régime de Viktor Ianoukovitch, vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, la jette en prison et la condamne à sept ans de détention. "Mais la libération de Timochenko ne doit pas faire illusion. Elle reste toujours très contestée. Fort peu d'Ukrainiens voteraient aujourd'hui pour elle", assure la journaliste Emilia Nazarenko.

Les ennuis de La princesse du gaz, pour reprendre le titre du livre du journaliste allemand Frank Schumann, paru en 2013, ne sont pas pour autant terminés. Un cabinet d'avocats londonien mène actuellement des investigations, notamment en Suisse et aux États-Unis, pour retrouver les centaines de millions de dollars qu'aurait cachés Ioulia Timochenko.

 

Dans le Figaro.fr, cet article à propos des enregistrements téléphoniques de I.Timochenko. Ce que nous avons souligné en bleu n'est pas contesté par Timochenko..

Polémique autour des propos de Timochenko

L'ex-opposante ukrainienne Ioulia Timochenko a dénoncé aujourd'hui la diffusion sur internet d'un enregistrement de ses propos au téléphone, et une manipulation qui selon elle en a renforcé la tonalité déjà fortement anti-russe.

Elle a accusé, sur son compte Twitter, les services spéciaux russes, le FSB, de cette manipulation, dont la réalité est extrêmement difficile à vérifier. L'ancien Premier ministre, aujourd'hui dirigeante du parti Batkivchtchina, a répondu ainsi à la diffusion sur l'internet d'une conversation de deux minutes avec un proche, le député du Parti des régions Nestor Choufritch.

Selon cet enregistrement, Timochenko se dit d'abord "prête à prendre une mitraillette et tirer une balle dans la tête à ce salaud", visant apparemment le président Vladimir Poutine. Mais le passage qui, selon elle, a été manipulé, est celui où elle se propose d'utiliser l'arme nucléaire contre les Russes d'Ukraine:
- "Qu'allons nous faire des huit millions de Russes qui restent sur le territoire de l'Ukraine ? Ce sont des pestiférés", se demande Choufritch.
- "Putain, il faut les fusiller avec des armes nucléaires", répond Timochenko, selon l'enregistrement.

"Cette conversation a bien eu lieu, a-t-elle admis sur son compte Twitter mais la partie sur les huit millions de Russes en Ukraine, c'est un montage."  "En fait, ajoute-t-elle, j'ai dit 'les Russes en Ukraine, ce sont des Ukrainiens.' Bonjour le FSB. Excusez les gros mots."
Dans une partie de la conversation dont elle ne conteste pas l'authenticité, Timochenko dit qu'elle va "utiliser tous ses contacts, soulever le monde entier, pour qu'il ne reste de la Russie pas même un champ brûlé".


 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 15:04

Ukraine : Ioulia Timochenko : “Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits russes ainsi que leur leader”

D'après

Le Blog d'Olivier Berruyer

25
Mar
2014

parisien-24-03



Qui est Ioulia Timochenko ?

C’est l’espèce de princesse Leia que vous avez sûrement vu une fois, blonde est actuellement en fauteuil roulant (pour hernie discale pas soignée). Petit résumé du parcours…

Diplômée d’économie de la faculté de Dnipropetrovsk (la troisième ville d’Ukraine), Ioulia Timochenko n’a pas mis longtemps à assimiler toutes les subtilités de la finance internationale. Un an après l’indépendance du pays, elle crée à Chypre, le 8 octobre 1992, la société Somolli Enterprises, qui va rapidement accueillir 140 millions de dollars.

La manne provient de United Energy Systems of Ukraine, une compagnie justement dirigée par Ioulia Timochenko qui achète du gaz à la Russie et le distribue dans la région de Dnipropetrovsk. Elle a été placée à ce poste stratégique par Pavel Lazarenko, ministre de l’Énergie, puis Premier ministre de l’Ukraine en 1996-1997.


Lazarenko et Timochenko

Ioulia Timochenko, la trentaine, est alors brune, sans ses tresses typiques.

“Elle a été relookée depuis par des conseillers occidentaux, sans doute des Américains, pour jouer les paysannes ukrainiennes”, constate Emilia Nazarenko, correspondante à Genève du quotidien ukrainien Den. Avant de devenir l’égérie de la révolution Orange, Ioulia Timochenko penchait davantage pour le grand voisin russe.

Quant à Pavel Lazarenko, soupçonné de détournements de fonds, en raison d’une réforme dont le principal bénéficiaire (près de 4 milliards de dollars) fut sa compagnie et celle de Timochenko, il préfère prendre la fuite. En décembre 1998, il est arrêté à Bâle (Suisse) en possession d’un passeport… panaméen. Le juge d’instruction genevois Laurent Kasper-Ansermet, en charge du dossier, est contraint de jouer au Petit Poucet pour tenter de localiser les fonds détournés. L’argent part de Chypre vers quatre cantons suisses, Fribourg, Genève, Vaud et Zurich.

L’un des comptes bancaires concernés a été utilisé pour plus de 2 500 opérations ! Les millions se dispersent ensuite en direction de la Pologne, des États-Unis et de la petite île d’Antigua, dans les Caraïbes. Finalement, Pavel Lazarenko devient en 2000 le premier homme politique condamné en Suisse pour “blanchiment” ! Arrêté ensuite aux États-Unis, l’ancien Premier ministre écope de 9 ans de prison en 2006 en Californie, également pour “blanchiment” et “extorsion”. Au départ, Ioulia Timochenko apparaît dans la procédure américaine comme “co-conspiratrice”, mais, fort curieusement, elle est ensuite blanchie.

En 1996, l’ambitieuse femme d’affaires, qui est devenue l’un des premières fortunes d’Ukraine, se lance en politique, fonde bientôt son parti “La Patrie”, qui sera le socle au Parlement de la coalition qu’elle baptisera modestement “le Bloc Timochenko” – une coalition de partis de centre droit. Avec ses robes moulantes, ses mini-jupes et ses talons aiguilles, elle fait sensation dans un monde politique d’hommes en costumes sombres. Rompue aux techniques modernes de communication comme aux bonnes vielles méthodes de la corruption, elle connait une rapide ascension.

En 1999, elle devient ministre de l’énergie du président Léonid Koutchma, qui, assailli de toutes parts notamment pour corruption, finira dans les bras de Moscou après avoir fait des œillades à l’Ouest. Elle est congédiée en 2001 par Koutchma en raison de ses ambitions et de son succès, car elle a réussi à reformer le très stratégique secteur énergétique, selon ses partisans. Et parce que l’on a découvert de graves fraudes, selon ses détracteurs.

Accusée de “contrebande et de falsification de documents” pour avoir importé frauduleusement du gaz russe en 1996, lorsqu’elle était présidente des Systèmes énergétiques unis d’Ukraine, elle est arrêtée et, déjà, emprisonné, 42 jours. Lorsque la fortune politique lui sourira de nouveau, les charges seront abandonnées.

Rejetée par le système, cette femme pourtant originaire de Dnipropetrovsk, une ville russophone et russifié du sud de l’Ukraine, se lance alors à corps perdu dans l’opposition “nationaliste”, avec la même détermination qu’elle a mis à construire son empire gazier. L’oligarque enrichie dans des conditions douteuses, au féroce appétit de pouvoir et d’argent, compense son manque de légitimité populaire par un vibrant populisme.

Avec sa fortune, elle sait aussi acheter des fidélités. Lors de la révolution orange de 2004 qui prive (déjà…) Viktor Ianoukovitch de sa victoire au deuxième tour de la présidentielle, elle est aux avant-postes, enflamme les foules par ses discours radicaux et bien balancé. Elle est belle, charismatique, énergique, bonne oratrice et courageuse. La paysanne glamour s’est mué en “Dame de fer”.

Elle devient “la Timochenka”. Nommée premier ministre après la révolution orange, “l’ingénieur-économiste” mais de type post-soviétique gère le pays de façon assez désastreuse, menant à la large victoire-revanche de Viktor Ianoukovitch en 2010 dans un pays exsangue.

A en croire les télégrammes de l’ambassade américaine à Kiev, révélés par Wikileaks, son bilan se résume alors en ces termes : paralysie politique, gabegie, économie étouffée par la corruption. La guerre intestine pour le pouvoir avec le président Ioutchenko, l’autre “héros” de la révolution orange, paralyse alors toute réforme.

La corruption fait des ravages, le pays s’endette, la production décline. Les partisans des réformes sont écartés. Comme souvent, Ioulia Timochenko joue double jeu: elle est soutenue en sous-main par les oligarques qu’elle qualifie publiquement de “cancer”. Assoiffée de pouvoir, elle veut tout contrôler mais, à en croire le télégramme de l’ambassade US, “manque de compréhension élémentaire des fondamentaux de l’économie.”

Ses compétences sont gravement mises en causes. Son ascension, sa fortune et celle de son parti doivent beaucoup aux sombres manœuvres plus frauduleuses qui sont le quotidien de la transition post-soviétique.

A la présidentielle de 2010, elle échoue loin derrière Viktor Ianoukovitch.

