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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 01:50

Mis en ligne sur ce blog le 24 mai 2016.  Toujours d'actualité.

La Commission européenne au complet - Ils ne sont pas élus - Ils oeuvrent dans l'ombre et le secret - Ils signent pour vous des directives et des traités de libre échange que vous refusez - Ils veulent vous imposer "la concurrence libre et non faussée", la loi Travail, les régressions sociales - Ce sont les préfets, en Europe, du capitalisme mondialisé.
La Commission européenne au complet - Ils ne sont pas élus - Ils oeuvrent dans l'ombre et le secret - Ils signent pour vous des directives et des traités de libre échange que vous refusez - Ils veulent vous imposer "la concurrence libre et non faussée", la loi Travail, les régressions sociales - Ce sont les préfets, en Europe, du capitalisme mondialisé.

Désolée, c'est en Anglais … Mais c'est la langue de l'Empire … Beaucoup de documents de l'Union Européenne sont accessibles uniquement en Anglais.

Vous pouvez reconnaître :

Le commissaire en charge de l’euro et du dialogue social.  Il s'est félicité de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française. Il était de passage à Paris le jeudi 31 mars … Ce commissaire letton partage la responsabilité des affaires économiques avec le Français Pierre Moscovici. C'est un libéral. Il s'appelle Valdis Dombrovskis et est aussi vice-président de la Commission européenne.

Pierre Moscovici, également commissaire, présente sur 20 minutes les nouvelles recommandations de la Commission à la France. A cette occasion concernant la loi Travail il soutient : « y renoncer serait une erreur lourde. [...]. Le marché du travail français est incontestablement trop rigide : il est extrêmement difficile d’y entrer, il n’est pas facile d’en sortir, et les plus précaires ne sont pas correctement protégés. ». Quant à l'opinion des Français sur la loi El Khomri, il propose de la négliger en arguant que «  la volonté du peuple doit s’exprimer dans les élections, pas dans les sondages  ». Le problème de Moscovici, c'est la mémoire. Il a « oublié » le vote des Français contre le traité constitutionnel remplacé par son jumeau que les parlementaires socialistes ont laissé passer ou voté en Congrès : le Traité de Lisbonne. Et quand on lui pose la question du référendum sur l'UE, il tranche : « J'y suis résolument hostile. […] la France appartient à l’UE, elle en est même un pays fondateur, et on ne fait pas de référendum sur sa propre identité »...

Comment appelle-t-on ça ? Tartuffe ? Spécieux ? Malhonnête ? Menteur ?  Tête à claques ? Comment, en lisant cette interview, ne pas avoir la haine ?

Yvette Genestal

Sources :

20 minutes

Euractiv.fr

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 23:00

"Ce processus de chantage confirme que l’euro et les politiques qui y sont associées sont vraiment contraire à l’intérêt national, et en conséquence le PCP estime que le Portugal devrait préparer et être prêt à se libérer des contraintes qui entravent le développement et le progrès du pays et essayent de le garder enchaîné à un cercle vicieux de la soumission, l’appauvrissement, l’endettement et du chantage."

paru sur le site Initiative communiste

image europe portugalAprès la Grèce à l’été 2015, le chantage de l’Union Européenne contre le Portugal montre une nouvelle fois la nature totalitaire, dictatoriale de l’Europe et de l’Euro.

Le conseil des ministres des finances de l’Union Européenne (ECOFIN) a donc décidé de suivre les recommandations de la Commission Européenne. Et de sanctionner le peuple portugais.

Lire plus sur http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/sur-la-decision-de-leurogroupe-et-le-chantage-de-lunion-europeenne-contre-le-portugal-par-le-pcp/

Sur la décision d’ECOFIN et le chantage de l’Union européenne contre le Portugal

Parti Communiste Portugais – 12 Juillet 2016

PCP portugal marcha_cdu_soberania_independencia_nacionalLa décision du Conseil Affaires économiques et financières de l’Union européenne (ECOFIN) de poursuivre les « procédures pour déficit excessif » contre le Portugal constitue une attaque inacceptable sur les droits et les conditions de vie du peuple portugais, un affront à la souveraineté nationale, à la démocratie inscrite dans la Constitution portugaise et à la volonté du peuple portugais.

En se référant à la période comprise entre 2013-2015 et au budget de l’Etat 2015, ce que cette décision montre c’est que pour  l’Union européenne et ses institutions tout sert à imposer leur politique d’exploitation et d’appauvrissement, y compris les conséquences économiques de la politique que l’Union européenne avait établi avec le gouvernement PSD / CDS que cette décision maintenant, apparemment, veut sanctionner.

