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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 16:28
Sur le site du "Grand Soir"

Le PTP a parmi ses objectifs stratégiques d’isoler et d’acculer l'économie chinoise, la seconde économie la plus puissante du monde.

Les négociations sur l’Accord de partenariat transpacifique (PTP) se sont achevées le 5 octobre dernier à Atlanta, aux États-Unis. Il s’agit du traité de libre-échange le plus vaste de l’histoire de l’Humanité. Des négociations qui se sont déroulées dans le secret le plus absolu durant ces cinq dernières années, bien que depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir, elles avaient été envisagées dans le but d’augmenter la puissance économique des grands consortiums nord-américains.

Cet Accord regroupe 12 pays : l’Australie, le Canada, le Chili, Brunei, le Japon, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, le Pérou, Singapour et les États-Unis. Situés dans des zones stratégiques de chaque côté du Pacifique, avec une population d’environ un milliard d’habitants, ces pays représentent 25% des exportations globales et 40% du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

Récemment, la presse internationale, plusieurs syndicats, comme l’AFL-CIO et en particulier le site internet WikiLeaks, ont publié certains des contenus du PTP. En partant de cette maigre information disponible, nous pouvons en déduire quelques observations :

1. - Le PTP est un accord de libre-échange avantageux pour les États-Unis. Il réduit à néant la souveraineté des pays signataires, en leur superposant le pouvoir des monopoles transnationaux, qui auront un droit de recours jusqu’à demander une indemnité pour « pertes », dans le cas où les États imposeraient des mesures protectionnistes dans leurs pays respectifs.

2. – Concernant le droit de propriété intellectuelle (droit d’auteur, de brevet...), le PTP a deux aspects extrêmement agressifs. Le premier concerne le contrôle absolu de l’information qui circule dans les différents grands médias de communication, notamment sur Internet, à savoir que selon les clauses de ce traité, aucune information ne pourra être publiée dans un quelconque pays si le droit correspondant n’a pas été acheté préalablement.

3. - L’autre aspect du droit de brevet, qui concerne l’industrie pharmaceutique est réellement génocidaire : il impose 12 années d’exclusivité aux magnats nord-américains, alors que pendant ce temps la production de médicaments génériques est interdite, ce qui augmentera sérieusement le prix des médicaments.

4. - Le PTP est un traité visant la privatisation : il supprime toute possibilité de survie aux entreprises étatiques et paraétatiques, et oblige les États à conclure leur processus de privatisation.

5. - L’accord offre sur un plateau d’argent toutes les ressources naturelles et agricoles des pays signataires aux monopoles transnationaux, en obligeant les États à modifier leurs législations, ce qui permettra le pillage de leurs ressources.

6. - Il oblige les États membres à modifier leurs codes du travail pour garantir une plus grande exploitation de la main d’œuvre, ce qui a des conséquences non seulement pour les pays économiquement dépendants, mais aussi pour la classe ouvrière nord-américaine qui sera sous la pression du transfert de ses sources d’emploi vers d’autres pays, et de ce fait sera confrontée à la baisse de salaires et à la perte d’emplois.

7. - Le PTP a parmi ses objectifs stratégiques d’isoler et d’acculer l’économie chinoise, la seconde économie la plus puissante du monde. Le message d’Obama à cet effet a été des plus clairs : « Nous ne pouvons pas permettre que des pays comme la Chine dictent les règles de l’économie mondiale. C’est nous qui devons dicter ces règles... ». (1)

8. – La question militaire a été maintenue absolument secrète. Cependant, certains analystes estiment que l’une des clauses principales du PTP prétend renforcer la présence militaire des États-Unis dans le bassin Asie-Pacifique, alors qu’actuellement ils sont présents militairement dans 135 pays dans le monde.

Indépendamment du PTP, les États-Unis négocient le Traité de commerce transatlantique (TAFTA) avec l’Union européenne. Si cet autre accord de libre-échange venait à être conclu, il aurait un impact sur 60% du PIB mondial, 33% du commerce de biens et 42% du commerce des services. Ce traité est également négocié en secret depuis plusieurs années et possède les mêmes caractéristiques que le PTP, selon les minces informations qui ont filtré sur son contenu.

