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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 14:08

Mis en ligne par Michel El Diablo

La position du Parti de GAUCHE sur l'Union Européenne et l'EURO

Le titre et le texte qui suivent sont extraits de la résolution du congrès du Parti de Gauche qui s'est tenu en Juillet 2015. Plus aucun sacrifice pour les traités, aujourd'hui la souveraineté nationale doit primer.


A ce stade de l'histoire, seul le cadre national, immédiatement disponible comme alternative aux institutions supranationales actuelles, peut permettre l'expression de la souveraineté populaire.

L'affrontement avec le capitalisme et la mise en œuvre de notre projet écosocialiste nécessitent donc la reconquête de la souveraineté populaire, et ce d'abord à l'échelle nationale. Ce n'est pas une condition suffisante pour rompre avec le capitalisme financier, mais c'est une condition nécessaire.

Cette volonté d'indépendance n'est en aucun cas synonyme d'isolement et d'arrêt des échanges coopératifs. Face aux forces puissantes qui nous oppriment, aucune internationale des travailleurs ne naîtra spontanément de la rencontre entre des peuples préalablement privés de toute forme de souveraineté. La construction d'un nouvel internationalisme passe donc par un rétablissement de l’exercice de la souveraineté populaire dans le cadre de l’État-Nation, condition de l’édification de nouvelles solidarités internationales. Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie; beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l'internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène, disait Jaurès.

Plan A : désobéissance et construction d'un rapport de force européen pour en finir avec les traités

Le programme du Parti de Gauche est incompatible avec l'Union européenne telle qu'elle est définie par les traités.

Dans l’état actuel des rapports de forces politiques au sein de l’UE, il est parfaitement illusoire d’espérer une réorientation radicale des politiques et des institutions européennes si l’on se contente d’attendre que tous nos partenaires soient disposés à engager une renégociation des traités. Le droit européen émanant des traités et des directives de l'Union européenne ne doit être le prétexte d'aucune régression.

Si nous arrivons au pouvoir, pour appliquer notre programme, nous mènerons, avec tous les États prêts à s'y engager avec nous, une bataille diplomatique qui passera par la désobéissance aux traités. Cette stratégie suscitera une très forte résistance des Gouvernements de droite et socio- libéraux, en particulier du Gouvernement de grande coalition CDU-SPD dirigé par Merkel. La politique économique allemande des années 2000 a grandement contribué à la crise de la zone euro, en menant une politique nationale déflationniste contre le reste de ses voisins, qui a aggravé le déséquilibre des balances commerciales. Rappelons qu'avant cette crise, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande ou le Portugal étaient en parfaite santé budgétaire.

Si, malgré notre politique de désobéissance, le Gouvernement allemand continuait à bloquer une refonte radicale des traités permettant aux autres États européens d'appliquer des politiques favorables aux peuples, sous serions prêts à aller plus loin et à assumer l'éclatement de la zone euro et de l’Union européenne.

Plan B : sortir de l'euro et de l'Union européenne

Notre confrontation avec les libéraux européens et notamment avec le Gouvernement allemand aura en effet pour enjeu principal la monnaie, et pourrait donc nous amener à sortir de l’euro. Ce qui se passe en Grèce aujourd’hui démontre que la BCE se sert de sa confiscation du pouvoir monétaire pour empêcher Syriza d’appliquer son programme. En bloquant le refinancement des banques grecques et en organisant la pénurie des liquidités, elle empêche le Gouvernement grec d’appliquer le programme pour lequel il a été élu. Pour ne pas tomber dans le même piège, nous devons assumer dans les négociations que nous avons un plan B : la sortie de l’euro.

Dès notre arrivée au pouvoir, nous porterons en effet la menace d’une réforme unilatérale des statuts de la Banque de France pour lui permettre de monétiser la dette, c’est-à-dire d’acheter des obligations d’État en son nom. Cette réquisition de la Banque de France serait accompagnée d’un contrôle strict des mouvements de capitaux. La technocratie européenne ne pourra ainsi pas utiliser le chantage du blocage des liquidités contre la France.

Pour sortir par le haut de la crise diplomatique que nous aurons ainsi créée, nous proposerons aux autres pays européens une sortie négociée de la zone euro, qui conduira à un changement radical de structure monétaire, via l’instauration d’une monnaie commune. Cette monnaie aurait ainsi un taux de change unique vis-à-vis des monnaies extérieures à la zone euro, et chaque pays membre de la zone conserverait une monnaie nationale. Nous proposerons la mise en place d’un « Partenariat Monétaire d’Equilibre » pour que l'explosion de la zone euro ne nous ramène pas aux écueils du SME (Système Monétaire Européen) des années 1980. La banque centrale de cette zone monétaire réformée aurait pour objectif de stabiliser les taux de change intra-européens entre les monnaies nationales pour limiter les différences d’inflation et la spéculation entre pays.

Notre plan de sortie de l'euro et notre stratégie de rupture avec les institutions européennes seront travaillées à l'issue de notre congrès, en lien avec tous les économistes, intellectuels, syndicalistes et partenaires politiques souhaitant s'y associer. Par ailleurs, nous sommes conscients du fait que le cadre actuel de l’UE ne nous permettrait pas d’appliquer pleinement le programme pour lequel nous serions élus, mais aussi du fait qu’aucune procédure n’existe pour exclure un État de l’UE. C’est pourquoi, dans le cas où un ensemble d’États-Membres refuseraient de négocier nos propositions d’amendements aux traités, nous agirions unilatéralement en violation des traités sur tous les points que nous jugerions essentiels pour respecter le mandat donné par le peuple souverain. Nous engagerions les négociations avec tous les États disposés à engager une refondation progressiste et démocratique de l’UE.