Il est donc clair que la décision d’ECOFIN est, avant tout, encore une autre étape dans le processus de chantage et d’ingérence extérieure contre le Portugal et son peuple qui vise, comme le PCP l’a dénoncé dès le début, à inverser les réalisations et les progrès réalisés au cours des derniers mois ,  pour placer au centre du débat la politique de l’appauvrissement, l’exploitation et la soumission du PSD gouvernement / CDS précédente, et contraindre le débat sur l’avenir, à savoir le budget de l’Etat pour 2017.

Le PCP souligne que ce processus n’a absolument rien à voir avec des préoccupations au sujet de la santé de l’économie et les finances publiques nationales. Il s’agit d’un processus politique et idéologique, exécuté par les centres de décision du pouvoir économique et les structures de pouvoirs menés par l’Allemagne, à travers les institutions de l’UE, avec la collaboration active au Portugal du PSD et CDS. Son principal objectif est d’essayer de détruire ou de contraindre  toutes les réalisations, les progrès et l’espoir a été construit au cours des derniers mois selon la volonté du peuple et par le dialogue démocratique.

Comme le PCP a toujours averti, ce qui est vraiment en jeu est la pression politique – et les sanctions en sont juste une autre arme – pour imposer une nouvelle fois les politiques du passé qui ont causé et continuent de causer beaucoup de souffrances pour le peuple portugais. Et ainsi, le PCP estime que le gouvernement portugais ne peut pas céder au chantage, ne peut pas accepter les politiques et les «plans» que, sous prétexte de la soi-disant «amende zéro», ils sont maintenant tentés d’imposer.

L’Union européenne vient de confirmer, par cette décision, qu’elle poursuit sur les mêmes chemins qui ont traîné le Portugal et, en général, le continent européen, dans une situation de crise économique et sociale profonde, dont les conséquences politiques sont en vue.

Il appartient maintenant au gouvernement et aux institutions portugaises de défendre les intérêts du peuple et du pays et de prendre toutes les mesures pour atteindre cet objectif, y compris, de l’avis du PCP, le déliement du Portugal du «Traité budgétaire» et la proposition de tenir une conférence intergouvernementale pour l’abrogation de ce traité et d’autres traités qui emprisonne le Portugal dans des chaines pour le soumettre au chantage.

Cette décision est une nouvelle démonstration de la stratégie de l’UE : essayer de créer l’idée – de différentes manières et en utilisant les divers mécanismes d’ingérence et de domination qu’elle a dans ses mains – de l’impossibilité pour les peuples d’être en mesure de définir, en fonction de leur volonté souveraine,  des voies alternatives de développement. Cependant, la réalité montre que cette stratégie est non seulement vouée à l’échec et renforce le manque de légitimité de l’Union européenne, ce qui rend encore plus clairs les contradictions insolubles de l’intégration capitaliste.

Le PCP réitère sa position selon laquelle le développement d’une politique qui défend les intérêts des travailleurs et des peuples, l’intérêt national, implique une rupture avec les diktats et les contraintes extérieures imposées par l’Union européenne. Ce processus de chantage confirme que l’euro et les politiques qui y sont associées sont vraiment contraire à l’intérêt national, et en conséquence le PCP estime que le Portugal devrait préparer et être prêt à se libérer des contraintes qui entravent le développement et le progrès du pays et essayent de le garder enchaîné à un cercle vicieux de la soumission, l’appauvrissement, l’endettement et du chantage.

Le PCP lance un appel à tous les démocrates et patriotes à se joindre au rejet du chantage politique et de l’ingérence extérieure auxquels le Portugal est soumis. L’unité du peuple portugais dans la défense de ses droits et de l’intérêt national peut vaincre le processus de soumission, si puissant qu’ils puissent sembler.


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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 14:19

 

Les salariés ont deux ennemis, clairement identifiés par les directions syndicales dans le combat mené ces derniers mois contre la loi Travail :

-  le Capital et ses organisations nationales (Medef) et européennes (BusinessEurope)

-  le gouvernement socialiste qui s'est délibérément mis au service des deux premiers

Mais ni Philippe Martinez, ni Jean-Claude Mailly,  n'ont évoqué les directives de la Commission et du Conseil européen reprises point par point dans la loi Travail.  Dommage.  Il serait temps de désigner le troisième des adversaires des salariés de France : l'Union européenne et ses institutions, le conseil et la commission européenne. 

Comment combattre avec efficacité si on oublie l'un des responsables et si on le laisse libre de poursuivre ses méfaits sans qu'il soit jamais mis en accusation ?  Fort de cette discrétion des organisations syndicales, il peut ainsi continuer à soutenir toutes les contre-réformes austéritaires et destructrices des droits sociaux dans les Etats membres.

Pourquoi donc les syndicats craignent-ils de mettre en cause un de leurs adversaires les plus coriaces ?