 

On note au passage l’incroyable déchirement du pays, un candidat faisant 90 % à un bout du pays, et 10 % à l’autre !

C’est la vendetta. En 2011, elle est jugé et condamnée à sept ans de prison pour “abus de pouvoir”, pour avoir signé comme premier ministre en 2009 un contrat gazier très avantageux pour la Russie.

Accusé d’être pro-russe et corrompu, Ianoukovitch se venge et neutralise son adversaire en l’accusant d’avoir vendu le pays à Moscou. Certains analystes estiment qu’en fait Ianoukovitch, qui passe, à tort, pour un pro-russe sans nuance, a aussi voulu se venger de la lune de miel entre Ioulia Timochenko et Vladimir Poutine.

Car pour la présidentielle de 2010, le Kremlin aurait en fait soutenu Timochenko contre son poulain naturel Ianoukovitch. Comme souvent chez les politiciens ukrainiens ballotés au gré de la crise entre les brutales pressions russes et les promesses d’Européens velléitaires, tout se joue à front renversé.

La “pro-européenne” Timochenko déclare alors que la Russie est un “partenaire stratégique”, tandis que le “pro-russe” Ianoukovitch se prononce désormais pour une adhésion à l’Union européenne… Sous la pression de la Russie, qui n’a pas hésité à couper le gaz en plein hiver, la dame aux tresses, “pro-occidentale” mais qui a fait fortune avec la Russie, a commencé à balancer vers l’Est pour garder le pouvoir.

C’est d’ailleurs à ce moment là que la première ministre ukrainienne a vu les poursuites et le mandat d’arrêt international lancés à son encontre par les autorités russes pour corruption, classés sans suite. Quand il le faut, le “Dame de fer” ukrainienne sait aussi plier.

Les Occidentaux vont se mobiliser pour la faire sortir de prison, mais elle attendra EuroMaidan. Cependant sa libération ne doit pas faire illusion. Elle reste toujours très contestée. Fort peu d’Ukrainiens voteraient aujourd’hui pour elle”, assure la journaliste Emilia Nazarenko.

Les ennuis de La princesse du gaz, pour reprendre le titre du livre du journaliste allemand Frank Schumann, paru en 2013, ne sont pas pour autant terminés. Un cabinet d’avocats londonien mène actuellement des investigations, notamment en Suisse et aux États-Unis, pour retrouver les centaines de millions de dollars qu’aurait cachés Ioulia Timochenko.


Tymochenko et Thatcher

Je dis ça, je dis rien…

Le 14 décembre 2010, Ioulia Tymochenko est assignée à résidence dans le cadre d’une « enquête pour abus de pouvoir aggravé » et a interdiction de quitter Kiev. Elle est accusée de mauvaise gestion des fonds publics : 2,3 milliards de hryvnias (environ 200 M€), issus de la vente de quotas d’émission de CO2 en 2009, auraient été utilisés pour financer le système de retraites.

Son procès pour abus de pouvoir lors de la signature d’un accord gazier avec la Russie jugé préjudiciable à l’Ukraine s’ouvre le 24 juin 2011. Le 11 octobre, elle est condamnée à sept ans de prison ferme.


 

Dans les jours qui suivent sa condamnation pour abus de pouvoir, quatre nouvelles enquêtes criminelles sont ouvertes contre Ioulia Tymochneko pour des délits financiers. Elle est inculpée pour tentative de détournement de 405 millions de dollars, puis à nouveau le 10 novembre pour dissimulation de revenus en devises à hauteur de plus 165 millions de dollars (soit 121 millions d’euros), détournement de fonds budgétaires, et évasion fiscale à hauteur de 47 millions de hryvnias (soit 4,3 millions d’euros). Les faits allégués concernent les activités de son entreprise de distribution de gaz Systèmes énergétiques unis d’Ukraine (uk) entre 1996 et 1998. Ces enquêtes avaient été ouvertes au début des années 2000 et abandonnées en 2005. Elle est formellement arrêtée dans sa cellule de prison le 8 décembre 2011.

En avril 2012, un procès est ouvert pour détournement de fonds publics et fraude fiscale. Elle encourt douze années de prison et l’obligation de rembourser 19,5 millions de hryvnias. L’accusée n’est pas présente lors de l’audience préliminaire en raison de son état de santé. L’Union européenne et les États-Unis contestent un procès qui est selon eux organisé pour des raisons politiques. Le procès est suspendu le 28 avril, le juge estimant qu’il est impossible de juger Ioulia Tymochenko en son absence. Sa reprise est plusieurs fois reportée en raison de l’hospitalisation de la prévenue.

En raison de l’absence de corps du délit, l’affaire des spéculations financières au sein du groupe Systèmes énergétiques unis d’Ukraine est close le 28 février 2014 par un tribunal de Kiev.

 

 

En juin 2012, le parquet de Kiev annonce que Ioulia Tymochenko va être inculpée pour le meurtre du député Evgueni Chtcherban en 1996, sa femme et deux autres personnes, à l’époque où Lazarenko et Timochenko construisaient un système de monopole de l’importation du gaz. Selon le procureur adjoint Renat Kouzmine, la société de la victime était en concurrence avec les Systèmes énergétiques unis d’Ukraine (uk) que dirigeait la prévenue, et il existe suffisamment de preuves pour l’inculper.  Ces allégations sont soutenues par Ruslan, le fils de M. Shcherban, qui a survécu à l’assassinat de ses parents. Dans une conférence de presse, il a déclaré avoir remis des documents au bureau du procureur général impliquant les deux anciens premiers ministres (Lazarenko et Timochenko) dans les meurtres.

La complicité de Timochenko est aussi envisagée dans deux autres assassinats: l’homme d’affaires Alexander Momot (tué en 1996, quelques mois avant Shcherban) et l’ancien gouverneur de la Banque nationale d’Ukraine, Vadym Hetman (tué en 1998)

Le samedi 22 février 2014, à 12h08, Tourtchinov, le bras droit de Timochenko, est élu président du Parlement ukrainien. Trente minutes plus tard, comme s’il s’agissait de l’affaire la plus urgente à régler dans un pays en pleine insurrection, le parlement vote la libération « immédiate » de Timochenko – mais qui aurait dû être ratifié par le président Viktor Ianoukovytch. À titre de comparaison, ce n’est qu’à 16h19 que ce même parlement votera la destitution de Ianoukovytch

Quelques heures après sa libération, elle refuse de retrouver les fonctions de Premier ministre. Poste qui sera confié à un autre de ses proches Arrseni Iatseniouk…

En 2012, la Ligue Anti-diffamation (ADL), une des principales organisations juives américaines, a dénoncé l’alliance parlementaire signée par Yulia Tymoshenko avec le parti d’extrême-droite Svoboda, bien connu pour ses prises de positions antisémites et antisionistes.

Le président de l’ADL, Abraham H. Foxman, a à l’époque critiqué le cynisme politique de Timochenko, qui en toute connaissance de cause du discours antisémite du Svoboda, a légitimé par cette alliance ce parti d’extrême-droite.

Svoboda, le parti national-socialiste d’Ukraine, fondé en 1991, s’est réinventé une identité en 2004, abandonnant son iconographie nazie dans l’espoir de paraître plus modéré. Toutefois, son discours antisémite et antisioniste reste un pilier majeur de sa politiuqe. Le parti est mené par Oleh Tyahnybok qui affirme régulièrement qu’« une mafia juive moscovite » dirige l’Ukraine.

En 2013, le parti Batkivshchyna (Patrie) de Yulia Timochenko, l’UDAR, le parti du boxeur Vitaly Klitschko et Svoboda se sont associés, entre autre, contre un projet de loi présenté par le Parti des régions (PdR) du président déchu Viktor Ianoukovitch, visant à interdire « les discours haineux et les expressions dégradantes ». Ce projet de loi visait à prohiber des mots très insultants comme « youpin », « sale juif » (zhid en ukrainien) et « Russkof » qui ont la faveur des partisans de Svoboda.

À de nombreuses reprises, Viktor Ianoukovitch a demandé au parti Batkivshchina de Timochenko et à l’UDAR de se dissocier publiquement de Svoboda. En vain.

Eric Hazan – © Le Monde Juif .info

Le leak du 24 mars

Merci à Kikegaard pour la traduction sur son blog, je reprends sa belle introduction :

Dans une conversation fuitée publiée aujourd’hui, Ioulia Timochenko exprime sa rage la plus profonde contre la Russie en des termes qui rendent plus que rassurant son éloignement actuel des instances dirigeantes de l’Ukraine…

La conversation, probablement révélée par les mêmes personnes ayant révélé la teneur des discussions de Victoria Nuland ou de Catherine Ashton, a été authentifiée par l’intéressée elle même dans un tweet dans lequel elle fait “coucou au FSB” (en souriant) et où elle conteste une phrase (j’y reviendrai). La discussion aurait eu lieu le 18 mars, le jour du discours de Vladimir Poutine après la proclamation des résultats du référendum en Crimée. Le dialogue se tient avec le député du Parti des Régions Nestor Shufrych (qui n’a pas fait quitté le groupe parlementaire). Certains ukrainiens risquent de ne pas aimer qu’il se présente comme étant “plus qu’un allié” pour Timochenko…
 

 

Traduction de la conversation :

Nestor Shufrych : “Concernant tout ce dossier criméen, je te le dis, je suis juste sous le choc. Je parlais à une de nos connaissance aujourd’hui, et il était en larmes. J’ai demandé, qu’est ce que nous allons faire maintenant ?

