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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 16:06

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 15:36
Alerte ! Le CETA passe en force !
Alerte ! Le CETA passe en force !

Crédits photos : Bgilst (drapeau canadien), Sébastien PODVIN (drapeau UE)

On connait la ligne adoptée par Trump contre les traités de libre-échange. Il faut donc suivre de près ce qui se passe dans le tohu-bohu en cours. Car si Trump annonce être contre le TAFTA, accord de libre-échange entre son pays et l’Union européenne, pendant ce temps l’accord avec le Canada suit son parcours. Et ses partisans en Europe comme au Canada n’en sont que plus chaud-bouillants pour parvenir à le faire adopter. En effet le Canada deviendrait le point de passage de l’échange des produits entre européens et nord-américains. Car le Canada est, de son côté, intégré dans une zone de libre-échange avec les USA. Le trajet du texte est donc à suivre avec le maximum d’attention. Voyons cela.

Lire l'intégralité en cliquant sur le lien ci-dessus.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 00:17
A Elbeuf, les professeurs du lycée André Maurois en grève aujourd'hui

D'après le SNES-FSU, 50 des 80 enseignants de l'établissement n'ont pas assuré leurs cours ce lundi. En cause : la dotation horaire globale annoncée par le Rectorat pour la rentrée de septembre 2017.

  • Par Emmanuelle Partouche sur Fr3 Normandie
  • Publié le
Le lycée Andrée Maurois d'Elbeuf (76) © Google Maps

© Google Maps Le lycée Andrée Maurois d'Elbeuf (76)

 

1373 heures pour la rentrée 2017 contre 1453 en septembre dernier. D'après le syndicat SNES-FSU, la dotation horaire globale (DHG) annoncée par l'Académie pour le lycée André Maurois est donc en baisse de 80 heures. 

[...]

Des conséquences nombreuses

D'après le syndicat, cette DHG devrait entraîner en septembre prochain :

  • la perte d'une classe de seconde qui s'ajoute à une autre perdue l'an passé,
  • des conséquences sur les heures de dédoublement, c'est-à-dire des heures de cours durant lesquels les classes sont divisés en petits groupes. Ce serait notamment le cas en langues vivantes, en histoire-géographie et en enseignement moral et civique,
  • en classe de première STMG, ce serait un projet de stage en Angleterre qui ne pourrait plus être assuré,
  • 10 professeurs devraient également enseigner dans d'autres établissements de la région faute de pouvoir enseigner au lycée André Maurois le nombre d'heures qui leur est demandé par l'Education nationale à savoir 15 heures pour un professeur agrégé et 18 pour un professeur certifié 

A long terme, si cette dotation continuait de baisser, certaines options comme le grec pourraient tout bonnement disparaître. "Or, le lycée André Maurois est le seul lycée public à enseigner le grec à Elbeuf." regrette Alexandre Audebert, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée André Maurois Elbeuf et représentant SNES-FSU.
 

Une audience demandée au Rectorat

Les syndicats réclament donc que la dotation soit revue à la hausse afin de maintenir notamment la dixième classe de seconde du lycée. Lors du Conseil d'administration qui se tient ce soir, les réprésentants des enseignants vont voter non à ce projet de dotation horaire globale.

[...]

Lire l'intégralité ci-dessous

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 00:13

Cet article est reposté depuis Ça n'empêche pas Nicolas.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 00:12
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 00:04

 

La primaire organisée par le parti socialiste, qu’elle soit appelée la « primaire de la gauche » ou la « primaire citoyenne » ou encore la « primaire de la belle alliance » a montré que des divergences importantes existaient entre les divers candidats sur la question du programme économique. Il faut d’ailleurs rappeler que cette « primaire » n’a pas le monopole des idées de gauche. Jean-Luc Mélenchon défend de son côté un programme assez cohérent dans le cadre du mouvement que l’on nomme « la France insoumise ». Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur Radio-Sputnik sur son programme dans une émission ultérieure durant le mois de février.