Mais ce n’est pas tout : un troisième accord de libre-échange, que Washington négocie en secret depuis 6 ans, est l’Accord sur le Commerce de services (TISA par ses sigles en Anglais), qui concernera 50 pays : l’Union Européenne, le Japon, le Canada, la Colombie, le Chili, le Mexique, l’Australie et la Corée du Sud. Cet accord représenterait 68% du commerce mondial dans les services et prétend réguler, de manière supranationale, les services financiers, de santé, d’eau, de télécommunications et de transports principalement, en réduisant toute compétence des gouvernements sur ces services, en les obligeant à la privatisation et à la vente aux grands groupes commerciaux nord-américains.

Le PTP doit maintenant être approuvé par les Parlements de chaque pays. S’il était adopté, il entrerait en vigueur en 2017.

Au cas où les négociations secrètes pour implanter le TISA et le TAFTA, associés au TPT, aboutiraient, les États-Unis disposeraient du contrôle de 80% de la valeur du PIB mondial, ce qui les confirmerait comme première puissance du monde. Il ne fait pas de doute que ces accords visent à récupérer la perte d’influence qui a plongé Washington dans la crise économique internationale en 2007-2009 et a permis de renforcer la présence de la Chine sur la scène nationale.

Ces traités de libre-échange, aussi vastes qu’agressifs, qui sont en train de se concocter (PTP, TAFTA et TISA), sont des mécanismes qui visent à étendre la maximisation du profit du capital financier, au prix de la destruction massive de la main-d’œuvre, la surexploitation de la classe ouvrière, qui jette à la rue des millions d’ouvriers et condamne de vastes majorités de population à l’indigence et à la mort.

En plus de transformer le monde en un grand marché unique et en usine mondiale, ce processus de centralisation et de concentration du capital oblige irrémédiablement les ouvriers du monde entier à se penser comme un seul ouvrier, une seule classe qui travaille dans une seule usine. De ce fait, il devient possible de mettre en place un combat unique à l’échelle internationale et de créer les conditions pour la socialisation des moyens de production à grande échelle.

Le moment est venu pour nous, le monde du travail, la classe ouvrière, les paysans et 99% de la population, qui sommes les sinistrés de cette politique, de présenter un Front Unique contre l’impérialisme, contre le fascisme, et pour le socialisme.

Comme le disait Lénine, cette époque de domination des monopoles, du capital financier est aussi l’époque du capitalisme agonisant qui se trouve aujourd’hui à la veille d’une nouvelle crise. (Fragments tiré du site Rebelion)

(1) Déclaration faite au quartier général de Nike dans l’Oregon. L’entreprise Nike est bien connue pour ses méthodes peu progressistes en matière sociale (LGS).

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 15:50

23 octobre 2015 sur Investig'action.

Un séjour à Caracas en septembre me conforte dans l’idée de la bonne marche du processus révolutionnaire bolivarien vénézuélien. Les problèmes existent, comme dans tous les pays, surtout ceux en développement, mais sont de bien moindre importance qu’on ne nous les présente dans les médias occidentaux.



La population croit aux bonnes intentions et aux efforts déployés par le gouvernement du Président Maduro, et n’est pas dupe des actions de déstabilisation lancées par les secteurs de l’opposition qui cherchent à tout prix à discréditer les dirigeants du processus bolivarien en les accusant d’incompétence et d’inefficacité.

Une lutte acharnée est engagée entre l’oligarchie, strictement blanche, riche et puissante, et le peuple vénézuélien, dans toute sa diversité, qui a pris les rênes du pouvoir politique grâce à Chavez en janvier 1999. L’élite dirigeait le pays depuis des décennies selon la maxime très peu connue de Voltaire, dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations : « Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne. ».

Le grand nombre, les masses populaires vénézuéliennes, ont chassé du pouvoir, grâce aux élections, cette petite élite corrompue, mue seulement par ses intérêts personnels et qui laissait la grande majorité de la population vivre dans une extrême pauvreté. Un vote a tout changé : l’élection de Chavez à la présidence de la République.