Ioulia Timochenko : Je suis prête à m’emparer d’une mitrailleuse et tirer une balle dans la tête de ses fils de p**** [le terme utilisé est "Katsaps"]

N. S. : Je lui ait parlé hier, si un conflit armé éclatait moi et mon frère ainé, en tant qu’officiers de réserve, nous prendrons nos armes et irons défendre notre pays.

I.T : Cela dépasse vraiment toutes les limites. Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits russes ainsi que leur leader. (N.S. manifeste son accord). Je regrette de ne pas être la actuellement et de n’avoir pas été en charge du processus. Il n’y aurait eu aucune putain de manière pour qu’ils obtiennent la Crimée.

N.S : J’y pensais également en réalité. Si tu avais été là cela ne serait pas arrivé. Mais de toute manière, nous n’avions aucune force potentielle. Tu sais, la chose la plus offensante c’était ça.

I.T : J’aurai trouvé un moyen de tuer ces connards. J’espère que je serai capable de d’impliquer toutes mes relations. Et j’utiliserai tous mes moyens pour faire se soulever le monde entier afin qu’il n’y ait même plus un champ brulé en Russie.

N.S : Bon, je suis plus que ton simple allié ici. Aujourd’hui, nous avons eu une rencontre entre leaders des factions (parlementaires) dans la matinée, après laquelle j’ai parlé à Viktor (probablement Tourchinov). Il a demandé : “Que devrions nous faire maintenant avec les 8 millions de russes qui sont restés en Ukraine ? Ce sont des parias !”

I.T : Ils doivent être détruits avec des armes nucléaires [Cette phrase - et celle là seule est contestée par Timochenko qui y voit un montage]

N.S : Je ne vais pas te contredire ici, parce que ce qui s’est passé est absolument inacceptable. Mais il y a une autre option, certaines de leurs actions violent clairement le droit et nous avons à prendre des mesures à un niveau international.

I.T : Nous allons porter cela devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.

Commentaires :

  •  
    • Ceux qui croyaient voir en Timochenko une personnalité capable de faire se rapprocher les positions russes et ukrainiennes se sont lourdement trompés.
    • Le langage employé, même dans une conversation privée, est particulièrement mal venu au vu des répercussions que la fuite de cette conversation pourra avoir chez les russes, qui seront d’autant plus soudés avec leurs leaders, ou les ukrainiens russophones.
    • Timochenko reconnait avoir tenue cette conversation. Mais elle nie avoir tenu la phrase : “Ils doivent être détruits avec des armes nucléaires” (en parlant des “russes d’Ukraine”, elle prétend avoir dit “Ils sont ukrainiens” (dans ce cas elle leur nierait toute spécificité ethnique ce qui est justement ce que les russophones reprochent aux leaders ukrainiens. Elle ment probablement au vu de la réponse fournie par son interlocuteur – pourquoi répondrait-il ainsi à une telle phrase – et du reste de la conversation. Après avoir affirmé qu’il ne resterait rien de la Russie, exterminer les russes ukrainiens avec des armes nucléaires n’aurait été qu’une injure de plus.

 

  • Mieux vaudrait y réfléchir à deux fois avant de réhabiliter Ioulia Timochenko.
  • Ses réseaux sont probablement assez actifs chez les responsables européens.
  • La référence à la CPI n’est pas isolée, le Parlement a voté une résolution pour que Ianoukovitch soit poursuivi (la portée en serait politique et symbolique). Mais bon, qui attaquer ? Poutine ? Les responsables militaires russes ? et pour quoi ? Pour avoir contribué indirectement à l’organisation d’un référendum en Crimée et avoir reconnu ses résultats après que des autorités locales contestées aient pris le pouvoir dans une période de troubles desquels ils ne résultent actuellement qu’un mort (c’est déjà trop) dans des circonstances non encore claires. Difficile de faire passer cela pour un crime de guerre ou un crime contre l’humanité. Même l’argument de la garantie donnée à l’UE de l’adhésion aux valeurs démocratiques ne tient pas…
  • Ces déclarations sont dans la lignée des déclarations toutes plus extravagantes les unes que les autres auxquelles est coutumières Timochenko ces derniers jours (“La Russie a perdu l’Ukraine pour toujours”, “La Russie veut s’emparer de toute l’Ukraine”, “L’Ukraine doit entrer dans l’OTAN au plus vite” etc…).
  • Timochenko est une politicienne totalement imprévisible… En une semaine, elle est citée comme probable pont entre Poutine et l’Europe et dénoncée comme “marionnette de Poutine” par la leader des Femen (qui n’est pas une source d’information fiable j’en conviens).
  • Timochenko a bien retourné sa veste depuis l’époque où la Russie avait proposé de l’accueuillir lorsqu’elle était emprisonnée ou lorsqu’elle serrait la main de Poutine après la signature des contrats gaziers qui l’ont conduit en prison en 2010 (de manière controversée).
  • L’influence de Timochenko sur diverses factions parlementaires n’est néanmoins plus à prouver. Le Premier Ministre et le Président par intérim sont de son parti (sur le site de son parti sur lequel est toujours mis en avant Timochenko plutôt que Touchinov ou Iatseniouk). Néanmoins sa popularité dans l’opinion stagne toujours…
  • Timochenko a l’air d’avoir tout intérêt à une escalade avec la Russie… Au vu des discours enflammés de certains leaders ukrainiens sur la place Maïdan ou dans les médias (relayés complaisamment pour des raisons géopolitiques par l’OTAN et les États-Unis) elle n’est probablement pas la seule.
  • Quelle incidence du retour de Timochenko à Kiev ?

Le mot de la fin

Laissons la parole à “cette grande européenne”- chacun jugera…

 

 

L’ex-Premier ministre de l’Ukraine, Ioulia Timochenko, estime dans un entretien à la presse allemande que le président russe Vladimir Poutine a voulu dire aux Occidentaux qu’il n’en avait rien à faire d’eux en signant un traité de rattachement de la Crimée à la Russie.

Avec son discours au ton très occidental mardi, il a envoyé le message suivant aux Occidentaux: “Je n’en ai absolument rien à faire de vous”, a-t-elle assuré au quotidien Bild, à paraître mercredi, selon des extraits diffusés mardi soir. La leader pro-occidental, soignée dans un hôpital de Berlin pour des hernies discales, a également dénoncé “la propagande fasciste” du dirigeant russe qui emploie des “méthodes de guerre” pour “détruire le monde”, selon elle. “Plus personne ne peut contester que cet homme a des problèmes psychiques”, a-t-elle ajouté.

Le président russe a signé un traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie après un discours marqué par des élans de patriotisme et un ton très antioccidental. L’ancienne icône de la Révolution orange de 2004 en Ukraine a indirectement comparé ce rattachement à l’”Anschluss”, l’annexion de l’Autriche par Adolf Hitler en 1938. Le monde n’”avait plus entendu de discours comme celui prononcé par Poutine depuis 1938″, selon elle.

“Redessiner les cartes du monde par les guerres, les crimes de masse et le sang sont son ‘Mein Kampf’ à lui”, a-t-elle dénoncé en référence au pamphlet idéologique du dirigeant nazi. Elle a également suggéré que si les Ukrainiens étaient reconnaissants aux pays occidentaux pour leur “soutien moral”, ils avaient espéré plus et continuaient d’espérer plus.


Quelques mots sur l’auteur… Olivier Berruyer

Diplômé de l’Institut de Science Financière et d’Assurances et de l’EM-Lyon, parisien, il est membre du Conseil d’administration de l’Institut des Actuaires, qui représente cette profession de référence en termes de gestion du risque dans la finance et l’assurance.  En tant qu’actuaire, il bénéficie ainsi d’un point de vue privilégié pour analyser le basculement de notre société dans le financiarisme et la gestion à très court terme. Et plus encore leurs conséquences…



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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 15:50

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La visite de François Hollande aux Etats-unis en février marquait, au-delà des échanges d'amabilités, l'affirmation d'une convergence totale de vues sur une politique étrangère impérialiste. Rien de surprenant si on lit des documents secrets publiés par Wikileaks.

 

Rien de top secret dans les deux dépêches publiées par l'ambassade américaine et révélées par Wikileaks, deux rapports à un an d'intervalle – juillet 2005, juin 2006 – dans la foulée du « Non » à la Constitution européenne de 2005, dans la préparation des présidentielles de 2007.

 

L'ambassadeur américain décrit la prestation de François Hollande, le 30 juin 2005, comme impressionnante, son analyse « raisonnée et éclairante ».