AC

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 21:59

par ·

Jusqu’où l’Union européenne pourra-t-elle aller trop loin ? Cette question s’impose alors que montent les oppositions populaires, qu’elles s’expriment dans des votes (comme lors de l’élection présidentielle en Autriche) ou dans un référendum (comme en Grande-Bretagne), mais que montent aussi les raison objectives d’être écoeuré par la politique de l’Union (comme avec les « sanctions » prises contre l’Espagne et le Portugal) comme par les comportements de ses dirigeants ou anciens dirigeants. Le cas de José-Manuel Barroso est encore frais dans les mémoires, mais il est loin d’être le seul et il y aurait bien à dire sur le comportement de Jean-Claude Juncker. En quelques semaines, alors que l’UE est prise entre le « BREXIT » et la crise des banques italiennes, on a eu droit au catalogue complet des pathologies européistes.

Mais, cette question s’impose aussi, et peut-être surtout, quand on considère les pratiques collectives qui se tissent autour de l’UE, qu’il s’agisse de l’absence totale de transparence (dans le cas des négociations du TAFTA), de la volonté de faire passer un autre traité (comme le CETA avec le Canada), ou qu’il s’agisse de l’absence évidente de respect de la règle démocratique. Si l’Union européenne est aujourd’hui haï par une large partie des peuples qu’elle est censée unir, cela ne tient ni aux « eurosceptiques », ni à des accidents, mais cela traduit un véritable bilan politique. L’UE n’apporte, depuis plus de 15 ans que malheurs et misères aux peuples qui la composent. Il est significatif, à cet égard, que l’UE soit mise en cause dans de nombreux pays, de la Hongrie au Pays-Bas en passant par la Pologne. Il est aussi significatif qu’en dépit des pressions multiples exercées sur eux, des pays comme la Suisse ou l’Islande aient décidé de renoncer à toute perspective d’adhésion.

 

Un échec économique

L’Union européenne paye en premier lieu une politique économique entièrement soumise au néo-libéralisme et dont le seul objectif semble bien devoir être la destruction définitive des institutions de l’État social qui s’était mis en place dans les pays d’Europe occidentale à la suite de la deuxième guerre mondiale. Cette politique économique se masque derrière divers fétiches, de la volonté de « sauver la zone Euro », à celle de résoudre la « crise des dettes publiques ». Mais, elle plonge les pays qui s’y soumettent dans une dépression sans retour, une chute de l’investissement dramatique, un démantèlement des services publics au nom de la sacro-sainte « concurrence ».

Ces crises ont de graves conséquences sociales, directes, comme la montée du chômage, et particulièrement celui des jeunes dans les pays d’Europe du Sud, ou indirectes avec la montée des régionalismes. Ces crises à répétition entre les pays, les dresse les uns contre les autres, et menace la coopération européenne. Par dessus tout, l’Euro constitue un danger pour l’état d’esprit européen, tel qu’il s’était développé depuis le traité franco-allemand de 1963 et jusqu’à la chute du mur de Berlin. Ce sombre constat est partagé par de nombreux économistes. Qu’il s’agisse de Lord Mervyn King, l’ancien gouverneur de la Bank of England ou Banque centrale du Royaume-Uni, qui vient de publier un livre[1] où il étrille l’Euro, ou de Joseph Stiglitz qui publie lui aussi un livre entièrement consacré au risque que l’Euro fait peser sur l’Union européenne[2]. Avec le traité sur la coopération et la gouvernance, le TSCG, que François Hollande fit ratifier en septembre 2012, c’est la maîtrise du budget, élément essentiel de notre souveraineté, qui est en passe d’être retiré aux élus de la Nation. Les politiciens organisent ainsi leur propre impuissance pour fuir leurs responsabilités et, quand ils l’ont fait, partent pantoufler à Bruxelles, à l’instar de Pierre Moscovici, en attendant de se faire recruter par une grande banque d’affaires américaine.

 

Un échec politique

Nous sommes aujourd’hui dans une impasse, et de ce fait nous sommes condamnés à la crise. Ne pouvant plus ajuster la politique monétaire aux besoins de l’économie, le gouvernement découvre qu’il doit se plier à des règles strictes dans le domaine budgétaire et fiscal. Si un pouvoir extérieur fixe désormais la politique monétaire, il faudra à terme que le même pouvoir fixe les règles budgétaires et fiscales. . Si le processus budgétaire échappe au contrôle du gouvernement il en va de même pour le processus fiscal. Or, le fondement de TOUTE démocratie réside dans le fait que la représentation du peuple, le parlement, doit avoir – et lui seul – le dernier mot en matière de budget et d’impôt. L’Euro, alors, détruit lentement les vieilles nations au sein desquelles s’était construite et consolidé la démocratie et menace désormais d’un retour en arrière au monde d’avant 1789.

