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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 12:39
Un Yankee et un visage (pa)pal (éditorial de Ruptures paru le 27/05/2016)
par Pierre Lévy

Deux sermons pour le prix d’un. Sans doute n’en fallait-il pas moins pour (tenter de) ragaillardir les dirigeants européens éplorés. Confrontés à une « polycrise » – un terme inventé par Jean-Claude Juncker pour désigner la conjonction des menaces désormais existentielles qui pèsent sur l’intégration européenne – ceux-ci viennent de recevoir le soutien de deux « citoyens du monde » qui les ont exhortés à plus d’unité et à plus d’« ouverture ».

L’un, natif d’Hawaï, est locataire à Washington où il termine sous peu son CDD non reconductible ; l’autre, qui a vu le jour à Buenos-Aires et jouit, au Vatican, d’un CDI à qui seul son divin patron peut mettre un terme, exerce son magistère sur les âmes qui se reconnaissent dans le catholicisme ; il s’octroie cependant volontiers un ascendant sur le genre humain en général, sur les citoyens des pays européens en particulier. Quant au premier, il tient pour naturel – une longue tradition américaine – d’exercer une autorité extraterritoriale sans frontière.

A quelques jours d’intervalle, Barack Obama et le pape François ont donc adressé des appels pressants à l’Europe. Le président américain avait commencé sa visite sur le Vieux Continent, fin avril, par Londres, où il enjoignit aux Britanniques de rester au sein de l’UE. Il apportait ainsi sa haute contribution au concert anti-Brexit quasi-quotidien des « élites mondialisées ». Il s’est ensuite rendu à Hanovre, où il a exprimé son amitié ostensible à la chancelière allemande (il aurait même pu préciser qu’il avait été si souvent à son écoute…). Les deux dirigeants ont vigoureusement plaidé pour une conclusion rapide du « partenariat transatlantique » alors que les négociations semblent s’enliser. Vive le Royaume-Uni intégré à l’Union européenne, vive le TTIP – tout cela a le mérite de la cohérence.

Mais le président américain a également saisi l’occasion pour s’adresser « au peuple d’Europe », inventant délibérément celui-ci pour l’occasion. Stigmatisant ladite agressivité russe (et exigeant un maintien des sanctions européennes contre Moscou), appelant au partage du fardeau militaire (via le financement accru d’une OTAN « plus forte que jamais »), dénonçant la « tentation du repli national », le maître de la Maison-Blanche a chanté une ode enthousiaste à l’intégration européenne, « l’un des plus magnifiques succès des temps modernes ». Il a au passage salué les réformes pilotées par Bruxelles, évoquant particulièrement celles concernant le marché du travail. Myriam El Khomri ne s’attendait pas forcément à un tel soutien.

Barack Obama l’a répété de manière plus qu’insistante : il ne ménagera pas ses efforts pour promouvoir l’« unité européenne », car « c’est dans l’intérêt des Etats-Unis ». Ce n’est certes pas une révélation, mais cette franchise n’est jamais malvenue. Enfin, il a vanté les vertus de la diversité en suggérant à l’Europe d’accueillir plus de migrants. Bref, ouvrez vos frontières pour la main d’œuvre, les capitaux, les marchandises…

Ouvrez vos cœurs, a supplié comme en écho le souverain pontife. Recevant le 6 mai le Prix Charlemagne (la plus haute distinction de l’UE !), il a tancé les Européens, tentés de céder à des « intérêts égoïstes » et oublieux de l’inspiration des « pères fondateurs ». Il les a appelés à intégrer les migrants. On serait presque tenté de lui donner le bon dieu sans confession, n’était le contexte de peuples européens socialement exsangues à force d’être soumis à la pression de la libre concurrence et de la libre circulation ; contexte où l’immigration est organisée pour peser encore plus sur le monde du travail, quand elle n’est pas provoquée par les guerres et les dominations impériales.

A peine l’évêque de Rome avait-il terminé son homélie que deux emblématiques dirigeants européens, le président de la Commission et celui de l’europarlement, prenaient la plume pour louer et opiner : « l’âme de l’Europe, ce sont ses valeurs » ont psalmodié ensemble le chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker et le social-démocrate Martin Schulz. Et les deux éminences de prier derechef pour l’unité de l’Europe afin de « préserver notre modèle social », d’« assumer une plus grande responsabilité sur la scène internationale », et de « partager la responsabilité des migrants ». Avant de conclure d’une même voix : « il est donc grand temps pour les Européennes et les Européens de se lever ». Une Nuit debout à la gloire de l’Europe, en quelque sorte.

Succès assuré.

Pierre Lévy

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 09:45

Militants-37e-congres-Parti-Communiste-Francais-5-juin-2016-Aubervilliers_0_730_473Aubervilliers, cette grande et belle ville populaire où se mêlent et s’entremêlent le monde, les civilisations et les cultures fût la témoin d’un petit congrès accouchant d’une petite perspective. Les mots sont durs parce que la colère est grande ! Alors que la classe ouvrière relève la tête, combat avec une détermination sans faille un pouvoir sombrant dans la noirceur du fascisme républicain, sorte de monstruosité institutionnelle moribonde entre les mains d’une oligarchie déterminée à en découdre pour servir ses petits intérêts égoïstes, les congressistes du PCF se sont englués dans de vulgaires pratiques d’appareil. L’avez-vous noté mes camarades qui avaient participé ou suivi les débats, cet écart terrible entre l’enthousiasme populaire qui anime les cortèges ou les barricades dans les usines et les dépôts contre la loi travail, et les échanges faussement dialectiques autour d’une virgule ou d’un mot de textes qui nous engagent dans une aventure ronronnante, dans des pratiques que nous disons pourtant vouloir combattre. J’ai souffert de subir ce triste spectacle. Ce congrès, il était celui du reniement, des petits compromis.[...]

L'intégralité sur le blog de Guillaume Sayon en cliquant ci-dessous.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 09:10

En toutes petites lettres sous un des tableaux, et non pas en début d'analyse, comme, déontologiquement, cela aurait dû être fait : "32% ne le connaissent pas suffisamment pour exprimer une opinion"C'est comme pour les élections ... on ne compte ni les abstentions, ni les votes blancs, qui devraient pourtant inciter les élus de la République à un peu plus d'humilité et à davantage prendre en compte l'opinion des salariés.  Bien sûr on rétorquera qu'il est noté en haut la phrase rituelle : "Auprès de ceux qui expriment une opinion".

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 13:54
Un panneau publicitaire piraté aux pieds de la Commission européenne contre le TTIP
Belgique sur le site de Solidaire, le journal en ligne du Parti du Travail de Belgique
4 Juin 2016

 

Dans la nuit du jeudi 02 au vendredi 03 juin, un grand écran publicitaire de 15 mètre carré a été piraté aux pieds de la Commission Européenne affichant un message appelant à la fin des négociations sur le TTIP, ce traité de libre-échange entre les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne.