 

Qu'a dit François Hollande lors de ces rencontres ? Il évoque ses manœuvres de politicien roué au sein du PS, ses prédictions plutôt justes sur l'issue des primaires puis des présidentielles, le besoin de « changement » et de difficiles « réformes » du pays (déjà!), enfin, surtout, son adhésion pleine et entière à l'intégration européenne, ainsi que sa foi dans l'avenir de la relation atlantique.

 

Sa conception de la politique n'est guidée que par un objectif, le pouvoir, un moyen les manœuvres politiciennes. L'ambassadeur américain raconte comment Hollande tout à coup devient « enjoué » lorsqu'il évoque sa tactique électorale.

 

« Les réformes en France sont difficiles à mettre en oeuvre »

 

Pourtant, Sarkozy estime la bataille serrée pour 2007 et surtout la possibilité de mettre en œuvre les réformes nécessaires : « le vainqueur de 2007 n'aura pas un mandat pour réformer la France », a confié Hollande à l'ambassadeur … ce qui explique que l'homme de pouvoir Hollande ne semble pas affecté plus que cela par sa prédiction que Royal serait la candidate aux présidentielles.

 

Réformes ? Le mot revient dans les deux rencontres affublé des termes « difficiles », « nécessaires ». Selon Hollande, au vu de la division de la France en 2007 sur la question (dans la France post-Non de 2005), c'est trop tôt.

 

Ainsi, en 2005, Hollande dénonce le fait que « les réformes en France sont difficiles à mettre en œuvre, car elles sont imposées par le parti majoritaire et ne sont pas l'objet d'un compromis entre les partenaires – un système qu'il a caractérisé comme inefficace ».

 

Vive le dialogue social, l'union sacrée, on connaît …

 

En 2006, Hollande, à l'approche des présidentielles, se disait inquiet que les « réformes ne soient introduites que très lentement, si ce n'est pas du tout » dans le mandat 2007-2012.

 

Sur le contenu de ces réformes, Hollande reste évasif pour la plus grande frustration de l'ambassadeur américain qui confie qu'il n'est pas sûr qu'Hollande « soit l'homme du changement » qu'il prétend être, notant qu'Hollande fait systématiquement référence au gouvernement Jospin.

 

A noter qu'en 2006, Hollande est présent à l'Ambassade avec un autre habitué visiblement, un certain Pierre Moscovici.

 

« Chirac parle de modèle social français, moi je parle de modèle social européen : ce modèle social français, personne n'en veut »

 

Un sujet sur lequel Hollande n'est pas évasif, c'est l'intégration européenne, vue par Hollande comme la seule voie pour l'avenir de la France.

 

Ainsi, sur le « Non » à la Constitution européenne, Hollande évoque un « déficit dans l'explication du traité » (vieille rengaine), le repli nationaliste, la peur de la mondialisation, et donc la nécessité de « relancer la construction européenne ».

 

Pour lui, il ne faut pas proposer un nouveau référendum sur la Constitution, on ne peut pas non plus la faire passer au Parlement (or, c'est ce qu'a fait Sarkozy avec le soutien des députés socialistes  !).

 

Moscovici garantit à l'ambassadeur qu'un gouvernement socialiste serait « plus pro-européen que ceux de Chirac ou Villepin ».

 

Hollande rajoute que lui, contrairement à Chirac ne parle pas de « modèle social français » mais de « modèle social européen ». En effet, selon le dirigeant socialiste d'alors, « ce modèle social français, personne n'en veut ailleurs » (sic).

 

« Avec les Etats-unis, les divergences doivent devenir l'exception » (Moscovici)

 

Et quelle politique étrangère pour la France ?

 

D'abord, Hollande ancre sa future politique dans l'Europe bien sûr, mais surtout en Afrique  : « la France a une responsabilité unique sur ce continent ». On l'a vu depuis, même si l'ambassadeur américain souligne que Hollande voit dans l'UE la « panacée » à tous les problèmes.

 

Sur l'Asie, Hollande souligne le malaise au sein du peuple français : « on peut pas dire aux travailleurs de plus travailler » (ce qu'il fait maintenant!), donc il faut des protections … mais surtout pas du protectionnisme, « juste que tout le monde joue les mêmes règles », donc le protectionnisme hypocrites à coups de normes sociales, environnementales, classique.

 

Enfin, sur la relation franco-américaine, le couple Hollande-Moscovici a de quoi séduire l'ambassadeur qui note que « on entend avec lui un ton singulièrement différent », évoquant l'intervention américaine en Irak.

 

Hollande critique alors Chirac, en 2006, sur son bras de fer avec les Etats-unis, comme un an auparavant, en 2005 il avait qualifié sa future politique étrangère de « ni Blair, ni Chirac », pas de soutien acritique, mais surtout pas d'obstruction gratuite à la politique américaine.

 

En 2006, on est plus proche de Blair que de Chirac en effet, Hollande affirmant la nécessité d'une «  politique étrangère ancrée plus fermement dans des valeurs universelles, tel le soutien à la démocratie, que dans une approche personnaliste comme celle de Chirac ».

 

Cela veut dire soutien aux interventions impérialistes américaines futures, avec sa propre politique.

 

Moscovici conclut par la nécessité de ne jamais aller au conflit avec les Etats-unis : « quand il y a des divergences, il faut ouvrir un dialogue, les différences doivent être l'exception, non la règle ».

 

Le commentaire fait par l'Ambassade révèle qu'ils ont été alors séduits par la prestation de François Hollande, bien que dubitatif sur sa capacité à incarner le changement en 2007. Sept ans après, le programme tracé par Hollande, évoqué plutôt à l'ambassade américaine que devant le peuple, est appliqué avec zèle.

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 18:18
( le Quotidien du Peuple en ligne )
17.03.2014 à 17h16

La situation politique en Ukraine est bien différente de la désintégration de l'Union Soviétique : l'indépendance de l'Ukraine ne s'est pas contentée de donner naissance au troisième arsenal nucléaire du monde et de s'arrêter là ; bien au contraire, ces dernières années, l'Ukraine est devenue le dernier champ de bataille de la guerre froide, et pourrait même conduire au déclenchement d'une seconde guerre froide. Alors que l'Ukraine se tourne vers l'Occident, la région de Crimée a organisé un référendum sur son rattachement a la Russie. Ce petit jeu de balancier géopolitique entre la Russie et l'Occident est entré dans sa phase finale, et il peut nous apprendre beaucoup.

1er enseignement : les lignes de fracture politiques peuvent facilement conduire à une tragédie politique entre grandes puissances

En tant que deuxième plus grand pays d'Europe, pourquoi l'Ukraine est-elle un « dilemme »? Tout comme c'est à la jonction des plaques tectoniques que se déclenchent souvent des tremblements de terre, à la jonction de plaques intercontinentales se trouvent aussi des lignes de fractures de civilisation, qui conduisent souvent aussi à des tremblements de terre politiques. L'Ukraine, malheureusement, est située à la jonction des civilisations catholique et orthodoxe : la plupart des habitants des régions Ouest de l'Ukraine sont catholiques, alors que la plupart des habitants des régions de l'Est sont orthodoxes russes. La crise économique a déclenché un choc des civilisations, conduisant le pays au bord de la faillite et de la scission, offrant aux grandes puissances des opportunités d'intervention, et finalement conduisant sa propre tragédie à provoquer une tragédie politique entre grandes puissances.

2e enseignement : la crise politique découle de la crise économique, et une forte dépendance de l'économie envers l'extérieur est dangereuse pour la sécurité nationale

Ces dernières années, les efforts de l'Occident pour faire changer le régime politique dans certains pays ont souvent réussi, et ont eu tendance à se propager. Cette fois, pour éviter d'irriter la Russie, l'Occident n'a pas recouru à des slogans comme le « printemps ukrainien » ou la « révolution orange » ou autres, mais sur le fond il n'y a pas de différences. Les difficultés économiques internes de l'Ukraine, découlant d'un défaut de la dette et de la faillite, ont offert des opportunités de manipulations extérieures. L'Occident s'est appuyé sur la volonté de l'Ukraine de ne pas dépendre excessivement de la Russie pour encourager un changement de situation dans le pays.

3e enseignement : la lecture erronée de l'histoire par l'Occident est un facteur déclenchant de troubles

La désintégration de l'Union Soviétique, qui marqua la fin de la guerre froide, a plongé l'Occident dans l'ivresse de la victoire, poussant les États-Unis à conclure à la « fin de l'histoire », ce qui a d'abord fait prospérer, pour un temps, les théories néo-impérialiste et néo-conservatrice, mais fini par conduire les États-Unis à s'embourber de manière inextricable pendant dix ans en Afghanistan et en Irak. De son côté, l'UE a également procédé à une expansion massive, absorbant 10 pays rien qu'en 2004, jusqu'à en faire une indigestion. C'est de ces mauvaises interprétations de la fin de la guerre froide que sont nés les troubles. Vouloir donner un caractère inévitable à la nature hasardeuse de l'histoire conduit souvent à des prophéties auto-réalisatrices.