La question de la compatibilité entre l’Euro et un système démocratique se pose donc. Cette monnaie a imposé à la France de céder sa souveraineté monétaire à une institution non élue, la Banque centrale européenne. Ce processus avait déjà commencé dans la période antérieure (de 1993 à 1999) avec l’établissement d’un statut d’indépendance de la Banque de France. Mais il ne faisait sens qu’en raison de la mise en place à venir de l’Euro. L’indépendance des Banques centrales résultant du processus de sa mise en. Or, ce qu’implique ce premier abandon de souveraineté est encore plus important que cet abandon lui-même. Une fois que vous avez laissé à d’autres le choix de la politique monétaire, vous devez admettre que ces « autres » vont déterminer par leurs actions les règles budgétaires que vous devrez suivre. Mais, cette question de la compatibilité avec le système démocratique, elle est désormais posée par le fonctionnement même de l’Union européenne. Si l’on en veut une preuve, rappelons cette citation de Monsieur Jean-Claude Juncker, le successeur de l’ineffable Barroso à la tête de la commission européenne : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Mais il ne faisait ici qu’imiter le dit Barroso, dont les talents renardiers sont indiscutables[3]. Ce divorce entre élite et peuple trouve une de ses justifications dans le délitement de la souveraineté nationale qui marche de concert avec le délitement de la démocratie. Certes, des élections se tiennent régulièrement en France. Mais, ont-elles encore un pouvoir de changer la politique, voire de changer l’élite dirigeante ? On peut en douter. Ce délitement de la souveraineté nationale s’est mis en place avec le traité de Maastricht. Il s’est amplifié par petit pas. Victor Hugo le disait déjà[4], et comme en son temps on peut écrire que l’on «nous retire petit à petit tout ce que nos quarante ans de révolution nous avaient acquis de droits et de franchises.(…) Le lion n’a pas les mœurs du renard [5]».

 

Une crise de la démocratie

C’est la cause de la crise de la démocratie que nous subissons. Elle se manifeste d’abord par une abstention importante lors des différents scrutins. Cela se manifeste aussi par un repli vers différentes communautés et la montée du « communautarisme ». Les Français, se sentant désormais de moins en moins citoyens, et ce d’autant plus que l’on a de cesse de galvauder ce mot dans des emplois ridicules qui sont autant de contresens, se replient sur ce qui semble leur offrir une protection : communautés religieuses, communautés d’origines…Ce faisant ils se précipitent en réalité vers la guerre civile. C’est bien là la critique la plus radicale que l’on puisse faire à l’Euro et à l’Union européenne : celle de déchirer de manière décisive le tissu social et de dresser, à terme, les Français les uns contre les autres. Il n’est dans la logique de l’Euro d’autre avenir que celui décrit par Hobbes : la guerre de tous contre tous. Mais, soyons sûrs que cette guerre ne sera pas sans profits pour certains.

L’Euro a entraîné les économies des pays membres de la zone dans une logique de divergence de plus en plus forte. Cette logique a conduit à des plans d’austérité de plus en plus violents, qui exaspèrent les populations et qui dressent celles des pays ayant moins de problèmes contre celles des pays qui en souffrent le plus. Loin d’être un facteur d’unité et de solidarité, l’Euro entraîne le déchaînement des égoïsmes des uns et des autres et la montée des tensions politiques.

 

La fin de l’UE

Ce qui est donc étonnant n’est pas l’hostilité contre l’Union européenne, mais que cette dernière s’exprime sous des formes aussi policées, comme avec regret. Ce que l’on peut d’ailleurs comprendre. L’idée de la construction européenne, même si elle fut largement utopique, reste une belle idée. Mais, l’Union européenne n’est pas l’Europe. Elle n’est qu’une des formes possibles, et aujourd’hui une forme hideuse, que prend la construction institutionnelle en Europe. Le besoin de coopération entre les nations européennes est évident. Mais il faut convenir aujourd’hui que l’UE est plutôt un obstacle à cette coopération. Le besoin de coopération s’exprime dans une demande politique ; à cela l’UE ne répond que par une anti-politique : le marché unique. Il nous faut aujourd’hui retrouver le sens profond de la construction européenne, et pour cela répondre à cette demande politique par des solutions politiques. Il ne faut pas se voiler la face. L’Euro a contaminé l’Union européenne. Il serait bon que, profitant du choc provoqué par une dissolution de l’Euro (qu’elle soit contrôlée ou non), on puisse remettre à plat un certain nombre de problèmes, et en particulier les règles du « marché unique » ou les procédures de négociation qui sont aujourd’hui en cours autour du « grand marché transatlantique ». Ceci impose qu’un gouvernement qui se fixerait comme objectif de sortir de l’Euro ait aussi des idées précises sur ce que pourrait être la coopération entre pays européens, mais aussi entre les pays européens et le reste du monde.

Cela ne pourra passer que par cette Communauté des Nations Européennes, une communauté qui sera nécessairement ouverte à la Russie, et qui devra remplacer cette Union européenne aujourd’hui agonisante. Pour cela, il faudra écrire un nouveau traité, remplaçant l’ensemble des traités existants et les frappant par là même de caducité. C’est à cette tâche qu’il faut aujourd’hui s’atteler.