Le message publicitaire pour les vols low-cost et les portes ouvertes du Parlement Européen a été remplacé par le message :

TTIP GAME OVER:

No more negociations,

No more free-trade deals,

It’s time for action

Un des activistes explique le sens de cette action : « le TTIP est un non-sens environnemental, social, économique et démocratique, nous voulons la fin des négociations ! Après de nombreuses mobilisations, il est grand temps que la voix des citoyens et des citoyennes soient entendues ici, rue de la Loi, dans les quartiers de la Commission Européenne ».

Cette action s’inscrit dans la vague de mobilisation citoyenne contre le TTIP qui depuis plusieurs années dénoncent les effets pervers de cet accord : communes hors TTIP, pétitions, initiative citoyenne européenne, manifestations … « Nous espérons que les Etats membres montrent enfin un peu de courage politique ces 28 et 29 juin pour rendre compte du mécontentement des citoyens européens à Monsieur Juncker et enfin, arrêter les négociations pour le TTIP », explique un des auteurs de cette action. 

Plus d’infos :

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 07:35
Valls, Hollande, Cazeneuve, Royal ... Ils utilisent tout : l'euro, les inondations... contre les grèves et le droit de grève
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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 09:42
INTELLECTUELS, REFUSONS LA HAINE DE CLASSE ANTI-CGT attisée par les médias dominants

Appel d’intellectuels français et étrangers contre la fascisante campagne anti-C.G.T.

« L’esprit critique, l’indépendance intellectuelle ne consistent pas à céder à la réaction, mais à ne pas lui céder ». Georges Politzer, philosophe, fusillé par les nazis en 1942.

Alors que – classe ouvrière en tête – la part la plus active du monde du travail et de la jeunesse est à l’offensive pour sauver un acquis fondamental, alors que la répression d’Etat et la violence policière s’abattent sur nombre de syndicalistes en résistance (Air France, Goodyear, etc.), une odieuse campagne de désinformation et de haine relevant d’un mépris de classe néo-versaillais vise la Confédération Générale du Travail et les autres syndicats d’étudiants et de salariés qui refusent l’ainsi-dite Loi Travail.

 Dans ces conditions, le rôle des intellectuels fidèles au devoir d’esprit critique n’est pas de hurler avec les loups, ni de tresser des louanges aux « syndicalistes » qui accompagnent ou précèdent le dé-tricotage des conquêtes sociales de notre peuple (retraites, sécurité sociale, service public, droit du travail, etc.). Ceux qui veulent rester fidèles aux Lumières doivent au contraire dénoncer la nocivité du projet dit « El Khomri », cette transposition en droit français de l’euro-diktat du 15 juillet 2015 qui prescrit la déréglementation du marché du travail en France, mais aussi en Belgique (Loi Peters) ou en Italie (le « Job Act » de Matteo Renzi). 

 Le rôle des intellectuels critiques est d’abord de lire la loi par eux-mêmes. Chacun verra alors que l’ « inversion de la hiérarchie des normes » du droit social dynamitera les salaires ; entreprise par entreprise, elle permettra aux patrons de combat de contourner les conventions collectives en faisant du chantage à l’emploi ; de cette manière, les rémunérations, les protections légales et les conditions de travail de tous seront tirées vers le bas, y compris pour finir dans la fonction publique. Il convient aussi de rappeler que le rôle d’une « gauche » digne de son nom n’est pas de rabougrir sans fin les conquêtes sociales au nom de la « modernité » en pavant la voie des « LR » et du FN.

 Il faut aussi redire que ce n’est pas la classe ouvrière qui bloque le pays : c’est le grand capital, le MEDEF, le CAC-40 (avec ses délocalisations et son « optimisation fiscale »), l’UE néolibérale et les gouvernements maastrichtiens successifs qui minent le développement de notre pays en détuisant les services publics et la protection sociale mis en place par le Front populaire et par le CNR. Ceux qui détruisent, non seulement « l’image de la France à l’étranger », mais la République française elle-même, ce sont ceux qui rampent devant les eurocrates de Bruxelles et Francfort, ceux qui négocient dans notre dos le funeste Traité transatlantique, ceux qui rallient les guerres impérialistes de l’OTAN, ceux qui imposent une austérité salariale sans fin pendant que les PDG du CAC-40 s’octroient des revenus indécents, ceux qui soumettent notre pays à une politique, à une langue, à une pensée et à une économie uniques.

 Quant à la violence, elle n’émane pas des militants qui font respecter les décisions majoritaires des ouvriers ou des étudiants en lutte, mais de ceux qui imposent une loi qui ne figurait nulle part dans le mandat présidentiel de François Hollande ; une loi que M. Valls impose au Parlement réticent au moyen du 49/3, sans parler des violences policières qui frappent d’honnêtes gens en lutte pendant que les méga-fraudeurs du Panama et des autres paradis fiscaux coulent des jours tranquilles.

 Intellectuels et travailleurs nous-mêmes, nous soutenons les salariés en lutte car si la loi scélérate passait, non seulement l’offensive thatchérienne tous azimuts qui suivrait très vite araserait l’héritage progressiste de notre pays, mais toutes les bases sur lesquelles repose l’activité sociale et civique des intellectuels (éducation, culture, recherche, santé, etc.) seraient encore plus gravement menacées qu’elles ne le sont déjà aujourd’hui.  C’est donc nous-mêmes, l’avenir du pays, l’esprit critique, la démocratie et le progrès social que nous défendons en appelant les intellectuels de progrès de notre pays à afficher une solidarité sans faille avec les courageux ouvriers des transports, de la chimie, de la métallurgie, de l’énergie, etc. qui bloquent les casseurs de France et qui défendent l’avenir de notre peuple et de sa jeunesse !