4e enseignement : les doubles standards de l'Occident reflètent à nouveau leur hypocrisie

Les Etats-Unis et l'Europe ont autrefois apporté leur soutien à un référendum au Kosovo, mais aujourd'hui ils s'opposent au référendum en Crimée ; naguère, ils prétendaient que les droits de l'homme étaient au-dessus de la souveraineté, mais aujourd'hui, ils disent que la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine sont indivisibles. Les doubles critères des Etats-Unis et de l'Europe ont de quoi dérouter les gens : la raison en est bien sûr que les Etats-Unis et l'Europe décident des valeurs en fonction de leurs propres intérêts : à leur avis, l'indépendance du Kosovo arrachée à la dictature Serbe est légitime, mais l'indépendance de la Crimée de l'Ukraine démocratique est illégale ; dans leur esprit, il semble que la Russie n'est pas un État-nation qui s'est formé naturellement, et qu'il veuille à présent absorber la Crimée est également une violation des idées occidentales. A la veille de l'effondrement de l'Union Soviétique, l'Occident avait à promis Eltsine : pas d'élargissement de l'OTAN, et la Mer Baltique ne rejoindra pas l'UE. Or, quelle est la situation aujourd'hui ? Comment la Russie peut-elle faire confiance à l'Occident ?

La situation en Ukraine est toujours confrontée à de grandes incertitudes. Le 16 mars, un référendum s'est tenu en Crimée, mais le G7, les Etats-Unis et l'Europe ont clairement dit qu'ils ne reconnaîtront pas les résultats du référendum. On ne sait pas encore si l'Occident, face à des résultats du référendum en faveur de la Russie, acceptera ou non ce fait. La politique ukrainienne va constituer un gros problème pour de nombreuses grandes puissances, et comment elles y feront face sera pour ces pays un test de leur sagesse politique.

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 18:12
Ukraine : un couple israélien sauvé de justesse d’un lynchage


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Un couple israélien séjournant à Kiev, en Ukraine, a été sauvé vendredi de justesse d’un lynchage, juste avant l’entrée du Chabath, rapporte le site Virtual Jerusalem.


Zalman Hetzklovich et son épouse se promenaient prés de la Place de l’indépendance de Kiev, dans le centre de la ville, lorsque huit ukrainiens portant des uniformes et tenant des bâtons ont surgi d’une camionnette et les ont pris à partie.

“J’ai compris que si nous ne courions pas, à ce moment-là, nous étions morts”, a indiqué Hetzklovich. “J’ai arrêté un taxi et demandé au chauffeur de nous sortir de là. Les attaquants ont entouré la voiture et ont exigé que le chauffeur s’arrête”, a-t-il ajouté.

“Le chauffeur a foncé et renversé les agresseurs qui ont réussi à endommager un côté de la voiture. Ils ont alors rejoint leur camionnette et se sont lancés à notre poursuite. Le chauffeur a réussi à les semer”, a poursuivi Hetzklovich.

Le couple israélien s’est immédiatement refugié dans une synagogue, réalisant qu’il avait miraculeusement réussi à s’échapper. “Nous avons acheté le soir même nos billets retours pour Israël”, a indiqué le couple.

Jeudi, un rabbin, adjoint au chef des services d’urgence ukrainien de ZAKA, a été violemment agressé et traité de “sale Juif”. Les agresseurs l’ont roué de coups et poignardé à la jambe.

Malgré plusieurs agressions antisémites contre des personnes, des synagogues ou cimetières, les dirigeants de la communauté juive ukrainienne dénoncent une propagande politique autour de l’antisémitisme orchestré selon eux par le président russe Vladimir Poutine.

Interrogé mardi par nos confrères de Radio France Inter sur la situation en Ukraine, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rejeté les accusations portées contre le parti antisémite Svoboda (Liberté), qualifié d’extrême droite, représenté dans le nouveau gouvernement ukrainien.

“Quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême droite, c’est faux”, a affirmé M. Fabius. “Il y a trois membres du parti Svoboda qui est un parti plus à droite que les autres, mais l’extrême droite n’est pas au sein du gouvernement”, a-t-il ajouté.

Ces propos ont irrité la diplomatie russe qui accuse M. Fabius d’indulgence à l’égard du parti Svoboda.

“Il est connu que l’activité de ce parti a un caractère ouvertement nationaliste. De plus, il soutient des points de vue racistes, antisémites et xénophobes”, a déclaré jeudi le ministère russe à ce propos. “Il est incompréhensible de voir avec quelle facilité certains de nos partenaires en Occident adaptent leurs positions pour tirer des avantages géopolitiques immédiats”, a-t-il ajouté.

“Nous considérons comme dangereuse une telle érosion de la ligne de principe consistant à condamner toute manifestation de nationalisme, de xénophobie et d’antisémitisme”, a-t-il encore écrit.

Dans une interview accordée jeudi à La Voix de la Russie, Viatcheslav Kantor, président du Congrès juif européen (CJE), accuse également le nouveau gouvernement ukrainien de fermer les yeux sur la dangerosité du parti Svoboda.

“Au plus fort des Jeux olympiques de Sotchi, des forces d’extrême droite, totalement nationalistes, je dirais même néonazies, ont fait leur apparition sur le Maïdan. C’est une minorité, peut-être deux mille individus dans toute l’Ukraine. Mais les militants sont armés, très agressifs et le pouvoir en place les laisse faire sous nos yeux. Cet exemple de comportement des autorités et des extrémistes est représentatif de l’Europe dans son ensemble. C’est inadmissible pour n’importe quel pays, qu’il veuille intégrer l’UE ou non. “, a-t-il déclaré.

Mardi, le président du Front de Gauche, Jean-Luc Melenchon, a fustigé les chancelleries occidentales de “nier la réalité de ce qui est en train d’avoir lieu en Ukraine”.

“La preuve ? Il y a bel et bien au gouvernement quatre ministres néo-nazis et non des moindres : le vice-Premier ministre, le ministre de la Défense et de la Sécurité nationale, celui des Ressources naturelles et de l’énergie et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. A quoi l’on peut rajouter le nouveau Procureur général du pays et le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense, lui-même fondateur de Svoboda dont le discours antisémite reste un fondement non masqué de sa culture politique”, a-t-il écrit sur son site internet.

“Cette façon de nier la réalité de ce qui est en train d’avoir lieu en Ukraine crée des zones d’ombres dont les conséquences pourraient devenir terribles “, a-t-il ajouté.

“En 2012, la Ligue Anti-diffamation (ADL), une des principales organisations juives américaines, a dénoncé l’alliance parlementaire signée par Yulia Tymoshenko avec le parti d’extrême-droite Svoboda. Oubliée ! “, a dénoncé M. Melenchon, s’appuyant sur l’article du Monde Juif .info “Ukraine : les liens antisémites et antisionistes de Yulia Timochenko”.

À ce jour, le Conseil représentatif des institutions juives de France ne s’est toujours pas exprimé sur les propos du ministre des Affaires étrangères, M. Fabius.


Eric Hazan – © Le Monde Juif .info

© Photo : DR

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 14:18
Lu sur Montpellier journal.  Prémonitoire ?
Le Jeudi 27 mai 2010 à 17:03
« Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale »
 

Annie Lacroix-Riz est professeur d’histoire contemporaine. Elle était à Montpellier le 18 mai. L’occasion d’évoquer le rôle des élites économiques françaises dans la défaite de 1940. Et de faire le lien entre la crise des années 30 et celle d’aujourd’hui. Pour elle, celle-ci « est bien plus grave que les crises précédentes ».


Annie Lacroix-Riz à Montpellier le 18 mai 2010 (photo : Mj)

Elle a quelques pages de notes dactylographiées devant elle. Mais elle ne les regarde pratiquement pas. Annie Lacroix-Riz était à Montpellier le 18 mai pour une conférence organisée par les Amis du Monde diplomatique qui dura près de 3h. Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII, elle s’est notamment intéressée, dans ses travaux, à la CGT, aux relations franco-américaines après la Libération, au Vatican et plus récemment au rôle des élites françaises avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Elle affirme : « Vous ne pouvez pas faire de la bonne histoire si vous ne faites pas, en tendance, toujours de l’histoire sociale et économique. Parce que tout s’explique par l’histoire sociale et économique. » 


« Le haut patronat a sacrifié les Français »

La semaine passée, elle a évoqué le sujet d’un de ses livres, Le choix de la défaite (1), où elle soutient qu’en 1940, « les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich ». Plus précisément elle décrit une organisation française réunissant banquiers et industriels : la Synarchie. Composée de 12 hommes, cette « organisation secrète » était centrée, selon Annie Lacroix-Riz, autour de trois groupes : La banque Worms, la banque Lehideux et la banque d’Indochine. Elle aurait refait surface en 1922 après s’être appelée « mouvement synarchique d’empire ». Ces milieux très présents « dans tous les gouvernements de Vichy en particulier aux postes économiques [...] avaient décidé que les structures politiques étaient détestables parce qu’elles ne pouvaient pas réaliser les meilleures conditions de rétablissement du profit. On était avant la crise mais dans une période tout de même très tourmentée. »

L’historienne explique aussi sa méthode de travail consistant à aller chercher ses informations dans les sources (policières notamment). Et de fustiger certains de ses collègues historiens (2) qui ont « jeté certains interdits sur à peu près toutes les sources. Et d’autres – ou les mêmes d’ailleurs – précisent et détestent encore plus certaines sources que d’autres. Par exemple, on dit volontiers que les sources de police sont des sources médiocres. » Et de citer comme exemple le travail de l’historien Jean-Noël Jeanneney sur François de Wendell qui aurait attribué plus de crédit aux propos du président du Comité des forges qu’aux archives de police concernant le contrôle par l’industriel du journal Le Temps.