Pour tous ceux qui ne croient plus en la capacité du pouvoir politique d’agir concrètement sur la vie des gens, je vous invite à aller faire un petit tour au Venezuela. Ce que vous allez y voir est tout simplement incroyable. Petite précaution tout de même dans votre découverte de la nation de Bolivar et dans les futures tentatives de comparaison que vous ferez sûrement avec votre pays, qu’il se trouve en Europe ou ailleurs :

Il faut comparer la situation actuelle du Venezuela avec celle qui prévalait avant l’arrivée de Chavez au pouvoir, et avec d’autres pays du Sud ayant à peu près les mêmes caractéristiques en termes de niveau de développement, de démographie et de ressources naturelles.

Ayant travaillé pour le Groupe des 77 et la Chine de l’ONU, qui regroupe 132 pays en développement sur des projets de coopération Sud-Sud, j’ai eu la chance de visiter plusieurs pays du Sud en Afrique, en Asie et dans le monde arabe, et de côtoyer leurs dirigeants.

La comparaison tourne nettement en faveur du Venezuela, pour qui j’ai décidé de travailler après cette expérience onusienne sur l’accès aux droits économiques, sociaux et culturels tels que définis par l’ONU.

Il s’agit des « droits fondamentaux qui concernent le lieu de travail, la sécurité sociale, la vie familiale, la participation à la vie culturelle et l’accès au logement, à l’alimentation, à l’eau, aux soins de santé et à l’éducation. » (1)

Les nombreux accomplissements de la révolution démocratique bolivarienne, dans ces domaines, sont tout simplement stupéfiants. Les rapports des différentes agences de l’ONU sont là pour l’attester (2).

Un exemple de projet emblématique de Chavez qui a changé la vie des gens : la « Misión Barrio Adentro », qui signifie en français « Mission au cœur du quartier ». Il s’agit d’un programme d’accès aux soins de santé dans tous les quartiers populaires du pays, jusqu’aux régions les plus reculées du Venezuela. Des hôpitaux et dispensaires équipés de tout le matériel, coûtant des millions de dollars, nécessaire à des soins allant de la simple consultation médicale à des thérapies et opérations lourdes, ont été construits par milliers.

Avec l’aide de Cuba et de ses 30 000 médecins et personnels de santé, répartis sur tout le territoire, l’accès au soin gratuit a été généralisé pour tous. Les personnes issues des classes populaires, qui savent combien le manque de moyens empêche de se faire soigner correctement et comment cela nuit au bien-être des familles, comprendront à quel point cet accès à la santé gratuite pour tous est formidable. Une avancée considérable par rapport à l’époque antérieure à Chavez où ces soins étaient réservés à une élite fortunée.

Les autres n’avaient qu’à mourir. Ne croyez pas que j’exagère. C’est encore le cas dans beaucoup de pays. En effet, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, faute de soins de santé « près de 7 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2011 » (3) et « en 2013, 289 000 femmes sont décédées pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. La majeure partie de ces décès se sont produits dans des pays à revenu faible et la plupart auraient pu être évités » (4).

Autre problème rencontré dans les pays du Sud, le prix exorbitant de la santé qui « chaque année dans le monde, met 150 millions de personnes environ dans une situation financière catastrophique et en fait passer 100 millions au-dessous du seuil de pauvreté. » (5). Le Venezuela est épargné par ces drames, tout à fait évitables, grâce à la révolution bolivarienne de Chavez.

Drames également évités en ce qui concerne le logement avec l’accès à des appartements tout équipés pour les habitants des « barrios », l’éducation avec l’éradication de l’illettrisme, la construction d’écoles dans tous les quartiers populaires et la facilitation d’accès à l’enseignement supérieur pour tous, et enfin l’alimentation avec la création de supermarchés vendant les produits de base à des prix accessibles. Voilà pourquoi la révolution bolivarienne, malgré tous les problèmes qui existent et les erreurs commises, a encore de beaux jours devant elle.