Si le rapport de force ainsi constitué ne permettait pas à l’UE de sortir du blocage, l’existence de l’UE serait alors remise en cause de fait. Nous assumons pleinement cette éventualité, puisque le statu quo d’une Europe déjà parfaitement désunie n’est pas soutenable. Si l’obstination des néolibéraux à ignorer la volonté des peuples devait provoquer la dislocation de l’UE, la France prendrait toutes les initiatives pour reconstruire une autre voie vers l’unité et la solidarité des peuples d’Europe.

 

SOURCE:

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 10:13

Ukraine : Les communistes (KPU) se présenteront sous les couleurs de "l'Opposition de gauche"

Jeudi 13 Août 2015

La coalition "Opposition de gauche" qui regroupe les principales organisations progressistes d'Ukraine (dont le KPU et les Komsomols) se présentera aux élections locales ukrainiennes sous les slogans liberté, égalité, fraternité, pour la paix et la prospérité en Ukraine - traduction Nico Maury
 
Ukraine : Les communistes (KPU) se présenteront sous les couleurs de "l'Opposition de gauche"
 
Le Conseil de coordination de "l'Opposition de gauche" a lancé sa campagne pour les élections locales du 25 octobre 2015. Le principal objectif politique de "l'opposition de gauche" est de permettre l'élection de députés dans les conseils locaux des villes, village, chefs de village et chefs de communautés pour protéger les droits et les libertés des ukrainiens.

Les candidats de "l'Opposition de gauche" porteront une alternative aux politiques menées par le régime nationaliste des oligarques. Ils s'opposeront à la vente de terres agricoles aux multinationales, à la désindustrialisation, à l'effondrement de l'économie nationale, au chômage, à la pauvreté et au génocide sociale et ethnique, à la perte de l'indépendance politique de l'Ukraine qui transforme l'Ukraine en colonie de l'UE et des Etats-Unis.

"L'Opposition de gauche" va se battre pour permettre l'élection de personnes honnêtes qui, aujourd'hui, sont ouvertement opposés à la guerre civile dans le Donbass, opposés à la dictature néonazie, à la persécution politique et à la répression pour des motifs ethniques, linguistiques, idéologiques ou confessionnelle. Les candidats vont se battre pour la victoire de la démocratie, pour les libertés individuelles, pour la paix sur le sol ukrainien.

"L'Opposition de gauche" entend mener la décentralisation rapide du pouvoir et transférer des pouvoirs larges aux communautés locales.

Le Conseil a approuvé les orientations fondamentales, les étapes de la campagne électorale et d’empêcher la falsification des résultats électoraux. Afin de développer et mettre en œuvre des tactiques conjointes pendant la campagne, un siège central de "l'Opposition de gauche" a été établit et les branches régionales des partis politiques et les organisations publiques membres de l'association doivent, d'ici le 20 août 2015, établir des sièges régionaux et de lancer les campagnes.

http://www.kpu.ua/ru/82107/liva_opozytsija_jde_na_vybory_pid_gaslamy_svobody_rivnosti_i_braterstva_za_myr_i_dobrobut_v_ukrajini
Nicolas Maury
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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 09:40

Publié par Michel El Diablo

Abonnez-vous à "RUPTURES", mensuel progressiste radicalement  eurocritique
Bonjour,

En attendant la rentrée et le retour de Ruptures dans vos boîtes aux lettres et sur la toile, nous vous proposons ci-dessous de lire ou de relire nos publications de l'été.

A très bientôt

L'équipe de Ruptures
 
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Grèce : tragédie et petites blagues
Le 16 juillet 2015
 
Nous y sommes. Le 15 juillet au soir, le parlement grec a ouvert explicitement la voie à un troisième mémorandum, après ceux de 2010 et de 2012. [...]
 
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Brizé sur le marché
20 juillet 2015

Critique de film – Lorsque Laurence Parisot éreinte un film, la charge a valeur de recommandation pour l’œuvre concernée. Dernière cible de l’ancienne présidente du Medef dans sa chronique sur Europe 1 : La Loi du marché de Stéphane Brizé. La suite ici


Grèce : cinglant désaveu

5 juillet 2015

Une victoire considérable. Par plus de 60 % des suffrages, les Grecs ont, le 5 juillet, signifié un double message : refus de l’austérité, et affirmation de la dignité. Il s’agit d’un événement majeur, tant par sa portée symbolique que par ses conséquences. La suite ici


Euro : vers de nouveaux abandons de souveraineté
1er juillet 2015


Un nouveau rapport prônant un saut fédéral en deux étapes a été soumis au Conseil européen. Pointant les « défauts » de l’intégration monétaire, le texte propose d’enlever aux Etats de la zone euro leur souveraineté en matière de politique économique, afin de faire converger leur « compétitivité ». La suite ici

Grèce : Vive le Non, mais deux questions
1er juillet 2015

Le moins qu’on puisse dire est qu’Alexis Tsipras a créé la surprise. En annonçant, le 27 juin, qu’il allait soumettre au peuple, par un référendum le 5 juillet, les propositions « humiliantes » des créanciers, et en appelant à rejeter celles-ci, le premier ministre grec a semé la stupeur à Bruxelles. La suite ici
 
Les brèves de Ruptures
 
La Commission invente le « prosommateur »
21 juillet 2015


« Prosommateur ». La Commission européenne a forgé un nouveau terme dans la novlangue qu’elle affectionne. Il figure dans le communiqué publié le 15 juillet et décrivant la « nouvelle organisation du marché de l’électricité » pour l’UE, dans le cadre d’un nouveau « paquet » sur l’énergie proposé par Bruxelles. La suite ici

La leçon de démocratie de Lamy
13 juillet 2015


Pascal Lamy sur tous les fronts ! L’ex-patron de l’OMC et ancien directeur de cabinet de Jacques Delors à Bruxelles a livré avec son mentor une tribune au Monde, à l’occasion du référendum grec, une interview au magazine Challenges et une autre à l’Obs. Dans cette dernière, il exprime sa vision particulière de la démocratie.La suite ici