 

Le programme économique divise donc les candidats à la primaire socialiste. Une forte opposition sur la question de formes, même modérée de protectionnisme, a opposé Arnaud Montebourg, éliminé dimanche dernier aux autres candidats. Mais cette question du « produire en France » ou du protectionnisme, était bien un moyen de poser la question du chômage. Oh, bien sûr, tous les candidats déclarent vouloir faire baisser le nombre de chômeurs, dont on rappelle ici qu’il atteint les 4,5 millions de personnes. Mais, l’attitude sur ce point diffère entre un Benoît Hamon, dont on peut penser que le revenu universel s’enracine dans l’idée que le travail va sa raréfier dans les années à venir, et un Manuel Valls qui prétend au contraire défendre le rôle central de la valeur travail au sein de son travail. Mais, Manuel Valls, en tant que Premier-ministre, n’a guère eu de succès dans la lutte contre le chômage. Il faut aussi parler de la fameuse « loi travail », qui est au cœur des affrontements entre la gauche du PS et ce que l’on appelle la « gauche de gouvernement ». Enfin, ces programmes se sont aussi affrontés sur la dimension que chacun accorde à la transition énergétique et à l’écologie.

Notons qu’un problème économique clef aujourd’hui en France, l’écart de compétitivité avec l’Allemagne, qui a été estimé à plus de 20% par une étude du FMI, ne fut jamais abordé. Or, il est central pour comprendre les problèmes de la France aujourd’hui. Alors, dans ces conditions, quel programme peut prétendre dans ces conditions être réaliste, et quel programme va s’avérer être en fait idéaliste ?

C’est un problème clef car c’est bien sur ce point que se jouera l’affrontement entre Benoît Hamon et Manuel Valls dimanche prochain.

 

Pour répondre à ces questions, j’ai reçu vendredi 27 janvier Frank Dedieu, professeur à l’IPAG et délégué général de République Moderne, et Frédéric Farah, co-auteur d’une « Introduction inquiète à la Macron-économie ». Frédéric Farah estime, en observant les débats au sein de la primaire de la Belle Alliance, que « le parti socialiste ne veut pas rompre avec 83, le tournant de la rigueur et les choix européens qui ont été faits. » Frédéric Farah avoue être « très sceptique » face à la confrontation « Valls le réaliste » contre « Hamon l’idéaliste ». Car «l’écart de compétitivité, notre rapport à la monnaie unique, (et) les règles budgétaires» n’ont pas été abordés sérieusement lors de cette primaire. Pour Frank Dedieu, ce constat est partagé: «Le grand absent de cette primaire, c’est l’euro.» A l’exception d’Arnaud Montebourg plutôt protectionniste, « nos deux finalistes ont voulu rompre avec les conséquences de 83 mais ils ne veulent pas rompre avec les causes de 83 qui sont la rigueur et l’Europe… ».

 

Vous pouvez retrouver cette émissions sur : https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201701271029821070-primaire-socialiste-gauche/

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 18:23

Cet article est reposté depuis Front Syndical de Classe.

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 16:46
Vivarte : des plans pas vraiment sociaux

Françoise Lambert sur le site de FO Vivarte

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Lundi 23 janvier 2017, les salariés de Vivarte manifestaient devant le siège de Vivarte. Photographie : F. Blanc (CC-BY-NC 2.0)
 
Extraits de l'article

[...]

Fermeture de 141 magasins La Halle aux chaussures

A la Halle aux chaussures, qui emploie actuellement 3 200 salariés en CDI, la suppression de 573 postes est au programme, avec la fermeture de 141 des 650 magasins (et non 97 fermetures comme annoncé initialement).

La direction prévoit aussi la fusion de 41 autres boutiques avec celles de la Halle aux vêtements et la fusion des sièges de la Halle aux chaussures et de la Halle aux vêtements (150 emplois impactés sur un total de 520 actuellement).