La vie du peuple vénézuélien a changé du tout au tout avec Chavez. Un peuple dorénavant éduqué et conscient, qui se battra pour préserver son accès gratuit à ces droits humains fondamentaux. Gratuité qui fait perdre des milliards chaque année aux multinationales et aux oligarques. Ces derniers aussi sont prêts à se battre jusqu’au bout pour récupérer ces bénéfices qui leur échappent depuis maintenant 15 ans. Le peuple a également conscience de cela.

Jean Jaurès a dit : « Sous le régime capitaliste, l’individu est enfoncé dans la matière jusqu’au cœur, sous l’écrasement économique et sous l’obsession militaire. Je veux essayer de créer une cité d’espérance où l’homme s’aperçoit que les étoiles existent ».

Chavez et le Président Maduro ont construit cette cité d’espérance que le peuple doit défendre et continuellement améliorer. Les étoiles n’en seront alors que plus étincelantes.

Notes :

1) http://www.ohchr.org/Documents/Issu...

2) http://www.undp.org/content/dam/und...

3) OMS, Rapport sur la santé dans le monde 2013 : http://apps.who.int/iris/bitstream/...

4) http://www.who.int/mediacentre/fact...

5) http://www.who.int/mediacentre/fact...

Source : Le Journal de Notre Amérique, Octobre 2015

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 13:58

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Un seul député socialiste a voté contre, 18 députés dits frondeurs se sont abstenus. Ils étaient 47 à montrer leurs muscles en s'abstenant en 2014. Mais comme l'écrit Le Parisien, comment faire autrement quand tous voteront PS aux régionales et que nombre d'entre eux seront même candidats. Côté écolos, 9 députés ont voté pour, 1 a voté contre et 8 se sont courageusement abstenus.

Pour le Fg, avec qui faire l'union au premier tour des régionales du côté du parti du tournesol?  De toute façon, quelle salade politicienne pour constituer des listes.

Un exemple, pour les organisations affilées dans le FG: dans la nouvelle baronnie Auvergne-Rhône-Alpes, le parti de Jean-Luc Mélenchon s'en va avec les écolos contre le PC avec qui il a co-fondé le Front de gauche.

De quoi décourager au premier tour nombre de citoyens des couches populaires et ceux militant pour une politique de justice et de progrès social. Non?

Et au deuxième tour, que feront les listes se définissant à gauche de la gôche, s'uniront-elles au partisans du palais de l'Elysée? Mais ne faut-il pas appeler un chat un chat, et le PS un traitre aux intérêts du vrai monde du travail?

277 députés ont voté la partie recettes du budget de la rigueur 2016
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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 13:42

Publié le 22 Octobre 2015 par Canaille Lerouge.  Lu sur son site.

Au fait, à propos d'Air France

Comme jaillissant d'un car de touristes japonais devant la tour Eiffel, leurs écharpes d'élus bien en vue, cela se bousculait ferme pour être sur la photo au côté des uniformes des salariés d'Air France (dont les pilotes du SNPL qui rêvent de devenir actionnaires).

Par contre toujours la même discrétion de la part de P. Laurent et ses accompagnateurs sur les responsabilités politiques de la direction du P"c"F dans la privatisation d'une grande entreprise publique nationale conduite à cette situation. Rien de sa part sur son maintien dans le gouvernement Jospin.

Bbientôt quinze ans après toujours pas de réflexions critiques publiques et ses conséquences jusqu'à aujourd'hui.

Si il faut en croire les déclarations de Laurent présent au côté des injuriés de Valls appelant à voter sur des listes où figurent les assistants de la délinquance patronale, Il va falloir une dose certaine de patience et de pédagogie pour réussir à convaincre que lutter contre Valls et Macron passe par voter pour le parti qui les porte, les conforte et les défend.

Comme Canaille le Rouge n'est pas certain de comprendre du premier coup, pour être sûr de ne pas donner sa voix directement ou indirectement  à ceux qui l'injurient à longueur de média ou pour ne pas participer au concert des eurocrates ni donner quitus à ceux qui ont organisé la promotion du F-Haine, il ya de grande chance que pour les élections régionales il aille vérifier si les derniers champignons d'avant l'hiver ne sont pas cachés sous les dernières fougères.