PwC fait de l’entrisme
12 juillet 2015


Le 10 juin, la puissante société d’audit et de conseils PriceWaterhouseCoopers (PwC) a publié un communiqué victorieux : la firme est parvenue à intégrer un groupe de travail de la Commission européenne sur la fiscalité. La suite ici

Le Smic contre l’emploi !
11 juillet 2015

Comment créer de l’emploi ? Le Cercle des économistes, qui regroupe des universitaires et des économistes d’entreprises, a voulu marquer son souci du social lors des rencontres organisées du 3 au 5 juillet à Aix en Provence. La suite ici

 

POUR S'ABONNER à RUPTURES CLIQUEZ CI-DESSOUS:

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 13:32

Publié le : 9 Août, 2015 par le Collectif communiste polex

Le quotidien Le Monde qui n'a cessé de soutenir l'accord imposé par l'UE à la Grèce, a révélé le 14/7/2015 ce que l'état Grec doit vendre selon les ordres et sous le contrôle de l'UE, pour un total de 50 milliards d'euros, qui iront pour la moitié " à restructurer les banques ", et pour un autre " au service de la dette et aux investissements " ( portion congrue pour ces derniers! )

En premier, viennent les 14 aéroports régionaux, cédés il y a plusieurs mois à l'entreprise allemande Fraport, associée pour l'occasion à une société privée grecque, pour 1, 2 milliard. Le site de l'ancien aéroport d'Athènes, revient pour 900 millions à une famille de milliardaire grecs, les Latsis, associée à un fonds chinois et un autre d'Abu Dhabi : le capitalisme mondialisé ,en matière de profits, ne se réfère pas à une nation, ni à une étiquette politique... La société nationale de jeux, l'OPAP, reviendra à un consortium tcheco-grec, sous la houlette du magnat athénien du pétrole, Melissanidis : La majeure partie du peuple Grec voit son état national dépouillé de son patrimoine, mais c'est au profit des financiers de toute origine, y compris ceux nés en Grèce. La tragédie grecque est aussi un conflit de classe, les vautours qui en tirent profit ne sont pas tous nés allemands.

Francis Arzalier

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_130_art3.htm

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 21:10

Publié par Jean Lévy

Euro : vers de nouveaux abandons de souveraineté

 

Un nouveau rapport prônant un saut fédéral en deux étapes a été soumis au Conseil européen. Pointant les « défauts » de l’intégration monétaire, le texte propose d’enlever aux Etats de la zone euro leur souveraineté en matière de politique économique, afin de faire converger leur « compétitivité ».

« notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe »

Du traité de Maëstricht jusqu’à la mise en place de la gouvernance économique de la zone euro (semestre européen ; traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ; et textes associés…) en passant par le traité de Lisbonne, d’immenses chantiers d’inspiration fédéraliste se sont succédé. La monnaie unique, les mécanismes de contrôle budgétaire et l’Union bancaire sont désormais devenus des réalités, et ce, sans que les parlements nationaux aient été, ou si peu, consultés.

Pourtant, les dirigeants européens continuent de déplorer les « défauts de construction » de l’Union économique et monétaire (UEM) qui subsistent, et ne cessent d’appeler de leurs vœux une « convergence accrue » entre les économies de la zone euro.

Depuis trois ans, les groupes de travail et rapports n’ont pas manqué : groupe informel de réflexion sur l’avenir de l’Europe (ministres), projet détaillé de la Commission « pour une Union économique et monétaire véritable et approfondie », feuille de route « vers une véritable union économique et monétaire » de l’ex-Président du Conseil Herman Van Rompuy, communications de la Commission relatives à la gouvernance économique…

C’est dans cette continuité qu’un « rapport des cinq présidents » a été soumis à la réunion du Conseil européen des 25 et 26 juin. Le président du Conseil, Donald Tusk, de l’eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, du parlement européen, Martin Schulz, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi proposent un document visant à renforcer l’intégration économique et institutionnelle de la zone euro. Ce sont surtout les deux derniers cités qui étaient à la manœuvre.

L’objectif des auteurs a le mérite de la clarté. Ils plaident en effet pour que « les Etats membres acceptent de plus en plus de décisions communes sur des éléments de leurs propres budgets et de leurs politiques nationales », ce qu’ils nomment pudiquement le « partage de souveraineté ». Car, selon eux, « la deuxième économie du monde ne peut plus être gérée à travers de simples règles de coopération ».

Ce document propose de procéder en deux étapes : utiliser d’abord les capacités d’intégration « à traité constant », d’ici à fin juin 2017 ; puis, à partir de cette date, engager un processus de réforme desdits traités. Face à l’impopularité croissante de l’Union européenne, envisager d’emblée de nouveaux référendums serait en effet suicidaire.

Dès la première phase, chaque pays serait tenu de mettre en place une « autorité de la compétitivité », instance « chargée de surveiller les performances et les politiques en matière de compétitivité ». Ces instances nationales « indépendantes » auraient pour mandat de « s’assurer que les salaires évoluent conformément à la productivité, et de comparer les évolutions avec celles des autres pays de la zone euro, et parmi les autres partenaires commerciaux importants ». En termes simples : pas trop vite.

L’harmonisation des politiques économiques serait assurée par des « critères de convergence » supplémentaires. Outre les « coûts salariaux », l’amélioration de l’« environnement des affaires » (la « flexibilité du marché du travail », entre autres), ou la « cohésion sociale » seraient également mesurées.

Afin d’accélérer cette « convergence », les pays méritants seraient récompensés par des mécanismes de transferts financiers. Est ainsi suggérée la mise en place d’une assurance européenne des dispositifs nationaux d’indemnité chômage. On retrouvé ici l’idée promue depuis longtemps par Berlin d’un conditionnement plus strict des aides européennes, moyennant un budget communautaire renforcé.