[1] King, Mervyn A., The End Of Alchemy: Money, Banking And The Future Of The Global Economy, Londres, Little, Brown, 2016.

[2] Stiglitz Joseph E., The Euro: And its Threat to the Future of Europe, New Yok, Allen Lane, 31 mai 2016.

[3] Barroso J-M., Speech by President Barroso: « Global Europe, from the Atlantic to the Pacific », Speech 14/352, discours prononcé à l’université de Stanford, 1er mai 2014.

[4] Voir sa plaidoirie devant le TRIBUNAL DE COMMERCE, lors du « PROCES DE MONSIEUR VICTOR HUGO CONTRE LE THEÂTRE-FRANCAIS, ET ACTION EN GARANTIE DU THEÂTRE-FRANCAIS CONTRE LE MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS » en 1832.

[5] http://librairie.immateriel.fr/fr/read_book/9782824701387/chap_0035

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 14:42
Un autre regard critique… venant du Sud : Union Européenne, droit et devoir d’inventaire

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Et c’est le droit, et le devoir, de tous les peuples du monde de s’affranchir, de se libérer, pour construire un autre monde, post-capitaliste, post-impérialiste, post-européen…

Elle se fissure l’UE actuelle, avant peut-être un long et profond processus de désagrégation. Cela devait arriver, seulement que nous ne savions point ni quand ni comment. Le Royaume-Uni vient de décider de quitter l’Union européenne après un referendum, qu’ainsi soit-t-il. La Grèce aurait pu le faire en 2015, car il y avait toutes les raisons d’un « Grexit », mais son gouvernement n’eut pas le courage ni voulut se doter des moyens pour le faire et laissa piétiner son référendum anti-austérité.

La CECA-EURATOM//CEE/Union Européenne fut et reste encore le volet civil et économique de l’OTAN. Elle était destinée au début à amarrer l’Allemagne à la France, au dessein fixé par les USA à l’Europe occidentale, avec le Plan Marshall d’abord. Ce fut inauguré avec l’éclosion de la guerre froide, cette ère de paix impossible, guerre improbable, lancée en mars 1947 par un célèbre discours de Harry Truman. Pour faire face aux Soviétiques il fallait donc à la base neutraliser définitivement l’Allemagne, initiatrice des deux guerres mondiales, par des moyens irréversibles. Cependant, même occupé par les vainqueurs du nazisme en 1945 -soviétiques, états-uniens, britanniques et français- et divisé ensuite en deux États, la RFA et la RDA, le pays de Goethe et de Bismarck ne pouvait que se réindustrialiser et redevenir la première puissance industrielle de l’Europe occidentale, et aussi se réunifier in fine.

A sa double mission initiale se rajouta une autre, fondamentale. Depuis le milieu des années 1980 apparut clairement une nouvelle fonction pour la CEE (Communauté économique européenne), ne pas la moindre et bien plus vaste, celle de prescripteur et vecteur fondamental de la politique néolibérale dans le sous-continent. La philosophie et les objectifs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), promotrice du libéralisme économique en Europe occidentale, étaient directement adoptés par Bruxelles. Bousculant la souveraineté des États et des peuples, corrodant ou détruisant peu à peu les garanties de protection sociale des travailleurs, leurs salaires et leur pouvoir d’achat, en démolissant petit à petit l’État social. Depuis 2002 la monnaie unique est ainsi son instrument permanent de torture. L’euro fort bénéficie avant tout et surtout à l’Allemagne.

Le système construit en Europe occidentale pour consolider la guerre froide consistait donc en : a. une doctrine, l’endiguement de l’URSS et ses alliés ; b. la force militaire avec le développement des armes nucléaires -déjà en possession des USA depuis 1945- et la dissuasion ensuite ; c. l’alliance atlantiste, l’OTAN, fondée en avril 1949 ; d. le Plan Marshall (1948-1951). A la fin, celui-ci fut suivi en 1951 par la première institution ouest-européenne en tant que telle, la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier). L’URSS ayant rejeté la proposition d’aide financière états-unienne, car conditionnée à l’acceptation du libéralisme économique par les pays bénéficiaires et vecteur d’une mise sous tutelle économique et culturelle, fonde en janvier 1949 le CAEM(COMECON)-Conseil d’assistance économique mutuelle, incluant tous les pays de l’Europe de l’Est et finalement une alliance militaire, le Pacte de Varsovie, le 14 mai 1955, en réponse à l’adhésion à l’OTAN le 9 mai 1955 de la RFA, en voie de remilitarisation.