 

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 16:28

Publié par Michel El Diablo

« Les gauches n’ont le choix qu’entre abandonner toute perspective de changement ou redevenir révolutionnaires » [Entretien avec Christophe Bouillaud]
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l'Institut d'Etudes politiques de Grenoble. Il est spécialiste de la vie politique italienne et, plus généralement, de la vie politique européenne. Il tient un excellent blog que l'on peut consulter ici. Il répond ci-dessous à quelques questions au sujet des mouvements de gauche "alternatifs" que l'on voit poindre et croître (ou stagner !) dans plusieurs pays d'Europe. 
 
***
 
On voit émerger, un peu partout en Europe, des gauches alternatives : Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, Die Linke en Allemagne et d'autres. Qu'ont-elles en commun ? Vous semblent-elles devoir périmer, à terme, la social-démocratie et le communisme ?
 
Avant de souligner leurs points communs, il faut d’abord souligner leurs différences. Certains de ces partis possèdent un lien historique avec le mouvement communiste international, contrôlé depuis Moscou entre 1917 et 1991. C’est le cas par exemple de Die Linke en Allemagne qui reste électoralement et humainement l’héritier du PDS, le parti-successeur du SED, parti hégémonique de la RDA, même si d’autres éléments venus de la social-démocratie ou du syndicalisme critique de l’ancienne RFA s’y sont agrégés depuis (dont un Oskar Lafontaine par exemple).
 
D’autres s’enracinent dans une gauche elle aussi communiste, mais qui refusait la domination soviétique sur le mouvement communiste international. Il s’agit de tous ces partis qui correspondent à un héritage trotskyste ou même maoïste (comme pour le parti « Socialistische Partij » aux Pays-Bas). C’est aussi le cas, pour schématiser, de Syriza, qui affronte d’ailleurs dans l’arène électorale grecque, un parti communiste, le KKE, réputé pour son immobilisme doctrinal.
 
Par ailleurs, il existe des scissions de gauche des grands partis socialistes ou socio-démocrates de gouvernement. C’est typiquement le cas du  Parti de gauche en France. Enfin, il existe de rares forces - Podemos est pratiquement le seul exemple connu à ce jour - qui ne s’enracinent dans aucune expérience organisationnelle précédente et revendiquent au contraire leur totale virginité politique, tout en reprenant d’évidence des thèmes de gauche traditionnels comme la justice sociale.
 
Au total, malgré leur diversité d’enracinement historique, la plupart de ces forces finissent - quand elles disposent d’élus au Parlement européen - par siéger ensemble dans le groupe parlementaire de la « Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique », qui n’est autre que l’héritier de l’ancien groupe parlementaire des communistes de l’ouest du continent. De fait, au Parlement européen, ces formations se rassemblent beaucoup plus facilement que les héritiers du fascisme et du nationalisme européens des années 1910-1940, parce qu’elles partagent une visée internationaliste ancrée dans l’histoire longue du mouvement ouvrier européen. Elles ont toutes, aussi, une histoire commune plus récente : depuis les années 1980,  ces forces – ou les individus qui les ont constituées – n’ont connu pratiquement que des défaites politiques. Le moins qu’on puisse dire en effet, c’est que l’influence de ces partis situées à la gauche de la social-démocratie dominante a été totalement insignifiante sur l’expérience européenne depuis les années 1980. Ces forces ont certes survécu, mais elles ont totalement échoué à influencer les évolutions socio-économiques depuis lors.
 

 

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 17:46

L’Otan entre dans le “vif” de l’exercice de guerre

Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 21 octobre 2015

 

general-pavel Trapani

Cérémonie d’ouverture hier à la base aérienne de Trapani Birgi, de la Livex, l’exercice « réel » (avec 36.000 hommes, 60 navires et 200 avions) de l’exercice Otan Trident Juncture en cours en Italie, en Espagne et au Portugal. Il sert à tester la capacité de la « Force de réaction » (40 mille hommes), en particulier de la « Force de pointe à très haute rapidité opérationnelle » projetable en 48 heures en dehors de l’Otan vers l’Est et vers le Sud, dont le commandement opérationnel est exercé en 2015 par le Joint Force Command de Lago Patria (Naples), sous les ordres de l’amiral états-unien Ferguson.