Pour renforcer la convergence des politiques économiques, il est également proposé de modifier le calendrier actuel du semestre européen afin de faire précéder les recommandations spécifiques pour chaque Etat par une phase consacrée à l’examen de la zone euro dans son ensemble. Le document propose aussi de créer une présidence permanente de l’eurogroupe, ainsi qu’une sous-commission propre à la zone euro au sein du parlement européen.

Le rapport plaide en outre pour la création d’un « conseil budgétaire européen ». Par ailleurs, des facilités de prêts sous forme d’obligations émises par la zone euro (« project bonds » associant financement public et investissement privé) seraient lancées. En filigrane se dessine ainsi la seconde phase, qui verrait notamment la mise en place d’un véritable Trésor commun pour les pays de la zone euro.

 

Car le patron de la BCE, notamment, n’a jamais dissimulé la couleur : seul un « saut qualitatif » vers des mécanismes plus fédéraux est susceptible d’assurer la survie de la monnaie unique à moyen terme. Cela recoupe la vision des dirigeants allemands : pas d’« union de transferts » (financiers) sans prise de contrôle par Bruxelles – et, de fait, par Berlin – des finances et des budgets des Etats de la zone euro.

Cette dernière serait donc le noyau de l’intégration. Les pays n’y appartenant pas constitueraient un ensemble plus lâche, partageant essentiellement le marché unique (biens, services, capitaux, main d’œuvre).

Toutes ces idées recoupent une contribution publiée récemment dans plusieurs quotidiens européens signée par les ministres français et allemand de l’Economie. Les deux sociaux-démocrates plaidaient pour l’amorce d’un budget de la zone euro, et pour un commissaire européen chargé de cette dernière. Et concluaient leur tribune en affirmant : « notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe – ou avec moins d’Union ».

Magali Pernin

Auteur du blog http://www.contrelacour.fr

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 17:47

 

Dans cette vidéo, l’eurodéputée Tiziana Beghin, porte-parole du Mouvement 5 Étoiles, nous explique ce que signifie ce vote du 8 juillet 2015.

Dans cette vidéo, l’eurodéputée Tiziana Beghin, porte-parole du Mouvement 5 Étoiles, nous explique ce que signifie ce vote du 8 juillet 2015.

par ilfattoquotidiano.fr (son site) 
 

mercredi 15 juillet 2015

 

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

 

Tiziana Beghin – porte-parole du Mouvement 5 Étoiles

 

Le vote de ce jour sur le TTIP a été très décevant, inutile de le cacher. Mais je veux tranquilliser les citoyens : il ne s’agissait pas de voter le TTIP, mais des recommandations du parlement européen à la Commission en vue des négociations. Le vote portait sur des lignes directrices qui ne protègent pas les citoyens, très génériques, très loin de ce que veulent les citoyens.

 

Il y a un mois, si le président Schulz n’avait pas bloqué le vote, le verdict aurait été très différent, puisque tous les grands groupes étaient divisés sur ce sujet. Il a suffi d’un mois aux lobbyistes et aux groupes de pression pour transformer une recommandation beaucoup plus contraignante pour la commission, en une espèce de soupe générique qui permettra à la Commission de continuer à défendre les intérêts des multinationales plutôt que ceux des consommateurs et des citoyens. Les tribunaux arbitraux privés sont l’emblème de tout cela. Ils ont clairement été refusés lors d’une consultation sur Internet par 97% des votants, une participation record dans ce genre de consultation en ligne, et pourtant, encore une fois, l’"establishement" a décidé de ne pas en tenir compte.

 

Le président Schulz, Lange, la commissaire Malmström, continuent imperturbablement contre la volonté des citoyens. Un bel exemple de la "démocratie" européenne. Mais la lutte n’est pas terminée, ils vont continuer, avec ces tribunaux privés réformés dont personne ne sait encore en quoi ils consisteront. Mais ce qui est sûr, c’est que nous avons donné aux multinationales la possibilité de décider, c’est ce qu’ils feront, les normes les plus avantageuses pour elles, et donc d’outrepasser l’autonomie des États et la volonté de leurs citoyens.

 

Ils ont gagné une bataille, mais pas la guerre. Nous sommes toujours là, plus déterminés que jamais. Le président Schulz, que j’ai interpelé en séance plénière par "Sa Majesté", car il considère désormais le parlement comme son royaume, il y fait ce qu’il veut, pense peut-être avoir ouvert les portes aux multinationales, mais nous, du Mouvement 5 étoiles, sommes là, vigilants, et jusqu’au dernier jour, nous défendrons les intérêts de ceux qui nous ont élus, et qui paient nos salaires, les citoyens, et non les grandes compagnies.
 

Extrait du site LantiDiplomatico.it
Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

 

Pendant que tout le monde a les yeux braqués sur la Grèce, des choses importantes pour notre avenir se passent au Parlement européen, avec comme protagoniste principal son président Martin Schulz qui cette fois n’y est pas allé par quatre chemins. Il ne lui a visiblement pas suffi de faire le forcing le mois dernier pour faire reporter le vote sur le TTIP (Grand Traité transatlantique, ou TAFTA). Aujourd’hui, interprétant librement le règlement, M. Schulz est allé jusqu’à interdire le vote d’un amendement contre la clause des tribunaux arbitraux privés proposée par le Mouvement 5 Étoiles (Italien). Le plan des grandes multinationales et des lobbies a donc réussi au sein du parlement de Bruxelles et de Strasbourg. En un mois, ils sont parvenus à convaincre la majorité des eurodéputés indécis, ceux qui, jusqu’au mois dernier, auraient voté contre la clause de la discorde.