Premiers signataires :

Signataires France : Georges Gastaud, philosophe (62), Annie Lacroix-Riz, chercheuse en histoire contemporaine, professeur émérite (Paris VII) ; Aymeric Monville, éditeur (92) ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie (62) ; Aurélien Bernier, auteur (Poitiers) ; Antoine Manessis, anc. enseignant à l’Université P. Mendès-France (38) ; Gilda Landini, professeur agrégée d’histoire (78) ; Aurélien Djament, mathématicien, CNRS (44) ; Jean-Pierre Combe, ingénieur polytechnicien (19) ; Jean-Luc Pujo, écrivain, rédacteur en chef du site www.politique-actu.com ; Jean-Pierre Sienkiewicz, professeur agrégé de sciences physiques (24) ; Dominique Mutel, professeur agrégé d’anglais (62) ; Philippe Cadiou, professeur de philosophie (59) ; Rémy Herrera, économiste (75) ; Nicolas Desré, professeur de philosophie (Orléans) ; René Couke, psychanalyste (59) ; Fadi Kassem, professeur agrégé d’histoire (78) ; Jean-Claude Houseaux, médecin (84) ; Ivan Lavallée, professeur émérite des Universités (33) ; Salim Lamrani, maître de conférences à l’Université de La Réunion ;  Mireille Popelin, enseignante retraitée, auteur ; André Prone, environnementaliste, essayiste ; Christophe Coffinier, journaliste ; Marie-France Fovet, professeur de philosophie retraité ; Daniel Dubois, professeur de mathématiques à l’ESPE (59) ; Yves Letourneur, agrégé de philosophie ; Claude-Emile Tourné, docteur en médecine, ostéopathe-acupuncteur ; Francis Combes, poète ; Laurent Nardi, professeur de français (74) ; Jean Salem, philosophe, professeur à l’Université Paris-1 Sorbonne ; Marc-Olivier Gavois, professeur, rédacteur en chef de la revue Etincelles ; André Tosel, philosophe, prof. émérite Université de Nice ; Jacques Kmieciak, journaliste (62) ; Pierre Boismenu, psychanalyste et philosophe (86) ; Martine Bonnati-Gavois, professeur de Lettres classiques ; Raquel Becerril-Ortega, ingénieur, maître de conf. en Sciences de l’éducation, Lille I ;   Denis Lemercier, maître de conf. en psychologie, retraité (14) ; Rosa Caron, psychanalyste, MCF-HDF en psychopathologie clinique ; Olivier Long, chercheur en Arts plastiques, peintre, Paris I Panthéon-Sorbonne ; Romain Telliez, historien, MDC Paris-Sorbonne ; Pierre Cours-Salliès, prof. émérite, sociologue, Paris VIII ; Pascale Dubus, maître de conf., université Paris 1 ; Michel Barthélémy, sociologue, CNRS (75) ; Christophe Mileschi, professeur des Universités (études italiennes) Paris-Ouest Nanterre ; Caroline Zekri, MDC, Université Paris-Créteil (italien) ; Frédérique Longuet Marx, départ. Sociologie, Université de Caen ; Christian Lavault, professeur émérite de mathématiques, Université Paris 13/Villetaneuse,  Francine Mazière, professeur émérite, Paris XIII ; Pascal Lederer, physicien,  Directeur de recherche honoraire au CNRS ; Christophe Bonneuil, CNRS Paris ; Kenneth Larson, artiste peintre (92) ; Valentin Boris, professeur des Universités, Paris I, Raphaël Porteilla, MCF Sciences politiques, Univ. de Bourgogne, Nicolas Prokovas, MCF (Paris III) ; Vincent Millet, avocat, Paris ; Jean-François Dupeyron, maître de conférences en Philosophie, Université de Bordeaux. Michel Savaric, angliciste (25), Université de Besançon Franche-Comté ; Paul Monmaur, neurobiologiste, maître de Conférence, Paris VII, Dominique Mazuet, libraire (75) ; Jean-Pierre Kahane, mathématicienUniversité Paris-sud, Orsay, Danielle Bleitrach, sociologue, 13 ; Catherine Le Roux, pédopsychiatre (44) ; Nathalie Sage Pranchère, archiviste-paléographe, agrégée et docteure en histoire (75) ; Marc Brunet. professeur agrégé d'histoire-géographie. 84 ; Christophe Miqueu, Maître de conférences en philosophie, Université de Bordeaux - ESPE d'Aquitaine ; Georges Hallermayer, historien, journaliste (57) ; Cédric Falco, ingénieur universitaire, Perpignan ; Sébastien Charbonnier, MDC Lille III, philosophie ; Jean-Christophe Grellety, auteur (33) ; Benoit Foucambert, professeur d’histoire-géographie (81) ; Eric Ferrières, professeur de S.E.S. (62);

Se sont joints à cet appel ( vus sur Internet): Pascal Acot, CR honoraire, CNRS (76);Daniel Bartement, géographe, Université Paul-Valery MontpellierIII

S’associent à cet appel : John Catalinotto, professeur de mathématiques à l’Université de New York –Ville ; Quim Boix, m. du Conseil présidentiel de la Fédération Syndicale mondiale ; Angeles Maestro, médecin en santé publique (Madrid) ; Carlos Frabetti, écrivain (Catalogne) ; Stefanio Russo, Rome ; Miguel Urbano Rodrigues, a. député portugais au Conseil de l’Europe, organisateur des Rencontres internationales de Serpa ; Jorge Beinstein, professeur émérite de l’Université nationale de La Plata, Argentine ; Maurizio Fratta, journaliste, Magione (Italie) ; Serge Deruette, professeur à l’Université de Mons (Belgique) ; Julio C. Gambina, directeur de l’Institut d’étude et de formation de la Centrale des Travailleurs d’Argentine, président de la Fondation pour les enquêtes sociales et politiques (FISYP), Argentine ; Guillermo Toledo, acteur (Madrid) ;  Jean Van Hees, animateur du Cercle Julien Lahaut (Bruxelles) ; Henrique Santos, professeur d’EPS, Portugal ; Barbara Y. Flamand, auteure, Bruxelles ; Maurizio Quattrochi, ingénieur, Rome, Joe Kaye, écrivain, New York City, Domenico Losurdo, philosophe (Italie) ;

 

Pour avoir accès à la page de la pétition en ligne.  Précisez votre profession dans les commentaires.  Important pour l'utilisation de l'appel.

Signez la pétition en cliquant sur le lien ci-dessous.

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 23:50

La colère sociale ne nait pas de rien.

Le président socialiste fait le contraire de ce qu'il a promis.  Il a menti aux salariés.  Il fait pire que Sarkozy : il approfondit et poursuit la politique de reculs sociaux initiée par les précédents gouvernements avec le soutien de la Commission européenne.

Tous les députés socialistes de Seine-Maritime ont voté les lois sociales scélérates voulue par François Hollande.  Une seule s'est abstenue sur l'allongement de la durée de cotisation.  Deux se sont abstenues sur le pacte de responsabilité.  Une seule a signé la motion de censure que voulait présenter les députés de gauche contre la politique de Manuel Valls et  la loi Travail.

Ce n'est pas n'importe quelle politique que ces élus du peuple soutiennent de leurs votes.  C'est l'attaque en règle de toutes les conquêtes sociales depuis plus de cent ans ! Cela n'est pas rien.  Ce n'est pas rien non plus pour des députés socialistes d'être applaudis par P. Gattaz !

Ces députés ont été élu(e)s par des salarié(e)s de gauche, dont beaucoup avaient manifesté contre la politique des précédents gouvernements et notamment la politique de Sarkozy. 