Présents pour couper le ruban lors de la cérémonie de Trapani, certains des principaux représentants de l’Alliance. Le général états-unien Breedlove, Commandant suprême allié en Europe (charge qui, selon l’OTAN, revient « traditionnellement » à un général ou amiral états-unien, nommé par le Président) : Breedlove a « deux chapeaux de commandement », parce qu’il est en même temps à la tête du Commandement européen des Etats-Unis, c’est-à-dire qu’il fait partie de la chaîne de commandement états-unienne qui a la priorité absolue, plaçant de facto l’Otan sous les ordres du Pentagone.

A côté de lui, à la cérémonie de Trapani, le secrétaire adjoint de l’Otan, l’ambassadeur états-unien Vershbow qui a fait carrière en promouvant « les relations militaires entre les Etats-Unis et les alliés européens » et, en même temps, « la démocratie et les droits de l’homme dans l’ex-Union Soviétique » : après avoir été ambassadeur états-unien à l’Otan lors de la guerre contre la Yougoslavie, il détient aujourd’hui la charge de vice-président du Conseil de l’Atlantique Nord, principal organe décisionnel de l’Alliance dans lequel, selon les statuts, « il n’y a pas de vote ni de décisions prises à la majorité », mais « les décisions sont prises à l’unanimité et d’un commun accord », c’est-à-dire d’accord avec les ordres de Washington.

Les alliés méritoires sont cependant récompensés : à la cérémonie de Trapani a participé le général français Mercier qui, pour les mérites acquis dans les guerres contre la Yougoslavie, l’Afghanistan et la Libye, a été mis à la tête du Commandement pour la « transformation » de l’Otan, dont le quartier général est à Norfolk, en Virginie (Etats-Unis). Présent également à Trapani le général tchèque Pavel, nommé président du Comité militaire de l’Otan et, à ce titre, conseiller principal du Conseil de l’Atlantique Nord, auquel il transmet l’avis « basé sur le consensus » des chefs d’état-major des pays de l’Otan : Pavel, ancien officier de renseignement, a acquis de grands mérites aux yeux du Pentagone en particulier, quand il était représentant militaire tchèque au quartier général du Commandement Central états-unien, à Tampa en Floride, et dans celui avancé au Qatar au moment de la deuxième guerre contre l’Irak. A l’ombre de ces grands, le sous-secrétaire à la défense Alfano, à la cérémonie de Trapani, a eu l’honneur de participer à une conférence de presse conjointe avec le secrétaire adjoint de l’OTAN, l’états-unien Vershbow.

Et que fait l’Union Européenne tandis que l’Otan sous commandement états-unien mène en Europe un des plus grands exercices de guerre ? Elle la soutient, soit parce que 22 des 28 pays de l’UE sont membres de l’Otan, soit parce que l’Otan officiellement « reste le fondement de la défense collective » de l’Union. Pour réaffirmer ce principe, le président du Conseil européen, le polonais Donald Tusk, est allé le 13 octobre au siège de l’Otan, accueilli par le secrétaire Stoltenberg. Et le 15 Octobre une représentation de l’Etat-major militaire de l’UE s’est déplacée au siège de la Task Force conjointe de l’Otan, à Saragosse, pour suivre les développements de la Trident Juncture. L’exercice, a déclaré Vershbow hier à Trapani, montre que « nous pouvons travailler avec l’Union européenne sous pression ».