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 13:55
Publié le 22 Août 2015 La Canaille.  Merci à lui.

ou "Europe über alles"*

comme unique horizon

*A partir du moment où celui qui émet l'idée de souveraineté populaire est catalogué de "nationaliste de tout poil", permettez à ce que les qualifiés à leur tour estampille l'auteur de ces propos par une référence qui traduit une facette majeure de sa pensée du moment.

Évangélisation des peuplades dissidentes sur les bords du Saint Laurent

Évangélisation des peuplades dissidentes sur les bords du Saint Laurent

L'Humanité de ce samedi 22 août fait état d'un duel à l'épée, mais à 20m pour être sûr de ne pas s'atteindre entre Laurent et Joffrin, les deux étant sur un pré identifié comme le "champ de la gauche".

Laurent endossant le pourpoint de la radicalité (pourquoi pas, il ya bien un ministère du travail dans le gouvernement Valls?).

La passe d'arme est terrible, d'entrée la botte de Laurent : "les tenants de l’ordre libéral en Europe et les partisans du retour au choc des nationalismes sont les deux protagonistes d’une même impasse mortifère", puis parade du même rappelant à l'Huma que "la rupture (qu’il prône) consiste en la refondation d’une Europe sociale et démocratique".

Laurent de contre attaquer : « en acceptant, contraint, les conditions draconiennes de l’accord, c’est en quelque sorte maintenu dans la prison de l’austérité que Tsipras a décidé de continuer à mener le combat, parce que le choix alternatif du Grexit n’était pas celui de la liberté mais du condamné à mort ».

Cette phrase, Laurent en a-t-il mesuré le sens ? renvoie à la geste révolutionnaire. Combien va-t-elle blesser de communistes authentiques qui par sentiment sont attachés à une image glorieuse du PCF ?

Pour P. Laurent il vaut mieux vivre couché que mourir debout en luttant . Dans la prison de l'austérité, la mortalité infantile (parce que les gosses sont incarcérés dans cette geôle où les vieux sont euthanasiés) a augmenté de 50%.

Preuve que c'est la mort couchée qui est au bout de cette voie.

Le but d'un parti communiste depuis le Manifeste de 1848 , confirmé ici par la Commune puis en 1920 à Tours et considéré comme l'orientation de fond de la pensée communiste est-il de modifier les institutions continentales modelées par le capital ou de s'affranchir de sa domination  et d'assurer l'appropriation collective des moyens de production et d'échange pour émanciper l'humanité de l'exploitation capitaliste ?

Depuis bientôt vingt ans cette question n'est plus dans les fontes de la cavalerie du P"c"F.

Interêt de cet article, il semble que Laurent précise le fond de sa pensée avec cet échange. Jamais n'apparait la question de l'exploitation. Sont-ce des lois européennes qui organisent la répression dans les entreprises, qui criminalisent les syndicalistes ou le patronat et un gouvernement qui lui sert (sans qu'aucun texte européen autre que des choix partisans) le lui impose ? L'idée des transpositions des directives européennes (qui avec la casse des statuts les privatisation, sont un des aspects réels de cette europe du capital) est -elle liée aux lois macron ?

Non il s'agit d'un choix délibéré du PS pour s'affider toujours plus au capital et gérer loyalement dans son intérêt.

Et dès lors pourquoi cette désertion par le P"c"F du combat national par la souveraineté constitutionel du peuple ? 

Nous avons maintenant confirmation officielle que la direction du P"c"F accepte la forfaiture de 2005 puisqu'il ne relève plus le gant du respect du verdict des urnes en acceptant la superstructure étatique européenne rejetée alors  par notre peuple.

Poussons le débat : il n'y aurait d'issue que par une refondation de l'Europe laquelle en l'état n'est possible que par un accord unanime des pays membres. Une UE bordée par une "constitution" qui interdit de contester le primat du capital exprimé par cette fameuse concurence libre et non faussée laquelle interdit aux peuples de s'assurer la maîtrise de leurs orientations sociales, politiques et économiques.

Au mieux un donquichottisme politique qui disqualifie le cavalier d'une rossinante nourrie aux choux de Bruxelles, plus certainement l'apparition d'une forme politicienne d'Alzheimer qui enjolive le passé lointain pour éviter de mesurer celui immédiat et afficher une dégénérescence cérébrale irréversible.

La conclusion de Laurent porte en elle-même aveu et condamnation de la stratégie de son auteur :"Cette gauche réformiste, relève Pierre Laurent, est aujourd’hui alignée sur les positions de la droite libérale. La seule voie pour la gauche, c’est justement l’audace de la transformation de l’Europe dont la social-démocratie ne fait preuve nulle part."

Mais comme ce "nulle part" intègre de fait le PGE et le GUE dont aucun texte ne condamne le système auquel la social démocratie à décidé de servir de paillasson, comme l'émancipation du salariat n'est plus dans les objectifs du parti dirigé par P. laurent qui en cela ne peut donc plus se parer de l'objectif-titre de communiste : la suppression du rapport social d'exploitation qui se nomme capitalisme, celui ci prend place sur l'étagère de ce qu'il dit combattre : les partis socio-démocrates. 

C'est d'ailleurs depuis Kautsky ce qui caractérise l'espèce : s'inscrire dans l'institutionnel et sa délégation de pouvoir pour gérer l'état et refuser de s'en prendre à ceux qui exercent leur hégémonie de classe sur cet état. Depuis le Manifeste de 1848 mais aussi après Lafargue, Rosa Luxembourt, Lénine, Liebknecht, Politzer, bien sûr Gramsci , tous ont publié là-dessus.

Il se trouve que d'ici quelques jours, lors du rassemblement du Bourget, seront présents un nombre considérable d'éditeurs parmi lesquels ceux de textes politiques théoriques.

Il serait bon que ceux-ci préparent un filet garni des classiques de la pensée anticapitaliste (et aussi des réformistes). Bien sûr, l'école marxiste classique mais pas que,  même les oeuvres de jeunesse de Boccara y ont leur place (si, si, sans rire) , pour qu'il puissent les étudier.