Ce sont ces socialistes qui portent plainte, Catherine Troallic, députée de la 8ème circonscription notamment, contre les militants de la CGT.  Et qui les font condamner sans même avoir le courage d'aller jusqu'au bout de leurs actes et assister au procès.  Il faut en effet oser les regarder en face, ce militant de la CGT et ses camarades, qui ont peut-être et même sans doute voter pour eux en 2012, qui ont cru en leurs promesses !

Comment feront-ils en 2017 pour aller chercher leurs voix ?  Ils leur demanderont de battre la droite et l'extrême-droite ?

Yvette Genestal

Le Havre : un militant de la CGT jugé et condamné

Un militant de la CGT condamné à de la prison avec sursis ce mercredi 1er juin 20 pour le saccage du local du PS . Phillppe Martinez dénonçe “la criminalisation de l’action syndicale” par le gouvernement et le Medef, et “la mise au pilori de la CGT, prise pour cible”

  • par R. Plumet (avec ANI)
  • Publié le , mis à jour le
 

Les actes de vandalisme ont été perpétrés au cours de la manifestation du 12 mai dernier © France 3 Baie de Seine

© France 3 Baie de Seine Les actes de vandalisme ont été perpétrés au cours de la manifestation du 12 mai dernier

 

Le PS avait porté plainte

Le tribunal correctionnel du Havre a condamné ce mercredi 1er juin un syndicaliste à six mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve de 18 mois pour la dégradation de la permanence du Parti socialiste du Havre. Le tribunal n’a que partiellement suivi les réquisitions du procureur de la République qui réclamait six mois de prison dont trois ferme.
Le 12 mai, à l’issue de la manifestation contre la loi Travail, plusieurs personnes avaient saccagé les locaux du PS quartier du Rond-Point et le PS avait déposé plainte pour dégradations et outrages « afin que la justice sanctionne ceux qu’elle estimerait coupables », ont bien précisé Matthieu Brasse et Nicolas Rouly, secrétaires de la section locale et de la fédération départementale du PS.Ils ne se sont pas constitués partie civile.

Le militant CGT soupçonné d’avoir été l’un des principaux auteurs du saccage des locaux avait été interpellé, placé en garde à vue puis sous contrôle judiciaire. Le local du PS qui est également la permanence de la députée socialiste Catherine Troallic est régulièrement la cible de manifestants, bien avant le débat sur la Loi Travail. C’est la première fois que les dégradations se sont transformées en saccage des bureaux.

 

La violence en question

Tentes et buffets étaient dressés ce mercredi, dès 11h30, devant le palais de justice du Havre : le comité de soutien lancé par l’intersyndicale était bien présent, tandis qu’un important dispositif de sécurité était mis en place par la police nationale dans la rue voisine. Les représentants de différents syndicats se sont succédés au micro. Philippe Lebourg, de l’union locale CGT du Havre, a rappelé que l’organisation « regrette chaque fois tout type de violence qui outrepasse l’action syndicale mais elle dénonce surtout les violences patronales et gouvernementales qui se multiplient depuis de longs mois, et qui elles restent impunies, les auteurs de ces violences n’étant jamais placés en garde à vue et encore moins convoqués au tribunal. La loi travail en est le parfait exemple ». 
 

Le PS absent

Un courrier de Philippe Martinez a été lu : le leader de la CGT a apporté son soutien au militant, dénonçant “la criminalisation de l’action syndicale” par le gouvernement et le Medef, et “la mise au pilori de la CGT, prise pour cible”.
« L’enjeu de cette audience n’est pas la répression du mouvement social, mais bien l’exercice indépendant, par le Tribunal compétent, de sa fonction punitive, si les juges l’estiment justifiée », avaient encore précisé dans un communiqué Nicolas Rouly et Matthieu Brasse. « Parce que nous croyons aux idées, nous ne pensons pas qu’elles peuvent s’imposer par la force, sinon celle des arguments et du droit… Nous ne confondons pas les revendications collectives, qui doivent être considérées, et les exactions individuelles, qui doivent être condamnées ».

Les dirigeants du PS se sont abstenus de participer à l’audience correctionnelle, « afin de ne pas contribuer à en faire une enceinte politique ».

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 22:54
Tribunaux médiatiques pour syndicalistes « radicalisés »
par Frédéric Lemaire, Julien Salingue,

La mobilisation contre la Loi Travail a pris une nouvelle dimension la semaine dernière, avec une série de grèves dans différents secteurs. Les « experts » et autres éditocrates n’ont pas manqué de dénoncer des blocages jugés « irresponsables ». Mais l’hostilité médiatique à l’égard des grèves s’est aussi exprimée au travers de plusieurs interviews de syndicalistes, dont certaines se sont transformées en véritables interrogatoires.

« Est-ce que vous ne craignez pas quand même que ça se retourne contre vous ? »

La première mise en garde est lancée dès vendredi 20 mai 2016, au premier jour du mouvement de grève dans le secteur pétrolier. Le secrétaire général CGT de la raffinerie de Donges, Fabien Privé Saint-Lanne, est interviewé en duplex sur I-Télé. La journaliste Nelly Daynac annonce la couleur : « Est-ce que vous n’avez pas peur aujourd’hui qu’on vous taxe de preneurs d’otage, est-ce que vous n’avez pas peur que les consommateurs se retournent contre vous ? » On appréciera la manière courageuse dont la journaliste se réfugie derrière un « on » imaginaire, ainsi que derrière « les consommateurs » pour mettre en cause, sans l’assumer directement, les actions syndicales…

Le syndicaliste conteste le terme de « blocage », rappelant qu’il s’agit d’une grève des salariés. Mais son interlocutrice revient à la charge : « Est-ce que vous ne craignez pas quand même que ça se retourne contre vous du côté des consommateurs ? Je réitère ma question. » Visiblement préoccupée par les « craintes » et les « peurs » des grévistes, elle conclut l’entretien en évoquant de possibles violences : « Est-ce que finalement vous n’avez pas peur que sur certains lieux ça dégénère, ou tout est encadré, des consignes sont données pour que ça se passe dans le plus grand calme ? » On se demande bien qui a peur de quoi, mais de toute évidence la journaliste d’I-Télé n’est pas très à l’aise avec les mobilisations sociales.

 

« Vous trouvez ça bienvenu après les attentats qui ont frappé la France ? »

Au soir du lundi 23 mai, alors que le mouvement prend de l’ampleur et que les pénuries se multiplient dans les stations-service, deux autres syndicalistes sont invités à s’expliquer sur les plateaux des chaînes d’info en continu. Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole à la CGT, est interviewé sur BFM-TV. Un bandeau barre l’écran : « Pénurie : les automobilistes inquiets ». Et les salariés des raffineries ?