« Le grand capital domine la société du bas jusqu’en haut »

Mais que permettent les sources ? « Elles permettent de voir que le grand capital domine la société du bas jusqu’en haut, affirme Annie Lacroix-Riz [...] Ces milieux jouent un rôle considérable dans le domaine économique mais aussi politique, dans le domaine de la presse, de  la culture. Bref, ils contrôlent à peu près tout et l’État est leur émanation. Évidemment tout ceci, que démontrent les sources, est difficile à traiter ces 25 dernières années où on avait cessé de faire de l’histoire économique et sociale. [...] Les gens ne se posent plus la question de savoir qui dirige quoi dans la société puisque c’est plutôt indécent. »

L’historienne détaille comment les « milieux économiques faisaient les gouvernements. [...] Tous les chefs de gouvernements pressentis, y compris celui de Blum et d’Herriot, venaient se présenter avec leurs ministres des finances pressentis, devant le gouvernement de la Banque de France [privée à l'époque] auquel ils promettaient, pour obtenir les avances de la Banque de France, d’être très sages et de pratiquer une austérité financière. »


« Une voie d’accord à tout prix avec le Reich »

Annie Lacroix-Riz explique comment « à partir de 1930-31 le grand capital français s’engage dans une voie d’accord à tout prix avec le Reich. Cette voie se dégage vraiment dans une conjoncture qui est exactement celle d’aujourd’hui sauf que celle-ci est encore plus grave que celle de 1931. La crise de 29 devient une crise systémique entre mars et l’été 1931 quand l’endettement de l’Allemagne menace presque de chaos technique [le capitalisme]. Ils l’ont même pensé à un moment : la survie du capitalisme. »

L’historienne détaille aussi le contrôle des partis politiques classiques et d’extrême droite (La Cagoule), de la presse (« je sais que les journalistes ont horreur qu’on raconte ça »), les « syndicalistes raisonnables de la CGT » (« ils lui ont donné les moyens de résister à la radicalisation populaire »). Avant de conclure : « On se retrouve aujourd’hui avec une connaissance des phénomènes très inférieure à ce qu’elle était en 1944-45 parce que, pendant l’occupation, les milieux résistants avaient obtenu et diffusé des informations. Ce qui vous explique qu’aujourd’hui, des gens de 80 ans sont très peu surpris quand on leur dit que la France a été victime de haute trahison. Alors que, si on dit ça à un étudiant de 20 ans, au début, on lui provoque des réactions de malaise et même d’indignation. Voilà pourquoi, les circonstances étant ce qu’elles sont, il est indispensable de faire de l’histoire, de faire le maximum pour que l’enseignement de l’histoire, si compromis aujourd’hui, puisse se diffuser, même dans la période où il est compromis, par les divers canaux : la discussion, la discussion Internet, etc. » Puis viennent les questions de la salle dont trois faisaient le lien avec la situation actuelle.


Vous avez dit : « La crise financière et économique aujourd’hui me paraît plus grave que celle des années 30. » Vous pourriez expliquer ?
ALC : L’endettement de l’Allemagne en 1931 était absolument ridicule par rapport au niveau d’endettement des États-unis [aujourd'hui]. C’est incommensurable. Il y avait une spéculation gigantesque qui a abouti, en 29, à ce qu’on sait. Mais le rapport entre la production matérielle et l’investissement spéculatif n’est pas du même ordre de grandeur en 1931 et aujourd’hui. Le niveau de suraccumulation du capital de la crise de 1929 était très supérieur à celui de la crise de 1873 qui, comme la nôtre d’ailleurs, a duré plusieurs décennies. Parce que la guerre de 14, c’est la crise de 73. [...]

Pour comprendre ce qui se passe, il faut lire Le Capital c’est-à-dire qu’il faut savoir ce que c’est que la composition organique du capital, la baisse tendancielle du taux de profit,… [...] Quand j’étais étudiante, il ne serait pas venu à l’idée d’esquiver les analyses de Marx y compris chez les historiens économistes de droite. Si on ne voit pas ce qui, dans le fonctionnement du capitalisme, mène à la baisse inéluctable du taux de profit – pas du taux d’exploitation, du taux de profit – et par conséquent met en danger la survie du capitalisme, on ne comprend rien. C’est précisément parce qu’on est incapable, aujourd’hui, d’analyser la baisse du taux de profit, qu’on ne voit pas que cette furie de spéculation s’explique par les phénomènes fondamentaux de la baisse du taux de profit. Mais ça va durer jusqu’à quand ? Ça ne peut durer qu’un certain temps.

« Il faut relire Marx »

On est, aujourd’hui, dans l’incapacité, parce qu’on n’a plus les instruments intellectuels, de formuler la fin logique du capitalisme. Exactement, comme à un moment, le système féodal s’est verrouillé et n’a plus pu fonctionner. [...] Mais ça, on n’est même pas capable de le conceptualiser parce qu’on vient de subir 30 ans de lavage de cerveaux qui nous a, de plus, littéralement empêché de comprendre le réel, en particulier par le sacrifice de l’analyse économique et sociale. Il faut relire Marx. Je ne dis pas qu’on puisse se précipiter tout de suite sur Le Capital mais enfin, s’il y en a qui ont un peu de temps, qu’ils en profitent. Et pour ceux qui n’ont pas de temps immédiat, qu’ils commencent par lire Salaire prix et profit ou Travail salarié et capital. Ils vont comprendre les mécanismes sur la composition organique du capital qui leur permettront d’appréhender le fait que cette crise est gravissime et qu’elle est bien plus grave que les crises précédentes.

 

Les dettes grecques et espagnoles ?
« Une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine et britannique ! »

[La crise de 31] a été déclenchée par les conséquences de la gravité de l’endettement allemand, de la crise en Allemagne puisqu’il y a eu des faillites retentissantes en particulier des faillites bancaires et la faillite d’un très gros groupe. [...] Comme la banque d’Angleterre était terriblement engagée en Allemagne, il y a eu des conséquences immédiates sur la banque d’Angleterre, sur la Livre et il y a eu une tornade… Il y a des phénomènes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau, en moins grave, à ce qui se passe en ce moment. Il n’était pas possible que la crise de 31 n’arrive pas. On amuse le tapis avec la dette grecque, espagnole, la ceci, la cela,… mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine et britannique ! Enfin bref, le système est mal. Nous aussi mais le système est mal.

 

« Qu’on vienne m’expliquer que le capitalisme
n’a pas besoin de guerre actuellement »

Quelle issue voyez-vous à la crise ? Va-t-on droit vers une guerre ? Vers une guerre civile ? Vers un clash du capitalisme ?
ALC : Je ne suis qu’historienne et pas Cassandre. Il y a forcément une alternative. On a eu deux exemples qui peuvent se reproduire. Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale. Le capitalisme ne peut pas, dans la situation de crise où il est, esquiver une guerre générale. Mais, après tout, il peut y avoir une issue autre. Ça ne s’est jamais produit mais finalement ce n’est pas intellectuellement, formellement, politiquement impossible. On peut imaginer que dans un pays impérialiste – c’est là que ça serait le plus efficace mais même dans un petit pays, ce serait pas mal – ceux d’en bas, ne supportant plus du tout ceux d’en haut, se mettent très très très très très en colère, empêchent ceux d’en haut de prendre des mesures contre eux, les neutralisent.

S’il y avait une révolution dans un pays impérialiste important, il est clair que l’impérialisme ne pourrait pas déclencher une guerre générale. Je dois dire qu’en dehors de cette hypothèse, vraiment purement hypothétique parce qu’à l’époque de l’impérialisme, ça ne s’est jamais réalisé… Mais après tout, on n’en sait rien : on a une crise qui dure depuis 40 ans, des populations excédées,… Sinon, qu’on vienne m’expliquer que le capitalisme n’a pas besoin de guerre actuellement. [...] Ça ne suffira pas de faire la guerre à l’Iran. Il leur faut une bonne guerre générale mais qui risque, évidemment, d’être infiniment plus meurtrière que les précédentes. Il n’y a qu’à voir déjà le rapport entre la première et la deuxième. Plus les populations se bougent, plus on a des chances de survie dans des bonnes conditions. Je ne vois vraiment pas d’autres possibilités

« 1917 les a rendus fous »

Le Front populaire et la révolution russe sont-ils des exemples où les moyens de contrôle des milieux financiers n’ont pas bien fonctionné ?
ALC : Le seul ébranlement qui les ait vraiment touchés au coeur, c’est 17. Ça les a rendus fous. Et pourquoi ça les a rendus fous ? Pour les mêmes raisons que ça a rendu fous les aristocrates. C’était un exemple épouvantable. Évidemment vous imaginez, si le système féodal était mis en danger partout… Mais là, c’est que c’était encore plus grave que ça. Non seulement c’était un exemple absolument détestable que de se soustraire à la libre circulation des capitaux mais en plus, ils possédaient leurs usines. [...] [1936] est un mouvement social qui ébranle le patronat – il l’ébranle, personne ne niera l’importance de 1936 ; c’est bien simple le socle qui est en train d’être détruit c’est là qu’il s’est construit, finalement en 15 jours -  Donc vous imaginez, alors que là c’est quand même un ébranlement léger dont ils ne se remettent jamais parce que vraiment ça les contrarie, même quand ils ont fini par en venir à bout, mais 1917 ! C’est-à-dire la suppression de la propriété privée sur la plus grande partie relative des terres émergées. [...]