Canaille le Rouge a souvenir qu'au comité fédéral du PCF d'alors, le jeune Laurent des années 90, pourtant issu directement de l'université pour devenir dirigeant politique (c'est peut-être pour cela que le rapport social d'exploitation lui est si étranger) ne brillait pas de connaissance en la matière et comme disait Brassens, ses propos rapportés dans l'Huma le confirment : "Le temps ne fait rien à l'affaire".

Rédigé par Canaille Lerouge

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 21:45
Syriza, l’Euro et les opinions des grecs

Par sur le blog Russeurope  · 5 août 2015

Un sondage qui vient d’être réalisé en Grèce par BridgingEurope.net sur la période du 22 au 24 juillet 2015, présente des résultats intéressants, qui témoignent d’un changement d’attitude au sein de la population grecque[1]. Le désenchantement vis-à-vis de Syriza apparaît nettement, mais sans que cela change – pour l’instant – les pronostics pour des élections législatives anticipées, qui auront très probablement lieu cet automne. Le changement le plus spectaculaire porte sur l’Euro. L’écart entre le nombre de grecs désireux de garder l’Euro et ceux désireux de la quitter apparaît bien plus faible que ce qu’annonçaient les sondages de début juillet. Par ailleurs, une majorité absolue des personnes interrogées pense que la Grèce va sortir de l’Euro. Et cela qu’ils approuvent ou désapprouvent cette option.

Il convient d’être prudent quant à ces résultats. Les sondages en Grèce sont assez peu fiables. Celui-ci, cependant, a été fait par un organisme étranger. Il utilise la méthode des appels téléphoniques. Or, cette méthode tend à minorer la part des plus démunis dans le sondage et à décaler l’échantillon, ne serait-ce que de quelques points, vers les classes moyennes, dont on sait qu’elles sont très opposées à une sortie de la Grèce de l’Euro. On peut donc raisonnablement penser que l’écart est encore plus faible que ce qui est indiqué dans ce sondage.

 

Une « trahison » de la part de SYRIZA

Les premières questions portent sur l’appréciation de la politique de Syriza. La politique actuelle du gouvernement est rejetée, ou considérée comme insatisfaisante, par 77% des personnes interrogées. Mais, ce qui est véritablement important, ce sont les raisons pour lesquelles cette politique est rejetée :

Tableau 1

Pensez-vous que Syriza aitabandonné son programme

électoral ?

  Pensez vous que le gouvernement grec ait capitulé devant ses créanciers  
Oui 83% Oui 76%
Non 9% Non 9%
Ne sait pas/ne se prononce pas 8% Ne sait pas/ne se prononce pas 15%

On ne trouve que 9% des personnes interrogées qui ont répondu « non » à ces deux questions. Plus de trois grecs sur quatre estiment que le gouvernement a bien « capitulé » devant les exigences des créanciers. Le ressenti de la population grecque, si on doit suivre ce sondage, est bien celui d’une trahison.

Pourtant, et ce point est important, la rupture au sein de Syriza provoquée par le diktat du 13 juillet n’est pas ressentie comme une bonne chose.

Tableau 2

Pensez vous que la rupture au sein de Syriza soit un bon ou mauvais développement

Ensemble   Electeurs de Syriza  
Bon 31% Bon 16%
Mauvais 58% Mauvais 79%
Ne sait pas/ne se prononce pas 11% Ne sait pas/ne se prononce pas 5%

Ces chiffres montrent que, d’une certaine manière, la population grecque reste attachée à un gouvernement de Syriza. Compte tenu du système électoral grec, qui a été bien intériorisé par la population, une division de Syriza risque de ramener la droite (Nouvelle Démocratie ou le parti To Potami « La Rivière ») au pouvoir. En effet, les élections sont à la proportionnelle, mais le parti arrivé en tête obtient une majoration de 50 sièges. Le risque évident est que, dans le cas d’une division, Syriza arrive en seconde position derrière la Nouvelle Démocratie (qui comme le disent de nombreux grecs est un double mensonge car n’étant ni nouveau ni démocratique). Or, de cela, non seulement les électeurs de Syriza ne veulent pas, mais il semble bien que l’ensemble de la population, lassée de l’alternance entre deux formations, le PASOK (socialiste) et la Nouvelle Démocratie, également népotistes et corrompues, ne le souhaitent pas non plus. Ce résultat est confirmé par les intentions de votes suivantes :

Tableau 3

Intention de vote en cas d’élections anticipées

Syriza 33,2%
Nouvelle Démocratie 18,6%
To Potami (La Rivière) 6,4%
Aube Dorée 5,9%
KKE (Parti communiste de Grèce) 5,2%
Grecs Indépendant (ANEL) 4,1%
PASOK 3,0%
Divers 4,2%
Ne se prononcent pas 19,4%

Ces résultats sont extrêmement intéressants. En premier lieu, ils montrent que le bloc des électeurs de Syriza est toujours fortement majoritaire. Ensuite, les partis pro-européens traditionnels restent très faibles. Le bloc Nouvelle Démocratie – To Potami – PASOK ne ferait que 28% des suffrages. On ne voit aucune montée, suite à la déception enregistrée avec Syriza, des partis représentants la position traditionnelle d’acceptation des conditions de la Troïka. Ce bloc des trois partis, qui représentait « l’espoir » des institutions européennes, reste très faible dans les intentions de vote. De même, les partis représentants une oppositions radicale, que ce soit Aube Dorée pour l’extrême droite ou la KKE pour l’extrême gauche, ne progressent pas. Enfin, et ce point est important, il y a une hausse forte de la catégorie « ne se prononcent pas ». Or, il n’est pas impossible que, au sein de cette catégorie, on ait soit des électeurs « ex-Syriza » qui attendent pour se prononcer de voir apparaître un nouveau parti à la gauche de Syriza, soit que l’on ait aussi des électeurs qui n’osent pas avouer aux sondeurs qu’ils ont fait le choix d’Aube Dorée. Il semble bien que l’augmentation importante de cette catégorie reflète un réel problème au sein des électeurs grecs.