Nathalie Levy s’interroge sur la prochaine étape de la mobilisation, puis se fait l’écho des déclarations du gouvernement : « Myriam El Khomri parle de citoyens, de Français pris en otage, Michel Sapin de blocages qualifiés d’illégitimes, Manuel Valls, il vous accuse ce soir de dérive et de chantage ; vous comprenez bien que la situation n’est pas tenable pour les automobilistes ? » De nouveau, on peut apprécier la façon dont l’intervieweuse se dissimule derrière divers responsables politiques, ainsi que derrière « les automobilistes » pour mieux mettre en cause les actions contre la loi El Khomri.

Comme sa collègue, elle s’inquiète – avec une touchante sincérité – de la popularité du mouvement : « Est-ce que vous êtes prêts à perdre le soutien de l’opinion publique en allant jusque-là ? Parce qu’aujourd’hui près de deux tiers des Français souhaitent que les grèves et les blocages prennent fin. Ce sont les citoyens qui risquent de se retourner contre vous, l’opinion publique ! » Elle oublie soigneusement de préciser que les mêmes sondages attribuent majoritairement la responsabilité des blocages au gouvernement. Avant de s’interroger sur les véritables motivations de la CGT : « Est-ce qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de redorer votre blason car vous voyez bien que vous perdez du terrain ! C’est finalement, aussi, un travail chez vous en interne. »

Nathalie Levy n’est pas en reste sur la question de la violence : « Des pompistes ont déjà été pris à partie parfois même vigoureusement par des automobilistes, ils en sont venus aux mains dans certains cas, il y a eu des blessés… c’est vers ça que vous tendez, ce type de situation qui dégénère ? » Sous-entendu : les grévistes seraient responsables de ces bagarres, pour ne pas dire qu’ils les souhaiteraient. Puis elle évoque un tract de la CGT-RATP, avec un dessin de bombe à retardement, qui a manifestement terrorisé les services d’information de BFM-TV, puisqu’il en sera question de manière récurrente sur la chaîne [1]. Elle s’indigne : « Vous trouvez ça bienvenu après les attentats qui ont frappé la France, l’état d’urgence dans lequel on est ? Vous assumez ça ? » On apprécie le sens du raccourci et de l’amalgame de l’intervieweuse qui, étonnamment, n’en a pas fait de même avec l’accusation de « prise d’otage » portée par plusieurs responsables gouvernementaux.

 

« Les médias ne font pas partie du gouvernement, hein. »

Quelques heures plus tard, c’est Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à PSA, qui est interrogé par Jean-Baptiste Boursier sur BFM-TV. Un nouveau bandeau barre l’écran et pose la question : « La "dérive" de la CGT ? » Le présentateur revient de manière un peu alarmiste sur le fameux tract : « Il y a une bombe, il y a une bombe qui est posée à côté du chef de l’État ; d’aucuns pourraient trouver que c’est un peu excessif, que ça sent la menace, est-ce que c’est nécessaire ? » Une fois de plus, « d’aucuns » ont bon dos… On découvrira ensuite (mais est-ce vraiment une découverte ?) que la perspective de grèves dans de nouveaux secteurs ne semble pas particulièrement faire plaisir au présentateur de BFM-TV : « Vous voulez quoi, le blocage complet du pays ? » Mais, alors que son interlocuteur évoque les biais dans les médias et les déclarations du gouvernement, Jean-Baptiste Boursier tient à préciser : « Les médias ne font pas partie du gouvernement, hein. » Utile précision.

Le matin même du lundi 23 mai, Philippe Martinez entamait un véritable marathon médiatique. Le secrétaire général de la CGT, cible préférée de la colère des éditocrates, intervenait dans la matinale de RTL au micro d’Olivier Mazerolle. Le syndicaliste évoque certains sondages qui témoigneraient de l’opposition de l’opinion publique au projet de loi. Son interlocuteur tempère : « On entend beaucoup, quand même, de gens qui se plaignent du fait de la pénurie d’essence dans certaines régions de France, qu’ils ne peuvent pas aller au travail. » C’est vrai qu’on les « entend beaucoup »… dans les grands médias.

Visiblement pas convaincu des motifs avancés par Philippe Martinez pour s’opposer à la loi travail, Olivier Mazerolle évoque lui aussi des motivations « internes » : si le secrétaire général de la CGT se « bagarre », ce serait pour « défendre son pouvoir de centrale syndicale », ou encore parce qu’il est « prisonnier de son extrême-gauche ». Avant de s’interroger : « Selon vos propres chiffres d’adhérents, vous représentez moins de 3% des salariés, quelle est votre légitimité à bloquer le pays ? » Car on le rappelle, il est désormais acquis que c’est la CGT qui, seule et d’un coup de baguette magique, a décrété la mobilisation générale des salariés dans les entreprises en grève. Philippe Martinez lui répond qu’on ne juge pas de la légitimité des partis politiques à leur nombre d’adhérents, par ailleurs inférieur à celui de la CGT : « Vous semblez plus légitime que l’Assemblée nationale » moque alors son interlocuteur. Et moins légitime qu’Olivier Mazerolle ?

 

« Ça va coûter des points de croissance, est-ce qu’on peut se le permettre ça aujourd’hui en France ? »

Le soir du 23 mai, Philippe Martinez est sur le plateau du « Grand Journal » de Canal plus. Le thème figure sur le bandeau : « La CGT veut-elle bloquer la France ? » Alors qu’il évoque l’absence de dialogue social de la part du gouvernement, des images de barrages et de pneus brûlés défilent en fond. Maïtena Biraben sourit : « Quand on voit les images on ne sait pas s’il y a un dialogue dans l’autre sens », provoquant les rires de l’assistance. Puis, elle met en garde son interlocuteur : « Plus de métro, plus de voiture, comment on va au boulot, comment les Français vont réagir à ça ? » Vient le tour d’Augustin Trapenard, qui accueille l’invité avec un avertissement : « Vous avez du courage quand même d’être là Philippe Martinez, parce que vous vous rendez compte que tout ça c’est assez impopulaire hein. » Avant de s’agacer, un peu plus tard : « Mais vous y croyez, sincèrement, à ça, au retrait de cette loi ? » Puis c’est à nouveau au tour de Maïtena Biraben de s’inquiéter des répercussions des grèves : « Ça va coûter des points de croissance, est-ce qu’on peut se le permettre ça aujourd’hui en France ? » De toute évidence, au vu des questions, on peut se permettre beaucoup de choses aujourd’hui, y compris de tenter de délégitimer tout un mouvement social par des questions biaisées, voire piégées.