[...]

Mise en vente des magasins de chaussures André et de Naf-Naf

Outre cette saignée d’emplois, la mise en vente de la chaîne de magasins de chaussures André, qui emploie près de 800 salariés dans 135 boutiques, a été annoncée, ainsi que la vente de la marque Naf-Naf (865 salariés).

Contre le système des LBO

On n’assiste pas à un plan de restructuration, on avance vers le démantèlement du groupe, estime Christophe Lecomte, de la section fédérale FO Commerce, qui dénonce le système des LBO (leveraged buy-out ou achat à effet de levier en français, Ndlr), qui permet à des fonds d’investissements de racheter des entreprises tout en faisant payer à celles-ci le coût du rachat, via des emprunts qui génèrent des dettes énormes.

Le groupe Vivarte est dirigé par des fonds d’investissements américains, parmi lesquels Alcentra et Oaktree, et les salariés assistent depuis quelques années à une valse sans précédent des dirigeants.

Plus d’argent consacré à la dette qu’aux investissements

Une étude financière commandée par les syndicats montre que le groupe Vivarte a consacré 1,9 milliard d’euros au service de la dette ces dix dernières années. Seulement 1,2 milliard d’euros ont été consacrés à l’investissement sur la même période.

Vivarte a perçu 45 millions d’euros depuis 2013 au titre du CICE

C’est d’ailleurs entre autres ce qu’ont expliqué les membres de l’intersyndicale, à la ministre du Travail Myriam El Khomri et au secrétaire d’État à l’Industrie Christophe Sirugue, qui les ont reçus le 25 janvier. Les représentants syndicaux ont en outre rappelé que Vivarte avait perçu 45 millions d’euros depuis 2013 au titre du CICE, estimant que le groupe devait rendre des comptes.

[...]

Les syndicats FO, CGT, CFTC, CGC et SUD avaient manifesté le 23 janvier devant le siège lors du comité de groupe de Vivarte.

Le texte intégral ci-dessous :

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 10:50

La responsabilité de la France et de son exécutif est pleine et entière.  Sur son sol, des multinationales qui ne respectent pas les droits élémentaires dans d'autres pays, ont toute latitude pour vendre leurs produits et pratiquer un dumping social sans limite.  Cela doit cesser.

La France doit promouvoir des accords commerciaux dans lesquels figurent des exigences concernant les conditions de travail et les salaires. Si elle ne parvient pas à un accord, elle doit pouvoir, temporairement, et jusqu'à ce qu'un équilibre social soit trouvé, par le haut et pour le bénéfice des salariés, taxer les produits importés d'un pays à conditions salariales et sociales inégales. AC

Chaînes d’approvisionnement

Les centaines de millions de travailleurs ignorés des multinationales

par Olivier Petitjean sur L'Observatoire des multinationales

Une étude réalisée pour le compte de la Confédération syndicale internationale (CSI), portant sur 50 multinationales américaines, européennes et asiatiques, estime que celles-ci emploient de fait, derrière les chiffres officiels, pas moins de 116 millions de personnes dans le monde entier. Seulement 6% d’entre elles sont des salariés directs des entreprises concernées. Les 94% restantes sont reléguées dans la pénombre de leurs chaînes d’approvisionnement, parmi les fournisseurs et sous-traitants, souvent avec des salaires bien moindres et des conditions de travail au rabais.

Avec environ 160 000 employés en France et 381 227 au niveau mondial, Carrefour est déjà l’un des plus importants employeurs privés de la planète. Mais en réalité, si l’on tient compte de la main d’œuvre des divers fournisseurs et sous-traitants du groupe, l’effectif de Carrefour devrait plutôt être évalué à ... 3,3 millions de personnes. Soit près de dix fois plus. La firme française est loin d’être seule dans ce cas, comme le souligne une étude réalisée par la Confédération syndicale internationale (CSI), intitulée Scandal. Inside the global supply chains of 50 top companies (« Scandale. Dans les chaînes d’approvisionnement globales de 50 entreprises mondiales »). 2,3 millions pour Apple contre seulement 98 000 officiellement, 5,7 millions pour Coca-Cola (contre 129 000), 1,6 million pour H&M (contre 132 000), 4,1 millions pour Nestlé (officiellement 339 000), 2,5 millions pour Nike (officiellement seulement 48 000 !), ou encore 10 millions pour Walmart (contre tout de même 2,2 millions de salariés directs).