Quand arrive les révolutions ? [...] On ne peut pas savoir quand elles vont se déclencher. On peut simplement dire qu’on est dans une période historique où ça risque de se déclencher. Mais on y est depuis la première grande crise de l’impérialisme qui a débouché sur la première guerre mondiale. Parce que la question de la destruction du capitalisme a été posée là. Et la crise de la féodalité a duré 300 ans. Eh bien, un beau jour, il y a un peuple qui s’est fâché plus que les autres. Quand des peuples vont-ils se fâcher plus que les autres ? Il est permis de penser, vu la gravité de la crise, qu’en effet, on est entré dans une nouvelle période de guerre et de révolution. Et peut-être, ce serait inédit, de révolution et pas de guerre.

 

Photo : Annie Lacroix-Riz à Montpellier le 18 mai 2010 (Mj)

___________
(1) Le choix de la défaite – Les élites françaises dans les années 30, Armand Colin, 2006, 671 pages, 38 €. Soulignons que le livre compte environ 3400 notes de renvoi et de référence sur 565 pages de texte.
(2) Lire : Histoire contemporaine sous influence, Annie Lacroix-Riz, Le temps des cerises, 120 pages, 11 €

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 07:56

 

Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine.

 

Le 7 mars 2014, la nouvelle présidente du Chili Michelle Bachelet a été on ne peut plus claire :  nous n’appuierons jamais un mouvement qui refuse le résultat des élections et cherche à renverser par la violence un gouvernement élu librement et démocratiquement”. La présidente argentine Cristina Fernandez rappelait le 1er mars qu’”indépendamment des idées, nous devons défendre la démocratie et condamner la tentative de coup d’État contre la République Bolivarienne”.

 

C’est un fait : alors que la plupart des présidents et des mouvements sociaux d’Amérique Latine rejettent l’insurrection de l’extrême droite au Venezuela, les journalistes occidentaux sont passés en quarante ans de la dénonciation du coup d’État contre Salvador Allende à la justification – active ou conformiste – du plan qui visait à renverser un gouvernement qui a "organisé 19 scrutins en 14 ans" (Dilma Roussef, 24/2/2014). Serait-ce parce que l’irruption du suffrage universel dans les sociétés latino-américaines porte au pouvoir des politiques qui s’émancipent du dogme du libre marché ? Est-ce l’inculture historique ou le formatage qui règnent dans les écoles de journalisme ? Quarante ans de concentration privée des médias et d’involution idéologique font que la majorité des journalistes occidentaux sont devenus capables d’oublier les décisions des électeurs (validées par les observateurs internationaux), de transformer des paramilitaires ou des militants d’extrême droite en “combattants de la liberté”, et de faire d’un État qui ose défendre les institutions démocratiques un “État répressif”.


Au Venezuela, les membres d’ONGs indépendantes des droits humains dénoncent les mensonges quotidiens des médias internationaux qui reproduisent la version de la droite, de ses médias privés et de ce fait encouragent la poursuite des violences (1). Nicolas Maduro (dont l’image a été travaillée dès son élection pour en faire, comme on l’a fait de Hugo Chavez, un personnage autoritaire, populiste, futur dictateur, etc..) est comme vient de le le rappeller le président Correa “un humaniste, qui ne réprimerait jamais son peuple”. La quinzaine de policiers qui ont désobéi aux ordres de ne pas user d’armes à feu ont été aussitôt arrêtés. Cette mesure est significative d’une volonté politique de mettre fin à l’impunité au Venezuela.


images Le hasard des dates a fait qu’au moment où des groupuscules paramilitaires déclenchaient les premières violences à la frontière avec la Colombie (2), le gouvernement Maduro faisait ce qu’aucun de ses prédécésseurs n’avait voulu faire : rendre justice et indemniser 112 familles des victimes du “Caracazo”, massacre de deux à trois mille personnes par l’armée, ordonné par le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez pour écraser la rébellion populaire anti-FMI du 27 février 1989. Les militaires vénézuéliens, à l’époque, étaient formés aux États-Unis par la School of Americas, pourvoyeuse de bourreaux à tout le Cône Sud.


27 février 2014, Caracas. Le gouvernement indemnise 112 familles de victimes du "Caracazo" de 1989.

 

Ce massacre de deux à trois mille personnes par l’armée fut ordonné par le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez pour écraser la rébellion populaire anti-FMI du 27 février 1989.

Le massacre de deux à trois mille personnes par l’armée fut ordonné par le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez pour écraser la rébellion populaire anti-FMI du 27 février 1989.

 

Cette triste époque prit fin avec la décision de Chavez de rompre les accords avec le Pentagone et d’humaniser l’armée, notamment en l’impliquant dans les missions sociales. Il reste cependant des nostalgiques de cette nuit de terreur et d’apartheid social, notamment parmi les étudiants des quartiers riches qui jouent aujourd’hui pour les caméras leur “révolution” sans peuple (3). En assassinant sélectivement des militaires et des policiers, l’extrême droite paramilitarisée de Leopoldo Lopez et de Maria Corina Machado recycle une technique conseillée par la CIA pour déstabiliser Salvador Allende en 1973. Le gouvernement bolivarien a évité de tomber dans la provocation et le président Maduro a multiplié les initiatives de dialogue, allant jusqu’à proposer, le 15 mars, aux dirigeants de la droite universitaire une rencontre retransmise en direct à la télévision pour “dire tout ce qu’ils veulent dire”.

La tentative de coup d’État a échoué mais il est clair que toute mesure prise par le gouvernement pour défendre les institutions démocratiques sera aussitôt transformée par le Département d’État ou par les médias internationaux en “durcissement-de-la- répression-au-Venezuela”.

Au Salvador, à peine connue la victoire du candidat de gauche Sanchez Cerén aux présidentielles du 9 mars, l’extrême droite a réagi comme au Venezuela, manifestant violemment et appelant les militaires à rejeter la décision des électeurs. L’Amérique Latine est aujourd’hui assez forte et solidaire pour faire échec à ces putschismes médiatiques et pour défendre son droit à élire qui elle veut quand elle veut (4). En revanche la régression journalistique et la sédimentation en vérité de quinze ans de désinformation a de quoi rendre inquiet sur l’avenir de la démocratie occidentale.

Thierry Deronne, Caracas, 16 mars 2014.

—————-

 

Un peu d’Histoire…

Avant la révolution bolivarienne, sous la “4ème république” social-démocrate-social-chrétienne, le Venezuela passait pour une charmante démocratie bleu caraïbe exportatrice de voluptueuses Miss Univers et de pétrole bon marché. Ce n‘est que depuis peu que la justice vénézuélienne s’efforce, comme au Chili ou en Argentine, de retrouver les corps de centaines d’étudiants et de militants torturés, assassinés, disparus. C’est cette mémoire que font revivre deux témoins directs, Elias Jaua, ex-dirigeant de mouvement étudiant et actuel chancelier, et l’écrivain et journaliste José Roberto Duque :


Les seins de ma mère, par José Roberto Duque

José Roberto Duque“Chaque fois que je veux faire comprendre aux jeunes gens ce qu’était la terrifiante « liberté » au temps de ce que l’on appelle  la 4ème République, je leur raconte comment se passait le recrutement. Le recrutement, cette sorte de kidnapping qu’un certain « tyran militaire » du nom de Chavez a supprimé et interdit pour toujours, dans ce qui fut sa première action au gouvernement, en 1999.


recluta2.jpgUne fois par an, pendant une période, je ne me souviens plus de quels mois il s’agissait, les jeunes gens de 18 à 28 ans, nous devions marcher dans la rue en regardant partout, inquiets, redoutant l’apparition d’un agent de police, garde national ou soldat dont la mission était de nous kidnapper et de nous emmener accomplir le service militaire obligatoire. C’est ainsi que l’on appelait le fait d’aller perdre un an et demi de ta vie dans une caserne, presque toujours à la campagne ou dans une ville éloignée de l’endroit où tu habitais.