Le lendemain matin, mardi 24 mai, Philippe Martinez est au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV et RMC. Là encore, le syndicaliste est sommé de s’expliquer : « J’ai une première question toute simple : qui gouverne en France ? » [2]. Le présentateur revient à la charge plus tard dans l’entretien : « Mais qui gouverne, c’est vous, si le gouvernement dit : parce que la CGT bloque, je retire la loi ? » Puis Jean-Jacques Bourdin s’interroge sur les motivations de la CGT. Il a de bonnes raisons pour le faire… puisque ses confrères en font de même : « Je regardais la presse ce matin : "fuite en avant de la CGT", "jusqu’au-boutisme", "la CGT se sent en danger", les ultras ont pris le pouvoir à la CGT Philippe Martinez ? » On ne doute pas que dans « la presse » du lendemain, certains confrères de Jean-Jacques Bourdin se sont à leur tour interrogés sur les motivations de la CGT, puisque Jean-Jacques Bourdin avait questionné Philippe Martinez à ce propos.

Vient – inévitablement – la question de la violence. Bourdin évoque une situation « grave », « des permanences de députés socialistes qui sont murées, qui sont saccagées, des tirs à l’arme automatique », puis s’interroge : « C’est la situation, c’est le climat dans ce pays… que vous entretenez ? » Son interlocuteur a beau réfuter ce raccourci grossier, Bourdin ressort (BFM-TV oblige), le tract de la CGT-RATP et son terrible dessin de bombe… L’interview se terminera sur une note dramatique : « Est-ce que vous n’avez pas l’impression de mettre en péril les petites entreprises ; sur la paille des salariés qui vont se retrouver à Pôle emploi ? » Sans même parler de la déforestation, de la guerre civile en Syrie et de la sécheresse dans plusieurs pays d’Afrique…

 

Florilège…

Nous aurions (malheureusement) pu poursuivre, tant les exemples sont nombreux d’interviews transformées en interrogatoires. Mais nous nous contenterons, pour finir cet article, d’un florilège de quelques-unes des « meilleures » questions entendues ces derniers jours, tout en nuance, tout en précision, tout en journalisme.


- « Est-ce qu’à 15 jours de l’Euro de football c’est raisonnable un blocage pareil ? » [3]

- « Qui gouverne aujourd’hui en France ? C’est le président, le gouvernement, ou c’est la CGT ? » [4]

- « C’est l’information de la nuit, le mouvement de blocage s’étend aux centrales nucléaires. Quel est l’objectif Monsieur Martinez ? Plonger la France dans le noir ? » [5]

- « Un petit mot sur les artisans, dont parlait également Xavier Bertrand ce matin à la radio, il y a des artisans qui n’arrivent pas à travailler parce qu’ils n’ont plus d’essence par exemple, qu’est-ce que vous dites à ces gens ce soir ? » [6]

- « Vous avez également appelé à la grève dans les transports en commun, à la RATP à partir du 2 juin, plus de métro, plus de voiture, comment on va au boulot, comment les Français vont réagir à ça ? » [7]

- « Lors de la dernière manifestation le service d’ordre de la CGT a été attaqué par les casseurs, est-ce que vous regrettez de ne pas avoir, à l’époque, désavoué les affiches de la CGT qui reprochaient à la police d’être à l’origine des violences ? » [8]

- « Est-ce que vous la sentez de votre côté [cette exaspération], Virginie Gensel-Imbrecht, est-ce que vous comprenez ce que vous dit en gros votre voisin, cette espèce de prise d’otage de gens qui n’en demandent pas tant. » [9]

- « Mais le gouvernement, Jean-Pierre Mercier, peut aussi vous répondre aussi que la grande fraction comme vous l’appelez des travailleurs n’est pas si grande que ça, que le mouvement certes dure mais qu’il ne s’est pas amplifié, ce ne sont pas des millions de gens qui sont dans la rue, le pays n’est pas bloqué. » [10]

- « Vous disiez tout à l’heure que ce texte n’avait pas fait l’objet de consultation, il a pourtant été réécrit à plusieurs reprises, et finalement le texte qui a été proposé à l’assemblée, il a été avalisé par plusieurs syndicats dont la CFDT et la CFTC, j’aimerais que vous nous expliquiez ce soir en quoi la légitimité de la position de la CGT serait plus valide que celle de la CFDT par exemple ; ils défendent les salariés après tout. » [11]


Etc.

 

***



Alors : interviews ou interrogatoires ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les représentants syndicaux sont soumis à un traitement de défaveur qui n’a pas d’équivalent lorsque des représentants du gouvernement ou du patronat sont invités. Les journalistes-intervieweurs reprennent dans la plupart des cas, et peut-être parfois inconsciemment, les « éléments de langage » du gouvernement et du Medef (« prise d’otages », « mobilisations minoritaires », « illégitimité », « blocage », etc.), qui transforment les interviews en véritables interrogatoires, durant lesquels on ne permet guère aux syndicalistes de s’exprimer tant les sommations et rappels à l’ordre sont permanents.

Certes, l’interview n’est jamais un exercice « neutre » et « objectif ». Mais l’on ne peut qu’être agacés – à défaut d’être surpris –, de constater qu’une fois de plus le traitement réservé aux syndicalistes témoigne d’une hostilité à peine dissimulée à l’égard de toute mobilisation au cours de laquelle des salarié-e-s remettent un tant soit peu en cause l’ordre des choses. On pense immanquablement ici à la « haine de classe » évoquée par le regretté Michel Naudy, dans le film Les Nouveaux chiens de garde :

Les journalistes, pour la très grande majorité, au-delà de la majorité, pour eux, les classes populaires, c’est une réserve d’Indiens. Ils ne les connaissent pas. Ils ne viennent pas de ces milieux. Ils n’en connaissent pas les codes, ils n’en connaissent pas les préoccupations, ils n’en connaissent pas les conditions de vie, ils n’en connaissent pas la culture, ils n’en connaissent pas les traditions. Dès l’instant où ces gens sortent de leur rôle qui est d’être un fond de paysage, d’être des gens pittoresques, des gens identifiables à des poncifs idéologiques, dès l’instant où ils sortent de là, où ils ne sont plus des Indiens dans leur réserve, alors ils deviennent dangereux. Parce qu’ils rompent avec le consensus mou de la démocratie molle. Ils rompent la règle du jeu, ils brûlent des pneus, ils occupent des usines, ils séquestrent des patrons, ils sont hors le champ social. Et là, l’appareil idéologique montre ses dents et mord cruellement. Et ce qui est moquerie de classe devient, à certains égards, exclusion, voire haine de classe.


Frédéric Lemaire et Julien Salingue

 

[2] Une question qui n’est pas sans évoquer la célèbre citation de Jean-Pierre Raffarin face aux mouvements sociaux qui agitaient la France en 2003 : « Ce n’est pas la rue qui gouverne ».

[3] Question posée à Éric Beynel (Solidaires), invité sur le plateau de BFM-TV le 25 mai.