La astucieuse trouvaille française, consistant à vouloir dompter et brider l’ogre germanique, car d’après Robert Schuman l’objectif était de rendre une nouvelle guerre avec les Allemands non seulement impensable mais aussi matériellement impossible, se retourna contre ses créateurs. C’est l’Allemagne, réunifiée même -mais plutôt parler d’une annexion par la RFA de la RDA – après la chute du Mur de Berlin en 1989, qui fini par faire de l’UE une sorte de nouveau saint-empire romain-germanique, euro-germanique, où rien ne se fait contre Berlin ou sans le consentement de Berlin, qui nomme -ou consenti la désignation de- l’exécutif et les technocrates à Bruxelles, avec des feuilles de route bien précises. Le deutschemark devenu €/euro fut depuis toujours bien contrôlé à Francfort par la banque centrale allemande.

Les prémices du rassemblement ouest-européen furent le traité défensif de Dunkerque entre la France et le Royaume-Uni en 1947, et le traité défensif de Bruxelles de mars 1948 devenu ensuite Union de l’Europe occidentale, qui fut comme une répétition générale. Un intense travail souterrain et de lobbying (entre 1948-1960) du Comité américain pour une Europe unie/American Committee on United Europe finançait et soutenait en sous-main les personnalités et mouvances fédéralistes européennes, notamment le Mouvement européen international.

Ce traité exclusivement ouest-européen (France, Royaume-Uni et Benelux) fut suivi par la signature à Washington le 4 avril 1949 du traité défensif créant l’OTAN. Les membres fondateurs de l’alliance militaire furent les cinq que nous venons de citer du traité de Bruxelles plus les États-Unis, le Canada et encore quatre autres pays européens, la Norvège, le Danemark, l’Islande et le Portugal (du dictateur Salazar). A présent toute l’UE sauf cinq pays -l’Irlande, l’Autriche, Chypre, la Suède et la Finlande- font partie de cette alliance défensive … qui devint offensive.

[...]

Lire l'article intégral en cliquant sur le lien ci-dessous

http://www.investigaction.net/un-autre-regard-critique-venant-du-sud-union-europeenne-droit-et-devoir-dinventaire/

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 22:32
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:28
Italie, la crise qui vient

par sur son blog "Russeurope"·

La situation des banques italiennes est aujourd’hui critique. Le dossier de leur recapitalisation occupera une bonne partie de cet été. Il met en cause directement les règles de l’Union bancaire, qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2016. L’impossibilité pour le gouvernement italien de respecter les règles de l’Union bancaire met en lumière les dysfonctionnements toujours plus importants de la zone Euro.

 

La part des prêts dits « non-performants » dans le bilan des banques atteint désormais près de 18%, d’après une étude du FMI[1]. En dehors de la Grèce, où ce taux atteint plus de 34%, c’est le taux le plus élevé de la zone Euro. Le Portugal suit d’ailleurs ce mouvement, mais à un niveau bien moindre, puisque le pourcentage des mauvaises dettes n’est « que » de 12%. En montant, on estime le volume total des encours à 360-400 milliards d’euros, dont 70 à 100 milliards devront être couverts, soit par l’Etat, soit par d’autres mécanismes.

[...]

La croissance du Produit Intérieur Brut, qui était relativement forte dans la décennie 1990-2000 est désastreuse dans les années qui suivent l’introduction de l’euro. L’Italie n’a d’ailleurs toujours pas retrouvé son niveau de PIB d’avant la crise de 2007. En fait, le PIB de 2015 se situe à un indice 116% par rapport à 1990 alors qu’il avait atteint l’indice 127% en 2007. Si l’Italie avait pu poursuivre sa croissance au rythme des années 1993-1999, elle serait, en 2015, à un indice 2015. Autrement dit, l’euro a coûté 34% en niveau de PIB en 2015. En PIB par habitant, ce qui constitue une grandeur plus conforme à l’évolution de la richesse de la population, et en supposant la répartition interne de cette même richesse inchangée, l’indice n’est que de 108% par rapport à 1990. Autrement dit, en 25 ans la croissance par tête n’a été que de 8%.

Mais, l’évolution de l’investissement (tant public que privé) est encore plus inquiétante. La chute brutale de l’investissement du début des années 1990, chute qui était nécessaire pour réduire l’ampleur du déficit budgétaire a été corrigée par la suite, et l’investissement est monté à un indice 125 en 2007. Mais, depuis, il n’a cessé de baisser et il est à un indice 87. Autrement dit, l’Italie investit 13% de moins en 2015 que ce qu’elle investissait en 1990. On ne doit alors pas s’étonner si la productivité du travail régresse dans ce pays et si la qualité des infrastructures publiques, qu’elles soient nationales ou municipales, se dégrade très rapidement à l’heure actuelle.

[...]