Des exercices d’une ampleur semblable, a souligné Vershbow, ont été menés au cours de la guerre froide contre la menace soviétique. « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une situation beaucoup plus instable et potentiellement plus dangereuse » parce que « la Russie a annexé illégalement la Crimée, appuyée par les séparatistes en Ukraine et elle est entrée dans la guerre en Syrie aux côtés d’Assad ».C’est pourquoi l’Otan teste avec le Trident Juncture et d’autres exercices (plus de 300 en 2015), « notre capacité à agir rapidement et de façon décisive au delà de nos frontières pour protéger nos partenaires et nos intérêts ». Une véritable déclaration de guerre que l’Otan lance de l’Italie, un pays qui dans sa Constitution rejette la guerre.

Manlio Dinucci

Article original : il manifesto, 20 octobre 2015

http://ilmanifesto.info/a-trapani-lesercitazione-di-guerra-della-nato/

Traduction par Catherine-Marie

Copyright © Manlio Dinucci, ilmanifesto.info, 2015
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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 18:02

par Olivier Petitjean

Le Sénat est appelé à se prononcer ce mercredi 21 octobre sur la proposition de loi relative au devoir de vigilance des multinationales, adoptée il y a quelques mois par l’Assemblée. Les lobbies économiques, qui ont déjà réussi à considérablement réduire la portée de cette loi lors de son passage au palais Bourbon, font feu de tout bois pour que le Sénat, où la droite est désormais majoritaire, l’enterre définitivement. Même la Chambre de commerce des États-Unis, le principal lobby néolibéral américain, s’est mise de la partie. Pourtant, de nouvelles révélations sur les fournisseurs d’Auchan au Bangladesh viennent à nouveau démontrer la nécessité d’une telle loi.

Le Sénat s’apprête-t-il à rejeter une proposition de loi visant à responsabiliser les grands groupes français sur les atteintes aux droits humains occasionnées par leurs activités ? Cette législation, adoptée en première lecture par l’Assemblée en mars dernier, vise à combler le vide juridique qui empêche les donneurs d’ordre internationaux d’être mis face à leur responsabilité lorsque surviennent des drames humains ou environnementaux dans leur chaîne de production (lire notre article ainsi que notre entretien avec l’un de ses instigateurs, le député socialiste Dominique Potier).

Illustration de cette lacune : le drame du Rana Plaza, cet immeuble abritant plusieurs ateliers textiles qui s’est effondré il y a deux ans et demi au Bangladesh, faisant plus de 1100 morts. On a retrouvé dans les décombres des étiquettes de la marque In Extenso, du groupe Auchan, ce qui a poussé un groupe d’associations (Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Éthique sur l’étiquette) à poursuivre le géant de la grande distribution devant les tribunaux français.

[...]

La semaine dernière, la proposition de loi a été rejetée par la Commission des lois du Sénat. Son rapporteur Christophe-André Frassa (Les Républicains) a même cherché à empêcher toute discussion en déposant une « motion préjudicielle » , une procédure très rarement utilisée qui aurait repoussé son examen jusqu’à l’adoption éventuelle, à une échéance incertaine, d’un cadre juridique européen sur le sujet. Cette motion a été retirée au dernier moment. Le débat en plénière est prévu le 21 octobre.

[...]

Lire l'intégralité de l'article sur Observatoire des multinationales

 

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 11:40

15 octobre 2015 : Le syndicat PAME a occupé le ministère du travail grec

Lu sur Solidarité internationale

15 octobre 2015 : Le syndicat PAME a occupé le ministère du travail grec

Communiqué du Parti communiste grec (KKE), 16 octobre 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF

Le matin du 15 octobre 2015, des travailleurs, membres de plusieurs dizaines de syndicats des secteurs privé et public rassemblés dans le « Front militant de tous les travailleurs » (PAME) ont occupé symboliquement le ministère du travail.

Les militants du PAME ont occupé le ministère et déployé une banderole géante sur sa façade sur laquelle était écrit : « Nous ne deviendrons pas les esclaves du 21ème siècle. Non à la destruction de la Sécurité sociale, aux plans de licenciements de masse, aux saisies, à la pauvreté et au chômage » ainsi qu’un appel aux manifestations du PAME le 22 octobre et à la grève du 12 novembre.