Pour les plus âgés et pour ceux qui avaient déjà fait leur service, cette chose était plutôt une fête. Voir un jeune se mettre à courir, vert de peur, ou tenter de se cacher, cela les faisait se tordre de rire et il y avait des salauds qui, lorsque les kidnappeurs en uniforme apparaissaient, s’amusaient à dénoncer les jeunes gens qui se cachaient dans les commerces. Ils en ont pris plus d’un de cette façon, derrière le comptoir d’une cordonnerie, après qu’un sympathique crétin ait informé le flic qu’il y en avait un qui se cachait là. On payait ces fonctionnaires 15 bolivars par jeune capturé.

Après avoir souvent échappé à l’autorité, un jour, je me suis fait avoir dans un minibus. Aussi simple que cela : des hommes en uniforme sont montés à l’angle de Carmelitas et, à tous les hommes, ils nous ont demandé nos papiers. J’ai montré les miens et c’est tout ; ils m’ont demandé de monter dans le panier à salades de la Police Militaire pleins de gamins de mon âge, et en plus j’ai dû payer mon parcours à ce fils de pute du minibus.

En arrivant au fort Tiuna, une file de soldats nous a reçus avec des sifflets et des insultes. Comme le métro venait juste d’être inauguré, à chaque instant les gens inventaient des plaisanteries avec les noms des stations ; quelques-uns criaient en imitant la voix des locuteurs qui parlaient dans les haut-parleurs. Station Lapin blanc. Tout le monde descend !(Lapin blanc, c’est ainsi que l’on appelait dans le temps le secteur où est construit le fort Tiuna). Les grandes angoisses de ceux qui, comme moi, ne voulaient pas faire ce maudit service, étaient indescriptibles, mais il faut en mentionner une : à cette époque, les téléphones portables n’existaient pas ; on n’arrêtait pas de penser à notre famille, à comment communiquer avec elle ou à comment lui demander de l’aide. Un kidnapping est un kidnapping, camarade.

Après un après-midi et une soirée d’insultes, de provocation et avec le ventre vide (on ne nous donna rien à manger), nous sommes allés dormir dans un hangar pleins de couchettes. A 4H du matin un groupe de soldats est entré pour faire du tintamarre avec des casseroles et des gamelles et nous crier : « Debout, les conscrits ! Le nouveau est nouveau et son nom c’est de la merde ! ». Et ils entonnaient la sonnerie du clairon (celle-là même qui, par la suite, est devenue de mise les jours d’élection) l’accompagnant en rythme avec ces foutues paroles :

« Debout, recrue/ il fait déjà jour/ Pourquoi n’es-tu pas venu/ quand moi je suis venu ?/ Fais-moi bien ce lit/ lave-moi les gamelles/ Nettoie toute cette merde/ lave les sous-vêtements… »

La description de cette journée est longue, tout comme fut longue la queue de cinq heures que nous dû faire pour entrer dans une pièce et parler avec un sergent ou un machin du même genre ; on nous donnait notre dernière chance pour montrer que nous n’étions pas bons pour le service. Celui qui convainquait ce type recevait un permis qui le laissait sauf de ce kidnapping d’un an et demi et il sortait libre ; celui qui ne la faisait pas, passait dans une pièce annexe pour qu’on lui tonde la boule à zéro et, on lui donnait son uniforme de simple soldat, prêt à être brimé par les anciens. Moi, j’avais deux prétextes légaux : j’étais étudiant et en plus j’étais le seul soutien de la famille.

Le fait d’être étudiant, je l’ai justifié en montrant ma carte d’étudiant. Quand j’ai dit au type que j’étais soutien de famille, il m’a regardé avec un petit rire narquois et m’a dit ; « Bon, eh bien, ils vont tomber les seins de ta maman , car toi, tu ne sors pas d’ici ».

Simple terreur psychologique. Ce jour-là, je suis sorti avec mon permis flambant neuf : « Exempté, pour le moment ».

José Roberto Duque


Source : http://tracciondesangre.blogspot.com/2013/09/las-tetas-de-mi-hogar.html

Traduction de l’espagnol : Sylvie Carrasco

 

Le Venezuela sans “peinilla”, par Elías Jaua

Elías-Jaua

 

La «Peinilla», sorte de sabre pour réprimer les manifestants, est tout un symbole de la façon dont la bourgeoisie née du rentisme pétrolier, ses régimes dictatoriaux et ses partis de démocratie représentative ont gouverné le Venezuela pendant un siècle. Le système de domination et d’exclusion se maintint grâce à une répression systématique du peuple lorsqu’il exigeait le respect de ses droits les plus élémentaires.


golpe0 golpe1

golpe2« Donnez-leur leur peinilla » disaient les présidents, ministres, gouverneurs, chefs d’entreprise et grands propriétaires terriens lorsque les étudiants, les ouvriers, les paysans, les maîtres d’école et le peuple en général occupaient les rues pour protester contre la faim, la misère, l’exclusion. Mais la peinilla n’était que l’instrument visible d’un système de répression basé sur la torture, les disparitions forcées, les emprisonnements illégaux et exécutions qui suivaient le principe « tirez d’abord et vérifiez ensuite ».

Ces réflexions sur la « peinilla », je les fais à propos car le 21 novembre 2013 on a commémoré le Jour de l’Étudiant, nous avons vu cette belle et triomphante jeunesse estudiantine entrer au palais présidentiel de Miraflores, sans un coup de feu, sans recevoir un tir, pour une rencontre avec le président Nicolas Maduro. A plusieurs reprises, dans les 14 dernières années, nous avons vu cette scène se répéter avec notre commandant Chavez. Sans doute, le Venezuela a-t-il changé pour toujours.

Tous les 21 novembre, nous nous souvenons de nos martyrs et nous renouvelons l’engagement de « Lutter jusqu’à la victoire ». Cette année, j’ai pensé à un épisode que m’a raconté le cinéaste Angel Palacios, il y a deux ans , lorsque l’on a commémoré les vingt ans du massacre de Macarao. Événement où deux jeunes étudiants et un soldat, qui était intervenu pour les défendre, furent assassinés par la sinistre police Métropolitaine, désormais disparue grâce à la Révolution et à Chavez.


cf3121ca-c0bd-4e3c-822c-815cec8d07e0Angel Palacios était en train de faire un documentaire sur ces événements survenus en 1991, durant le gouvernement du « démocrate » Carlos Angel Perez, et il m’a demandé de lui trouver des “peinillas” . Dans un dépôt de Cotiza, nous avons trouvé des centaines de ces peinillas, des uniformes et autres instruments de répression de la PM. Angel a proposé aux étudiants du Lycée de Caricuao, où avait étudié Darwin Capote, l’un des camarades assassinés, de recréer ce triste événement, pour lequel, quelques jeunes devaient jouer le rôle des étudiants réprimés et d’autres celui des policiers répresseurs. Nous avons eu une agréable surprise, lorsque les étudiants ont demandé à Palacios comment on utilisait une peinilla car il n’en n’avait jamais vue. Evidemment ! il s’agissait de jeunes de 14 et 15 ans qui avaient grandi avec la Révolution.

La peinilla, a été interdite dès le premier jour du gouvernement du président Chavez en 1999, et par la suite  dans le texte de notre Constitution Bolivarienne. Une génération de jeunes gens ne connaît pas cet instrument avec lequel on a tellement humilié le peuple vénézuélien, avec lequel tant de jeunes ont été mutilés et quelques-uns assassinés, lorsque certains répresseurs décidaient de l’utiliser comme une machette.

Quelqu’un me disait que l’on devrait faire un musée de ces instruments de répression et les montrer dans tous les lycées et les universités, accompagnés des documents qui montrent comment on les a utilisés durant un siècle contre un peuple désarmé. C’est une bonne idée. J’éprouve un profond sentiment d’orgueil d’appartenir à l’héritage des luttes étudiantes de notre Patrie. Etudier et Lutter reste la consigne.

Elias Jaua 

Source : http://www.mre.gov.ve/index.php?option=com_content&view=article&id=32244:venezuela-sin-peinilla&catid=2:actualidad&Itemid=325

Traduction de l’espagnol : Sylvie Carrasco

 

Notes :

(1)   https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/02/les-militants-venezueliens-dong-independantes-des-droits-humains-repondent-aux-medias-internationaux/

(2)   https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/20/strategie-de-la-tension-au-venezuela-par-maurice-lemoine/

(3)   http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/15/fauxccupy-sous-les-masques-de-guy-fawkes-de-lopposition-venezuelienne/

(4)   http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/09/18/lunite-latino-americaine-pour-defendre-le-vote-des-venezueliens-relegue-au-passe-la-desinformation-et-la-vigilance-de-leurope-et-des-etats-unis/

On peut lire également :

-          Coup de projecteur sur les zones d’ombres médiatiqueshttps://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/18/venezuela-coup-de-projecteur-sur-les-zones-dombre-mediatiques-par-romain-migus-caracas/

-          Brévissime leçon de journalisme pour ceux qui croient encore à l’informationhttps://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/22/brevissime-cours-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-linformation/

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/16/comment-la-plupart-des-journalistes-occidentaux-ont-cesse-dappuyer-la-democratie-en-amerique-latine/

 

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