Tout se paye, un jour ou l’autre. Ayant refusé le principe de solidarité dans la zone Euro l’Allemagne a imposé sa vision des règles ; mais, elle se rend compte aujourd’hui que cette vision est intenable pour les pays de l’Europe du Sud. Elle est donc coincée entre la poursuite suicidaire d’une politique qui ne marche pas et la reconnaissance de ses erreurs passées. Ce qui rend le problème d’autant plus grave est que le poids de l’Italie est bien plus considérable que celui de la Grèce. Tout le monde comprend qu’une sortie de l’Italie de l’Euro sera l’acte de décès de la monnaie unique. La crise grec de l’été 2015 n’a été que le hors d’œuvre ; la crise italienne sera LA crise de la zone Euro.

[1] IMF Financial Soundness Indicators Database

 

Lire l'article intégral en cliquant sur le lien ci-dessous

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 14:11
Oubliez le Brexit, le vrai risque pour l'UE pourrait venir d'Italie...

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Matteo Renzi a fait un tel vide autour de lui au sein de son propre parti, le Parti démocratique, qu'il sera impossible de le remplacer par un autre homme à la présidence du Conseil.

Matteo Renzi a fait un tel vide autour de lui au sein de son propre parti, le Parti démocratique, qu'il sera impossible de le remplacer par un autre homme à la présidence du Conseil. (Crédits : Reuters)

Matteo Renzi doit faire face à deux crises : le besoin de capitaux des banques et un référendum à haut risque en octobre sur ses réformes constitutionnelles. Sa position est très fragile sur les deux fronts qui sont un défi pour l'UE.

Le Brexit n'est peut-être pas le seul défi de grande ampleur auquel l'Union européenne va devoir faire face cette année. En octobre - la date exacte n'est pas encore fixée - les Italiens seront appelés aux urnes pour se prononcer par référendum sur la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi. Un vote crucial, car le président du Conseil en a fait un véritable vote de confiance de la population envers son action. C'est un point important, car il convient de rappeler que l'ancien maire de Florence est arrivé au pouvoir en décembre 2013 à la suite d'un « putsch » interne contre le chef de gouvernement d'alors, Enrico Letta, lui-même nommé après d'âpres discussions parlementaires au printemps 2013. Matteo Renzi n'a jamais été « choisi » par les Italiens. En cas de défaite, il sera difficile pour l'hôte actuel du Palais Chigi, le Matignon italien de faire comme si de rien n'était.

Vers de nouvelles élections ?

Or, Matteo Renzi a fait un tel vide autour de lui au sein de son propre parti, le Parti démocratique, qu'il sera impossible de le remplacer par un autre homme à la présidence du Conseil. Dans ce cas, la dissolution du parlement devrait apparaître comme la seule issue possible. C'est d'ailleurs ce qu'il a indiqué : en cas de « non », il y aura de nouvelles élections législatives qui seront à très haut risque. Les derniers sondages révèlent ainsi que la formation eurosceptique du Mouvement 5 Etoiles (M5S), créée par Beppe Grillo, a pleinement profité de ses deux victoires fracassantes aux municipales de Rome et Turin. Pour la première fois, elle est ainsi donnée en tête des enquêtes avec plus de 30 %. Le sondage réalisé par EMG Acqua pour La7 lui donne 30,7 % des intentions de vote contre 30,2 % au Parti démocratique (PD) de Matteo Renzi. En cas de victoire aux législatives, le M5S risque de secouer l'Union européenne, notamment avec sa promesse de référendum sur le maintien du pays dans l'euro.[...]

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 13:38
Le numéro 11 de Ruptures est arrivé! Ci-dessous l'édito signé par Pierre Lévy

Donc on peut s’en aller. C’est la leçon essentielle qui découle du référendum britannique. En dépit de l’incroyable brouhaha politico-médiatique et de l’extraordinaire confusion que les mauvais perdants ont tenté de semer.

Car on aura tout entendu, du plus classiquement éculé au plus audacieusement grotesque : les Britanniques ont voté par « inadvertance », dans un « moment d’égarement » ; ils voulaient juste donner un avertissement au Premier ministre ; ils regrettent déjà leur vote ; du reste, un référendum devrait n’être valable qu’avec 60% de votes positifs ; avoir lancé consultation populaire est « irresponsable », voire « criminel ». Par ailleurs, le divorce d’avec l’UE est « matériellement impossible » ; en outre, le parlement peut encore défaire ce que les citoyens ont tranché ; et finalement, la procédure de divorce pourrait bien ne jamais être enclenchée…

L’Europe a une longue expérience en matière d’inversion des verdicts populaires. Mais cette fois, il va falloir que ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités s’y fassent : la sortie aura lieu. Ni le levier écossais (aléatoire et lointain), ni la (malheureusement réelle) désinvolture des Tories pro-Brexit (mais qui n’avaient nullement le monopole de la campagne anti-UE) n’y changeront rien.