Au total, les 50 multinationales étudiées dans le rapport emploieraient au bas mot 116 millions de personnes, dans tous les pays de la planète. Mais seulement 6% d’entre elles sont des salariés directs. Les autres sont quasi invisibles, éparpillées le long des filières de production des groupes, dont ils sont parfois séparés par plusieurs échelons de sous-traitance en cascade. Il faut un scandale majeur, comme l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza en 2013 au Bangladesh (lire nos articles ici), ou encore les dizaines de décès sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar (voir ici) pour que soit parfois levé le voile sur un phénomène devenu systémique.

Main d’oeuvre de seconde classe

En délocalisation leur production et en internationalisant leurs chaînes d’approvisionnement et leur clientèle, les grandes entreprises mondiales ont acquis un poids considérable. La CSI souligne qu’elles contrôlent désormais pas moins de 60% de la production, du transport et des services. Les chiffre d’affaires cumulé des 50 entreprises étudiées dans le rapport s’élève à 3400 milliards de dollars. Mais cette expansion ne profite qu’à quelques-uns : « Le PIB mondial a triplé depuis 1980, et pourtant les inégalités atteignent des niveaux historiques. »

Dans la plupart des cas, cette politique d’externalisation et d’internationalisation s’est en effet accompagnée d’une course au moins-disant environnemental et social et d’une fuite vers des pays où les droits syndicaux sont moins bien respectés qu’en Europe ou en Amérique du nord. Si les conditions de travail offertes aux salariés directs des multinationales ne sont pas toujours satisfaisantes, celles qui sont réservées aux employés des fournisseurs et sous-traitants sont généralement bien pires. Pour la Confédération syndicale internationale, ce phénomène doit être mis directement en rapport avec le monde d’inégalités salariales abyssales et de polarisation sociale que nous connaissons aujourd’hui : « un modèle commercial qui a perdu sa boussole éthique ». Les profits réalisés en 2014 par 25 des 50 multinationales étudiées - 190 milliards de dollars - suffiraient à augmenter le salaire de leurs plus de 71 millions de travailleurs directs et indirects de 2652 dollars par an ! Quant à leurs réserves de cash, souvent stockée dans les paradis fiscaux, elle pourrait servir à les augmenter de 5400 dollars supplémentaires.

Difficulté du mouvement syndical international

Le diagnostic pointe une difficulté fondamentale du mouvement syndical international : si celui-ci parvient généralement tant bien que mal à organiser les travailleurs au sein des entreprises multinationales elles-mêmes, cela devient autrement plus difficile dès que l’on descend dans leurs chaînes de production. Difficulté dont témoigne à sa manière le rapport de la CSI, qui joue surtout sur le registre éthique en interpellant directement les patrons des 50 entreprises étudiées, qui ont « les ressources et l’influence » pour « changer le modèle dominant du commerce mondial ». Il est vrai que le document a été conçu spécifiquement pour être publié au moment du Forum économique de Davos.

D’autres recours existent heureusement, à commencer par les moyens d’action syndicaux traditionnels et leurs prolongements internationaux (comme les accords-cadres mondiaux, lire ici), l’action des gouvernements et auprès des gouvernements, ainsi que la mise en oeuvre de normes contraignantes sur les impacts des multinationales en termes de droits humains, que ce soit au niveau international (lire ici) ou dans les pays d’origine de celles-ci, comme c’est proposé en France et ailleurs (lire ici et ).