[4] Question posée à Philippe Martinez (CGT) interviewé par Léa Salamé, France Inter, 25 mai.

[5] Question posée à Philippe Martinez (CGT) interviewé par Léa Salamé, France Inter, 25 mai.

[6] Question posée à Virginie Gensel-Imbrecht (CGT), invitée au « Grand journal », 25 mai.

[7] Question posée à Philippe Martinez (CGT), invité du « Grand Journal », 24 mai.

[8] Question posée à Philippe Martinez (CGT), interviewé par Olivier Mazerolle, RTL, 23 mai.

[9] Question posée à Virginie Gensel-Imbrecht (CGT), invitée au « Grand journal », 25 mai.

[10] « Remarque » faite à Jean-Pierre Mercier (CGT), invité sur le plateau de BFM-TV, 23 mai.

[11] Question posée à Sophie Binet (CGT), invitée sur le plateau de BFM-TV, 25 mai 2016.

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 17:00

Non, on ne peut pas affirmer que la CGT ne représente que 3% des salariés

02 Juin repris sur le blog "Histoire et Société"
Rétablir la réalité des faits par rapport à ce qu’on entend tous les jours de la part de politiciens qui sont mal placés pour revendiquer une représentativité quelconque… Et des médiacrates qui s’affirment encore plus abusivement la voix de l’opinion publique (note de Danielle Bleitrach)
Par Pauline Moullot — 1 juin 2016 à 16:37 sur le site de Libération

Un militant CGT et sa carte de délégué.

Un militant CGT et sa carte de délégué. Photo Gérard Cerles. AFP

Les détracteurs du syndicat l’accusent d’illégitimité car il représenterait moins de 3% des salariés. C’est confondre représentation et taux d’adhésion.

  • Non, on ne peut pas affirmer que la CGT ne représente que 3% des salariés

INTOX. Pour les opposants au syndicat, le fait est établi : la CGT n’est qu’un syndicat minoritaire qui ne représenterait qu’une infime partie des salariés. C’est donc sans légitimité qu’il se permettrait de mener la France à «la chienlit». Pour discréditer le mouvement, ses détracteurs n’hésitent pas à brandir un chiffre : le syndicat ne représenterait que 3% des salariés. Le chroniqueur droitier Eric Brunet raille sur RMC : «Un syndicat qui représente 3% des salariés a réussi à vider une loi de son sens. Bravo la CGT !» Le vice-président du FN Nicolas Bay rappelle les vrais problèmes :

« La ne représente que 2,6% des salariés. Il y a un vrai problème de représentativité des syndicats. »@Lopinion_fr

DÉSINTOX. En voulant saper la légitimité de la centrale, ses détracteurs confondent représentativité et nombre d’adhérents. 2,6%, c’est en effet peu ou prou la part des salariés français qui ont pris leur carte à la CGT en 2013 selon le Monde. Une part à mettre en perspective avec le faible taux de syndicalisation en France. Alors que 55% des Belges, 67% des Suédois et carrément 85% des Islandais sont syndiqués, il n’est que de 7,7% en France selon l’OCDE.

Mais réduire la représentativité d’un mouvement à son seul nombre d’adhérents relève du non-sens. En 2013, la CGT revendiquait 688 000 adhérents, soit 2,6% des salariés français. Mais si l’on effectue le même calcul pour le PS (111 000 adhérents revendiqués au 30 avril selon le parti), Les Républicains (238 000 au 1er janvier selon le parti) ou le FN (83 000 selon le parti) en les rapportant aux 45 millions d’inscrits sur les listes électorales, on arrive à ces taux mirifiques : le FN représenterait 0,18% des électeurs potentiels, le PS 0,25%, et LR, 0,53%. A eux trois, ces partis «représentent» donc moins de 1% des électeurs potentiels. C’est évidemment absurde.

Ce que Philippe Martinez, patron de la CGT, a d’ailleurs fait remarquer, rappelant que son syndicat compte plus d’adhérents que tous les partis politiques réunis. «À elle seule, la CGT a plus d’adhérents que l’ensemble des partis politiques en France et c’est eux qui nous parlent de légitimité», a-t-il déclaré sur RTL le 23 mai.

La représentativité d’un syndicat se mesure davantage, comme celle d’un parti, à l’aune des résultats électoraux. Lors des dernières élections professionnelles de 2013, où 5,4 millions de salariés s’étaient exprimés (42% de participation). La CGT avait dépassé d’une très courte tête la CFDT, avec 26,77% des voix contre 26%.

C’est d’ailleurs en se basant sur cette audience qu’est estimée très officiellement la représentativité des organisations syndicales en France. Le poids attribué en 2013 à chacun des cinq syndicats reconnus comme représentatifs est le suivant CGT (30,62%), CFDT (29,74%), la CGT-FO (18,23%), CFE-CGC (10,78%), CFTC (10,63%).

Pauline Moullot

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 16:19

par François Ruffin 27/05/2016 sur Fakir

On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

« Médias, patrons et dirigeants de droite se sont choisis un homme de gauche sur mesure : Laurent Joffrin. Comme opposant, c’est encore plus tranquille qu’un perroquet empaillé », écrivions-nous à propos de L’Idiot utile du capital. Mais voilà que, au nom de la « liberté de la presse », il pique une grosse colère…

C’était la routine, ce jeudi soir, au journal de France Inter à 19 h : « Les violences en manif », « la radicalisation », « les pompistes, qui sont en première ligne pour recevoir la colère des automobilistes », etc.
Puis le présentateur, Alain Passerel, s’engage franchement :

« Il n’y a pas que d’essence dont ont été privés les Français aujourd’hui. L’absence de quotidiens nationaux dans les kiosques ce matin. Sauf un bon élève, L’Humanité, qui ne s’est pas fait prier pour publier la tribune de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Les autres quotidiens ont refusé de céder au diktat. Résultat, grève des ouvriers du livre et non-parution du Figaro, du Parisien, de L’Equipe, etc. Ca s’appelle du chantage. Parce qu’ils ont refusé de céder au diktat de la CGT. Ca s’appelle du chantage. La conception de la liberté de la presse est un peu curieuse, du côté de la CGT, d’où la colère légitime des patrons de presse, même de celle qu’on classe à gauche. »

Et le présentateur de céder la parole à Laurent Joffrin, le patron de Libération :

« La décision de la CGT est honteuse et stupide. Ca va contre tous les principes, on n’a jamais publié de communiqué sous la pression, on ne le fera jamais, et donc on a bien fait de refuser. Et on voit le projet de la CGT, projet politique, c’est qu’il n’y ait qu’un seul journal. C’est un retour en arrière incroyable, ça ne s’est jamais produit. Y a une chanson des Beatles là-dessus, ça s’appelle Back in Ussr, ça veut dire retour en URSS. C’est ça la conception politique de la CGT aujourd’hui. »

En toute neutralité, toujours, le présentateur appuie cette subtile analyse, et nous offre un « clin d’œil » : la chanson des Beatles « Back in Ussr », car « ça va mieux en le chantant ».