Dans sa déclaration, le PAME a souligné que les mesures du gouvernement « écrasait ce qui reste de « social » dans les assurances sociales. En même temps qu’il donne de l’argent pour libérer les grands groupes de leurs dettes, il essaie de détruire la sécurité sociale et de la transformer en charge individuelle pour chaque travailleur.

"Ils veulent nous faire travailler jusqu’au grand âge, sans retraite, sans protection au travail, sans accès à la santé et aux aides sociales. Ils précipitent les travailleurs dans les griffes des prédateurs qui considèrent la prévention des risques sociaux comme un moyen de faire du profit, dans les griffes des compagnies d’assurance et des assurances santé privées."  

Le démantèlement de la Sécurité sociale doit échouer ! La nouvelle offensive contre les droits acquis par la lutte et le sang pendant tant d’années doit être mise en échec. »

Christos Katsotis, membre du Comité central du KKE et député a participé au rassemblement du PAME. Le vendredi 16 octobre, l’occupation se poursuivait avant une manifestation dans le centre d’Athènes en soirée, organisée par le PAME.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 08:07

Publié par Michel El Diablo

VENEZUELA : Que se passe-t-il dans le chavisme ?

Exerçons une seconde notre mémoire: toutes les batailles électorales qu’a livrées le chavisme furent précédées de phases dures d’agression politique et économique. Coups d’État, sabotages pétroliers, attentats contre le réseau électrique, lock-outs patronaux, boycott économique, violences de l’extrême droite, tentatives de putsch militaire, pression internationale, attaques médiatiques persévérantes, asphyxiantes et généralisées, qui trouvent leur origine dans les cercles politiques et économiques de la droite nationale et internationale. Cette histoire a déjà été racontée : de Pedro Carmona (1) à la plantation Daktari (2), des plans de Fedecámaras (3) à ceux du Département d’État (4).

La seule constante qui a favorisé le chavisme, entre résistance et offensive, fut la clarté de la direction politique et la cohésion populaire : une force unitaire, consciente de son devenir. Depuis 2002 une réflexion s’y incarne collectivement, qu’on peut résumer en paraphrasant l’expression populaire : “nous avons trop nagé pour mourir sur la rive”.

L'article complet (avec photos) sur: https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/10/13/que-se-passe-t-il-dans-le-chavisme/

 
 
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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 07:59
SYRIE : En 2012, les Occidentaux ont saboté une occasion de paix

En 2012, les puissances occidentales ont délibérément écarté une possibilité de paix en Syrie. C’est ce qui ressort d’un entretien récemment accordé par l’ancien président finlandais, Martti Ahtisaari, au quotidien britannique The Guardian (1).

M. Ahrtisaari avait reçu le Prix Nobel de la paix en 2008 pour sa carrière diplomatique au cours de laquelle il mena de nombreuses médiations internationales. Quatre ans plus tard, il participait, comme intermédiaire, à des discussions visant à stopper la guerre qui commençait à faire rage en Syrie entre rebelles armés et le pouvoir de Damas. En février 2012, il prenait ainsi part à des discussions engagées entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

Dans l’interview au Guardian, le diplomate fait sur ces contacts des révélations pour le moins dérangeantes. Il raconte ainsi que le 22 février, il a un échange poussé avec le représentant russe, Vitali Tchoukrine. Ce dernier lui fait passer trois messages à l’attention des Occidentaux : « premièrement, nous devrions nous abstenir de toute livraison d’armes à l’opposition armée ; deuxièmement, nous devrions lancer sans délai un dialogue entre Bachar el-Assad et cette opposition ; et, troisièmement, nous devrions trouver ensemble une voie de sortie élégante pour le président el-Assad ».

M. Ahtisaari a bien transmis aux dirigeants américains, français et anglais, en insistant sur l’occasion de sortie de crise. A ce moment, le conflit avait causé la mort de « seulement » 7 500 personnes. Réaction de Washington, Paris et Londres : rien. Car, explique le diplomate, les dirigeants occidentaux « étaient convaincus que Bachar tomberait dans les semaines à venir, et qu’en conséquence, il suffisait d’attendre».

 

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