 

L’Euro, un sujet qui fâcherait moins

Un autre enseignement de ce sondage est l’évolution des représentations liées à l’Euro. Tout d’abord, il convient de relever l’extrême scepticisme des grecs au sujet de l’accord signé le 13 juillet.

Tableau 4

Pensez vous qu’un accord de « bail-out » aboutisse à une amélioration des conditions sociales et économiques de la Grèce ?

Ensemble   Electeurs de Syriza  
Oui 8% Oui 7%
Non 73% Non 82%
Ne sait pas/ne se prononce pas 19% Ne sait pas/ne se prononce pas 11%

Ce qui est frappant, ici, c’est la relative unanimité des réponses. Massivement, les personnes sondées ne pensent pas que les conditions économiques et sociales de la Grèce seront améliorées par un accord avec les créanciers. Visiblement, l’accord du 13 juillet est bien perçu pour ce qu’il est : une capitulation qui n’entraînera aucune amélioration de la situation. La perspective d’une sortie de l’Euro est désormais vue comme inévitable, et le pourcentage séparant les avis favorables et opposés à cette sortie se réduit. On était à près de 75% d’opinions opposées à une sortie de l’Euro à la fin juin.

Tableau 5

Dans les circonstances présentes préférez-vous rester ou sortir de l’Euro   Pensez vous qu’un GREXIT ait été évité  
Rester 41% Oui 32%
Sortir 36% Non 58%
Ne sait pas/ne se prononce pas 23% Ne sait pas/ne se prononce pas 10%

En un sens, la seconde question est même plus importante que la première. Si la population « croit » en une sortie de l’Euro (le Grexit), elle se comportera comme si cette sortie devait survenir, en particulier du point de vue de son comportement face au système bancaire. Dans ces conditions, une sortie risque fort d’être inévitable. C’est le phénomène connu sous le non d’anticipation « auto-réalisatrice ». Le fait que 58% de la population pense qu’une sortie est inévitable va peser considérablement sur les comportements économiques et financiers des ménages et des entreprises. Mais, il faut aussi noter que le nombre de personnes sondées qui préfère rester dans l’Euro semble s’être profondément effondré depuis moins d’un mois. Il n’y a plus aujourd’hui que 41% des personnes sondées à vouloir rester dans l’Euro, face à 36% de personnes considérant qu’il serait préférable que la Grèce sorte. La marge de 5% entre les deux positions est très faible et, vraisemblablement correspond à la marge d’erreur d’un sondage réalisé par téléphone.

On assiste donc bien à un véritable retournement de l’opinion sur ce point.

 

 

 

[1] Ce sondage peut être téléchargé à l’adresse suivante : http://www.bridgingeurope.net/uploads/8/1/7/1/8171506/be_nationwide_poll_july2015.pdf

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 13:33
Vu sur Libération

Varoufastyle.

En pleine fringale médiatique (il a également publié un texte dans le Monde diplomatique de ce mois), l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (photo AFP) publie sur son blog, en anglais, l'intégralité d'une interview qu'il a donnée au quotidien espagnol El Pais. Comme toujours avec lui, c'est passionnant, mais on ne peut pas tout résumer. Voici quelques extraits :

«Il n'est pas facile pour un architecte de bâtir un bâtiment solide, mais il est facile de construire un bâtiment qui va s'effondrer [...] [Le troisième plan d'aide, actuellement discuté à Athènes] est prévu pour échouer, car reconnaissons-le : Wolfgang Schaüble [le ministre allemand des Finances] n'a pas envie d'un accord qui fonctionne.»

«Le plan de Schaüble est de mettre la troïka partout : à Madrid, mais surtout à... Paris ! Paris, c'est le gros lot. C'est la destination finale de la troïka. Le Grexit est utilisé pour créer la peur nécessaire pour forcer Paris, Rome et Madrid à acquiescer.»

«En 1967, il y avait les tanks [des colonels]. En 2015, il y avait les banques.»

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 22:28

Sur Les dossiers du BIP

Publié : 29 juillet 2015 | 

Les mesures sociales que recommande le KKE ainsi que l’urgence de leur mise en œuvre: l’organisation sur les lieux de travail, dans les quartiers, les divers comités de solidarité…, sont plus qu’indispensables. Cela permettrait hormis la subsistance, le développement d’un pouvoir politique populaire alternatif, susceptible éventuellement d’offrir un terreau à d’autres développements à la lutte populaire.

Il est manifeste que le KKE avait bien avertit et dénoncé SYRIZA pour son imposture, qui s’est transformée en flagrante trahison de la volonté des citoyens grecs exprimée par le vote «NON» au référendum. On comprend, surtout à postériori, l’appel du KKE à voter par un double «NON» («NUL» au comptage). Il semblerait que l’importance de la victoire du «NON» ait dérangé les calculs de SYRIZA, qui aurait été plus à l’aise dans sa politique avec une «victoire» du «NON» beaucoup plus modeste.

Il est clair aussi que le KKE, par son histoire et son activité en général, syndicale aussi,  a d’importantes et nombreuses loyautés au sein de la classe ouvrière et du peuple en général, mais il a aussi une très grande responsabilité à assumer.