L’événement est de même magnitude que la chute du Mur de Berlin. Mais là où cette dernière avait enclenché l’extension de la domination occidentale, antisociale et belliqueuse, sur le monde, le choix du peuple britannique sape les fondements d’un des piliers majeurs de cette hégémonie. La « contagion » constitue dès lors la grande terreur des dirigeants européens. Comme s’en désespère l’ultra-fédéraliste Guy Verhofstadt : « ce n’est qu’une question de temps avant qu’on voie d’autres pays se lancer dans des demandes similaires ».

Les maillons faibles sont déjà connus (mais n’excluent pas des surprises) : le Danemark et les Pays-Bas, mais aussi l’Italie… Et bientôt le tour de la France ? Dès 2004 – date de la signature de feu le traité constitutionnel, suivie quelques jours plus tard d’une gifle monumentale manifestée par l’abstention massive aux élections européennes – les premières fissures sont apparues. Les Non français et néerlandais de 2005 ont provoqué de profondes lézardes. Le Brexit creuse une brèche si béante que la digue ne peut désormais plus être réparée.

Certains seconds couteaux vendent la mèche, tel Alain Lamassoure qui plaide « pour un divorce très couteux et très douloureux pour le Royaume-Uni » (avis aux volontaires suivants), ou bien l’ancienne présidente de l’europarlement Nicole Fontaine, qui se réjouit déjà : « quand on va constater les conséquences économiques qui vont frapper la Grande-Bretagne, ça peut calmer les pays tentés par cette contagion ».

Au fond, l’UE ressemble furieusement à une secte : si un membre veut quitter l’organisation pour retrouver sa liberté, on le harcèle, on le dénigre, on le menace des pires conséquences – bref, on s’efforce de lui pourrir la vie ; pour le punir, mais aussi et surtout pour tétaniser ceux qui seraient tentés de le suivre.

Les coups tordus et les obstacles ne manqueront donc pas, ce qui laisse ouverts les formes et le délai de la sortie du Royaume-Uni. Mais pas sa survenance. Notamment parce que le vote populaire a eu pour facteur essentiel « la rébellion des dominés contre les dominants et des laissés-pour-compte contre les décideurs » selon les termes du présentateur vedette de la BBC Andrew Marr. De fait, c’est bien dans les villes ouvrières et les régions désindustrialisées (en Angleterre du Nord, en particulier) que la victoire a été assurée.

Les quolibets haineux qui fusent contre ces « milieux défavorisés » dotés d’« un niveau d’éducation inférieur », « irrationnels et mus par la haine » témoignent jusqu’à la caricature d’un mépris de classe rehaussé par la hargne de la défaite, qui s’est illustré en particulier parmi les milliers de manifestants londoniens – jeunes « citoyens du monde » des bobos quartiers auxquels se mêlaient des expatriés – qui ont réclamé l’annulation du vote exprimé par plus de 17 millions d’électeurs, s’appuyant sur une pétition en ligne ouverte à la signature de la planète entière…

Tout cela sera vain. Car un spectre hante l’Europe, qui a été formidablement résumé par le président allemand Joachim Gauck trois jours avant le scrutin, dans un mélange de lucidité et d’effroi : « les élites ne sont pas le problème, ce sont les peuples qui sont pour le moment le problème ».

Tout est dit.

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 23:18

par ·    sur le site Russeurope.  Extraits.

Le Brexit oblige les divers dirigeants des pays de l’Union européenne à une prise de conscience de la crise que connaît cette dernière. On constate que ce sont les dirigeants français qui ont le plus de mal à intégrer cette nouvelle réalité et à y faire face. La sortie du monde des illusions semble particulièrement pénible, que ce soit pour François Hollande ou pour Manuel Valls. Pourtant, ce retour aux réalités s’impose car la question aujourd’hui posée n’est plus celle d’une « réforme » de l’UE mais de sa transformation radicale, actant par là la fin du projet fédéraliste. Tel était le sens de l’appel signé par vingt intellectuels, dont votre serviteur[1]. La nécessité de maintenir entre les pays européens, et TOUS les pays européens, des structures permettant des formes adaptées de coopération est évidente. Mais, les institutions de l’UE ne sont plus en mesure d’assurer cette fonction. En ce sens l’UE est morte.

 

Cette mort de l’UE implique que l’on prenne conscience des réalités. Or, certaines d’entre elles sont particulièrement déplaisantes pour un cerveau qui fut abreuvé par la propagande européiste, comme c’est le cas pour une large partie de notre classe politique.

1- Le « couple » franco-allemand est mort.[...]

2- Les divergences entre Allemands et Français quant au futur de l'UE sont irréconciliables.[...]

3- Ces divergences ont été révélées crûment par le Brexit et la question de l'attitude à adopter vis-à-vis de la Grande-Bretagne.[...]

4-  L'inachèvement structurel de la zone Euro et de l'Union Economique et Monétaire a atteint désormais son seuil critique. [...]

 

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