Le rapport, disponible ici en anglais, est accompagné d’une série de courtes vidéos constituant autant d’études de cas sur les méfaits sociaux des multinationales. Elles sont rassemblées ici (voir ci-dessous celle sur les atteintes aux droits syndicaux chez un fournisseur d’Apple et Samsung).

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 10:41
Vague de répression dans le secteur textile au Bangladesh

par Olivier Petitjean

Plusieurs milliers d’ouvriers et d’ouvrières travaillant dans les ateliers textiles de la banlieue de Dhaka ont été congédiés suite à un mouvement social pour réclamer une hausse de leurs salaires. Les multinationales européennes et nord-américaines qui s’approvisionnent au Bangladesh restent largement silencieuses.

Entre 1500 et 3500 ouvriers et ouvrières textiles bangladeshi ont été renvoyés du jour au lendemain des ateliers où ils travaillaient, suite à une semaine de manifestations et de blocages d’usines dans le quartier d’Ashulia, dans la capitale Dhaka. Plusieurs dizaines d’entre eux feraient également l’objet de poursuites judiciaires pour vandalisme, tandis que des leaders syndicaux ont été arrêtés.

Les ouvriers et ouvrières avaient commencé le mouvement pour protester contre le licenciement abusif de 121 d’entre eux. Leur revendication centrale était une hausse du salaire de base, qui n’a pas augmenté depuis novembre 2013 malgré l’inflation. Le salaire minimum mensuel applicable au secteur est actuellement de 5300 taka (61 euros). Les syndicats demandent qu’il soit triplé. Le « salaire vital » - calculé sur la base des besoins de base d’une famille de quatre personnes - a été estimé à 260 euros mensuels pour le Bangladesh (lire notre enquête Textile : les ouvrières asiatiques en lutte pour un salaire vital).

Selon la presse internationale, les usines concernées sont des fournisseurs de Gap, Inditex (Zara) et H&M. Des listes de travailleurs et travailleuses licenciés ont été affichées à la porte des usines, tandis que des unités de la « police industrielle » créée par le gouvernement bangladeshi pour contrôler le secteur textile étaient déployées dans le quartier d’Ashulia. Un journaliste a également été arrêté pour avoir propagé des « fausses nouvelles » visant à attiser le conflit social...

Les donneurs d’ordre se taisent

[...]

L’Alliance for Bangladesh Worker Safety (qui concerne principalement les firmes américaines comme Gap, qui n’ont pas souhaité s’engager dans l’Accord for Fire and Building Safety conclu par les donneurs d’ordre européens comme H&M, Inditex et Carrefour) a publiquement condamné la détention de leaders syndicaux. C’est la seule réaction connue à ce jour de la part des donneurs d’ordre européens ou nord-américains, dont les pratiques sont déterminantes quant à la situation sur le terrain.

Olivier Petitjean

— 
Photo : Asian Development Bank CC

Lire l'intégralité ici : http://multinationales.org/Vague-de-repression-dans-le-secteur-textile-au-Bangladesh

Compléments :

"En quelques décennies, l’industrie textile s’est réorganisée au niveau international, déplaçant ses bases de production vers des pays comme la Chine, puis vers le Bangladesh, le Pakistan, le Cambodge ou le Vietnam, à la recherche du moindre coût. Aujourd’hui, la plupart des vêtements, chaussures et autres accessoires qui s’étalent dans les magasins occidentaux – depuis les marques les plus haut de gamme jusqu’aux hypermarchés – sont fabriquées dans ces pays. Et ce, dans des conditions douteuses pour l’environnement comme pour les travailleurs, qui connaissent une réalité faite de salaires de misère, de répression syndicale, d’accidents à répétition et d’exposition à des substances toxiques. En 2012, l’Union européenne a importé pour 65,2 milliards d’euros d’articles textiles (dont 15 milliards d’euros pour la France)."

Extrait de : http://multinationales.org/Industrie-textile

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