Toutefois, il faut avoir en vue les réalités d’aujourd’hui ainsi que celles de l’histoire récente. La résistance grecque EAM (Front de libération nationale) qui représentait la majorité du peuple grec pendant l’occupation allemande, avait subi à la fin de 1944 l’intervention militaire et les massacres, conduits par les «alliés occidentaux» ayant pour but l’assujettissement du peuple grec et la remise sur le trône du roi Georges II (de la dynastie danoise de Slesvig-Holsten-Sønderborg-Glücksborg) qui avait la faveur des Britaniques. On peut dès lors dire que les Grecs ont chassé les occupants allemands pour être à nouveau occupés, cette fois-ci par leurs «alliés occidentaux». Entre 1946 et 1949 a eu lieu une guerre, dite «civile», où les «alliés» furent bel et bien impliqués. Elle a été perdue bien que les communistes aient eus quelques frontières amies, ce qui n’est pas le cas maintenant. Cette situation anticommuniste répressive a persisté des années après. En 1967 a eu lieu le coup d’état de la junte des colonels, instigué et soutenu par les «alliés» étasuniens avec la même répression qui a duré jusqu’en 1974. Un des résultats en a été l’invasion de Chypre et l’occupation d’un tiers de son territoire par la Turquie.

Nous n’entrerons pas dans le détail de la malfaisance de toutes ces luttes intestines fomentées par nos «alliés»: les morts, les emprisonnements, les exils, les dégâts…. mais elles ont laissé des traces indélébiles, dans les mémoires aussi.

Considérant ce qui est dit plus haut et que l’OTAN a des bases militaires en Grèce (Souda, en Crète), au Kossovo (Bondsteel) voisin et ailleurs dans la région, que les guerres en Ukraine, en Syrie… ainsi que les provocations frontalières de la Turquie attisent délibérément une tension permanente, un changement de régime, risquerait fort de donner lieu à une intervention étrangère en conjonction avec des collaborateurs locaux.

Le KKE aux dernières élections législatives a obtenu 5,47% des suffrages et compte à la Vouli 15 députés sur 300. Si de nouvelles élections devaient avoir lieu demain, il obtiendrait sûrement un large vote en conséquence de la désaffection pour SYRIZA et d’autres partis, toutefois il serait hautement improbable qu’il ait la majorité. Ce serait moins improbable qu’il conduise une coalition, et moins encore d’y participer comme partenaire minoritaire. Une telle alliance, par sa nature même, temporaire, aurait un objectif circonscrit. Cela a été le cas en 1989/90 quand le KKE s’est allié avec la ND et avec le PASOK, un précédent qui montre qu’il n’a pas toujours été hors de question qu’il participe à un gouvernement majoritairement bourgeois si les circonstances le demandaient.

Refuser l’instauration d’une monnaie nationale, parce qu’elle servirait à la bourgeoisie ou à l’impérialisme, implique obligatoirement le soutien passif de l’Euro. Le KKE déconsidère que celle-ci puisse servir à un autre usage. Il ne prend pas en compte le fait que la monnaie nationale est partie intégrante de la souveraineté, qu’elle constitue un de ses attributs régaliens quel que soit le régime: bourgeois, socialiste ou autre. À qui et à quoi servirait-elle, est une autre question. On ne peut pas confondre l’outil et son usage. Il en est de même pour la présence de frontières délimitant le territoire et sa gestion économique, sa langue, son histoire, sa culture, sa dignité; tous ces éléments qui répondent à l’indépendance et à la souveraineté d’un peuple, d’une nation, valent le combat pour les obtenir. Y compris dans le cadre du système capitaliste, c’est préférable que d’être une colonie, une semi-colonie ou «territoire» sous tutelle, quel que soit le terme pour décrire sa situation d’aujourd’hui. C’est une étape intermédiaire nécessaire sur la voie du socialisme.

Donc dans cette affaire et dans le cadre de l’exploitation capitaliste il y a deux enjeux et dans cet ordre de priorité, mais qui se confondent, la lutte du peuple entier pour la souveraineté nationale et la lutte la classe ouvrière avec ses alliés pour le socialisme. Dans le premier cas la lutte est motivée face à la double exploitation des travailleurs: l’exploitation exercée par le capitalisme étranger en collaboration avec la couche compradore de la bourgeoisie nationale, et l’exploitation exercée par la bourgeoisie nationale. Dans le second cas il n’y a que l’exploitation des travailleurs par la bourgeoisie nationale.

Il en découle logiquement, surtout dans une situation de faiblesse du Parti que s’il tient à se battre, il est obligé de faire des alliances avec d’autres forces patriotiques y compris celles de la bourgeoisie nationale contre le capitalisme étranger et ses collaborateurs de la couche compradore de la bourgeoisie. Dans la même veine il est même nécessaire de défendre la bourgeoisie nationale et par exemple la défendre contre toute importation préjudiciable aux producteurs locaux, faire tout son possible pour que le pays devienne autosuffisant.

Au-delà des alliances nationales il est nécessaire de se servir aussi de tous les appuis internationaux avantageux lui permettant de contrecarrer ses adversaires et de renforcer le pouvoir des forces populaires et du progrès, comme par exemple la Russie ou les BRICS.

Dans une situation qui est vraiment difficile, même existentielle, la sortie de la Grèce de l’Union européenne et de la zone-euro, pour le KKE n’est envisageable que par la voie du socialisme, et pour arriver à cette fin il y a tellement de conditions préalables, qu’on n’en voit ni le bout ni le chemin. On ne peut pas faire de vagues allusions au socialisme … et puis proposer comme voie «le renforcement du Parti comme condition préalable» en vue de «la restructuration du mouvement ouvrier» qui «revendiquerait des mesures de soulagement immédiates» du peuple qui permettrait de «changer le rapport-de-forces négatif» pour «renforcer la combativité» «contre le fatalisme et la subordination de la classe ouvrière ….contre ses vieux et nouveaux gestionnaires de la barbarie capitaliste».

Le but n’est pas, en soi, de combattre – ce qui est un processus, un moyen – mais de survivre, de progresser et de vaincre!

28.7.2015

Alexandre MOUMBARIS

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