Alain Passerel enchaîne ensuite avec un sujet sur les rémunérations des PDG, sur McDonald, sur le sommet du G7, avant de lancer : « Loin, bien loin des soucis français sur la loi Travail, les migrants continuent de mourir en Méditerranée… », sans lien aucun, donc, sinon ce sous-entendu : « Nous qui nous préoccupons de notre petit confort… »
Mais je voudrais revenir à Joffrin.
À sa conception à lui de « la liberté de la presse ».

Eux baignent avec bonheur dans cette démocratie rétrécie comme un poisson rouge tourne en rond dans l’eau tiède de son aquarium.

Soit : un jour par an, la CGT du livre impose son « diktat ».

Mais 364 jours par an, les quotidiens sont la propriété des grands patrons, Patrick Drahi pour Libération, le trio Bergé-Pigasse-Niel pour Le Monde, Serge Dassault pour Le Figaro, Bernard Arnault pour Les Échos et Le Parisien. Ça n’est pas l’URSS, certes, mais est-ce bien du pluralisme que de pouvoir choisir entre le journal d’un marchand d’armes et celui d’un banquier d’affaires, et dans tous les cas « s’informer » dans les colonnes de champions des holdings et des paradis fiscaux ? Est-ce bien conforme au projet du Conseil National de la Résistance, qui prévoyait d’affranchir la presse « des puissances d’argent » ? N’y a-t-il pas là, pour un démocrate comme Laurent Joffrin, matière à émotion, non pas un jour par an, mais tous les jours ?

Mais 364 jours par an, pour qui est habité de convictions hétérodoxes, nous avons à lutter contre la censure des quotidiens de Messieurs Drahi, Bergé-Pigasse-Niel, Dassault, Arnault. Nous avons à bâtir nos propres médias alternatifs avec deux morceaux de bois et trois bouts de scotch. Nous avons à passer sous les fourches caudines de Joffrin et de ses doctes confrères.
Sans doute ne le voient-ils pas, eux qui baignent avec bonheur dans cette démocratie rétrécie comme un poisson rouge tourne en rond dans l’eau tiède de son aquarium. Alors, un exemple : quand ont-ils fait leur Une, pour la dernière fois, sur le protectionnisme ? Jamais. Si demain, pourtant, le directeur de Libé était remplacé par le moins coûteux Joffrinescu en Roumanie, si les rédactions délocalisaient vers l’est en série, oui, ils s’en indigneraient aussitôt, soulèveraient l’Assemblée, feraient voter des lois contre « le dumping social ». Voilà quarante ans que ce scandale dure pour les ouvriers, et avec l’indifférence des médias : activement ou passivement, eux se font les partisans de « la libre circulation des capitaux et des marchandises », conformément aux intérêts de leurs grands patrons.
Quel jour de l’année, d’ailleurs, ces médias publient-ils des enquêtes, sur les fortunes de leurs propriétaires ? 2016 est une année bissextile, mais l’événement ne risque pas de se produire…
Est-ce cette autocensure, constante, sans répit, que Laurent Joffrin nomme « liberté de la presse » ?

Mais il y a pire.
Il y a pire, non pas 364 jours par an, mais même le 365ème !
C’est d’entendre Joffrin être qualifié « de gauche ».
Ça m’arrache le cœur.
Tous les samedis matins.
Sur France Inter.
Face à Alexis Brézet, du Figaro.
Être « représenté » par ça !
Par ce médiocre qui peine à aligner une idée sensée et trois mots audibles, qui marmonne dans sa barbiche !
Quand j’entendais Bernard Maris, souvent, je sentais qu’il portait ma parole, qu’il me fournissait des arguments, que je voudrais répliquer ça. Et idem, maintenant, avec Christian Chavagneux de Alter Eco.
Mais Joffrin !
Une épave intellectuelle.
Rien qui tienne debout.
Qu’on le laisse gloser dans le micro, d’accord, j’interdis rien, comme un petit vieux à l’hospice si c’est bon pour son traitement.
Mais pas en mon nom !
Pas sous l’étiquette « de gauche », pathétique repoussoir !
Le cadavre de Jaurès serait plus éloquent !

Notre pays souffre, c’est une évidence, d’une crise de la représentation, politique, mais également médiatique – avec des pans entiers qui sont exclus de l’Assemblée et des plateaux télés.
Quel est l’un des enjeux de la bataille en cours ?
Nous débarrasser d’une « fausse gauche » politique, du Parti socialiste des Valls-Macron-Hollande. Eh bien, de même, il faut que se débarrasser de la « fausse gauche » médiatique, que Joffrin et consorts soient évacués des studios de radio qu’ils occupent en notre nom, qu’on en dénonce l’usurpation.
Pierre Bourdieu le réclamait il y a vingt ans, il en appelait à un « mouvement social des journalistes contre tous les July et Joffrin » qui favorisent « à longueur d’éditoriaux les thèses mondialistes ».
Bourdieu est mort.
July est parti.
Joffrin, lui, sévit encore, avec d’incessants allers-retours (cinq en tout !, dix transferts !) entre Le Nouvel Obs et Libé, entre « l’hebdo de gauche » et « le quotidien de gauche », comme pour surveiller que ni l’un ni l’autre n’échappent à son insignifiance.
On attend donc ce mouvement des journalistes.
Qui viendrait libérer notre métier, moins de la CGT du Livre un jour par an, que du carcan des Joffrin les 364 jours restants.

On a piqué l’image au Facebook du Monde diplomatique.

Merci à François Ruffin pour cette analyse caustique et salutaire des réactions hypocrites - venant de "gauche" notamment et de Joffrin particulièrement, à la demande de la CGT - syndicat lourdement attaqué, et le seul ... - de faire paraître le 26 mai une tribune de Philippe Martinez, attaqué 24 heures sur 24, avec la CGT et les salariés qu'il représente, sans jamais être entendu ...

Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que les salariés, les militants, les syndicalistes, sont humiliés tous les jours par ces journalistes qui tiennent les plateaux télés, les infos et leur refusent la parole.  Vous les avez déjà entendus débattre entre eux du bien fondé de la loi Travail ? Ils ont rarement un contradicteur alors que plus de 70% des Français rejettent cette loi ?

Les humiliés, les offensés se rebiffent.  Et ça les surprend ?

 

Censure des Joffrin : 364 jours par an ! -  "Notre pays souffre, c’est une évidence, d’une crise de la représentation, politique, mais également médiatique – avec des pans entiers qui sont exclus de l’Assemblée et des plateaux télés." [ par François Ruffin]
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